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10/09/2013

Centrales Nucléaires : Démantèlement Impossible ?

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La bataille de nos assiettes

Les élus locaux dans le piège nucléaire


Troisième volet de notre enquête sur les décideurs de l'énergie. Ce sont des élus de la République au niveau local, qui représentent un territoire, des citoyens.
Mais pas seulement. Ils sont aussi pris au piège de la rente nucléaire.

 

 



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Centrales nucléaires, démantèlement impossible ?

 De la France aux États-Unis en passant par l'Allemagne, les pays qui ont misé sur l'énergie nucléaire se trouvent aujourd'hui confrontés à un nouveau défi : le démantèlement de leurs centrales vieillissantes ou définitivement mises à l'arrêt. Voici quarante ans, leurs concepteurs n'avaient pas prévu que, devenus trop vieux et donc dangereux, ces réacteurs devraient être un jour démontés, et qu'il faudrait stocker leurs déchets hautement radioactifs. Si les opérateurs et les autorités de la sûreté nucléaire assurent pouvoir maîtriser ce processus de démantèlement, la réalité est toute autre.

 (France, 2013, 68mn)
ARTE F

 Centrales Nucléaires : Démantèlement Impossible ? - YouTube :  

 

géopolitiques,batailles pour l'énergie,lobbing,gaz de schiste,nucléaire,japon,les etats unis,finance,economie,sociétéDes spécialistes de l'énergie ? 

Les élus de collectivités abritant des sites nucléaires sont souvent spécialisés sur les questions énergétiques au niveau de la représentation nationale. Ainsi, ils sont ainsi : président de l’OPECST (Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques), membres de la Commission des affaires économiques qui sera en première ligne sur le projet de loi sur la transition énergétique, ou du groupe d’étude sur l’énergie.

 

En clair, ils sont ceux qui prendront les rênes des débats parlementaires sur la politique énergétique au moment où le projet de loi sur l’énergie arrivera à l’Assemblée nationale puis au Sénat d'ici fin 2013. Leur influence est donc forte sur un texte pour lequel l’exécutif cherchera à obtenir une majorité solide. Si François Hollande décide d'écouter ces députés, de les suivre, cela risque fort de compromettre toute ambition sur la réduction de la part du nucléaire dans la future loi sur l'énergie.

 

Des ambassadeurs ?

Ils sont des ambassadeurs, à double titre : de la majorité au pouvoir au niveau local, et de l'industrie nucléaire implantée sur leur territoire au niveau national. Ils en assurent régulièrement la défense dans les médias, locaux autant que nationaux, avec des arguments qui rappellent ceux des industriels : industrie de pointe, tarifs, emplois ... (voir notre décryptage complet des arguments des industriels du nucléaire)

 

Quelques citations, pour illustration :

Patrice Prat, député-maire de Laudun-l’Ardoise (installations nucléaires de Marcoule et Tricastin) :  "Oui, le nucléaire est une filière d’avenir ! Arnaud Montebourg a exprimé fidèlement la position du président de la République. [...] notre pays ne va pas tourner le dos à cette énergie, sur laquelle il devra pouvoir compter pour fournir aux entreprises et aux ménages, l’énergie la plus sûre et la moins coûteuse possible." le 30 août 2012, en soutien à Arnaud Montebourg

 Christian Bataille, député du Nord (centrale nucléaire de Gravelines), vice-président de l’OPECST :   "L'accord entre le PS et les Verts est désastreux sur le plan industriel et électoral; il ne durera pas" le 29 novembre 2011 dans une interview aux Echos. ou encore : "De nombreux parlementaires, élus de zones industrielles, considèrent qu'il faut privilégier l'industrie et qu'on ne peut pas faire repartir l'économie à coup d'emplois d'avenir." le 2 août 2013 dans une interview au Figaro.

 1 2Leur influence

3 4 Majorité gouvernementale, Parlement, territoires : un réseau d'influence.

Certains élus de collectivités abritant des sites nucléaires ont trois sphères d’influence : la première au sein de la majorité gouvernementale, la seconde au sein du Parlement et enfin la dernière au niveau des territoires. Dans chacune de ces sphères, des élus jouent sur l’équilibre politique pour garantir les intérêts de l’industrie du nucléaire et ainsi maintenir les revenus des collectivités (communes, communautés, départements, régions) auxquels ils doivent leurs sièges (vous découvrirez ces éléments dans la partie concernant leurs intérêts).

À l'échelon national, dès les débuts du programme électronucléaire français, il y a toujours eu des élus du nucléaire devenus ministres défendant l'atome.

Plus proche de nous, Eric Besson, maire de Donzère (centrale du Tricastin), était ministre de l’énergie et de l’industrie pendant le mandat de Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, quatre ministres ancrés dans des territoires vivant du nucléaire œuvrent au gouvernement.

Bernard Cazeneuve est ministre du Budget et ex-maire de Cherbourg (centrale nucléaire de Flamanville, usine nucléaire de la Hague) ; Arnaud Montebourg est ministre de l’Industrie, particulièrement actif sur les questions d’énergie, et ex-président du conseil général de Saône et Loire (usine Areva du Creusot) ; Sylvia Pinel est ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, ex-députée de Valence d’Agen (centrale de Golfech) ; enfin Geneviève Fioraso est ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 1ère vice-présidente de "La Métro" (la Communauté d'Agglomération de Grenoble), et ancienne collaboratrice auprès du CEA de 1989 à 1995.

Le corps des Mines est resté généralement dans l’ombre des gouvernements (voir notre enquête sur les X-Mines), mais certains corpsards préférent la lumière.

 

Alors que le projet de François Hollande est de réduire la part du nucléaire, qui entraînera la fermeture de réacteurs, le nucléaire a de nombreux protecteurs au gouvernement. Le président de la République décidera-t-il de les écouter au détriment des intérêts de la France et de sa transition énergétique ?

La politique énergétique se discute dans de multiples groupes ou commissions à l’Assemblée nationale et au Sénat.

On y retrouve de nombreux élus issus des territoires dépendant économiquement de l’activité nucléaire

 

 

Le secteur du pétrole est rentré en ébullition depuis quelques semaines, alors que les Etats-Unis sont en plein préparatif pour intervenir en Syrie. Il est difficile aujourd'hui de ne pas trouver un analyste financier qui ne ce soit pas reconverti dans l'analyse géopolitique, prédisant si ce n'est le chaos au Moyen-Orient, tout du moins une dégradation sévère de la situation... et une envolée du pétrole. Porte-avions, tomahawk, alliances... les marchés étaient tous disposés à "acheter au son du canon".

L'empressement de Barack Obama à ne pas intervenir s'explique de diverses façons. Il faut d'abord compter avec sa prudence, sa marque de fabrique. Le manque d'assurance sur l'issue politique en cas d'intervention est une deuxième explication. Enfin la désaffection de son principal allié, l'Angleterre, a fini de complexifier une affaire déjà mal engagée.

J'ajouterais une dernière raison, les Etats-Unis ont moins besoin d'intervenir en Syrie.

Il est rare de voir les Etats-Unis se préparer à intervenir au Moyen-Orient sans qu'on leur reproche de vouloir sécuriser leurs approvisionnements en pétrole. Bien entendu, la Syrie ne produit plus de pétrole, mais les combats impliquent tous les pays pétroliers de la région, de l'Arabie Saoudite à l'Iran en passant par l'Irak.

Mon opinion est que le Moyen-Orient n'est plus une priorité parce ce que le pétrole arabe n'en est plus une.

 

 

Le pétrole made in America
Les Américains consomment de moins en moins de pétrole arabe. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les importations de pétrole devraient tomber à 35% de la consommation globale en 2018, contre 51% aujourd'hui. Sur cette période, le Moyen-Orient et l'Amérique latine réduiront ainsi leurs exportations vers les Etats-Unis de 2,1 millions de baril par jour (Mb/j), alors qu'elles augmenteront de 3 Mb/j vers l'Asie.

Le boom des shale oil pourrait permettre aux Etats-Unis d'augmenter leur production locale. D'ici 2018, Washington produira 12 millions de barils par jour, soit l'équivalent de la capacité actuelle de l'Arabie Saoudite.

 les Etats-Unis font actuellement le choix du gaz naturel.

 



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 Dans une étude récente de Natixis, Patrick Artus montre que le modèle énergétique de l'économie américaine est basé sur une dépendance de moins en moins forte vis-à-vis du pétrole et repose de plus en plus sur le la production de gaz de schiste. Les conséquences sont importantes : le prix du gaz naturel étant décorrélé du prix du pétrole, les Etats-Unis redeviennent très compétitifs par rapport au Japon et à l'Europe puisque le relatif faible prix du gaz équivaut à une baisse du coût du travail dans l'industrie de 6% et de 12% vis-à-vis de la zone euro.

 

 

Le virage gazier de Barack Obama
Vous vous souvenez de la première élection de Barack Obama en 2008 ? Au-delà du symbole pour les minorités américaines qu'avait représenté son élection, il avait également porté un élan autour d'un nouveau mix énergétique. Elu en pleine tempête financière, il avait porté les énergies renouvelables au pinacle. Elles étaient les nouveau relais de croissance, et la clef pour lutter contre le changement climatique.

Quatre ans après, Barack Obama ne jure que par le gaz de schiste. Lors de sa deuxième élection, le président américain s'était transformé en VRP de ces gaz. Et on comprend les raisons de ce renversement en faveur d'une énergie fossile. Ils espèrent avec Le gaz des schiste la création de "de 400 000 à 650 000 emplois selon les estimations", et le président à parle de 600 000 nouveaux emplois créés d'ici 2020 grâce au gaz de schiste. Les retombées pour propriétaire ( et dans une moindre mesure pour les ménages ) en termes de pouvoir d'achat sont également très importantes.

Le gaz va-t-il entrer en concurrence avec le pétrole ?
Pour l'instant, c'est le charbon qui est laminé par le gaz de schiste. La concurrence faite au charbon est soutenue par l'Etat, puisque l'EPA, l'agence de l'environnement américaine, a imposé des limites d'émissions de CO2 aux centrales thermiques. Les nouvelles centrales au charbon sont fortement pénalisées face aux centrales au gaz.

Toutefois, il n'est pas impossible de voir le gaz concurrencer le pétrole, du moins dans des marchés de niche comme les flottes de véhicules. Si la révolution du pétrole de schiste va augmenter les réserves américaines en pétrole, la baisse des prix de l'essence va être moindre que celle sur le marché du gaz, car le gaz s'échange sur un marché régional. .

Comme l'a expliqué récemment le
Wall Street Journal, la politique énergétique d'Obama pourrait encore évoluer dans les prochains mois. Si la conversion augaz de schiste d'Obama a été "le fruit en partie d'un calcul politique, il est possible de voir le président américain soutenir à nouveau les énergies renouvelables une fois éloignées les prochaines échéances électorales.."

 

Sur mon blog

REFLEXIONS SUR LA DEMOCRATIE, une conférence de Bakounine, Quoi encore, la Syrie ?, Une reprise en trompe l'oeil , L'eau, source de la discorde ?, Emballement climatique, le changement dans la..., coluche, quand je serais grand,

Sur L'Indigné Révolté

Gasland , Grand centrale : nucléaire mon amour , Quoi encore, la Syrie ? , Message caché des films " d'horreurs ou d'épouvantes" , À bas les chefs ! , "le changement dans la continuité" , coluche, quand je serais grand , Le dessous des cartes - SYRIE : LES IMPLICATIONS ... , Le sable - Enquête sur une disparition , La guerre de Syrie fait tache d'huile , LA MALÉDICTION DU GAZ DE SCHISTE , Le mystère de la disparition des abeilles , Batailles pour l'énergie , Le dessous des cartes - Mondialisation , Irak, l'ombre de la guerre , Planète alu , La crise. Quelle crise ? , Créer des problème, puis offrir des solutions , La bataille de nos assiettes , Histoire de la géopolitique au Moyen Orient

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Mutations (Slugs) - Une série B réjouissante !

 

 

 

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