Avertir le modérateur

24/02/2012

La faillite de la Grèce repoussée au 20 mars ?

Cher lecteur,

J’ai abordé hier Equation néolibérale : les causes, et conséquences de ce plan (Grèce : Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien | Eco89. Les dirigeants européens se sont réunis seize fois en deux ans) sur l’emploi, l’économie, la géopolitique. Voyons un peu se qui va se passer dans les prochains jours et mois (cela va vite). Un Des extraits intéressants pour mieux comprendre. Continuons de décrypter l'info politique, économique,

Un peu de répit dans la tragédie grecque. Voilà ce que nous a offert l'accord conclu entre la Grèce, la Troïka et ses créanciers privés. .

Cependant, cette pause ne doit pas nous faire oublier que la Grèce n'est pas sortie d'affaire. Au fond, tout le ramdam de ces derniers jours avec son cortège de crises, de discussions avortées, et de mesures drastiques de rigueur ne doit permettre que de réduire l'endettement grec à 120% du PIB en 2020 - voir La dette grecque peut encore exploser, selon un rapport UE-FMI - reuters – et encore cela nous paraît très très optimiste.

Que va-t-il se passer pour la Grèce dans les semaines à venir ?

Pour le savoir il vous faudra surveiller trois dates clés :
- le 27 février
- le 29 février
- le 20 mars.

Que va-t-il se passer ? «  Commençons par la date la plus éloignée, le 20 mars. La Grèce devra alors rembourser 14,5 milliards d'euros. Pas de problème, me direz-vous, après tout, la Troïka vient d'accepter le versement d'une nouvelle tranche d'aide, de 130 milliards d'euros. Avec ces milliards, la Grèce ne devrait avoir aucun problème à rembourser ses créanciers. Du moins, sur le papier.

Car en réalité, les choses ne sont pas si simples. Premièrement, les 130 milliards ne vont pas être versés d'un coup. Mais aussi parce que quelques échéances se dressent entre la Grèce et ses milliards. En particulier, le 27 février prochain, le débat au Parlement allemand sur l'approbation de ce plan de sauvetage.

Ajoutons à cela que des rumeurs provenant de banques hors zone euro font état d'une inquiétude grandissante quant à la capacité de la Grèce à faire face à son obligation de remboursement de mars prochain.

Intéressons-nous maintenant au 29 février. A cette date, la BCE devait lancer une nouvelle opération de financement à long terme des banques européennes (Long Term Refinancing Operation ou LTRO). Ce n'est pas la première fois que la BCE intervient ainsi sur les marchés. Pour résumer, la BCE propose des prêts à long terme aux banques européennes dans l'espoir que celles-ci, qui sont les premiers acheteurs de dettes souveraines, investissent le marché obligataire – et fasse baisser les rendements.

Pour rappel, plus l'offre pour une obligation est importante, plus les rendements baissent – et inversement.

Lors de la dernière LTRO, la BCE avait ainsi prêté 500 milliards d'euros aux banques européennes.

Cette fois-ci, le consensus atteint entre 500 et 1 000 milliards d'euros prêtés sur 3 ans à 1%. Et la BCE s'attend qu'avec tout cet argent, les banques européennes se jettent sur les obligations portugaises, espagnoles, italiennes, etc. Une opération qui arrive à point nommé alors que, en mars et avril, l'Italie aura besoin de se refinancer à hauteur de 45 millions d'euros.

Il faudra donc surveiller de près le marché obligataire européen dans les semaines qui vont suivre cette nouvelle opération de LTRO. Si les rendements italiens, espagnols ou portugais ne repartent pas à la baisse, vous pouvez être presque sûr que la crise de l'euro s'aggravera.

Et nous faisons le pari que cela ne risque pas de s'arranger. On peut comprendre les banques européennes. Certes, elles vont bénéficier d'un flot d'agent pas cher mais veulent-elles vraiment l'investir dans la dette de pays qui risquent de faire défaut (entièrement ou partiellement) dans les mois qui viennent ? Il y a de quoi en douter.

Que nous réserve la Grèce ?
Nous le disions en début d'article, la zone euro s'est offert un très cher répit de quelques jours.

1. Le plan de reprise de l'économie grecque est peu crédible.

2. Les besoins de refinancement de la Grèce sont encore énormes. Sur les 130 milliards d'aide accordés, près de 80% vont en fait servir au service de sa dette. C'est ce que démontre le site Zerohedge.com ou encore François Leclerc sur le blog de Paul Jorion : "Mais à y regarder de plus près, ce prêt est prioritairement destiné à financer la restructuration de la dette et ne va contribuer à financer l'économie grecque qu'à la marge. 23 milliards d'euros vont être consacrés à la recapitalisation des banques grecques, 30 milliards à une compensation versée aux créanciers apportant leurs titres à l'échange et 35 milliards vont permettre à l'Etat de racheter sa dette (probablement aux fonds publics garantissant les retraites, mais ce n'est pas précisé)".

A elles seules, les banques grecques auront besoin de se refinancer à hauteur de 50 milliards d'euros cette année ».

La crise est très loin d'être terminée. Plus l'inévitable défaut grec est retardé, plus la situation devient dangereuse non seulement pour les pays périphériques de la zone euro mais aussi pour les banques et, à notre niveau, pour nos libertés individuelles et collectives, sécurité sociale et des conséquences sur nos épargnes et nos assurance-vie..

Continuons de décrypter l'info politique, économique, géopolitique : ses causes et conséquences et commencer s'organiser face aux chaos présent et a venir.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu