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26/02/2017

Pakistan - Inde

 

Le Pakistan compte désormais officiellementn Pakistan: plus de 207 millions d'habitants, selon les résultats préliminaires d'un recensement mené au printemps, soit une hausse de 63% par rapport au dernier décompte effectué il y a 19 ans.

Les résultats publiés ce soir sur le site internet du Bureau des statistiques du Pakistan (PBS) montrent un taux de croissance annuel moyen de 2,4% depuis 1998, date à laquelle le dernier recensement avait fait état d'une population de 132,35 millions de personnes.

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 Les résultats du décompte mené de mars à juin devraient aussi permettre de mieux mesurer le poids démographique des minorités dans la république islamique. Il faudra encore plusieurs mois pour analyser le détail des données récoltées.

Le recensement devrait servir de base pour modifier la carte électorale des élections législatives prévues en 2018, la répartition des sièges entre les provinces à l'Assemblée nationale, ou encore la distribution des fonds fédéraux lors des prochains budgets.

 
Pendant plus de trente ans, Islamabad a soutenu des groupes djihadistes pour satisfaire ses intérêts stratégiques. Plus largement, aujourd'hui, les talibans pakistanais menacent directement l'État. Islamabad n'a pas à chercher bien loin les racines du problème. Pendant plus de trente ans, le Pakistan a inspiré, entraîné, soutenu, financé, protégé et instrumentalisé différents groupes islamistes radicaux. Ces djihadistes, dont les plus connus sont les talibans afghans, étaient autant d'armes au service des intérêts stratégiques pakistanais, contre l'Inde dans la région disputée du Cachemire ou en Afghanistan pour donner au Pakistan une profondeur stratégique accrue. L'ISI, les puissants services secrets pakistanais, était le grand ordonnateur de ce jeu complexe, qu'il pratiquait sans toujours en référer aux gouvernements en place à Islamabad.
 

La chute des talibans afghans en 2001 n'a pas interrompu ces manœuvres, et les États-Unis ont eu beau faire, cajoler ou menacer, Islamabad est resté un allié bien peu fiable dans le jeu régional, offrant asile aux talibans et à al-Qaida, tout en poursuivant avec une vigueur variable certains groupes djihadistes.

Cette politique s'est finalement retournée contre ses instigateurs. Le Pakistan fait aujourd'hui face sur son propre territoire à une version pakistanaise des talibans afghans qu'il a contribué à créer et a abrité. L'armée pakistanaise est engagée dans une guerre brutale dans les mêmes vallées de la province de la Frontière du Nord-Ouest, où les Britanniques livraient à l'époque impériale de «splendides petites guerres» contre les Pathans. La version moderne n'a rien de splendide: elle est vicieuse et cruelle, comme vient de le montrer l'attaque de Lahore.

Voici encore trois ans, les États-Unis et les pays voisins du Pakistan émettaient les plus grands doutes sur la volonté d'Islamabad de lutter contre ses talibans, et soupçonnaient l'ISI de continuer à manipuler en coulisses l'organisation. Ce n'est plus le cas. L'armée pakistanaise a commencé sérieusement à s'attaquer à sa version des talibans. Les offensives dans les agences du Nord-Waziristan et de Khyber ont été de grande envergure. Beaucoup de cadres se sont réfugiés en Afghanistan.

Autre signal de changement: la coopération entre les États-Unis et les militaires pakistanais, au point mort depuis l'opération contre Ben Laden en 2011, s'est récemment améliorée. Les Américains ont lancé plusieurs attaques de drones sur le territoire afghan contre des chefs talibans pakistanais, et ont accepté de livrer au Pakistan Latif Mehsud, un responsable taliban capturé l'année dernière en Afghanistan.

Mais il est peut-être déjà trop tard pour Islamabad pour reprendre le contrôle de son territoire. Comme l'Arabie saoudite, qui se voit dépassée dans son fondamentalisme par l'État islamique, le Pakistan, pays créé au nom de l'islam et dont les dirigeants ont systématiquement instrumentalisé la religion à des fins politiques, se voit finalement concurrencé par plus radicaux que lui.

 
WATCH UPFront: India and Pakistan: Forever rivals?
 
 
 
 

ongoing violence in the province has fuelled concern about security for projects in the $57bn China Pakistan Economic Corridor, a transport and energy link planned to run from western China to Pakistan's southern deep-water port of Gwadar.

INSIDE STORY: Pakistan's sectarian tensions

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