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21/12/2009

Comment Rebondir après l'échec de Copenhague selon Laurent Adouin et Denis Baupin

Cher(e)s ami(e)s internautes,

Pour Laurent Audouin ( des verts) Je te livre une tribune de Denis Baupin qui me semble bien résumer la situation politique de l"après-Copenhague". Si l'issue de ce sommet est décevante, il y a aussi des raisons d'espérer du fait de l'ampleur de la mobilisation de la société civile à travers le monde et de l'importance politique qu'a prise ce sommet. Je rajouterais un point de politique internationale par rapport au texte de Denis : Obama va enfin faire adopter sa réforme de santé dans les prochains jours, il devrait donc avoir les mains beaucoup plus libres lors des futures sessions de négociation qui sont d'ores-et-déjà programmées. Le combat - et la mobilisation - continuent !


http://www.mediapart.fr/club/edition/quel-temps-copenhague/article/191209/rebondir-apres-lechec-de-copenhague

Comment Rebondir après l'échec de Copenhague selon Denis Baupin

Malgré la gueule de bois, malgré la révolte, voire le découragement, il va falloir très vite penser l'avenir post-Copenhague ( voir
La conférence de Copenhague sur le climat est un échec catastrophique ). Car, nous le savons tous, pendant que les négociations échouent, la crise s'aggrave : les Maldives et Tuvalu sont menacés d'engloutissement, les paysans africains, sud-américains et asiatiques subissent déjà la précarité des aléas climatiques (à voir absolument "Climate Voices" dernier film de Yann Arthus Bertrand), etc. et de d'autant plus que, si on devait en rester aux résultats de Copenhague, c'est vers un réchauffement minimum de 3,5 degrés que nous nous orienterions, et non de 2 degrés comme affirmé officiellement. Le livre de l'après-copenhague nous, peuple dernier : L'histoire du peuple qui réchauffa sa planète. La page du livre Quelles que soient les difficultés lourdement soulignées par l'échec de Copenhague, il faudra donc bien que la communauté internationale finisse par trouver la voie. Mais force est de constater que si on laisse les chefs d'Etat entre eux ils n'y arrivent pas.

Pour autant, tout n'est pas perdu.

Pour la vice-présidente du Modem, le fiasco de Copenhague est d'abord celui des responsables politiques. Dans le Monde, rubrique Planète : la société civile ne peut plus compter que sur elle-même, par Corinne Lepage. Par l'importance même prise par l'événement, l'après Copenhague sera forcément différent de l'avant Copenhague. Dans quatre domaines au moins, la situation est porteuse d'espoirs qui peuvent permettre demain de modifier les rapports de force :

- le milieu associatif : jamais comme dans la préparation de Copenhague le monde associatif ne s'est aussi mobilisé en mêlant des familles associatives diverses (environnement, altermondialiste, solidarité
Nord-Sud, droits de l'Homme, etc.), certes avec des nuances stratégiques - mais que pour ma part je ressens bien plus complémentaires qu'antagonistes - mais dont la diversité reflète parfaitement que ce qui se joue sur le climat dépasse largement l'enjeu environnemental. Cette convergence apparaissait fortement lors du Forum Copenhague que nous avions organisé à l'Assemblée Nationale. Nul doute que ce mouvement en marche ne s'arrêtera pas. Et il est porteur d'une société civile potentiellement capable de donner une suite au mouvement
altermondialiste en recherche de second souffle.

- les collectivités locales : là aussi un mouvement s'est mis en marche. Des milliers de collectivités locales (1000 signataires de la Convention des Maires sur le climat en Europe) se sont engagées à agir sans attendre le Sommet de Copenhague, qu'il réussisse ou pas. Elles mettent en oeuvre "Copenhague en vrai". Et c'est d'autant plus important que plus de la moitié de la population planétaire vit en ville et émet les trois quarts des gaz à effet de serre. Et elles se sont dotées d'une coordination pour peser (avec CGLU, ICLEI, C40, Energie-Cités, etc.) et
d'un porte-parole, Ronan Dantec, qui a porté notre voix y compris dans les dernières heures de Copenhague. Sans attendre les collectivités vont continuer d'agir, non seulement sur le terrain via leurs Plans Climat,
mais aussi en se retournant vers les Etats qui ont donné leur accord pour la reconnaissance des collectivités dans la lutte pour le climat : sans attendre un accord mondial, beaucoup de choses peuvent déjà avancer pays par pays. Cela ne remplacera certes pas l'accord planétaire qui manque, mais toute tonne de gaz à effet de serre évitée d'ores et déjà est bonne à prendre. Et ce d'autant plus que ces actions sont extrêmement créatrices d'emplois et socialement justes tant sont nombreux aujourd'hui les précaires énergétiques.

- les citoyens du monde entier eux-mêmes : jamais la prise de conscience de la crise écologique n'a été aussi forte. Jamais, les médias n'auront autant mis en évidence les catastrophes potentielles. Jamais les scientifiques n'auront à ce point été unanimes sur la gravité et la nécessité d'action. Jamais les réponses les plus évidentes (transports collectifs, énergies renouvelables, etc.) n'ont été aussi crédibilisées. Et jamais nos concitoyens n'ont été aussi demandeurs de solutions appropriables facilement, pour autant que les politiques les favorisent.
Ce mouvement de l'opinion constitue lui aussi un point d'appui considérable, car les chefs d'Etat ne pourront rester longtemps en échec face à des citoyens inquiets et demandeurs d'action. C'est évidemment le cas dans le monde industrialisés abreuvé d'informations et de médias. Mais c'est sans doute encore plus potentiellement déstabilisant - de façon positive ou destructive - dans les territoires qui sont d'ores et déjà victimes du dérèglement climatique.

- le mouvement planétaire de l'écologie politique : 193 chefs d'Etat pour sauver la planète... mais combien d'écologistes parmi eux ? Il n'est pas interdit de penser que si l'écologie politique avait été représentée parmi ces chefs d'Etat, ne serait-ce qu'à son niveau de représentation planétaire moyen, les préoccupations globales uraient pu être mieux prises en compte face aux intérêts nationaux. Encore faut-il que ce mouvement d'écologie politique arrive enfin à occuper réellement son espace politique ! A coté de l'implantation historique allemande et belge, du renouveau français grâce à Europe Ecologie, du potentiel brésilien incarné par Marina Silva, et d'une vingtaine de pays où Les Verts se développent, combien de pays où le mouvement n'est encore qu'embryonnaire ? La rencontre à Copenhague du Global Green était de ce point de vue symbolique d'un mouvement qui se développe peu à peu, s'implante, gagne en crédibilité, mais à un rythme trop lent au regard de la crise écologique. C'est donc une priorité si on veut donner un débouché politique aux mouvements qui s'organisent et aux citoyens qui voudraient des dirigeants aptes à faire face aux défis du 21eme siècle.

Nous le savions avant même de rejoindre Copenhague : le sommet danois ne serait qu'une étape. Elle se révèle décevante. Raison de plus pour passer au plus vite à la suite. Les potentialités existent, à nous de nous en saisir.voir Ultimatum Climatique , Avaaz, le billet de Serge Orru( "
Place au réchauffement des conscience), A texte minimum, mobilisation maximum !   et se tenir au courant des mobilisations en s'inscrivant aux newsletter des ONG.Le texte final signé à Copenhague ne comprend que douze points en trois pages sans contrainte véritable imposée aux états. Un réveil douloureux pour les ONG évincées des débats les derniers jours.
La vraie surprise vient de vous tous : le mouvement de mobilisation sans précédent sur ces enjeux climatiques révèle une prise de conscience réelle. La pression de l’opinion va aller grandissante seule condition pour aboutir à de véritables décisions. Plus que jamais, agissons là où nous sommes et sur Planète Attitude,?

 

Commentaires

Pour Agir pour l'environnement et que je partage : Que dire de plus que ce qui a déjà été écrit pour exprimer l'immense déception du peuple de l'écologie à la vue du piètre résultat du sommet de Copenhague. L'absence d'engagements contraignants, le peu d'ambition des uns, la gesticulation des autres, le tout allié au plus parfait cynisme ont eu raison d'un sommet que d'aucun annonçait comme historique.



Si Copenhague est un échec, c'est avant tout parce que nos décideurs n'ont jamais cru sérieusement à un accord contraignant. Ou plutôt, ont-ils toujours feint de croire que cet accord serait contraignant... pour les autres. L'effort à consentir n'est ainsi acceptable qu'à la seule et unique condition qu'il soit supporté par les pays du Sud ou les générations futures. Certains ont même cru un temps que Copenhague serait une opportunité de marché supplémentaire, un moyen d'assurer un relais de croissance pour un capitalisme moribond. De sobriété, il n'en a jamais été question !



Mais cette incapacité à prendre en compte la crise climatique pour ce qu'elle est réellement, une crise systémique qui frappe à cœur nos sociétés repus, rend l'issue des négociations non plus incertaine mais kafkaïenne.



Si Copenhague est un échec, c'est aussi et surtout parce que les chantres de l'écologie hors sol, de Chirac à Sarkozy, ne peuvent atteindre la cohérence requise pour être crédible. Tenir de beaux discours, se parer des habits verts pales des sauveurs climatiques de l'Humanité ne font sens qu'à la seule et unique condition d'être irréprochable ici et maintenant.



Or, depuis trop longtemps, nous appelons les dirigeants français à accepter de mettre en adéquation discours et actes, dire et faire. Et pour se faire, remiser au placard les vieilles recettes que le grand emprunt et autre plan de relance financent allègrement !



A défaut d'avoir mis un terme au double discours institutionnalisé, nos responsables reviennent bredouilles de Copenhague. Au moins auront-ils le temps de méditer l'inélégance qu'il y a à donner des leçons au monde entier tout en poursuivant un développement énergivore et climaticide.



Nous voici venu au temps des apothicaires. Chaque État tient à jour ses comptes en espérant gagner plus qu'il ne perd. Au final, tout le monde a perdu ! Ce « je » à somme nulle nous entraînera toutes et tous dans un mal de Terre dont l'irréversibilité est certaine.


Honte à eux !

Écrit par : citoyenactif | 21/12/2009

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