Avertir le modérateur

16/10/2012

Sans-papiers expulsés : une aubaine pour la sécurité privée

Les marchands de peur. La... : Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire

 

Alain Bauer et le consortium de la peur, 8 août ( extrait du livre : " Alain Bauer, comme Yves Roucaute et de nombreux néoconservateurs, vient de la gauche libérale et anticommuniste ...") . Valls appelle à la dénonciation : « un discours irresponsable et dangereux » (Dharréville) | PCF.fr

Sans-papiers expulsés : une aubaine pour la sécurité privée

Créé le 03-10-2012 

Claire Rodier, juriste auprès du Gisti, pointe les dérapages de ces sociétés de plus en plus sollicitées. Interview.

 
 
 

Près de l'île de Lampedusa, le 19 avril. (MAURO SEMINARA / AFP)

Près de l'île de Lampedusa, le 19 avril. (MAURO SEMINARA / AFP)

Claire Rodier est juriste auprès du Groupe d'information et de soutien aux immigrés (Gisti). Elle est l'auteure de "Xénophobie Business", qui sort ce jeudi 4 octobre aux éditions "La Découverte". 

Dans votre livre, vous démontrez que les centres de rétention pour les étrangers et les reconduites à la frontière sont un vrai filon pour des entreprises de sécurité privées qui maltraitent les sans-papiers. Un exemple ?

- Prenez le cas de Jimmy Mubenga, cet Angolais embarqué au Royaume-Uni en octobre 2010 par la British Airways qui se débat, hurle, puis se tait. Les agents chargés de la sécurité l’ont plaqué. Mais des passagers constatent qu’ils prennent le pouls de Jimmy. Bizarrement, l’avion fait demi-tour, le sans papier est inanimé. On constatera son décès à l’hôpital. La société privé dira qu’il est "mort par asphyxie". En fait, cet Angolais a dû subir comme d’autres avant lui ce qu’on appelle le "carpet karaoke" : il a été contraint pendant tout le vol d’appuyer sa tête contre le siège placé devant lui. Cette pratique provoque des difficultés respiratoires qui peuvent conduire à l’asphyxie, et à la mort.

Quelle est cette société, quels sont ses profits ?

- Elle s’appelle G4S. Cette société américaine est la multinationale de la gestion de l’immigration irrégulière. Elle compte 600.000 salariés dans le monde, mais impossible de trouver son chiffre d’affaires. Je sais seulement qu’après cette histoire, elle a perdu son contrat en Angleterre. En cinq ans, elle avait gagné 125 millions d’euros. Elle sévit surtout au Royaume-Uni, dans d’autres pays d’Europe et aux Etats-Unis. C’est elle qui a assuré la sécurité des J.O. de Londres. Avec pas moins de 13.700 salariés ! La France n’y a pas encore recours, mais au vu des restrictions budgétaires, cela viendra…

Que se passe-t-il dans les centres de rétention ?

- Dans l’un de ses centres, situé près de l’aéroport de Gatwick, la G4S a inventé "le téléphone carcéral". Quand ils y arrivent, les travailleurs étrangers se voient confisquer leur téléphone portable et remettre un appareil qui permet d’appeler ou que ce soit dans le monde pendant cinq minutes seulement. Une fois le crédit épuisé, ils peuvent en acheter un autre. Cela permet incontestablement de contrôler les appels "des détenus".  Mais ça leur coûte beaucoup plus cher qu’un portable, et en plus ceux qui n’ont pas les moyens ne peuvent utiliser les numéros gratuits !

Pourquoi les Etats ont-ils recours à ce type d’entreprise ?

- D’abord parce qu’ils brident de plus en plus les budgets de la défense et de la police, ensuite parce qu’ils ne sont pas responsables des bavures des sociétés privées. Mais la Commission européenne est elle aussi en cause. Face à la montée du "tout sécuritaire", elle accorde des budgets "exceptionnels" à l'agence Frontex, qui dépend de Bruxelles. Et les parlementaires européens, à l’exception de quelques Verts, ne s’intéressent pas à ce sujet. Il n’est pas "porteur".

Finalement, est-ce que tout cela sert à quelque chose ?

- A rien du tout. Vous savez très bien que les étrangers sans papiers reviennent toujours dans les Etats dont ils ont été expulsés. Je connais un tunisien qui a fait six fois, dans des conditions atroces, le "voyage" pour Lampedusa. A force, il connaissait l’île de fond en comble. Alors, au bout du sixième séjour, il a su trouver l’endroit pour partir sans être vu.

Interview de Claire Rodier, juriste auprès du Groupe d'information et de soutien aux immigrés, par Martine Gilson - Le Nouvel Observateur 

cf vidéosurveillance multiplie les clients... et les profits ,

a lire dessus :  immigration, entreprises, sans-papiers, étrangers, expulsion, g4s, sécurité privée, expulsions, une aubaine, alian bauer, l'idéologie sécuritaire, les marchands de la peur, manuel valls, roms

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu