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19/05/2012

Le pacte budgétaire

 

Bonjour à toutes et à tous!

 

 

 

Hollande, vrai changement?
Tu peux voter, pétitionner, débattre à la télé, ou gamberger sans te bouger, mais...C’est dans la rue qu'çà s'passe – compagnie jolie môme

«
Si les états, c est la même chose,
après c est la politique ils mènent qui diffère
ne pas confondre état et gouvernement
^^ »

le pacte budgétaire,plan de "sauvetage",l’oligarchie des incapables,baisse tendancielle du taux de profit,karl marx,keynesJ'ai vu qu'Hollande avait gagné les élections. Les mesures d'austérité seront donc prises par la gauche

 François Hollande dans la cour des grands : Consultez en ligne, Téléchargez en PDF(Réservé aux abonnés),

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le pacte budgétaire,plan de "sauvetage",l’oligarchie des incapables,baisse tendancielle du taux de profit,karl marx,keynes

• Chaos politique en Grèce, crise de l’euro, intervention en Afghanistan… des dossiers brûlants attendent le nouveau président.
• Encore mal connu hors de France, il aura l’occasion de se frotter aux grands de ce monde lors des prochains sommets du G8, de l’Otan et du G20, prévus pour avant l’été.
• Il devra y faire oublier Nicolas Sarkozy, apprécié à l’étranger pour son esprit d’initiative.

 

-          La divergence franco-allemande

-          Les 3 scénarios possibles

 « Avec l'arrivée d'une nouvelle équipe dirigeante en France, les divergences franco-allemandes qui pouvaient être latentes ici ou là vont ressortir au grand jour. Ainsi, nous risquons fort de faire face à une aggravation de la crise des dettes souveraines dans la zone euro, le nouvel épisode grec de vide politique post-électoral ne faisant que dégrader un climat psychologique déjà détestable... »

Dans une série de lectures synthétisées, je vais donc vous proposer d'analyser ces divergences « profondes » autour de trois sujets afin d'estimer leurs conséquences prévisibles sur l'évolution d'un certain nombre d’impact économiques et sociaux. Aujourd'hui : la divergence quant au pacte budgétaire.

Deux positions opposées

La chancelière allemande fait de la rigueur budgétaire en Europe un axe incontournable de sa politique économique rappelant que la croissance économique doit être assise sur une croissance appuyée par des réformes structurelles plutôt que sur des dettes.

Le président élu français, François Hollande, sera certes accueilli "à bras ouverts" lors de sa première visite en Allemagne, qui a eu lieu hier soir, avait dit Mme Merkel lors d'une conférence de presse. Elle a ajouté : "Nous travaillerons bien et de façon intensive ensemble". Pour l'Allemagne, cela revient à se montrer inflexible sur le pacte budgétaire européen que le nouveau président français veut amender en lui intégrant un volet croissance (« entendez par là croissance keynésienne par la demande contrairement une croissance par l'offre et les réformes structurelles  » qui ont échoués).

Et Angela Merkel d'ajouter : "Il n'est pas possible de tout renégocier après chaque élection car dans ces conditions l'Europe ne fonctionne plus".

« On sait que les marchés ont besoin de croissance économique pour que les actifs dits risqués performent ; mais qu'ils ont aussi besoin d'une gestion rigoureuse des deniers publics pour que les actifs assis sur la solvabilité des émetteurs soient assurés. » Il leur faut donc :

  • privilégier les « bonnes dépenses publiques » – à savoir celles qui sont rentables et favorisent la croissance ;
  • favoriser les bons impôts (d'un point de vue macroéconomique s'entend) – à savoir ceux qui favorisent l'investissement en capital-risque et ceux qui n'alourdissent pas le coût du travail en détaxant par exemple les facteurs de production susceptibles d'être délocalisés.

Examinons donc les conséquences de ces différences "culturelles" franco-allemandes sur les marchés financiers. Trois scénarios lus.

Dans le premier scénario qui portait sur le maintien de politiques budgétaires rigoureuses, mais « adoucies » par différents leviers, notamment monétaires au secours de la croissance. Ce scénario est estimé par des économistes avoir le plus de chance de se réaliser (60%

Dans le deuxième scénario, qui n'est donc pas celui que je privilégie, mais qui consiste en un changement de cap économique de l'Allemagne: un changement de cap économique de l'Allemagne ( 20%).

Et enfin dans le troisième scénario, je vous parlerai du troisième et dernier scénario possible : les attaques spéculatives sur les dettes souveraines, entraînant la sortie de l'Allemagne... ( 2O%)

SCENARIO 1 : le maintien de la rigueur budgétaire   et des politiques monétaires et de change « au secours de la croissance »

Hollande est déjà entrain de revoir ces promesses ( et programme) : Déjà, il n'est plus question de création de postes ex-nihilo mais de redéploiements à effectifs constants dans la fonction publique, au nom de l’excuse que la situation de son prédécesseur est trop lourde. Vendredi, Hollande en en relativisé le coût (500 millions d'euros par an sur cinq ans soit 2,5 milliards d'euros au total) en le rapportant aux «75 milliards d'euros d'exonération fiscale accordés aux plus riches». «Je veux préparer l'avenir», a-t-il redit

 On peut imaginer un deal franco-allemand intégrant la BCE qui maintiendrait des politiques budgétaires rigoureuses. Avec cependant de légères inflexions sur le degré de rigueur imposée en adaptant celle-ci à l'état des finances publiques nationales et à la soutenabilité de cette rigueur par les économies concernées.

Les adaptations de la politique de rigueur

Cela donnerait donc :

  • mise en place d'une politique budgétaire modérément restrictive pour « les pays vertueux » (répondant au dogme néolibérale)  que sont l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande ;
  • mise en place d'une politique budgétaire très restrictive pour des pays tels que la France, l'Espagne et l'Italie "condamnés" à rester dans la zone euro ;
  • enfin, traitement particulier pour la Grèce (….)  ;
  • sur le change, ce QE à l'européenne affaiblira l'euro fortement avec chute de l'euro/dollar dans une zone 1,10/1,15?

Les trois leviers pour compenser cette rigueur – et leurs conséquences

Afin de compenser une politique budgétaire globalement très restrictive à l'échelle globale de la zone, on peut imaginer que deux leviers seront largement utilisés :

1) une "dévaluation" implicite de l'euro contre les autres grandes devises ((….)  : « L'appréciation du yen, favorisée par le maintien d'une forte aversion au risque sur les marchés financiers, et l'appréciation du dollar, favorisée par l'absence probable de futurs assouplissements quantitatifs et par la diminution des déficits de la balance de paiements courants, viendront appuyer ces scénarios de dévaluation de l'euro ».

2) Toujours dans le souci de compenser le caractère extrêmement restrictif des politiques budgétaires, la BCE garantira plus ou moins explicitement le maintien d'une politique monétaire accommodante (…) .

3)En enfin, avec ce scénario, une remontée des taux obligataires des emprunts d'Etat de la zone euro et ce,malgré une politique budgétaire rigoureuse et le maintien de taux courts très bas (je finalise d'ailleurs une série d'articles sur le krach obligataire qui nous attend d'ici la fin 2013) :

Evaluation de  la probabilité que ce scénario politique et économique se réalise à 60%.

Demain, nous envisagerons le deuxième scénario possible : un changement de cap économique de l'Allemagne:

SCENARIO 2 : changement de cap économique de l'Allemagne

De l'inflation, de la stimulation salariale et budgétaire ? Pas très allemand... mais pas si irrationnel que cela d'un point de vue économique.

Position vis-à-vis de l'inflation

L'Allemagne serait-elle prête à tolérer un peu plus d'inflation comme certaines rumeurs l'évoquaient la semaine dernière ? Elle disait pouvoir accepter une inflation intérieure de 3%. Cela voudrait dire que l'Allemagne accepte que son inflation nationale soit ponctuellement supérieure à la moyenne européenne – ou plutôt, que de nombreux pays aient une inflation en dessous de cette moyenne.

Cela ne serait officiellement pas en contradiction avec le mandat de la BCE qui a un objectif d'inflation à 2% dans la zone euro prise globalement. Cette vision des choses reviendrait à créer, dans un système de monnaie unique, une dose d'appréciation réelle du change en Allemagne et de dépréciation réelle pour des pays de la zone en déficit de compétitivité.

En tout cas, le président de la Banque centrale allemande Jens Weidmann a démenti formellement que son institution puisse tolérer un peu plus d'inflation pour contribuer à améliorer la situation de la zone euro. Il a affirmé "c'est un chemin dangereux, nous ne devrions pas répéter les erreurs des années 1970. L'inflation est socialement injuste, (et) ne permet pas de sortir de la crise». Voilà qui est dit pour ce qui est des institutions officielles.

Position vis-à-vis des salaires

Si la Bundesbank n'est pas prête à tolérer plus d'inflation en Allemagne pour créer un mécanisme d'ajustement réel du change, l'économie allemande sera-t-elle pour sa part prête à provoquer ce réajustement par des hausses de salaires généralisées ? « Dans bon nombre de pays occidentaux, l'excès d'épargne des entreprises correspond à des taux d'autofinancement supérieurs à 100%. Ceci signifie que leurs profits dépassent leurs besoins d'investissement ».

On sait que l'Allemagne jouit d'une situation de « vrai modèle » sur ce sujet. Les excédents d'épargne des entreprises (donc les profits non encore utilisés) n'ont pas la destination que l'on connaît au Japon (accumulation d'actifs financiers improductifs) ou aux Etats-Unis (distribution de dividendes élevés, rachat de leurs actions pour améliorer leurs ratios de rendement sur fonds propres). Ces excédents commencent à être réemployés en augmentation de pouvoir d'achat pour les salariés.

Alors, que penser de ces prémisses de changement d'un directionnel économique en Allemagne ? Plusieurs éléments ont "fuité" dans ce sens ces derniers jours. Or, pour l'heure, il ne me semble pas imaginable que la Bundesbank revienne sur ses positions anti-inflationniste. Par ailleurs, si l'on peut imaginer ici ou là des accords de revalorisation des salaires, il semble difficile d'anticiper, dans une économie libérale, la mise en place d'augmentations de salaires systématiques et généralisées. Surtout que l'Allemagne n'est pas non plus complètement tirée d'affaire.

Pour ces réserves, la probabilité de ce scénario de politique économique et d'évolution des marchés à 20%.

En deux mots, si ce scénario se matérialisait, il aurait des impacts inflationnistes forts et donc des conséquences sur les taux longs ; l'euro chuterait également contre les autres grandes devises, de manière assez similaire, même si les raisons en seraient différentes.

.Aujourd'hui, analysons un ultime scénario,  mais qui a quand même une chance de se réaliser.

SCENARIO 3 : la sortie de l'Allemagne de la zone euro

C'est le scénario où rien de ce qui a été évoqué auparavant ne se réalise. C'est un peu le scénario catastrophe puisque rien n'aura abouti sereinement :

  • pas d'acceptation par le nouveau gouvernement du pacte budgétaire en l'état ;
  • donc pas d'accord tacite pour accepter une forte dépréciation de l'euro ;
  • la BCE refuse d'assouplir un peu plus sa politique monétaire ;
  • la Bundesbank refuse de donner du lest à sa discipline anti-inflationniste ;
  • les entreprises allemandes refusent de rogner, même légèrement, sur leur compétitivité en augmentant la masse salariale ;
  • on ne modifie en rien les statuts de la BCE et on refuse d'assouplir ses fonctions à un modèle plus proche de ce que la Bank of England ou la Fed peuvent faire. Pas de solution donc pour monétiser la dette. D'ailleurs le patron de la Bundesbank – encore lui – a indirectement admonesté notre nouveau président en considérant qu'il était dangereux de vouloir toucher aux statuts de la BCE, au pacte budgétaire européen ou de créer de la dette. C'est dit.

Ce scénario revient donc à installer durablement la crise des dettes souveraines dans l'actualité économique et financière et à rendre non soutenables, d'un point de vue économique, social et politique, les nécessaires politiques de rigueur.

Impact sur les dettes souveraines : un krack obligataire

Les choses se compliqueraient encore plus si de nouvelles attaques étaient lancées sur les dettes publiques italienne et espagnole : leurs taux de rendement à 10 ans seraient propulsés alors vers 7%, niveau clé qui transformerait une crise de liquidité en début de crise de solvabilité.

Il faudra alors également surveiller la France de près car nous aurions un retour possible de la "prime de risque politique". Tandis que l'Italie a vu son BTP à 10 ans grimper à l'automne jusqu'à 7, 5% –  en partie parce qu'il y avait une forte défiance vis-à-vis du précédent gouvernement –, la dette publique française pourrait faire l'objet d'attaques spéculatives des marchés après l'élection présidentielle portant les taux des emprunts de l'Etat français dans une zone 4,5/5,5% On atteindra sans doute les 5/5,50% dans le cadre d'un krach obligataire généralisé concernant toutes les dettes publiques.

Nous replongerions alors 20 ans en arrière à l'époque des crises du franc au sein du SME entre 1992 et 1995. (PDF]  4.2.2. Le Système monétaire européen : les limites)  Sauf qu'aujourd'hui, ces crises seraient remplacées par un violent krach obligataire sur les papiers d'Etat français... avec les mêmes prétextes des marchés : le manque de crédibilité budgétaire du pouvoir politique (il y a 20 ans pour parachever la construction monétaire européenne, aujourd'hui pour réduire la dette et sauver ce qu'il reste de "sauvable" de la zone euro. « Dans ce scénario, la coexistence deviendra impossible au sein de l'Union européenne monétaire entre le modèle de spécialisation économique industrielle des pays d'Europe du nord et celui d'Europe du sud (France comprise) basé sur les services souvent non exportables ».

La  sortie de l'Allemagne

On sait que cette hypothèse est quasi-unanimement rejetée à partir de l'argument suivant : si l'Allemagne – qui dispose d'actifs extérieurs importants dans les pays du sud – sortait de la zone, elle devrait alors faire face à de violentes dépréciations d'actifs en euro. Oui, car la monnaie européenne serait fortement dévalorisée face à un nouveau mark allemand. Les banques allemandes, déjà limites en termes de solvabilité, seraient dans une situation catastrophique car elles devraient accuser de très lourdes dépréciations de leurs engagements.

Nous évaluerons à nouveau dans un prochain papier les avantages/inconvénients d'une sortie de l'Allemagne en comparant :

  • les "inconvénients" : perte de PIB due à la perte de compétitivité ; coûts d'une recapitalisation des secteurs banques et assurances consécutive aux fortes dépréciations d'actifs ;
  • les "avantages" : non accroissement de la dette publique allemande (pas de participation à de nouveaux plans de sauvetage d'Etats et de systèmes bancaires de ces Etats via le FESF et le MES) ce qui, pour l'Allemagne est quand même une priorité.

Ce scénario possible avec une probabilité de 20% également. C'est peu, mais si l'on regarde les conséquences et les impacts gravissimes que cela aurait sur la zone euro dans son ensemble et pour la France, ces 20% font froid dans le dos.

Bref, de nombreuses réjouissances en perspectives, vous l'aurez compris un système néolibérale blessé, qui mort et nous entrainent inexorablement dans sa chute !

la globalisation financière , Dans la tête de la finance, Renflouages cachés, Libéralisation selon Monti, 5 scénarios catastrophe...

 

 

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