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17/11/2011

Un Cœur de pirate à prendre

source télérama : En tant que québécoise, donc bilingue français-anglais, quel rapport avez-vous à la langue dans la chanson ? Ces deux langues sont-elles égales dans l'écriture pour vous ? cf clip, live en direct

coeur de pirate.jpgOui et non. En français, c'est vrai que le texte va devoir venir me chercher. Sinon ça sert à rien d'écouter. Si j'écoute une chanson en français dont les paroles sont ridicules, ça me fait chier. En anglais, c'est autre chose.

Vous avez écrit en anglais pour Armistice. En quoi était-ce différent ?

A ce moment-là, j'avais quelque chose à dire à quelqu'un en anglais. A travers ces chansons, on se disait des choses que l'on ne parvenait pas à exprimer en vrai. C'était un exercice un peu particulier. Sinon, écrire en anglais m'intéresse, oui. Je sais que je suis capable de le faire même si j'ai encore des progrès à faire sur ce plan. On verra... Ce que je sais, c'est que quand je chante en anglais, je fais des choses sur le plan vocal que ne fais pas en français.

Pourquoi avoir choisi de confectionner ce deuxième album autour de la relation amoureuse ?

Je n'ai jamais eu de relation amoureuse qui stagnait. Il y a des phases, de haut en bas, de la rencontre à la rupture, et aussi tout ce qui se passe après, la phase de deuil que l'on vit. Dans mon cas, elles ont été assez éprouvantes. Je ne sais pas pourquoi, et de faire cet album m'aide à comprendre certaines choses. Maintenant, j'ai une vision différente des choses. Quand ton monde se fait chavirer par quelqu'un, il n'y a rien à faire.

«Blonde» s'articule-t-il autour d'une seule histoire ou de plusieurs ?

Deux. Quand j'ai commencé à faire Cœur de pirate, je sortais avec quelqu'un. Cette personne m'a vue dans mon ascension. La personne d'après m'a vue à mon plus haut avec la réussite de mon premier album, jusqu'au vide que j'ai pu ressentir après la tournée qui a suivi. Quand je me suis retrouvé à ne plus quoi savoir faire de mon corps et de mon esprit. Comme un sentiment post-partum. De vide.

D'autant que vous n'étiez pas préparée au succès qui vous a cueillie...

Non. Je ne m'attendais à rien. Je me suis juste dit: si ça fonctionne en France, c'est cool. Pour une artiste québécoise, faire des concerts chez vous est super important et valorisant. Se faire une place ici, alors que vous avez tellement d'artistes, c'est énorme. Tout d'un coup, je suis devenu un modèle pour pas mal de gens alors que je ne l'avais pas demandé. Il y avait des gens qui se confiaient à moi de façon assez personnelle, qui me disaient que ma musique les avait changés. C'était beaucoup à supporter, je me suis retrouvée relativement seule à porter toutes ces choses. Et je n'avais pas réellement eu de copain avant, je ne savais pas trop comment aimer non plus.

Une tournée qui s'achève et un amour qui en prend un coup...

Oui, d'autant que de son côté, c'était le contraire: il était en tournée, c'était assez intense, et on ne se voyait pas. Du coup, ça s'est assez mal terminé.

Sur le plan musical aussi, vous avez souhaité explorer de nouveaux territoires.

Oui, et ça déclenche des dates aux Etats-Unis. Je vais jouer sur la côte est, à New York, Boston, Philadelphie, dans des plutôt «grosses salles». Je ne m'y attendais pas. Je viens de jouer à Toronto, une ville essentiellement anglophone. J'ai été émue de voir que ces gens qui ne comprennent pas mes paroles s'intéressent à ma musique et chantent !

«Blonde» est très différent musicalement de votre premier album et sonne très années 60. Pourquoi ce son vintage ?

Dans ce disque, j'ai voulu réunir tous les genres qui avaient cours dans les années 60: country façon Dolly Parton (Loin d'ici), slow à la Platters (Ava), surf rock (Verseau).

Et pourquoi les années 60 ?

Parce que pour moi, c'est intemporel, classique. C'est une période qui marquait le changement, que ce soit au niveau culturel ou politique. Au Québec, ça a été assez important, avec la Révolution tranquille. La province sortait d'années assez noires, et cette période m'a fascinée. Au Québec, il y avait des chanteurs qui reprenaient les grands hits français ou reprenaient les succès des Beatles en les traduisant!

C'est interdit, ça, non ?!?!?!

Disons que c'est un exercice de style fascinant!

Actuellement, qu'est-ce qui a vos faveurs sur le plan musical?

J'attends avec impatience les nouveaux Drake, Orelsan, Revolver.

Et du côté du Québec, qu'est-ce que vous conseilleriez d'écouter ?

Mon groupe préféré de tous les temps, c'est Malajube. J'adore aussi Pierre Lapointe et Ariane Moffatt. Peter Peter est aussi vraiment bien. Il chante en français et c'est très beau. J'ai chanté sur une de ses chansons. Il n'est pas du tout connu en France, donc ce serait bien que vous le découvriez.

 

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