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31/03/2012

privatisation des bénéfices et socialisation des pertes

Pétrole : catastrophe pour les uns... profits pour les autres

Avec les interventions publiques en vue de stopper la crise financière reviennent les critiques sur le thème de l’opposition entre socialisation des pertes et privatisation des profits : la puissance publique paierait les pertes liées à la crise, alors que les profits accumulés en période d’expansion iraient uniquement dans les poches des acteurs privés, ce qui serait une injustice de plus. . voir Le néolibéralisme : et la prochaine une bulle ( et crise) d'anthologie et l'adage du néolibéralisme de Destruction créatrice’ et inondation de liquidités, bulles et crises , Donc déjà, au lieu de parler de crise de liquidité, on devrait parler de crise de confiance dans le système et dogme du néolibéralisme car la liquidité, au sens macro-économique, n'a jamais été aussi abondante.  Crise financière - ce que le public devrait savoir 1/2 , 7. Crise de la dette et Décroissance : le plan B , Etre plutôt qu'avoir, le...  L'Histoire des Choses


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Après les récentes catastrophes écologiques, économiques et sociales provoquées par des industrielles peux soucieux des normes de vie humaine et écologique «  No fracking Day » , de bien être sociale La fuite de gaz Total en mer du Nord hors de contrôle

"La France d'accord avec les Etats-Unis pour puiser dans ses réserves de brut", titrent Les Echos.

Pour des gens de la génération de mes grands-parents, qui ont vécu la Seconde guerre mondiale, les réserves sont une habitude bien ancrée dont il est difficile de se débarrasser

Lors de la guerre du Golfe, les Etats ont eux aussi stocké comme un petit côté fourmi bien assumé. En particulier en ce qui concerne le pétrole. C'est ce qu'on appelle des "réserves stratégiques". Après le choc pétrolier de 1973, alors que la plupart des pays ont douloureusement pris conscience de leur dépendance au pétrole, les pays adhérents à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) se sont engagés à constituer des réserves de brut. Le pari risqué du recours aux stocks stratégiques de pétrole .

 

« Les Etats-Unis se sont donc constitués une réserve leur permettant de faire face en cas de coup dur. D'immenses réservoirs ont été creusés à quatre endroits différents. Ces cuves géantes, remplies de pétrole, doivent pouvoir assurer environ deux mois de consommation américaine ». « Les réserves françaises sont quant à elles constituées non pas uniquement de brut non raffiné, mais aussi de pétrole raffiné. Estimées à 17 millions de tonnes, soit environ 99 jours de consommation, elles sont stockées dans 235 sites différents ». « La décision de débloquer les réserves doit être collective – gouvernement, AIE et Union européenne. Pour le moment, la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sont décidés à jouer la carte des réserves stratégiques pour faire baisser le cours du pétrole ».

Pourquoi maintenant ?
Ah là réside tout le problème. Le pétrole est certes cher... mais ce depuis les troubles au Proche et Moyen-Orient de 2011. Le conflit de moins en moins latent entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran n'a pas arrangé les choses mais après tout, cela fait plusieurs mois que le cours du baril se maintient confortablement au dessus des 100 $ le baril.

Pourquoi décider maintenant d'utiliser les stocks stratégiques

1. Peur sur la croissance mondiale. « Raison fondamentale, alors que marchés et gouvernements se prennent à rêver de reprise de l'économie mondiale, le prix du pétrole fait tache (d'huile). Pour résumer, les gouvernements craignent les conséquences létales du cours du pétrole sur leur croissance et surtout sur la consommation des ménages ».

"Toutes les économies ne sont pas aussi résistantes face à l'envolée du cours du brut. Selon les calculs de Patrick Artus, responsable de la recherche économique chez Natixis, une hausse du prix du baril n'affaiblira quasiment pas l'Allemagne, touchera la France, et pénalisera beaucoup plus encore l'Espagne. Ainsi, l'impact d'une hausse de 10% du prix de l'or noir en 2012 amputerait l'équivalent de plus d'un tiers de la croissance française prévue pour 2012 (0,5% escompté par Bercy)", nous apprend  Le Figaro.

2. Des raisons politiques. Le timing ne vous aura pas échappé, la France comme les Etats-Unis sont en période électorale. Et comme, "en pleine campagne électorale, un litre d'essence autour de 1,45 euro, ça fait désordre".

Conclusion, tous les candidats à la présidentielle tricolore se sont emparés du sujet... avec des propositions que l'on peut qualifier de créatives

Aux Etats-Unis, même cause, même conséquence : l'Iran devient un enjeu de campagne majeur. Entre les faucons décidés à faire rendre gorge à l'Iran et les modérés qui hésitent à se lancer dans un nouveau et dispendieux conflit, le prix de l'énergie devient une des clés des discours des démocrates comme des républicains. En puisant dans ses réserves de pétrole, le gouvernement américain espère rassurer ses concitoyens sur sa capacité à maintenir le gallon d'essence dans des limites de prix raisonnables.

C’est même devenue une arme électorale Réserves stratégiques : arme électorale mais piège pour l'économie ....

Puiser dans les réserves est-ce efficace ?
"Certains pensent que non. Ce qui explique d'ailleurs en grande partie la réticence de l'Allemagne à l'autoriser. Le dernier précédent en date (à l'été dernier, et pour compenser l'effondrement de la production libyenne) n'avait eu qu'un effet limité".

« A noter d'ailleurs que l'objectif de ces réserves est progressivement dévoyé. Au départ, elles étaient censées permettre aux pays de ne pas se laisser prendre au dépourvu en cas de chute brusque de la production de pétrole. Aujourd'hui, les gouvernements sont tentés de les utiliser pour contrôler les prix du pétrole... à des fins essentiellement politiques voire électoralistes ».

L'utilisation des réserves pourra-t-elle être efficace cette fois-ci ? un probable retournement des cours du pétrole. Une tendance confirmée par le cours des majors du secteur, ici suivit via le tracker iShares S&P Global Energy (IXC) :

 

Si l'utilisation des réserves stratégiques se confirme, le cours du brut pourrait continuer à baisser... jusqu'à un certain point. "Une telle décision de l'AIE, qui pourrait d'ailleurs n'être prise que dans trois mois, selon la plupart des experts, 'serait un pansement sur une grosse blessure ouverte', a estimé hier sur BFM TV l'économiste Thierry Porcher. Certes, a reconnu de son côté le président de l'UFIP, Jean-Louis Schilansky, 'ce n'est pas une solution structurelle" mais si cela peut apporter 'une bouffée d'oxygène"", souligne-t-il pour le Bulletin de l'Industrie Pétrolière.

Comment en profitent ils ?
Les réserves ne sont qu'un artifice à court terme pour maîtriser les cours du pétrole. A plus long terme, comme le rappelle régulièrement Florent, augmenter la production est la seule solution.

Et les mieux placés pour cela ne sont pas les pays du Proche et Moyen-Orient... mais les Etats-Unis. Je cite Florent : "Investir sur le secteur pétrolier américain est probablement une des meilleures opportunités du moment".

Source: think thank financier. Chronique Algora.: l'intérêt ici est d'orienter leurs  investissements vers les secteurs qui ont le plus besoin de développer leurs capacités de production.)

Commentaires

C'est un belle synthèse de la situation économique que nous vivons actuellement.
Merci pour cet article de qualité et ses références.

Écrit par : code reduction | 06/07/2012

Merci j'essaye de regrouper un maximum d'infos, de connaissances et de vérifier les sources avant de publier

Écrit par : citoyenactif | 08/07/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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