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24/02/2010

Une politique qui aggrave la crise du logement?

Notes - Thierry Debrand - 16 Décembre 2009


La crise du logement, aujourd'hui amplifiée par la situation économique et financière, est en réalité triple : crise structurelle, crise du pouvoir d'achat et crise du "vivre ensemble". Selon Thierry Debrand, économiste et responsable associatif, le budget "logement" pour 2010 est symptomatique d'un désengagement de l'Etat de la politique du logement, alors que l'urgence sociale se fait sentir.

 

Fin novembre s’est organisée la deuxième nuit solidaire pour le logement dans de nombreuses villes de France. Un constat : la crise du logement se durcit. Ce n’est pas une nouveauté. Depuis deux décennies, elle s’aggrave de manière continue. Elle est aujourd’hui amplifiée par la situation économique et financière.

 

Les difficultés que nous connaissons peuvent se résumer en trois crises : une crise structurelle, qui a pour origine le décalage depuis de nombreuses années entre la construction de logements et les besoins des français ; une crise du pouvoir d’achat qui résulte de l’inadéquation entre les loyers proposés et les possibilités financières des plus modestes ; mais aussi une crise du « vivre ensemble » qui génère une forte ségrégation territoriale, et souligne les efforts nécessaires pour faciliter l’acceptation des différences. Ces trois crises mettent en évidence la nécessité de l’intervention des pouvoirs publics dans la politique du logement. Le budget « logement » est en baisse de près de 20 % sur la période 2008-2011.

 

Face à ces trois crises, le gouvernement a décidé non pas de renforcer la politique du logement, mais au contraire de l’affaiblir. L’analyse des choix effectués lors du budget 2010 est sans appel : diminution des aides à la construction de logements sociaux, stagnation pour les ménages des aides au logement. L’aide à la construction de logements sociaux s’effondre de  800 M€ en 2008 à 480 M€ en 2010. La subvention par logement social baisse de 60%, pour atteindre 1000€, soit 3 % du plan de financement d’un logement social. Par ailleurs, les aides au logement pour les ménages stagnent alors que l’urgence sociale se fait sentir. En bref, c’est à un véritable désengagement de l’Etat que l’on assiste. Mais plus que d’une analyse sur les restrictions budgétaires, c’est d’un réel débat sain et éclairé que la société française a besoin concernant sa politique du logement. L’enjeu dépasse la simple construction de maisons ou d’immeubles, il s’agit de construire le vivre ensemble dans des villes apaisées accessibles à tous pour les prochaines décennies

 

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Commentaires

La situation actuelle est grave. Elle entraine une précarisation accrue. la face caché est la précarité dans les université. C'est pour cela que L’Unef lance une nouvelle campagne sur le droit au logement

Lundi 22 février, le syndicat étudiant a lancé une nouvelle campagne au sein des campus universitaires. Objectif : exiger "Un droit au logement indépendant pour les étudiants", voilà ce que revendique l’Unef. Pour ce syndicat étudiant, « la crise du logement touche particulièrement les étudiants : hausse de 8,3 % à Paris et de 3,3 % en province des loyers à la relocation cette année, garants difficile à trouver, loyers exorbitants… Trouver un logement à proximité de son lieu d’étude est devenu un véritable parcours du combattant ». Tout en ajoutant : « 80 % des étudiants qui vivent chez leurs parents le font par obligation alors même qu’un logement indépendant conditionne pour chaque jeune le choix de la filière qu’il veut suivre ainsi que la réussite durant ses études. Les situations d’étudiants sans logement ou mal-logés se multiplient. Cette situation conduit des étudiants à renoncer ou à interrompre leurs études ».

6 500 logements d’ici 2014
Pour faire face à cette situation, l’Unef souhaite la mise en place d’un plan pluriannuel et propose des solutions. Selon le syndicat, "la construction de 6 500 logements Crous et 8 000 rénovations chaque année d’ici 2014 afin de respecter les engagements du plan Anciaux (50 000 constructions et 70 000 réhabilitations en 10 ans…) », « le gel des loyers en cité-u, la mise à dispositions de terrains publics et de bâtiments inutilisés par l’État au Crous pour construire de nouvelles chambres plutôt que de les mettre en vente », « la revalorisation de 10 % des aides au logement et leur versement dès le premier mois d’emménagement » et « l’exonération de la taxe d’habitation pour tous les étudiants » seraient des solutions pour pallier le manque. Plus de renseignements : www.unef.fr

Écrit par : un étudiant en colère | 25/02/2010

Et les promoteurs immobiliers ( donc nous ! Ils vont frainer les constructions) s'attendent à une nouvelle année 2010 difficile.
Pour 2010, les professionnels de l’immobilier ne sont d’ailleurs guère plus optimistes. "La fin programmée du doublement du prêt à taux zéro, l’incertitude sur l’emploi et la possible remontée des taux d’intérêts vont encore freiner l’accession à la propriété au cours des prochains mois. Dès lors, le volume global des ventes de logements neufs passera certainement sous la barre des 100.000 en 2010 »

Problème de logement (sociaux) déjà bien entamé avec une inflation qui certe reste basse, mais face à la précarisation accrue des ménages ne va cesser d’augmenter.

Écrit par : saltabank | 25/02/2010

bonjour,


N'oubliez pas a ce propos : l'appel à manifester habituel du 13 mars, à l'occasion de la fin de la trève hivernal en ce qui concerne les expulsions locatives.
soyons nombreux !

Écrit par : mohamed | 25/02/2010

La crise du logement entretient le sentiment de déclassement social

En une quinzaine d’années seulement, les prix des logements ont été multipliés par 2,5 dans notre pays, soit une hausse bien plus vive que celle des revenus (multipliés par 1,6 depuis 1995). Les loyers ayant eux-aussi augmenté plus vite que le coût de la vie, le poids de l’ensemble des dépenses de logement dans le budget des ménages s’est fortement accentué. L’étude du CRÉDOC montre que la hausse des dépenses de logement, de plus en plus mal vécue par nos concitoyens, contribue à entretenir le sentiment de déclassement social: voir s’éloigner la perspective de devenir un jour propriétaire, habiter un logement trop étroit ou en mauvais état, ou avoir l’impression d’y consacrer une part trop importante de son budget, conduisent bien souvent à se sentir appartenir au bas de l’échelle sociale. Le malaise se nourrit aussi du décalage entre la vive hausse des prix et la plus lente amélioration de la qualité des logements. La part des Français qui vivent dans un logement comportant au moins un « défaut majeur de qualité » — un toit percé, de l’humidité dans le logement, une installation de plomberie ou électrique défectueuse, voire une absence de sanitaires — est encore très élevée: cela concerne 32% de nos concitoyens, un chiffre supérieur à la moyenne européenne (26%).

source Credoc ( centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie)

Écrit par : citoyenactif | 25/02/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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