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14/06/2014

Tant qu'il y aura de l'argent

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Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude."Envoyé par Laura
De La Servitude Moderne  par ClaVieFrere2011

L'augmentation des besoins asiatiques en gaz naturel pourrait faire les affaires de la Russie, et tout particulièrement de son géant gazier Gazprom, qui sont en froid avec leur principal client, l'Union européenne. Depuis le conflit autour de la Crimée et de l'Ukraine, les Européens semblent en effet plus décidés que jamais à alléger progressivement leur dépendance aux importations de gaz russe, qui représentent 25% de leur consommation.

Sans vouloir créer des liens de cause à effet qui n'existent peut-être pas, je note cependant que l'Allemagne vient d'autoriser la fracturation hydraulique sur une très grande partie de son territoire. Une autorisation qui ouvre la voie à l'exploitation des réserves de gaz de schiste.

Reste à estimer le potentiel du sous-sol allemand en la matière. Selon les chiffres du département américain de l'Energie, cité par Le Figaro, celles-ci se monteraient à 476 milliards de mètres cubes, ce qui représente six ans de consommation allemande. Le Figaro en profite pour glisser l'information suivante : les réserves allemandes ne représentent qu'environ un huitième des réserves françaises... A bon entendeur !

 

Le sable - Enquête sur une disparition

La décision allemande s'inscrit manifestement dans deux tendances fortes : celle de la montée de la consommation de gaz et le nouveau battage des cartes dans ce secteur 

Des chiffres que je prends tout de même avec des pincettes car le département de l'Energie vient de faire la une en révisant à la baisse -- et de 96% !!! -- les réserves exploitables de pétrole de schiste de ce qui était jusqu'à lors considéré comme le principal champ américain, celui de Monterey en Californie.

La décision allemande s'inscrit manifestement dans deux tendances fortes : celle de la montée de la consommation de gaz et le nouveau battage des cartes dans ce secteur .

 

Le sable - Enquête sur une disparition

 



La Japon se tourne vers la Russie
Je vous disais que face à l'envolée de sa facture énergétique, et alors que certaines de ses centrales nucléaires ne devraient pas entrer à nouveau en activité, le Japon se trouve dans une position délicate. L'Archipel exploite toutes les voies qui s'offrent à lui pour s'assurer des approvisionnements gaziers réguliers... et de préférence à un tarif concurrentiel. Et se tourne vers la Russie...

Un groupe de 33 députés japonais a en effet remis sur le tapis un projet concernant la construction d'un gazoduc entre l'île de Sakhaline (russe) et la préfecture japonaise d'Irabaki, soit 1 350 km de tuyaux. Ce projet vieux de 10 ans, et dont la construction est estimée à 6 milliards de dollars, pourrait fournir au Japon l'équivalent de 17% de sa consommation annuelle de gaz.

L'axe Moscou-Pékin
Le Japon n'est pas le seul à lorgner du côté de la Russie. La Chine est aussi sur les rangs. Les deux pays viennent de signer ce que l'on peut appeler sans exagération un méga-contrat, de 400 milliards de dollars sur 30 ans. Ce contrat, qui était en négociation depuis 10 ans (!!!), met en jeu les deux géants énergétiques nationaux que sont Gazprom et China National Petroleum Corp. (CNPC) qui seraient (au conditionnel, nous y reviendrons) parvenus à se mettre d'accord sur un prix de 350 $ le millier de mètres cubes de gaz.

Les deux pays viennent de signer ce que l'on peut appeler sans exagération un méga-contrat, de 400 milliards de dollars sur 30 ans

L'affaire semble en or pour Gazprom qui peut envisager sereinement la perte d'un peu de chiffre d'affaires avec l'Union européenne si celle-ci parvient à diversifier un peu plus ses approvisionnements en gaz.

D'ailleurs, une petite phrase de M. Medvedev lors d'un entretien accordé à Bloomberg le mois dernier confirmait la stratégique russe : "Si l'on envisage le pire, de manière purement théorique le gaz qui ne serait pas livré en Europe peut être envoyé (...) en Chine".

L'affaire est donc claire : la Russie veut créer un nouvel axe gazier avec l'Asie.

Et nombre de commentateurs ont salué le succès majeur que représentait le contrat signé avec la Chine pour Poutine.

Si l'on envisage le pire, de manière purement théorique le gaz qui ne serait pas livré en Europe peut être envoyé (...) en Chine

Le contrat du siècle ?
Mais est-ce vraiment si simple que cela ? Et Gazprom peut-il se targuer d'avoir mené la négociation du siècle ? Pas si sûr...

Et tout d'abord parce que la Russie ne va pas se lancer dès demain -- ni après-demain -- dans les livraisons. Au préalable, il faudra construire un nouveau gazoduc reliant la Russie à la Chine, un projet estimé à au moins 22 milliards de dollars.

Problème supplémentaire, les deux pays ne sont pas d'accord sur la forme que doit prendre ce fameux gazoduc. Moscou veut un gazoduc unique que la Chine partagerait avec la Corée du Nord et le Japon. Pékin souhaite quant à lui bénéficier de son propre gazoduc et soutient la construction d'un double gazoduc.

Et puis il y a la question du prix. Les médias russes avancent le chiffre de 350 $ le millier de mètres cubes, sans que ce chiffre ait été confirmé du côté chinois. A titre de comparaison, en moyenne, le tarif appliqué par Gazprom à ses clients européens en 2013 était de 370 $ le millier de mètres cubes.

Gazprom_russie - Vidéo Dailymotion,

Gazprom un géant qui fait peur] - Vidéo Ina.fr

 
Pékin avait plusieurs atouts dans sa poche pour faire baisser les prix. Et tout d'abord, l'envie de Poutine de mettre enfin un terme à des négociations qui achoppaient depuis une décennie sur une histoire de prix. Difficile donc de croire que Pékin n'a pas obtenu un important rabais sur le prix de gaz.

Mais surtout, ce qui devrait faire réfléchir la Russie avant de crier victoire, c'est le côté manifestement infidèle de la Chine. Si Gazprom pense avoir signé un contrat exclusif avec Pékin, il devrait rapidement déchanter.

Premièrement parce que, pour le moment, la Chine n'a pas réellement besoin du gaz russe, et ce même si sa consommation de gaz naturel ne cesse de progresser. Celle-ci est en effet passée de 24,5 milliards de mètres cubes en 2000, à 130 milliards en 2011 puis à 170 milliards en 2013. Et la marge de progression est très importante. Si le gaz ne représente aujourd'hui autour des 6% de la consommation nationale énergétique, Pékin s'est fixé comme objectif de faire monter cette proportion à 10% en 2020 et même à 30% en 2030.

Conclusion, la demande devrait atteindre les 230 milliards de mètres cubes en 2015 et 380 milliards en 2030.

La Chine n'a pas réellement besoin du gaz russe, et ce même si sa consommation de gaz naturel ne cesse de progresser

Dans une prochaine  nous nous intéresserons aux différents axes de la stratégie chinoise pour s'assurer des approvisionnements en gaz ainsi que les moyens pour vous d'investir sur l'explosion de la demande asiatique.

 

La Russie fait des infidélités gazières à l'Europe... avec la Chine
Cécile Chevré, rédactrice de Croissance & Opportunité

 L'histoire des choses (VOSTFR) - YouTube : :  (The Story of Stuff) est un documentaire américain animé au sujet du  cycle de vie des produits de consommation.

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