Avertir le modérateur

03/07/2015

Les défis des Égyptiens

n

 

L'Egypte est engagée dans un bras de fer entre le gouvernement toujours plus répressif avec les frêres musulmans et attaques régulières de l'Etat Islamique.

 

L'escalade de la violence en Egypte. Hier le Sinaï a été l'une des journée les plus sanglante de son histoire avec une vague d'attentats. Des djihadistes qui disent venger les Frères Musulmans ciblent d'une répression sans pitié. En Egypte, la réponse du gouvernement est une loi antiterroriste encore plus dure. En seulement trois jours, l’Egypte a été secouée, au Caire, par un assassinat politique soigneusement planifié celui du procureur général et dans le désert du Sinaï, par une offensive sans précédent par son ampleur des jihadistes de l’Etat islamique où une centaine de soldats, policiers et civils ont trouvé la mort.

 

Dans le sinai, le Block aout médiatique est quasi totale. Des fumées d'explosions aux loin, ce sont les seules images que nous aurons qui pourtant a été l'une des journées les plus meurtrières qu'est connue l'Egypte depuis longtemps. Dans ce coins de désert ou Daesch a une filiale, les djihadistes ont lancé une série d'attaques sans précédent contre un commissariat a Cheikh Zouweid et au même moment contre une quinzaine de barrages militaires. Le porte parole de l'armée livre le bilan officiel à la télé : " 17 de nos hommes sont tombés en héros et en martyr et prèt d'une centaine de terroristes ont été tué". En réalité, il y aurait au moins 70 soldats et civiles tués. Il y a deux ans l'armée a lancé une vaste offensive contre les djihadistes dans le Sinaï, mais les attentats non jamais cessés, au contraire ils sont de plus en plus perfectionnés et sophistiqués.

 

Lundi au Caire, c'est un des plus haut représentant de l'Etat, le procureur général qui a été tué. Le procureur était clairement un symbole, tout comme Palmerie en Syrie. Symbole de la répression du régime contre les islamistes. A ces funérailles, le président Al Sissi en a profiter pour annoncer un nouveau tour de vis : " Nous n'attendrons pas qu'ils nous massacrent. Nous allons amender la loi de façon de rendre justice le plus rapidement possible".  Cette nouvelle loi antiterroriste doit encore durcir les peines , alors que la peine de mort est déjà distribuée a tour de bras. Plusieurs centaines de Frères musulmans attendent leurs exécutions. Bien plus que les djihadistes, c'est la confrérie en particulier et les opposants en général que l'on réduit au silence. Selon Amnesty International, l'Egypte d'Al Sissi est devenu plus répressive que celle de Moubarak.

 

COMMENT S’EXPLIQUENT LES FAILLES DU SYSTÈME SÉCURITAIRE ?

Selon Libération «Les deux actes terroristes sont survenus, l’un la veille, l’autre le lendemain, du 30 juin. Cela montre de vraies lacunes des renseignements égyptiens, qui s’attendaient évidemment à des événements de cette nature, autour de cette date», fait remarquer Hassan Nafaa, analyste politique égyptien. Le 30 juin, il y a deux ans, des manifestations massives ont demandé la démission de Mohammed Morsi, et entraîné sa déchéance, le 3 juillet 2013, par le ministre de la Défense d’alors, aujourd’hui président de la République, le maréchal Abdel Fattah al Sissi.

QUELS SONT LES BUTS DE L’OFFENSIVE DE L’ETAT ISLAMIQUE AU SINAÏ ?

«L’attaque d’hier ressemble tout simplement à une manœuvre militaire, selon Massad Abu Fajr, activiste bédouin du Nord Sinaï. Les djihadistes ont attaqué la police et l’armée, placé des bombes pour miner les routes, et environ douze heures après le début de l’opération, se sont retirés – leur manœuvre était finie. Ils ont entraîné leurs troupes à prendre et tenir une ville, c’est une évolution par rapport à leur technique habituelle de guérilla. Selon moi, ils n’ont pas perdu plus de 5% de leurs effectifs.»

 

Les affrontements entre armée et police d’un côté, et groupes armés au Nord du Sinaï ne sont pas nouveaux. Au cours de ces deux dernières années surtout, les chiffres officiels parlent de centaines de morts. Dans le vide sécuritaire qu’a connu l’Egypte après le soulèvement de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak, les groupes de la péninsule auraient proliféré et augmenté leur arsenal, profitant des divers trafics de la région, d’êtres humains, d’armes, de drogue. Pendant l’année au pouvoir de Mohammed Morsi, un calme apparent était revenu, mais ses détracteurs l’expliquent par l’inaction des forces de sécurité, qui n’auraient conduit qu’à l’augmentation du nombre de djihadistes dans le Sinaï.

C’est cependant sous le régime du Conseil militaire, durant l’année qui a suivi la chute de Moubarak, que la plupart des djihadistes sont sortis de prison et auraient rejoint le Sinaï – et non sous les Frères, d’après une enquête d’Hossam Bahgat. A l’été 2013, en réponse à un attentat meurtrier dans la péninsule, l’armée égyptienne recevait pour la première fois la permission israélienne d’utiliser des armes de guerre dans une portion de son territoire où cela lui était auparavant interdit en raison des accords du traité de paix entre les deux pays. Depuis, les habitants du Nord Sinaï rajoutent à leurs griefs habituels – désintérêt de l’Etat, sous-développement, répression sanguinaire de l’ère Moubarak, et mépris de la population locale, les Bédouins – celui des victimes civiles imputables aux forces de sécurité ou aux groupes armés.

L’un de ces groupes djihadistes avait fédéré beaucoup de groupuscules, Ansar Bayt al Maqdis. A la fin de l’année dernière, il se range sous la bannière de Daesh en prenant le nom de «l’Etat (ou la «province») du Sinaï». Vraie allégeance, effet de mode, ou désir de bénéficier du soutien du mouvement, les analystes sont divisés.

EST-CE L’ENGRENAGE VERS UNE GUERRE CIVILE ?

La branche égyptienne de l’organisation a revendique l’attaque meurtrière de mercredi

«Ces deux attaques sont d’une ampleur inégalée, les combattants de l’EI ont notablement augmenté leurs capacités offensives et la réaction du gouvernement est une fuite en avant. C’est un tournant politique dangereux», déplore Hassan Nafaa qui s’inquiète «de nouvelles lois répressives alors que nous n’avons pas de Parlement et que tous les pouvoirs sont concentrés dans les mains d’un seul homme ! Accuser sans preuve les Frères musulmans de l’assassinat du procureur ! Il s’agirait plutôt selon mon impression, d’un groupe terroriste semblable à Daesh, comme au Sinaï».


La radicalisation de nouveaux groupuscules

Malgré la restructuration d’une organisation clandestine en Egypte, les responsables de la confrérie n’ont plus qu’un contrôle relatif sur la base islamiste. « L’exclusion des islamistes du champ social et politique entraîne une radicalisation des partisans des Frères musulmans qui ne croient plus en la justice et en la démocratie et adoptent une stratégie de rejet vis-à-vis du politique. Au sein de ce vaste mouvement de protestation, la jeune génération et certains groupes penchent en faveur d’une stratégie plus radicale qui ne sera jamais déclarée ni assumée », estime le politologue égyptien Achraf Al-Chérif. L’expert en contre-terrorisme de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels, Chérif Mohie Eddin, attribue à des éléments de la confrérie des actions de sabotage qui ont visé les réseaux d’électricité et de télécommunications, au printemps 2015

 

La marginalisation politique et économique de la population, ainsi que la répression féroce et l’emprisonnement de milliers de Bédouins, après les attentats de Taba et Nuweiba en octobre 2004, et ceux de Charm El-Cheikh en juillet 2005, « ont alimenté un désir de vengeance contre les forces de sécurité », explique Omar Achour, spécialiste du Sinaï à l’université d’Exeter, en Grande-Bretagne

 

Depuis son allégeance à l’EI en novembre 2014, sous le nom de « Province du Sinaï », le groupe semble avoir accru ses capacités opérationnelles et accéléré sa convergence avec les branches actives en Syrie, en Irak ou en Libye. L’offensive spectaculaire contre les forces de sécurité, mercredi 1er juillet, est la dernière d’une série d’attentats au degré de sophistication accru. La porosité des frontières avec le Soudan et la Libye, et les prises militaires, lui offrent une source intarissable d’armements à la pointe.

 

Après quelques actions remarquées au Caire en 2013, la menace djihadistes a été contenue au Sinaï par le succès des opérations militaires égyptiennes. Les experts sont convaincus que le groupe cherche à étendre son champ d’action au travers de cellules clandestines hors du Sinaï. Fin mai, il a appelé à des attaques contre les juges sur tout le territoire, après l’exécution de six de ses membres par les autorités. Certains experts soupçonnent le groupe d’être derrière l’attentat contre le procureur égyptien lundi, ou encore celui déjoué contre le site touristique de Louxor, le 10 juin, qui n’ont pas été revendiqués à ce stade.

 

 Dans le documentaire " Daech, naissance d'un Etat terroriste - 04/02/2015 - YouTube explique que l'organisation prospère sur les braises cette "guerre de religion" : «  Au sunnite humilié ils promet la vengeance, au chiite détesté le feu et Bagdad  ( et Damas ) est sa prochaine cible »  dit le documentaire.  « Une bonne partie des sunnites ne supportent plus le comportement du gouvernement Irakien, ni des milices chiites » . Ce peut être aussi le cas pour les sunnites en Syrie face au gouvernement de Bachar El Assad et maintenant des sunnites des Frères musulmans face au gouvernement d' Al Sissi 

 

 

Sur le même sujet :

 

L’Egypte face à une menace terroriste protéiforme

Le Monde.fr

                                 RÉCIT

Israël inquiet de la menace croissante de l'Etat islamique dans le Sinaï et à Gaza 

 

Par Nissim Behar

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu