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17/03/2012

la Mongolie, et intérêts géo politico financier

Cher lecteur- lectrice,

Pendant que le système néolibéral et ces organismes créés à cet effet nous mettent sous leurs jougs en Europe et dans les pays industrialisés, d’autres continents subissent leur appétit insatiable et la soumission des masses des travailleurs aux nom du profit ( voir Le système néolibérale : la ‘destruction créatrice, Le système néolibérale : la ‘destruction créatrice, Le lobbying de l’industrie..., Le potentiel de l'Afrique..., Le gaz de schisme nuit au..., L'histoire secrète du..., La dépendance chinoise au...)

 

Eh bien parce que les prévisions de croissance pour 2012 du FMI ont été publiées, et qu'on y apprend que la croissance chinoise (7 à 9%) sera battue à plate couture par celle de la Mongolie, qui devrait atteindre 14,9% -- ce qui permet au pays de s'attribuer la plus forte croissance de cette année.

Diantre, vous dites-vous peut-être, c'est l'Eldorado des spéculateurs !

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14,9% de croissance cette année donc. 2011 avait aussi été une année faste pour la Mongolie, puisque son taux de croissance avait atteint 17,3%.

Par quel mystère un pays connu pour ses exportations de cachemire (dont il est le premier producteur au monde) et ses chevaux peut-il afficher une telle croissance de son PIB ?

En regardant d'un peu plus près les chiffres, on se rend compte que les dépenses du gouvernement mongol tirent l'économie du pays vers le haut. En 2011, 46% de la croissance venait de ces dépenses. Et cette part devrait grimper de 32% supplémentaires cette année.

Les conséquences de cette politique à la limite du dirigisme ne touchent pas que le budget de l'Etat, il favorise aussi l'explosion de l'inflation – 11% l'année dernière.

... ses mines !
La véritable richesse de la Mongolie tient en deux points :
1. Son sous-sol
2. Sa position géographique

Le sous-sol mongol cache des réserves de charbon, d'or, de molybdène, de tungstène, de pierres précieuses, etc. Bref un véritable trésor – que tout le monde s'arrache.

Deux grands projets en particulier concentrent l'attention des investisseurs :
- la mine Oyu Tolgoi, qui doit fournir de l'or, de l'argent et du cuivre. La production annuelle attendue est estimée à 50 000 tonnes de cuivre et 330 000 onces d'or. Aux cours auxquels s'arrachent ces métaux, vous comprenez l'engouement suscité par le projet.
- le projet de mine Erdenes Tavan Tolgoi, qui doit (un jour) produire du charbon.

En parlant de charbon, la Mongolie est particulièrement bien pourvue. : "La Mongolie possède 10% du charbon mondial, soit 125 milliards de tonnes, selon l'AME Mineral Economics. Comme le rappelle Chris Mayer, l'Indonésie est actuellement le plus grand exportateur de charbon du monde, mais la Mongolie possède l'équivalent de deux fois le charbon indonésien. On parle là de toute la gamme de charbon — du charbon cokéfiable de haute qualité (utilisé dans la fabrication de l'acier) au lignite de faible qualité".

Deuxième atout de taille : la proximité avec la Chine. Ce n'est un secret pour personne, l'empire du Milieu a de gros besoins en matières premières pour accompagner son développement économique. On imagine l'intérêt de la Chine pour ce véritable réservoir minier.

"La Mongolie a très vite vu dans la croissance chinoise un moyen d'écouler ses gigantesques réserves de minerais. Jusque-là enclavées, les lignes de fer récemment construites sillonnent désormais sa frontière avec la Chine. Aujourd'hui, 80% des exportations vont en direction de la Chine. Ce chiffre devrait atteindre 95% dans les années à venir. Car la Mongolie commence à peine à exploiter ses ressources",.

Bataille rangée pour s'emparer du trésor mongol
Les richesses du sous-sol mongol attisent donc les convoitises, non seulement de la Chine mais aussi de grands groupes étrangers.

La bataille entre le géant australien Rio Tinto et la minière canadienne Ivanhoe Mines a défrayé la chronique ces derniers mois. En jeu : l'exploitation du projet Oyu Tolgoi (or et cuivre essentiellement). Cette mine, qui doit entrer en exploitation au troisième trimestre de cette année, est détenue pour 2/3 par Ivanhoe et pour 1/3 par le gouvernement mongol.

D'après les spécialistes, l'importance des réserves en or et cuivre d'Oyu Tolgoi en feraient le premier gisement au monde. Pour l'économie mongole, les conséquences seraient spectaculaires : une hausse d'environ 30% de son PIB 1)

Conclusion, le contrôle de la mine devient un enjeu de taille. L'année dernière, le gouvernement mongol a essayé d'accroître sa participation au projet – aux dépens d'Ivanhoe. Devant le refus, de la minière canadienne, le gouvernement a dû calmer ses ardeurs.

Ces derniers mois, Oyu Tolgoi a, de nouveau, été au coeur d'un conflit, entre le groupe australien Rio Tinto et Ivanhoe. L'Australien détenait depuis 2006 49% d'Ivanhoe. Après plusieurs mois de bataille, Rio Tinto vient d'augmenter sa participation au sein de la minière canadienne, jusqu'à en prendre le contrôle (Rio Tinto détient maintenant 51% d'Ivanhoe) – et ce malgré le dispositif juridique mis en place par la minière canadienne.

Ces luttes démontrent – si cela était encore nécessaire – l'importance des projets miniers mongols.

Comment en profitent ils  ?
Vous l'aurez compris, le potentiel minier de la Mongolie est de taille. Oyu Tolgoi, projet  éminemment profitable mais au coeur de trop d'enjeux.

D’autre se porte sur une minière canadienne qui exploite une mine de charbon en Mongolie. Ses réserves sont estimées à 106 millions de tonnes, ce qui assure plusieurs dizaines d'années d'exportation vers le voisin chinois. Parmi les avantages de cette minière :
- des coûts d'extraction extrêmement bas
- une situation géographique idéale pour exporter vers la Chine
- un charbon de très grande qualité
- des projets sérieux d'exploitation de nouvelles mines dans les deux ans.

Le PIB est un indicateur imparfait : « La mesure du revenu national peut difficilement servir à évaluer le bien-être d' une nation », avertissait en 1934, devant le Congrès américain, ... Le PIB additionne tout ce qui peut être évalué en termes monétaires, à savoir la valeur brute des biens et services produits sur le sol national dans un trimestre, ainsi que le coût des services des administrations publiques. Son gros défaut est de ne pas faire la différence entre une nuisance et une richesse »

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