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01/08/2011

Retour sur un déchainement de violences qui marque les esprits. (disponible jusqu’au 19/04/2014 08h30 sur France Inter)

L’émission du lundi 25 juillet 2011, article et écoute mis sur France Inter

(ré) écouter cette émission (cliquez sur le lien ) disponible jusqu’au 19/04/2014 08h30

Pierre Weil :

 Retour sur un déchainement de violences qui marque les esprits.

 

Yves Decaens :

France Inter.png« En même temps que le vieil ordre politique et social agonise, une poussée nouvelle de forces brutes, d'appétits ignobles ou de fanatismes meurtriers soulève l'écorce de la vieille terre ». Commentaire prémonitoire signé Jean Jaurès, au début du siècle dernier, dont on sait ce qu'il advint. Phrase reprise par L’Humanité pour caractériser le carnage du week-end en Norvège, l'assassinat de 93 personnes dans un attentat à la bombe suivi d'une fusillade, une heure et demi de fusillade dont on lira les récits dans Libération, le Figaro, qui racontent ce que Le Figaro résume en titre : "La froide détermination du tueur d'Oslo". Et partout, cette question : comment un homme peut-il en arriver là ? Pour beaucoup, la réponse est évidente. Il y aattentats norvège.jpg l'homme, immature et psychologiquement perturbé, il y a surtout le contexte, la montée des populismes, du nationalisme et de la xénophobie. C'est au multiculturalisme, notamment à l'islamisation de la société, qu'Anders Behring Breivik, le tueur d'Oslo, veut s'attaquer comme il l'explique dans un document publié sur Internet. « Chez les fous de Dieu, remarque Chantal Didier dans l'Est-Républicain, le problème ce n'est pas Dieu, c'est leur folie ». Savoir ce qui la déclenche? …. On notera d'ailleurs, avec Dominique Greiner dans La Croix, la façon dont on commente depuis deux jours ces tragiques évènements, la façon dont on leur cherche un sens. Pour objectiver la violence, écrit Greiner, on la situe dans un groupe spécifique : après avoir suspecté un fanatique islamiste, c'est finalement un protestant en croisade, un fondamentaliste chrétien qu'on interroge, comme si de telles désignations permettaient de tenir la violence à distance alors qu'elles sont elles-mêmes sources de violences. C'est la leçon de ce drame norvégien, conclut l'éditorialiste de La Croix : la violence n'est pas seulement dans le camp de l'autre.

 

Pierre Weil :

Une violence d'essence politique essentiellement. 

Yves Decaens :

Ce que souligne sans détour L'Humanité qui voit dans ces évènements la résurgence du terrorisme d'extrême droite. Et oui, elle est peut-être nouvelle, mais la bête reste immonde. L'attentat d'Oslo et la tuerie de l'ile d'Utoya, commente Patrick Apel-Muller, sont les fruits toxiques des discours anti-immigrés qui contaminent de plus en plus de pays et de plus en plus de partis. Ce que pense aussi François Sergent dans Libération, que les aliénations et les ressentiments d'Anders Behring Breivik se sont nourris d'un terreau fertile entretenu par une extrême droite puissante en Scandinavie et en particulier en Norvège. Dans cette Europe en crise, intervient Xavier Panon dans La Montagne, cette Europe dans laquelle les citoyens ont le sentiment de n'être plus que la proie des marchés, se répand comme dérivatif la musique de l'identité nationale fantasmée, cette petite musique qu'on entend aussi depuis deux ans en France. Et justement, voyez, même si ce n'est en rien comparable évidemment, voyez où va se nicher la xénophobie. Dans Marianne, c'est Maurice Szafran qui le relève, comment le gaulliste et séguiniste François Fillon lui-même se laisse prendre par la xénophobie ambiante. Reprenez sa sortie contre Eva Joly qui voulait supprimer le défilé militaire du 14 juillet. … . Car il est écouté à l'Elysée et il compte un ministre, Thierry Mariani. Leur fond de commerce, c'est l'identité nationale, l'immigration, la sécurité ; comme Marine Le Pen contre laquelle ils pensent être le meilleur rempart, quitte à lui voler ses idées.

 

Pierre Weil : Dans la presse également ce matin, la mort d'Amy Winehouse, la renaissance du Tour de France.

 

Yves Decaens :

Elle était une voix : tout le monde s'accorde là-dessus. La mort à 27 ans de « la Betty Boop déglinguée », comme l'appelle Libération, renvoie aux disparitions tragiques des Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrisson ou Kurt Cobain, comme si 27 ans, écrit La Croix, était l'âge ultime des trajectoires fulgurantes du rock. Amy Winehouse, la diva tragique et trash, aura quand même eu le temps, précise Olivier Nuc dans Le Figaro, de remettre la soul durablement à la mode, anticipant avec quelques longueurs d'avance la bande son d'aujourd'hui. Son timbre de voix pour Victor Hache dans L'Huma, la rapprochait des grandes chanteuses de Rn'B et de jazz, de Sarah Vaughan à Billie Hollyday. Ou Aretha Franklin, c'est le nom qui revient le plus souvent. Le célèbre refrain de sa chanson « Rehab », cité par Libé disait : « The tried to make me go to rehab - me faire désintoxiquer, and i said no, no, no ». Peut-être, conclut Stéphanie Binet, qu'il aurait fallu dire oui à ce moment là.

Intoxication en tout cas, c'est une addiction, une vénération que porte Arnaud Lagardère à sa compagne, mannequin belge de 20 ans. Et la vidéo qu'il en a faite pour l'hebdo Soir Magazine fait un buzz sur le net, au grand désespoir de ses collaborateurs et de La Tribune qui en fait tout un pataquès à la Une. « Cette déclaration d'amour télégénique », écrit La tribune aurait pu être considéré comme un accident si elle n'était pas une nouvelle Illustration de la désinvolture avec laquelle …. C'est à la Une de France-Soir, il a vu Nafissatou Diallo à New-York, il a été impressionné par son courage. « Elle est sincère, dit-il, et lui prêter la moindre participation à un complot, c'est lui prêter des compétences qu'elle n'a pas. Ce qu'elle a de commun avec ma plaignante : rien, ce sont deux femmes qui ne se connaissent pas, ne viennent pas du même monde, ne parlent pas la même langue, elles ont juste croisé le même homme, DSK ».

Voilà, et j'en viens au Tour de France. Ce Tour qu'on dit enfin propre et L'Equipe veut y croire, en titrant « Le Tour sourit ». Et oui, d'abord les Français ont brillé, ce que remarque aussi Le Parisien Aujourd'hui en France, et puis la victoire de Cadel Evans, c'est un signe puisqu'il serait, parait-il, un baromètre de l'état de propreté du peloton. Evans qui est un peu pour Libé, le François Hollande du cyclisme : sans charisme mais rassurant. Ce tour restera t-il le tour de ce que L'Humanité appelle « la vélorution », le retour aux fondamentaux du vélo ? Pas si vite. Il était plus clair, précise aussitôt Libé, mais pas forcément plus transparent. Ce que pense aussi Marc Mardiot, manageur général de l'équipe FDJ, qu'il faut être prudent. On saura dans dix ans s'il faut parler d'un tournant ou pas. On sent que oui, mais c'est comme le pinard dit-il, il faut l'apprécier avec un peu de retard. En précisant qu'on sait tout de suite, malgré tout, qu'il s'agit d'un bon cru

Bref bonne interview paru sur l’émission de France Inter, traduisant la dictature de l’immédiateté, les dérives du de la finance, des médias, de la crise politique et économique.

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