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28/07/2013

De la liberté, de la révolte

De la liberté, de la révolte

19 novembre 2012, 01:11

 

comme "essence" de l'humanité et de la dignité humaine

Michel Bakounine

[...] L'homme isolé ne peut avoir conscience de sa liberté. Être libre, pour l'homme, signifie être reconnu et considéré et traité comme tel par un autre homme, par tous les hommes qui l'entourent. La liberté n'est donc point un fait d'isolement, mais de réflexion mutuelle, non d'exclusion, mais au contraire de liaison, la liberté de tout individu n'étant autre, chose que la réflexion de son humanité ou dans la conscience de tous les hommes libres, ses frères, ses égaux.

Je ne puis me dire et me sentir libre qu'en présence d'autres hommes. En présence d'un animal d'une espèce inférieure, je ne suis ni libre, ni homme, parce que cet animal est incapable de voir et par conséquent aussi de reconnaître mon humanité. Je ne suis humain et libre moi-même qu'autant que je reconnais la liberté et l'humanité de tous les hommes qui m'entourent. Ce n'est qu'en respectant leur caractère humain que je respecte le mien propre. Un anthropophage qui mange son prisonnier en le traitant en bête sauvage n'est pas un homme, mais une bête. Un maître d'esclaves n'est pas un homme, mais un maître. Ignorant l'humanité de ses esclaves, il ignore sa propre humanité. [...]

C'est le grand mérite du christianisme d'avoir proclamé l'humanité de tous les êtres humains, y compris les femmes, l'égalité de hommes devant Dieu. Mais comment l'a-t-il proclamée ? Dans le ciel, pour la vie à venir, non pour la vie présente et réelle, non sur la terre. D'ailleurs cette égalité à venir est encore un mensonge, car le nombre des élus est excessivement restreint, on le sait. Sur ce point-là, les théologiens des sectes chrétiennes les plus différentes sont unanimes. Donc la soi-disant égalité chrétienne aboutit au plus criant privilège, à celui de quelques milliers d'élus par la grâce divine sur des millions de damnés. D'ailleurs cette égalité de tous devant Dieu, alors même qu'elle devrait se réaliser pour chacun, ne serait encore que l'égale nullité et l'esclavage égal de tous devant un maître suprême. Le fondement du culte chrétien et la première condition de salut, n'est-ce pas la renonciation à la dignité humaine et le mépris de cette dignité en présence de la grandeur divine ? Un chrétien n'est donc pas un homme, en ce sens qu'il a pas la conscience de l'humanité et parce que, ne respectant pas la dignité humaine en lui-même, il ne peut la respecter en autrui. [...]

Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres. La liberté d'autrui, loin d'être une limite ou une négation de ma liberté, en est contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens vraiment libre que par la liberté d'autrui, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m'entourent, plus profonde et plus large est liberté, plus ma liberté devient étendue, profonde et large. C'est au contraire l'esclavage des hommes qui pose une barrière à ma liberté ou, ce qui revient au même, c'est leur bestialité qui est une négation de mon humanité parce que, encore une fois, je ne puis me dire libre vraiment que lorsque ma liberté ou, ce qui veut dire la même chose, lorsque ma dignité d'homme, mon droit humain, qui consiste à n'obéir à aucun autre homme et à ne déterminer mes actes que conformément à mes convictions propres, réfléchis par la conscience confirmés par l'assentiment de tous. Ma liberté personnelle, ainsi confirmée par la liberté générale, s'étend à l'infini.

On voit que la liberté, telle qu'elle est conçue par les matérialistes, est une chose très positive, très complexe et surtout éminemment sociale, parce qu'elle ne peut être réalisée que par la société et seulement dans la plus étroite égalité et solidarité de chacun avec tous. [...] Le premier élément de la liberté est éminemment positif et social: c'est le plein développement et la pleine jouissance de toutes les facultés et puissances humaines pour chacun par l'éducation, par l'instruction scientifique et par le bien-être matériel, toutes choses qui ne peuvent être données à chacun que par le travail collectif, matériel et intellectuel, musculaire et nerveux de la société tout entière.

Le second élément ou moment de la liberté est négatif. C'est celui de la "révolte" de l'individu humain contre toute autorité divine et humaine, collective et individuelle. [...].

Extrait de "Dieu et l'État" in Œuvres de Bakounine, I; pp. 310-314; éd. Stock.)

 

Liberté, égalité fraternité

Il y a une différence immense entre la "liberté sociale", large, humaine, bienfaisante et réelle pour tout le monde que réclame le prolétariat, et la "liberté politique", nécessairement privilégiée, exclusive et restreinte que réclame aujourd'hui vainement le radicalisme bourgeois. "Comment, restreinte et privilégiée !" s'écrient les vertueux républicains radicaux indignés. "Ne demandons-nous pas l'égalité des droits civils, juridiques et politiques pour tout le monde et une constitution populaire fondée sur le suffrage universel, avec un Assemblé nationale composée de représentants du peuple et dont 1es décisions seront même soumises au besoin à la votation directe du peuple ?". Taisez-vous tartufes; car vous savez fort bien qu'avec tout cela vous resterez les maîtres et le peuple, l'esclave !

Vous accordez bien au peuple "l'égalité des droits" mais vous gardez bien de lui concéder "l'égalité des moyens de les exercer"; car tous mes droits, si je n'ai pas moyen de les exercer, sont pure fiction, pur mensonge. Ces moyens sont l'hygiène la plus rationnelle et plus tard l'éducation la plus humaine possible, afin que toutes les facultés, tant musculaires que nerveuses, bien nourries et bien dirigées puissent se développer dans toute leur plénitude et dans toute leur liberté; c'est ensuite l'instruction à tous les degrés, et "sans autre limite ni spécialisation pour chacun que celles qui sont déterminées par la nature même des facultés personnelles de chacun". C'est, à l'âge viril, alors que l'homme émancipé de toute autorité tutélaire devient responsable de lui-même [...] La possibilité "économiquement et socialement égale pour chacun" de gagner sa vie dans toutes les branches de l'industrie et des arts, ne se laissant déterminer dans le choix de sa spécialité que par la nature même de ses propres tendances, de ses forces et de ses capacités.

Ce travail sera nécessairement collectif, associé, par cette simple raison que le travail collectif seul produit les richesses et par cette autre raison aussi impérative que la première que dans une société organisée sur les bases d'une égalité réelle, conforme à la justice, les associations seules seront propriétaires des capitaux et des terres, de tous les instruments de travail en général, sans lesquels aucun travail productif n'est possible. Du reste personne ne pourra être forcé au travail; ce serait contraire au principe de la liberté, base et condition suprême de la dignité humaine. Mais comme il deviendra impossible de vivre en exploitant le travail d'autrui, quiconque ne voudra pas travailler aura la liberté de mourir de faim, à moins que la société ne le nourrisse par charité, ce qui constituera pour le fainéant une position tellement humiliante et insupportable que cette charité sera peut-être le meilleur remède contre la fainéantise de chacun. Les vieillards, les invalides, les malades auront seuls le droit a la possibilité de jouir de toute chose et de vivre, soit en travaillant moins, soit en ne travaillant plus du tout, sans devenir pour cela des objets de mépris.

Dans une société constituée, ou plutôt transformée solidairement, "librement" selon l'égalité et la justice, le travail deviendra la religion et l'honneur de tout le monde. Et il n'y aura plus besoin de lois répressives, criminelles et pénales pour corriger les individus: l'opinion publique s'en chargera.

D'ailleurs le nombre des individus de mauvaise volonté et surtout de mauvaises habitudes diminuera graduellement, d'abord sous l'influence d'une éducation et d'une instruction délivrées de la corruption systématique répandue aujourd'hui par le principe divin et fondées uniquement sur le travail, sur la raison, sur la justice, sur l'égalité et sur le respect humain. Quant à la fraternité, cette noble et sainte passion qui fait que l'individu humain ne se sent vraiment libre, grand, puissant et heureux que dans la liberté, la dignité, l'humanité et le bonheur de ceux qui l'entourent - expression dernière et sublime de la solidarité qui n'est pas un dogme révélé d'en haut, mais bien une loi fondamentale naturelle et inhérente à la société humaine -, cette passion ne s'enseigne théoriquement pas. Elle ne peut être réveillée et développée chez les enfants que par l'exemple, la vie, les actes de leurs tuteurs et de leurs maîtres.

[...] Donnez aux hommes cette double éducation de l'école et de la vie; fondée sur le travail, sur l'égalité, sur la justice et sur le respect humain et dirigée uniquement par la science - la seule autorité devant laquelle nous puissions nous incliner sans rougir -, non par les hommes de science, mais par l'autorité impersonnelle de la science seulement, faites que l'opinion publique, le plus grand pouvoir au monde et l'expression même de la solidarité humaine, faites qu'elle soit pénétrée de tous ces principes et vous verrez alors tous les crimes qui affligent l'humanité disparaître rapidement; bien plus, on verra disparaître les énormes différences naturelles physiques, intellectuelles et morales qui parent les hommes aujourd'hui. [...]

Extrait de "Réponse à Mazzini" in Archives Bakounine, I; 1; pp.269-272.)

L'"État" et la "liberté"

Lettre adréssée à Michel Bakounine

Cher Monsieur,

Je désirais vous demander sur quelles bases philosophiques êtes-vous parti pour écrire "Dieu et L'État" et savoir comment envisagez-vous de prendre le pouvoir, par la force de la masse ou par un moyen légal, si toutefois vous envisagez de prendre le pouvoir ou avez envisagé.

Michel Bakounine, quand vous parlez de "liberté", vous pouvez me dire comment "respecter la liberté de son prochain, c'est le devoir". Sans avoir recours à une autorité quelconque, comment faire respecter ce devoir ? Et quand vous parlez d'abolition de l'État comment voulez-vous organiser la société, sur quel système ?

Un ignorant en recherche de savoir, avec mon humble salutation

Réponse de Michel Bakounine

Cher Monsieur Ruesch,

Vous me posez là bien des questions fondamentales !

Si par "bases philosophiques" vous entendez mes influences, je vous répondrai qu'elles sont multiples. En ce qui concerne ma critique du fantôme divin, elle est l'héritière de l'hégélianisme d'avant-garde des années trente, Bauer et Feuerbach en particulier. Et ma critique de l'État doit tout à Proudhon, évidemment.

Sur la question du pouvoir, il n'y a pas d'équivoque possible. Il ne faut pas le conquérir mais le renverser, le dissoudre. Le plus tôt sera le mieux. Comment ? Certainement pas par les "voies légales et électorales", qui ne sont que compromission et abandon de nos principes les plus chers. Que fera l'ouvrier élu à l'Assemblée, si bien sûr la bourgeoisie le laisse siéger dans le Saint des Saints ? Croyez-vous sincèrement qu'il abattra ce pouvoir qu'il a si longuement convoité ? Bien sûr que non ! Il se muera en politicien, en chien de garde du capitalisme. Mais si le pouvoir est contrôlé uniquement par d'honnêtes ouvriers révolutionnaires, me dites-vous ? La logique étatique fera immanquablement en sorte qu'ils établissent une dictature parée d'oripeaux scientifiques qui s'avèrera la plus sanglante que l'histoire n'aura jamais connu.

Vous me demandez comment la liberté sera possible sans autorité, sans hiérarchie, sans coercition. Je soupçonne que vous êtes d'accord avec moi lorsque je dis que l'humaine nature est ainsi faite, que la possibilité du mal en produit immanquablement et toujours la réalité. Mais il me semble tout aussi évident que la moralité de l'individu dépend beaucoup plus des conditions de son existence et du milieu dans lequel il vit que de sa volonté propre. Sous ce rapport ainsi que sous tous les autres, la loi de la solidarité sociale est inexorable, de sorte que pour moraliser les individus il ne faut pas tant s'occuper de leur conscience que de la nature de leur existence sociale; et il n'est pas d'autre moralisateur, ni pour la société ni pour l'individu, que la liberté dans la plus parfaite égalité.

Prenez le plus sincère démocrate et mettez-le sur un trône quelconque ; s'il n'en descend aussitôt, il deviendra immanquablement une canaille. Un homme né dans l'aristocratie, si, par un heureux hasard, il ne prend pas en mépris et en haine son sang, et s'il n'a pas honte de l'aristocratie, sera nécessairement un homme aussi mauvais que vain, soupirant après le passé, inutile dans le présent et adversaire passionné de l'avenir. De même le bourgeois, enfant chéri du capital et du loisir privilégié, fera tourner son loisir en désoeuvrement, en corruption, en débauche, ou bien s'en servira comme d'une arme terrible pour asservir davantage les classes ouvrières et finira par soulever contre lui une Révolution plus terrible que celle de 1793.

Le mal dont souffre l'homme du peuple est encore plus facile à déterminer: il travaille pour autrui, et son travail, privé de liberté, de loisir et d'intelligence, et par là même avili, le dégrade, l'écrase et le tue. Il est forcé de travailler pour autrui, parce que né dans la misère, et privé de toute instruction et de toute éducation rationnelle, moralement esclave grâce aux influences religieuses, il se voit jeté dans la vie désarmé, discrédité, sans initiative et sans volonté propre. Forcé par la faim, dès sa plus tendre enfance, à gagner sa triste vie, il doit vendre sa force physique, son travail aux plus dures conditions sans avoir ni la pensée, ni la faculté matérielle d'en exiger d'autres. Réduit au désespoir par la misère, quelquefois il se révolte mais, manquant de cette unité et de cette force que donne la pensée, mal conduit, le plus souvent trahi et vendu par ses chefs, et ne sachant presque jamais à quoi s'en prendre des maux qu'il endure, frappant le plus souvent à faux, il a, jusqu'à présent du moins, échoué dans ses révoltes et, fatigué d'une lutte stérile, il est toujours retombé sous l'antique esclavage. La seule solution a ses maux lui semble donc trop souvent le vol, la rapine, la violence dirigée vers ses proches ou sur lui-même, bref, des comportements sans issue, menaçant le peu de liberté dont ses camarades d'infortune et lui-même jouissent.

Les criminels, les meurtriers et les voleurs ne sont pas nés ainsi ils sont le produit de rôles imposés par une société hiérarchique et autoritaire.

Éliminez la propriété et vous éliminez le vol et l'immense majorité des crimes contre la personne. Établissez une société constituée d'une libre fédération de communes autonomes, où tous participent directement aux décisions publiques qu'ils soient hommes ou femmes, vieillards ou enfants et vous aurez des individus soucieux de leur liberté et de celle des autres. Lorsque les associations productives et libres cessant d'être des esclaves, et devenant à leur tour les maîtresses et les propriétaires du capital qui leur sera nécessaire, comprendront dans leur sein, à titre de membres coopérateurs à côté des forces ouvrières émancipées par l'instruction générale, toutes les intelligences spéciales réclamées par leur entreprise, lorsque, se combinant entre elles, toujours librement, selon leurs besoins et selon leur nature, dépassant tôt ou tard toutes les frontières nationales, elles formeront une immense fédération économique, de sorte qu'il n'y aura plus ou presque plus de crises commerciales ou industrielles, de stagnation forcée, de désastres, plus de peines ni de capitaux perdus, alors le travail humain, émancipation de chacun et de tous, régénérera le monde.

Votre dévoué,

 

Mikhaïl Bakounine : l'instruction intégrale (1869)  

Voix du passé 7. Présentation et lecture (2008). C19

De la liberté, de la révolte
de indignados » 28 Juil 2013, 01:06

 

 

23/07/2013

Soral fait feu de tout bois

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La pompe à phynance - Les blogs du Diplo : - de Frédéric Lordon ( cf  source : Conspirationnisme : la paille et la poutre - Les blogs du Diplo )

Mis sur facebook : Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, l’élite ne s’en sent que mieux fondée à penser et gouverner à sa place.

 

Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent) : (....)

 

 

 

ALAIN SORAL-OCT 2012 -24/29- Médiatisation du handisport :

L'extrême droite : mieux la connaître pour mieux la combattre !Alain Soral vs Abdellah Boudami: Débat très musclé sur radio al manar !! Nous avons divisé notre analyse visant à démont(r)er l'imposture soralienne en 7 thèmes :
1°) Doubles discours et contradictions ;
2°) Récupération au profit de l'extrême-droite d'auteurs, de pratiques et de combats qui ne sont pas les siens ;
3°) Fascisme et poujadisme ;
4°) Antisémitisme ;
5°) Stalinisme ;
6°) Apologie de régimes répressifs ;
7°) Arrivisme et haine de classe.


Cette division est en partie arbitraire puisque certaines déclarations d'Alain Soral peuvent avoir leur place dans plusieurs des thèmes ci-dessous développés.
 
Alain Soral: Le sous-fasciste

Alain Soral ? un poseur, un imposteur...((Le crottin des Extrêmes Droites fRançaises:Soral and co))

((Info-Relais/Documents.N-I/AZA))

9 juillet 2013 /http://lahorde.samizdat.net/2013/07/09/alain-soral-un-pos...

 

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Alain Soral s’est illustré, dans une vidéo postée le 6 juillet 2013, en commentant l’assassinat de Clément Méric, qu’il qualifie de « dérisoire », de « grotesque », de « fait divers d’ados » (sic), et en insultant Clément sans retenue, se moquant par exemple de son physique… Pire, au nom de la défense de la « minorité opprimée » que seraient les naziskins, il prétend avoir envoyé de l’argent à Esteban Morillo, le meurtrier de  notre camarade. Une provocation de plus de la part de l’un des éléments les plus médiatisés de l’extrême droite française, et l’occasion pour nous de revenir sur cet clown triste : un rappel de quelques vérités semblent nécessaires, en particulier ses fréquentations passées et présentes dans à peu près tout ce que l’extrême droite compte de tordus en tout genre.

 

En quelques années, Alain Soral est parvenu à être dans un premier temps sympathisant du FN, dans un second temps militant voire intellectuel autoproclamé du FN (il faut dire que la concurrence n’était pas vraiment féroce), puis dissident frontiste et finalement leader d’un petit groupuscule oscillant entre la nationalisme républicain et une sorte de nationalisme révolutionnaire new-age (les références politiques en moins), candidat sur une liste antisémite composé de paranoïaques et de marginaux politiques, fondateur/éminence grise d’un pseudo-journal politico-satirique, Flash, et enfin auteur à succès d’opuscules conspirationnistes et antisémites. Girouette mégalomane,  affabulateur conspirationniste, bateleur imbécile, Alain Soral a un parcours tout à son image.

Une jeunesse bourgeoise

 

 

Il y a encore quelques années, de son vrai nom Alain Bonnet de Soral, parlait avec nostalgie des cités ouvrières et du Paris

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ouvrier dans lesquelles il avait passé son enfance etscandait à qui voulait l’entendre qu’il était fier de s’être hissé socialement grâce à l’école de la République … La réalité est tout autre : Alain Soral est un fils de notaire, scolarisé au collège Stanislas1 à Paris. S’il vécut un temps à Meudon, il habita de nombreuses années rue de Vaugirard à Paris, l’une des rues les plus chères de la capitale…

Après avoir vécu un temps en province, il revient à Paris en 1976, année à laquelle débute sa période « bourgeois-bohème ». Il évolue alors, avec un certain succès, dans un milieu qu’il dénigre aujourd’hui. Il fréquente à la fois le monde de la nuit et celui des intellectuels parisiens, devient étudiant aux Beaux-arts et dans les années 1980, embrasse alors la carrière de journaliste et d’écrivain en pigeant dans divers magazines.

 

En 1990, il découvre les écrits de Michel Clouscard, auteur marxiste critique, inventeur du concept de « libéralisme-libertaire », connu pour son travail sur Mai 68 et ses conséquences sur la société française. Alain Soral s’empare des théories de cet universitaire, sans doute plus par non-conformisme que par réelle l’adhésion théorique, en ne retenant de la critique de Mai 68 qu’une haine viscérale pour tous les mouvements d’extrême gauche issus de cette période. Il prétend encore aujourd’hui être le vulgarisateur et continuateur des thèses de Clouscard, bien que ce dernier ait publiquement dénoncé la récupération de ses idées par Soral dans le journal l’Humanité du 30 mars 20072, expliquant sommairement que Soral n’avait rien compris          ((Soral,germanopratin à 24 Balais)).                                    

 

à ses écrits. A cette époque, il persiste à fréquenter le milieu parisien de « gauche » du monde des médias, dans lequel il grenouille depuis le début des années 1980, espérant s’y tailler une place d’intellectuel de référence. Pourtant, il révélait à Vénissieux le 2 mars 2007, lors d’une réunion publique avec le FN : « dès cette époque [les années 1980] je préfère encore un facho à un gauchiste … ce que je reproche au facho, que je croise en allant draguer l’étudiante en droit du côté de la fac d’Assas, ce n’est pas sa radicalité révolutionnaire, mais le fait que son origine bourgeoise le poussera inéluctablement à rallier l’UDF ou l’UMP une fois son diplôme en poche, comme les Madelin et autres Devedjan. »

 

Alain au pays des soviets

En 1990, en pleine période de l’écroulement de l’URSS, Soral adhère au PCF. Il explique aujourd’hui les raisons de son engagement en déclarant que, selon lui, il est primordial que deux pôles antagonistes coexistent pour que la France puisse continuer d’avoir sa place dans le concert des nations, et la meilleure façon d’aider la nation, c’est de soutenir l’URSS via le PCF. Curieusement, cette position est ni plus ni moins que celle tenue par Alain de Benoist à l’époque, gourou de la Nouvelle Droite et du GRECE. Un individu que Soral croisera à plusieurs reprises dans son parcours, en particulier à l’Idiot International. Étrangement, personne aujourd’hui au PCF ne se souvient du passage d’Alain Soral. Ce dernier donne bien le nom de la cellule à laquelle il appartenait, « cellule Paul Langevin », mais cette appellation est tellement courante qu’il est impossible à ce jour de retrouver des militants affirmant avoir rencontré Soral. Il y a toutes les chances que Soral ait effectivement pris un jour sa carte au PCF, sans pour autant s’être investi dans un travail local ou avoir vendu l’Huma Dimanche, bien qu’il prétende avoir participé à la campagne contre le traité de Maastricht en 1992.

 

A la même époque, il participe, aux cotés de Jean-Paul Cruse3, à la création du « Collectif des travailleurs communistes dans les médias », alias la « Section Ramon Mercader » (du nom de l’assassin de Trotski), dont le logo était deux piolets croisés. Ils publient un bulletin : La lettre écarlate. Malgré les propos de Soral, qui donne beaucoup d’importance à cette aventure4, tout cela restera ultra confidentiel, c’est à dire connu seulement de Soral, Cruse et de leur petit cercle d’amis. Ce genre d’histoires ne peut que convaincre des individus ne connaissant pas l’univers du PCF et de la CGT. En effet, le PCF n’aurait jamais toléré qu’une cellule ou association portant un nom aussi provocateur puisse exister. Quant à la CGT, elle n’aurait pas permis qu’une telle structure puisse exister en dehors du tout puissant Syndicat du Livre. L’importance donnée aujourd’hui à cet épisode est due en grande partie à la publicité qu’en a fait Alain Soral, mais également Didier Daeninckx lorsque ce dernier présenta le dossier à charges des « rouges-bruns » à Georges Marchais, à l’époque premier secrétaire du PCF.

L’affaire des rouges-bruns

 

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A la même époque, Soral appartient à la rédaction de l’Idiot International, le journal de Jean-Edern Hallier, haut lieu de convergence de militants et d’intellectuels de tout bords, en ruptures ou marginalisés d’avec leur milieu d’origine, la plupart du temps ne représentant qu’eux mêmes. Autour de Marc Cohen, rédacteur en chef du journal et membre du PCF, ancien responsable de l’UNEF-renouveau, on trouve pêle-mêle l’équipe de Jalon

5(journal satirique dont certains membres se trouvent avait flirté avec l’extrême droite comme son directeur Basile de Koch, de son vrai nom Bruno Tellenne, frère de Karl Zéro, tous deux proches du GUD durant leurs études), Alain De Besnoit du GRECE et de la revueEléments, le journaliste Frédéric Tadéï6, Jean-Paul Cruse. Cette volonté de journal « trans-courant », voulu par Edern-Hallier, passe par une destruction des clivages gauche-droite. Cette alchimie malsaine aboutira à un texte de Jean-Paul Cruse en 1992 « Vers un Front National » dansl’Idiot International, qui propose une alliance entre les communistes, le Front national et les partisans de Chèvenement et Pasqua pour « conduire une politique autoritaire de redressement du pays ». Après avoir longtemps refusé la paternité du texte, Jean-Paul Cruse aujourd’hui la revendique intégralement, après que Soral a laissé pensé qu’il en serait l’un des auteurs. Ce texte provoque une vive émotion à gauche, surtout au sein du PCF, dont certains membres sont impliqués dans l’Idiot International. La réaction du bureau national du SNJ-CGT ne se fait pas attendre en condamnant le texte, rappelant que « ces idées ne sont pas celles de la CGT », qu’elle les combat « même de toutes [ses] forces »7.

Le PS fait pression sur Edern-Hallier pour virer l’équipe de l’II, et Marchais fait le ménage dans son parti. Soral quitte le PCF en 1993 (ou en est exclu selon les versions qu’il donne de cet épisode). Cette confusion des genres, née principalement pendant la mobilisation contre la Guerre du Golfe, aura quelques répercussions sur le terrain, essentiellement autour de la personne d’Alain de Benoist. Le 10 janvier 1992, il est invité à s’exprimer sur les ondes d’une station radio du PCF et, quelques jours plus tard, il apparaît dans le carré de tête d’une manifestation anti-guerre, le 12 janvier 1991. Il interviendra le 12 mai 1992 dans un débat organisé par l’Institut de recherches marxistes (dirigé par Francette Lazard) à la Mutualité sur le thème « le réveil de la pensée critique »8. Quant à Marc Cohen, il participera à un débat organisé au Musée social à Paris par la revue du GRECE, Eléments, le 19 mai 1992, sur « la recomposition du paysage intellectuel français ».

Coming-out nationaliste

Après cette petite escapade, Soral décide de retourner à son métier d’écrivain, pour lequel il connaît un certain succès, dès 1996, avec « Sociologie d’un dragueur », peaufinant au fil du temps son numéro bien rôdé de macho républicain sur les plateaux de « C’est mon choix » ou de Thierry Ardisson. Bien qu’on lui prête sur cette période (fin 1990 début 2000) une sympathie et un rapprochement avec la mouvance souverainiste de JP Chevènement9, il semble, une fois de plus, que son engagement tienne plus du mythe, se limitant à une dédicace pour l’ancien ministre de la Défense dans l’un de ses ouvrages. Malgré ce succès médiatique et éditorial, Alain Soral est de nouveau tenté par le démon de la politique. Et cette fois-ci, il met la barre à droite toute ! Pour son retour dans l’arène politique, Soral commence en effet par répondre aux questions d’Eléments10en 2004, revue de la Nouvelle Droite où l’on retrouve Alain De Benoist, personnage déjà croisé à l’époque de l’Idiot International. L’année suivante Soral donne une interview au fanzine national-bolchevik Rébellion.

Il franchit un cap supplémentaire le 24 juin 2006 en dédicaçant son livre dans la librairie Facta d’Emmanuel Ratier, à Paris. La même année, il est signataire aux côtés de Fabrice Robert, Philippe Vardon et Gilles Soulas d’une pétition demandant la libération du néonazi Michel Lajoye, condamné pour des attentats à l’explosif contre des bars et résidences de travailleurs maghrébins. Il préface l’ouvrage d’Anne Kling11, La France LICRAtisée, dont les fantasmes sur le lobby juif et la LICRA rejoignent complètement ceux de Soral. Enfin, en août 2006, aux côtés de Marc Robert (FN), Thierry Meyssan (Président du Réseau Voltaire passé aux délires paranoïaques et complotistes), Dieudonné, Ahmed Moualek (La Banlieue s’exprime, pseudo association de banlieue à la gloire du FN) et Frédéric Châtillon (ancien chef du GUD et proche de Marine Le Pen), Alain Soral participe à un voyage au Liban.

 

FN : je t’aime, moi non plus

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-Joue-t-on du Soral comme Verchuren jouait de l'accordéon (N.I)-

 

Privé de tête de liste pour les Européennes, Soral se tourne alors vers son « ami  Dieudonné19 » qu’il avait largement brocardé quelques années auparavant et délaissé depuis l’officialisation de son appartenance au FN. Ils se retrouvent alors autour du Parti Anti Sioniste de Yahia Gouasmi pour monter la Liste Anti Sioniste en Ile-de-France, sur laquelle Soral, bien que porte-parole de la liste, se retrouve à la 5ème place, en position inéligible. Cette liste, totalement financée et encadrée par le PAS, ne dépassera les 0,5%. Le résultat est, semble t-il, rude pour la petite bande, certains pensant alors atteindre allègrement les 10%. Même si Soral et Marc George déclarèrent plus tard dans la lettre interne des militants/sympathisants de E&R que du haut de leur grand expérience, ils savaient qu’ils ne dépasseraient pas les 1%, lors de la soirée de fin de campagne de la Liste (où l’on peut apercevoir Thomas Werlet avec son petit béret à la recherche d’amis pour étoffer son gang de boneheads), ça plane sévère niveau estimation.

 

Une fois retombée l’euphorie des résultats pourtant médiocres, les langues ont commencé à se délier concernant l’ambiance au sein de cette liste. Ainsi, Ginette Skandrani de conclure, concernant Soral : l’écrivain n’était «  malheureusement pas un militant de terrain … ». Mais c’est sans doute du côté de Thomas Demada, membre d’Egalité et Réconciliation, militant NR, aujourd’hui responsable de la branche européenne du MDI de Kémi Séba, que la sentence est la plus terrible : selon lui, Soral possède « …une intelligence vraie et débridée, mais trop débridée, au point de tourner à la filouterie et l’opportunisme idéologique ! »20. (....)  !22 Il est frappant de constater qu’une fois le charme du talent oratoire de Soral dissipé, rapidement les gens s’éloignent de lui, ne supportant plus son narcissisme et son inconstance dans ses idées et ses théories.

 

On aurait pu penser que Soral aurait cherché à transformer son fan club « Egalité et Réconciliation » en parti, comme il l’avait annoncé durant l’été 2009 : mais, avec l’exclusion au printemps 2010 du secrétaire général de l’association, Marc George, qui défendait cette ligne, E&R devient ce qu’il est encore aujourd’hui : un simple fan-club d’Alain Soral. Lors du bilan de l’Assemblée générale d’E&R des 27 et 28 mars 2010, il est précisé : « suite à ue grave crise interne, il a en effet été décidé de revoir les documents précédents en rendant à Alain Soral un contrôle total sur son association. »23 

 

Aussi, E&R n’est donc plus aujourd’hui qu’une coquille politique vide, destinée à servir de promotion de la « pensée » soralienne et, parfois, aux productions de ses amis. Une activité particulièrement lucrative pour Soral, son ouvrage pompeusement appelé Comprendre l’Empire ayant connu un véritable succès, en particulier dans la vente en ligne (il serait dans les 100 meilleures ventes du site Amazon…). Bien que n’ayant plus qu’une existence politique virtuelle, Soral, de par l’audience de son site, conserve ainsi un potentiel de nuisance non négligeable, que tout antifasciste se doit de prendre en compte, en rappelant à celles et ceux qui se plaisent à l’oublier d’où il vient, quelles idées il défend réellement et quels sont ses amis d’hier et d’aujourd’hui.

 

Note : l’essentiel de l’article a précédemment été publié dans le bimestriel No Pasaran n°77, hiver 2009-2010.

 

1 Etablissement privé catholique sous contrat du 6ème arrondissement de Paris, lieu de scolarisation privilégié pour les enfants de la haute bourgeoisie parisienne. 

2 Soral n’est plus le seul à l’extrême droite à faire référence à Clouscard. Les nationaux-bolchevik de L’Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne font référence à cet auteur dans le numéro 35 de Rébellion.

3 (....)

13. Il est plus que conseillé à Soral de relire, voire tout simplement de lire Marx, et il verra de lui-même que la doctrine communiste, en matière économique et sociale, est peu compatible avec le programme du FN :

- libérer au maximum l’entreprise des contraintes de toute nature qu’elle subit

- libérer le travail et l’entreprise de l’étatisme, du fiscalisme et du réglementarisme

- renégocier la durée hebdomadaire du temps de travail par branches d’activité

- simplifier le Code du travail

- assurer un service minimum dans les services publics

14 (….)

23 Cité par Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier dans La Galaxie Dieudonné, Syllepse, 2011.

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POSTÉ DANS » Actualités, Extrême droite radicale, Repère

 

Et Badskin dans tout ça???

Une bonne enquète sur le sujet au même endroit (A suivre)

 

http://lahorde.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub_alaune-134x90.jpg

((Sujet vaste et désopilant proposé par steph))

Alain Soral: Le sous-fasciste

Quand Alain Soral éructe sur le handisport Au prétexte fallacieux de lancer un débat sur la médiatisation du handisport, Alain Soral s’est livré à un monologue haineux publié ce matin sur You Tube

 

La pensée complotiste,

pensée complotiste d'A. Soral

Qui est Alain Soral

L'extrême droite : mieux la connaître pour mieux la combattre !

Enquête : ''La galaxie Dieudonné : pour en finir avec les impostures''

 

 

 

20/07/2013

" Vers un Karck obligataire

 

n 

C'est pas nous, c'est eux... Ne nous en prenons pas aux effets, attaquons toujours les causes !
Bakounine

 

Une fois de plus, il n'y a rien à attendre.
On a eu (et pour ma part j'ai toujours quand je vois les tronches de Copé, Fillon ou Estrosi) le plaisir immense de voir dégager la bande des autres tarés. On n'a pas envie (en tout cas, je n'ai pas envie) de les voir revenir dans 5 ans.

 


Ça s'arrête là : je lis assez régulièrement la phrase "c'est dans la rue qu'ça s'passe", dans les boîtes en grève, bref, pas dans la délégation de pouvoir.

 

 

 

Photo : http://resistance71.wordpress.com/tag/cnt-ait-abstention/
Contrairement à ce que prétendent bon nombre de "citoyens" en brandissant leur carte d’électeur, participer à ce rite païen, ce n’est pas prendre ses responsabilités, c’est les fuir, c’est demander à quelqu’un d’autre de décider à sa place.
Voter ce n’est pas agir, c’est s’engager à ne pas agir, c’est admettre que ses propres actions soient interdites, décidées ou ordonnées par d’autres.
La construction d’une société nouvelle nécessite d’abattre jusqu’à la dernière pierre ce temple de l’exploitation qu’est la république. Mais cela nécessite avant toute chose que chaque individu refuse que d’autres parlent, décident, organisent et légifèrent à sa place.
Voter, c’est se soumettre.

 

 

A la Une : des signaux d'alarme qui résonnent déjà du côté de l'économie pour le nouveau gouvernement...

 

Austérité : errare humanum est, perseverare diabolicum
Par Guillaume Duval
Si le gouvernement avait visé un déficit public de 3,7 % du PIB en 2013 au lieu de 3 %, nous aurions probablement évité la récession et 300 000 chômeurs supplémentaires.> Lire la suite.

Si c'était un bulletin météo, il montrerait de lourds nuages noirs qui apparaissent déjà à l'horizon, non seulement à Paris mais aussi à Bruxelles... Si on ajoute les mauvais chiffres du chômage, voilà "des mauvaises nouvelles qui tombent comme grêle en mai" écrit Francis Brochet dans le Progrès

 

Et le Japon me fait aujourd'hui , une nation puissante reflet de nos sociétés " dits développés" en déclin et des nombreuses mesures ultra libérale. , Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. : citoyen actif, japon : citoyen actif, le japon : citoyen actif

 

Shinzo Abe maitre du japon : Au Japon,, la coalition du premier ministre s'est imposé aux élections sénatoriale . Le nationalisme Shinzo Abe mène un combat d'entrée dans la danse en matière d'économie et de diplomatie.

Les réformes de Shinzo Abe : il a les mains libre et trois ans pour faire tout ce qui lui plait. Au Japon, la coalition du premier ministre a emportait les élections sénatoriales avec la majorité absolue a la chambre haute. Premier objectif de Shinzo Abe : de prolonger son arsenal de réformes économiques avec une dette publique qui frôle les 240% du PIB, il y a urgence. Shinzo Abe a aussi les coudées franges en matières de diplomatie et cela, se sont les pays voisins qui s'en inquiète. les précisions :

La marche en avant d'Abe : le premier ministre ne cache pas sa joie Son parti ( le PIP) vient de remporter la majorité au Sénat. Pourtant, s'est sans réelle enthousiasme que les Japonais s'étaient rendus aux urnes. Un enjeux sans surprise qui remet la tete du premier ministre au gouvernement de l'an dernier. Trois ans de pouvoir

Shinzo Abe, premier ministre Japonais : " Depuis décembre dernier, quand nous avons lancé la campagne c'est avec vos efforts que le gouvernement a changé et particulièrement avec notre économie qui redevienne pour la première fois ce qu'elle était"

Pour débarrasser la troisième puissance économique mondiale .d'une déflation chronique et faire repartir après la catastrophe de Fukushima, le chef du gouvernement s'est lancé dans une politique de relance économique surnommé Abenomics. Une stratégie sur trois leviers : budgétaire, monétaire et ultra libérale.

D'abord une politique de grands travaux a hauteur de 40 milliards d'euros. Des dépenses budgétaires exceptionnel oblige la banque du Japon a injecter des liquidité abondante dans les circuits, de faire baisser le yen et faire ainsi doper les importations et raviver la consommation. Enfin libéraliser l'économie pour développer le secteur privé. Si Shinzo Abe croit dure comme fer a son Abenomics, les avis sont plus mitigés.

" Je suis content que le premier ministre veule sortir le pays de sa léthargie, mais je ne suis pas convaincu de sa politique commerciale".

Siu les marché ont applaudit cette "nouvelle politique" en faisant envolé la bourse de Tokyo de plus de 30% depuis janvier, il y a encore de gros bémol a commencé par la dette abysale qui frise toujours les 240% du PIB Shinzo Abe va devoir encore bataillé si il veut encore convaincre sur le plan économique et sur le plan diplomatique. Ce nationaliste qui avait bati un plan de sa popularité sur ces recommandantation concernant la fermeté contre la Corée du Nord a déjà jurer qu'il ne plierait pas face a ses voisins notamment Chinois

 

  La situation pourrait ainsi être résumée. Depuis 20 ans, le Japon est plongé dans une stagnation économique, un marché actions au point mort. Dans ce cas, l'inflation devient particulièrement dangereuse puisque sans croissance, sans reprise de l'activité économique, l'inflation ronge un pouvoir d'achat stagnant voire en recul

 Mais le plus inquiétant demeure la remontée des rendements des obligations souveraines, aussi bien au Japon qu'en Europe et aux Etats-Unis. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans, à 2,21%, est au plus haut depuis novembre 2011 et a flambé de près de 30% depuis le 1er janvier. 30%...

Eberhardt Unger revient d'ailleurs ci-dessous sur cette remontée spectaculaire et ses conséquences pour l'économie mondiale .

 

Nous sommes encore loin d'un krach obligataire mais les remous actuels sont d'inquiétants signaux d'une situation économique dégradée et d'un possible retournement des marchés dans les mois qui viennent. Si je crois que le krach est pour bientôt, non, peut-être pas, mais ces derniers jours sont un coup de semonce qu'il serait dangereux d'ignorer : la politique accommodante des banques centrales ne resteront pas sans conséquences...

 

Que se passe-t-il sur les marchés obligataires ?
Eberhardt Unger

 

C'est avec des sentiments très mitigés que les gestionnaires des fonds obligataires observent ce qui s'est passé en mai sur les marchés financiers. Alors que les principaux marchés boursiers, Japon excepté, sont toujours pratiquement à leur plus haut historique, les rendements des obligations à long terme ont fortement augmenté, engendrant d'importantes moins-values.

 

Si les rendements augmentent, c'est que de plus en plus d'investisseurs s'attendent à un arrêt prochain de la politique d'assouplissement monétaire de la Fed. L'injection monétaire sans précédent de ces dernières années est la seule et unique raison de la hausse du prix des obligations à des sommets historiques. A elles deux, la Fed et la Banque du Japon, achètent mensuellement pour 159 milliards de dollars de titres. La BCE est la seule parmi les grandes banques centrales qui n'a plus acheté d'obligations souveraines depuis 16 mois.

 

Une meilleure santé économique signifierait que la fin du QE s'approche, ce qui voudrait aussi dire que les rendements continueront leur ascension pour atteindre des niveaux conformes aux conditions du marché.

 

L'économie mondiale est encore trop faible pour pouvoir prédire à quel moment les QE vont prendre fin mais, inévitablement, les marchés anticiperont très tôt cette fin. Ainsi, les rendements des bons du trésor américain à 10 ans pourraient atteindre, d'ici fin 2013, les 2,75% (cours chutera de 100 à 91%) et ceux des Bunds dans la zone euro les 2,25%.

 

Conclusion : les marchés mondiaux obligataires commencent très tôt à anticiper la fin du QE : 

 

Le Japon, premier domino d'un krach obligataire mondial ?
 Simone Wapler

 

Le Japon marche très loin devant nous, en éclaireur de la faillite collective. Il serait logique –  en l'absence d'autre événement perturbateur comme, par exemple, des émeutes et des résultats électoraux déroutants dans d'autres pays – que le krach obligataire qui menace les grands pays surendettés débute au Japon.

 

La bulle obligataire est actuellement proche de son paroxysme. Plus aucune voix audible ne dénonce les maléfices de la création monétaire. Les dithyrambes sur l'excellence de la politique  de Shinzo Abe confinent au grotesque.

 

Ils me rappellent les éditoriaux de 2011 commis par les  économistes keynésiens pour lesquels la catastrophe naturelle dont était victime le Japon était  une chance. Un tremblement de terre puis un raz-de-marée suivis d'un accident nucléaire allaient permettre à l'économie de rebondir. D'autant que la riposte keynésienne (pardon néo-keynésienne) parfaite avait suivi : 15 000 milliards de yens (132 milliards d'euros) d'injection de liquidités créées  à partir de rien par la Banque du Japon (BoJ).

Florilège de l'époque :
- "Un choc économique qui sera suivi d'un rebond. [...] L'impact sur la croissance devrait rester faible sur l'ensemble de l'année", Le Temps, le 15 mars 2011.
- La reconstruction "apportera un supplément de croissance. En conséquence de quoi, cette année, le PIB nippon a des bonnes chances de progresser de 2%", Klaus Baader, co-directeur de la recherche économique de Société Générale Corporate & Investment Banking, dans Les Echos le 16 mars 2011.
- "L'économie du Japon, qui a été frappée en mars par un violent séisme et un tsunami, devrait 'fortement rebondir' a indiqué lundi le porte-parole du groupe des principales banques centrales, Jean-Claude Trichet, à l'issue d'une réunion à la Banque des règlements internationaux (BRI)", TF1 news le 9 mai 2011.

 

Heureusement que le ridicule ne tue pas, peu d'économistes survivraient

Mais revenons au Japon, l'île de tous les excès dans le domaine de la dette et de la déflation, avec un petit rappel :
- 1986-1987 : le Japon baisse son taux directeur de 5% à 2,5% pour contrer l'appréciation du yen face à un dollar qui s'écroule.
- 1985-1989 : l'indice Nikkei triple, les prix de l'immobilier s'envolent et la masse monétaire gonfle de plus de 10% par an. En 1989, l'ensemble de l'immobilier japonais était évalué à 24 000 milliards de dollars, soit quatre fois la valeur totale de l'immobilier américain !

- 1989-1990 : la BoJ pratique cinq hausses successives de ses taux, jusqu'à 6%.
- 1990 : effondrement du Nikkei. Après avoir atteint 40 000 points en décembre 1989 (avec des ratios cours/bénéfices de 80 !), l'indice japonais perd 80% de sa valeur.

 

Aujourd'hui, il est à 13 600 points. Classique gonflement et dégonflement de bulle. Effondrement des banques. On sort alors la trousse à outils keynésienne pour améliorer les choses.

 

Poursuivons :
- 1992-1995 : mise en oeuvre de mesures de relance financées par la dette à hauteur de 65 500 milliards de yens.
- 1998 : doses supplémentaires de shoot keynésien avec 40 600 milliards de yens en infrastructures.
- 1999 : dose supplémentaire de 11 000 milliards de yens. Le bétonnage, les routes vers nulle part et les ponts n'enjambant rien n'ont bien évidemment pas sauvé le Japon.
- 2012 : impression massive de yens pour la reconstruction du pays dévasté.
- 2013 : la BoJ déclare qu'elle imprimera autant de yens que nécessaire pour que l'inflation atteigne 2% – soit 60 000 à 70 000 milliards de yens par an. Le Nikkei gagne près 50% depuis le  début de l'année.

 

Cette impression monétaire équivaut à 60 milliards de dollars par mois, les Etats-Unis imprimant de leur côté 85 milliards de dollars par mois.

 

Aujourd'hui, la dette publique japonaise représente 235% du PIB. 70% des nouvelles émissions sont achetées par la BoJ. Le bilan de la Banque du Japon gonfle donc. C'est devenu la mode depuis 2008 de parler des bilans des banques centrales. Par "bilan", comprenez les "actifs douteux" que les banques centrales acceptent de prendre en pension contre de l'argent qu'elles font surgir du néant.

 

Le bilan des banques centrales, c'est donc le placard où sont rangées toutes ces belles créances douteuses. Dans ce placard figurent aussi les vieilles obligations souveraines dont les banques commerciales ne veulent plus parce qu'elles ont besoin de cash, ainsi que les obligations fraîchement émises sur lesquelles le marché ne s'est pas goulûment jeté.

 

 

Bilan des banques centrales

 

Le PIB du Japon pèse 6 000 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB total de la France de l'Italie et de l'Espagne.

 

Alors demandez-vous une chose : ces centaines de milliards de yens imprimés pourront-ils aider Sony à inventer l'équivalent de l'iPhone ? Transformer des retraités frugaux en consommateurs enfiévrés ? Empêcher la population japonaise de vieillir ? Evidemment, non.

 

Donc l'Abenomics (puisque l'on nomme ainsi la politique de Shinzo Abe) est a priori inutile, comme toutes celles qui l'ont précédée. Mais, plus intéressant (pour nous), elle pourrait s'avérer beaucoup plus nuisible que les précédentes : "A moins que le Japon ne puisse avoir une croissance économique beaucoup plus rapide, l'expérience radicale de relance d'Abe créera un surendettement et un excédent de liquidité tels qu'ils conduiront le système financier à la faillite et déclencheront probablement l'hyperinflation". Anatole Kaletsky, GKReserach, The Arithmetic of Abenomics – 16 mai 2013

 

Jeu de mots. Les Abenomics, contraction entre le nom du Premier ministre Shinzo Abe et economics, ont inspiré un groupe de rap Japonais. Leur tube, Abeno mix, formule des recommandations précises : "N'oublie pas l'investissement public", "Révise la loi sur la Banque du Japon"… Le nom du groupe, Machikado Keiki Japan, signifie "l'économie en bas de chez nous".

Vous devez vous souvenir de deux choses importantes en matière d'obligations souveraines :
1. Les pays empruntent in fine, c'est-à-dire que durant la durée de vie de l'obligation, ils ne remboursent que les intérêts. Le principal est remboursé à la fin, lorsque l'obligation arrive à maturité.

2. Les pays ne remboursent jamais leur dette qui enfle toujours. Ils la roulent, c'est-à-dire qu'ils émettent une nouvelle obligation pour rembourser une vieille obligation qui arrive à échéance.

Dans ce contexte, dites-vous que le marché obligataire japonais est particulier : près de 90% de la dette est entre les mains japonaises et seulement 10% des titres sont vendus à l'étranger. Vous pouvez considérer que le flottant est donc très réduit.

 

Par ailleurs, la Banque du Japon achète 70% des nouvelles émissions. Cette particularité tient à trois facteurs :
1. les Japonais économisent beaucoup,
2. les fonds de pension souscrivent,
3. et le Japon exporte plus qu'il n'importe (sa balance commerciale est excédentaire).

 

Mais ce très bel équilibre est en train de vaciller car désormais :
1. Les Japonais économisent moins. Leur taux d'épargne est maintenant de l'ordre de 2%, en baisse continue depuis 1992. Ne croyez pas que ce soit parce que les Japonais se sont transformés en cigales dépensières. Simplement, ils vieillissent.
2. Les Japonais vieillissent : en 2030, 30% de la population aura plus de 65 ans. Les fonds de retraite perçoivent de moins en moins de cotisations et doivent verser de plus en plus de rentes.
3. La politique du yen faible fait plonger la balance commerciale dans le rouge. C'est bien beau de vouloir faire plonger sa monnaie mais quand  on n'a pas de pétrole et que les centrales nucléaires sont à l'arrêt, ça finit par coûter cher. Comme il ne vous a pas échappé que la croissance mondiale ralentissait, les gens se jettent moins sur les gadgets de Sony et le marché automobile n'est pas florissant.

 

L'euthanasie des retraités japonais ?
Glissez-vous dans la peau d'un gestionnaire de fonds de retraite japonais. L'objectif affiché de sa banque centrale est 2% d'inflation. Le rendement des obligations japonaises est en dessous de 1%. Comment va-t-il pouvoir
 payer des pensions en étant sûr de perdre de l'argent ? Il doit donc vendre ses obligations.

 

 Il suffit à la banque du Japon d'imprimer encore et 後は野となれ山となれ (après nous le déluge)".

 

Or comment un banquier central fait-il baisser sa monnaie ? Ce ne sont pas des tas de billets qu'il échange mais de la dette souveraine. Il utilise les réserves de changes du pays pour acheter des obligations souveraines étrangères, c'est son Livret A. Ou alors il emprunte auprès de sa population et, avec le cash levé, il achète des obligations souveraines étrangères.

 

Problème : un pays ne peut pas impunément racheter la dette déjà émise, en émettre de  la nouvelle qu'il rachète aussi et acheter de la dette étrangère.

 

Le yen est donc en route vers l'effondrement et c'est pour cela que, récemment, les obligations japonaises ont été plusieurs fois suspendues de la cote. C'est ce qui s'est passé le 5 avril sur le 10 ans japonais : les rendements ont bondi violemment. Le marché a été suspendu de la cotation.

 

Le Japon, premier domino d'un krach obligataire mondial ?
En mai, partout dans le monde, les rendements obligataires sont partis à la hausse parce que les Japonais ont réduit leurs achats d'obligations et que le discours de la Fed commence à inquiéter. En un mois, les taux américains sont passés de 1,60% à 2,23% (le 29 mai). Cela correspond à une baisse de 30% sur la valeur nominale des obligations.

 

Les taux français se sont aussi tendus : . . Le vendredi 29 mai, la Banque centrale européenne mettait en garde contre une résurgence de la crise de la dette et s'alarmait de la forte hausse des créances douteuses.

 

Le Japon est en train de casser le mythe de la création monétaire comme solution à la crise..

coluche, quand je serais grand

 

Comprendre le capitalisme japonais : citoyen actif

 

 

Photo : soyons combattant , soyons révolutionnaire .
la vrais révolutions commence par sois meme .
la révolutions n'est pas un produits de consommation 
#op graffitit #op big brother #evolution #smash capitalism 
#liberté surveillé #changement global

 

la photo de Brigitte Bernard.

 

 
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