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28/02/2014

Sur l'Etat" de Pierre Bourdieu

Propos de Pierre Bourdieu sur l'appareil étatique "À l’évidence, cette double exigence n’est pas soluble dans l’appel à une simple réforme des institutions qui laisserait inchangée la structure même de l’État en tant que « pouvoir placé en apparence au-dessus de la société » (Engels). Elle suppose au contraire un renversement autrement radical de la "manière dont sont conçus les mécanismes de prise et d’exécution des décisions, mettant à l’ordre du jour la délibération et l’intervention populaire à tous les niveaux"

 
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"Sur l'Etat" de Pierre Bourdieu éd. Seuil - Idées - France Culture

 

"Sur l'Etat" de Pierre Bourdieu éd. Seuil - Idées - France Culture

 

Sur l'Etat" de Pierre Bourdieu éd. Seuil

 

 

21.01.2012 - 13:30

Pierre Bourdieu ©Daniel Mordzinski

Invité: Pierre Encrevé, linguiste, Professeur à l'université Paris VIII puis Directeur d'Etudes à l'Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris), spécialiste de phonologie, pragmatique, sociolinguistique et histoire sociale de la linguistique.
Conseiller culturel du Premier Ministre  Michel Rocard de 1988 à 1991, puis du ministre de la culture de 1997 à 2000. Auteur du catalogue raisonné de Pierre Soulages.

Invité(s) :
Pierre Encrevé

Cet ouvrage, le premier de la publication des cours et séminaires de Pierre Bourdieu propose un autre versant de ses recherches sur les illusions d'une pensée d’État dont il discute la validité, et qui tendrait vers la reconnaissance d'un "bien commun" aux diverses catégories sociales qui composent la nation mais qui est de nature conservatrice et tend d'abord à maintenir l'ordre social existant. « Ce que j’essaie de transmettre, c’est une manière de construire la réalité qui permet de voir les faits que, normalement, on ne voit pas », dit-il dans son cours sur l’État.

Cette notion d'un « intérêt collectif bien compris » fait en réalité office de centre de convergence des ambitions et des politiques, se stratifiant dans des luttes d'influence et d’intérêts, car dit-il, « L’État est le nom que nous donnons aux principes cachés, invisibles, de l’ordre social, et en même temps, de la domination à la fois physique et symbolique comme de la violence physique et symbolique »[1]. Pour cela, il utilise des moyens aussi subtils qu'insidieux, ce qu'il traduit par cette formule : « L’ordre social repose sur un "nomos" qui est ratifié par l’inconscient de sorte que, pour l’essentiel, c’est la coercition incorporée qui fait le travail »[2]

Bourdieu et l'État - Savoir/Agir

Commentaires critiques

  • « Disparu en janvier 2002, le sociologue a laissé un héritage discuté mais fécond. La dimension classique de sa pensée s’impose avec la parution de son cours au Collège de France sur l’État, parfaite boîte à outils pour démonter les mécanismes de la domination. » -- JM Durand, Les Inrocks de janvier 2012 --
  • « Alors que commence la publication de ses cours, la critique de l'État par le sociologue Pierre Bourdieu reste d'une urgente actualité. Retour sur la pensée d'un esprit très critique. [...] Bourdieu dynamite les apparences, les illu­sions, déconstruit ce que considérons com­me allant de soi. » -- Juliette Cerf, Télérama du 12 janvier 2012 --

Notes et références

Voir aussi Pierre Bourdieu, « Les modes de domination », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 2,‎ 1976, p. 122-132 (lire en ligne [archive])

  1. Voir Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, « La production de l'idéologie dominante », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 2,‎ 1976 (lire en ligne [archive]), paru aussi in Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante, Raisons d'agir/Demopolis,‎ 2008

Thème(s) : Idées| Sociologie| Pierre Bourdieu

 

25/02/2014

Poutine pour toujours ?

 

Photo

 Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus

Le cauchemar climatisé...   Ce qui est étonnant, avec ces romans antitotalitaires inspirés non seulement par la sauvagerie du fascisme et du stalinisme, mais également par la folie du contrôle total dans les démocraties commerciales, c'est qu'ils continuent d'être remisés au second rayon. En 1953, lorsque Fahrenheit 451 a paru en feuilleton aux Etats-Unis, il faisait pourtant figure de roman très sérieux. Pourquoi cette relégation dans les banlieues de la littérature, dont le seul George Orwell a fini par être extrait ?

 

Jean-Christophe Rufin, Globalia. Gallimard, Paris 2004 ; réédition, Paris: Gallimard, 2005, 499 p. La description de l’économie de Globalia n’est guère précise. On apprend simplement qu’elle est dominée par les monopoles et de ce fait étroitement contrôlée par une poignée de chefs d’entreprises mondiales. L’influence qu’ils exercent collectivement est pratiquement sans limites, au point de déposséder les institutions démocratiques de la réalité du pouvoir. L’abstention lors des consultations électorales est généralisée. Comme l’avoue un député : « Les gens ne se dérangent que pour les élections qui ont un sens » 

 

L'obsession sécuritaire

On a souvent évoqué le contexte du maccarthysme pour éclairer la genèse de Fahrenheit 451. Bradbury n'a jamais confirmé ou infirmé cette hypothèse. En revanche, certaines scènes du film de François Truffaut évoquent de toute évidence les autodafés nazis. Mais, autant que les folies du XXe siècle, ce sont les mutations présentes de la techno-science économique que le roman de Bradbury donne à mieux penser. Le bonheur obligatoire, avec abrutissement télévisé en flux continu, calmants et antidépresseurs, ça ne vous dit rien ? 
 

 

Jean-Christophe Rufin, Globalia. Gallimard, Paris 2004 ; réédition, Paris: Gallimard, 2005, 499 p 

Poutine pour toujours ?

Réalisé en 2014 par Jean-Michel Carré  
 
Date de sortie : 26 février 2014  

 

Les chefs


 

En 2007, «Le Système Poutine», diffusé dans plus de quarante pays, démontait l'inexorable montée au pouvoir de Vladimir Poutine, un obscur sous-lieutenant du KGB. Ce documentaire reprend l'histoire en 2011. Après des élections truquées, Vladimir Poutine est réélu président, pour douze ans peut-être. La répression à l'encontre de ses opposants est immédiate, accompagnée du vote systématique de lois liberticides : la Russie est désormais un Etat totalement asservi aux «services de forces». Poutine est le maître absolu et incontesté de la police, de l'armée et des renseignements. Jean-Michel Carré dresse un état des lieux de la Russie actuelle

Quatorze ans, bon sang ! Quatorze ans qu'il dirige la Russie d'une main de fer, et Poutine tel un tsar sur son trône impérial, semble déterminé à présider son pays pour toujours. Cette perspective révolte une partie de la population qui hurle désormais sa colère et sa soif de changement dans la rue, au risque de prendre des coups. Car Poutine réprime comme jamais - la libération des Poussy Riot et de l'oligarque Khodorkoski n'étant bien entendu que des concessions faite à l'occident pour échapper au boycott des Jeux de Sotchi.

Fort de ses victoires sur la scène internationale, le chef du Kremlin ne joue plus les apprenti démocrate. Il pose aujourd'hui clairement en chef absolu d'une Russie regorgeant de gaz et de pétrole, en gardien de valeurs morales (hautement conservatrices cela va de soi....) qui auraient déserté l'occident dépravé....

 

Photo : L'affaire Jérôme Cahuzac révèle juste la face émergée de l'iceberg. On nous fait croire que le peuple est souverain, parce qu’il choisit son maître parmi quelques dirigeants possibles, tous plus assoiffés de pouvoir les uns que les autres 

> Cahuzac blanchi ? Après L'Obs, le JDD - Arrêt sur images

Bienfait des opérations du saint Esprit et de la télétransportation. Le blanchiment de Cahuzac qui allait bon train a déraillé

A droite, sur la photo, les reliefs de la ci-devant Lagarde encore sur la sellette dans l'affaire Tapie

État libéral dégénéré : « […] il n’y a pas plus de raisons d’assimiler le libéralisme à tout ce que des libéraux, ou des hommes supposés tels, ont à quelque moment proclamé comme un évangile. Ils peuvent très bien s’être trompés, et dans la mesure où ce qu’ils considéraient comme du libéralisme a eu des conséquences antilibérales, ils se sont certainement trompés. » L'argent sans foi ni loi 2 


10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire

" Il n'y a pas d'alternative " 21/07/2011

" Les réformistes acceptent l'économie de marché non seulement parce que l'on n'a pas le choix, mais aussi parce qu'elle est garante de libertés."

Rocard

" Il n'y a pas d'alternative "

Très bon article de Serge Halimi, surtout après le désarroi de la gauche ( PS) après le scandale de DSK. 10 mai 1981, triste anniversaire ( source monde diplomatique)


Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer !

dimanche 11 mars 2012, par AnarSonore

 L’effervescence médiatique prend de l’ampleur, et les parieurs pérorent devant le comptoir sur les chances de tel ou tel candidat. Pourtant, peu de surprise dans le scénario, car il y aura un vainqueur, quel qu’il soit, et la victoire du champion déchaînera la liesse de ses électeurs. Ceux-ci auront l’ivresse de l’après match, tandis que les adversaires battus iront au lit penauds. Ressourcé par l’alternance -ou pas-, le pays sera stable, entrant dans un état de grâce…, ou d’apathie pour les perdants.

Mais il subsiste une information qu’aucun journal ne délivrera, un fait majeur masqué par les feux de Bengale de la victoire ou de la consternation. L’État républicain restera debout, plus fort que jamais en ce lendemain de suffrage ! Réjouissez-vous, hommes d’ordre, policiers, juges, soldats et magistrats, car votre pouvoir sera assuré ; dormez sur vos deux oreilles, exploiteurs de tout poil, car la paix civile sera garantie par la nuée de petits bulletins comme autant de faire-part d’une défaite : celle des travailleurs et laissés-pour compte, toujours victimes de ce jeu de dupes.

Jadis, le roi était sacré, doté de pouvoirs magiques et oint d’une huile miraculeuse. Entrant dans les bonnes villes de France, honoré de bustes et de médailles, il régnait "sur ordre de Dieu". Mais Dieu est mort entre-temps, et une Révolution plus loin, il fallait trouver un moyen pour que l’Etat absolu que les rois avaient créé survive. Ce moyen, ce fut la souveraineté du peuple, vous savez : celui qu’on réduit en bouillie pendant les guerres, celui que l’on hypnotise au moyen de la télévision, celui à qui l’on vole le fruit de son travail en lui disant qu’il est moins intelligent que le patron qui le dirige !

Depuis, on nous fait croire que le peuple est souverain, parce qu’il choisit son maître parmi quelques dirigeants possibles, tous plus assoiffés de pouvoir les uns que les autres. Alors on organise une cérémonie pour l’occasion : on pavoise les villes un dimanche…, on convoque les gens avec solennité à passer dans des cabines où ils seront face-à-face avec leur destin, comme dans un photomaton. Puis, devant des témoins impassibles et sourcilleux, parce qu’on leur a dit depuis l’école qu’il n’y avait pas d’autre solution, ils votent Tartempion plutôt que Tartuffe.

Et Tartempion de faire sa sale besogne, sans vergogne aucune, car il considère qu’il est au-dessus de nous tous, que nous allons nous taire et qu’il a absolument tous les droits, car nous les lui aurions donnés par ce suffrage. Droit de faire la guerre, droit de mater les grèves, droit de protéger les riches et leur vol en bande organisée, droit d’empêcher les pauvres de manger la même chose que les autres, droit de la propriété qui laisse des logements vides en plein hiver. Il va le faire, parce qu’il est élu ! Ce jour-là, nombre de personnes honnêtes auront signé un chèque en blanc pour retourner ensuite à leur quotidien bien précaire. En réalité, elles n’avaient d’autre choix que de voter pour ce régime de représentation, quand elles avaient l’illusion d’un vote souverain.  ( cf voir posts sur  mario monti,  mario draghi : Mario Draghi ou le pompier pyromane,  françois hollande, La finance imaginaire : L'information judiciaire qui a fait tomber Cahuzac Mis à jour le 19/03/2013 ). 

Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie : Thème de cet article : Crise de la zone euro : sortir de l’ambiguïté 
Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie : privatisez et réduisez vos salaires pour sauver l’euro ( Facebook) : " 29 septembre 2011  – Le quotidien italien Corriere della Sera dévoile aujourd’hui le texte complet de la fameuse « lettre secrète » envoyée à Berlusconi le 5 août par le président sortant de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et son successeur Mario Draghi, ancien cadre de la banque Goldman Sachs

doc PDF intéressant a lire : ]  Mario Monti au Figaro :  «  Mon gouvernement peut tomber demain, nous ne sommes pas ici pour survivre, mais pour accomplir un un bon travail » propos recueilli par Richard Heuzé du 05/01/2012. 

Golman Sachs , Les Etats-Unis le terrorisme institutionnalisé - hensozu, Pourquoi je quitte Goldman Sachs", Tant qu'il y aura de l'argent...
Nous avons tous pourtant une autre possibilité, et nous ne parlons pas ici de la passivité futile ou de l’abandon de la souveraineté à un tyran. Nous parlons de dire ce que nous pensons, avec la conscience claire que nous avons autant de bon sens que ceux qui veulent nous diriger. Nous parlons aussi de refuser à quiconque le droit de parler en notre nom, de décider à notre place ou de prendre un mandat sans honorer ses engagements.

Nous avons en commun la décence d’oeuvrer chaque jour à la survie de la société, à l’avenir de nos enfants, à la solidarité nécessaire entre les hommes, quand les hommes de pouvoir n’oeuvrent qu’à leur indécence particulière. Ne servons pas leur intérêt bien compris par nos suffrages : il n’y a pas plus de saints que d’hommes providentiels ! Nous seuls pouvons et devons décider de nos propres vies, et ce faisant destituer les maîtres au lieu de les choisir.

Edito d’Anarchosyndicalisme ! n°128 - Mars-Avril 2012

Il importe de construire dès aujourd'hui les résistances à cette attaque et de se poser dès maintenant la question d'aller plus loin que la simple résistance à l'austérité...



Documents joints
Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer ! (MP3 – 3.2 Mo) 
Anarchosyndicalisme ! n°128 - Mars-Avril 2012 (PDF – 41.4 Mo) 
 La bourgeoisie telle qu'en elle-même – ZEC plus Ultra, Zebre en cavale 
L'Europe va-t-elle couper les vivres à ses pauvres ? Manifestation à Paris « Annulons la dette », Lois et lobby financiers, DE LA SERVITUDE MODERNE - YouTube, La BCE : polique monétaire
Chypre, symbole de l’Europe en difficulté ?- Antalya

a lire : http://zec.blogs.letelegramme.com/archive/2013/02/23/cahuzac-blanchiment.html , http://citoyenactif.20minutes-blogs.fr/archive/2013/03/20/les-maitres-ne-sont-pas-a-choisir-mais-a-destituer.html

Jean- Michel Carré reprend donc Poutine là ou il l'avait laissé, en 2007, dans son passionnant Système Poutine. Quelques mois plus tard, en 2008, contraint de raccrocher son costume de président ( la constitution ne tolère que deux mandats consécutifs) Poutine forment un coup diabolique : il fait élire une marionnette Dimitri Medvedev, qui le nomme Premier Ministre. Entremélant témoignages - d'historiens, d'opposants et de soutiens à Poutine - et d'archives de qualité, puisées jusque dans les émissions de variétés, Poutine pour toujours? révèle la vraie nature du Kremlin. Et esquive son grand dessein, la constitution d'une Union soviétique

 

«  

Photo : Avant tout, je dois dire que les gouvernements me répugnent. je suis fermement convaincu qu'il n'y a pas, qu'il n'y aura jamais de bon gouvernement. 

Tous sont mauvais, qu'ils s'appellent monarchies absolues ou républiques constitutionnelles. Le gouvernement c'est la tyrannie parce qu'il limite la libre initiative des individus et sert seulement à soutenir un état social impropre au développement intégral de l'être humain. Les gouvernements sont les gardiens des intérêts des classes riches et éduquées.
ricardo flores magon

« La menace du syndrome ukrainien »

Les réunions du G20 sont aussi instructives par les silences ou les blancs concernant les grands sujets du moment et là, il est difficile de ne pas remarquer l'absence de toute référence à l'Ukraine. Un sujet particulièrement embarrassant puisque comme l'expliquait ce dimanche Olexandre Tourtchinov, le nouveau chef du Parlement ukrainien et chef de l'Etat par interim, l'Ukraine "est en train de glisser vers le précipice d'un défaut de paiement".

Les premiers chiffres des besoins en capitaux du pays par la nouvelle équipe au pouvoir avoisinent 35 milliards de dollars sur les deux prochaines (tiens, c'est précisément le montant de la facture des Jeux Olympiques de Sotchi pour la Russie) ; à part le FMI, personne n'est capable de mettre sur la table une telle somme.

L'Ukraine, enjeu géostratégique pour la Russie

Quelle serait la réaction du Kremlin s'il se trouvait confronté à une sorte d'OPA amicale de puissances occidentales sur l'un de ses alliés historiques les plus stratégiques ?

Mais surtout, en imaginant que l'Europe décide de mobiliser tous ses moyens et que la BCE ouvre les vannes monétaires (façon QE-infinity comme la Banque centrale du Japon)... quelle serait la réaction du Kremlin s'il se trouvait confronté à une sorte d'OPA amicale – ou pire, une "odieuse mise sous tutelle financière" – de puissances occidentales sur l'un de ses alliés historiques les plus stratégiques ? Car l'Ukraine procure à la Russie des ports et des bases militaires ouvrant sur la mer Noire et le flanc est de l'Europe, des approvisionnements vitaux en céréales... et c'est l'un des principaux clients pour l'industrie de l'armement russe, quel que soit l'état des finances du pays. Vous voyez l'idée.

Chacun comprendra dans ces conditions la prudence de l'Europe qui doit en plus traiter avec Poutine de l'épineuse question Syrienne – un autre cas de régime allié infréquentable mais qui constitue pour Moscou une pièce essentielle sur l'échiquier géostratégique global.

En contraignant Poutine, qui s'efforce de ne jamais s'impliquer dans une cause perdue, à confier à ses principaux lieutenants (dont le Premier Ministre D. Medvedev) la tâche ingrate de soutenir jusqu'au bout Victor Ianoukovitch, l'Europe est peut-être parvenue pour une fois à s'imposer comme une entité diplomatique crédible. Et c'est maintenant le maître du Kremlin qui se retrouve en situation délicate. Non pas qu'il doive redouter de voir l'Ukraine faire sécession et "passer à l'ouest" (ce qui déclencherait une guerre civile dont même l'administration Obama ne voudrait pas endosser la responsabilité), mais l'exemple d'un régime corrompu et violent renversé par la rue risque d'inspirer d'autres mouvements de révoltes dans d'ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, au demeurant beaucoup plus prospères que l'Ukraine qui, finalement, constitue un boulet financier pour Moscou depuis 10 ans.

Il s'agit le plus souvent de simili-pétromonarchies inféodées à Moscou et soumises à des dictatures autocratiques ubuesques (avec Président à vie élu avec 98% des suffrages).

Alors faute de promettre de sauver l'Ukraine, le G20 a opté pour une annonce spectaculaire : le décret d'une croissance additionnelle de +2% d'ici 2020. De quoi occuper un peu le microcosme journalistique et financier.

La "menace" du syndrome ukrainien

Car chacun sait qu'avec quelques mesures adéquates – et ne parlons même pas de quelques malheureux milliers de milliards de billets de Monopoly imprimés par les banques centrales –, il n'y a qu'à claquer des doigts pour que la croissance s'aligne sur les objectifs des puissants de ce monde...

Or quelqu'un semble s'être aperçu que ça ne marche pas à tous les coups.

Heureusement, en même temps qu'il identifiait le problème, il découvrait la solution – c'est à cela que l'on reconnait un cerveau supérieur et c'est pourquoi l'élite mondiale manipule légitimement les leviers de l'économie et pas nous. Ce pur génie n'est autre que Joe Hockey, un ministre australien étiqueté "conservateur", qui déclarait en préambule du sommet du G20 à Sidney (il jouait à domicile, cela autorise toutes les audaces intellectuelles) "qu'il fallait assouplir toutes les régulations car elles font obstacle à une allocation efficiente des ressources".

Si nous persistons à vouloir réguler contre toute logique économique le capitalisme sauvage (euh pardon, libre et parfait), imparablement, c'est le syndrome ukrainien qui nous attend au bout du chemin.

Du pur Adam Smith au premier degré, une apologie de l'utopie ultralibérale la plus naïve (ou la plus cynique) qui consiste à laisser la "main invisible" continuer de nous conduire dans la joie et la bonne humeur vers un monde de prospérité, de richesse partagée et de démocratie ! Sous-entendu : si nous persistons à vouloir réguler contre toute logique économique le capitalisme sauvage (euh pardon, libre et parfait), nous nous dirigerons vers l'instauration d'un étatisme planificateur à la soviétique et, imparablement, c'est le syndrome ukrainien qui nous attend au bout du chemin.

Car il ne fait aucun doute que le modèle de développement européen (austérité, chômage de masse, croissance nulle, dumping salarial et fiscal intra-UE) est exactement ce à quoi le peuple ukrainien

UKRAINE Le cauchemar des "casques noirs"

02.12.2013 | Courrier international

La violente répression des manifestants qui dénonçaient le refus du président Ianoukovitch de signer l'accord d'association avec l'Union européenne a marqué le mouvement de contestation qui, désormais, réclame la chute du gouvernement.

 

VU DE POLOGNE Ukraine : entre solidarité et déception l ne faut pas laisser tomber l'Ukraine, affirment les médias polonais. Mais, pour ce faire, il faut peut-être revoir la politique européenne envers ce pays

 

RUSSIE - ARMÉNIE

Moscou renforce sa coopération militaire avec Erevan

03.12.2013 | Courrier international

Au lendemain du sommet de Vilnius qui s'est conclu par un échec européen, l'Ukraine ayant refusé de signer l'accord d'association, Moscou progresse sur la voie de l'intégration des pays ex-soviétiques.

 

 

UKRAINE

"Ianoukovitch choisit la force"

10.12.2013 | Courrier international

L'écrivain ukrainien Iouri Androukhovytch lance un appel désespéré : les forces de l'ordre ont commencé à faire le ménage sur la place de l'Indépendance et à s'en prendre aux sièges de l'opposition.

 

UKRAINE

Visite de John McCain à Kiev : une vengeance contre la Russie ?

16.12.2013 | Courrier international

Le sénateur américain partisan d'une politique de fermeté à l'égard de Moscou a rendu visite le 15 décembre aux manifestants de Kiev. Pour le quotidien prorusse Kievski Telegraf, il s'agit d'une "vengeance" contre la Russie pour son rôle dans le conflit syrien.

 

UKRAINE

L'empire russe attendra

16.12.2013 | Oukraïnsky Tyjden

Kiev a besoin de l'UE : en ne signant pas l’accord d’association, Viktor Ianoukovitch n'a fait que retarder un rapprochement inévitable.

 

UKRAINE

La Révolution de l'expérience

18.12.2013 | Oukraïnsky Tyjden

Les événements de Maïdan prouvent-ils effectivement que les "révolutions sont faites par la jeunesse" ? Analyse sociologique du mouvement ukrainien.

 

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vendredi, 21 février 2014

L'extrême droite en Ukraine

Des groupes néo-nazis ukrainiens sont regroupés dans la formation nationaliste d’extrême droite Pravy Sektor (Secteur de droite) qui est à l'intiative des violences lors des manifestations pro-UE "EuroMaïden". Pour Jean-Marie Chauvier, ceux qu'on appelle  par euphémisme les jeunes " volontaires de l’autodéfense" sont en fait de véritables commandos levés par l’extrême droite dans son bastion de Galicie.

 

svoboda

On retrouve dans Pravy Sektor : Svoboda, Trizouba, l'UNA-Unso (Assemblée Nationale Ukrainienne – Autodéfense Nationale Ukrainienne), Trident ou encore Patriotes qui ont tous en commun d'être xénophobes, antisémites, homophobes et russophobes.

Svoboda, liberté ?!

En 2004, le Parti national-socialiste d’Ukraine, fondé en 1995, change de dénomination pour celle moins effrayante de Svoboda (Liberté). Depuis il continue de se réclamer de ses racines historiques et tout particulièrement de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) dont la branche armée collabora activement avec les nazis et participa au génocide. Le président ukrainien sortant, Victor Iouchtchenko, avait d'ailleurs accordé à titre posthume le titre de "héros national de l'Ukraine " à Stepan Bandera le chef de cette organisation.

"Le 30 juin 1941, l’OUN-b proclame un État ukrainien, dont le gouvernement est dirigé par Iaroslav Stetsko. « Gloire à l’armée allemande et au Führer Adolf Hitler ! », dit une de ses proclamations . Berlin refuse ce nouvel Etat, Bandera et Stetsko sont internés. La politique de l’occupant contredit les rêves des indépendantistes ukrainiens, considérés par les nazis comme des Untermenschen (sous-hommes), à l’instar de tous les Slaves." (J.-M Chauvier)

Le parti Svoboda est principalement implanté dans l'ouest de l'ukraine où il a remporté 30 à 40 % des suffrages au élections du 28 octobre 2012. C'est la 5ème force politique du pays.

 

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"Svoboda s'est également illustré en protestant contre l'organisation d'une gay pride à Kiev et s'est indigné qu'une artiste au teint mat représente l'Ukraine au concours de l'Eurovision. L'an passé [2011], le parti avait organisé une manifestation contre le pèlerinage dans la petite ville d'Ouman de Juifs hassidiques sur la tombe de Nahman de Bratslav, charismatique rabbin décédé en 1810. À plusieurs reprises, Oleh Tyahnybok, le chef de Svoboda, a qualifié le régime du président Ianoukovitch de «mafia judéo-moscovite». Plus récemment, un militant de Svoboda s'est offusqué que l'on fasse état des origines ukrainiennes de l'actrice américaine Mila Kunis, soulignant qu'elle était en réalité «juive». " (Figaro 2012)

 

Le 1 janvier 2014, à l'appel de Svoboda,  une manifestation de 25.000  manifestants à Kiev pour célébrer le chef de guerre fasciste Stepan Bandera dont on reconnait le portrait ici et là. L' emblème de ce parti est omniprésent : trois doigts de la main couleur or - version du trident ukrainien -  sur une bannière azur. On voit aussi le drapeau rouge et noir de l’OUN-b.

Comme chaque année, Svoboda commémorera le 28 avril la création en 1943 de la division Waffen SS "Galitchina" (Galicie) dont elle soutient la réhabilitation. Cette division SS était en partie composée de volontaires ukrainiens sous l’occupation nazie.

 

Tradition : le portrait de Stepan Bandera et un militant qui porte le symbole de la rune wolfsangel, celui de Svoboda quand il était le parti national-socialiste d'ukraine. C'est aussi le symbole de la 2° division SS Das Reich : ayant perpétrés en France les massacres de Tulle, de Combeauvert, d'Argenton-sur-Creuse, d'Oradour-sur-Glane...*

Quelques informations sur les élections d'octobre 2012 par  Annie Lacroix-Riz

Le élections qui ont eu lieu le 28 octobre 2012 étaient les élections parlementaires. 450 députés ont été élus en un seul tour, la moitié par scrutin uninominal majoritaire, l'autre moitié par scrutin proportionnel.

Un minimum de 5% des voix est nécessaire pour être représenté au Parlement ukrainien (Rada suprême). Cinq partis ont franchi ce seuil en 2012 :

1.      Le Parti des Régions : 30%, 187 sièges. Formation de l'actuel président Viktor Ianoukovitch, réputé pro-russe en Occident. Sa base électorale se trouve essentiellement dans les régions de l’Est et du Sud, largement russophones.

2.      Batkivchtchina : 25,54%, 105 sièges. Coalition de l’opposition dont la figure majeure est Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, actuellement en prison. Batkivchtchina a sa base électorale dans les régions de l’Ouest et du Nord de l'Ukraine, plus tournées vers l'Occident et berceau du nationalisme ukrainien.

3.      UDAR : 13,96%, 39 sièges. Parti d’opposition de droite récemment créé par le boxeurVitali Klitchko.

4.      Le Parti communiste : 13,18%, 32 sièges. Partidirigé par Piotr Simonenko, réputé de tradition soviétique, dont la remontée s’observe surtout dans les fiefs ouvriers traditionnels de l’Est, du Sud et de Crimée. Une analyse de son succès électoral a été faite sur le blog Solidarité Internationale du PCF.

5.      Svoboda : 10,44%, 37 sièges. Cette formation d'extrême droite n'est autre que l’ancien Parti social-national réputé néonazi, antisémite et russophobe. Elle est dirigée par Oleh Tiahnibok, autre figure marquante de la Révolution orange.

 

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>Les ultranationalistes forcent le passage de Maïdan, par Sergueï Sidorenko, Elena Tchernenko  - Courrier International,

 > L'extrême droite ukrainienne infiltre le mouvement pro-européen à Kiev,  p

Le poids de l'extrême-droite en Ukraine, Par Pierre Magnan - Geopolis

 > Les puissances occidentales fomentent un coup d’intestat néo-nazi en Ukraine; Sur le site Solidarité et progrès ; Un document élaboré par une équipe de journalistes d’enquête de l’Executive Intelligence Review (EIR).

 >Ukraine et la renaissance du fascisme en Europe, par Eric Draitser - Counterpunch, traduit sur le site investig'action

 > Ukraine: quand les nazis mènent le bal par Geoffroy Gérard legros

 >

 

Manifestation de Svoboda.

« Bandera, Choukhevitch, nos héros, ils se sont battus pour nous. »

 

La schizophrénie européenne
Les années d'austérité forcenée imposées à nombre de pays de la zone euro ont abouti à l'inverse de l'effet recherché et mis l'économie française en difficulté.

 

DÉBAT

L'Europe décalée - L’UE face à sa seconde refondation

04.12.2013 | presseurop.eu

La crise économique et financière de ces 5 dernières années a laissé une trace profonde dans l’UE, aggravant la méfiance entre Etats membres et affaiblissant le sentiment de destin commun. Il est temps de rénover le leadership de l’Union et d’agir concrètement, estime El País.

 

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Les chefs

23/02/2014

Et si votre collègue était un robot...

 

 

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital

 


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Comment ? Grâce à sa perception parfaite des cycles économiques et sa découverte du concept de "destruction créatrice".  

Selon lui, "l'évolution capitaliste améliore progressivement le niveau d'existence des masses, non pas en vertu d'une coïncidence, mais de par le fonctionnement même de son mécanisme. L'évolution capitaliste accomplit ce résultat à travers une série de vicissitudes dont la sévérité est proportionnelle à la rapidité du progrès réalisé." 

 

Le cauchemar climatisé...   Ce qui est étonnant, avec ces romans antitotalitaires inspirés non seulement par la sauvagerie du fascisme et du stalinisme, mais également par la folie du contrôle total dans les démocraties commerciales, c'est qu'ils continuent d'être remisés au second rayon. En 1953, lorsque Fahrenheit 451 a paru en feuilleton aux Etats-Unis, il faisait pourtant figure de roman très sérieux. Pourquoi cette relégation dans les banlieues de la littérature, dont le seul George Orwell a fini par être extrait ?

 

Jean-Christophe Rufin, Globalia. Gallimard, Paris 2004 ; réédition, Paris: Gallimard, 2005, 499 p.

  Par ailleurs les progrès continus de la technique, l’automatisation industrielle ont raréfié les emplois productifs et, au nom toujours de l’épanouissement personnel, les Globaliens sont vivement encouragés à « se consacrer à des activités de leur choix » plutôt qu’à chercher un travail. Ils sont alors rémunérés au même titre que s’ils remplissaient un « emploi courant », mais ce revenu garanti, s’il permet de vivre et de bénéficier de nombre des raffinements de la modernité, n’apporte pas une véritable abondance à ses titulaires. 

 

.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

Celle-ci frappe actuellement les États sous la forme d’une crise budgétaire et de divers programmes d’austérité. Partout en Europe, on nous explique que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu’il va falloir travailler plus et se serrer la ceinture. Face à cette situation beaucoup se retournent vers l’État comme ce qui permettrait d’imposer des limites aux « dérèglements du marché ».

 

« Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté.

 

Rappel : Capitalisme et libéralisme : Etude de textes.

La théorie de la valeur

« Le prix réel de chaque chose, ce que chaque chose coûte réellement, à celui qui veut se la procurer, c'est le travail et la peine qu'il doit s'imposer pour l'obtenir. Ce que chaque chose vaut réellement pour celui qui l'a acquise et qui cherche à en disposer ou à l'échanger pour quelque autre objet, c'est la peine et l'embarras que la possession de cette chose peut lui épargner et qu'elle lui permet d'imposer à d'autres personnes. Ce qu'on achète avec de l'argent ou des marchandises est acheté par du travail aussi bien que ce que nous acquérons à la sueur de notre front. Cet argent et ces marchandises nous épargnent dans le fait cette fatigue. Elles contiennent la valeur d'une certaine quantité de travail, que nous échangeons pour ce qui est supposé contenir alors la valeur d'une quantité égale de travail. Le travail a été le premier prix, la monnaie payée pour l'achat primitif de toutes choses. Ce n'est point avec de l'or ou de l'argent, c'est avec du travail que toutes les richesses du monde ont été achetées originairement, et leur valeur pour ceux qui les possèdent et qui cherchent à les échanger contre de nouvelles productions est précisément égale à la quantité de travail qu'elles les mettent en état d'acheter ou de commander. »

Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations. Tome 1, Ch. V., (1776),

La manufacture d’épingles

« J’ai vu une manufacture d’épingles qui n’employait que dix ouvriers, et où, par conséquent, quelques uns d’eux étaient chargés de deux ou trois opérations. Mais quoique la fabrique fût fort pauvre et, par cette raison, mal outillée, cependant, quand ils se mettaient en train, ils venaient à bout de faire entre eux environ douze livres d’épingles par jour. (…) Chaque ouvrier faisant une dixième partie de ce produit peut être considéré comme donnant dans sa journée quatre mille huit cents épingles. Mais s’ils avaient travaillé à part et indépendamment les uns des autres, et s’ils n’avaient pas été façonnés à cette besogne particulière, chacun d’eux assurément n’eût pas fait vingt épingles, peut-être pas une seule, dans sa journée. (…) La division du travail, aussi loin qu’elle peut être portée, amène un accroissement proportionnel dans la puissance productive du travail. »

Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations. Tome 1, Ch. V., (1776),

L'évolution du capitalisme

« La propriété privée, fondée sur le travail personnel, cette propriété qui soude pour ainsi dire le travailleur isolé et autonome aux conditions extérieures du travail, va être supplantée par la propriété capitaliste, fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat. Dès que ce procès de transformation a décomposé suffisamment et de fond en comble la vieille société, que les producteurs sont changés en prolétaires, et leurs conditions de travail en capital, qu'enfin le régime capitaliste se soutient par la seule force économique des choses, alors la socialisation ultérieure du travail, ainsi que la métamorphose progressive du sol et des autres moyens de production en instruments socialement exploités, communs, en un mot, l'élimination ultérieure des propriétés privées, va revêtir une nouvelle forme. Ce qui est maintenant à exproprier, ce n'est plus le travailleur indépendant, mais le capitaliste, le chef d'une armée ou d'une escouade de salariés. Cette expropriation s'accomplit par le jeu des lois immanentes de la production capitaliste, lesquelles aboutissent à la concentration des capitaux. Corrélativement à cette centralisation, à l'expropriation du grand nombre des capitalistes par le petit, se développent sur une échelle toujours croissante l'application de la science à la technique, l'exploitation de la terre avec méthode et ensemble, la transformation de l'outil en instruments puissants seulement par l'usage commun, partant l'économie des moyens de production, l'entrelacement de tous les peuples en un marché universel, d'où le caractère international imprimé au régime capitaliste. A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés. »

Karl Marx, Le Capital, livre 1, Ed Sociales, p.204-205.

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

 

Et si votre collègue était  un robot...

Real Humans - 100% Humain

 

 «Real Humans», le cyber des mondes

> Le robot aménagé
La série reprend tous les fantasmes mythologiques liés au genre, avant même l’apparition du terme.

> «Pour les Japonais, l’humanoïde facilite les interactions sociales»
L’anthropologue Emmanuel Grimaud évoque le rapport aux robots.

 


La robotique industrielle est en train de connaître une révolutions technologique  qui devrait lui ouvrir de nouvelles parts de marché dans les usines : la collaboration homme-machine.

Jusqu'à très récemment, hommes et robots ne collaboraient pas.

La principale raison à cela ? Ces énormes bras articulés sont dangereux pour l'homme ; ils sont donc le plus souvent isolés de leurs collègues humains par des cages ou des grilles. Autant dire que pendant des années, l'idée de voir travailler des hommes main dans la pince avec des robots relevait de la science-fiction.

 

Graphe robot industriel

 

 

 

Les progrès en matière "d'intelligence robotique" ouvrent une voie nouvelle, celle de la collaboration.

Aujourd'hui, les robots sont capables d'identifier la présence d'un humain, de le contourner ou bien d'arrêter leur geste quand celui-ci s'approche de lui. Ils savent aussi s'adapter à des changements de contexte, à des imprévus... Plus légers, plus petits, ils sont programmés pour effectuer des gestes plus lents et précis qui leur permettent d'être sans danger pour leurs collègues humains.

C'est le cas par exemple de Baxter, un robot d'1m82 fabriqué par la société bostonienne Rethink Robotics, et qui est capable d'accomplir des tâches industrielles simples et répétitives, mais surtout de travailler côte à côte avec des humains.

 

Robot Baxter

 

 

 


Baxter est ainsi prévu pour effectuer des mouvements plutôt lents et surtout pour s'arrêter dès qu'un humain s'approche trop près de lui. Un écran de contrôle lui servant de tête indique son "humeur" à ces collègues : s'il n'a pas compris la tâche qui lui a été assignée, s'il est en plein travail, s'il est prêt à passer à une autre tâche, etc.

Cet écran facilite la communication avec ses collègues : Baxter regarde la tâche qu'il accomplit ou se tourne vers vous si vous le touchez.

 

une photo de Andres Sosa.

 

Dernier atout – et non des moindres – de ce robot : sa capacité à apprendre rapidement de nouvelles tâches, sans avoir besoin de recourir à un ingénieur. Grâce à ses caméras intégrées, Baxter peut en effet reproduire les gestes d'un employé et ainsi acquérir de nouvelles compétences. Prix d'achat de ce robot : autour de 22 000 $, ce qui lui permet d'être accessible à des sociétés de taille moyenne et surtout de faire tomber le coût de la main-d'oeuvre autour de 4 $ de l'heure, soit à peu près celui d'un ouvrier chinois.

Evidemment, Baxter n'est pas l'unique exemple de ces robots industriels nouvelle génération. Harvey de Harvest Automation, un robot capable de soulever et transporter des pots de 7 à 10 kg chez les pépiniéristes de gros, éviter les obstacles, et tout cela sans l'intervention d'un opérateur qualifié.

 

Robot Harvey

 

 

 

L'importance fondamentale de la robotique collaborative n'a pas échappé aux Etats qui soutiennent financièrement la recherche et l'investissement des entreprises dans ce sens.

Aux Etats-Unis, la National robotic initiative lancée par Barack Obama en 2011 en a fait une de ses priorités.

De ce côté-ci de l'Atlantique, le projet européen Saphari (Safe and autonomous physical human-aware robot interaction) travaille à la fois à la création de robots industriels capables de travailler avec des humains et, pour les robots de service, sur des machines qui entreraient en contact direct avec les patients. Le chemin est encore long avant que les robots puissent parfaitement intégrer l'environnement humain, mais la recherche dans le domaine est prometteuse.

Enfin, du point de vue normatif, la norme ISO 10218 définit des critères de sécurité pour une collaboration homme-machine dans le cadre industriel. Critères qui définissent par exemple l'amplitude et la vitesse des bras articulés de ces robots.

 

 

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des

produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.

 

Dans un premier temps, l’informatisation a eu pour but de réduire les coûts de production.

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché.

 

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles

elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle. Ces qualités immatérielles – le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou « exclusivité » – devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou « juste prix ». Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend

de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel.

 

 Les qualités immaté - rielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité. Cette rente masque, compense

et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence. Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté, source de rente, et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents. La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les

baskets, T-shirts, portables, disques, jeans, etc.

 

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse 1.

 

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la « personnalisation » des produits.

 

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes. Elle oblige les

firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux, à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une « culture de la consommation » qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la « socialisation antisociale ».

 

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale ». De toute évidence, la rupture avec la

 

1 La valeur travail est une idée d’Adam Smith qui voyait dans le travail la substance commune de toutes les marchandises et pensait que celles-ci s’échangeaient en proportion de la quantité de travail qu’elles contenaient. La valeur travail n’a rien à voir avec ce qu’on entend par là aujourd’hui et qui (chez Dominique Méda entre autres) devrait être désigné comme travail valeur (valeur morale, sociale, idéologique etc.).

 

Marx a affiné et retravaillé la théorie d’Adam Smith. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer la notion économique de valeur en disant : une entreprise crée de la valeur dans la mesure où elle produit une marchandise vendable avec du travail pour la rémunération duquel elle met en circulation (crée, distribue,) du pouvoir d’achat. Si son activité n’augmente pas la quantité d’argent en circulation elle ne crée pas de valeur. Si son activité détruit de l’emploi elle détruit de la valeur. La rente de monopole consomme de la valeur créée par ailleurs et se l’approprie. Les services à la personne ne créent pas de valeur mais en redistribuent. tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rabattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation semble hors de portée et ridiculement archaïque – à tort.

 

Et pourtant, la « dictature sur les besoins » perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité. La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

 

Le chômage s’accroît et la misère comme la barbarie risquent de se répandre de manière dramatique, peut-être entrecoupées par quelques phases de relance. Alors à quoi servent ces considérations désabusées? A quoi sert de marteler que la crise qui a commencé en 2008 risque bien de s’approfondir? Pourquoi s’en réjouir alors que nous risquons d’en subir les conséquences et d’être les premiers touchés? Et ce d’autant plus que le capitalisme a montré jusqu’à présent qu’il pouvait surmonter ses crises. Voire même qu’il était un système en état de « crise permanente ».

 

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En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

 

Nb :

le collectif RISCdont les textes affirment le caractère structurel de la crise actuelle du capitalisme. 19h30 : concert des Bécasses + bouffe prix libre.

Objet d’analyse de la Sc Eco:

 

La microéconomie: étude du comportement d’une unité économique individuelle.

n         La macroéconomie: étude du comportement d’une économie donnée.

n         La mésoéconomie: étude d’une branche d’activité donnée.

 

 

 

 
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