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24/08/2013

Wild Thing

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“Wild Thing”, mon histoire du rock

documentaire | On a tous une histoire intime avec le rock. De Little Richard aux White Stripes, le réalisateur Jérôme de Missolz raconte la sienne dans “Wild Thing”, un documentaire sur Arte. Interview express.

Le 19/01/2011 à 00h00 - Mis à jour le 29/03/2012 à 15h29
Propos recueillis par Marc Belpois

Photo : Julien Bourgeois

Pourquoi faire un film sur votre relation avec le rock ?
Quand j'ai eu cinquante ans, j'ai pris conscience que j'avais quasiment l'âge du rock'n'roll, né en 1954 à Memphis. J'ai pensé que ce pouvait être émouvant de réfléchir à la relation entre ma propre existence et la grande histoire du rock. Et de voir comment l'une et l'autre se sont imbriquées, et m'ont fait tenir debout. Le rock, c'est très important dans ma vie ! J'ai commencé à recenser dans un petit carnet les groupes qui m'ont marqué, depuis Time is on my side des Rolling Stones, un 45-tours que mon père m'a offert pour mes dix ans. Au bout du compte, ça faisait une histoire qui menait de Little Richard aux White Stripes.

Votre film s'attarde beaucoup plus sur les années 60 et 70 que sur les décennies suivantes. Faut-il en déduire que de moins en moins de groupes ou d'artistes trouvent grâce à vos oreilles ?

Oui, effectivement… Mais je ne suis pas pour autant un vieux con nostalgique ! Je vais encore voir des concerts et le rock me passionne toujours. Seulement, pour moi, quelque chose s'est perdu dès la fin des Doors. En partie à cause du business, bien sûr, qui a pris sérieusement les choses en main. Des groupes comme Dire Straits se sont imposés, certes magnifiques au niveau du son, mais dénués de cet esprit rock qui prévalait. Prenez Pete Doherty, on s'intéresse moins à sa musique qu'à ses frasques ! C'est comme les Guns N' Roses que j'évoque dans mon doc : dans les années 80-90, ça n'excitait plus personne de voir des mecs saccager des hôtels et se doper pour amuser la galerie. Quel intérêt, quand le buzz créé autour d'un groupe dépasse l'enjeu même de la musique ?

Vous n'avez retenu ni groupes français, ni autres formes artistiques où cet « esprit rock » aurait pu renaître…

Téléphone, Marquis de Sade, Starshooter, c'était pas mal. Mais dans mon imaginaire, ça n'a jamais pris le pas sur les groupes anglo-saxons. Peut-être aussi parce que j'avais déjà trente ans dans ces années-là et qu'on revient toujours sur ce qui nous a fait triper dans nos années d'adolescence. Et moi, forcément, ça reste Captain Beefheart, Soft Machine, The Mothers of Invention, Jim Morrison, Janis Joplin… Par ailleurs, je crois qu'il y a eu une rupture générationnelle importante au début des années 80, au moment du basculement du punk vers la coldwave. Avec l'avènement des machines et du numérique, tout le monde a eu peu à peu accès à toutes les musiques du monde, chacun a pu faire de la musique dans son coin. Effet collatéral, le rock a perdu son côté « résistance à l'ordre dominant ». La contre-culture s'est éclatée dans de petites tribus. Elle est désormais disséminée, atomisée, ce n'est plus un référent générationnel. A l'époque, quand le nouveau Led Zeppelin sortait, des centaines de millions de jeunes à travers le monde se jetaient dessus. Aujourd'hui, quand le nouveau Arcade Fire est dans les bacs, ça ne produit pas le même effet !

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Dimanche 1 septembre 2013 de 05:00 à 05:40 sur Arte (Rediffusion)
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Wild Thing : liste des épisodes

Raw Power - dimanche 01 septembre 2013
That's All Right Mama - dimanche 01 septembre 2013
Wild Thing - samedi 13 avril 2013
Wild Thing - samedi 13 avril 2013
Walk on the Wild Side - mercredi 13 juin 2012
 
 
 

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