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28/02/2012

« Aider la Grèce » ? (Le Monde diplomatique))

« Pour résoudre définitivement la question sociale, il(s) propose(nt) de partager l'humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau Dostoïevski ( Les possédés p 401) » .

 Cela ressemble au scénario de Globalia de Jean Christophe Ruffin . Au sortir de la seconde guerre mondiale, et la guerre froide : des dirigeants d'entreprises ont décidé de créer des marchés communs, ou certes un semblant de liberté parfaite ...Mais avec un prix très cher

 

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Non, le capitalisme n'est pas à l'agonie : Gandrange : un mensonge d'Etat sans importance, Belgique, délocalisation à l'aide d'une milice privée, Déni de Démocratie, Témoin du voyage en Ariège de Monsieur Sarkozy en France, il témoigne, "Fukushima, un an après", Le monde en marche : Argentine, l'imagination au pouvoir , Ouvrier - Ya Basta , Les anarchistes Léo FERRE , Marinaleda, une utopie vers la paix , LA GRÈCE, BERCEAU D'UN AUTRE MONDE, Face à la barbarie capitaliste que proposent les anarchistes Inde, la plus grande grève de l'histoire de l'humanité ? " En effet eux ils ont compris.  ‎1 milliard 400 000 000 d'indiens et ils arrivent à s'organiser contre les clans du pouvoir !

. Un aperçu des interdépendances entre les états membre de la zone euro, de plus en plus important a comprendre alors que « la crise » financière, puis économique, puis de la dette, pour finir par une crise de la zone euro et demain  peut être du monde.

 Le terme de MES : Mécanisme Européen de Stabilité) est très symbolique de notre système. Stabilité pour qui ? Le peuple ? Certainement pas, il serait même plutôt synonyme de désordre, de soumission. Alors pour le système en place ? Oui, car c’est ce que j’appellerais les gardes fous du néolibéralisme avec une situation de solvabilité à moyen terme suite à la mise en place des dispositifs non conventionnels publics (UE-FESF-FMI), privés  et à la mise en place des tours de prestidigitation de la Banque centrale européenne.

La panoplie du coup d'État: LOLF, RGPP, Chorus, Mécanisme Européen de Stabilité

 

L’Europe s’apprête à « « Aider la Grèce » ? (Le Monde diplomatique)) » en date du 3 mai 2010  comme le Fonds monétaire international (FMI) a autrefois « aidé » l’Argentine, la Russie…. Toutefois, charité bien ordonnée commence par soi-même : la France et l’Allemagne, pour ne citer que ces deux pays, vont emprunter plusieurs milliards d’euros sur les marchés financiers, à un taux très modéré, afin de prêter aussitôt cette somme aux Grecs, à un taux plus élevé. Est-ce cela qu’on appelle la « solidarité européenne ?  » .

 

M. Eric Woerth, ministre français des affaires sociales (et ancien ministre du budget), a expliqué les choses le 29 avril dernier sur France Inter : « En aidant la Grèce, on s’aide nous-mêmes. Les 6 milliards [d’euros prêtés à la Grèce par la France] on ne les a pas trouvés dans les caisses de l’Etat. On les emprunte à un taux d’environ 1,4 ou 1,5 % et on les prête aux Grecs à environ 5 %. Donc nous ferons un gain là-dessus. C’est bon pour le pays, c’est bon pour la Grèce, c’est surtout bon pour la zone euro. Il faut rassurer les marchés. C’est toujours comme ça, il faut rassurer les marchés. [...] Il faut rassurer, il faut tendre un filet de sécurité public. »

 

 Car, sous couvert d’aider ce pays, en lui infligeant une de ces « thérapies de choc » dont le FMI, pas si nouveau que ça en vérité, a le secret, il s’agit aussi de permettre à Athènes de payer ses créanciers. Au nombre desquels des institutions financières françaises et allemandes…

 

On peut s’inspirer de l’Argentine (politique économique mis en place)

En 2001, après des années d'ultralibéralisme, l'Argentine est au bord de la banqueroute. « Aujourd'hui, elle affiche une croissance de 8 % par an et une situation de quasi plein emploi. Comment le pays a t-il réussi à se relever en une décennie à peine ? Pour ce dernier numéro, Le monde en marche dissèque les rouages de ce « miracle économique » orchestré par le président Nestor Kirchner, puis son épouse Cristina. Ignorant les préconisations d'austérité du FMI, le gouvernement a, dès 2003, dévalué la monnaie, tout en menant parallèlement une politique sociale axée sur la solidarité nationale et la redistribution des richesses...».

Revenir sur la notion de crise et ces conséquences ( inéhrente au système néolibérale), la construction de la zone euro monétaire

Circonstances aggravantes – Wikipedia :

 Marché peu développé, transports insuffisants, Importations limitées : et les conséquences (Dette extérieure élevée. Extension géographique :, parfois nationale voire continentale  (continentale voire mondiale au sein des pays industrialisés) Conséquences directes : Disettes, voir famine et crise de surmortalité, chômage en ville, misère. Le cercle vicieux : Hausse du chômage, baisse du PIB, baisse des revenus et de la consommation, hausse du nombre de faillite (cas actuelle de beaucoup de pays de la zone euro et industrialisés dont l’Allemagne)

Toutefois, à la différence des crises monétaires du début des années 1990, les crises modernes des actifs financiers sont beaucoup plus complexes pour au moins 3 raisons : Plus de sophistication et de complexité des instruments financiers (algorithme financier  )  avec toujours plus d’innovations financières (donc du levier, de la sur-réaction et des effets collatéraux impossibles à évaluer – on en reparlera. Le phénomène de ventes forcées est en place ;

Un scénario de reconfiguration de la zone euro refait surface
Difficile, en effet, d'anticiper une sortie de la zone euro des pays budgétairement fragiles (coûts économique, social et politique insupportables pour ces pays).

Difficile également d'anticiper une sortie unilatérale de l'Allemagne pour au moins deux raisons :

1. Un coût macroéconomique élevé avec une perte de compétitivité considérable lié à l'instauration d'un nouveau mark fortement réévalué contre l'euro..

2. Un coût financier élevé lié aux engagements des banques allemandes sur les pays périphériques de la zone euro. Enjeux géopolitiques « En effet, nous ne sommes pas dans l'environnement économique et financier des années 1990 quand l'appréciation du mark contre franc, lire, peseta, escudo n'avait pas de conséquences aussi fortes qu'aujourd'hui sur le système économique et financier allemand : engagements commerciaux et financiers avec les partenaires européens bien peu significatifs par rapport à la période actuelle ».

« Encore qu'en Allemagne, il y a débat sur le coût d'une sortie comparativement au coût du sauvetage de plusieurs pays. Personne ne sait véritablement répondre à cette question clef car tout le problème est de savoir, et l'on y reviendra, si les pays secourus peuvent retrouver une situation de solvabilité à moyen terme suite à la mise en place des dispositifs non conventionnels publics (UE-FESF-FMI), privés (abandon de créances des banques, assureurs et autres investisseurs institutionnels) et à la mise en place des tours de prestidigitation de la Banque centrale européenne (on en reparlera un peu plus techniquement dans un autre papier

. Si oui, l'Allemagne ne peut envisager une implosion de la zone euro, sinon elle peut avoir intérêt à réfléchir à sa reconfiguration »

Fin 2011, par exemple, l'exposition en valeur bilan des banques allemandes à la dette d'Etat espagnole, italienne, portugaise et grecque était évaluée par l'European Banking Authority à près de 67 milliards d'euros ; cette même exposition était de 37 milliards d'euros pour le plus gros assureur allemand.

Ces données sont importantes pour qui souhaite faire des simulations sur les coûts de la solution sortie de l'Allemagne avec recapitalisation nécessaire de ses banques-assureurs (suite à pertes massives de change et donc de défauts plus ou moins explicites de certaines dettes périphériques) versus la solution de poursuite des plans de sauvetage avec impacts sur les finances publiques allemandes.

Histoire de la politique de l’Europe :

Cohabitation difficile pour ne pas dire impossible

Anticiper sur le devenir de notre zone euro, c'est aussi s'interroger sur le fonctionnement « optima »l d'une zone monétaire ou d'une union monétaire.

« On se souvient qu'il y a 20 ans (de juin 1992 à juillet 1993), le Système monétaire européen (SME) ne pouvait plus fonctionner. Il était devenu, en effet, insoutenable de faire vivre dans le même système monétaire la lutte contre l'inflation allemande née de la réunification allemande de 1990 (nécessitant des taux directeurs élevés) et la lutte contre le chômage des économies française et de celle des pays d'Europe du Sud (avec des remontées de taux directeurs par les banques centrales de ces pays pour que leurs monnaies nationales ne décrochent pas vis-à-vis du mark) ».

http://www.europarl.europa.eu/factsheets/5_2_0_fr.htm  Le SME a été fortement perturbé par la violente tourmente qui s'est abattue sur les marchés des changes européens en septembre et octobre 1992, issue des difficultés de ratification du traité de Maastricht au Danemark et en France. .. Enfin la "parade" fut trouvée, en  juillet et août 1993, les ministres des Finances ont tiré les conclusions de la crise. Avec un élargissement des marges de fluctuation entre les monnaies nationales en portant les marges de fluctuation à 15% :. Mais entre temps, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande – eh oui déjà eux - étaient sortis du système monétaire européen (voir aussi La mécanique des crises monétaires format PDF).

Durant ces crises du SME, « il y a eu des périodes d'accalmie (avec des baisses de taux directeurs de la Bundesbank ou des interventions sur le marché des changes) qui ne signifiaient pas fin de crise tout comme il y en a aujourd'hui sur les dettes italiennes ou espagnoles (grâce à des achats directs de papiers par la BCE ou grâce à des injections extraordinaires de liquidités par cette même BCE via les LTRO).

Mais de la même façon que la cohabitation entre pays avec maintien de parités de changes était devenue impossible au sein du SME, la cohabitation est devenue impossible au sein de l'Union économique et monétaire (UEM) entre le modèle de spécialisation économique industrielle des pays d'Europe du Nord et celui d'Europe du Sud (France comprise) fondé sur les services souvent non exportables.

Ce qui revient à constater que, structurellement, tandis que les pays du "Nord" ne font qu'accroître leurs excédents extérieurs (et ne les réinvestissent plus en titres d'état des pays du Sud), les pays du "Sud" accroissent leurs déficits (et peinent alors à les refinancer). Sans la BCE, le FESF et le FMI, la zone euro n'existe plus ».

Les scénarios : Alors de deux choses l'une.

Une union fiscale et budgétaire de type fédéral qui «  permettra d'institutionnaliser les transferts fiscaux du Nord vers le Sud. Auquel cas, l'hétérogénéité des économies n'est plus un problème. Mais pour qu'une telle solution soit acceptable notamment pour l'Allemagne, cela revient à mettre sous tutelle budgétaire des pays tel que la Grèce (ce qui est quasiment déjà le cas, quoi qu'elle en dise : ), le Portugal, l'Italie, l'Espagne et peut-être demain la France. Autant dire que c'est politiquement impossible ».

Une union budgétaire et l'on crée alors les conditions d'une homogénéisation des économies sur ce que l'on considère être comme le modèle, l'Allemagne. Conséquences importantes socialement et politiquement :  « Outre le fait qu'il serait très long et coûteux socialement de réindustrialiser voire d'industrialiser certaines économies du Sud, cette solution n'est pas forcément une solution économiquement optimale. Car, après tout si toutes les économies de la zone euro avaient ressemblé à l'Allemagne avec une forte profitabilité des entreprises et une forte compétitivité générée par des politiques de compression de la masse salariale, alors chaque pays de la zone aurait été en mesure de prendre des parts de marché à l'autre. En d'autres termes, on se serait vite retrouvé dans une sorte d'équilibre macro-économique non coopératif et donc dans un jeu économique à somme nulle. Au final, cette solution semble socialement et économiquement impossible.

Si le fédéralisme et la convergence forcée des modèles économiques semblent voués à l'échec, quelle solution pour la zone euro ? C'est ce que nous verrons bientôt ( peut être demain)... 

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