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18/02/2018

7 ans après, que reste-t-il des printemps arabes?

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7 ans après, que reste-t-il des printemps arabes ?
Les mouvements de contestation qui ont ébranlé le Maghreb et le Moyen-Orient soufflent en 2018 leur septième printemps. Focus sur trois pays dont les soulèvements ont connu des destinées bien différentes : la Tunisie, l’Égypte et la Syrie.
 
Has the Arab Spring failed Libya and Bahrain?We ask if the Arab Spring has ultimately failed to bring change to Libya and Bahrain, or if there's hope for the future. 

VIDÉO - Les mouvements de contestation qui ont ébranlé le Maghreb et le Moyen-Orient soufflent en 2018 leur septième printemps. Focus sur trois pays dont les soulèvements ont connu des destinées bien différentes : la Tunisie, l'Égypte et la Syrie.

«Nous n'en sommes qu'au début», avertit dans un sourire le chercheur Gilbert Achcar à propos des révolutions arabes, comme pour convier à la patience nos esprits pressés. «Il ne pourra y avoir, dans cette partie du monde, de stabilité politique dans l'avenir prévisible». 7 ans. Déjà. Seulement. L'immolation d'un vendeur ambulant tunisien, la fuite de Ben Ali, les images des rassemblements place Tahrir, la chute de Moubarak, les répressions du régime de Bachar el-Assad à Damas, à Deraa, à Hama, les émeutes à Alger, à Benghazi, à Rabat et Manama. La vague de colère aura, en moins de six mois, renversé la table politique du monde arabo-musulman.

«En Tunisie, nous sommes encore dans le processus révolutionnaire» assure Nadia Chabaane, élue en 2011 à l'Assemblée constituante. «Il y a une importante résistance au changement, mais les progrès en termes de liberté d'expression sont considérables depuis sept ans» ajoute la femme politique, qui documente dans son dernier ouvrage* le chemin politique qui a mené à la nouvelle constitution tunisienne de 2014. «Vous avez réussi à instaurer un État civil là où beaucoup pensaient que c'était impossible» soulignait Emmanuel Macron à Tunis le 1er février. Dans cet «exemple de la Tunisie», des mots du président français, l'apparente sérénité de la transition démocratique est régulièrement altérée par des mouvements de colère. Encore en ce début 2018, les gaz lacrymogènes ont répondu aux pierres et aux cocktails molotov de manifestants tunisiens, venus dénoncer les annonces d'augmentations d'impôts et l'inflation galopante (6,4% en 2017 contre 4,2% un an plus tôt). «Un message politique de la part d'un pan de la population qui n'a plus rien à perdre» analysait alors pour l'AFP le politologue Selim Kharrat. S'y ajoute, pour les Tunisiens et pour le tourisme, le défi sécuritaire. Meurtri par deux attaques en 2015, à Sousse et au Bardo, le pays reste vulnérable, et vient de surcroît d'être placé par le Parlement européen sur une liste noire en matière de blanchiment d'argent... et de financement du terrorisme.

 Quelques kilomètres plus à l'est sur le littoral méditerranéen, quatre mois après l'adoption de la constitution tunisienne, les Égyptiens choisissaient le 28 mai 2014 leur nouvel homme fort: le maréchal Al-Sissi. «C'est une révolution avortée, déplore l'écrivain Robert Solé. Tout s'est très vite retourné comme un gant».

«C'est une révolution avortée. Tout s'est très vite retourné comme un gant»

Robert Solé

Entre les Frères musulmans et l'armée, le combat de boxe a tourné à l'avantage du second, et les gants du maréchal n'étaient pas en velours. «Le peuple égyptien est prêt à tous les sacrifices pour protéger la patrie et préserver son identité millénaire» confiait au Figaro le président égyptien en novembre 2017, évoquant les menaces des Frères musulmans et des terroristes islamistes. Une réponse, aussi, aux ONG qui alertent sur la dérive autoritaire du président. Le 26 mars prochain, Abdel Fatah al-Sissi remettra son mandat en jeu mais il n'a autorisé qu'un seul compétiteur à rejoindre la partie. En janvier, l'ancien général Sami Anan a été arrêté 72 heures après l'annonce de sa candidature à la présidentielle. Sa démarche fut effectuée «sans l'autorisation des forces armées» explique un communiqué.

En Syrie, les premiers mouvements sociaux, en mars 2011, n'ont eu en réponse que le poing ferme de Bachar el-Assad et la main vénéneuse des islamistes. Le court printemps syrien a rapidement laissé place à un hiver interminable et meurtrier: déjà plus de 500.000 victimes et 10 millions de déplacés. «Il y a tout de même l'émergence d'une société civile, note le politologue Ziad Majed, et la renaissance d'une culture syrienne, portée par un besoin de raconter et de documenter ce qu'il s'est passé sous la dictature». La discrète poursuite d'un combat, dont l'issue se décide bien loin de Damas, au gré des sommets réunissant les multiples acteurs impliqués dans la région: la Russie, l'Iran, la Turquie, les États-Unis et leurs alliés occidentaux…

Au Maghreb-Orient des Livres, où se croisaient début février, à l'Hôtel de Ville de Paris, des romanciers, essayistes et chercheurs, une analogie revient souvent: la Révolution française, et son parcours long et chaotique vers une réalité démocratique. L'historien Hamid Bozarslan y a consacré un ouvrage ****: «La comparaison avec 1848 est presque plus saisissante qu'avec celle de 1789. À ce propos, Tocqueville, qui n'était pas de gauche, et Marx, qui l'était, ont remarqué tous deux que des révolutions démocratiques déclenchent des dynamiques inédites, mais peuvent déboucher sur des résultats contraires». Les réalités sociales, confessionnelles et même géographiques des pays s'étant soulevés expliquent aussi la disparité des scénarios.

«Les soulèvements de 2011 ont en revanche démenti cette exception arabe, philosophe Robert Solé. Les Européens de l'Est s'étaient libérés, l'Amérique du Sud s'était libérée, mais on disait des Arabes qu'ils étaient résignés. Ils ne l'étaient pas».

Tunisie, Égypte, Syrie : ils racontent «leur» printemps arabe

VIDÉOS - Déjà 7 ans que la rue arabe s'est soulevée. Retour sur ces révolutions, heureuses, avortées ou réprimées, avec Nadia Chaabane, Robert Solé et Ziad Majed.

Les soulèvements arabes fêtent en 2018 leur septième printemps. Face caméra, trois observateurs reviennent sur les révolutions tunisienne, égyptienne et syrienne.

Nadia Chaabane, élue de 2011 à 2014 à l'Assemblée constituante tunisienne.

 
Nadia Chaabane nous raconte « sa » révolution tunisienne
Élue à l’Assemblée constituante (2011-2014), Nadia Chaabane garde un souvenir vivace de la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011.
 
 
Robert Solé nous raconte « sa » révolution égyptienne
Robert Solé, écrivain et journaliste, se remémore le départ de Moubarak le 11 février 2011, et regrette que tout se soit « retourné comme un gant ».
 
 
 
Libya: From Arab Spring to failed state?
We debate whether today's war-torn Libya can be blamed on the legacy of Colonel Gaddafi's 42 years in power.

 Muammar GaddafiLibyaArab SpringAfricaMiddle East

 

Libya: From Arab Spring to failed state? - UpFront - YouTube
 

A political solution remains out of reach for Libya seven years after the toppling of Colonel Muammar Gaddafi.

The country is grappling with civil war, humanitarian crises and the threat from the Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL, also known as ISIS), leading some to suggest Gaddafi should not have been removed from power.

Was the 2011 foreign intervention into Libya a mistake?

"It [was] a huge mistake and I think both Libyans and the world is paying for it", says Hafed al-Ghwell, a columnist at Arab News and former senior fellow at the Atlantic Council."It was a civil war between two sides of Libya in 2011. There [was], and still [is], significant tribal presence that is in support of Gaddafi and ... still loyal to him," he says. "NATO and Europe intervened on behalf of one side against another."

Mustafa Abushagur, former deputy prime minister of the post-Gaddafi government, disagrees.

"What is going on today is really [that] we are paying for the legacy of the regime," he says. "If the intervention had not happened, Libyans could have been killed, thousands by thousands by the hands of Gaddafi.""When Gaddafi was toppled, there [were] no institutions in the country to be able to carry on," says Abushagur. 

In this week’s Arena, Hafed Al Ghwell and Mustafa Abushagur debate the pros and cons of today's Libya.

What happened to the revolution in Bahrain? We ask Bahraini activist Maryam al-Khawaja if there has been any progress in Bahrain seven years after the uprising.17 Feb 2018 

 

Seven years ago the Arab Spring came to Bahrain as protesters took to the streets to demand reform and - following repression - to call for the ruling Al-Khalifa family to step down. In response, authorities ordered the imprisonment of thousands of activists.

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Source: Al Jazeera News 

Libya: From Arab Spring to failed state? | Libya | Al Jazeera

 

À LIRE AUSSI: 7 ans après, que reste-t-il des printemps arabes?Tunisie, Égypte, Syrie : ils racontent «leur» printemps arabe 

Chroniques d'une Constituante - Demeter

** Ils ont fait l'Egypte moderne - Perrin

*** Syrie, la révolution orpheline - Actes Sud

**** Qu'est ce qu'une révolution? Amérique, France, monde arabe - Cerf

7 ans après, que reste-t-il des printemps arabes ?Par  Renaud Toffier Publié le 09/02/2018 

What happened to the revolution in Bahrain? | Bahrain | Al Jazeera

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