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31/12/2011

5 scénarios catastrophe pour 2012

 

effet domino.jpgUne note d'optimisme aurait pourtant été appréciée, alors que le pessimisme domine dans les prévisions sur 2012. Au mieux, les commentaires restent prudents. Mais certains n'hésitent pas à pronostiquer un scénario 2012 des plus sombres. C'est le cas de Joseph Stiglitz. Le prix Nobel a choisi de commencer 2012 en célébrant 2011  , car 2011 "sera probablement meilleure que 2012". Voila les pronostiques des économistes Les prévisions 2012 des professionnels, « Le marché semble encore trop confiant dans les profits »), Les premiers mois de 2012 devraient voir la confirmation de la récession en zone euro. Les bonnes statistiques américaines de fin d'année et la résistance des actions américaines pourraient faire long feu, la plupart des stratèges s'attendent à un trou d'air aux États-Unis. Pour compléter le tableau, ils prédisent aussi un ralentissement dans les zones émergentes et notamment en Asie. «L'année 2012 sera une année très difficile sur le plan conjoncturel. De cela nous avons (malheureusement) une quasi-certitude. « Le rêve d'un découplage des émergents est mort », Les sujets d'inquiétude qui perdurent en zone euro – expansion, Les dirigeants européens s’attendent à une année 2012 difficile – euractiv

Marqués par la crise de l'euro, les peuples- les états et les marchés financiers - ont connu une très mauvaise année 2011. Tous les événements déplorables de l'année écoulée sont-ils déjà intégrés dans les cours? Ou les risques sont-ils insuffisamment considérés encore par les marchés? Des experts belges répondent.

 Pour comprendre les enjeux financiers et géopolitiques :

"Crise de l’euro, récession imminente: les investisseurs ont peu de raisons d’être optimistes . Pourtant, quelques signaux positifs sont perceptibles. "Le principal thème de 2012 sera l’économie, qui se portera moins bien que ce que beaucoup craignent", prévoit Stefaan Casteleyn de Merit Capital. Ceux qui souhaitent en revanche exclure tous les risques doivent de préférence tenir compte de scénarios qui sont encore insuffisamment intégrés par les marchés financiers. Quels sont ces scénarios? Les experts boursiers belges en évoquent cinq". Cela est entrain de se réaliser !!!

1/ Une crise de la dette aux Etats-Unis

De nombreux analystes craignent qu’après la zone euro, les États-Unis soient également pris pour cible à cause de leur endettement faramineux. "Les marchés financiers tiennent déjà compte de nombreuses évolutions négatives, mais une véritable crise de la dette américaine n’est pas intégrée dans les cours actuels. Un éventuel krach du dollar américain pourrait faire beaucoup de dégâts sur les marchés financiers. Les obligations d’État américaines sont dès lors à éviter", estime Erwin Deseyn (CapitalatWork Foyer Group).

2/ L’éclatement de la zone euro

Le scénario d’un éclatement de la zone euro n’est plus considéré comme une fiction, mais on peut se demander si les marchés financiers intègrent déjà suffisamment ce risque. "Nous sommes toujours 40 à 50% au-dessus des planchers de 2009. La disparition de l’euro ou une modification de la composition de la zone euro n’est pas encore totalement intégrée. Si l’un des pays périphériques devait quitter l’euro, il tomberait dans une dépression inflationniste. À l’inverse: imaginez que l’Allemagne quitte l’euro, elle subirait dans une dépression déflationniste. Ces deux scénarios généreraient un chaos dont la débâcle Lehman n’aura été qu’un simple avant-goût. On entrerait également en terrain totalement inconnu. Raison de plus, donc, pour empêcher qu’on en arrive là – par simple précaution", estime Luc Aben (Van Lanschot Bankiers).

3/ Des tensions au Moyen-Orient

"La nouvelle est passée assez inaperçue ces derniers mois en raison de la crise de l’euro, mais le programme nucléaire de l’Iran suscite de plus en plus d’inquiétudes dans le monde entier. La crainte que Téhéran travaille à une bombe atomique a nettement augmenté. "Des pays comme l’Iran profitent opportunément du malaise qui touche l’Occident pour étendre leur influence au Moyen-Orient. Jusqu’où Iran pourrait-il aller dans ce processus?", se demande Geert Ruysschaert (BNP Paribas Fortis Private Banking)".  L'Iran évoque la fermeture du détroit d'Ormuz, mise en garde américaine : Le commandant de la marine iranienne a souligné mercredi qu'il était "très facile" pour l'Iran de fermer le détroit d'Ormuz, passage obligé de nombreuses exportations pétrolières, provoquant une sévère mise en garde des Etats-Unis. "Fermer le détroit est très facile pour les forces armées iraniennes, c'est comme boire un verre d'eau, comme on dit en persan", a déclaré l'amiral Habibollah Sayyari, tout en estimant qu'une telle mesure n'était pas nécessaire pour l'instant.  Sur le marché pétrolier, les cours, qui avaient dépassé mardi la barre des 100 dollars après les déclarations de Mohammad Reza Rahimi, se sont nettement repliés mercredi à New York. Selon l'analyste John Kilduff, d'Again Capital, le marché était "allé trop loin" en réaction à la situation en Iran Voir Pétrole et gaz de schiste,... "« L'Iran, un brasier en puissance... "

4/ Le maintien de taux réels négatifs

Les rendements des comptes d’épargne sont aujourd’hui largement inférieurs à l’inflation: en termes réels, l’épargnant perd de l’argent chaque jour. Combien de temps cette situation va-t-elle durer? "En dépit de la surcapacité actuelle et de la demande en berne, l’inflation ne va pas diminuer comme en 2009. En cause: les prix élevés de l’énergie et l’augmentation de certaines taxes et accises. Le ralentissement structurel de la croissance économique induit par une ou plusieurs années de désendettement va maintenir à un faible niveau, voire encore réduire les taux à long terme. Il sera donc toujours difficile d’obtenir un taux réel positif en 2012", estime Gert Bakelants (rédacteur en chef de la lettre de placements L’Investisseur).

5/ Un regain de tensions sociales

Les lourdes mesures d’économies prises par les différents États seront-elles facilement acceptées par la population? Certains analystes intègrent en tous cas la possibilité de troubles sociaux et de tensions consécutifs aux interventions publiques. "Aucune nation n’a jamais réussi à assainir sa situation budgétaire tout en améliorant la prospérité de la population. Si plus de 40% des jeunes Espagnols sont sans emploi, par exemple, c’est toute une génération qui risque d’être perdue. C’est une catastrophe économique, mais surtout sociale. Que peut supporter une démocratie, surtout quand elle est encore relativement jeune?", se demande Luc Aben (Van Lanschot Bankiers).

 

« Les agences de notation accueillent certes avec scepticisme le roll over à la française, mais les Grecs sont désormais fixés sur leur sort... si le plan de sauvetage n'est pas assimilé à un défaut de paiement partiel sur leur dette ». C'est Jean-Claude Juncker qui résume froidement la situation en diagnostiquant "une perte considérable de souveraineté du pays" au profit de l'Eurogroupe ( Eurogroupe, Fiche d'actualité - Eurogroupe) . N'oublions pas qu'il en est le président, et c'est donc lui qui orchestre en grande partie son plan - sauvetage financier. Voir Jean-Claude Juncker - Wikipédia

Au risque de réveiller de mauvais souvenirs, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker compare le futur sort de la Grèce à celui de l'Allemagne de l'Est au lendemain de la réunification qui a débuté en 1990. A la différence près que les Grecs ne se retrouveront pas du jour au lendemain les poches pleines d'une monnaie qui leur donne les moyens de refaire surface économiquement.

  1. Junker ajoute que l'agence destinée à mener à bien les 50 milliards d'euros de privatisations instituées par le Parlement grec s'inspire de la Treuhand allemande Treuhand - Wikipédia. Ce système avait supervisé la restructuration et la migration de 14 000 entreprises est-allemandes vers le secteur privé de 1990 à 1994. Il oublie de rappeler que cet effort s'était accompagné d'un durcissement de la politique monétaire allemande qui avait littéralement asphyxié la croissance chez ses partenaires économiques européens (notamment la France et l'Italie) pendant quatre ans. « Le processus de réunification s'était soldé par un krach obligataire début 1994, lorsque la Fed, fidèle à sa politique de laxisme monétaire -- toujours au nom de la priorité accordée à la croissance suite à la récession de 1991 -- s'était résolue à monter ses taux pour juguler le retour des tensions inflationnistes. »

Deux versions : Chaque fois que les politiques monétaires européennes et américaines ont gravement divergé : 1) cela s'est traduit par une catastrophe (1987, 1994, 2007) dans les mois qui ont suivi. 2) La main mise du marché privé sur les états qui retire du jour au lendemain leurs finance. Les dégâts ont été aggravés par le développement des agences de notation (très critiqué actuellement), des Hedges fund, des outils cliquer des cliquez de vendre a perte/ parier sur l’aggravation des Etats et de leurs monnaie.

Les marchés suivront attentivement la conférence de presse et la séance des questions-réponses qu'animera J.-C.Trichet pour l'avant-dernière fois de son mandat, avant de céder son fauteuil à Mario Draghi en octobre. La tonalité de son discours confirmera ou non l'hypothèse d'un troisième relèvement consécutif du taux directeur à la rentrée.

« Le marché financier, boursier et politique semblent de plus en plus déconnecté de l’économie réelle et de leurs peuples. Un parallèle entre d’un coté es actions bancaires qui progressent fortement, des bilan assainit après le déplacement de la dette financière, boursière et immobilière vers les états ( donc le peuple) et de l’autre des peuples sous pression financière, social et policière avec des gouvernements utilisant des méthodes autoritaire pour faire passer ces lois. L’interview
– vision de l’économie par Henri-Delessy : Responsable des études économiques de La Banque Postale – est révélatrice ».. Cf voir le blog de Saltabank - Une vision de la situation économique et boursière.
La Fed connaît trop bien l'effet que l'annonce d'une raréfaction de la liquidité disponible aurait sur Wall Street. Les actions sont à ce jour entrer dans une phase spéculative et totalement deconnecté du système, "bullesque") puisqu'il est avéré qu'elle ne parvient à relancer ni le marché immobilier, ni l'emploi, ni le PIB américain

Si les agences de notation on les coudées franches pour imposer une sentence de défaut partiel de la Grèce sur sa dette, il apparaît très facile d'agiter le chiffon rouge sur la dégradation de la note de l'Italie ou de l'Espagne ; et pourquoi ne pas s'en prendre à la Belgique qui se trouve dans l'impossibilité de rétablir ses finances, faute de gouvernement ?

Les euro-fédéralistes comme J.-C. Juncker ou J.-C. Trichet boivent du petit lait. La mise sous tutelle administrative de la Grèce pourrait bien servir de prélude à celle de la Belgique, de l'Italie ou de l'Espagne.

Les populations concernées ont beau se révolté -- elles s'indignent déjà, même si la pression des gouvernements et de la direction des grands médias essayent de dissimiler -- elles n'ont pas vraiment les moyens d'agir de manière efficace, surtout s'il n'y aucun gouvernement à sanctionner.

Les peuples ont été enterrées par les urnes, ou devrais je dire par une non concertation entre dirigeants politiques et leurs peuples (Irlande, Portugal, Espagne, Grèce). Les nouvelles ne peuvent qu'invoquer un héritage ingérable et réclamer la mansuétude de leurs créanciers ‘(trop gentil) ou rejeter une dette illégitime.

Bruxelles qui tient le chéquier peut décider quel mode de soutien elle apporte au moment le plus opportun. C'est-à-dire quand tout semble perdu et que la population -- à bout de nerfs -- se résout à admettre qu'il n'y a pas de plan B, sauf à flanquer 50 ans de construction européenne par terre. Tout ce que je viens de décrire nous promet de belles convulsions.

A lire sur Plusconcient.net : Après la crise financière, la guerre civile ? , Site de l'institut LEAP 2020.

Ecouter également Peter Schiff, la crise fiscale en marche aux Etats-Unis, La crise de 2010 plus grave que la crise de 2008 ?, Quelle situation économique pour 2010 ? , Futur crash de l'économie mondiale. Celente aura-t-il une nouvelle fois raison ?, Ignacio Ramonet - le crash parfait, Vers un 4ème choc pétrolier, Pour une éthique de l'existence post-capitaliste, Technologie, gouvernance ou spiritualité ?

A voir: le docufiction de France 5 "La France en faillite" qui nous plonge dans une France en cessation de paiement sous tutelle du FMI et de l'UE,

26/12/2011

Baby's In Black (Beatles Cover by Erin Lang & The Foundlings)


http://www.youtube.com/watch?v=Sii7XMyGLdI&list=UUE47ZKBX8FKLyaDXnQvYYug&index=1&feature=plcp
It’s a great version music for a Happy christmas and a good New Year. Extract ;

baby's in black,beatles cover,by erin lang & the foundlings)

“We had an incredible year this year and really want to thank you!
hope you are still under the holidays' dreamy sugar plumb duvets!
our travels and shows through South America and Europe and of course our home Montreal were wonderful and so inspiring! We couldn't have done it without YOU!

as a little thank you here is a free download of a cover of the Beatles song
'Baby's In Black'
a bside from our new album 'Between You and The Sea' out this spring!

Free Download

and Robin (my brother) and i made a little video yesterday on christmas day for it..
fun skipping stones and wandering by Lake Ontario..

Baby's In Black Video

hope you like it!
all the peace and warmest wishes to you!
thank you for making our year so wonderful..
love
Erin Lang & The Foundlings.. »

Baby's In Black (Beatles Cover by Erin Lang & The Foundlings) , Erin Lang

Fans of Erin Lang in Paris, France are joining together to Demand that Erin Lang perform in Paris, France. Chat with other Erin Lang fans in Paris, France below and get your friends to join by using the share buttons above. Spread the word by putting a Demand it! widget on your MySpace or blog.

 

25/12/2011

Interview par Jean-Loup Izambert sur le fonctionnment des Oligarchies

Différents interviews dont le plus intéressant, car le plus récent 1- La fin de la démocratie et une guerre majeure sont nécessaires à la survie du capitalisme - Cri d. C’est lui que j’ai décidé en prenant des extraits pour expliquer la situation, mais d’autres sont tout aussi intéressant et viennent appuyer, exemples, explications, lieu et dates ainsi que des conséquences sur la démocracie et sur notre vie au quotidien ( Bastamag, Courrier Internationale, Le monde diplomatique, …. A lire afin de mieux comprendre ces systèmes institutionnalisée et globaliser e !!!Entretiens avec Jean-Christophe Rufin pour Globalia, Gallimard (comprendre l’anticipation faite dans son livre ),

 Ces milliardaires qui spéculent sur l'avenir de la planète - Oligarchies - Basta ! Par Ivan du Roy, Sophie Chapelle (13 décembre 2011) : « Ils possèdent des compagnies pétrolières, des gazoducs, des mines, des aciéries et même des médias. Ils influencent gouvernements et institutions pour empêcher toute réglementation trop contraignante. Et figurent parmi les plus grandes fortunes mondiales. Un rapport d'un centre de recherche aux États-Unis les considèrent, du fait de leur puissance et des pollutions que leurs activités génèrent, comme la plus grande menace qui pèse sur l'environnement et le climat. Qui sont ces multimilliardaires qui bâtissent leur fortune en hypothéquant l'avenir de la planète «

Co
1- La fin de la démocratie et une guerre majeure sont nécessaires à la survie du capitalisme - Cri d
"
La crise du capitalisme est devenue totale affirme Jean loup Izambert Il n'y aura pas de sortie de crise. Le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre ....
Cet entretien de Géostratégie avec JL Izambert est riche et varié ....

Le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire

Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s'est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité ?

Jean-Loup Izambert : C'est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l'économie contrôlent l'économie et tentent de l'imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. Mais parvenu au stade de l'impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d'un pouvoir politique qui leur soit totalement dévouépour pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu'ils cumulent.

Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.
 
Mais parvenu au stade de l'impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d'un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu'ils cumulent. L'une des contradictions qu'ils doivent gérer vient justement du fait que l'accumulation du Capital et la concentration des richesses qu'ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd'hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l'entreprise comme dans la société......                                                                  
 
eostrategie : Quels faits caractérisent aujourd’hui cette concentration des richesse
 
Aujourd’hui 200 sociétés transnationales contrôlent plus de 23% du commerce mondial et 1% des plus riches détient plus de 57% des richesses produites. …. Mais, si l’on se réfère aux statistiques de l’Organisation des Nations Unies, plus de 80 pays ont aujourd’hui un revenu par habitant plus bas qu’il y a dix ans. D’une part les peuples prennent de plus en plus conscience qu’ils ne profitent pas de l’augmentation des richesses produites, ….. Bien que dissimulée par les médias qui appartiennent aux milliardaires,. Dans ce contexte, les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation Le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire. ( Hervé Kempf : « Il est vital pour l'oligarchie de maintenir la fiction d'une démocratie »)

Geostrategie : Comment le pouvoir politique favorise-t-il ces grands propriétaires privés de l’économie ?

 J-L.I. : De différentes manières. Cela va du vote de lois en faveur de la grande bourgeoisie, à une complicité évidente avec le système d’évitement fiscal qui appauvrit la collectivité jusqu’au vote de crédit pour des guerres régionales dans lesquelles vous voyez apparaître et se développer des Sociétés Militaires Privées (SMP) liées aux armées et services occidentaux et financées par les Etats et leurs transnationales. … L’actuelle présidence française, son Premier ministre et son gouvernement sont au diapason de ce qui se passe dans tous les pays capitalistes sans exception : atteintes répétées aux libertés, vote de lois en faveur des grands possédants, réduction du rôle des assemblées éluesSans parti révolutionnaire pas de changement.

Geostrategie : La dégradation de la situation économique ne dépend donc pas seulement de la crise comme les médias de masse tentent d’en accréditer l’idée ?

-L.I. : Bien avant que celle-ci ne se manifeste brutalement, le gouvernement français UMP, à peine installé, procédait déjà à la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique sur plusieurs années tandis que les dirigeants de grandes sociétés privées en programmaient la liquidation de centaines de milliers d’autres dans tous les secteurs d’activité.  Cette politique au service de la concentration du Capital n’est que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et une misère grandissante pour le plus grand nombre ( ex les sociétés transnationales, l’Etat et les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à la Sécurité Sociale) Voilà comment le gouvernement organise les déficits

Geostratégie : La violence est donc liée à la fin du système 

? J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à mort. Et cela continue. Au moment où nous parlons, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, une personne meurt de faim – « seulement » de faim, épidémies et guerres non comprises – toutes les quatre secondes. Dans le même temps les dirigeants occidentaux en sont à faire payer les paysans par les contribuables à coups de primes pour mettre leurs terres en friches, à détruire des pêches entières par des règlements imbéciles décidés par les bureaucrates de Bruxelles. Et au moment où nous parlons ce sont plus de 350 millions d’enfants de 6 à 17 ans qui sont surexploités par les transnationales capitalistes sur tous les continents dans presque tous les types d’industrie, de l’Asie aux Etats-Unis. Si ce n’est de la violence et de l’égoïsme, qu’est-ce donc le capitalisme ?! Outing The Oligarchy, billionaires who benefit from today's climate crisis, International Forum on Globalization .

Geostrategie : Dans votre livre vous rapportez le témoignage de plusieurs intervenants de différents milieux et pays dont certains évoquent une crise totale contrairement aux précédentes. Quels changements avec les crises précédentes ?

 J-L.I. : Effectivement la crise est presque mondiale par le fait qu’elle touche tout le système capitaliste). Certains pays …( voir liste ) sont moins touchés car ils sont, pour des raisons diverses - – historiques, politiques, culturelles, économiques - moins imbriqués dans le système capitaliste, ses réseaux commerciaux, bancaires et financiers

. Jusqu’à présent nous devions faire face à des crises conjoncturelles du capitalisme, des périodes où la concentration du Capital s’accélérait brusquement en mettant en difficulté momentanée des monnaies, des économies, des pays. Face à cette situation inédite il était important que je donne la parole à des intervenants de différents milieux tous concernés par la banque, la finance, l’organisation d’entreprise et de la société (La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais également par leur propre réflexion et leurs travaux ( ex président français : président Etienne Pflimlin - Crédit Mutuel-CIC,  Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, du président Alban d’Amours du Mouvement des Caisses Desjardins, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire, dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise, de Mark Schacter) ( Canada : …

La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -,…. De même cette démarche permet de mon point de vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation et de gestion économique et social

Ainsi que l’explique Sherron Watkins, l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation », « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression, l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », « liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie et la falsification pour camoufler la fin de leur système.

.Geostrategie : Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel, du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme doit-on en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme ?

J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons 1981 : Dynamisme des militants communisme a sensibiliser.. du propre programme du PCF à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme pour un gouvernement démocratique d’union populaire. ..

Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes les transformations radicales contenues dans le programme commun de gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération Mitterrand » cf la dénonciation de Serge Halimi dans le monde diplomatique

Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne. 

Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire. Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques favorables au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte.

Une trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique à laquelle il consacre l’essentiel de son existence.

 Bien entendu, la situation s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981 et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche » à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes.

Souvenons-nous toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie

source Géostratégie , Lire le rapport de l'IFG (en anglais)

Notes

Diplômé de l’Ecole des Hautes Sociales, de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et de l’ESJ, Jean-Loup Izambert est un journaliste indépendant qui a également exercé comme conseil en communication politique et communication de crise. Spécialisé depuis les années quatre-vingt cinq dans l’investigation économique, politique et financière, il est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages : Le krach des 40 banques (Ed. du Félin, 1998), Le Crédit Agricole hors la loi ? (Ed. Carnot, 2001), Crédit Lyonnais, la mascarade (Ed. Carnot, 2003), ONU, violations humaines (Ed. Carnot, 2003), Faut-il brûler l’ONU ? (Ed. du Rocher, 2004), Les Démons du Crédit Agricole (Ed. L’Arganier, 2005), Pourquoi la crise ? (Ed. Amalthée, 2009)dans son dernier livre : Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée.

A lire aussi : Une mine d'information - réflexion - mobilisation

 
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