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04/03/2014

Homs, chronique d'une révolte

Bonsoir à toutes et à tous!

  

Homs, chronique d'une révolte

Film réalisé en 2013 par Talal Derki   

 

 

Pendant l'été 2011, Abdel Basset Sarout, footballeur de 19 ans, devient à Homs l'un des leaders des manifestations pacifiques qui, tous les vendredis, dans les rues, bravent le régime de Bachar al-Assad. Ses chansons improvisées contre la dictature enflamment la jeunesse de la ville. Il est le leader d'une fougueuse bande de shabab (jeunes) décidés à en découdre avec le régime, dont un vidéaste de 24 ans, Oussama, qui préfère le rôle de témoin à celui de combattant. Peu à peu, sous ses yeux et ceux du réalisateur Talal Derki, alors que le régime cible la population civile, les jeunes dissidents se transforment en guerriers. A partir de l'automne, la capitale de la révolution est la cible de bombardements massifs. Près de deux années durant, jusqu'en avril 2013, Talal Derki filme au plus près la résistance...

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 01/03/2014

 

Lors des manifestations non violentes qui ont marqué le début de la révolte en Syrie, le cinéaste Talal Derki se trouvait à Homs où, deux années durant, il a filmé au péril de sa vie l'engagement d'opposants au régime de Bachar el-Assad. Le documentaire qu'il en a rapporté, distingué au dernier festival de Sundance par un Prix du jury, s'attache plus particulièrement à deux jeunes rebelles : le footballeur Abdelbasset al-Sarout, gardien de but et chanteur, et Oussama al-Homsi, étudiant et vidéaste, dont la différence des tempéraments se révèle au fil des épreuves. Une « chronique » dont la forme elliptique et heurtée accuse l'évidente rudesse des conditions de réalisation. Pour colmater les brèches, raconter ce qu'il ne peut montrer et établir une temporalité, Talal Derki recourt au commentaire.

Ces réserves posées, Homs, chronique d'une révolte frappe par ce qu'il donne à lire d'une réalité humaine où l'on passe de l'engagement pacifiste à l'affrontement armé, d'un espoir de changement à une lassitude teintée de désespoir, qui pousse les insurgés d'hier à se rêver martyrs. « J'ai perdu tous mes amis proches », confie Abdelbasset pour expliquer son envie d'en finir. Le plan qui nous le montre assis dans un couloir, un lance-roquettes entre les jambes, ses paupières tombant, tandis qu'à l'extérieur d'autres armes crépitent, compte parmi les images qui nous restent d'un film certes pas accompli, mais d'une force indubitable. — François Ekchajzer http://www.dailymotion.com/video/x1de5qo_homs-chronique-d...  

 

 

 

A 23h40, Arte diffuse Syrie : instantanés d'une histoire en cours, réalisé par le collectif Abou Naddara, dont la chaîne avait présenté, voilà tout juste un an, quelques excellents courts métrages.



François Ekchajzer

 

 En images

27/02/2014

Syrie : l’insoutenable image des affamés de Yarmouk

Les réfugiés font la queue pour recevoir de l’aide alimentaire (Unrwa/AP/SIPA).

Pierre Haski | Cofondateur

 

 

Les réfugiés font la queue pour recevoir de l'aide alimentaire (Unrwa/AP/SIPA).

 

Cette photo a été prise lors d’une distribution de nourriture dans un camp de réfugiés palestiniens situé aux portes de Damas. Ils sont des milliers à attendre, à quelques mètres des snipers de l’armée de Bachar el-Assad.

C’est une photo insoutenable. Elle a été prise le 31 janvier dans le camp palestinien de Yarmouk, aux portes de Damas, mais vient seulement d’être rendue publique par le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), une agence des Nations Unies.

On y voit une interminable file d’attente de milliers de personnes attendant de recevoir de l’aide alimentaire après des mois de blocus de leur camp par l’armée syrienne, les privant de tout, et en particulier de nourriture. Une longue cohorte de pauvres hères qui s’étire entre deux rangées d’immeubles en ruines, signe des terribles bombardements auxquels ces bâtiments ont été soumis.

« Un lourd tribut aux rigueurs de l’hiver »

Le 28 décembre, Jean-Pierre Filiu nous racontait sur son blog, dans l’indifférence de la période des fêtes de fin d’année, le calvaire des 18 à 20 000 habitants piégés à Yarmouk sur les quelque 100 000 que comptait ce camp de réfugiés avant les combats.

Il expliquait :

« Le camp [situé à moins de 10 kilomètres du centre de Damas, ndlr] est encerclé depuis février 2013, mais un point de passage vers le reste de la capitale syrienne, contrôlé par les forces gouvernementales, continuait d’être ouvert. Ce barrage a été scellé en juillet dernier, malgré les appels répétés des Nations unies à la levée du siège.

Le 27 décembre 2013, la nouvelle est tombée que cinq personnes étaient mortes de faim à Yarmouk. Parmi les victimes, une femme, un handicapé et un vieillard. Le camp de réfugiés étant coupé du monde, il est possible que le bilan soit plus élevé. En tout état de cause, la population épuisée va payer un très lourd tribut aux rigueurs de l’hiver, car il a neigé à Damas ces derniers jours, une catastrophe pour les réfugiés assiégés. »

Mercredi, le quotidien britannique The Guardian rapportait que le HCR avait finalement pu commencer à apporter de l’aide humanitaire aux réfugiés assiégés ces dernières semaines : 7 000 colis alimentaires, « une goutte d’eau dans l’océan », selon un porte parole de l’agence onusienne.

Le point de distribution se situe dans un no man’s land dans le champs de tir de snipers de l’armée de Bachar el-Assad, ajoute le porte parole, qui souligne que certains réfugiés trop faibles pour se déplacer n’ont sans doute pas reçu d’aide, faute de pouvoir aller jusqu’à eux.

La semaine dernière, le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté une résolution incitant toutes les parties au conflit en Syrie à faciliter l’aide humanitaire. Une résolution qui a du mal à être mise en œuvre, ce qui explique sans doute la diffusion des photos par le HCR.

« Plus jamais ça ? »

Ce n’est que l’un des aspects d’un conflit qui dure depuis trois ans avec son interminable cortège de souffrances, de morts, de destructions, sans que rien n’y personne ne veuille réellement, ou ne se donne les moyens, d’y mettre fin.

Mais cette image m’a hanté depuis que je l’ai découverte sur le site du Guardian mercredi 26 février.

Elle en évoque d’autres, d’autres camps, d’autres époques y compris récentes après lesquelles le monde a crié « plus jamais ça ». Eh bien non, les habitants de Yarmouk paient pour savoir que ce n’était qu’un slogan, que la « communauté internationale » n’a toujours pas les moyens et la volonté d’empêcher que telles scènes se reproduisent.

Des témoignages bouleversants qui accablent la passivité de l'Occident face à un nouveau crime contre l'humanité qui dure maintenant depuis 3 ans. Honte aux Parlementaires anglais qui se sont opposés à une intervention, honte à Obama qui s'est lâchement débiné. Mais honte d'abord aux opinions occidentales qu'il leur aurait fallu affronter. Les rebelles ne demandaient rien d'autre que la liberté, et ils la demandaient pacifiquement. Comme les Ukrainiens. La liberté dont nous jouissons en Occident, nous n'en sommes pas dignes.

le visionnage d'une sorte d'OVNI cinématographique baptisé The Grand Budapest Hotel. The Grand Budapest Hotel : Bande-annonce [Officielle] VOST HD ... , The Grand Budapest Hotel Official Trailer (HD) Wes ... - YouTube :

 

The Grand Budapest Hotel est une comédie dramatique britanico-allemande coproduite, écrite et réalisée par Wes Anderson, sortie en 2014. Le film dit s'inspirer des mémoires de Stefan Zweig. Wikipédia


J'aurais dû lire le synopsis plus attentivement : l'intrique débute quelques semaines avant le déclenchement d'une "grande guerre" -- comme de juste en plein hiver -- au centre de l'Europe. Le tout sur fond de décors enneigés aussi joyeux que des photos en noir et blanc du front franco-allemand dans la région de Verdun un matin de brouillard verglaçant.

Les deux héros du film -- l'homme aux clés d'or et son apprenti préféré -- veillent sur le confort des pensionnaires d'un palace improbable et perché, telle une meringue rose acidulée, au sommet d'une montagne aussi éloignée que possible des turpitudes d'un monde de brutes avides (si l'on en juge par le profil de 90% des personnages qui participent à l'intrigue).

Le Grand Hôtel constitue une métaphore de la Civilisation avec un grand "C".
 
Grandeur et décadence
Le Grand Hôtel constitue une métaphore de la Civilisation avec un grand "C". Cette dernière vise à prospérer dans la douceur et le raffinement des décors et des usages... mais ses portes grandes ouvertes sur le monde extérieur et son personnel trop policé sont infiniment vulnérables à l'irruption de la barbarie.

Il suffit d'un seul plan de caméra au réalisateur pour démontrer que le gris (et même le vert-de-gris) des uniformes d'une milice peut éclipser les couleurs chatoyantes des uniformes de ceux qui sont au service du bien être des résidents "civilisés". 

Le film suggère par ailleurs que lorsqu'une guerre éclate, une milice est bien souvent remplacée par une autre, pire encore (peu importe de savoir comment ou pourquoi). Ceux qui ont l'argent comme seul mobile s'accommodent aussi bien des premières que de celles qui leur succèdent... les autres ne trouvent leur salut que dans la fuite.

Après la guerre et la décadence, la civilisation d'autrefois représentée par le Grand Hôtel tombe en décrépitude et rares sont ceux qui cultivent encore la nostalgie des temps heureux. Ils n'ont de toute façon plus les moyens de la faire revivre lorsque les pages de l'histoire sont tournées.

Je ne vous dévoilerai rien de l'intrigue -- à mi-chemin entre les Monty Pythons et Charlie Chaplin, en passant par Hitchcock et Jean-Pierre Jeunet --, et vous me pardonnerez de vous dépeindre le film avec la finesse d'une brosse de colleur d'affiche... mais je suis loin de posséder le talent du réalisateur Wes Anderson.

Vous l'aurez sûrement compris, j'ai bien aimé cette petite fantaisie cinématographique, cette parenthèse en marge des productions cinématographiques bourrées d'effets spéciaux numériques qui visent à faire "plus vrai que le vrai".



Une analogie intéressante...
Je ne suis pas critique de cinéma mais seulement scrutateur du monde géopolitique et interprète du comportement des dirigeants « élites » politiques... De sorte qu'il ne m'a pas fallu plus de quelque minutes pour établir l'analogie entre le parti-pris de la perfection symétrique constituant la structure narrative de Grand Budapest Hôtel et le rapport de force évoqué par des livres comme le Meilleur des Monde d’Howles,  Fahrenheit  484, 1984 d’Orwels, Globalia de JC Ruffin. …

La succession inexorable de plans-séquences où s'enchainent des images parfaitement symétriques, où jamais la caméra ne tremble ni ne s'égare, où les acteurs occupent exactement l'espace prédéfini au centre de l'image... Ils prennent cela pour le réel alors que ce n'est que du cinéma.

Même en forçant l'artifice comme pour The Grand Budapest Hotel, les financiers drogués aux liquidités sont convaincus -- et jureraient sous la torture -- que Wes Anderson a juste filmé le monde réel.

Sauf que notre monde, ce n'est pas du cinéma
Dès que nous allumons nos écrans, nous constatons que la planète regorge de milices vêtues de gris et de kaki qui tuent "de vrais gens pour de vrai"... et que les guerres commencent en hiver, comme dans The Grand Budapest Hotel.

Je subodore que si le pouvoir ukrainien a été renversé en même temps que la flamme olympique s'éteignait à Sotchi, cela fait partie d'un scénario parfaitement planifié. En effet, Moscou ne pouvait pas, en pleine trêve olympique, envoyer ses troupes sauver les régimes à l'agonie de dictateurs alliés de la Russie.

 

Aller plus loin

Homs, chronique d'une révolte - Télévision - Télérama

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 Arte - Homs, chronique d'une révolte - 04-03-2014 - TVRip - T411

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Poutine pour toujours ? réalisé en 2014 par Jean-Michel Carré  Date de sortie : 26 février 2014  

Commentaires

Jeudi 13 mars 19h
>> Projection-discussion autour de la question des réfugiés palestiniens (en présence du réalisateur)

>> "Les shebabs de Yarmouk", d’Axel Salvatori-Sinz, 1h17, 2012 Ala’a, Hassam, Samer, Tasneem et Waed sont « Les shebabs de Yarmouk », désignant la troisième génération de réfugiés palestiniens ayant grandi dans le camp de Mukhayyam Yarmouk en banlieue de Damas. Ce film leur donne la parole. Les dernières images sont tournées en 2012 au moment où la guerre commence

en Syrie. Depuis, le camp est en état de siège. Il est encerclé par l’armée syrienne qui contrôle les entrées et les sorties du camp et impose aux derniers habitants un embargo alimentaire. Le camp a été bombardé par le gouvernement syrien de nombreuses fois. Les lieux du film n’existent plus.

LE RÉMOULEUR – Local auto-organisé de lutte et de critique sociale
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> Le Rémouleur
106, rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

Entrée libre et gratuite.

Écrit par : Maria V | 09/03/2014

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