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29/10/2012

Bouleversent de la donne mondiale

 

finance, économie, politique, géopolitique, Goldman Sachs, Cher-e-s camarades,

Aujourd'hui encore, nommer quelque chose, c'est l'inventer. Exemple frappant, l'utilisation pour la première fois en 2001 par la banque Goldman Sachs du terme BRIC pour désigner les pays émergents les plus prometteurs : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine.

Depuis, le terme a fait école et les BRIC ont fait des étincelles dans les années 2000. Puis la Crise est passée par là, l'Inde n'a pas encore tenu toutes ses promesses, la Russie fait peur aux investisseurs, le Brésil voit sa croissance ralentir et la Chine...

Dernière invention en date de la banque Goldman Sachs : les MIST. Soit le Mexique, l'Indonésie, la Corée du Sud et la Turquie. Parmi ces putatifs futurs grands de l'économie, le Mexique retient particulièrement notre attention.

Car tout récemment, le pays a fait parler de lui en affichant une croissance deux fois plus importante que celui qui a longtemps été considéré comme la première économie et le moteur de l'Amérique latine, le Brésil. La bonne santé économique du Mexique arrive même à faire (presque) oublier les problèmes sociaux et de violence qui ravagent le pays.

En 2011, la croissance mexicaine a atteint 4,9%, et devrait se maintenir à des niveaux équivalents cette année. Face à cette croissance bien établie, le PIB brésilien donne d'inquiétants signes de faiblesse. S'il flambait à 7,5% en 2010, il s'est effondré à 2,7% en 2011 et devrait s'établir un peu au-dessous des 3% cette année.

Les atouts du Mexique sont indéniables :
- une croissance bien installée
- un commerce extérieur florissant. En 2011, la balance commerciale mexicaine était en excédent de plus de 300 millions de dollars. Les exportations de biens manufacturés ont augmenté de 30% en un an.
- une production industrielle en forte hausse, plus de 6,5% en 2011.

Ces dernières années, le pays a en outre :
- réduit son endettement, qui se situe à environ 35% du PIB.
- réduit ses réserves en devises étrangères
- réussit à maîtriser son inflation (autour de 4%).

Le Mexique concurrence désormais la Chine sur son propre terrain

  • Sur les coûts du travail

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Au cours des dernières décennies, le Mexique avait subi la forte concurrence des pays asiatiques, et en particulier de la Chine. En cause évidemment : le coût du travail, et oui, c'est toujours le nerf de la guerre pour des pays dont l'économie est orientée vers la production en masse de produits manufacturés à destination des Etats-Unis et de l'Europe.

Or depuis quelques années, la tendance s'inverse. D'après HSBC, en 2000, un ouvrier chinois était payé en moyenne 35 cents de l'heure contre 1,72 $ pour son confrère mexicain. Aujourd'hui, la différence s'amenuise : 1,63 $ pour la Chine et 2,11 $ pour le Mexique.

Et d'après le Boston Consulting Group, d'ici à 2015, un ouvrier chinois coûtera environ 25% plus cher qu'un ouvrier mexicain.

Autre avantage, le prix de l'énergie. Le Mexique profite indirectement de la manne américaine en shale gas et développe l'exploitation de ses propres ressources en énergie. Les prix de l'énergie en Chine sont quant à eux en hausse, pesant ainsi sur les coûts de production.

  • Sur sa puissance exportatrice

Nous l'avons vu, le commerce extérieur mexicain se porte très bien. Le pays est devenu le premier pays exportateur d'Amérique latine, devant le Brésil.

Comment expliquer une telle santé ? Tout d'abord grâce à la proximité avec les Etats-Unis. Car même si le coût du fret maritime est en baisse constante, les frais de transports entre les Etats-Unis et le Mexique sont bien plus réduits qu'entre la Chine et le continent nord-américain.

Le voisin américain est donc devenu le premier marché pour les produits manufacturés mexicains, et en particulier pour sa très bien établie industrie automobile (64% des véhicules produits au Mexique sont exportés vers les Etats-Unis). Car le Mexique est un champion du secteur, produisant aussi bien pièces détachées que véhicules complets.

Des constructeurs comme Chrysler, Nissan, Honda ou Mazda ont décidé d'implanter des usines au Mexique dans les deux années qui viennent.

Conclusion, comme d'après les chiffres de Gavekal, depuis 2010, les exportations mexicaines d'automobiles ont bondi d'environ 70%.

Seulement cette proximité avec les Etats-Unis a aussi ses limites : quand ils arrêtent d'acheter, le Mexique souffre. Et c'est ce qui s'est passé ces dernières années, alors que les Etats-Unis s'enfonçaient dans la crise.

Heureusement pour le Mexique, le pays peut aussi compter sur ses voisins pour acheter ses productions manufacturées et soutenir son économie. En 2011, la demande latino-américaine pour les voitures mexicaines a augmenté de 80% -- contre seulement 9% pour la demande US. Et la création de l'Alliance Pacifique devrait renforcer les liens commerciaux du Mexique avec ses voisins.

Le Mexique a formé une Alliance Pacifique avec la Colombie, le Chili et le Pérou. Une union commerciale de plus, me direz-vous. Oui, peut-être. Sauf que celle-ci repose sur des liens commerciaux, économiques et politiques solides.

finance, économie, politique, géopolitique, Goldman Sachs, Un marché intérieur qui aiguise les appétits
Le Mexique peut aussi compter sur son marché intérieur. Le taux de chômage, qui semble stabilisé, se maintient un peu au-dessus des 5%. Et à titre de comparaison, le PIB par habitant est de 15 000 $ au Mexique contre 8 000 en Chine.

Cette année, une étude dirigée par le Centre canadien des alternatives politiques a révélé que la classe moyenne mexicaine avait été la seule d'Amérique du Nord à s'enrichir. Sous-entendu : contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis et au Canada. "La classe moyenne au Mexique a bénéficié de l'urbanisation, d'un plus grand taux d'emploi des femmes, d'une meilleure éducation et de meilleurs programmes sociaux", souligne l'économiste en charge de cette étude, Lars Osberg.

Selon une autre étude, d'Ernst & Young cette fois, le nombre de Mexicains disposant d'un revenu supérieur à 50 000 dollars devrait passer de 4,7 millions en 2010 à 7,1 millions en 2020.

Tout n'est évidemment pas rose. Comme nombre de pays en Amérique latine, le Mexique est contrasté socialement. 50% de la population mexicaine vit en dessous du seuil de pauvreté. D'un autre côté, le Mexique se situe dans les 10 premiers marchés du luxe au monde. Signe de l'existence de riches, voire de très riches.

Comme souvent, un ETF, coté sur le NYSE, est une des solutions les plus faciles pour profiter du potentiel mexicain. Ils peuvent spéculer avec l'indice l'iShares MSCI Mexico Investable Market Index.

A voir les documentaire: Le grand Monopoly du gaz (arte)  : A quoi joue le Qatar - Un oeil sur la planète  : Un oeil sur la planète - A quoi joue le Qatar ? , Bouleversent la donne énergétique mondiale , Un oeil sur la planete - Chine, l'appétit du dragon : Les damnés de la mer

 

Source : Chroniques émergentes : Et si la Chine avait trouvé un adversaire , Bouleversent la donne énergétique mondiale - l'indigné révolté,

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