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30/04/2014

De l’audace !

De l’audace !
Martine Bulard

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Trente ans de manifestations antiracistes, de pétitions indignées, de pamphlets assassins, de mobilisations morales n’auront rien empêché. Les droites extrêmes ont toujours pignon sur rue, notamment en Europe. Particulièrement virulentes comme en Hongrie, en Grèce ou en Suisse. Plus policées comme en France ou en Italie. Mais toujours actives, à la recherche d’un ennemi intérieur (les Juifs parfois, les musulmans le plus souvent).

Trente ans de posture morale pour mettre en accusation tout à la fois ces ouvriers qui seraient passés du poing levé au doigt pointé vers l’étranger, ces « salauds de pauvres » qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils font, ces « petits Blancs » déclassés contraints de vivre en périphérie de tout (de la ville, de la culture, des loisirs…) et qui se vengent, ces vieux frileux qui ont peur de la mondialisation. Sans oublier les boucs émissaires : ces Roms « qui ne vivent pas comme nous » et ces musulmans qui menacent « notre belle civilisation judéo-chrétienne ».

Trente ans d’échec qui mériteraient, à tout le moins, que l’on s’interrogeât sur le diagnostic et, pourquoi pas, sur les éventuels remèdes. Or si le peuple est systématiquement mis en accusation, les élites, elles, se sentent hors de cause. Elles se mobilisent quand elles l’estiment utile et, une fois rentrées dans leurs foyers, continuent à vanter des politiques qui, de droite ou de gauche, alimentent la machine à exclure.

Tout le monde invoque le poids de la crise dans les choix extrémistes. Mais chacun fait comme s’il s’agissait d’un phénomène naturel, regrettable mais inévitable. La déréglementation de la finance, le démantèlement des droits sociaux, la réduction du pouvoir d’achat des couches moyennes, la mise en concurrence des salariés relèveraient de la fatalité, et non de décisions concrètes prises par des individus concrets — les gouvernants et leurs délégués européens (Commission en tête).

Tels sont les choix, assumés et réfléchis, qui entraînent une croissance en berne, une précarisation en expansion, un appauvrissement des plus pauvres et un enrichissement des plus riches : 1 % de la population mondiale détient 50 % de l’ensemble de richesses produites sur la planète. Une explosion des inégalités comme le monde n’en a pas connu depuis la seconde guerre mondiale et qui fait le terreau de l’extrémisme de droite, faute d’alternative réelle.

Cette lame de fond s’explique en effet par une faillite idéologique des belles âmes politiques et intellectuelles, qui restent arc-boutées sur leurs tabous. Toute proposition de rupture avec le capitalisme est renvoyée aux poubelles de l’histoire. Toute hypothèse de sortie de l’euro est taxée de repli coupable. Toute velléité de mener des projets communs avec les autres peuples européens pour contrer le chantage des possédants est rejetée d’un revers de main.

En France, le commissaire européen Michel Barnier, ex-ministre de droite, a même été gratifié du joli qualificatif d’« irresponsable » pour avoir eu l’audace d’envisager de séparer les activités traditionnelles des banques de détail et celles, spéculatives, des banques de marché.

Quant à l’idée d’une démocratisation du système politique avec un Parlement à l’image des populations (et donc des ouvriers, des élus de toute origine ethnique (1)…), avec un droit de vote pour les immigrés non européens aux élections locales, elle est promise à chaque élection et vouée aux gémonies dès le lendemain. Et l’on s’étonne du discrédit des élus, incapables d’honorer leurs engagements.

Sur toutes ces questions, le débat public est devenu quasiment impossible — et le dénigrement des options alternatives, systématique. D’où le déploiement des droites extrêmes, qui ont en commun une conception ethniciste du peuple, une vision excluante de la société nourrie le plus souvent d’une aversion antimusulmane. Il est illusoire de penser les marginaliser en criant au « fascisme » comme dans les années trente, en bricolant des faux-fuyants moralisateurs ou d’éphémères fronts républicains confortant la coupure entre ceux d’en haut et d’en bas.

Seule l’audace sociale et politique peut renverser la vapeur. L’audace de rompre avec ces trente ans de politiques libérales, pour en finir avec la crainte de l’avenir. L’audace de mener bataille sur les valeurs qui fondent une société (solidarité, tolérance, égalité...), pour en terminer avec la peur de l’autre. L’audace de rendre le pouvoir au peuple —par les élections, mais aussi par la participation directe aux affaires qui le concernent, notamment dans les entreprises.

Certes, en ces temps de ruptures indispensables, les forces progressistes n’ont pas toutes les mêmes solutions. Raison de plus pour oser engager, sans attendre, la bataille. Car la désertion idéologique débouche sur la défaite politique.

Martine Bulard

 

 

1er mai 1995. Brahim Bouarram tombe, assassiné par des skinheads d?extrême-droite, qui le jettent dans la Seine. Les skinheads, qui reviennent du rassemblement annuel organisé par le Front National, sont partis à la « chasse aux pédés ». Ils tombent sur un arabe, qui fera l?affaire : Brahim Bouarram avait vingt-neuf ans, et parce qu?il était Marocain, il est mort.

 

Deux mois avant, Ibrahim Ali, adolescent d?origine comorienne avait été tué par une balle dans le dos, tirée par des colleurs d?affiches du Front National à Marseille.

 

 

 

L?extrême-droite tue. Le FN tue.
30 mars 2014. Deuxième tour des municipales en France. 14 villes sont désormais aux mains du FN, parti des assassins.
Les fachos sont dans la rue, les fachos dirigent nos villes.

Depuis 1988, le Front National parade dans les rues de Paris le 1er mai. Il est temps d?organiser la riposte.

 

Le jeudi 1er mai 2014 au matin aura lieu à Paris une manifestation antifasciste. Pour rendre hommage à Brahim Bouarram, mais aussi à Ibrahim Ali, et à Clément Méric. Mais aussi pour dire « Non » au Front National, dire « Non » à la haine, dire « Non » à cette violence. Nous rejoindrons le Pont du Carrousel, lieu de la commémoration unitaire annuelle.

 

Rendez-vous jeudi 1er mai, 10h30,
à la Place Saint Michel

 L?après-midi, nous serons présentEs, avec le réseau VISA (Vigilance et Initiative Antifasciste) à la manifestation syndicale. Vous pouvez passer discuter, nous soutenir, récupérer du matériel (affiches, autocollants, tee-shirts). 


Rendez-vous jeudi 1er mai, 14h30, à l'angle des rues Roubo et Faubourg St Antoine (Métro Faidherbe Chaligny) !

 Marine se fait couler un bain

 

 

Commentaires

Merci, je viens de paratger l'article sur mon blog

Écrit par : L'Indigné | 01/05/2014

Merci bonne soirée, j'espère te voir ce jeudi :)

Écrit par : Citoyenactif | 01/05/2014

Merci, je viens aussi de faire circuler sur mon blog. A demain :)

Écrit par : L'Indigné Révolté | 01/05/2014

Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Écrit par : Linda | 01/05/2014

Des messages renvoyant à ton blog paraissent sur ce blog http://zec.blogs.letelegramme.com/
Outre le fait qu'ils utilisent la même adresse IP - utilisées par 6 blogs différents - , ils sont également associés à 33 adresses mail avec un problème manifeste d'usurpation d'identité.

Je pense que l'audace va consister à vite mettre de l'ordre dans ce fatras.

Cordialement

les Zèbres du 1er mai

Écrit par : Zeck | 01/05/2014

Cela fait beaucoup en effet.

Je vais regarder et corriger cela

Cordialement

Écrit par : Citoyenactif | 01/05/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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