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27/07/2012

L’Angleterre, 
nouveau royaume des inégalités

Suite de mon article sur la politique économique de la grande Bretagne intitulé Londres 2012 : Austérité à ( presque ) tous les étages

L’Angleterre, 
nouveau royaume des inégalités

Source : Capital

27/07/2012

 

humour 115.jpg© REA

Qu’elle paraît douce en comparaison, la France de Hollande ! De l’autre côté du Channel, les Britanniques subissent une vraie rigueur. Et ça fait mal.

Un pays où l’on baisse les impôts des plus fortunés et où l’on augmente les taxes des plus modestes, cela vous tente ? Alors direction le Royaume-Uni. En mars dernier, quand la France débattait fiévreusement de la meilleure façon de faire payer les riches, le gouvernement britannique a ramené la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu de 50 à 45% pour ceux qui gagnent plus de 150.000 livres par an (179.500 euros). Objectif déclaré : favoriser la croissance en boostant l’ardeur au travail et l’initiative individuelle.

On imagine les hurlements qu’une telle mesure aurait suscités en France… D’autant que, pour compenser, George Osborne, le chancelier de l’Echiquier (ministre des Finances), a annoncé dans la foulée l’alourdissement des prélèvements sur les plus de 65 ans, qui bénéficiaient jusqu’à présent d’exonérations fiscales. Avec cette «taxe des grands-mères», les revenus de nombreuses personnes âgées seront rabotés de 400 euros par an. Même le «Sun», le quotidien populaire qui soutient la droite libérale au pouvoir, a dénoncé cette attaque insidieuse contre les «Britanniques ordinaires». cf Evasion fiscale ? Oh, shocking ! - le monde

L’entrain observé lors du jubilé de la reine le ferait presque oublier. Mais nos voisins d’outre-Manche sont en train de passer un sale quart d’heure. Le programme d’austérité que leur fait subir depuis son arrivée en mai 2010 le Premier ministre conservateur David Cameron ferait presque passer celui de l’UMP pour un tract gauchiste : suppression de 490.000 emplois publics, report de la retraite des fonctionnaires de 60 à 66 ans, hausse de la TVA de 17,5 à 20% et économies à coups de hache dans l’Etat providence. Pour le moment, les résultats ne sont pas brillants.

L'efficacité de la politique d'austérité se fait attendre

Même avec une livre sterling sous-évaluée – c’est tout l’intérêt de ne pas être dans la zone euro – et une injection massive de liquidités par la Banque d’Angleterre qui permet de financer à peu de frais le déficit, le pays est en récession depuis plus de six mois, l’inflation flirte avec les 5% et le chômage stagne à un niveau élevé (8,3%).Quant au déficit budgétaire, il s’est encore établi l’an dernier à 8,3%, nettement plus que celui de la France (5,2%). «L’efficacité du remède de cheval concocté par le gouvernement Cameron n’est pas prouvée, observe Charles Levy, économiste à la Work Foundation. Du coup, l’opinion commence à trouver cette politique trop injuste.»

De fait, selon une récente étude de l’OCDE, le Royaume-Uni est le pays développé où les inégalités se sont le plus creusées depuis vingt ans. Les 10% les plus riches y gagnent en moyenne 12 fois plus que les 10% les plus pauvres (le rapport était de 1 à 8 en 1985 et il est actuellement de 1 à 7 en France). La «Rich List» du «Sunday Times», qui recense les 1.000 plus grandes fortunes du royaume, pèse désormais 509 milliards d’euros, un record historique, et le centre de Londres, où les prix atteignent 15.000 euros le mètre carré, est encombré de voitures de luxe. De l’autre côté du miroir, l’Angleterre des petits ingurgite une potion incroyablement amère, comme le montrent ces quelques portraits pris sur le vif. Alors, toujours partants ?

Les conséquences de la récession sur les Anglais

Paul Pesagni, 
ancien agent municipal: ce fonctionnaire employé par une collectivité locale a été licencié
Depuis 2007, Paul Pesagni
supervisait la collecte des amendes de stationnement pour la commune de Barnet, en banlieue nord de Londres. Un bon vieux job de fonctionnaire. Jusqu’à ce que sa mairie décide, en 2011, de confier le service des parkings à une entreprise privée… qui s’est empressée de revoir les effectifs à la baisse. «Elle m’a bien proposé un emploi de substitution, mais à une heure et demie de route de Barnet, soupire Paul. Ça m’aurait coûté 2 000 livres (2 300 euros) de frais de transport par an.» En dépit de son statut de fonctionnaire, il a été licencié le mois dernier.

David Buik, associé 
de BGC Partners : il gagne des centaines de milliers d’euros et ses impôts baissent
L’œil malicieux, tiré à quatre épingles dans son costume de banquier, David Buik, 68 ans, n’a pas l’air de trop souffrir de la crise. Non seulement ses revenus restent très confortables – il gagne plusieurs centaines de milliers d’euros par an – mais il a bénéficié à plein de la baisse des impôts accordée cette année aux plus riches par le gouvernement de David Cameron. Et cela ne lui donne nullement mauvaise conscience. «La réduction de 50 à 45% du taux d’imposition de la tranche supérieure est une mesure de bon sens, clame-t-il. Si Londres veut conserver la crème des professionnels de la finance, il faut les rémunérer à leur juste valeur.» Inutile d’ajouter que cet homme d’argent trouve «normaux» les bonus extravagants distribués dans la City. «Lady Thatcher avait mille fois raison ! Pour s’en sortir, notre pays doit défendre la libre entreprise et se méfier de l’Union 
européenne», conclut-il.

Anne Pridmore, 
invalide : privée d’allocations, cette handicapée 
devra déménager
«Sous prétexte d’économies, on m’a prévenue qu’on allait me couper la moitié de mes allocations d’ici 2015», s’alarme Anne Pridmore. 
En conséquence, cette invalide de 62 ans, devenue une porte-parole des handicapés sur le Net, ne pourra plus payer les aides-soignantes qui l’assistent quotidiennement. Et elle devra quitter sa maison de Market Harborough, sa petite ville des Midlands. «On va me mettre 
à l’hospice et les jeunes femmes 
qui se relaient à mes côtés vont perdre leur job. C’est une honte.»

Steve Wood, 
ex-cadre supérieur : frappé par le chômage, l’ingénieur a perdu 96% de son revenu du jour au lendemain
C’est ce qui s’appelle tomber de haut. Après plus de vingt-cinq ans de carrière dans le privé, cet ingénieur spécialiste des semi-conducteurs a été remercié par son entreprise fin 2010. Du jour au lendemain, ses revenus sont passés de 10.000 euros mensuels à 80 euros par semaine. Au Royaume-Uni, les indemnités chômage sont en effet les mêmes pour tout le monde, et elles ne pèsent pas lourd... Steve Wood n’a donc pas perdu grand-chose lorsque, au bout de six mois, on les lui a supprimées comme le veut la loi, au motif qu’il possède plus de 15.000 euros d’épargne. Pour vivre, notre ingénieur en a été quitte pour la débrouille. Il a créé le forum White Collar Unemployed, où les cadres au chômage échangent des infos. «Comme ça, j’ai appris à gérer un site Internet et je suis devenu consultant Web.» Les bons mois, il gagne dans les 800 euros. «C’est pas terrible, mais 
je ne me plains pas.»

Sabbir Karim, restaurateur et steward chez British Airways : immigré bangladais, il a fait fortune 
dans la restauration
Travailler plus pour gagner plus ? Ce steward chez British Airways, débarqué très jeune du Bangladesh,
sait ce que ça veut dire. Pour arrondir ses émoluments aériens, il a monté deux restaurants indiens à l’enseigne Namaaste (salutation) dans les quartiers londoniens de King’s Cross et de Camden. Cela l’oblige à trimer 70 heures par semaine, mais il s’y retrouve : son chiffre d’affaires, qui a doublé en cinq ans, atteint aujourd’hui 1 million de livres et il emploie plus de 20 personnes. Infatigable, Sabbir Karim profite de ses escales en Asie pour dénicher de nouvelles recettes. «Ici, si tu en veux, les gens se fichent pas mal d’où tu viens», assure ce modèle d’intégration à l’anglaise.

De notre envoyé spécial à Londres, Eric Wattez.

 

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sports,l’angleterre,
négalités,: jo,londres,cio,olympisme,sport,mafia et corruptionComprendre le capitalisme... japonais :

Résumé : En trente années de politiques néolibérales, le Japon est devenu l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE. La publication du livre de Sébastien Lechevalier, "La grande transformation du capitalisme japonais" , arrive à point nommé pour éclairer une zone d'ombre de l'histoire récente du Japon mais aussi pour donner des clés de compréhension à la crise du capitalisme en cours depuis 2007

 

Description : Le Japon est aujourd'hui très connu en France, à travers sa culture populaire - manga, animé - et sa cuisine. Mais que sait-on au juste de cette "face cachée de la lune", située quelque part entre l'extrême-orient et l'extrême-occident ? Au-delà des clichés, ce blog apporte un éclairage sur quelques aspects méconnus de la société, de la vie politique et de la culture populaire dans l'archipel.

Fric et fracs - ZEC plus ultra

 " Le CIO, qui est une Organisation Internationale Non Gouvernementale (OING) de droit privé suisse, n’est pas une organisation militante. Sa composition laisse songeur. Il fonctionne sur le mode de la cooptation. On y retrouve des aristocrates, des militaires, des diplomates… C’est une réunion de gentlemen sans statut qui ont, comme point commun, l’absence de passé sportif et de compétences de management de haut niveau. Ils s’entourent de cadres performants et diplômés qui orientent le CIO vers une logique de survie bureaucratique. Du coup, on ne retrouve plus les valeurs intrinsèques du sport. Le sens commun disparaît au profit de la professionnalisation du jeu et du dopage.

Patrick Clastre

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Londres

"les coûts sont opaques et le resteront"

Le budget des JO de Londres n'a cessé d'augmenter : passant de 3,4 milliards d'euros à plus de 13 ou 29 milliards -  ou plus encore si l'on prend en compte les coûts indirects pour les services publics...  Avec un effet minimal sur l'économie.

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> "Un ancien DJ en croisade contre les sponsors des JO aux mains salesRenée Greusard - Rue89

Les Jeux olympiques ne ravissent pas tout le monde. Rue89 Sport commence ce lundi un feuilleton de cinq portraits. Cinq portraits d’hommes et de femmes mécontents. Aujourd’hui, Colin Toogood, militant écologiste et son combat contre Dow Chemical, sponsor pas très clean des JO.

> " Londres : très chers Jeux Olympiques." Théo Maneval-  l' Humanité 

Londres 2012, les sales petits jeux des sponsors...  Théo Maneval-  l'Humanité

 JO.jpg

Sport, mafia et corruption

"Pour l'année 2012, les grandes épreuves sportives peuvent faire l'objet de paris sportifs sur Internet. Véritable révolution, le chiffre d'affaires de ce secteur du jeu est estimé à près de 500 milliards d'euros. Les fédérations sportives s'inquiètent des dérives engendrées par les sites de paris sportifs. Leurs moyens financiers sont colossaux. Quant à leur légalisation, elle n'est pas toujours adaptée. L'argent semble dominer le sport. De Hongkong à Londres, en passant par Milan et Zurich, cette enquête plonge dans les zones d'ombre et les dérives d'un phénomène de société qui menace les règles et l'esprit du sport."

 

Sport, mafia et corruption (Part 1) par ContActe_alien


Sport, mafia et corruption (part 2) par ContActe_alien


Sport, mafia et corruption (part 3 fin) par ContActe_alien

 

Piqûres de rappel

Londres pourrait rejoindre le cercle envié des villes grassement endettées lors des olympiades précédentes :

Athènes  avait prévu que ses Jeux  de 2004 coûteraient 1,6 milliard de dollars, mais la facture s’approche des 16 milliards de dollars en  comptant les coûts d’équipement et d’infrastructure. En fait l'estimation du coût total varie entre 20 et 30 milliards d’euros.

C'est la BEI , Banque Européenne d’Investissement, qui a financé les J.O d'Athènes qui ont creusé le déficit et augmenté la dette publique du pays. De plus  de nombreux sites utilisés pendant les Jeux d’Athènes sont  vides ou rarement utilisés, et occupent inutilement des terrains dans une centre urbain surchargé.  La BEI, est une institution de l’Union Européenne; dont le  volume de prêts est très supérieur à celui de la Banque mondiale.  Elle  " agit dans l’opacité, sans normes sociales et environnementales satisfaisantes,  se retrouve impliquée dans des projets très controversés ".

Pour les JO de 2000, Sydney a battu un record avec une dette équivalant à 1,5 milliard d’euros.

Pour les Jeux d'Hiver de  Grenoble en 1968, les habitants ont payé la note pendant 27 ans. Et leurs impôts ont été multipliés par 2.4 jusqu’en 1995. Un niveau d'endettement qui a fortement réduit les commandes publiques de la ville.

Alors que les autorités municipales avaient estimé le coût des J.O d'été de Montréal de 1976 à 124 millions de dollars, la ville accumula une dette de 2,8 milliards de dollars, équivalant à 10 milliards de dollars de 2009, qu’elle mit trente ans à rembourser (Burton, 2003).


À l’occasion des Jeux de Barcelone de 1992, le gouvernement espagnol s'endettait à hauteur de 4 milliards de dollars - 2,1 milliards de dollars pour les autorités  municipales et régionales.

 Pour les Jeux d'hiver d'Albertville en 1992, avec comme présidents Michel Barnier et Jean-Claude Killy, la note fut salée :  42,7 millions d’euros de déficit pour les JO financés à 75% par l’état et 25% par le département, 4.7 millions d’euros de déficit pour Albertville, 9.15 millions d’euros pour Brides les Bains + un prêt de 58.8 millions d’euros jamais remboursé. Total 115 M d’euros. (Comité anti-olympique d'Annecy).

L'héritage toxique de Dow Chemical ternit encore Londres 2012

Alors que Londres se prépare à accueillir les Jeux olympiques, Amnesty International examine ses liens avec l'une des plus grandes catastrophes industrielles de l'histoire.

En plein cœur de l'est londonien, au milieu d'un mélange incongru de tours en verre étincelantes et de bâtiments industriels, se dresse le stade olympique. C'est un cercle blanc parfait, si grand qu'il ressort nettement sur Google Earth. Cette arène de 80 000 places, considérée comme le joyau du village olympique de Londres, est entourée d'une bannière en tissu coûtant 7 millions de livres sterling fournie par l'un des premiers fabricants mondiaux de produits chimiques, Dow Chemical.

Il y a près de 30 ans, en décembre 1984, la ville indienne de Bhopal a été le théâtre de l'une des plus grandes catastrophes industrielles de l'histoire, provoquée par une fuite de gaz toxique à l'usine de pesticides Union Carbide. Entre 7 000 et 10 000 hommes, femmes et enfants ont trouvé la mort immédiatement après cette fuite, environ 15 000 autres décès sont survenus dans les années qui ont suivi, et plus de 100 000 personnes continueraient de souffrir de graves problèmes de santé liés à la catastrophe.

Depuis 2001, Dow possède la totalité des parts d'Union Carbide Corporation (UCC), société dont la filiale indienne possédait et exploitait l'usine responsable de la catastrophe de Bhopal en 1984. Union Carbide a quitté Bhopal sans décontaminer le site, sans révéler la nature exacte du gaz échappé de son usine et sans indemniser les victimes de manière satisfaisante. Malgré cela, UCC et sa maison-mère, Dow, nient toute responsabilité dans la tragédie qui se poursuit à Bhopal. [Plus d'information...]

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