La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

31.10.2011

Quand les démocraties ( oligarchies) préfèrent perdre le contrôle plutôt que de l'argent...

On apprend beaucoup face a la dissymétrie d’information, ou paradoxalement  ce sont sur les sites capitalistes que l’on apprend  le plus. Ce texte est enrichissant. Extrait :

▪ » Sortons les cotillons et les confettis, mettons le champagne au frais et les petits fours bien au chaud... faisons la fête et embrassons-nous Folleville : la crise de la dette européenne est sur le point d'être vaincue.

Les spéculateurs seraient en train de négocier l'armistice avec la BCE, sous la haute supervision du couple franco-allemand (qui est expert en la matière, comme nous le rappelle la prochaine célébration du 11 novembre !).

Un sentiment de soulagement mêlé de félicité dominait mardi soir à Wall Street au cours de la dernière heure. Un bon conseil, amis traders qui officiez à Wall Street : ne prenez aucun rendez-vous entre 17h et 17h31 jusqu'à nouvel ordre.

Le journal britannique The Guardian croit savoir qu'un consensus se dessine en faveur d'un FESF renforcé. Il serait même doté d'un "levier 5" (voilà qui est précis). L'Europe s'apprêterait à transformer le futur MES (successeur du FESF) en une sorte de SRD sur la dette publique !

Cela semble séduire beaucoup de monde. Il y a pratiquement unanimité sur le principe... mais qui peut répondre à cette interrogation : qui va gérer l'argent ?

C'est la question à 2 000 milliards d'euros !

Le scénario de la création d'une super-banque supervisée par les Etats et fonctionnant en tandem avec la BCE a été écarté ; ce serait trop long de décider de qui fait quoi, dans quelles circonstances, avec l'aval de quels pays... Il apparaît

C'est là que nous devons nous reposer la question : par quel processus démocratique la BCE a-t-elle été constituée, lequel de ses membres est-il élu ? Qui contrôle la bonne exécution du mandat de son président, nommé pour huit ans ?

Que se passerait-il si Mario Draghi décidait de voler au secours de tel pays et pas d'un autre, au prétexte qu'il ne remplit pas les conditions d'un nouveau renflouement ? Les Allemands, dans leur immense majorité, auraient été parfaitement d'accord avec une telle décision dans le cas de la Grèce.

Le patron de la BCE n'a pas plus de comptes à rendre à la représentation démocratique que les agences de notation. Dans un cas comme dans l'autre, leurs premiers interlocuteurs sont les banques... qui appartiennent pratiquement toutes au secteur privé -- sauf désormais Dexia et quelques caisses régionales allemandes ou espagnoles.

S'interroge-t-on assez sur les motivations profondes des trois agences qui détiennent le monopole de la notation dans le monde occidental ?

Cela fait deux ans que toute la communauté financière sait que l'Espagne est dans une situation économique catastrophique et que son système bancaire est moribond. Et voilà que Moody's se réveille soudain avec l'envie de dégrader 24 banques espagnoles (les 24 plus importantes naturellement), tandis que S&P annonçait quelques heures auparavant l'abaissement de deux crans de la note souveraine espagnole.

Si leur diagnostic nous apparaît irréfutable, pourquoi "envoyer du lourd" seulement maintenant ? Pourquoi cet emballement, cette frénésie des agences à trois jours du G20 ?

Ce qui pose question, c'est le choix du timing. Cela tombe pile-poil au moment où les marchés mettent la pression sur les gouvernements pour que le FESF soit mis en place et confié à une institution -- la BCE -- qui échappe à tout contrôle démocratique ! ( cf Traité modificatif : les Attac d'Europe disent non | Attac France



Les "indignés" ne revendiquent rien en particulier (pasd'accord,je reviens plus  bas) -- sinon que quelques puissants lobbies financiers cessent de corrompre l'appareil politique et législatif. Ils feraient bien de se mobiliser dans l'urgence (il ne reste peut-être pas plus de 48 heures) afin de réfléchir sur les conséquences d'un transfert massif de souveraineté budgétaire des Etats vers un organisme supranational qui jouit d'une totale autonomie de décision.

L'indépendance, s'il s'agit de l'ONU, du tribunal pénal international de La Haye, du CIO... personne n'a rien contre, c'est même la condition première de leur légitimité !

Mais feriez-vous confiance à une Fed bis autorisée à battre monnaie (monétiser la dette)... et qui serait en contact permanent avec des interlocuteurs capables de manipuler à loisir les marchés pour infléchir ses décisions dans un sens qui leur soit systématiquement favorable (comme aux Etats-Unis) ?

Le successeur de J.-C. Trichet, Mario Draghi, s'est déclaré à plusieurs reprises contre le recours à la planche à billets avant d'être intronisé ce jeudi à la tête de la BCE.

Souvenons-nous que Christine Lagarde était contre la recapitalisation des banques françaises (une mesure inutile et contre-productive) lorsqu'elle officiait à Bercy. Quelles furent ses premières déclarations sitôt installée dans le fauteuil de Dominique Strauss-Kahn comme patronne du FMI ? "Il faut recapitaliser d'urgence les banques".

Mme Lagarde a soudain analysé la situation de façon bien différente en quittant les rives de la Seine pour celles du majestueux Hudson... M. Draghi ne pourrait-il pas à son tour envisager la situation différemment depuis les rives du Rhin, un fleuve autrement plus impressionnant que le Tibre ?

Pour en revenir au titre de cette Chronique, Quand les démocraties préfèrent perdre le contrôle plutôt que de l'argent, nous redoutons qu'elles perdent les deux, ainsi que les peuples leurs dernières illusions.

N'est-il pas déjà trop tard pour s'indigner ? »

Je dirais non, je les ai rejoins, faites de mêmes. Bien sur les indignés pour une démocratie Now     proposent des solutions concrète, sauf que cela  ne rentre pas dans le jeu électoral/institutionnalisé par  l e système libérale. Les médias ( Comment le capitalisme nous infantilise, Pierre Servent - la trahison des médias),     politiques et les directions syndicales (en dehors de Sud solidaire et  la CNT : qui respecte la charte d’Amiens du syndicalisme horizontale). Nous sommes pour la souveraineté des  peuples, l'économie aux service du plusgrand nombre, agriculture raisonnée.... Et lutter contre un système qui favorise les injustices, les lobbies et la soumission des peuples (Edward Bernays, le père de la propagande, L'ère du storytelling, 10 principes de contrôle de la société)

Samedi 5 novembre à 18h : Concert deYuko Hirota : musicienne-créatrice, pianiste compositrice

Bonsoir,

yuko hirota.jpgJe tiens a faire découvrir un   nouveau talent   après celui d’Erin Lang, Yuko Hirota : musicienne-créatrice, pianiste  compositrice   extrait de   Page personnelle de Yuko Hirota « Née à Tokyo, Yuko Hirota commence à étudier le piano à l’âge de trois ans. Elle obtient le diplôme de l’Académie Musashino. Cette formation classique ne l’a cependant pas coupée de ses racines japonaises : sa grand-mère paternelle était professeur de Naga-uta, le “Chant long” du théâtre Kabuki chanté en s’accompagnant du shamisen, tandis que sa grand-mère maternelle était une chanteuse du “Petit chant”, le Ko-uta, de caractère plus sentimental. Les chansons entendues au Tibet devaient d’ailleurs plus tard lui rappeler l’atmosphère du “Petit chant”. Son grand-père paternel fut l’un des premiers facteurs de piano au Japon (Y. Hirota)…


Yuko Hirota donnera avec plaisir un concert.

Samedi 5 novembre à 18h ( Venez un peu avant à partir du 17h30 car elle commencerai le concert à 18h)
 
Chez Zaresta Hoff : 11 rue Suger 75006 Paris
 Tél : 01 43 54 89 15>
 Programme : Moussorgsky, Schubert et Hirota
 
 Paf : 10 euros
 
Réservation fortement souhaité au 01 46 28 49 13 ou 06 59 60 25 36
>
Elle sera ravie de vous revoir à cette occasion.
 
 Amitiés

Les     articles   parlant d’elle :

Page personnelle de Yuko Hirota ,Soirée musicale - Etudiants pour un Tibet Libre,Réflexion sur PIANO no KI

Les médias français controlés?§!

La mainmise du complexe militaro-industriel sur les médias français"

Organigramme des différents détenteurs ou actionnaires des principaux médias français et leurs connexions avec l’industrie de l’armement. www.france24-propagande.com,

Comment le capitalisme nous infantilise, Pierre Servent - la trahison des médias, Edward Bernays, le père de la propagande, L'ère du storytelling, 10 principes de contrôle de la société

médias.jpg

30.10.2011

La Zone euro (et le système économique) doivent-ils être sauvés ?

Face a l’impossibilité du système politique a trouver des solutions (casses sociales suffisantes sans faire une rébellion qui déstabiliserait leurs intérêts et couper la consommation : Le commencement de la fin ? Les Indignés se bougent pour l'éviter. : Au menu : Le règne du cash, de la casse social et de la possible chute d'un système mondial?  , Chronique SPECIALE CRISE DES DETTES suite a l’aggravation en Europe et Etats Unis Dans son article En route vers la Grande Dépression ?, Frédéric Lordon,le risque d’un Le Krach mondial)  les économistes « dits libéraux » ( trader, économiste ultra » ou simplement libéraux) nous ressortent la main invisible. La faute est due au politique et non aux systèmes économique.

La logique libérale de la main invisible : ▪ Comme le dit le proverbe, “le moins est un plus”. Pas d’ingérence dans  leur gestion, sauf pour défendre leurs intérêts par  une bonne guerre ( Irak,  Afghanistan…). Le système a connu des bulles et des crises institutionnalisées, avec tout au long de son histoire (apparition XVIIIe)  une oppression «  Privé et état contre les mouvements sociaux et citoyens.

Un peu d’histoire , déjà commencer ICI: “Le gouvernement américain — l’administration Wilson jusqu’en mars 1921, puis l’administration Harding — a répondu à l’urgence en l’évitant”, raconte Grant. “Pour la plupart des décideurs de l’époque, il ne s’agissait pas, en effet, d’une ‘urgence’ mais des épreuves du cycle économique, désagréables certes, mais inévitables”.

Il est important de noter que le gouvernement de 1920-21 a décidé de ne pas intervenir, non parce qu’il ne savait pas que faire mais parce qu’il savait ce qu’il ne fallait pas faire. Les administrations de Wilson et de Harding se sont tenues à l’écart parce qu’elles faisaient confiance aux forces du marché pour résoudre la crise plus efficacement que ne l’aurait fait le gouvernement.

Les forces du marché n’ont pas échoué en 1920-21″, observe Grant. “Elles étaient quasiment les seules forces en jeu… La Réserve fédérale en 1919 fêtait ses cinq ans d’existence et à cette époque le monde assisté de la finance — ‘too big to fail‘, TARP, TALF, etc. — n’était non seulement pas né, mais encore moins imaginé”.

Anticipant la forte récession de 1920-21, le Ben Bernanke de l’époque, Benjamin Strong, gouverneur de la Federal Reserve Bank of New York, déclara ceci en 1919 :

“[Il y aura] un fort taux de chômage mais qui ne durera pas très longtemps et… au bout d’un an ou deux de désagréments, d’embarras, de pertes, de troubles causés par le chômage, nous nous en sortirons avec une situation financière pratiquement invincible, des prix plus proches des niveaux concurrentiels des autres pays, et nous serons capables d’exercer une influence étendue et importante pour rétablir des conditions normales et vivables pour le monde”.

Par conséquent, dans l’anticipation à la fois d’une récession imminente et forte mais également d’une reprise rapide et éclatante qui rétablirait des conditions normales et vivables pour le monde, Strong ne proposa ni plan de sauvetage ni “mesures de relance” pour modifier le cours naturel de l’économie.

Il s’est contenté d’observer. Et tandis qu’il observait, il a vu ses prévisions confirmées. L’économie s’est effectivement contractée, très violemment. Mais peu après, elle a connu une formidable reprise. Le tout a duré moins de deux ans.

On peut affirmer sans exagérer que la crise a pris fin”, souligne Grant, “et que dans les années qui ont suivi 1921, le marché du travail a connu un rebond spectaculaire ; les républicains au pouvoir le sont restés jusqu’à ce que Herbert Hoover décide d’agir lors de la Grande dépression, non pas à travers l’inaction, mais à travers une intervention offensive”.

▪ Mais l’inaction constructive ne figure même pas comme sujet de discussion parmi les membres du G20. Aujourd’hui, la discussion porte uniquement sur l’action destructive. Au nom d’une “stabilisation du système”, le G20 souhaite brûler des centaines de milliards de dollars des contribuables dans une sorte de bûcher funéraire économique.

Les leçons supposément tirées de la Grande dépression, telles qu’interprétées par l’ancien professeur d’économie à Princeton qui dirige aujourd’hui le destin du pays à la barre de la Réserve fédérale, représentent la lumière qui guide les décideurs d’aujourd’hui”, explique Grant. “Intervenir tôt et souvent… faire marcher la planche à billets, augmenter la dette fédérale, tailler dans les taux d’intérêt, étendre les allocations chômage et adoucir la douleur des saisies”…

En conséquence, les leaders de l’Union européenne et du FMI prévoient de “sauver le système” en donnant de l’argent aux gouvernements qui ont sottement trop dépensé/ généreux, complaisance - et aux banques et du secteur privé (immobilier, banque, finance, construction…. Les leaders du CAC 40 et autres indices boursiers) qui ont « stupidement » investit et gagner beaucoup pendant un temps. Pourquoi s’échiner à sauver un tel système ?

Le système qui vaut la peine d’être sauvé n’est pas celui qui récompense l’incompétence, la complaisance état et secteur privé  ...Le système qui vaut la peine d’être sauvé n’est pas celui qui tente de camoufler par une couche de peinture verte le bois mort et qui le qualifie de “sain”. Le système qui vaut la peine d’être sauvé est celui qui respecte  et donne le pouvoir aux peuples — qui permet au bois mort de pourrir et de se décomposer sur place, pour qu’il puisse ainsi fertiliser la génération suivante de peuple souverain a laquel  l’économie et les politiques seraient au service et non l’inverse..

La Grèce finira par faire faillite. Pourquoi ne pas laisser cela arriver ? Et si l’euro échoue, il échoue. Pourquoi ne pas laisser aussi cela arriver ?

Les grands décideurs de l’Union européenne aimeraient stopper la crise. Ce n’est pas possible. Ces gens devraient plutôt cesser de discourir devant leur miroir. Ils oublient que les images qu’ils ont sous les yeux sont inversées. La gauche est en fait la droite (

Dans DSK : Flamme bourgeoise, cendre prolétarienne, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, Source 10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire, 10 mai 1981, triste anniversaire(source monde diplomatique)voir aussi Les patrons orphelins de DSK – blog Saltabank ) et le droit est à l’extrême droite(libéral, populiste et raciste). Les plans de sauvetage sont en fait des plans de faillite (Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien | Eco89, Serge Halimi sur "Le grand bond en arrière (plusconcient.net) Année: 2004 Durée, Oui alors écouter Les Matins - Frédéric Lordon). La faillite est en vérité la première partie de tout sauvetage durable qui repose sur la soumission des travailleurs et des chomeurs et sur l'Environnement.cf La logique du dérèglement pervers, Quand la réalité dépasse nos pires fictions !

29.10.2011

Théatre : L'Oeuf de Félicien Marceau, mise en scène par Simon Hardoun

AccueilAdultes et Tout PublicSept - Oct - Nov 2011 › je suis allé au théatre L'OEUF : Excellent comédiens, bonne mise en scène sans temps mort,sous forme d'un triller qui tient plus que la route dans une ambiance conviviale. On voit que le sacteurs se font plaisir et nous aussi.

 

L'oeuf.jpgà 21h30 tous les vendredis et samedis

Du 26 août au 19 novembre 2011

Durée 1h20

Entre cynisme et lucidité la frontière est étroite; entre bonne et mauvaise conscience aussi...
 

Emile Magis est loin d'être le genre de type que le monde s'arrache. Il est accablé par les petits soucis du quotidien et alors que la vie l'accuse sans cesse d'être ce qu'il est, il va à sa manière lui rendre la monnaie de sa pièce.
L'Œuf a beau être lisse, il va bientôt s’effriter...
 

 Compagnie BOSSKAPOK

Mise en scène Simon Hardouin

Avec  Jules Roukoz, Jérémy Lornac, Caroline Stefanucci, Lola Bret, Annah Schaeffer, Coralie Paquelier, Emma Flornoy, Yvan Naubron, Nathan Dunglas, Constantin Djirdjirian, Jean-Daniel Bankole, Hélène Foin-Coffe et Simon Hardouin.

Réservé  ici :  site officiel

Peuples de Nice face au G20/ mobilisazion frente al G20/Forum dei Popoli in Nizza,

Français
J-4 avant le Forum des Peuples de Nice face au G20. Vous pouvez télécharger le programme ici. Il vous indiquera tous les débats, conférences, manifestations et actions qui auront lieu pendant ces quatre jours de mobilisation.
Le lieu centra de nos mobilisation est le site des anciens abattoirs de Nice.
Les lieux des réunions et séminaires seront intégrés dans le programme distribué sur place à Nice, aux Abattoirs, sur une feuille volante.
Encore un peu de patience!
 

English

4 days left before we welcome you in Nice for the
People Summit.
Here
the programm to download where you will find every informations about these four days of demonstrations, conferences, debates and actions.
We have a central place in Nice where you'll be able to have all informations. It's the ex
Abattoirs
(the ex slaughterhouse).

Please note that locations of meetings and seminars will be included in the program (on a separate sheet) distributed on site in Nice.
Be patient!


Espanol
Faltan solo 4 días antes que empezca la la mobilisazion frente al G20 en Niza. Podéis descargar el programa aquí, os dará todas las informaciones necesarias sobre estos cuatro días de manifestación, conferencias, debates y acciones.
En Niza encontraréis un lugar central donde todas estas informaciones estarán disponibles, se llama "les Abattoirs"  (los mataderos !).
Los detalles sobre los lugares de reuniones y seminarios se encontraran en el programa distribuido en Nice. Que tengan paciencia !


Italiano
4 giorni prima dal Forum dei Popoli in Nizza, potete già scaricare il programma qui. Incontrerete tutti informazioni necessari su questi 4 giorni di manifestazioni, conferenze, seminari e azione.
In Nizza incontrerete uno luogo dove tutti questi informazione starano disponibili, si chiama "Les Abattoirs" (i macelli !).
I luoghi precisi dei seminari e seminari starano nel programma distribuito in Nizza. Pazienza !

La coalition G8 G20 2011.

-- 
Gildas Jossec
AITEC
01 43 71 22 22
http://aitec.reseau-ipam.org

Le commencement de la fin ? Les Indignés se bougent pour l'éviter.

Bonjour  ,

 

un PDV absolument excellent ....

certes pas " très optimiste " .... 

mais d'une lucidité implacable .....

 Mais rie n’est perdu grâce a la  prise de conscience citoyenne

bises

 

 

crise 1.jpgLe commencement de la fin Frédéric Lordon est économiste, directeur de recherche au CNRS. Il est notamment l’auteur de Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, octobre 2008 ; Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Presses de Sciences Po, 2008 ; Et la vertu sauvera le monde, Raisons d’agir, 2003 ; La politique du capital, Odile Jacob, 2002. Au menu : Le règne du cash, de la casse social et de la possible chute d'un système mondial?  , Chronique SPECIALE CRISE DES DETTES suite a l’aggravation en Europe et Etats Unis Dans son article En route vers la Grande Dépression ?, Frédéric Lordon

A faire circuler !!!

Le « printemps occidental » : les « indignés » relèvent la tête 

Chems Eddine CHITOUR

 

photo : Madrid 2011 © Karim Brikci-Nigassa / voir Collectif Krasnyi

« Une grande misère parmi les hommes, c’est qu’ils savent si bien ce qui leur est dû et qu’ils sentent si peu ce qu’ils doivent aux autres » - Saint François de Sales

Le ras-le-bol mondialisé est une réalité. Si les médias aux ordres ont soigneusement étouffé les révoltes des sans-voix mais pas sans droits dans les pays occidentaux, nous voulons à travers cette contribution amplifier, malgré l’étouffement, cette rumeur qui enfle pour un ordre plus juste. C’est d’ailleurs un juste échange de bons procédés. Pendant près de neuf mois, les médias aux ordres se sont occupés des Arabes - poussant la sollicitude à donner un nom à des jacqueries savamment entretenues, le vocable de printemps arabe- avec l’affection d’une Alma mater, en entretenant çà et là le feu de la discorde allant jusqu’à créer des informations imaginaires. Nous allons pour notre part, par respect pour celles et ceux qui galèrent dans les pays occidentaux leur souhaiter un printemps pour les révoltes légitimes qu’ils mènent.

On se souvient que Stephane Hessel, humaniste résistant, ambassadeur, rédacteur de la Déclaration des Droits de l’homme, s’était indigné et l’avait fait savoir dans un petit fascicule : « Indignez-vous ! » Tiré à des dizaines de milliers d’exemplaires, il a fait mouche car devant l’anomie du monde, les motifs d’indignation ne manquent pas. Avec le philosophe Edgar Morin, il vient de « récidiver » dans un petit ouvrage. Stéphane Hessel et Edgar Morin marient leur ardeur juvénile et leurs réflexions dans un manifeste, Le chemin de l’espérance, qui préconise insurrection des consciences et exigence citoyenne, socles selon eux d’une « politique du bien-vivre ».

« L’ouvrage écrit à deux, est un manifeste d’indignation de « dénoncer le cours pervers d’une politique aveugle qui conduit au désastre, d’énoncer une voie politique de salut public et d’annoncer une nouvelle espérance », soulignent ces deux symboles de la Résistance et amis de longue date. « Nous ne proposons pas de pacte aux partis existants », insistent-ils. « Nous souhaitons contribuer à la formation d’un puissant mouvement citoyen, d’une insurrection des consciences qui puisse engendrer une politique à la hauteur de ces exigences ». Ils appellent à dépasser les clivages idéologiques pour trouver des solutions. Ils définissent ainsi quatre sources pour « alimenter la gauche : la source libertaire, la source socialiste, qui se concentre sur l’amélioration de la société ; la source communiste, qui se concentre sur la fraternité communautaire. Ajoutons-y la source écologique, qui nous restitue notre lien et notre interdépendance avec la nature et plus profondément notre Terre-mère, et qui reconnaît en notre Soleil la source de toutes les énergies vivantes. » (1)

Ces combats pour la survie

On pensait naïvement dans les pays du Sud que les citoyens du Sud avaient le « monopole de la détresse ». En fait, il n’en n’est rien. La détresse, en un mot, la mal-vie, est mondialisée. A contrario, justement dans les pays du Sud, il y a des super-citoyens qui n’ont rien à envier aux citoyens des pays riches très riches, voire très riches. Je dis souvent à mes élèves ingénieurs que la consommation algérienne est faible (1000 kWh/hab /an) mais dans certaines villes, voire dans certains quartiers, la consommation est dix fois plus importante, elle n’a rien à envier à celle des pays européens. La mal-vie est telle en Occident, que de plus en plus, les citoyens protestent contre cette mondialisation-laminoir qui fait par exemple cadeau aux banques qui sont renflouées avec l’argent des contribuables en mutualisant les pertes, privatisent leurs profits au profit d’une oligarchie de sangsues qui pensent être éternels intouchables, voire prendre avec eux leurs fortunes le jour du grand départ...

A ce sujet, le professeur Jules Dufour écrit : « Un examen attentif de l’ensemble des activités planétaires, en 2011, nous fait saisir assez rapidement que l’ordre mondial imposé par les forces impérialistes dicte de plus en plus la conduite des affaires mondiales et a dépassé les limites du tolérable pour être maintenant qualifié comme celui correspondant à un système injuste et infâme généralisé. En effet, les conséquences économiques et sociales de la crise financière qui affecte l’économie des États-Nations partout dans le monde se caractérise par une diminution marquée des avoirs collectifs, un affaiblissement des institutions nationales et une gouvernance de plus en plus orientée et dominée par les plus puissants. Le pouvoir des peuples s’effrite jour après jour et le droit et la justice sont remplacés peu à peu par la répression économique, la violence armée et l’imposition de la loi des plus forts. La gestion de la crise économique et financière en Europe en est la plus parfaite illustration avec l’application du processus d’une soumission totale aux impératifs du « Marché ». (2)

La réponse aux attaques des grands pouvoirs financiers contre les peuples prend forme peu à peu dans tous les pays gravement affectés en Amérique du Nord et dans la plupart des pays de l’Union européenne. Les peuples se lèvent sous tous les azimuts. Le déploiement de manifestations publiques organisées dans la mouvance du mouvement des « Indignados » dans les rues des grandes agglomérations urbaines comme Lisbonne, Rome, Madrid et Athènes prend de l’ampleur et pourrait ouvrir la voie à un soulèvement massif des populations appauvries, déshéritées et de plus en plus vulnérables de l’ensemble de la planète, sans oublier les émeutes de la faim. Devant cette ruée vers la justice, la réplique des forces impériales ne s’est pas fait attendre en appliquant une répression sanglante avec des arrestations arbitraires, des violences féroces contre les manifestants, notamment à Athènes, et l’emprisonnement de milliers de citoyens innocents. Il faut sans cesse avoir à la mémoire les dommages considérables infligés depuis des siècles à l’humanité par les protagonistes qui édifient et font prospérer les empires. (...) L’unanimité recherchée par l’Occident dans l’édification d’un monde unipolaire stable et soumis sera de plus en plus difficile à obtenir. Le bloc Russie-Chine semble se manifester de façon plus nette et on observe une fermeté de plus en plus affirmée de plusieurs pays contre l’imposture institutionnalisée de l’hégémonie d’un capitalisme mondialisé, système qui veut contrôler l’agenda des activités économiques et politiques de tous. (...) Selon Gray, le bloc Russie-Chine pourrait d’ici quelques années se poser comme puissance alternative à l’hégémonie américaine. » (2)

A juste titre, Jules Dufour fait un constat d’échec concernant les organisations internationales : « Les organismes onusiens et les organisations non gouvernementales sont souvent placés dans un contexte qui ne leur permet pas d’exercer une action déterminante pour le développement d’un monde juste et solidaire. (...) La marche et le siège des « indignés » dans les villes européennes sont, pour nous, une indication que les peuples de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie commencent à comprendre que leur avenir et l’avenir de leurs enfants sont sérieusement compromis et menacés. » (2)

Les indignés de par le monde

On dit que dans plus de soixante dix pays, les « citoyens d’en bas » s’indignent et le font savoir. Ainsi les citoyens de Russie, confrontés eux aussi à la "rapacité" et à la "corruption" des élites, sont concernés par la mobilisation du 15 octobre, estime un expert en économie. Selon lui, leur "passivité" est un mythe. "Occupy Wall Street est un mouvement de résistance de gens de diverses couleurs, sexes et convictions politiques, sans meneurs. La seule chose que nous avons tous en commun, c’est d’être ces 99% qui se refusent à tolérer plus longtemps la rapacité et la corruption des 1% restant. Nous employons la tactique révolutionnaire du printemps arabe pour atteindre nos objectifs et prônons la non-violence afin d’assurer une sécurité maximum de tous les participants". Voilà ce que veulent et ce qui distingue les manifestants new-yorkais. (3)

« (…) Il s’agit, poursuit Alexeï Mikhaïlov, d’un mouvement de protestation contre l’aide publique accordée aux grandes entreprises et aux banques, avec de l’argent prélevé sur le budget de l’Etat ou émis par le biais d’obligations qui vont engendrer de l’inflation. Ces gens sentent bien que quelque chose ne tourne pas rond. Les banquiers touchent à nouveau d’énormes bonus, tandis que le citoyen ordinaire ne se sort toujours pas de ses problèmes d’emploi, de salaire, de remboursements de crédits avec leurs taux d’intérêts qui grimpent. Ils veulent que le personnel politique et les banquiers entendent cette idée simple : "Ça ne peut plus durer". Quant à indiquer des solutions, ce n’est pas le problème du mouvement. Il se contente de faire du bruit et d’exprimer des revendications ». (3)

En France, le député socialiste propose une solution : Arnaud Montebourg propose une mise sous tutelle des banques : au centre de son projet : la démondialisation. « La mondialisation c’est la mise en concurrence, la démondialisation c’est le contraire », simplifiait le candidat lors de l’un de ses derniers meetings avant le premier tour. Cette prise de conscience planétaire touche l’Europe dans son ensemble et les Etats-Unis. Ainsi, les militants "anti-Wall Street" entament leur 4e semaine d’occupation d’une place au coeur du quartier financier de New York au moment où ce mouvement de protestation hétéroclite s’enracine également dans d’autres villes américaines. Selon le site "Occupons ensemble", qui se présente comme un site "informel" recensant aux Etats-Unis les actions similaires à celle lancée à New York, des occupations avaient lieu dans quelque 68 villes du pays samedi, dont Washington, Los Angeles, Chicago, Miami ou Dallas. Après trois semaines de protestation à New York, les manifestants ont étonné les sceptiques et réussi à attirer l’attention du président américain Barack Obama et de ses opposants républicains grâce à leur sens de l’organisation, leur persévérance et leur capacité à étendre le mouvement. Branchés sur les nouveaux réseaux sociaux sur Internet, ils se sont avérés capables de lever des milliers de dollars pour approvisionner leur campement et d’éviter d’importants débordements lors de leurs manifestations régulières. (4)

La nature du « printemps » occidental ?

frédéric lordon,le commencement de la fin  les indignés,l'éviter.On dit que l’indignation occidentale a commencé à Seattle en 1999, elle a été catalysée par la débâcle financière de 2008 qui a laminé les espérances de millions d’européens notamment les restrictions « les douze travaux d’Hercule » imposés à chaque grec (que) en vain, le ras le bol des Espagnols dès le 15 avril qui ont pris exemple sur la place Tahrir en Egypte.

Avec perspicacité, une contribution sur le forum des démocrates met en exergue le « printemps occidental ». L’éclatement de la bulle immobilière américaine en 2008 impose aux Etats européens d’adopter des plans de rigueur et ce, qu’ils appartiennent ou non à l’Union européenne, ou non à la zone euro. Preuve que la Grèce n’est pas le seul mauvais élève. Chacun constate également que la « théorie des dominos », rejetée au 1er trimestre 2010, crainte au second, est aujourd’hui fondée tant pour les Etats que pour les banques. Ainsi, la théorie de l’interdépendance des Etats nous confirme que tout pays confronté à une crise financière impose à ses partenaires économiques les répercussions de ses propres difficultés.

« Oui, nous vivons dans un monde globalisé où nos économies dépendent les unes des autres. La première limite de cette proposition réside dans le fait que toute politique d’allongement des cycles d’austérité (pour les rendre moins violents) signifierait que le Politique accepte, officiellement, de sacrifier une génération. Mais n’est-ce-pas ce que constatent de nombreux jeunes à travers l’Europe avec l’expression des « Indignés ». Et plus largement, n’est-ce-pas ce que constatent l’ensemble des générations confrontées à la crise... l’échec de la mondialisation. La deuxième limite réside dans le fait que l’économie ne peut, seule, répondre à la crise morale imposée par ceux qui placent l’argent et non l’Homme au centre de leurs préoccupations. (...) En 2011, chacun peut se demander quelle sera la nature de notre « printemps » occidental ? » (5)

Il en est de même de l’indignation en Italie : « Vous voulez des esclaves, vous aurez des rebelles », tel est le slogan des manifestants. Le succès des manifestations contre le plan d’austérité du gouvernement Berlusconi, le 6 septembre, révèle une volonté populaire de changement, estime le quotidien d’inspiration communiste. On apprend que la Grèce faisait face à une nouvelle vague de mouvements sociaux alors que le gouvernement venait d’achever les discussions avec la troïka (UE-BCE-FMI) . Avec une dette de 350 milliards d’euros, la Grèce est virtuellement en cessation de paiement même si on lui réduit une partie de la dette avec des agios à 20%. Pour Russia Today la Grèce est « l’agneau sacrificiel » de la zone euro.

Jules Dufour conclut sur le rôle négatif des médias au service des lobbys qui font dans la diversion : « Les médias ont, quant à eux, cherché à minimiser ce phénomène en le considérant comme étant la manifestation d’une certaine frustration ou d’un mécontentement. Il nous semble évident qu’il s’agit de la première phase d’une révolte ou d’une insurrection appréhendée qui pourrait se produire dans un avenir rapproché si les tendances lourdes de la dégradation ou de la détérioration de l’économie mondiale continuent de se développer. » (2)

Le rôle diabolique des médias contre les faibles

Il est curieux de constater que les « médias main stream » si promptes à juger à dénoncer les pays où l’information n’est pas libre – croisades par exemple de reporters sans frontières- font preuve d’un silence assourdissant s’agissant de rapporter simplement les faits concernant les dérives des pouvoirs occidentaux en terme de liberté de la presse , obéissant ce faisant aux injonctions sans appel des pouvoirs. Nous l’avons vu avec les répressions des émeutes au Royaume Uni, émeutes qui décrivaient un ras le bol, nous l’avons vu Espagne berceau de l’indignation du « printemps occidental », nous le voyons toujours comme un fait divers réduit àsa plus simple expression aux Etats-Unis, à telle enseigne que les médias « organiques » minimisent la portée symbolique de ce ras le bol planétaire faisant mine de ne pas comprendre les raisons de ces soulèvements. Nous lisons : « Les médias ne comprennent rien à "Occupons Wall Street." Les journalistes portent un regard rempli de mépris sur les "indignés" américains qui manifestent à New York. Preuve qu’ils ne comprennent rien à l’époque, estime un théoricien des médias. Depuis le début [le 17 septembre] du mouvement anticapitaliste d’occupation de Liberty Plaza, à proximité de Wall Street, les journalistes de télévision semblent déterminés à présenter la réalité comme le fait d’une génération de « cinglés paresseux et incapables de tenir un discours cohérent ». Des propos aussi condescendants que réducteurs. (...) Certains journalistes se croient néanmoins obligés de faire remarquer que ces gamins dénoncent en effet les grands groupes américains tout en tweetant depuis leur iPhone. Quand on déplore les excès des entreprises, on serait censé couper tout lien avec les biens que produisent les grands groupes - quel raisonnement simpliste ! (...) » (6)

Pour Ahmed Halfaoui, pointant lui aussi, le rôle négatif des médias, le printemps pousse partout même si les médias n’en rendent pas compte. Ecoutons-le : « Des Arabes et assimilés, dans ce conglomérat politico-idéologique en perdition, on n’invoque plus cette année que ce « printemps » comme nécessité quasi biologique. (...) D’ailleurs, il y a des « printemps » qui poussent sous le givre, du Pacifique à l’Oural, et dont on parle le moins possible. Ceux-là, ils sont indésirables. (...) Il n’a pas beaucoup de chance de s’accomplir, mais il a le mérite de désigner l’amont du glacier. Wall Street, ce quartier d’où partent toutes les influences qui déterminent la famine ici, le chômage à côté ou la faillite là-bas. Ce qui n’a pas manqué c’est que « Occupy Wall Street » se transforme en « Occupy Together » en s’étendant à des dizaines de villes des Etats-Unis, dont les banques sont devenues des centres de convergence. Malheureusement, les tabassages et les arrestations ne trouvent personne pour les dénoncer comme il se doit, comme on a pris l’habitude de voir. Les maîtres du monde ne tolèrent pas que chez eux on fasse comme chez les « Arabes ». On ne joue pas avec ça. Les insurgés de Grande-Bretagne l’ont su à leur détriment, ceux de Grèce l’apprennent tous les jours et les travailleurs forcés de Hongrie n’y pensent même pas (...) » (7)

Le Monde nous apprend que « Les "Indignés" de la planète manifestent samedi 15 octobre. De la City de Londresà Wall Street en passant par la Puerta del Sol de Madrid, des milliers de personnes vont exprimer leur mécontentement et demander de nouveau la "démocratie réelle" dans plus de 700 villes. Aujourd’hui, les revendications des "Indignés" sont les mêmes à l’échelle de la planète. Tous exigent une société "éthique", "plus démocratique" et où les préoccupations des sans grade seraient mieux prises en compte par les différents pouvoirs. De nationales, les revendications des "Indignés" sont devenues globales. Retour sur un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur. (…) A l’image du printemps arabe, le mouvement des "Indignés" se structure surInternet. On ne compte plus les sites recensant la moindre action. Mais, rançon de son esprit démocratique, égalitaire et international, les "Indignés" peinent à faire émerger un leader, véritable caisse de résonnance de leurs revendications ». (8)

En définitive, comment ne pas donner crédit à un rapport secret « le rapport Lugano », conçu par des experts américains. Dans cette apocalypse annoncée et qui selon le juste mot de Susan George, les experts sont les légionnaires de la mondialisation, il est recommandé aux grands de ce monde, de favoriser dans les pays vulnérables l’émiettement identitaire et la fragmentation, de telle façon « à ce que les intéressés passent plus de temps à se demander ce qu’ils sont que de se mettre au travail ». (9)

Le retour de manivelle est brutal, le mal touche en profondeur les couches vulnérables des pays occidentaux qui vivent à leur façon « leurs printemps ». Il est a espérer que l’immense coordination- protestation qui aura lieu ce samedi pourra enfin, faire entendre aux grands de ce monde, que les peuples n’en peuvent plus et qu’un autre monde, où l’homme retrouve sa dignité ,est possible. Il y va de la survie de l’humanité.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

28.10.2011

Frédéric Lordon : le commencement de la fin

Bonjour,

 

un PDV absolument excellent ....

certes pas " très optimiste " .... 

mais d'une lucidité implacable .....

 

bises

 

 

Le commencement de la fin

 jeudi 11 août 2011, par Frédéric Lordon

Frédéric Lordon est économiste, directeur de recherche au CNRS. Il est notamment l’auteur de Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, octobre 2008 ; Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Presses de Sciences Po, 2008 ; Et la vertu sauvera le monde, Raisons d’agir, 2003 ; La politique du capital, Odile Jacob, 2002. Au menu : Le règne du cash, de la casse social et de la possible chute d'un système mondial?  , Chronique SPECIALE CRISE DES DETTES suite a l’aggravation en Europe et Etats Unis Dans son article En route vers la Grande Dépression ?, Frédéric Lordon

frédéric lordon,crise instiutionnalisée,le commencement,la finPareilles aux images aériennes du front de tsunami avançant inexorablement vers une côté japonaise dont le sort est scellé, le déploiement de la crise financière depuis trois ans donne une impression d’irrésistible fatalité, avec en prime cette sorte d’incrédulité un peu stupide de dirigeants qui croient encore pouvoir tout sauver quand tout est déjà compromis. Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez qu’elle a été celle de la finance privée, était voué à produire, via le canal du crédit, une récession dont les conséquences sur les finances publiques s’annonçaient désastreuses.

Plus encore impliquées dans la détention de titres souverains qu’elles ne l’ont été dans les titres privés hypothécaires, un choc massif dans l’un puis l’autre compartiment menace de mettre à bas tout le système des institutions financières. A ceci près que la puissance publique qui était encore disponible pour ramasser les morceaux du premier accident sera par construction aux abonnés absents si le second vient à survenir – ce qu’il est en train de faire. Et l’on admirera au passage cet élégant jeu de chassés-croisés privé/public (le sinistre des banques sinistre les Etats qui menacent de (re)sinistrer les banques) et Etats-Unis/Europe (les subprime, par récession interposée, ruinent les Etats européens qui, par la crise des dettes publiques, ruineront en retour le système bancaire étasunien (juste après l’européen), soit métaphoriquement : Lehman-Grèce-Goldman – ou le charme absolu de la mondialisation et de ses interdépendances qui rapprochent les peuples (dans le même bac à mouscaille).

Quand les agences font de la politique 

Il n’est même pas certain que la dégradation de la note étasunienne ait suffi à produire le dessillement complet, mais quitte à ce que cette « fin » prenne encore quelque temps, on dira peut-être plus tard qu’elle aura trouvé ici son commencement symbolique. Standard & Poor’s pourrait donc bien avoir eu raison, mais pas du tout pour les raisons qu’elle imagine – probablement même exactement opposées à celles qu’elle allègue, non d’ailleurs sans difficulté pour les rendre présentables. A l’image de sa mise sous surveillance négative d’avril 2011, alors suivie en bon ordre par ses consœurs Moody’s et Fitch, il y a beau temps que les agences, en matière de notation souveraine, ne font plus d’analyse financière, mais bien de la politique. Tout au long du printemps, il s’agissait de mettre les pouvoirs publics étasuniens sous pression pour forcer la passation d’un compromis budgétaire (coextensif au relèvement du plafond de la dette). Pour avoir été finalement obtenu, mais in extremis et dans les pires conditions possibles, le résultat du Budget Control Act signé le 2 août n’a pas l’heur de plaire à Standard. Certes, l’agence s’emmêle un peu les crayons et, dans une première version de sa note, majore la dette à dix ans de 2 trillions de dollars puis, constatant son erreur, la déclare en fait négligeable et procède dans une deuxième version à un renversement souverainement ad hoc de son argumentaire pour expliquer que le problème n’est pas tant dans les chiffres que dans la situation politique étasunienne… C’était en fait déjà la raison avancée dans la note de mise sous surveillance négative d’avril dont le fond tient génériquement que le dissensus démocratique est un problème – et en effet : on ne sait pas à l’avance ce qui va en sortir ! A la vérité, ça n’est pas tant qu’on ne sache pas qui inquiète la finance que la possibilité qu’il sorte autre chose que ce qu’elle désire – un programme fermement anti-finance de marchés s’annoncerait-il comme issue certaine du débat démocratique, il y a tout lieu de croire que la finance n’aimerait pas cette certitude-.

Les Etats-Unis à leur tour dans la lessiveuse

Et pourtant, aux boulettes à deux trillions près, Standard pourrait bien avoir raison – mais pas du tout comme elle croit. Signalons rapidement que sa place dans la structure générale de la finance libéralisée, au point focal de la production de l’opinion collective, la dote des moyens d’avoir plus probablement raison que le commun des agents, en fait même de se donner raison, puisque les effets qui suivent d’une telle dégradation à grand fracas sont tout à fait susceptibles, indépendamment du bien-fondé de la dégradation en question, d’entraîner une série de réactions parmi lesquelles les séquences : 1) dégradation → tension brutale sur les taux → renchérissement du coût de la dette → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → tension supplémentaire sur les taux, etc. ; et 2) dégradation → austérité forcée → récession → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → austérité renforcée, etc. – I told you so ! triomphe alors l’agence.

La Grèce, l’Irlande, le Portugal ont connu tour à tour ces enchaînements fatals par lesquels l’opinion financière transforme des situations parfaitement gérables en inextricables crises. Voilà maintenant que les Etats-Unis sont invités à prendre leur place dans la lessiveuse. Bien sûr, toutes choses égales par ailleurs, les taux étasuniens résisteront mieux et plus longtemps que les autres, car, par sa profondeur, ses volumes de transactions et sa liquidité, le marché des Treasuries reste le biotope de la finance mondiale – qui est sans doute très capable de détruire son propre habitat, mais seulement après avoir rompu avec d’anciennes habitudes et que se soient dissipés les effets d’hystérésis de la croyance dollar. Par une incohérence typique de la finance, la chute présente des marchés d’actions étasuniens, entraînée par le remous sur la dette publique, a encore pour effet… un mouvement de report vers les bons du Trésor US, l’actif toujours réputé « sans risque » alors même que la dégradation signifie explicitement qu’il ne l’est pas !

frédéric lordon,crise instiutionnalisée,le commencement,la finSi, toutes choses égales par ailleurs, la première séquence vicieuse (par les taux) s’activera plus tardivement que pour n’importe quel autre pays, la seconde (par l’austérité) est d’ores et déjà enclenchée. Car l’avis de Standard a pour effet de constituer la situation de la dette publique étasunienne comme problème, c’est-à-dire comme objet de préoccupation, désormais inscrit dans les têtes de la finance – dont on ne sort pas facilement –, matière à commentaire kilométrique et à surveillance permanente, par conséquent : entrée dans un régime tout autre que celui de benign neglect où la politique économique étasunienne a jusqu’ici trouvé ses marges de manœuvre. C’est précisément ce régime de focalisation de l’attention financière qui, dans la situation présente de récession, jette les politiques économiques dans de parfaites impasses en exigeant d’elles d’impossibles réductions de ratio de dette, et ceci par le simple fonctionnement mécanique de la logique démente voulant qu’une fois qu’un « problème » a été déclaré, fût-il imaginaire, alors il lui faut impérativement une solution – mais, elle, réelle. Ces réductions sont impossibles à obtenir en effet car l’environnement de récession et (surtout) de politiques d’austérité généralisées rend toute tentative d’ajustement budgétaire autodestructrice, comme l’ont déjà expérimenté les Grecs et comme le feront à leur tour tous les pays européens… Il y avait matière à s’étonner l’an dernier que les Anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni) fussent passés si facilement sous les écrans radars. Voici les Etats-Unis rattrapés, et le Royaume-Uni ne perd rien pour attendre, son tour viendra très vite.

frédéric lordon,crise instiutionnalisée,le commencement,la finLe chaos cognitif de la finance 

Avec le concours des décideurs publics, incapables de penser autrement, la finance se trouve alors plongée dans une situation de parfait chaos cognitif en exigeant des politiques d’ajustement draconiennes, dont elle observe rapidement les effets désastreux (il n’aura pas fallu un an pour que le contresens soit avéré à propos du cas grec), à quoi elle réagit en exigeant d’approfondir cela-même qu’elle voit échouer ! Aussi les différents locuteurs autorisés de la finance demandent-ils tout et son contraire : ils veulent la rigueur sans faille mais exigent le redémarrage de la croissance. Le dernier rapport du FMI consacré à l’économie britannique [1] est de ce point de vue éloquent qui s’alarme de ce que la croissance en plein effondrement rend très improbable d’atteindre les objectifs affichés, qui va même jusqu’à établir un lien possible entre cette improbabilité et la restriction forcenée que le pays s’impose (comme les autres)… pour finir par lui recommander de surtout bien se tenir à sa présente ligne de conduite et de n’en pas dévier ! Ce genre d’aberration cognitive va devenir monnaie courante et l’on verra de plus en plus l’opinion financière – agences, FMI, presse économique – osciller entre ces demandes contradictoires sans être capable d’en tirer la moindre synthèse.

Car si la contradiction patente entre politiques d’austérité et relance de la croissance (qui en fait peut seule stabiliser les ratios Dette/PIB) est en effet intordable instantanément, elle pourrait cependant être résolue intertemporellement, mais à la condition bien sûr d’être capable de projection dans un horizon de moyen terme – c’est-à-dire de patience. La stimulation coordonnée relancerait les économies, moyennant d’abord une dégradation consentie des déficits et des dettes, mais temporaire seulement dès lors que les recettes fiscales reviendraient et stabiliseraient (par le dénominateur) le ratio Dette/PIB. Cette dynamique réenclenchée, il y aurait alors matière à réduire progressivement le dispositif de relance. C’est bien cette trajectoire que l’administration Obama avait l’intention d’emprunter… jusqu’à ce que les Républicains s’emploient à faire tout ce qu’il fallait de bruit pour faire prendre consistance à un « problème de la dette » s’imposant dès lors à l’agenda du débat public et à la préoccupation des marchés.

Gageons que même sans les Républicains, la finance toute seule aurait fini par se saisir du « dossier » car voilà bien sa caractéristique principale : quoiqu’elle soit souvent complaisamment présentée comme l’art de la projection temporelle par excellence, la finance de marché est la plupart du temps incapable de moyen terme. Aussi imaginer pouvoir conduire un ajustement macroéconomique sous sa surveillance, sans tout lui accorder ou sans le secours de circonstances externes favorables, est-il un rêve de singe.

L’entrée des Etats-Unis, et bientôt du Royaume-Uni, dans le club en expansion rapide des pays « à problème » a alors pour effet, en détruisant l’incarnation de « l’actif sans risque », de signifier symboliquement qu’il n’y aura bientôt plus nulle part de refuge offert au flight to quality, c’est-à-dire plus d’extériorité – nowhere to hide, comme disent les Américains –, et ceci même s’il faut sans doute attendre encore quelque temps pour que l’impasse de politique économique dans laquelle la dégradation vient de jeter les Etats-Unis commence à produire ses effets, c’est-à-dire à détériorer le ratio de dette publique et à « prouver » que, oui, il y avait bien, il y a bien, un problème !

Le néolibéralisme, régime du surendettement généralisé 

frédéric lordon,crise instiutionnalisée,le commencement,la finMaintenant que sont bruyamment signifiées, à propos du cas a priori le plus favorable, l’impossibilité de le régler dans un horizon de moyen terme et l’injonction sans appel d’aller se jeter dans l’impasse de l’austérité, la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. C’est sous cette perspective qu’il est plus judicieux de reformuler le problème général de la dette – mais évidemment en de tout autres termes : la mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé. Dette des ménages, dette des institutions financières, dettes des Etats : la dette globale a monstrueusement explosé en vingt ans de mondialisation dans la plupart des pays : de 220 à 500 points de PIB pour le Royaume-Uni entre 1990 et 2010, de 130 à 370 points de PIB pour l’Espagne, de 200 à 350 points de PIB pour la France, de 200 à 280 points de PIB pour les Etats-Unis [2]…

La dette des ménages explose parce que seul le crédit leur permet de rester à flot pour leur consommation courante quand leur revenu est sous compression constante, du fait de la concurrence par les coûts du libre-échange et de la pression actionnariale à la rentabilité financière. La dette des institutions financière explose pour mobiliser l’effet levier et propulser les ROE (Return on Equity, rendement des capitaux propres). La dette des Etats explose sous l’effet du choc récessionniste occasionné par la crise financière, expression parfaite des désordres mêmes du néolibéralisme [3], mais surtout, en moyenne période, sous l’effet de la contre-révolution fiscale, un autre de ses produits typiques [4], qui réduit la contribution du capital et des plus fortunés. Vient forcément un moment où cette divergence proportionnelle n’est plus soutenable et où il n’y a plus d’autre solution que des annulations massives – nous en sommes là.

Il y aura alors une période plus ou moins longue de décomposition chaotique avant que la finance, et les gouvernements, ne se rendent à cette solution. La dégradation des Etats-Unis en est l’un des éléments, qui signifie à terme la perte de l’ancrage-référence de tous les portefeuilles d’actifs. Incidemment, le simple fait que des titres de dette (quels qu’ils soient) aient pu être tenus pour « l’actif sans risque » en dit long sur la voracité de la finance et le déplacement de normes qui s’en est suivi. Car normalement, l’actif sans risque ne peut offrir autre chose qu’un rendement… nul. Fut un temps – antérieur à la déréglementation financière – où seul le cash pouvait être authentiquement considéré comme « actif sans risque » – et encore, compte non tenu des pertes de valeur réelle éventuellement impliquées par une détérioration inflationniste de la monnaie. Mais être protégé du risque sans rien gagner, c’était bien trop peu pour la finance et ses nouveaux appétits. Du rendement, mais à coup absolument sûr, voilà le désir qu’elle a formé et dont elle a investi certains titres particuliers. C’était méconnaître la possibilité toujours ouverte de conjonctures financières dans lesquelles la clé de voûte du système général de la liquidité peut être emportée à son tour, sans qu’un remplaçant indiscutable et capable de tenir le même rôle, à la même échelle, ait émergé pour prendre la suite. Tous les modèles de mesure du risque et de contrôle de la solvabilité bancaire supposent cette référence de l’actif sans risque, mais que se passe-t-il quand celui-ci fait défaut ? Vers quoi d’autre se tourner ?

Quoiqu’il grimpe à des sommets, l’or n’est en aucun cas un actif de portefeuille au sens plein du terme : il n’est pas dématérialisé (ça n’est pas le tout d’acheter de l’or, il faut bien le stocker quelque part !), son marché n’est pas liquide car les transactions s’accommodent moins facilement des lingots que des écritures électroniques, et en fin de compte l’or n’est qu’une rémanence de fétichisme métallique, la ruée dont il est l’objet devant être surtout tenue pour un indicateur de l’extrême désarroi des investisseurs.

Les autres titres souverains ayant conservé leur triple-A ? Mais aucun n’offre un marché d’une surface comparable à celui des Treasuries. Et surtout : caparaçonnée d’une impeccable logique, la finance est en train de raisonner que si les Etats-Unis, qui étaient la meilleure signature du monde, ont été dégradés, alors les autres, qui étaient moins bons, doivent nécessairement être révisés à leur tour… La grande revue de détail de tous les triple-A (enfin, ceux qui restent) s’annonce donc et il ne devra pas manquer un bouton de guêtre. Mais, à ce compte-là, le défilé promet d’être maigrelet. Le candidat le plus sérieux à la dégradation est évidemment la France. Depuis le lendemain (boursier) de la dégradation, la scie du commentaire financier s’acharne sur le spread des bons du Trésor contre le Bund allemand, et chaque point de base supplémentaire écartant le premier du second est salué avec des frissons d’horreur et de jubilation mêlées – oui, la France n’est pas très populaire auprès de la finance anglo-saxonne. Or le drame dans cette affaire c’est que lorsqu’on est dans le collimateur de la « préoccupation » de la finance, on n’en sort plus : avoir été constitué par elle en « problème », c’est être voué par elle à avoir des problèmes…

Fin de partie en Europe 

Dans le cas de la France, il faut bien reconnaître que cette construction n’est pas complètement dénuée de fondement. Car pour tous les remous survenus à la suite de la dégradation de la note étasunienne, il s’agirait de ne pas perdre de vue que, dans le paysage de la finance en implosion, la cause majeure demeure l’imbroglio européen. Dès l’origine, on pouvait identifier la malfaçon constitutive de l’EFSF (European Financial Stability Facility, le fonds de secours européen), qui consiste à fabriquer des surendettés futurs pour sauver les surendettés présents, quitte à croire aux propriétés magiques du bootstrapping à l’image du baron de Münchausen imaginant se sortir de la vase en tirant sur ses propres cheveux. Le vice congénital pouvait passer inaperçu tant qu’il s’agissait de secourir un petit nombre de « petits » pays et que la dilution de la contribution sur l’ensemble des participants à l’ESFS demeurait tolérable.

Mais d’abord, le nombre des petits pays a crû, certains comme la Grèce réclamant même un deuxième service, de sorte que le cumul des sommes à mobiliser a commencé à grossir. Et voilà surtout que s’annoncent deux sérieux candidats au bureau des pleurs : l’Espagne et l’Italie. Il est à craindre que le coup soit fatal pour l’EFSF qui enregistrera le choc des deux côtés de son bilan.

D’abord du côté de ses emplois, car le volume des opérations change d’un coup singulièrement de format. L’Espagne affiche un encours de dette souveraine de 638 milliards d’euros, et l’Italie de 1 840 milliards d’euros (données Eurostat, fin 2010), à comparer aux 328 milliards de la Grèce, 148 milliards de l’Irlande et 160 milliards du Portugal… et venant s’y ajouter ! Sachant que les plans « Grèce (1 et 2) », « Portugal » et « Irlande », représentent un engagement total de l’EFSF de 236 milliards d’euros [5], l’extrapolation à l’Espagne et à l’Italie du coefficient Concours EFSF / Dette publique calculé pour les trois précédents [6] aboutit à l’estimation (tout à fait grossière) d’un total d’engagement de l’EFSF de 1 150 milliards d’euros… The Economist, qui propose un autre calcul sur la base d’une hypothèse où l’EFSF aurait à couvrir les deux tiers des dettes maturant à l’échéance de 2015, arrive à une estimation d’environ 800 milliards d’euros [7] – toutes estimations à comparer à la capacité actuelle de l’EFSF de 250 milliards d’euros et à sa capacité rehaussée de 440 milliards d’euros (laquelle ne sera active que lorsqu’aura été satisfaite la condition de validation par tous les Etats-membres des décisions du sommet européen du 21 juillet 2011…).

La situation de l’EFSF n’est pas moins grave du côté de ses ressources. Car, par un délicieux effet de vases communicants, les entrants dans la colonne « à sauver » sont ipso facto des sortants de la colonne « sauveteurs » (garants). Le poids des garanties est alors à répartir entre ceux qui restent, et la clause initialement prévue par l’accord-cadre instituant l’EFSF selon laquelle toute sortie d’un contributeur se solderait par une réduction à due concurrence de l’enveloppe globale du fonds ne tient pas une seule seconde : il n’est question que de son insuffisance et de l’augmenter comme on peut. L’Espagne et l’Italie supposées passées du mauvais côté du guichet, ce sont évidemment l’Allemagne et la France qui apparaîtront pour les garants-en-chef [8], mais alors au prix de quelques inquiétudes quant aux dangereux cumuls d’engagements variés (liabilities) auxquels elles sont en train de se soumettre. Alors oui, la France doit déjà lutter pour conserver son triple-A envers et contre la progression de sa propre dette publique interne, mais que sera-ce quand, les défauts européens se succédant, les garanties seront appelées ?...

Or l’effet « collimateur-et-problème » n’est pas près de s’arrêter. Il l’est même d’autant moins que la gestion européenne de la crise depuis mars 2010 fait un parcours à peu près sans faute… de toutes les erreurs possibles à commettre. Juridisme (qui rend difficiles les décisions rapides – à l’image de la montée en puissance de l’EFSF qui devra attendre la rentrée), fractionnement décisionnel du fait du contexte institutionnel et intergouvernemental, et surtout divergences stratégiques profondes, d’où résultent conflits intestins, atermoiements et mauvais gré dans l’exécution. Ainsi l’ajustement des capacités de l’EFSF est-il l’objet d’une épuisante guerre de tranchées pour fléchir l’Allemagne. Mais le pire vient sans doute de la position de la BCE. On lui devait déjà l’invraisemblable psychodrame qui a précédé le sommet de juillet, lorsqu’il s’est agi de décider d’un second paquet grec et qu’elle s’est opposée autant qu’elle l’a pu à toute formule d’implication des créanciers. On lui doit maintenant ses hésitations à endiguer l’extension de la crise souveraine à des débiteurs, l’Espagne et l’Italie, dont on est au moins bien certain qu’ils feront sauter tout le dispositif européen si jamais ils viennent à tomber.

La Banque centrale en effet est la seule à pouvoir se mettre en travers d’une dynamique spéculative naissante, comme celle qui est déjà en train de prendre à parti les taux italiens et espagnols (belges également). Or on ne saurait davantage traîner les pieds que la BCE dans cette affaire-là, en faisant savoir qu’elle n’entendait offrir qu’une solution aussi transitoire que possible avant que l’EFSF « augmenté » soit en charge des opérations de rachats sur les marchés secondaires. Confier des opérations d’intervention et de soutien de cours à un fonds est pourtant le plus sûr moyen d’échouer, car, par définition, un fonds a des ressources limitées, incapables de faire face aux masses de capitaux mobilisables par la communauté des investisseurs, et qu’il s’en trouve bon nombre parmi ceux-ci qui n’ont pas d’autre idée que d’aller « tester » la capacité de l’« intervenant » et de l’amener aux limites. Seule une banque centrale, en tant qu’elle est capable de mobiliser des moyens par définition illimités, est capable d’intimider la spéculation qui sait dès le départ qu’elle n’en verra pas le bout. Le retard à intervenir, le contrecœur manifeste avec lequel elle le fait, et pour finir l’annonce de son retrait programmé : tout concourt à miner le rempart indécis élevé par la BCE pour protéger l’Espagne et l’Italie, comme si personne ne semblait avoir conscience parmi les décideurs européens que nous sommes pour ainsi dire à la dernière station avant l’autoroute – soit en parcourant de l’aval à l’amont les enchaînements prévisibles du désastre : que l’Italie et l’Espagne sautent et tout saute ; que la spéculation contre leurs dettes souveraines ait pris tant soit peu d’ampleur et elle sera inarrêtable ; que les « autorités européennes » ne fassent pas tout pour tuer la spéculation naissante et elle passera le seuil critique…

L’illusion du « miracle fédéraliste » 

Légèrement transpirants, les euro-réjouis, ceux-là mêmes qui ont répété pendant deux décennies que l’Europe n’avait rien de libéral, qu’elle était même le bouclier contre la mondialisation, que jamais main de l’homme n’avait produit construction institutionnelle si merveilleusement agencée, fondent leurs derniers espoirs d’éviter la ruine finale sur un miraculeux sursaut politique qui au tout dernier moment accoucherait enfin du « fédéralisme ». Mais cet espoir-là ne vaut pas mieux que tous ceux qui avaient précédé. Car le fédéralisme raisonnablement à portée de main politique sera encore très incomplet – le plus probablement consistera-t-il en la fusion des dettes publiques européennes, ou d’une part d’entre elles, en eurobonds communs et indifférenciés.

Mais c’est faire l’hypothèse héroïque que les marchés oublieraient instantanément que sous la surface commune des eurobonds se tient toujours une pluralité d’émetteurs d’inégales signatures. Les investisseurs savent encore faire la différence du tout et de ses parties, à plus forte raison quand le tout ne peut offrir qu’un degré d’intégration limité et demeure hautement composite. Aussi des eurobonds n’empêcheraient-ils nullement que les analystes continuent de guetter les déficits de la Grèce, du Portugal, de l’Italie, etc. Dira-t-on que les parties seront soumises à de rigoureuses règles encadrant leurs politiques économiques ? Mais c’est redécouvrir exactement l’actuel problème de la zone euro, qui s’est déjà dotée de telles règles… avec le succès que l’on sait. Voudra-t-on imposer d’irréfragables « règles d’or » à tous les Etats-membres ? Mais c’est oublier que, dans des circonstances telles qu’une crise financière géante, la « règle d’or » n’est que la forme constitutionnalisée de l’austérité autodestructrice. Quant à l’idée que l’inscription dans les textes sacrés vaudrait certitude granitique d’application, il suffit d’en parler aux Argentins, qui ont envoyé paître leur currency-board en 2002, tout constitutionnel qu’il fût, pour ne pas même évoquer les multiples offenses dont les traités européens sont déjà silencieusement l’objet.

Mais surtout : pour que le « saut fédéral » soit à la hauteur du problème, il faudrait bien davantage, et notamment une intégration si poussée qu’elle ne laisserait aux nations membres qu’une importance financière résiduelle, le poids relatif de l’Etat fédéral et des Etats fédérés basculant jusqu’à atteindre des proportions équivalentes à celle des Etats-Unis, ou de l’Espagne dans ses rapport avec ses régions – et encore : une possible déconfiture des munibonds, ces titres émis par les Etats et les collectivités locales des Etats-Unis, ne manquerait pas d’attirer l’attention sur l’alourdissement supplémentaire de la dette fédérale, de même que les déficits des régions sont en train de devenir un motif de préoccupation pour les investisseurs exposés aux titres souverains espagnols. Mais qui peut imaginer le surgissement d’un Etat fédéral européen pesant budgétairement autant que les Etats-membres réunis (comme aux Etats-Unis) avec tout ce qu’il appelle de progrès politiques : de vraies institutions politiques fédérales, la constitution d’une citoyenneté politique européenne unique, primant sur les citoyennetés « locales », etc., seules avancées capables de soutenir une politique financière commune ? Ou, plus exactement, qui peut imaginer que ce qu’il faut bien nommer par son nom : un authentique processus constituant, puisse survenir avant que nous ne finissions au milieu des ruines fumantes ?

Par où la sortie ? Création monétaire et révolution institutionnelle ! 

Il faut s’y faire : les ruines fumantes, l’insuffisance générale des dynamiques politiques européennes, nous y conduit tout droit. Si l’Espagne et l’Italie basculent, adieu Berthe ! L’EFSF saute comme un bouchon de champagne, la spéculation se déchaîne contre toutes les dettes souveraines, plus aucun dispositif ne peut l’enrayer, une série de défauts importants devient quasi-certaine, les systèmes bancaires européens, puis étasunien, s’écroulent dans un fracas qui fera passer la chute de Lehman pour une animation d’ambiance. Rendu à cette extrémité, il n’y a plus qu’une voie de recours : on ne sortira de pareil effondrement que par une opération de création monétaire inouïe et tout ça se finira dans un océan de liquidités.

Incapables de faire face à leurs engagements de paiement interne, les Etats qui sont en déficit primaire se tourneront vers la banque centrale pour financer leur solde. Mais, sans même s’attarder à la lettre des traités, la BCE est-elle capable de répondre favorablement à une demande de ce genre ? Poser la question c’est y répondre. Tout l’habitus du banquier central européen s’y oppose. Dans ces conditions, les pays concernés reprendront barre sur leur banque centrale nationale, de fait extraite du SEBC (le Système Européen de Banques Centrales), pour lui faire émettre des euros en quantité ad hoc. A ce moment précis, constatant l’apparition dans la zone euro d’une source de création monétaire anarchique, affranchie des règles du SEBC, donc susceptible de mélanger ses euros impurs aux euros purs (et par là de les corrompre), l’Allemagne considérera que le point de l’intolérable a été atteint et, faute d’avoir les moyens d’exclure le(s) contrevenant(s) [9], jugera que sa propre conservation monétaire lui fait devoir de quitter les lieux. Fin du voyage pour l’euro, en tout cas dans sa forme originelle.

Mais la création monétaire massive sera également nécessaire pour ramasser les banques effondrées, puisque cette fois-ci, par construction, il ne faudra pas compter sur les bonnes grâces des finances publiques… Recapitalisation et garantie des diverses catégories de dépôts (sous un certain plafond, par là doté de bonnes propriétés de justice sociale : il y a des très riches qui vont beaucoup perdre…) se feront par émission monétaire.

La garantie des dépôts n’entraîne d’ailleurs pas nécessairement une création monétaire nette : s’agissant des dépôts à vue, elle viendrait simplement compenser la destruction monétaire qui suivrait de l’effondrement des banques et de la perte des encaisses en comptes courants. S’agissant des produits d’épargne, la garantie, si elle est crédible, n’a pas à être tirée : la banque n’était qu’un intermédiaire, si les comportements des déposants restent stables (comprendre : ne versent pas dans le run bancaire), il suffit d’attendre normalement l’arrivée à maturité des créances sur les débiteurs finaux (les agents à qui les fonds épargnés avaient été passés) pour que se débouclent toutes ces opérations sans qu’il soit besoin d’intervenir [10]. Quant aux recapitalisations bancaires, elles peuvent se faire par le truchement même des concours que la Banque centrale devrait de toute manière accorder aux banques privées pour les maintenir dans la liquidité : au lieu que ces concours prennent la forme usuelle de crédits, il consisteraient en avances non remboursables dont la contrepartie serait des titres de propriété, inscrits comme participation au bilan de la Banque centrale et comme fonds propres à celui des banques privées. Sous ces deux précisions, il en restera sans doute encore pour hurler au désastre de la création monétaire. On leur demande simplement d’essayer de se figurer la situation dans laquelle toutes les banques sont écroulées et les finances publiques définitivement incapables d’y remédier – puis de déclarer ce qu’ils auraient d’autre à proposer.

Par une ironie dont l’histoire a le secret, le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée : la dette – dont il n’a cessé de crier les dangers… quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé. La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi. Mais lorsqu’il ne reste plus qu’elle pour extraire un corps social du dernier degré de la ruine – et il ne faut pas douter que l’effondrement bancaire total nous ramènerait en quelques jours à l’âge de pierre –, lorsque, donc, il ne reste qu’elle, il ne faut ni en diminuer les possibilités ni en exagérer les périls.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu11], avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements [12] ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit [13] ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation [14]. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

 Notes

[1] IMF Country Report n° 11/220 (PDF), juillet 2011.

[2] McKinsey Global Institute, « Debt and deleveraging. The global credit bubble and its economic consequences – updated research » (PDF), 2011.

[3] Voir Frédéric Lordon, Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, épilogue, Raisons d’agir, 2008.

[4] Voir sur ce blog « La dette publique, ou la reconquista des possédants », 26 mai 2010.

[5] 45 milliards pour l’Irlande, 52 milliards pour le Portugal, 80 milliards pour Grèce-1, 59 milliards pour Grèce-2 (qu’on estime grossièrement à partir du total du paquet Grèce-2 de 109 milliards dont on retranche les 28 milliards de recettes de privatisation, soit 81 milliards d’euros, auxquels on applique un « coefficient de participation » des institutions européennes égal à celui de Grèce-1 – ce dernier était de 80/110, les 30 résiduels étant pris en charge par le FMI).

[6] Ce coefficient moyenné sur la Grèce, le Portugal et l’Irlande est de (45 + 52 + 80 + 59)/636, soit 0,37.

[7] « Bazooka or peashooter », The Economist, 30 juillet 2011.

[8] Dans la configuration originelle de l’EFSF (mai 2010), elles portaient déjà respectivement 27% et 20% du total des garanties.

[9] Puisque, curieusement, le traité de l’UE ne contient aucune disposition permettant l’exclusion d’un Etat membre.

[10] Evidemment, il y aura création monétaire nette à concurrence de la part des épargnes ayant pour contrepartie le débiteur souverain puisque celui-ci aura fait défait sur sa dette.

[11] Et cela quelle que soit la circonscription territoriale de cette souveraineté. A propos de ce débat, voir sur ce blog « Qui a peur de la démondialisation ? », 13 juin 2011, et dans Le Monde diplomatique d’août, actuellement en kiosques, « La démondialisation et ses ennemis ».

[12] Voir sur ce blog « Au-delà de la Grèce : déficits, dettes et monnaie », 17 février 2010.

[13] Voir sur ce blog « Pour un système socialisé du crédit », 5 janvier 2009 (également in La Crise de trop, Fayard, Paris, 2009).

[14] Voir sur ce blog « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », 23 avril 2008 (également in Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, Paris, 2008) ; et aussi « Si le G20 voulait... », 18 septembre 2009.

27.10.2011

Message : Urgence Climatique Justice Sociale – Durban risque d’enterrer Kyoto

Durban risque d’enterrer Kyoto

Du 1er au 7 octobre, s’est tenu à Panama City un dernier round de négociations avant la conférence internationale sur le climat qui aura lieu du 28 novembre au 9 décembre à Durban (Afrique du Sud). Si le sommet de Cancun avait entériné le pseudo-accord de Copenhague, Durban risque d’enterrer le protocole de Kyoto. Plus d'infos ici.

Dans le même temps les fausses solutions avancent :

Face à cela, comme l'explique cette vidéo Comment construire le mouvement pour la justice climatique ?, les mobilisations locales et nationales essentielles pour transformer le rapport de force.

A Panama s'est également tenu un sommet alternatif dont voici la déclaration finale.

La Via Campesina, syndicat international paysan, appelle à se mobiliser pour Durban, notamment lors de la journée mondiale d'action du 3 décembre.

 

Gaz et huiles de schiste : 3 permis abrogés, première victoire, la lutte continue jusqu'à la transition énergétique !

 

C'est bien sous l'effet d'une incroyable mobilisation, qui ne se réduit pas qu'à la France comme le laissent entendre industriels et certains politiques (voir ici), qu'une loi d'interdiction de la fracturation hydraulique a été votée puis que trois permis ont été abrogés. Comme l'ont montré les initiatives du 23 Octobre, les mobilisations citoyennes sont toujours là, pour obtenir le retrait de tous les permis et une véritable transition énergétique. Pour cela, de nombreux documents ou déclarations existent et devraient alimenter ces débats :

 

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, véritable aberration, est devenu un enjeu national !

Après le succès du rassemblement des 8, 9 et 10 juillet à Notre-Dame-des-Landes, la coordination des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne laisse pas tomber la pression mise au niveau national, notamment dans cette période pré-présidentielle. Seront organisés :

 

Initiatives locales

Sur le site nous essayons de relayer les initiatives locales dont nous sommes informés. Ainsi en a-t-il été des rencontres de la relocalisation à Paris et Champigny des 24 et 25 septembre ou du 2ème Forum des alternatives locales en Auvergne du 30 septembre au 2 Octobre.

N'hésitez pas à transmettre vos initiatives, remarques ou suggestions sur le mail sixheures.ucjs@gmail.com

26.10.2011

Qu’est ce que la démocratie?

Observe la piété ; aie l'injustice en horreur ; contribue au bonheur de tes concitoyens ; réprime ta langue ; ne fais rien avec violence ; instruis tes enfants ; apaise les querelles : telles sont les leçons de la sagesse, et l'homme qui les met en pratique peut être appelé vertueux."
Citation de Cléobule de Lindos ; Sentences grecques - VIe s. av. J.-C.

Ainsi, selon Aristote, Solon Solon - Wikipédia pensa que la chose à faire était d'organiser une sorte de délestage. Solon "fit annuler les dettes, aussi bien privées que publiques... ils se délestèrent du poids qui pesait sur eux".

Et si le système bancaire s'effondrait ? | Atlantico Les gouvernements européens semblent prêts à tout pour maintenir les banques hors de l'eau. Une absurdité ou une nécessité ? Il n'y a pas de raison de trop s'inquiéter. En revanche, deux choses ne vont pas.

D'une part, les banques font du lobbying pour que les pertes soient absorbées entièrement par l'État. D'autre part, la BCE joue un jeu un peu étrange : elle a racheté des dettes de la Grèce pendant la crise, et maintenant elle refuse toute réduction de cette dette grecque

 

Comparaisons de la chute du système grec, romain et système capitaliste : « C’est le moment de pratiquer le soupçon à notre tour. Pourquoi ce revirement européen dans l’hyperdémocratisme moralisateur ne viendrait-il pas de l’incapacité flagrante de nos sages à rendre un peu démocratique le processus politique européen en cours ? En attendant un demos européen encore très virtuel, les dirigeants européens sont incapables d’imaginer les institutions audacieuses qui permettraient aux peuples européens de contrôler réellement la politique européenne et même, pourquoi pas, de participer à son élaboration. En revanche, l’attitude condescendante à l’égard des prédécesseurs anciens ne coûte que de bonnes paroles. Celles-ci conduisent tout droit à l’asepsie mentale générale. Rien ne doit plus être impur, rien ne doit être soupçonné du moindre mal politique, de la moindre tâche morale. Et ainsi, bientôt, il ne restera plus rien. En effet. Quoi de plus hygiénique que rien ? » cf Quand l'Europe renie son passé - Multimania

 

La démocratie. « La démocratie (du grec démos = peuple, et cratos = force, autorité, pouvoir) est ... Succédant à des périodes pendant lesquelles ont prévalu des systèmes ... Renan voit à juste titre dans ce fait une des causes de la chute de la république ancienne. .... n'admettant nulle différence de dignité entre le salarié et le capitaliste

Collectif,La démocratie d'apparence, François-Xavier de Guibert, 2009.
2755402547

"La démocratie d'apparence" ou comment faire participer utilement les individus à la vie politique : ce petit livre rassemble les Actes du colloque sur " La participation individuelle à la vie politique " du 19 avril 2007, au Palais du Luxembourg. Grande utopie moderne à l'usage des foules, la démocratie ne va généralement pas plus loin qu'une incantation politico-médiatique dont se prévalent des gouvernants et les  "décideurs". D'un point de vue concret, elle n'est le plus souvent qu'une démocratie d'apparence aux mains d'oligarchies partisanes et de groupes de pressions puissants et organisés.

Pourtant, au-delà des représentations imaginaires, se pose la question bien réelle et tout à fait actuelle, essentielle pour l'avenir de nos sociétés, de la participation effective des individus à la vie politique. Cette participation est difficile à organiser, mais, dans certaines conditions, elle peut, et doit, être mise en oeuvre utilement. Les auteurs examinent, loin de tout esprit partisan, les mécanismes qui permettraient au citoyen de participer réellement à la gestion de la vie publique pour devenir un acteur véritable de la politique et non plus un simple sujet / enjeu du marketing politique. 

Une des conclusions de ce colloque était précisément de constater que le vote blanc et l'abstention sont, le plus souvent, les seules possibilités laissées à l'électeur pour échapper au piège de " l'apparence " et de l'instrumentalisation.  (couv.).

Myriam Revault D'allonnes, Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie, Seuil, 2010.

démocratie,despotisme,oligarchieLuciano Canfora, La démocratie, histoire d'une idéologie, Seil, 2006., L'agonie de la démocratie parlementaire et des peuples. Octobre 1961 à Paris, Le retour de l'Histoire

 

 

Toutes les notes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu