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26/11/2013

la guerre contre les bactéries

Les outils de lutte contre les bactéries mis au point au 20ème siècle ne sont pas parfaits. Contrairement, par exemple, à une cancérothérapie, les antibiotiques ont une durée de vie limitée. Une thérapie contre le cancer mise au point il y a 50 ans est encore efficace aujourd'hui. Au contraire, un antibiotique peut devenir inefficace avec le temps, en particulier si on l'utilise mal. Très tôt, Alexander Fleming avait souligné ce problème épineux dans son discours de réception du Prix Nobel :

"Il n'est pas difficile de rendre les microbes résistants à la pénicilline en laboratoire en les exposant à des concentrations insuffisantes pour les tuer ; la même chose peut parfois avoir lieu dans le corps".

"Le jour viendra peut-être où n'importe qui pourra acheter de la pénicilline. Le danger sera alors que l'homme ignorant puisse facilement se sous-doser et en exposant ses microbes à des quantités non létales du médicament, et les rende résistants".

C'est presque exactement ce qui est arrivé. Prescrire trop d'antibiotiques à des gens qui n'en avaient pas besoin, et terminer son traitement trop tôt, tout ceci a permis à des bactéries mortelles de développer une résistance. Utiliser des quantités massives d'antibiotiques lors d'opérations agricoles n'a pas non plus aidé. Cette pratique a tracé un boulevard par lequel les bactéries ont pu augmenter leur résistance.

Le résultat de tout cela est que, hélas, beaucoup d'anciens antibiotiques sont de moins en moins efficaces. Les bactéries se sont adaptées. Lorsqu'une bactérie est exposée à un antibiotique, elle peut évoluer, modifiant ses gènes pour favoriser sa résistance. Une façon pour les bactéries de devenir résistantes est de développer des mécanismes pour expulser les molécules de l'antibiotique avant que celles-ci ne puissent les tuer. Pire, elles peuvent partager leurs gènes de résistance entre elles.

Des antibiotiques moins efficaces... et plus rares
Ce n'est pas tout. On a de moins en moins de nouveaux antibiotiques pouvant réapprovisionner le pouvoir déclinant des plus anciens et pour combattre la menace apparue ces dernières décennies. A une époque, l'industrie pharmaceutique mettait au point des dizaines de nouveaux antibiotiques qui pouvaient travailler contre les bactéries résistantes.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Plus inquiétant, même nos dernières lignes de défense, les antibiotiques de dernier recours, commencent à perdre de leur efficacité contre les nouvelles souches bactériennes résistantes qui viennent d'apparaître.

Il ne faut pas se leurrer, après les formidables avancées dans le domaine des antibiotiques au milieu du 20ème siècle, nous commençons à perdre la bataille.

Les rapports sont très mauvais. Ces nouvelles souches tuent un nombre croissant de personnes dans les hôpitaux. Selon les Centres américains pour le contrôle et pour la prévention des maladies (CDC), au moins deux millions de personnes par an sont infectées par des souches résistantes et au moins 23 000 en meurent.

Tous les ans, 250 000 personnes sont hospitalisées pour infection par le clostridium difficile, et 14 000 en meurent. Rien qu'une variété, les staphylocoques dorés résistants à la méthicilline (SARM), tuent plus d'Américains tous les ans que les actions cumulées du VIH, de la maladie de Parkinson, de l'emphysème et des homicides tous ensemble.

Une nouvelle crise sanitaire
Encore plus effrayant, on commence à trouver ces variétés résistantes hors de nos hôpitaux à des taux alarmants. En fait, un patient hospitalisé sur 20 risque de contracter une infection nosocomiale et le pourcentage d'infections multi-résistantes continue d'augmenter.

Le poids financier des bactéries résistantes est lourd ; il est source d'un surplus de 20 milliards de dollars des coûts de santé et de 35 milliards de dollars de productivité perdue selon les CDC. D'autres estimations sont même plus hautes.

En outre, avec la mondialisation, les bactéries résistantes peuvent se propager à travers la planète en peu de temps. Par exemple, une nouvelle variété résistante qui apparaît en Chine peut se retrouver à New York en quelques jours, transportée par un vol international.

Clairement, nous sommes dans les premiers temps d'une crise sanitaire. Les législateurs et les régulateurs sont aujourd'hui conscients du grand besoin de nouveaux antibiotiques et prennent des mesures pour faciliter leur développement. L'année dernière, le président Obama a signé le projet GAIN Act. Ce texte encourage la mise au point de nouveaux antibiotiques, prévoit de prolonger la durée des brevets et d'accélérer la procédure d'enregistrement auprès de la FDA

16/11/2013

Et si la France renonçait à accueillir la conférence climat de 2015 au profit des Philippines ?

Bonsoir

 

Après l'abandon de la taxe carbone, l'écologie fait les frais de la " crise" et de la réduction des budgets.

 

Comme vous le savez, une nouvelle conférence sur le climat de l'ONU a débuté ce lundi à Varsovie, au lendemain du dévastateur typhon Haiyan qui a dévasté certaines régions des Philippines. Le négociateur philippin s'est mis en grève de la faim jusqu'à ce qu'il y ait des "avancées significatives". Ce qui m'a amené à rédiger la tribune suivante sur Médiapart (en accès libre) :

Et si la France renonçait à accueillir la conférence climat de 2015 au profit des Philippines ?

Comme le dit Walden Bello (texte référencé dans l'article), il faut encourager les pays "en première ligne" des dérèglements climatiques à s'allier et utiliser des "tactiques non orthodoxes", les seules en mesure de faire dérailler le train-train des négociations pour changer de voie...

N'hésitez pas à diffuser si vous le jugez utile.

 

Incapable de mettre en œuvre une véritable transition écologique, le gouvernement français devrait retirer sa candidature pour organiser la COP21 en 2015 au profit des Philippines dont le négociateur en chef vient de se mettre en grève de la faim à Varsovie, exigeant des avancées significatives.

Le délégué des Philippines, en pleurs

« Plus de retards, plus d'excuses » ! Ainsi s'était exprimé Yeb Saño, négociateur en chef philippin en décembre 2012 lors de la COP18 à Doha (Qatar) alors que le super typhon Bopha avait frappé les Philippines sur l'île de Mindanao. Plusieurs centaines de morts et de sans-abris. Déjà. Les pleurs de ce diplomate de haut rang n'avaient alors suscité guère plus que quelques messages d'empathie polis, marquant le mépris des pays industrialisés pour le sort des populations pauvres les plus exposées aux effets des dérèglements climatiques. Un an plus tard, rien n'a changé.

La COP19 de Varsovie (Pologne) a tout juste débuté que Yeb Saño a annoncé débuter une grève de la faim qu'il fera perdurer jusqu'à ce qu'il juge qu'un « résultat significatif soit en vue, jusqu'à ce que des engagements concrets aient été pris ». « Nous ne pouvons pas rester assis et impuissants à regarder l'impasse climatique internationale, il est temps d'agir ! », invitant ceux qui nient le réchauffement climatique à « sortir de leur tour d'ivoire » et « visiter son pays », durement touché par le typhon Haiyan.

« Nous pouvons arrêter cette folie » a-t-il conclu après avoir exigé de véritables réductions d'émissions de gaz à effet de serre et des moyens financiers pour aider les populations pauvres à faire face aux dévastations climatiques. « Chaque saison des typhons nous coûte 2 % de PIB, la reconstruction autant, soit presque 5 % de notre économie qui disparaît chaque année » disait-il en 2012, ajoutant que son pays n'avait pas reçu « de financements climat pour se préparer et s'adapter à ces typhons et phénomènes climatiques extrêmes nouveaux ».

Tout en apportant son soutien au négociateur philippin, Pablo Solon, ancien ambassadeur de la Bolivie à l'ONU, a affirmé que « seule l'action peut briser l'inaction et l'inertie des négociations ». Doutant que « les négociateurs présents à Varsovie se saisissent de l'occasion », Walden Bello, député et intellectuel philippin, considère que les Etats-Unis, avec un « Obama qui n'a pas le courage de défier les fanatiques "climato-sceptiques" du Tea Party et du Business » et la Chine, dont « le développement industriel intensif en carbone ne semble pas négociable », vont bloquer toute avancée.

Pour Walden Bello, les pays « en première ligne » des dérèglements climatiques, comme les Philippines, doivent constituer une nouvelle alliance pour « pousser tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre à accepter de se soumettre à des réductions d'émissions radicales et immédiates, sans attendre 2020 », comme le prévoit le calendrier de négociations. Préconisant des « tactiques non orthodoxes » comme le fait « d'interrompre les processus de négociations pour empêcher de retomber dans l'opposition habituelle entre le Nord riche et le Groupe des 77 plus Chine », « une configuration qui garantit une impasse politique », Walden Bello se range du côté de ceux qui pensent que le train-train des négociations doit dérailler pour espérer changer de voie.

Les sponsors pollueurs de la COP19 !

Les sponsors pollueurs de la COP19 !

A observer la mainmise des plus grands pollueurs sur la COP19 de Varsovie, les politiques régressives de l'Union européenne et l'inertie criminelle des négociations, on ne lui donnera pas tort. Ainsi l'Union européenne a laissé la Pologne organiser cette conférence en partenariat avec quelques-unes des entreprises les plus polluantes de la planète, comme BMW, ArcelorMittal, Alstom ou Emirates, ces dernières obtenant une place de choix au cœur même des négociations. Au point que le gouvernement polonais coorganise un forum mondial sur le charbon et le climat pour promouvoir « le charbon propre », et PGE, son « joyau industriel » en la matière.

A l'heure où sont écrites ces lignes, la commissaire au climat de l'Union Européenne, Connie Hedegaard, n'a toujours pas daigné s'exprimer sur la situation aux Philippines et sur les implications que cela devrait avoir sur le cours de négociations. Sans doute trop heureuse d'avoir obtenu en fin de semaine que le Conseil européen appuie sa proposition de 'backloading' (1) qui ne corrigera aucunement la dangereuse inefficacité du marché carbone européen. Dans les couloirs de la Commission européenne, on en est même à proposer l'abandon de tout objectif d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables d'ici 2030, pour mettre sur la table un piteux objectif de 30 % de réduction d'émissions. En totale contradiction avec l'objectif de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d'ici la fin du siècle.

 

A écouter le négociateur en chef de la délégation française, on se rend compte que le sursaut ne viendra pas de ce côté-là non plus. Comment pourrait-il en être autrement alors que le gouvernement français est incapable d'introduire une fiscalité écologique juste et efficace et alors qu'il a repoussé la loi sur la transition énergétique aux calendes grecques ? Avec un premier ministre promoteur d'un aéroport suranné et insoutenable, des banques climaticides et une industrie pétrolière parmi les plus néfastes de la planète, François Hollande serait honoré de reconnaître son incapacité à mettre en œuvre une véritable transition écologique en France et en Europe.

Plutôt que d'envoyer Laurent Fabius, Pascal Canfin et Philippe Martin (trois ministres!) à Varsovie pour de nouvelles déclarations dépourvues de cohérence nationale, François Hollande ferait donc mieux de remettre les clefs de la COP21 de 2015 aux Philippines.

Histoire que les pays en première ligne des dérèglement climatiques fassent dérailler le train-train des négociations et ouvrent une nouvelle voie.

Maxime Combes, membre d'Attac France et de l'Aitec, engagé dans le projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org)

 

(1) Cette proposition vise à décaler la mise aux enchères de 900 millions de quotas d'émission de CO2 lors de la phase III (2013-2020) du marché carbone européen.

 

15/11/2013

la restructuration du capitalisme

 


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Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée. Mais ce système est lui-même à bout de souffle, comme le montre la crise qui a commencé en 2007. Le krach de 2008 n’a pu être rattrapé qu’au moyen d’une expansion massive de l’endettement étatique. Le montant de cette dette, désormais impossible à rembourser, est l’expression concrète de cette impasse. La crise de la dette publique en Europe et les perspectives de défaut de la Grèce, désormais bien réelles, en sont la preuve. Ce n’est pas la finance qui est la cause de la crise, la finance est au contraire ce qui a permis à la crise provoquée par la contradiction récurrente du capitalisme d’éclater aussi tard.

 

 

 

Le cas des " Conti : cas d'école des licenciements boursiers " est révélateur d'un système :


En effet, le capitalisme est confronté à une contradiction récurrente: d’un côté, il lui faut diminuer (ou en tout cas limiter) les salaires pour baisser les coûts de production et maintenir les profits. D’un autre, il faut que les consommateurs aient suffisamment de revenu pour acheter les marchandises produites.

 

Real Humans - 100% Humain

Dans un monde proche du nôtre, les hubots (human robots) ressemblent à .

Real Humans - 100% Humain

 

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pasLa grande évasion fiscale cf  Révolutions technologique


  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

Aujourd’hui, la France n’est pas touchée par la crise de la même façon que d’autres pays européens comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, etc. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera pas mais, pour l’instant, les mesures d’austérité n’ont pas divisé les salaires par deux et les coupes budgétaires n’empêchent pas l’Etat de maintenir encore une certaine protection sociale (sécurité sociale, allocations familiales et de chômage, revenu minimum, aide au logement..) de la population.

 

 

Rappelons tout d’abord que la France fait partie des dix premières puissances économiques mondiales.Qu’elle a été un des pays fondateurs de l’Union Européenne et de la zone Euro et qu’elle a largement bénéficié du Marché Commun Européen. Qu’elle fut également un empire colonial dont l’héritage lui profite encore aujourd’hui. En gros, elle a une place privilégiée sur l’échiquier économique mondial.

 

Néanmoins la France n’est pas le village d’Astérix et elle n’a pas échappé à la crise générale du capital et aux processus de restructuration qu’elle entraîne depuis les années 70. Des entreprises sont délocalisées, d’autres réduisent leurs effectifs ou ferment leurs portes, 9,5% de la population active (déclarée) est au chômage en fin 2011, le coût de la vie augmente bien plus vite que les salaires et les aides et revenus indirects provenant des avantages sociaux que l’Etat-providence avait mis en place se rétrécissent progressivement, mettant à mal le compromis fordiste.

 

Des entreprises publiques sont privatisées et les services publics gérés de plus en plus en tant que centres de profit.

 

 

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La France a profité de la croissance générale entre 1945 et 1973. Ses entreprises ont prospéré durant « les trente glorieuses » grâce à un prolétariat à la productivité optimale, formé et maintenu en bonne santé par un Etat-providence fort, avec un niveau de vie en hausse régulière.

  

Du coup, depuis les années 80, les luttes deviennent de plus en plus défensives : on ne se bat plus guère pour une augmentation de salaire mais pour conserver son travail, son niveau de vie, obtenir de meilleures conditions de licenciement. Écrit par : L'Indigné Révolté | vendredi, 15 novembre 2013 , Serge Halimi – Le Grand Bond en Arrière [HD] – YouTube

 

 

quand tout va bien, les entreprises dépensent plus d'argent pour faire toutes la même chose. Mais quand les temps sont durs, elles se recentrent sur l'innovation pour devenir plus grandes, plus efficaces, plus productives... plus ingénieuses... car c'est ainsi qu'elles peuvent survivre.

Vers quoi dirigent-elles cet argent en ces temps de crises ?

 

Smartphone, réseaux sociaux, panneaux solaires... autant d'innovations qui ont échappé à la France ces dernières années. Et depuis que Nokia a été racheté par Microsoft, c'est toute l'Europe qui commence à douter de sa compétitivité sur certains segments stratégiques. Depuis que la stratégie de Lisbonne de 2000, censée réindustrialiser l'Europe, s'est échouée sur les rives du nationalisme économique et des faméliques budgets de recherche, l'Europe est à la dérive.

 

 

Pour relancer " son économie, calmer le mécontentement social ( des travailleurs) et fiscal ( des patrons) , la France joue le protectionisme, voir le nationalisme en mettant des plans de relance et favoriser les produits " cocq Français

 

samedi, 12 octobre 2013

Les recettes de Culbuto Bonus

Le pâté de redressement productif

 

1. Passer au hachoir votre plein rien et votre absence de tout.

2. Ajouter à ces petites choses broyées, la mesurette de suffisance passée au pilon, les feuilles de balivernes, la peau de zébi, les nèfles, le frifrelin et la bricole et arroser copieusement de blabla et de gnognotte. Bien mélanger le tout. 

3. Verser le mélange dans une petite terrine à pléthore grasse. Déposer sur le dessus une branche de vanité et l’enfoncer légèrement dans la préparation.

4. Epicer : deux belles poignées de grande-gueule, un doigt d'honneur et saupoudrer d'entubage glace.

5. Préchauffer la Presse officielle à température d'admiration ( 37.9°).

6. Déposer la terrine, sans son couvercle, dans un plat à andouilles de telle sorte qu'elle soit immergée au 1/3 de sa hauteur environ.

7. Enfourner dans le four à "média". lorsque la terrine de rien est dorée, la recouvrir de son couvercle éteignoir. Quand l'opération est réussie sortir la terrine du four et la laisser refroidir.

8. A la dégustation, accompagner d'applaudisssements nourris ( sous la mère ).

Mon petit truc... Je vous conseille de laisser moisir la terrine. Elle prendra de belles teintes et son fumet gagnera en vigueur.

Pour illustrer la recette de Culbuto Bonus, une ancienne nature morte où trône un banal pâté, comme vous et moi, accompagné d'une dinde en tourte et en supplément.

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Pieter Claesz, 1627

 

La France a décidé de réagir en lançant coup sur coup deux plans de réindustrialisation à marche forcée. Ils sont tous les deux portés par deux "personnalités", Arnaud Montebourg et Anne Lauvergeon. Toutefois, la sélection des secteurs fait déjà polémique. Les fonds annoncés sont-ils des aides pour faire émerger les pépites de demain où des subventions à des secteurs en perte de vitesse ? Il n'en reste pas moins que plusieurs de ces secteurs sont attirants.

 

 

Anne Lauvergeon se concentre...
Missionnée par François Hollande, l'ancienne dirigeante d'Areva a conduit les travaux de la commission Innovation 2030 chargée de sélectionner les secteurs sur lequel l'Etat devait tout simplement soutenir financièrement.

Ce sont des secteurs sur lesquels la France pourrait avoir un avantage majeur à l'horizon 2030. Ainsi, on a découvert que l'Hexagone était déjà bien positionné sur le secteur du stockage d'énergie, du recyclage des matières premières -- dont les métaux rares --, de la valorisation des richesses marines (métaux et dessalement de l'eau de mer), des protéines végétales et la chimie du végétal, de la médecine individualisée, de l'innovation au service de la longévité et de la valorisation des données sur le Big Data.

Il faut reconnaître que beaucoup de monde a dû découvrir l'implication de la France dans ces sujets. Et plus encore, que Paris pourrait être leader sur ces marchés en 2030. Un des sujets les plus passionnants concerne l'exploitation minière sous-marine.

Technip, leader en 2030 de l'exploitation minière sous-marine
Les tensions sur les métaux observés dans les années 2000, et qui se sont prolongées dans les années 2010, ont incité les pays possédant des ZEE, des Zones économiques exclusives, à prospecter leurs fonds marins. Or la France possède la deuxième ZEE au monde. Et l'IFREMER, institut chargé d'étudier et d'aider à exploiter les richesses marines du pays, explore ces fonds depuis les années 1970.

C'est cette antériorité qui explique que la France est aujourd'hui parmi les deux ou trois pays à mener un projet de "minière sous-marine", notamment au large de Wallis et Futuna et dans l'Atlantique nord. Ses industriels sont d'abord Technip, leader du parapétrolier qui a bien l'intention de se diversifier dans la mine, et le mineur Eramet.

C'est par eux que la France s'imposera sur ce secteur de plus en plus compétitif. Pour vous donner une idée de l'intérêt du secteur, la Russie et la Chine font partie des plus importants investisseurs.

Le Plan Arnaud Montebourg est-il complémentaire ?
Le plan d'Arnaud Montebourg, dont les détails devraient être connus à Noël, a lui aussi essayé de faire rêver avec ses innovations, en parlant de l'avion électrique ou des satellites à propulsion électrique. Au total, 34 Plans industriels ont été dévoilés, qui devront se partager un butin de 3,75 milliards d'euros. Mais autant le rapport d'Anne Lauvergeon a essayé de prendre en compte les aspirations aussi bien économiques que sociales de la société, autant le plan présenté par Arnaud Montebourg est resté sur l'industrie pure et s'est appuyé sur les grandes entreprises. Résultat, on ne découvre pas totalement les secteurs présentés, même si leur grand nombre renferme forcément des surprises.

Le projet de créer une voiture sans pilote ou un moteur automobile qui ne consomme que deux litres aux 100 kilomètres sera porté par Renault, celui de bateau écologique par STX Europe, le TGV du futur par Alstom. Peu de place est laissée aux petites PME ou aux start-up, qui bénéficieront de ce plan grâce aux effets de ruissellement à partir des grands industriels. Pourquoi pas.

Nombre d'observateurs ont surtout craint que les deux plans n'entrent en compétition. Cependant un peu de concurrence ne serait pas malvenue. Surtout, il semble que les responsables des deux plans aient fait attention à les rendre avant tout "complémentaires", comme Anne Lauvergeon et Arnaud Montebourg l'ont tout de suite rappelé. Je vois personnellement une innovation développée par la commission Innovation et dont les Plans industriels bénéficieront, le stockage d'énergie.

Le stockage d'énergie, le Graal pour tous
Il existe peu de secteurs qui méritent autant l'appellation de "clé de voûte" de l'industrie que le stockage. En effet, le stockage de l'énergie est la condition sine qua non au décollage des énergies vertes dans le monde. En réussissant à stocker l'énergie électrique, les pays peuvent consommer l'électricité éolienne les jours sans vent, consommer l'électricité solaire au milieu de la nuit et faire rouler des voitures 100% électrique. Mais le stockage est aussi la clé de voûte des projets de TGV vert, ou de satellite à propulsion électrique. Il est probable que le succès des réseaux de voitures électriques à Paris, Autolib', ainsi qu'à Lyon, avec Sunmoov' et Bluely, ont permis de rendre sensible le potentiel de ce marché.

La France est déjà bien positionnée dans la R&D sur le secteur, grâce au CEA Liten (Laboratoire d'Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et des Nanomatériaux), spécialisé notamment sur le stockage d'énergie. C'est d'ailleurs Florence Lambert du CEA Liten qui a pris la tête du groupe "autonomie et puissance des batteries" du plan du ministère de Montebourg.

 

« Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté.

 

 

 

Concrètement aujourd’hui les États n’ont le choix qu’entre deux politiques : austérité draconienne ou création monétaire, c’est-à-dire recours à la planche à billets. La première mène à la récession violente, la seconde à l’explosion d’une inflation incontrôlable.

 

Le problème que je vois, c'est qu'autant l'Etat a un rôle à jouer dans le financement de la recherche, et plus la recherche est fondamentale plus son rôle est grand, autant il ne peut pas se substituer au désir d'investissement des entreprises. Pourquoi ces sociétés n'investissent-elles pas, si elles partagent le diagnostic des deux fonctionnaires que ces marchés vont bientôt décoller ? Par manque de fonds ? Le gouvernement de François Hollande s'est chargé de donner des marges de financement aux industriels avec le CICE notamment. Par manque de crédits de la part des banques ? Le resserrement du crédit depuis cinq ans est avéré. Mais Renault ou Airbus ont-ils vraiment besoin des besoins de financement ?

Les modalités d'aides doivent encore être dévoilées. Si le choix des secteurs est intéressant, l'importance du soutien de l'Etat reste à démontrer. Rendez-vous en 2030.

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

 

 

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

 

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Sources

RISC – Revue Internationale Sur la Crise | Paris :

revue risc | Tant qu'il y aura de l'argent ...

André Gorz

 

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 
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