Avertir le modérateur

22/04/2017

Election présidentielle française

n

 
la publication de Flores Magon.

 
 
L’image contient peut-être : texte
 

On fait quoi si nous avons Le Pen/Fillon dimanche soir ?On descend dans la rue, rien a attendre des élections. C'est pas dans les salons, c'est bien dans la rue qu'on lutte et qu'on obtient satisfaction.

 

Pourquoi les scientifiques du monde entier descendent dans la rue VIDÉO - Pour la première fois, des chercheurs et défenseurs de la science manifestent samedi 22 avril à Washington, et dans plus de 500 villes à travers le monde, pour défendre la recherche scientifique, que certains jugent menacée par l'administration Trump. En France, des milliers de manifestants ont participé dans plus d'une vingtaine de villes.

C'est mal parti entre l'élection de trumps, le Brexit, la montée des populisme, de l'intolérance, de la xénophobie et ou religieuses, des petits dictateurs transformant des conflits régionaux en un bourbier international et un risque de confrontation en Asie avec le marchandage et les tractation de bas étages sur les réfugiés entre l(UE et la Turquie et bientot dans les pays du Maghreb

Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est un point spécial sur les élections présidentielles. Si vous n'en pouvez déjà plus d'entendre parler de vote, de candidats, de conséquences économiques et financières,. Mais, rassurez-vous, le programme normal reprendra rapidement.

Donald Trump s'est exprimé hier devant le Congrès. Un discours extrêmement attendu non seulement car les premières semaines d'exercice du pouvoir ont été... compliquées... et source de polémiques, mais aussi parce que des clarifications sur son programme économique et social étaient nécessaires.

La presse souligne le changement de posture du nouveau président. Après sa conférence de presse de janvier et ses tweets enfiévrés, Donald Trump a décidé d'endosser le costume d'un président un peu plus consensuel, un peu plus rassembleur, et vraiment moins énervé.

Mais revenons à ce qui nous intéresse dans ces lignes : son programme économique.

Et tout d'abord, l'Obamacare. Sujet phare de la campagne de Trump qui avait promis de le réformer en profondeur, voire de le rayer de la carte. Le sort de ce régime de sécurité social étendu n'a pas été scellé. Trump a promis une réforme, et "une amélioration", sans vraiment en dire plus. Le secteur pharmaceutique peut, du moins pour le moment, souffler un peu.

Du côté de la Défense, Trump a confirmé souhaiter une augmentation du budget de la Défense, en insistant sur la défense du territoire américain. Les Etats-Unis devraient donc moins s'impliquer sur la scène internationale, à part pour éradiquer le terrorisme islamiste – ce qui laisse tout de même le champ libre à d'importantes interventions militaires. Le secteur de la Défense peut se réjouir.

Même réaction du côté des infrastructures et de la construction. Le président américain veut y consacrer 1 000 milliards de dollars d'investissements.Côté fiscalité, Trump est demeuré assez flou, renouvelant simplement ses promesses de phénoménales baisses d'impôts.

Et pour le reste ? Eh bien, c'est "America first" et "America great again". Ce qui signifie politique protectionniste, encouragements au retour des emplois sur le territoire américain et mise en avant du "made in America". Et au passage la création d'une agence chargée de traquer les crimes commis par les immigrés.

Pour résumer, un discours très favorable aux marchés actions et aux entreprises américaine.

L'effet sur les marchés ? Si on en juge par rapport à la réaction des marchés européens ( ils devraient apprécier.

 
Aucun texte alternatif disponible.

 

 

 

 
 

Le temps de l'incertitude
Cela faisait longtemps que le résultat d'une élection présidentielle française n'avait pas été aussi incertain. Le choix de candidats que personne n'attendait (Fillon, Hamon), l'émergence de nouveaux partis (La France Insoumise, En Marche), la montée d'une rhétorique nationale, anti-euro, voire nationaliste (les candidats se reconnaîtront), les multiples affaires (qui ne parviendront certainement pas à moraliser le monde politique) et les douloureuses interférences terroristes ont rendu la campagne hors-norme.

Ça y est, DAESH a commencé la campagne pour Le Pen ?

Le Front National porte en lui les germes du fascisme, dont l’État islamique est un exemple éloquent.FN et État islamique, les deux faces d'une même médaille LEBILAN.FR, Le Pen : candidate préférée de Daesh ? - La Riposte LARIPOSTE.ORG é la publication de LE BILAN.

 

Deux autres facteurs expliquent cette "anormalité».

Tout d'abord, le précédent du Brexit et de l'élection de Trump. Deux résultats des urnes que presque personne n'avait anticipé, et qui ont rendu commentateurs, journalistes et instituts de sondage un peu plus prudents. Se tromper une nouvelle fois et aussi complètement en aussi peu de temps, cela ferait désordre. Personne n'ose donc faire de pronostics. 

Récemment, mon collègue britannique John Stepek présentait à ses lecteurs du Money Morning les principaux candidats aux élections françaises.

Marine Le Pen y est décrite comme un Nigel Farage, mais en plus socialiste.
François Fillon comme une Margaret Thatcher... en plus socialiste.
Emmanuel Macron comme un nouveau Tony Blair... en plus socialiste.
Et Jean-Luc Mélenchon comme un Jeremy Corbyn... mais plus socialiste.

Bref... vous avez compris l'idée. 

A quelques jours du premier tour, plusieurs statisticiens accusent les sondeurs français de s’inspirer des résultats de leurs concurrents. Un phénomène appelé le « herding ». Qu’en est-il ?LE MONDE | | Par Maxime Ferrer, Laura Motet et Gary Dagorn Brexit, Trump, la surprise Le Pen en 2002 : trois chocs pour l’opinion publique, trois occasions où les résultats ont déjoué les pronostics et nourri la défiance à l’égard des sondeurs. A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les sondeurs voient une nouvelle fois leurs estimations remises en cause. La critique arrive tout droit des Etats-Unis avec ce qu’ils appellent le « herding ». Une démonstration basée sur des hypothèses incertaines

Cette observation fait planer le doute sur l’analyse du chercheur du MIT. Ses conclusions basées sur des probabilités se fondent sur un test appelé le « Khi-deux ».

Antoine Rebecq, qui met en doute le herding dans un postpublié le 20 avril sur un blog collaboratif, précise : « Le test du Khi-deux est un test qui s’intéresse à la corrélation. Il est assez logique qu’il tombe sur une corrélation du fait de la méthode des quotas. » Concrètement, ce test suppose une indépendance entre les variables. Avec la méthode des quotas, il y a donc fort à parier que les sondages français ne soient pas indépendants car tous soumis aux mêmes caractéristiques, ce qui invaliderait de facto le test réalisé.

Avec la multiplication des sondages ces derniers mois, le chercheur dispose d’une « population » de sondages qu’il entend soumettre aux mêmes lois statistiques. Il propose donc de tester si les intentions de vote de chacun des quatre « gros » candidats (Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon) correspondent effectivement aux principes de la loi normale.

« Cette hypothèse me paraît valable, reconnaît Léopold Mebazaa. Mais il y a deux choses que je ne m’explique pas. La première est qu’à l’issue des scrutins, les erreurs observées ont souvent été supérieures aux erreurs théoriques qui étaient présentées dans les sondages. La seconde, c’est qu’on observe systématiquement un redressement très sévère soixante jours avant l’élection. »

Des pratiques qui peuvent parfois poser question

coup de pouce abstentionniste 3: face à un cireur de pompe du fdg:

"France insoumise" qu'ils appellent ça... En tout cas ça reste soumis au régime parlementaire( élections) et à cette vieille charogne de République.

Surtout un Merdenchon qui est un des plus riche, des plus bourgeois de la campagne. Rappelons qu'il fut ministre sous Jospin, et qu'il est un ami personnel de Dassault le marchand de mort.
Quand à son envie de mettre des amendes aux abstentionnistes, Prenons ça comme un compliment, le bourgeois c'est bien que la vrai subversion la VRAI INSOUMISSION passe par l'abstention

VIVE L'ABSTENTION

L’image contient peut-être : 1 personne, texte

Rencontre entre Fabrice NICOLINO et Corinne MOREL DARLEUX [VIDÉO : 41’01]ÉCOLO LIBERTAIRE CONTRE ÉCOLO INSOUMISE, le grand débat ! AbonnésVoir Émission du

Suite à notre émission « CE QUI COMPTE VRAIMENT », on a reçu un tas de messages très critiques envers Fabrice NICOLINO, qui était très critique envers le projet écolo de Jean-Luc MÉLENCHON.

 

Getch Tchern Mélenchon soutient des régimes totalitaires comme la Russie et la Chine mais il aurait "intégré la tradition antitotalitaire". On se croirait revenu dans les années 1960 où le secrétaire du PCF Georges Marchais déclarait "A Moscou, on respire la liberté"...

 

Autre point qui dépasse toujours un peu les Anglo-saxons : le fonctionnement de nos élections. Premier tour, deuxième tour, législatives. Scrutin uninominal majoritaire à deux tours... Alliances (ou pas) entre les différents partis. Il y a de quoi y perdre son latin 

Enfin, la France demeure un des moteurs de la zone euro et du projet européen. Après les risques de Grexit, après la crise de l'euro, après le Brexit, c'est au tour du Frexit de servir d'épouvantail.

Que va-t-il se passer dimanche (ou plutôt lundi) ?
Je ne vais pas vous faire une prédiction de résultat de premier tour. 

Ce qui importe aux marchés , c'est d'avoir quelques certitudes.Et cette élection nous en aura fourni trois.

Premièrement,  "voter utile". Le problème du vote utile, c'est que (1) il est difficilement cernable dans les sondages et que (2) on est toujours l'idiot utile de quelqu'un d'autre. à l'image de la large coalition au second tour – similaire à celle qui avait permis à Jacques Chirac de l'emporter face à Le Pen père en 2001

Deuxième certitude, les sondages font le pari de  : Marine Le Pen sera au deuxième tour. Absolument personne ne s'est risqué à émettre l'idée que la candidate du FN ne passerait pas le premier tour – ce qui semble une position raisonnable. Qu'est-ce qui les inquiète les marchés ? Ni la préférence nationale. Ni la suppression d'Hadopi.  mais bien l'incertitude sur son pan anti-euro . Là encore, rien ne dit qu'une majorité de Français voteraient pour un départ effectif de la zone euro 

Reste donc à deviner l'incertain de cette certitude : qui sera face à elle ? Et qui donc (3e certitude) sera le futur président.

Deux scénarios :
- l'adversaire de Marine Le Pen est un candidat qui ne donne pas de l'urticaire aux marchés, c'est-à-dire François Fillon ou Emmanuel MacronDans ce cas, les marchés vont reprendre tranquillement leur chemin. Le spread entre le rendement des obligations françaises et allemandes se resserrera, et ils pourront se concentrer sur les autres problèmes qui guettent les marchés (le faiblard Trump Trade, la montée des tensions internationales, l'Italie...).

- L'adversaire de Marine Le Pen est un candidat qui ne sied guère aux marchés. A savoir Jean-Luc Mélenchon (Benoît Hamon est passé aux oubliettes de l'Histoire).

Dans ce cas, oui, le décrochage pourrait être violent, tout particulièrement sur le marché obligataire. Mélenchon présente toutes les caractéristiques pour faire peur à des marchés anglo-saxons qui détectent du socialisme même chez Fillon.

Combien de temps pourrait durer la panique ? Plus longtemps pour Trump ou le Brexit ; les marchés vont en effet avoir du mal à faire tourner le programme du candidat de la France Insoumise ou du Front national à leur avantage. ... mais nous n'en sommes pas là.

A plus long terme ?
Partons du principe que le scénario le plus probable (une victoire de Fillon ou Macron) advienne. Que se passera-t-il ?

 

n

La Compagnie Jolie Môme - C'est dans la rue qu'ça s'passe

 

En apparence, par le vote, c’est le peuple qui gouverne. Mais il reste dominé par la classe bourgeoise : c’est l’illusion centrale de la démocratie qu’entend dénoncer l’anarchiste russe Mikhaïl Bakounine.

En vous rendant aux urnes, vous avez sans doute été gagné par le sentiment euphorisant d’appartenir à une communauté nationale qui accordait du prix à votre vote. En sortant de l’isoloir, à moins d’avoir voté blanc, vous avez même peut-être eu l’impression encore plus gratifiante d’appartenir à une communauté d’idées et de valeurs. En tout état de cause, vous avez nourri l’espoir que votre voix serait entendue.

Pourtant, nul besoin de souscrire aux thèses anarchistes du penseur russe Mikhaïl Bakounine pour être déstabilisé par le lourd soupçon qu’il fait peser sur le suffrage universel. Selon lui, « le suffrage universel, considéré à lui tout seul et agissant dans une société fondée sur l’inégalité économique et sociale, ne sera jamais pour le peuple qu’un leurre ; de la part des démocrates bourgeois, il ne sera jamais rien qu’un odieux mensonge, l’instrument le plus sûr pour consolider, avec une apparence de libéralisme et de justice, au détriment des intérêts et de la liberté populaires, l’éternelle domination des classes exploitantes et possédantes ».

Mikhaïl Bakounine en 6 dates

  • 1814 Naissance à Priamoukhino, en Russie.
  • 1842 Exil à Paris. Rencontre avec Marx, Engels et Proudhon.
  • 1861 Évasion d’un camp de déportation en Sibérie.
  • 1873 Publication de L’État et l’Anarchie.
  • 1876 Mort à Berne, en Suisse.
  • 1882 Publication posthume de Dieu et l’État.

 

Bakounine dénonce l’illusion selon laquelle chacun croit librement élire des représentants qui, précisément, le représenteront ; c’est la mystification par laquelle les gouvernants se prétendent dépositaires d’une hypothétique volonté populaire qu’ils ne font en réalité que confisquer à leur profit. Comment d’ailleurs espérer qu’il en soit autrement ? Les élus et les électeurs appartiennent à des mondes imperméables l’un à l’autre :« La classe des gouvernants (la bourgeoisie) est toute différente et complètement séparée de la masse des gouvernés. » Les aspirations du peuple sont par nature impénétrables à un bourgeois conditionné par son milieu.

Une fois passées les périodes électorales, qui fournissent l’occasion aux candidats de faire « la cour à Sa Majesté le peuple souverain » en déployant toutes les ressources de la séduction, chacun vaque ensuite à ses occupations : « Le peuple à son travail, et la bourgeoisie à ses affaires lucratives et à ses intrigues politiques. » Une fois le pouvoir conquis, l’heure n’est plus aux promesses mais au réalisme. L’exercice du pouvoir s’accompagne inévitablement de changements de perspective parfois radicaux. Ainsi, les candidats les plus révolutionnaires « deviennent des conservateurs excessivement modérés dès qu’ils sont montés au pouvoir ». Et le peuple ne manque pas d’accuser de traîtrise des hommes dont l’accès au pouvoir a simplement altéré la perception du réel.

La seule façon de rendre la démocratie vraiment représentative consisterait à donner les moyens au peuple d’exercer un contrôle effectif sur les élus. Ces derniers devraient être contraints d’agir ouvertement et publiquement, de se soumettre à la critique populaire et être révocables à tout moment. Mais Bakounine sou-ligne lui-même les difficultés liées à l’exercice d’un tel contrôle populaire : celui-ci exigerait que le peuple ait le temps et l’instruction nécessaires pour étudier les lois et les programmes qu’on lui propose : « Il devrait se transformer en immense parlement en plein champ. » Or, comme il n’en a ni le loisir ni la compétence, il s’en remet au savoir discrétionnaire de l’élu. Ainsi, le système représentatif « a besoin de la sottise du peuple et il fonde tous ses triomphes sur elle ». Voilà pourquoi la scène électorale est un lieu mensonger et condamné à le demeurer. Voilà aussi pourquoi, en sortant du bureau de vote, vous étiez peut-être, déjà, secrètement désenchanté

 
KROPOT.FREE.FR
 

e fonctionnement de notre vie quotidienne par exemple. Vous êtes anarchistes (le jeu) Et on va vous le prouver SITES.ARTE.TV

 

16/04/2017

Jacques Prévert

n

 
 
L’image contient peut-être : texte
 
 
 
 
Une hirondelle vole dans le ciel

vole vers son nid

son nid où il y a des petits

elle leur apporte une ombrelle

des vers de vase des pissenlits

un tas de choses pour amuser les enfants

dans la maison où il y a le nid

un jeune malade crève doucement dans son lit

dans son lit

sur le trottoir devant la porte

il y a un type qui est noir et qui débloque

derrière la porte un garçon embrasse une fille

un peu plus loin au bout de la rue

un pédéraste regarde un autre pédéraste

et lui fait un adieu de la main

l'un des deux pleure

l'autre fait semblant

il a une petite valise

il tourne le coin de la rue

et dès qu'il est seul il sourit

l'hirondelle repasse dans le ciel

et le pédéraste la voit

Tiens une hirondelle...

et il continue son chemin



dans son lit le jeune malade meurt

l'hirondelle passe devant la fenêtre

regarde à travers le carreau

Tiens un mort...

elle vole un étage plus haut

et voit à travers la vitre

un assassin la tête dans les mains

la victime est rangée dans un coin

repliée sur elle-même

Encore un mort dit l'hirondelle...

l'assassin la tête dans les mains

se demande comment il va sortir de là

il se lève et prend une cigarette

et se rassoit

l'hirondelle le voit

dans son bec elle tient une allumette

elle frappe au carreau avec son bec

l'assassin ouvre la fenêtre

prend l'allumette

Merci hirondelle...

et il allume sa cigarette

Il n'y a pas de quoi dit l'hirondelle

c'est la moindre des choses

et elle s'envole à tire-d'aile...

l'assassin referme la fenêtre

s'assied sur une chaise et fume

la victime se lève et dit

C'est embêtant d'être mort

on est tout froid

Fume ça te réchauffera

l'assassin lui donne la cigarette

et la victime dit
Je vous en prie

Cest la moindre des choses dit l'assassin

je vous dois bien ça

il prend son chapeau il le met sur la tête

et il s'en va



il marche dans la rue

soudain il s'arrête

il pense à une femme qu'il a beaucoup aimée

c'est à cause d'elle qu'il a tué

cette femme il ne l'aime plus

mais jamais il n'a osé le lui dire

il ne veut pas lui faire de la peine

de temps en temps il tue quelqu'un pour elle

ça lui fait tellement plaisir

à cette femme

lui il mourrait plutôt que de la faire souffrir

il s'en fout de souffrir l'assassin

mais quand c'est les autres qui souffrent

il devient fou

sonné

cinglé

hors de lui

il fait n'importe quoi n'importe où n'importe quand

et puis après il fout le camp

chacun son métier

y en a qui tuent

d'autres qui sont tués

il faut bien que tout le monde vive

Si t'appelles ça vivre

l'assassin a parlé tout haut

et le type qui l'interpelle

est assis sur le trottoir

c'est un chômeur

il reste là du matin au soir

assis sur le trottoir

il attend que ça change

Tu sais d'où je viens lui dit l'assassin

l'autre secoue la tête

Je viens de tuer quelqu'un

Il faut bien que tout le monde meure

répond le chômeur



et soudain à brûle-pourpoint
Avez-vous des nouvelles ?
Des nouvelles de quoi ?
Des nouvelles du monde

des nouvelles du monde... il paraît qu'il va changer la vie va devenir très belle tous les jours on pourra manger il y aura beaucoup de soleil tous les hommes seront grandeur naturelle et personne ne sera humilié mais voilà l'hirondelle qui revient l'assassin s'en va le chômeur reste là et il se tait il écoute les bruits il entend des pas et il les compte

pour passer le temps machinalement 12 345 etc... etc...

jusqu'à cent... plusieurs fois... c'est un homme qui fait les cent pas au rez-de-chaussée

dans une chambre remplie de paperasses il a une grosse tête de penseur des lunettes en écaille une grosse tête de roseau bien pensant il fait les cent pas et il cherche

il cherche quelque chose qui le fera devenir quelqu'un et quand on frappe à sa porte il dit
Je n'y suis pour personne il cherche

il cherche quelque chose qui le fera devenir quelqu'un le monde entier pourrait bien frapper à sa porte le monde entier pourrait bien se rouler sur le paillasson



et gémir

et pleurer

et supplier

demander à boire

à boire ou à manger

qu'il n'ouvrirait pas...

il cherche

il cherche la fameuse machine à peser les balances

lorsqu'il l'aura trouvée

la fameuse machine à peser les balances

il sera l'homme le plus célèbre de son pays

le roi des poids et mesures

des poids et mesures de la
France

et en lui-même il pousse de petits cris

vive papa

vive moi

vive la
France

soudain il se cogne l'orteil contre le pied du lit

c'est dur le pied d'un lit

plus dur que le pied d'un génie

et voilà le roseau pensant sur le tapis

berçant son pauvre pied endolori

dehors le chômeur hoche la tête

sa pauvre tête bercée par l'insomnie

près de lui un taxi s'arrête

des êtres humains descendent ils sont en deuil

en larmes et sur leur trente et un

l'un d'eux paie le chauffeur

le chauffeur s'en va

avec son taxi

un autre humain l'appelle donne une adresse et

monte le taxi repart 25 rue de
Châteaudun le chauffeur a l'adresse dans la mémoire il la garde juste le temps qu'il faut mais c'est tout de même un drôle de boulot...



et quand il a la fièvre

quand il est noir quand il est couché le soir

des milliers et des milliers d'adresses

arrivent à toute vitesse et se bagarrent dans sa

mémoire il a la tête comme un bottin comme un plan

alors il prend cette tête entre ses mains avec le même geste que l'assassin et il se plaint tout doucement 222 rue de
Vaugirard 33 rue de
Ménilmontant
Grand
Palais
Gare
Saint-Lazare rue des derniers des
Mohicans c'est fou ce que l'homme invente pour abîmer l'homme et comme tout ça se passe tranquillement l'homme croit vivre et pourtant il est déjà presque mort et depuis très longtemps il va et il vient dans un triste décor couleur de vie de famille couleur de jour de l'an avec le portrait de la grand-mère du grand-père et de l'oncle
Ferdinand celui qui puait tellement des oreilles et qui n'avait plus qu'une seule dent l'homme se balade dans un cimetière et promène en laisse son ennui il n'ose rien dire il n'ose rien faire il a hâte que ça soit fini aussi quand arrive la guerre il est fin prêt pour être crôni et celui qu'on assassine une fois sa terreur passée



il fait ouf et dit
Je vous remercie me voilà bien débarrassé

ainsi l'assassiné roule sur soi-même

et baignant dans son sang

il est très calme

et ça fait plaisir à voir

ce cadavre bien rangé dans un coin

dans ce coquet petit logement

il y a un silence de mort

On se croirait à l'église dit une mouche en entrant

c'est émouvant

et toutes les mouches réunies font entendre un pieux

bourdonnement puis elles s'approchent de la flaque de la grande flaque de sang mais la doyenne des mouches leur dit
Halte là mes enfants remercions le bon dieu des mouches de ce festin

improvisé et sans une fausse note toutes les mouches entonnent le

bénédicité l'hirondelle passe et fronce les sourcils elle a horreur de ces simagrées les mouches sont pieuses l'hirondelle est athée elle est vivante elle est belle elle vole vite

il y a un bon
Dieu pour les mouches un bon
Dieu pour les mites pour les hirondelles il n'y a pas de bon
Dieu elles n'en ont pas besoin... l'hirondelle continue son chemin et voit à travers les brise-bise d'une autre fenêtre autour du jeune mort toute la famille assise



elle est arrivée en taxi

en larmes en deuil et sur son trente et un

elle veille le mort

elle reste là

si la famille ne restait pas là

le mort s'enfuirait peut-être

ou bien peut-être qu'une autre famille viendrait

et le prendrait

quand on a un mort on y tient

et quand on n'en a pas on en voudrait bien un

Les gens sont tellement mesquins

n'est-ce pas oncle
Gratien

A qui le dites-vous

les gens sont jaloux

ils nous prendraient notre mort

notre mort à nous

ils pleureraient à notre place

c'est ça qui serait déplacé

et chacun dans l'armoire à glace

chacun se regarde pleurer...

un chômeur assis sur le trottoir

un taxi sur un boulevard

un mort

un autre mort

un assassin

un arrosoir

une hirondelle qui va et vient

dans le ciel couleur de ciel

un gros nuage éclate enfin

la grêle...

des grêlons gros comme le poing

tout le monde respire

Ouf

il ne faut pas se laisser abattre

il faut se soutenir

manger



les mouches lapent

les petits de l'hirondelle mangent le pissenlit

la famille la mortadelle

l'assassin une botte de radis

le chauffeur de taxi au rendez-vous des chauffeurs

rue de
Tolbiac

mange une escalope de cheval

tout le monde mange sauf les morts

tout le monde mange

les pédérastes... les hirondelles...

les girafes... les colonels...

tout le monde mange

sauf le chômeur
 

n
Jacques Prévert

le chômeur qui ne mange pas parce qu'il n'a rien à

manger il est assis sur le trottoir il est très fatigué

depuis le temps qu'il attend que ça change il commence à en avoir assez soudain il se lève soudain il s'en va à la recherche des autres des autres des autres qui ne mangent pas parce qu'ils n'ont rien à

manger des autres tellement fatigués des autres assis sur les trottoirs et qui attendent

qui attendent que ça change et qui en ont assez et qui s'en vont à la recherche des autres tous les autres

tous les autres tellement fatigués fatigués d'attendre fatigués...

Regardez dit l'hirondelle à ses petits ils sont des milliers



et les petits passent la tète hors du nid

et regardent les hommes marcher

S'ils restent bien unis ensemble

ils mangeront

dit l'hirondelle

mais s'ils se séparent ils crèveront

Restez ensemble hommes pauvres

restez unis

crient les petits de l'hirondelle

restez ensemble hommes pauvres

restez unis

crient les petits

quelques hommes les entendent

saluent du poing

et sourient.
 



Jacques Prévert
 

Jacques Prévert paroles d'un insoumis - Vidéo Ina.fr

Samedi 22 avril de 11h à 20h Dimanche 23 avril de 11h à 16h En 2017, le Salon du Livre libertaire revient en plein centre de Paris, à l'Espace (...)
CHRONIQUES-REBELLES.INFO
 

PDF]Les révoltes en poésie

Prévert et champs de révolte - Paris - Les Mutins de Pangée

Prévert, poète révolutionnaire prolétarien et pas seulement poète pour enfants, rêveurs et amoureux

Jacques Prévert Créé le dimanche 16 avril 2017

19:50 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2017

Venezuela, les raisons du chaos

 

n

Coup de pouce abstentionniste 1:

comprenons bien que lorsqu'une personne vous dit "il faut voter" elle veut dire "voter comme moi" c 'est donc bien une tentative de manipulation naïve pour justifier leur soumission à un(e) politicard(e).
Pour vous en convaincre lorsqu'une personne vous dira ça répondez: " ok, mais je vais voter l'inverse de toi" et vous vous verrez dans son regard que d'un coup elle ne défend plus du tout le droit de vote

Vive l'abstention

L’image contient peut-être : 1 personne, plein air
 

 

« En dépit de tant de richesses »

Venezuela, les raisons du chaos

LEPARISIEN.FR

En novembre, manifestations populaires et tentatives de déstabilisation ont intensifié les convulsions politiques que connaît le Venezuela. Tout au long des années 2000, les réussites — sociales, géopolitiques et culturelles — de la « révolution bolivarienne » d’Hugo Chávez avaient pourtant suscité l’enthousiasme des progressistes par-delà les frontières. Comment expliquer la crise que traverse actuellement le pays ?

 

JPEG - 171.4 ko

 

Yaneth Rivas. – « El ejemplo que Caracas dió » (L’Exemple qu’a donné Caracas), 2014
© Yaneth Rivas – Cartel de Caracas
 
L’opposition appelle à manifester contre le président Maduro mercredi 18 mai. Analyse d’Eduardo Rios, doctorant au CERI-Sciences Po Paris, en échange doctoral à Oxford.
 
Il faut d’abord prendre en considération le contexte économique catastrophique du pays
 
Mais le principe de réalité est le plus fort. Nous restons dans le statu quo et les deux camps vont partager la responsabilité de l’instabilité. Si, contre toute logique, la situation dégénère, ce sera le chaos.
 
Inflation, misère et corruption : les forces telluriques que décrivait Chávez lors de sa prise de fonctions sont à nouveau à l’œuvre ; le volcan s’est réveillé. Pour la droite, les choses sont simples : le socialisme échoue toujours. À gauche, où l’on avait appris à voir le Venezuela comme un phare dans la nuit néolibérale, l’incompréhension le dispute à l’incrédulité. Et une question s’impose, celle que formulait déjà le dirigeant bolivarien quand il esquissait le bilan de ses prédécesseurs, en 1999 : comment expliquer que, en dépit de « tant de richesses », « le résultat soit aussi négatif » ?
 
« À cause de la guerre économique que nous livrent l’opposition et ses alliés », répond le président Nicolás Maduro, élu en avril 2013, un mois après le décès de Chávez. Les chefs d’entreprise profitent de la chute des cours du pétrole pour organiser la pénurie, souffler sur les braises de la colère populaire et préparer le renversement du pouvoir chaviste
 
Or la question qui divise le chavisme est d’une autre nature : l’hostilité de ceux que la « révolution bolivarienne » cherche à priver de leurs privilèges suffit-elle à expliquer le chaos actuel ?
 
Le thème de la « guerre économique » lui évoque une image : « Dopé à la rente pétrolière, le Venezuela est monté sur le ring pour distribuer les uppercuts à la bourgeoisie et à l’empire. Désormais, les anabolisants ont disparu : le gouvernement est dans les cordes. D’un seul coup, il trouve anormal que ses adversaires poursuivent le combat. » Se revendiquant toujours du chavisme, « mais opposé au gouvernement », le militant Gonzalo Gómez formule les choses autrement : « On ne fait pas la révolution en espérant que le capitalisme ne réagira pas. » « D’ailleurs, poursuit-il, il faut distinguer deux attitudes : celle qui consiste à créer les conditions de la crise et celle qui consiste à en profiter. Bien souvent, les patrons se contentent de tirer parti des dysfonctionnements de l’économie. »
 
par Renaud Lambert (Le Monde diplomatique, décembre 2016) // En novembre, manifestations…
MONDE-DIPLOMATIQUE.FR
 
Depuis la chute du mur de Berlin, la revendication du projet socialiste par un chef d’État était devenue désuète. Depuis janvier 2005, Hugo Chávez proclame cet horizon pour la société vénézuélienne. Le propos de Rafael Uzcátegui est celui d’un militant qui regrette la « crise mondiale de la pensée révolutionnaire » et qui souhaite, ardemment, une société émancipée de toute exploitation. L’auteur regrette qu’au-delà de la rhétorique socialiste du président vénézuélien, les structures de la société n’aient pas vraiment évolué. Il tente de rendre compte de la réalité du Venezuela contemporain au-delà des clichés qui ont eu tendance à s’imposer au cours de la décennie passée.
 
Le processus bolivarien n’est ni une révolution ni un spectacle mais un processus politique où le gouvernement, plus attaché à renforcer ses propres pouvoirs qu’à construire une société émancipée de toute domination, a réussi à s’imposer face à des mouvements sociaux, ni suffisamment organisés, ni suffisamment autonomes pour le dévier de son projet. La dénonciation documentée de la subordination du mouvement social et du manque de changements concrets pour la population vénézuélienne rend néanmoins la lecture de cet ouvrage nécessaire pour comprendre les limites du chavisme

 

De la servitude moderne - DOCUMENTAIRE COMPLET - HD - VF ...

de la servitude moderne

Au Venezuela, les manifestant.e.s meurent tué.e.s par le gouvernement.

 
 
 
Venezuela : révolution ou spectacle ?
Une critique anarchiste du gouvernement bolivarien
 
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu