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15/11/2013

la restructuration du capitalisme

 


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Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée. Mais ce système est lui-même à bout de souffle, comme le montre la crise qui a commencé en 2007. Le krach de 2008 n’a pu être rattrapé qu’au moyen d’une expansion massive de l’endettement étatique. Le montant de cette dette, désormais impossible à rembourser, est l’expression concrète de cette impasse. La crise de la dette publique en Europe et les perspectives de défaut de la Grèce, désormais bien réelles, en sont la preuve. Ce n’est pas la finance qui est la cause de la crise, la finance est au contraire ce qui a permis à la crise provoquée par la contradiction récurrente du capitalisme d’éclater aussi tard.

 

 

 

Le cas des " Conti : cas d'école des licenciements boursiers " est révélateur d'un système :


En effet, le capitalisme est confronté à une contradiction récurrente: d’un côté, il lui faut diminuer (ou en tout cas limiter) les salaires pour baisser les coûts de production et maintenir les profits. D’un autre, il faut que les consommateurs aient suffisamment de revenu pour acheter les marchandises produites.

 

Real Humans - 100% Humain

Dans un monde proche du nôtre, les hubots (human robots) ressemblent à .

Real Humans - 100% Humain

 

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pasLa grande évasion fiscale cf  Révolutions technologique


  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

Aujourd’hui, la France n’est pas touchée par la crise de la même façon que d’autres pays européens comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, etc. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera pas mais, pour l’instant, les mesures d’austérité n’ont pas divisé les salaires par deux et les coupes budgétaires n’empêchent pas l’Etat de maintenir encore une certaine protection sociale (sécurité sociale, allocations familiales et de chômage, revenu minimum, aide au logement..) de la population.

 

 

Rappelons tout d’abord que la France fait partie des dix premières puissances économiques mondiales.Qu’elle a été un des pays fondateurs de l’Union Européenne et de la zone Euro et qu’elle a largement bénéficié du Marché Commun Européen. Qu’elle fut également un empire colonial dont l’héritage lui profite encore aujourd’hui. En gros, elle a une place privilégiée sur l’échiquier économique mondial.

 

Néanmoins la France n’est pas le village d’Astérix et elle n’a pas échappé à la crise générale du capital et aux processus de restructuration qu’elle entraîne depuis les années 70. Des entreprises sont délocalisées, d’autres réduisent leurs effectifs ou ferment leurs portes, 9,5% de la population active (déclarée) est au chômage en fin 2011, le coût de la vie augmente bien plus vite que les salaires et les aides et revenus indirects provenant des avantages sociaux que l’Etat-providence avait mis en place se rétrécissent progressivement, mettant à mal le compromis fordiste.

 

Des entreprises publiques sont privatisées et les services publics gérés de plus en plus en tant que centres de profit.

 

 

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La France a profité de la croissance générale entre 1945 et 1973. Ses entreprises ont prospéré durant « les trente glorieuses » grâce à un prolétariat à la productivité optimale, formé et maintenu en bonne santé par un Etat-providence fort, avec un niveau de vie en hausse régulière.

  

Du coup, depuis les années 80, les luttes deviennent de plus en plus défensives : on ne se bat plus guère pour une augmentation de salaire mais pour conserver son travail, son niveau de vie, obtenir de meilleures conditions de licenciement. Écrit par : L'Indigné Révolté | vendredi, 15 novembre 2013 , Serge Halimi – Le Grand Bond en Arrière [HD] – YouTube

 

 

quand tout va bien, les entreprises dépensent plus d'argent pour faire toutes la même chose. Mais quand les temps sont durs, elles se recentrent sur l'innovation pour devenir plus grandes, plus efficaces, plus productives... plus ingénieuses... car c'est ainsi qu'elles peuvent survivre.

Vers quoi dirigent-elles cet argent en ces temps de crises ?

 

Smartphone, réseaux sociaux, panneaux solaires... autant d'innovations qui ont échappé à la France ces dernières années. Et depuis que Nokia a été racheté par Microsoft, c'est toute l'Europe qui commence à douter de sa compétitivité sur certains segments stratégiques. Depuis que la stratégie de Lisbonne de 2000, censée réindustrialiser l'Europe, s'est échouée sur les rives du nationalisme économique et des faméliques budgets de recherche, l'Europe est à la dérive.

 

 

Pour relancer " son économie, calmer le mécontentement social ( des travailleurs) et fiscal ( des patrons) , la France joue le protectionisme, voir le nationalisme en mettant des plans de relance et favoriser les produits " cocq Français

 

samedi, 12 octobre 2013

Les recettes de Culbuto Bonus

Le pâté de redressement productif

 

1. Passer au hachoir votre plein rien et votre absence de tout.

2. Ajouter à ces petites choses broyées, la mesurette de suffisance passée au pilon, les feuilles de balivernes, la peau de zébi, les nèfles, le frifrelin et la bricole et arroser copieusement de blabla et de gnognotte. Bien mélanger le tout. 

3. Verser le mélange dans une petite terrine à pléthore grasse. Déposer sur le dessus une branche de vanité et l’enfoncer légèrement dans la préparation.

4. Epicer : deux belles poignées de grande-gueule, un doigt d'honneur et saupoudrer d'entubage glace.

5. Préchauffer la Presse officielle à température d'admiration ( 37.9°).

6. Déposer la terrine, sans son couvercle, dans un plat à andouilles de telle sorte qu'elle soit immergée au 1/3 de sa hauteur environ.

7. Enfourner dans le four à "média". lorsque la terrine de rien est dorée, la recouvrir de son couvercle éteignoir. Quand l'opération est réussie sortir la terrine du four et la laisser refroidir.

8. A la dégustation, accompagner d'applaudisssements nourris ( sous la mère ).

Mon petit truc... Je vous conseille de laisser moisir la terrine. Elle prendra de belles teintes et son fumet gagnera en vigueur.

Pour illustrer la recette de Culbuto Bonus, une ancienne nature morte où trône un banal pâté, comme vous et moi, accompagné d'une dinde en tourte et en supplément.

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Pieter Claesz, 1627

 

La France a décidé de réagir en lançant coup sur coup deux plans de réindustrialisation à marche forcée. Ils sont tous les deux portés par deux "personnalités", Arnaud Montebourg et Anne Lauvergeon. Toutefois, la sélection des secteurs fait déjà polémique. Les fonds annoncés sont-ils des aides pour faire émerger les pépites de demain où des subventions à des secteurs en perte de vitesse ? Il n'en reste pas moins que plusieurs de ces secteurs sont attirants.

 

 

Anne Lauvergeon se concentre...
Missionnée par François Hollande, l'ancienne dirigeante d'Areva a conduit les travaux de la commission Innovation 2030 chargée de sélectionner les secteurs sur lequel l'Etat devait tout simplement soutenir financièrement.

Ce sont des secteurs sur lesquels la France pourrait avoir un avantage majeur à l'horizon 2030. Ainsi, on a découvert que l'Hexagone était déjà bien positionné sur le secteur du stockage d'énergie, du recyclage des matières premières -- dont les métaux rares --, de la valorisation des richesses marines (métaux et dessalement de l'eau de mer), des protéines végétales et la chimie du végétal, de la médecine individualisée, de l'innovation au service de la longévité et de la valorisation des données sur le Big Data.

Il faut reconnaître que beaucoup de monde a dû découvrir l'implication de la France dans ces sujets. Et plus encore, que Paris pourrait être leader sur ces marchés en 2030. Un des sujets les plus passionnants concerne l'exploitation minière sous-marine.

Technip, leader en 2030 de l'exploitation minière sous-marine
Les tensions sur les métaux observés dans les années 2000, et qui se sont prolongées dans les années 2010, ont incité les pays possédant des ZEE, des Zones économiques exclusives, à prospecter leurs fonds marins. Or la France possède la deuxième ZEE au monde. Et l'IFREMER, institut chargé d'étudier et d'aider à exploiter les richesses marines du pays, explore ces fonds depuis les années 1970.

C'est cette antériorité qui explique que la France est aujourd'hui parmi les deux ou trois pays à mener un projet de "minière sous-marine", notamment au large de Wallis et Futuna et dans l'Atlantique nord. Ses industriels sont d'abord Technip, leader du parapétrolier qui a bien l'intention de se diversifier dans la mine, et le mineur Eramet.

C'est par eux que la France s'imposera sur ce secteur de plus en plus compétitif. Pour vous donner une idée de l'intérêt du secteur, la Russie et la Chine font partie des plus importants investisseurs.

Le Plan Arnaud Montebourg est-il complémentaire ?
Le plan d'Arnaud Montebourg, dont les détails devraient être connus à Noël, a lui aussi essayé de faire rêver avec ses innovations, en parlant de l'avion électrique ou des satellites à propulsion électrique. Au total, 34 Plans industriels ont été dévoilés, qui devront se partager un butin de 3,75 milliards d'euros. Mais autant le rapport d'Anne Lauvergeon a essayé de prendre en compte les aspirations aussi bien économiques que sociales de la société, autant le plan présenté par Arnaud Montebourg est resté sur l'industrie pure et s'est appuyé sur les grandes entreprises. Résultat, on ne découvre pas totalement les secteurs présentés, même si leur grand nombre renferme forcément des surprises.

Le projet de créer une voiture sans pilote ou un moteur automobile qui ne consomme que deux litres aux 100 kilomètres sera porté par Renault, celui de bateau écologique par STX Europe, le TGV du futur par Alstom. Peu de place est laissée aux petites PME ou aux start-up, qui bénéficieront de ce plan grâce aux effets de ruissellement à partir des grands industriels. Pourquoi pas.

Nombre d'observateurs ont surtout craint que les deux plans n'entrent en compétition. Cependant un peu de concurrence ne serait pas malvenue. Surtout, il semble que les responsables des deux plans aient fait attention à les rendre avant tout "complémentaires", comme Anne Lauvergeon et Arnaud Montebourg l'ont tout de suite rappelé. Je vois personnellement une innovation développée par la commission Innovation et dont les Plans industriels bénéficieront, le stockage d'énergie.

Le stockage d'énergie, le Graal pour tous
Il existe peu de secteurs qui méritent autant l'appellation de "clé de voûte" de l'industrie que le stockage. En effet, le stockage de l'énergie est la condition sine qua non au décollage des énergies vertes dans le monde. En réussissant à stocker l'énergie électrique, les pays peuvent consommer l'électricité éolienne les jours sans vent, consommer l'électricité solaire au milieu de la nuit et faire rouler des voitures 100% électrique. Mais le stockage est aussi la clé de voûte des projets de TGV vert, ou de satellite à propulsion électrique. Il est probable que le succès des réseaux de voitures électriques à Paris, Autolib', ainsi qu'à Lyon, avec Sunmoov' et Bluely, ont permis de rendre sensible le potentiel de ce marché.

La France est déjà bien positionnée dans la R&D sur le secteur, grâce au CEA Liten (Laboratoire d'Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et des Nanomatériaux), spécialisé notamment sur le stockage d'énergie. C'est d'ailleurs Florence Lambert du CEA Liten qui a pris la tête du groupe "autonomie et puissance des batteries" du plan du ministère de Montebourg.

 

« Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté.

 

 

 

Concrètement aujourd’hui les États n’ont le choix qu’entre deux politiques : austérité draconienne ou création monétaire, c’est-à-dire recours à la planche à billets. La première mène à la récession violente, la seconde à l’explosion d’une inflation incontrôlable.

 

Le problème que je vois, c'est qu'autant l'Etat a un rôle à jouer dans le financement de la recherche, et plus la recherche est fondamentale plus son rôle est grand, autant il ne peut pas se substituer au désir d'investissement des entreprises. Pourquoi ces sociétés n'investissent-elles pas, si elles partagent le diagnostic des deux fonctionnaires que ces marchés vont bientôt décoller ? Par manque de fonds ? Le gouvernement de François Hollande s'est chargé de donner des marges de financement aux industriels avec le CICE notamment. Par manque de crédits de la part des banques ? Le resserrement du crédit depuis cinq ans est avéré. Mais Renault ou Airbus ont-ils vraiment besoin des besoins de financement ?

Les modalités d'aides doivent encore être dévoilées. Si le choix des secteurs est intéressant, l'importance du soutien de l'Etat reste à démontrer. Rendez-vous en 2030.

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

 

 

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

 

Posted in Texts | Tagged Crise, finance, lutte des classes, Paris, Pourquoi parler de crise ?, RISC | Leave a comment

Sources

RISC – Revue Internationale Sur la Crise | Paris :

revue risc | Tant qu'il y aura de l'argent ...

André Gorz

 

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

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