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05/06/2016

Merde in France

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Depuis 2008, nous sommes rentrés dans une crise du capitalisme d'une ampleur comparable à la crise de 1929. Si une série de phénomènes déjà bien présents : endettement massif, pauvreté, chômage, etc, s'accélèrent, la perspective de changements importants et rapides de notre mode de vie s'ouvrent dans une mesure qu'il est encore difficile d'estimer. Une chose est sûre : comme le récitaient en cœur les médias britanniques durant les émeutes de l'été 2011, le business doit continuer.
 
 
Le nouveau capitalisme  : "
Le nouveau capitalisme
 
« Le capitalisme est en train de se transformer et connaît une nouvelle étape dans son évolution historique : c'est le passage du « capitalisme fordiste », qui a prévalu dans l'après-guerre, au nouveau « capitalisme actionnarial » (...) 
 
      Suite au régime fordiste, quel nouveau régime s'est progressivement mis en place ?
 
collectif RISCdont les textes affirment le caractère structurel de la crise actuelle du capitalisme.
 
On entend a l'extrême gauche et même à l'extrême droite une volonté de revenir a des politique kénésienne ( nationalisation, controle accrue de l'Etat sur l'économie, grand plan routier productiviste.et de l'activité industrielle...) et une nostalgie des années 50 à 70 avec le pleine enplois. C'et moyens efficace a l'époque, ne le serait plus aujourd'hui pour combattre le chomage de masse, la précarisation, la contestation sociale de l'ordre morale et économique. Elle était du en France a reconstruction a marche forcé de l'Europe après la destruction des structures économique et politique  pendant la première et la seconde guerre mondiale et ensuite avec une orientation vers une logique libérale puis néolibérale en adhérant au blog de l'est contre le blog de l'est. Ensuite la crise de la dette, puis la crise écologique ( catastrophe climatique, innondation, sécheresse, cyclone....) sont autant de conséquence de la crise structurelle du capitalisme

 
L'essoufflement de la croissance dans les années 1970 avec ralentissement de la croissance et la montée de l'inflation provoque une baisse des gains de productivité et des profits des entreprises cf l'effondrement du SMI. le taux de profit plonge. La perte d'efficacité des méthodes tayloriennes d'organisation du travail entraîne la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus. Le capitalisme va devenir un capitalisme actionnarial. cf La vitesse n'est que...l'Etat et la noir finance : NOIRE FINANCE - La grande pompe à phynances - Arte EP01.flv

 
Pourquoi parler de crise ?
 
Merde in France
Posted on 22 avril 2012 by risc
Aujourd'hui, la France n'est pas touchée par la crise de la même façon que d'autres pays européens comme la Grèce, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande, le Portugal, etc. Cela ne veut pas dire qu'elle ne le sera pas mais, pour l'instant, les mesures d'austérité n'ont pas divisé les salaires par deux et les coupes budgétaires n'empêchent pas l'Etat de maintenir encore une certaine protection sociale (sécurité sociale, allocations familiales et de chômage, revenu minimum, aide au logement..) de la population.
 
Plusieurs pistes peuvent être avancées pour comprendre pourquoi la crise ne nous touche pas encore de plein fouet.
 
Rappelons tout d'abord que la France fait partie des dix premières puissances économiques mondiales.Qu'elle a été un des pays fondateurs de l'Union Européenne et de la zone Euro et qu'elle a largement bénéficié du Marché Commun Européen. Qu'elle fut également un empire colonial dont l'héritage lui profite encore aujourd'hui. En gros, elle a une place privilégiée sur l'échiquier économique mondial.
 
La France a profité de la croissance générale entre 1945 et 1973. Ses entreprises ont prospéré durant « les trente glorieuses » grâce à un prolétariat à la productivité optimale, formé et maintenu en bonne santé par un Etat-providence fort, avec un niveau de vie en hausse régulière.
 
Ajoutons que, à l'issue de la seconde guerre mondiale, de grandes entreprises publiques furent constituées (comme l'Agence France Presse) et d'autres entreprises (comme Renault) nationalisées, le tout venant s'additionner aux nationalisations de 1936 pour constituer un pool d'entreprises publiques conséquent et profitable.
 
2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu'il a pris en l'espace d'un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d'abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s'est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l'offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins.
 
Ce qu'on appelle le compromis fordiste[1] : augmenter les salaires en échange d'une meilleure productivité et augmenter ainsi la consommation (ou l'art de donner plus pour reprendre encore plus) a très bien fonctionné en France où les conventions collectives sont négociées au niveau national conjointement par les instances patronales et syndicales. Dans ces négociations, les syndicats ont toujours joué leur rôle de partenaires du patronat en co-gérant la force de travail et en encadrant les luttes.
 
Enfin, l'Etat français a de nombreux atouts pour soutenir ces fonctionnements : centralisé depuis le XVIème siècle, il s'est doté d'une administration forte et répartie sur tout le territoire et d'une police efficace disposant d'un savoir-faire et d'un matériel de pointe. Et tout cela en restant encore aujourd'hui un Etat social, un Etat-providence.
 
Néanmoins la France n'est pas le village d'Astérix et elle n'a pas échappé à la crise générale du capital et aux processus de restructuration qu'elle entraîne depuis les années 70. Des entreprises sont délocalisées, d'autres réduisent leurs effectifs ou ferment leurs portes, 9,5% de la population active (déclarée) est au chômage en fin 2011, le coût de la vie augmente bien plus vite que les salaires et les aides et revenus indirects provenant des avantages sociaux que l'Etat-providence avait mis en place se rétrécissent progressivement, mettant à mal le compromis fordiste.C'est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.
 
Cash investigation - Salariés à prix cassé : le grand scandale / intégrale
 

 
 
 
 
 
 

Celle-ci frappe actuellement les États sous la forme d'une crise budgétaire et de divers programmes d'austérité. Partout en Europe, on nous explique que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu'il va falloir travailler plus et se serrer la ceinture. Face à cette situation beaucoup se retournent vers l'État comme ce qui permettrait d'imposer des limites aux « dérèglements du marché ».
 
« Avec plus d'État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l'État n'est pas ce qui s'oppose à la sphère de l'économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l'économie. La raison en est simple: il doit se servir de l'argent pour financer ses projets. Lorsque l'économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l'Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté

 La gueule de l'emploi - INFRAROUGE
 
uel est donc leur secret ?


Adam Smith, Ricardo défendait le libre arbitre du marché, "la main invisible"; l'autorégulation par le marché des crise et de la croissance : Le marché ! Hélas, "le marché" évoque en France la "finance sans visageLa Finance imaginaire : La Finance imaginaire ) ., une compétition impitoyable broyant les faibles et favorisant l'émergence de forts sans aucun scrupules. Or l'expression "le marché" désigne avant tout -- non pas les places financières sur lesquelles se pressent les brasseurs d'argent -- mais un système dans lequel s'exerce une concurrence dure, une guerre économique entre états et entre entreprise.

Mais pour que s'exerce une concurrence loyale, encore faut-il garantir les mêmes droits à chacun, ne pas accorder passe-droit et prébendes au lobby le plus puissant, que l'Etat n'interviennent pas de "façon caché " afin de sauver le système capitaliste ( système bancaire, automobile, immobilier ....)  par un protectionnisme déguisé . Ainsi l'Etat va défendre Boeing contre Airbus, Apple contre Samsung ... et vice et versa
 
"Plus l'Etat est corrompu plus il y a de lois"
Corruptissima re publica, plurimae leges
Tacite
 
De lois en règlements, circulaires et décrets, nous sommes passés du Code civil et de "nul n'est censé ignorer la loi" à un labyrinthe inintelligible dont le but est de donner "un droit à"... à n'importe quel groupuscule poursuivant ses propres intérêts. Le juge juge non pas le fond de l'affaire, mais le plus souvent la forme. Il va se voir confirmer ou infirmer dans ces convictions par les agruments du demandeurs ou défendeurs aux pourvois et par ces avocats. Ainsi cela créer de fait des inégalités entre ceux qui ont les moyens de se défendre ( les dominants : patrons contre salariés, ...) ceux qui ont encore les moyens d'être dans un syndicats puissants .... Mais les exclus : chomeurs, les chomeurs, les sans papiers.... s'en trouvent  presque automatiquement exclus. Le syndicalisme est resté dans une forme vieille école dans son rapport avec l'économie et le patronat.
  Attention danger travail Pierre CARLES 2003
 
 
Donner la parole à certains RMIstesqui, notamment, tiennent une posture pour le moins
Au bout de cinq ans je ne peux plus me servir de mes mains. J'ai mal aux mains. J'ai un doigt, le gros, j'ai du mal à le bouger. J'ai du mal à toucher Dominique le soir. ça me fait mal aux mains. La gamine, quand je la change, je ne peux p...as lui dégrafer ses boutons. Tu sais, t'as envie de pleurer dans ces temps là. Ils bouffent... Ils ont bouffé des mains. [...] C'est tout ça, tu comprends? T'as du mal à écrire, j'ai du mal à écrire, j'ai de plus en plus de mal à m'exprimer. ça aussi c'est la chaîne pour nous. C'est dur de... Quand t'as pas parlé pendant neuf heures t'as tellement de choses à dire que t'arrives plus à les dire, que les mots ils arrivent tous ensemble dans la bouche. Et puis tu bégayes, tu t'énerves. Tout t'énerve, tout. [...]

C'est dur la chaîne. Moi maintenant je peux plus y aller j'ai la trouille d'y aller. C'est pas manque de volonté, c'est la peur d'y aller, la peur... La peur qui mutile encore davantage, la peur que j'puisse plus parler un jour, que je devienne muet. Je lisais avant, j'ai lu un tas de livres, maintenant je n'ai plus envie de lire. Je n'ai plus envie ! Le besoin ne se fait plus sentir de lire ! Non pas que je connaisse tout, au contraire, mais j'ai plus envie... J'en ai plus besoin.

Et puis quel débouché qu'on a... Je suis rentré à dix-huit ans chez Peugeot en sortant de l'école. J'te dis, j'ai tellement mal aux mains, j'ai tellement des grosses mains, mes mains me dégoûtent tellement et pourtant je les aime tellement, mes mains. Je sens que je pourrai faire des trucs avec mais j'ai du mal à plier les doigts. Ma peau, elle s'en va, je vais pas me l'arracher. C'est Peugeot qui me l'arrachera. Je lutterai pour éviter que Peugeot me l'arrache. C'est pour ça que je veux pas m'arracher ma peau. J'veux pas... J'veux pas qu'on touche mes mains. C'est tout c'qu'on a. Peugeot essaie de les bouffer, de les user, et ben on lutte pour les avoir. C'est de la survie qu'on fait."

, à 37 minutes 53 secondes.
 
 
 
 
L'inégalité est croissante entre le dominant ( le rentier, le patrons, ....) et le précaire, le prolétaire sur les moyens de luttes, de survit dans un système de crise permanente et structurelle du système capitalisme néolibéral . La façon la plus rapide d'avoir plus d'argent consiste à dépenser moins. C'est beaucoup moins fatigant et difficile pour le rentier, le patron de dépenser moins et  vouloir / pouvoir gagner plus, de couper dans ses couts et dans son budget que pour le prolétaire, le précaire qui est surbordonnée au bon vouloir des miette du patron  . Dans le premier cas, on peut devenir plus riche paresseusement ( la rente ) , dans le second cas, il faut se démener. C'est pour cela qu'un pauvre -- qui n'a que le minimum vital -- a plus de mal à devenir riche que celui qui l'est déjà et n'a pas de mal à dépenser moins en coupant dans le superflu.
 

 
Concrètement aujourd'hui les États n'ont le choix qu'entre deux politiques : austérité draconienne ou création monétaire, c'est-à-dire recours à la planche à billets. La première mène à la récession violente, la seconde à l'explosion d'une inflation incontrôlable.
 
Generation Quoi : Master chômage et master classe - INFRAROUGE
 
Le "modèle social" français a peur de la concurrence
Nous sommes environnés de pays dans lesquels la dépense publique représente 5% à 10% de moins de PIB qu'en France : la Suède, la Suisse, l'Allemagne, la Grande Bretagne, les Pays-Bas... En fait le seul pays qui dépense plus que nous parmi les 27 pays de l'Union européenne est le Danemark.

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Generation Quoi : Bac ou crève - INFRAROUGE

 
Cela ne s'est pas fait du jours au lendemain et participe a un travail de sappe du patronat, du système gouvernementale et de certains syndicats cosncient ou non ( CFDT, CFTC...°


Le syndicalisme reste pour la plupart de la vieille école dans leurs rapport avec l'Etat et le patronant. Ils rèvent pour la plupart, dans leur forme hierarchique, moins défendre le salariés et dénoncés l'ordre social ( inégalitaire ; dominant / dominés) que de garder une place sur l'échéquier politique, prendre des voix aux autres et avoir des rémunération de leurs adhérent. En tout cas, pas de dénonciation structurelle du capitalisme avec la défense de l'utogestion ou la charte d'amiens ( sauf pour le folklore ( les luttes de LIP), mais entre les paroles et les actes, il y a plus d'un pas à franchir.
 
Bien sur, la CNT, une partie de SUD Solidaire et de la CGT s'y réfèrnte encore, mais cela ne suffit pas a changer durablement le rapport de force
 
Des entreprises publiques sont privatisées et les services publics gérés de plus en plus en tant que centres de profit.

Du coup, depuis les années 80, les luttes deviennent de plus en plus défensives : on ne se bat plus guère pour une augmentation de salaire mais pour conserver son travail, son niveau de vie, obtenir de meilleures conditions de licenciement.
 
L'histoire du syndicalisme français Fr 2003 4l5 La crise du syndicalisme 1ère partie Toute l'his
 
Parallèlement à ces luttes de négociation (avec le patronat et/ou l'Etat), se développent de plus en plus des révoltes urbaines comme les émeutes dites « de banlieue » de 2005 qui ont éclaté un peu partout dans le pays avec des affrontements quotidiens avec la police, des attaques de commerces, des saccages et incendies de bâtiments publics.
 
Ainsi, le prolétariat lutte à différents niveaux et ce peut être aussi bien avec des revendications très défensives que sans revendication du tout en s'affrontant directement à la police et aux infrastructures de l'Etat, en pillant et détruisant les marchandises qu'il peut si difficilement s'offrir d'ordinaire.
 
Les luttes défensives les plus emblématiques sont celles qui précédent des fermetures d'usine comme, en 2000, celle des travailleurs de Cellatex. Ceux-ci avaient menacé de faire sauter leur usine et de déverser des milliers de litres d'acide sulfurique dans la rivière voisine pour obtenir une compensation spéciale à leur licenciement de plus de 22 000 euros et des garanties particulières de reconversion.
 
Le moyen de pression utilisé, qui sera repris dans plusieurs autres entreprises en liquidation au cours de la décennie qui suit, peut sembler avant toutspectaculaire. Mais, outre le fait que ce type de moyen d'action est en rapportavec la violence des attaques des capitalistes, il s'inscrit aussi dans la lignée du syndicalisme de conflit et des pratiques d'action directe [2].
 
Les syndicats, s'ils savent eux-mêmes très bien jouer de ces pratiques pour soutenir leurs propres objectifs, ne parviennent pas toujours à maîtriser les séquestrations de dirigeants, les occupations violentes et les destructions diverses causées à la marchandise et à l'outil de travail par une base « déchaînée », pratiques qui se sont multipliées ces dernières années en même temps que les fermetures de sites de travail. D'où de nombreux conflits des syndicats avec leur base.
 
Le moteur du mode de production capitaliste, c'est l'accroissement constant des profits.
Pour y parvenir en situation de crise, il faut diminuer encore plus le coût global du travail (augmentation de la productivité, création de zones franches, réduction de taxes et de charges sociales...) et, pour cela, rendre le travail de plus en plus flexible et précaire (horaires et durée des contrats au gré du patronat, travail par intérim ou en sous-traitance, externalisation forcée de travailleurs obligés de se mettre à leur compte...).
 
En conséquence, les gouvernements successifs ont pour mission de réformer le contrat de travail et de diminuer les dépenses liées à la reproduction de la force de travail (santé, enseignement, retraite et aides diverses).
 
Sur le contrat de travail, l'une des réformes les plus marquantes porte sur les conditions du départ en retraite. C'est cette réforme, commencée en 1993, qui provoque le mouvement de lutte de l'automne 2010. Depuis la fin mars, les syndicats avaient déjà organisé 7 journées d'action et de manifestations contre cette réforme. En octobre démarre une série de manifestations et de grèves reconductibles (en vrac : SNCF, routiers, raffineries de pétrole, éboueurs et agents municipaux, cantines scolaires, crèches et autobus à Marseille, lycées et universités...) qui vont durer jusque vers la fin novembre.
 
La contestation de la réforme se solde par un échec total et son application suivra inexorablement son cours. Pour la première fois, alors que de précédents projets de réforme du contrat de travail (comme par exemple : le « Plan Juppé » en 1995 (Grèves 1995: ou le Contrat Première Embauche en 2006), avaient été amendés ou annulés sous la pression des luttes, l'Etat français n'a fait aucune concession, montrant ainsi que toute revendication était irrecevable.
 

 
Raté dans ses objectifs « politiques » visés par les syndicats (lesquels ont tout de même bien réussi à épuiser les luttes avec 14 journées d'action et de manifestations en 8 mois !), ce mouvement a globalement mis en évidence la faiblesse du niveau des luttes en regard de la violence d'une attaque aiguisée par la crise et d'un rapport de force nettement en faveur du capital.
 
Cependant, ce mouvement a aussi vu se développer des pratiques de luttes au-delà du refus de la réforme du système des retraites, sur la base de l'achat global de la force de travail qui comprend tous les coûts nécessaires non seulement à payer les travailleurs mais aussi à ce qui leur permet de rester productifs, de survivre et de faire survivre leur foyer. Il a de ce fait impliqué le prolétariat au sens large, au-delà de la seule classe ouvrière et des catégories d'âge et d'activités directement concernées par cette réforme.
 
La difficulté croissante de l'activité de grève – et encore plus celle d'une grève avec occupation- ( en cause, notamment: la perte de revenu insupportable pour beaucoup dans le contexte présent, la peur fréquente de perdre son emploi et de mettre en danger son entreprise dont celui-ci dépend, les restrictions du droit de grève dans certains secteurs, les statuts atomisés des travailleurs au sein d'une même entreprise...) et l'impossibilité de faire grève our une fraction non négligeable du prolétariat (chômeurs, intérimaires, précaires, assistés sociaux, travailleurs au noir, sans papiers...) ont favorisé le développement :
 
- des pratiques de blocage hors des lieux de travail proprement dits : on «bloque» les raffineries et les incinérateurs à leurs entrées (sans hélas les arrêter totalement ce qui impliquerait ensuite une longue remise en route que les syndicats ont veillé à éviter ! !) ; des travailleurs municipaux d'autres secteurs d'activité se retrouvent pour bloquer un incinérateur dont le personnel n'est pas lui-même déclaré gréviste ; les « bloqueurs » appellent des groupes ou des individus extérieurs à venir les rejoindre etc.. ce qui, potentiellement, permet de dissocier ou d'associer librement grève et blocage et ouvre les lieux de travail et les collectifs de lutte à tous, sachant que les syndicats même « inviteurs » ont bien veillé au grain tout de même ![3].
 
- des « AG Interprofessionnelles », instances anti et/ou para-syndicales qui intègrent travailleurs syndiqués ou non, chômeurs, précaires, retraités, étudiants, titulaires des minima sociaux etc ...et tentent des coordinations directes globales et non plus sur la base d'une profession, d'un métier, d'un secteur, d'une entreprise. Malheureusement, ces AG ont souvent été investies par des groupes d'extrême gauche, leur donnant un sens organisationnel et avant-gardiste.
 
Viennent se rajouter aux deux phénomènes précédents :
 
- le fait que ce mouvement est entré en synergie avec une série de conflits antérieurs et/ou parallèles portant sur des revendications salariales et de conditions de travail notamment dans les raffineries de pétrole et différentes entreprises publiques ou para-publiques (les hôpitaux parisiens, le musée du Louvre, les archives nationales, les éboueurs, les travailleurs du port de Marseille...).
 
- la forte mobilisation des lycéens, pourtant pas encore intégrés au monde du travail mais réagissant en futurs exploités, au besoin avec violence (cf. les saccages au centre-ville de Lyon et au tribunal de commerce de Nanterre)
 
Dans ce contexte, on comprend bien pourquoi a surgi le slogan Bloquons l'économie. Même si ce slogan n'est pas plus « révolutionnaire » (il ne s'agit pas de « détruire l'économie ») qu'il ne s'est révélé efficace (le moins qu'on puisse dire c'est que l'économie française n'a été que très modérément « bloquée » !!!), il présente l'intérêt de sortir de la sphère des revendications partielles pour s'en prendre directement à l'économie.
 
Du côté du coût de la reproduction de la force de travail, les réformes portent sur la baisse des dépenses de santé et d'éducation et, plus généralement, la rentabilisation des services publics, la hausse des cotisations sociales et des taxes, des réductions et suppressions de minimas sociaux... Si la mise en place des réformes a été progressive depuis les années 80, elle s'accentue depuis la crise de 2008, rendant la survie de plus en plus difficile à la majorité de la population, et encore plus aux travailleurs précaires, « réservistes » de la force de travail, et aux travailleurs surnuméraires, ceux dont le capital n'a plus l'usage. Pour ces derniers, la seule chance à s'employer est le secteur de l'économie informelle, lequel appartient tout de même en réalité à l'économie globale.
 

 
Cette situation implique un contrôle social accru de l'Etat par un renforcement de la répression : fermeture des frontières, chasse aux sans-papiers, conditions tyranniques d'obtention ou de maintien des allocations de chômage et des minima sociaux, coupures de gaz et d'électricité et expulsions locatives en toutes saisons, enfermement des jeunes déviants... deviennent notre paysage quotidien et suscitent régulièrement des résistances et révoltes de prolétaires subissant l'accroissement de leurs difficultés financières et une répression de plus en plus omniprésente.
 

 
L'émission du jour
 CLIQUEZ ICI POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION du mardi 18 février 2014
 
 

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris
 
 
Nos vies discount enquête sur la casse sociale H264 848x480
Attention danger travail est un film documentaire de Pierre Carles
 
RISC – Revue Internationale Sur la Crise | Paris :
 
revue risc | Tant qu'il y aura de l'argent ... 
 
La révolution technologique 2LE NÉOLIBÉRALISME, STADE SUPRÊME ? : citoyen actif, Je reprends LE NÉOLIBÉRALISME, STADE SUPRÊME ?  et Pourquoi parler de crise ?  
DE LA SERVITUDE MODERNE - YouTubeCrise aux pays des merveillesLien entre capitalisme et l'endettement - Antalya, La Finance imaginaire - Hensozu
 BA Les Infiltres Vendredi Prochain 22H50 Sur France 2 [ Inédit ] Pôle Emploi entretien #1 - YouTube :   
Reportage "Ils luttent contre le chômage" - YouTube :57 min Enquête : "Pôle emploi : Peugeot-Sochaux, Cadences en Chaîne - YouTube : 53 min , Pôle emploi au coeur de la crise :Austérité à tous les étages Créé le vendredi 24 mai 2013 Modèle allemand & social libéralisme Créé le lundi 20 mai 2013 Dossier d'été: l'austérité Créé le dimanche 28 juillet 2013 1 , Grande Bretagne : Un contrat Ultralibéral Créé le mardi 03 juin 2014 , NOS VIES DISCOUNT Créé le mercredi 20 mars 2013 , affaire Jérome CahuzacCréé le mercredi 03 avril 2013 Modèle allemand & social libéralismeCréé le lundi 20 mai 2013
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