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19/05/2014

Un européen en campagne

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Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien | Eco89. Devrait on dire maintenant pour tout les pays occidentaux cf

"Le grand bond en arrière

 

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Austérité à tous les étages

Par ailleurs, seule l’amélioration du paysage économique permettra aux Etats européens de faire décroître leur dette publique. Or, les gouvernements européens, par leurs décisions, prennent aujourd’hui le risque de casser brutalement la croissance. Ils s’engagent en effet (c’est le point 11 de la déclaration finale du sommet) à ramener tous leurs déficits à 3% dès 2013. Autrement dit, tous les pays, tant ceux qui sont en situation de crise financière que ceux qui ont la confiance des marchés, vont s’engager simultanément dans des programmes d’austérité. Désastre garanti.

 

garzon, manipulation

 

Mise en pratique : la "fin de la crise grecque"

 

Si l’on résume, l’Europe s’apprête à vivre avec :  

·         des taux d’intérêts à court terme en hausse (la BCE vient de relever son taux directeur) ;  

·         des programmes de rigueur budgétaire, partout ;  

·         des efforts de compétitivité redoublés, qui pèseront sur les salaires.

 Sur ce dernier point, le paragraphe 11 évoque explicitement la nécessité de généraliser de tels efforts. Ce qui conduit le Nobel d’économie Paul Krugman à s’étrangler sur son blog :  

« Pendant que les Espagnols réduiront leurs coûts du travail par rapport aux Allemands, les Allemands réduiront leurs coûts du travail par rapport aux Espagnols. Le progrès est en marche ! »

Un petit sparadrap d’un côté, une forte dose d’austérité budgétaire et salariale de l’autre : ce n’est pas ainsi que l’Europe sera remise à flot 

 

Les mauvaises raisons de la baisse du chômage
Par Guillaume Duval
Le taux de chômage a légèrement baissé au dernier trimestre 2013, d'après l'Insee. Hélas ce n’est pas lié à une dynamique retrouvée de l’emploi mais surtout à la baisse du taux d’activité, c’est-à-dire la part des 15-64 ans qui occupe ou recherche un emploi. > Lire la suite

L'inépuisable controverse sur "le" chiffre du chômage
Par Jacques Freyssinet
Inverser la courbe du chômage, mais laquelle ? D'après l'Insee, le taux de chômage a baissé, d'après Pôle emploi il a augmenté. La mesure du chômage ne fait pas consensus et deux sources se concurrencent. > Lire la suite.

 

Face à l’Europe patronale, la solidarité internationale Le nouveau capitalisme 2

Un européen en campagne :

25 mai, ce soir nous suivons le candidat conservateur à la présidence de la commission : Jean Claude Juncker ardent défenseur de la rigueur budgétaire.

 

Européenne : candidat des conservateurs :

  Les 13 ministres des Finances des états membres de la zone Euro, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, et le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, ont discuté du programme de travail de l’Euro groupe pour le premier semestre 2007.

Le Ministre du Trésor Jean-Claude Juncker 

Pour le président de l'Eurogroupe, le programme de travail "gravitera autour de quelques éléments clé", tels la coordination des politiques budgétaires y compris la révision budgétaire à moyen terme, les moyens pour renforcer la croissance économique et de promouvoir l'ajustement au niveau de la zone Euro via les réformes structurelles. D'autres discussions concerneront l'intégration des marchés financiers, la mobilité des travailleurs, la "flexicurité" sur les marchés du travail, la dimension extérieure de la zone Euro, l'élargissement de la zone Euro ainsi que l'examen régulier de la situation économique

 

Les portugais sont admirés dans toute l'Europe" ce sont les mots de Jean Claude Juncker à la présidence européenne Comme ces adversaires des autres partis, le premier ministre luxembourgeois achève sa tournée électorale a 8 jours des élections et aux Portugal, il est resté sur sa ligne : dépenser de l'argent que l'on a pas est irresponsable. pour lui la sortie du Portugal du plan d'aide internationale est la preuve que la rigueur budgétaire est une des clés de la réussite européenne et le fait que l'austérité coute chère. aux portugais est a ses yeux la conséquence des errements des années passées.

 

Avant le Portugal, Junker était en France, pour suivre ses électeurs. Lors de sa campagne, méfiez vous des apparences, il a l'air fatigué, blasé, ne souris presque jamais. Mais derrière cette image, il y a le vieux routier de la politique. Cela fait près de trente ans que le luxembourgeois est dans les cercle du pouvoir européen, mais cette fois, il est en campagne dans 28 pays pour le PPE ( le Parti Populaire Européen).

 

Jean Claude Juncker, candidat à la présidence européenne :

" Une campagne électorale a l'échelle du continent est un peu plus difficile qu'une campagne au grand duché du Luxembourg mais moi j'aime bien visiter  les pays que je connais tous. je ne commence pas aujourd'hui à découvrir l'Europe, je la redécouvre "

 

Il est venu à l'invitation de son vieil ami Alain Juppé. Un joli duo qui se présente aux journalistes, comme la campagne en France se résume à un sujet : la montée du Front National, il est obligé de mettre les choses aux points.

 

Jean Claude Juncker" Si jamais je devais être élu président de la commission européenne, le PPE et l'extrême droite aurait été les seuls a appuyé ma candidature, je renoncerais a ce mandat, je ne me ferais pas élire par la suite '

 

Ecouté comme un sage, Alain Juppé en profite pour se lancer dans un plaidoyer pour l'Europe, agacé de la voir agacer de tout les maux. : «  Matin, midi et soir, nous sommes gavés de messages négatifs sur l'Europe. Donc voila, essayons aussi de temps en temps de positiver sur ce que l'Europe nous a apporté. Elle ne fonctionne pas bien, il faut la réformer en profondeur, mais a partir de ce constat qu'est ce que l'on peut faire : en sortir, je suis convaincu que ce serait une catastrophe pour la France, mais surtout pour la vie quotidienne des français ». L'UMP est en retrait de la campagne de Jean Claude Juncker qui ne participera pas a un meeting du parti. il préfère ne pas polémiquer et met en avant son expérience économique pour rappeler aux gouvernement socialiste que la France doit aussi respecter les règles communes de l'Europe : " La France doit par nécessité mettre en place des réformes structurelles en profondeur, mais la même remarque s'applique a tous les états de l'Union Européenne."

 

Pendant son passage en France et notamment aux Portugal, il va s'en prendre vivement a ceux qui réclament la sorti de la monnaie Unique : " Proposer à la France et aux Français de sortir de l'Euro parce que l'on est pas d'accord sur le taux de chômage, parce que l'on aime pas les réformes structurelles qui doivent être entreprise dans l'intérêt même de la France n'ont pas parce qu'il aurait injonction ... Cela relève de l'irresponsabilité totale. Celui qui dit que la France doit sortir de l'euro n'est pas un patriote français " " nous serions désarmés si nous n'avions pas l'euro, l'Europe seraient guerre ouverte : la France contre l’Allemagne, l'Allemagne contre l'Italie, l'Espagne contre le Portugal... Il vaut mieux vivre dans un régime qui impose certaine discipline et qui organise aussi solidarité et protection"

 

Seulement voila, si Jean Claude Juncker est une star pour ceux qui suvent de près la construction européenne, il est presque un anonyme dans les rues de Bordeaux et de beaucoup d'endroit de l'Europe. Peu d'électeur de l'UMP sauront qu'ils vont involontairement voté pour le PPE " Très honnêtement, si vous demandé aujourd'hu a un citoyen  français qu'elle est le candidat tête de liste pour le PPE ou pour le PSE, je ne suis pas sur qu'ils sagent se que c'est que le PPE. Donc ils leur reste beaucoup de travail à faire.

 

Pour combler son déficit de notoriété, Jean Claude Junker fait le tour des médias à Paris. mais dans un pays ou le pouvoir est hyper centralisé ( cf : Serge Halimi - Les Nouveaux Chiens de Garde [HD] - YouTube ) ,  ce sont les journalistes politique qui ont du mal a comprendre cette campagne à l'européenne.

 

Jean Pierre El Kasbah sur Europe 11 : " Vous êtes assuré du soutiens des conservateurs européen , de l'UMP en France et vous l'avez dit vous même de Mme Merkel  aussi. Elle vous appuie.

 

Jean Claude Junker : " Oui, oui, oui : je ne suis pas son porte parole mais elle m'appuie."

 

Je pense que beaucoup de français ne trouverons pas acceptable d'aller voter pour des leaders de partis qui s'estime déjà vainqueur parce qu'ils ont l'assurance d'alliance et l'assurance des soutiens que ce soit Mme Merkel, Mr Hollande, etc... Je ne crois pas que cela soit un motif d'enthousiasme en faveur de l'Europe

 

Jean Claude Yunker : " Je voudrais que les européens répondent leur amour de l'Europe" et vous? " Je suis amoureux de l'Europe".

 

A la question d'un journaliste : " Mr Junker, si vous avez une image que vous voudrez garder de la campagne, ce serait quoi? " Réponse : " Ce sont les rencontres avec des hommes et des femmes que je ne connaissais pas avant et qui me racontent un épisode de leur vie "

 

La campagne dans toute m'Europe lui aura donc permis de sortir de l'eurocrate venu d'un paradis fiscal

 

Le dossier spécial des élections européenne est en ligne sur info.arte.tv.

 

> Excédent budgétaire grec : démontage d’une nouvelle manipulation, par Bernard Marx - regards.fr- 6 mai 2014

> Comment Bruxelles a créé l'illusion de l'excédent primaire grec - Romaric Godin - La Tribune - 24 avril 2014,  

Europe, remède ou poison  

Le 25 mai prochain se tiendront les élections européennes. En France comme ailleurs, on redoute une abstention massive et une poussée des partis les plus hostiles à la construction européenne. Lire la suite

L'euro : stop ou encore ? 

Grâce aux mesures d'urgence prises durant la crise, la monnaie européenne a pu être préservée. Mais sa pérennité dépendra de la capacité de la zone euro à se réformer pour favoriser l'emploi.

Le piège se referme
La déflation salariale engagée chez ses voisins contraint l'Hexagone à céder à son tour aux sirènes du moins-disant social. Ce qui aggrave encore ses difficultés budgétaires.

Europe : je t'aime moi non plus
Petit tour d'une Europe fatiguée de l'Union européenne, mais qui tient toujours à l'euro.

 

Sur Zebre en Cavale : Manipulation : la fin de la crise grecque, " Sortir de l’Europe, c’est sortir de l’Histoire ", , Le FMI et le pacte d'austérité, Pourquoi il faut boycotter les élections...

 

Sur mon blog : Argent, sang et démocratie, La démocratie, c'est nous, “Jeu d’influences”,, Mains brunes sur la ville, Marine se fait couler un bain, « Ne vivons plus comme des..., , Le nouveau capitalisme 2, André Gorz II, De la servitude volontaire, Ecouter parler le fracas..., De la servitude volontaire

11/05/2014

La démocratie, c'est nous

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2012 - La fabrique des pauvres : Tour d'horizon de la pauvreté en France, en Allemagne et en Espagne, notamment celle touchant en premier lieu les enfants.
En espérant réussir à faire recouvrer la vue aux "aveuglés" du système, à l'heure où tant de gens voient des "assistés" partout.
(reportage Arte 2013)

Le chômage s’accroît et la misère comme la barbarie risquent de se répandre de manière dramatique, peut-être entrecoupées par quelques phases de relance. Alors à quoi servent ces considérations désabusées? A quoi sert de marteler que la crise qui a commencé en 2008 risque bien de s’approfondir? Pourquoi s’en réjouir alors que nous risquons d’en subir les conséquences et d’être les premiers touchés? Et ce d’autant plus que le capitalisme a montré jusqu’à présent qu’il pouvait surmonter ses crises. Voire même qu’il était un système en état de « crise permanente » Pourquoi parler de crise ? , Tokyo Freeters ,

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En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme (Mains brunes sur la ville …).

La démocratie, c'est nous  (57 min)
 

 

Touchés de plein fouet par la crise économique et financière, les Européens sont de plus en plus nombreux à investir l'espace public pour s'insurger contre les mécanismes de l'économie mondialisée et défendre la démocratie.

ARTE garantit que le courriel fourni servira uniquement à l'envoi de cette recommandation.

<:SECTION class="details details-body box no-top no-bottom module-grey"><:SECTION id=details-description-full class="description span8">Depuis 2011, le nombre de militants européens réclamant davantage d’autodétermination et de participation aux décisions politiques de leur pays ne cesse d’augmenter. Certaines manifestations, comme celle de la place Puerta del sol à Madrid organisée par le mouvement 15-M, ou celle d’Occupy devant la Banque centrale européenne à Francfort, ont ouvert la voie à de nouvelles initiatives – émergence de partis politiques citoyens, émissions de télévision engagées ou encore pétitions sur Internet. Celles-ci poursuivent toutes un même objectif : informer l’opinion publique des dangers du capitalisme et établir une véritable démocratie participative.

De Madrid à Reykjavik en passant par l’Allemagne et la Suisse, ce documentaire décrypte les revendications et l’organisation complexe des mouvements contestataires européens, au sein desquels des individus profondément indignés déploient des trésors de créativité pour rendre la parole à tous les citoyens dans la sphère politique.

La démocratie c'est nous - YouTube :
La démocratie c'est nous - YouTube 

En Chine, une manifestation contre un incinérateur tourne à l’émeute Post de blog

Près de la ville de Hangzhou, dans l'est de la Chine, des milliers de manifestants se sont affrontés à la police, dans le district de Yuhang, pour protester contre la construction d'une usine d'incinération.

Qu'est qu'être punk

Mains brunes sur la ville

Pourquoi parler de crise ?

Tokyo Freeters

Manifestation libertaire le 1er mai

 

Cet enregistrement disponible en libre accès ici (Stéphane Hessel: plus le péril croît, plus le salut surgit ,,, site plusconscient.net) Source: Video YouTube - CONFERENCE DE STEPHANE HESSEL DU 11 MAI 2011 A L'ULB

Ecouter également Hervé Kempf - l'oligarchie, ça suffit !, Les lignes de forces derrière l'intégration européenne

A voir: violence policière contre des manifestants pacifiques sur la Plaça Catalunya en Espagne,

A voir: violence policière contre des manifestants pacifiques sur la Plaça Catalunya en Espagne, Question everything, or shut up and become a victim of authority, Forces et limites de la manifestation, Pourquoi l’insurrection des consciences ?, Les raisons de la colère, Hervé Kempf - l'oligarchie, ça suffit !, GO ON, WATCHTitre original : The Slump of the 1930s and the crisis today ( cf International Socialism: The slump of the 1930s and the crisis today, Dans le monde, une classe en lutte, mai 2011(source jura libertaire), europeanrevolution : les places publiques reprennent du galon

 El manifiesto de los indignados en 25 propuestasTraduire cette page, L'agonie de la démocratie parlementaire et des peuples. , L'agonie de la Démocratie parlementaire ( format PDF), Important de relire la déclaration des droit de l'Homme l , Indignés, Les Russes aussi sont concernés, Le monde face a wall street, la finance, les politiques ... Le système capitaliste, Reporterre.net - Voici pourquoi la jeunesse aux Etats-Unis ne se révolte, Reporterre.net - Voici pourquoi la jeunesse aux Etats-Unis ne se révolte pas

La démocratie, c'est nous - l'indigné révolté - Skyrock.com

03/05/2014

le manifeste du 23 septembre 1911

 

 

Dossier Révolution mexicaine : le manifeste du 23 septembre 1911

 

décembre 2010 par Commission Journal (mensuel) / 909 vues Version imprimable

Dans Regeneración du 23 septembre 1911, la junte du Parti libéral mexicain en exil à Los Angeles rend public un appel au peuple mexicain. Dans le style ampoulé de l’époque, le texte synthétise ce que, depuis plusieurs mois, le PLM propose comme orientation révolutionnaire. Ce nouveau manifeste, remplaçant le programme réformiste de 1906 tombé en désuétude, ne fait qu’entériner l’évolution anarchiste communiste – bien que le terme ne soit jamais prononcé – de la direction du PLM.

Quelques remarques : des idees ,des pratiques

29 mars 2012, 16:24

Se revendiquer de l'anarcho-syndicalisme (ou de l anarchisme revolutionnaire au sens large du terme) n'est pas chose évidente par les temps qui courent. Peut-être faut-il commencer par définir ce que nous entendons par là. La référence à l'anarchie repose sur l'idée qu'une société vraiment libre ne peut être qu'une société d'hommes libres, sans exploiteurs, sans dirigeants, une société autogérée. La référence au syndicalisme est à mettre en rapport avec une tradition, celle du syndicalisme révolutionnaire du début du siècle. Nous n'allons pas faire un cours d'histoire; disons simplement que, puisque ce sont les travailleurs qui font fonctionner la machine capitaliste, nous acceptons l'hypothèse suivant laquelle ils pourraient aussi l'arrêter et la transformer. Nous restons partisans de l'idée qu'une grève générale internationale pourrait venir à bout de ce système . Cette conviction est bien sûr théorique. Si les travailleurs voulaient changer la société, ils le pourraient sans doute. Tout le problème est de reconstruire cette volonté.

 

Pour nous un véritable syndicat, comme d'autres organisations directement utiles aux exploités (comités de base, de quartiers, de chômeurs...), peut être l'endroit où ceux qui sont journellement exploités apprennent à se prendre en charge, à s'organiser, à lutter. Par anarcho-syndicalisme nous entendons un anarchisme social, une forme de résistance, un type d'organisation. Nous nous différencions donc de certains anarchistes qui pensent qu'il est suffisant de propager des idées par l'écrit, par la parole, ou par des actions exemplaires. Nous ne voulons pas éduquer le peuple, nous voulons qu'il s'éduque lui-même.

L'ACTION NE SE SUFFIT PAS À ELLE-MEME

D'autre part et contrairement à une idée assez répandue, nous ne pensons pas que l'action se suffise à elle-même. Nous nous inscrivons en faux vis-à-vis de toute une tradition qui voudrait que les travailleurs aient les mêmes intérêts, et que les revendications des uns soient favorables aux intérêts des autres. Le capitalisme n'est pas seulement un système de concurrence entre les patrons, il est souvent aussi un système qui produit de la concurrence entre les travailleurs. Nous ne pensons pas que la lutte des classe soit une évidence, un fait de nature. Il ne faut pas négliger le fait que le salarié est aussi consommateur. L'intérêt immédiat, purement matériel, du salarié-consommateur est d'avoir un bon salaire, mais il peut aussi considérer qu'il est préférable que les autres travailleurs, dont il consomme les biens et utilise les services, soient mal payés. Le corporatisme a une base objective. Nous allons prendre un exemple français pour illustrer ce que nous venons de dire, ce cas est bien sûr extensible aux autres pays occidentaux. On a vu dernièrement défiler dans les rues de Paris des ouvrier(ère)s du textile qui protestaient, coude à coude avec leurs patrons, contre les importations de vêtements du sud-est asiatique. On peut toujours expliquer à ces travailleur(euse)s que si leurs collègues du Tiers-Monde étaient payé(e)s au même tarif qu'en France la concurrence serait moins rude; mais il est bien plus simple (et réaliste) pour eux (elles) d'exiger la fermeture de la frontière aux importations. Si l'on poursuit avec cet exemple, on peut aussi affirmer que contrairement aux ouvrier(ère)s du textile, les autres travailleurs français peuvent se dire qu'ils ont tout intérêt à ce que les ouvrier(ères)s du sud-est asiatique soient très mal payé(e)s, cet état de fait leur permettant de remplir leurs armoires de fringues bon marché... On pourrait faire des démonstrations du même style sur les intérêts divergents des fonctionnaires et des contribuables, des paysans et des ouvriers, etc.

Tout cela pour dire que contrairement à ce que l'on a souvent cru, le slogan «prolétaires de tous les pays, unissez-vous !» ne correspond pas à une nécessité objective, mais doit être compris comme une volonté qui transcende les intérêts immédiats des prolétaires. La solidarité entre les exploités de tous les pays et de tous les secteurs ne peut exister qu'en référence à un idéal, à un projet de société, basé sur d'autres principes et d'autres valeurs que la lutte immédiate pour l'amélioration des conditions matérielles.

QUELLE UTOPIE ?

La tradition socialiste a souvent refusé de décrire, ou tout au moins d'entrer dans les détails de ce à quoi pourrait ressembler la société qu'elle appelait de ses vœux. Nous pensons qu'il faut aborder cette question. Nous croyons qu'il est nécessaire de construire une utopie concrète, crédible. Il faut mettre en évidence les problèmes qui se posent lorsque l'on envisage une humanité où aurait disparu l'exploitation de l'homme par l'homme. Cette tentative peut paraître à certains comme complètement absurde, mais nous pensons que la crise que connaît le mouvement ouvrier aujourd'hui est liée à la disparition de ce projet, qu'il s'appelle socialisme, communisme, collectivisme ou anarchie.

A l'origine de ce projet il y avait une exigence qui est toujours la nôtre, c'est celle de l'égalité. L'égalité est un principe qui fait son chemin dans la culture occidentale depuis la révolution française. Actuellement on parle d'égalité des chances, ce qui signifie que chacun devrait avoir la même "chance" de surpasser et dominer les autres... L'idée d'égalité est ainsi complètement dévoyée. Pourtant "à gauche" on marche à fond là-dedans. On lutte pour qu'il y ait autant de femmes que d'hommes aux postes dirigeants, pour qu'un nombre convenable de fil(le)s d'ouvriers arrivent à l'université... Nous, nous concevons l'égalité dans son sens littéral. C'est-à-dire : égalité des revenus quelles que soient les tâches accomplies, la profession exercée, et non une pseudo-égalité des chances qui ne favorise que quelques privilégié(e)s.

LE PRODUCTIVISME : REMEDE À TOUS LES MAUX ?

Les théories économiques modernes partent du postulat que seule une augmentation de la production industrielle peut améliorer les conditions de vie de la majorité. Les libéraux prétendent que seules les sociétés très riches voient diminuer les inégalités. Les socialistes pensent depuis toujours que l'on peut partager la richesse, mais pas la pauvreté. La téléologie marxiste a diffusé l'idée que la société, une fois délivrée du capitalisme, connaîtrait l'abondance et serait libérée de tous ses maux. Souvent, au sein même du mouvement libertaire, on a cru que la science et la technique pourraient répondre à tous les besoins de l'humanité, et qu'une révolution décuplerait les capacités de production de la société. Le moment est venu, nous semble-t-il, de remettre en cause ces prévisions optimistes; ne serait-ce que parce que les besoins des hommes peuvent être illimités, surtout quand on les stimule en permanence comme le fait le capitalisme.

Et puis le développement industriel a des limites. Nous savons que si, par exemple, les Chinois et les Indiens parvenaient à avoir une voiture pour deux personnes en moyenne, comme en Suisse, nous cesserions immédiatement de voir le soleil tant la pollution serait importante. Alors si nous voulons l'égalité et continuer de voir le soleil, il faudra probablement que nous, occidentaux, renoncions à posséder des voitures, ou en tout cas des véhicules polluants. Ceci pour dire que contrairement à ce que croient encore les marxistes, ce n'est pas le développement industriel capitaliste qui va engendrer les conditions nécessaires à la société sans classes.

DES INDIVIDUS AUTONOMES

C'est là que la composante libertaire de notre projet prend toute son importance. L'exigence de liberté qui est la nôtre ne signifie pas le droit de satisfaire toutes ses pulsions, mais la capacité pour chacun de nous de dominer son existence, de maîtriser sa vie. Or qu'en est-il aujourd'hui ? Quand on a du travail, on exécute ce que l'on nous demande, même si cette activité est inutile ou néfaste. Le travailleur fait ce qu'on lui dit et consomme se qu'il trouve dans les temples modernes que sont les supermarchés. D'autre part la rationalisation capitaliste engendre un chômage de plus en plus massif, marginalisant et privant de dignité de plus en plus de gens.

L'observation des pays de l'ancien bloc de l'Est a montré qu'une société entièrement planifiée ne peut être que totalitaire. Comme le prévoyait déjà Malatesta en 1907, un gouvernement, un parti, prétendant contrôler l'ensemble de la production et de l'administration ne peut engendrer qu'un système encore plus irrationnel que le système libéral. Ne serait-ce que parce que la possibilité de prendre des initiatives est limitée à un groupe encore plus restreint que dans un régime capitaliste.

Le système libéral offre à chacun, en théorie, la liberté d'entreprendre. En pratique seuls ceux qui possèdent de l'argent, du pouvoir, des relations y parviennent. Seule une petite minorité de politiciens, de patrons et de gestionnaires décident de l'avenir de tous. La société se prive ainsi des capacités et de l'enthousiasme de la majorité, qui est exploitée, brimée ou marginalisée.

L'erreur du socialisme autoritaire, tant dans son expression sociale-démocrate que dans son expression léniniste, a été de partir de l'ensemble de la société alors qu'il aurait fallu partir aussi de l'individu. Quand les individus pourrons "planifier" leur existence personnelle, une société juste sera possible.

Ce concept d'individu autonome est très important, il a des implications pour les activités quotidiennes et les luttes d'aujourd'hui. Au moment d'évaluer un mouvement, il faut se dire que seules les pratiques où tous les participants se prennent en charge et s'impliquent personnellement, sont constructives. Les organisations dans lesquelles il y a un ou deux bergers et une masse de moutons ne vont pas dans le sens de l'émancipation. C'est pourquoi les organisations que nous souhaitons développer ne devrons pas avoir de permanent payé. Un syndicat constitué d'adhérents passifs qui pensent qu'en échange d'une cotisation ils bénéficieront de certaines prestations est pour nous sans intérêt. La lutte contre le pouvoir se vit au quotidien, et en premier lieu au sein de nos organisations.

LA COMMUNE

Un autre principe de notre utopie concrète qui a des implications aujourd'hui est le concept de commune. Le système fédéraliste que les anarchistes appellent de leurs vœux ne s'appuie pas sur l'idée de nation, de région ou de canton, mais en priorité sur celle de commune. Idéalement on imagine que ce sont les villes et les villages qui constitueront la base du système fédéraliste anarchiste. Nous pensons que l'actualité devrait nous amener à renouveler et à approfondir cette approche.

Loin de nous l'idée de partir à la conquête du monde à partir du conseil communal de telle ou telle localité, nous nous situons au niveau de l'utopie, mais nous sommes quand même "réalistes" !

Si l'on souhaite que les rapports marchands, l'argent, disparaisse un jour et que l'administration soit simple et réduite, pour éviter la bureaucratie, il faut partir de l'idée qu'une agglomération devra produire l'essentiel de ce dont elle a besoin. Nous n'entrons pas dans les détails des technologies à développer pour mettre en place de petites unités de production, des nouvelles sources d'énergie (solaire), des réseaux de solidarité et d'échange à développer avec des localités agricoles environnantes ou plus lointaines... Il y a là de quoi faire réfléchir ingénieurs et autres techniciens, géographes, urbanistes, sociologues etc. (avis aux amateurs).

De toute manière il faut partir de l'idée que dans une société anarchiste il n'y aura pas qu'un seul modèle, mais que différentes formes d'organisation seront expérimentées suivant les idées et les traditions locales. Peut-être faut-il dire ici que nous ne partageons pas le fantasme d'une société homogène et sans conflits. Des divergences existeront évidemment (comme elles existent aujourd'hui chez les anarcho-syndicalistes) sur les choix à faire en commun. Faudra-t-il favoriser l'art ou le sport ? La recherche médicale ou les transports publics ? Certains collectifs ou individus seront disposés a faire des efforts particuliers pour bénéficier de tel ou tel avantage, alors que d'autres préféreront avoir plus de temps libre, etc. Il s'agit de problèmes qui se posent déjà dans nos sociétés, mais à la différence d'aujourd'hui, ce ne seront plus des critères marchands qui présideront à ces choix, mais des préférences motivées par le respect de l'individu et l'environnement, les ressources disponibles, les penchants et les envies des personnes.

LA VILLE : UN LIEU DE RÉSISTANCE

La principale leçon que nous pouvons tirer aujourd'hui du postulat communaliste, c'est que la ville doit devenir à la fois un lieu de vie, de travail, de création et de loisir. En devenant un lieu de résistance, la ville redeviendra peu à peu un lieu vivable, où l'on aura envie de faire de choses, et non un endroit que l'on essaie de fuir dès que l'on a deux jours de congés.

Dans cette période où les luttes des travailleurs se raréfient, on sera souvent, par nécessité, amené à privilégier l'organisation sur le plan local. Quand on ne peut pas compter sur la mobilisation de son secteur d'activité sur le plan national, il faut pouvoir s'appuyer sur la solidarité des militants, adhérents et sympathisants appartenant aux différents secteurs d'activités de l'endroit où l'on vit. L'organisation  devrait viser à devenir un lieu où il se passe quelque chose, où l'on peut échanger des informations, nouer des liens, apprendre...

DES IDÉES, DES PRATIQUES

Nos projets sont ambitieux, nos moyens sont limités. Le rapport de force est aujourd'hui très défavorable pour l'ensemble du mouvement ouvrier. Nous ne connaissons pas de recette miracle. Dans ce contexte, il faut avant tout tenir. Il est inutile d'essayer d'occuper le même créneau que les syndicats officiels et autres, en faisant de la surenchère sur les revendications. Nous devons au contraire montrer notre différence, renforcer notre identité.

Avancer des revendications pour l'égalité, contre les hiérarchies salariales, intégrer les revendications des chômeurs, des précaires; aborder aussi des dimensions qui sont, à tort, laissées en marge du monde du travail comme l'écologie, l'anti-militarisme... est essentiel.

Il ne faut pas négliger les thèmes qui mettent en cause la gestion capitaliste, en particulier ce qui est en rapport avec la sécurité du travail, les risques de maladies et d'accidents professionnels, la qualité des produits et prestations que les travailleurs ne peuvent souvent pas assurer par la faute des exigences patronales de rentabilité, etc.

En montrant que derrière toutes nos actions il y a un projet global, nous parviendrons peut-être à regrouper ceux qui partagent en gros ce projet, même si parfois ils n'y "croient" plus. Plus qu'à l'activisme, le moment est à la "revitalisation" des idées, à la réflexion, aux débats. Nous ne sommes pas maîtres de l'avenir, les explosions sociales sont très souvent imprévisibles. Nul ne sait exactement quand, ni comment, ni où, des dynamiques favorables peuvent émerger. Mais nous savons que la colère existe et qu'elle peut à tout moment se manifester. Nous travaillons donc aujourd'hui à donner du sens à ces révoltes potentielles. Même si cela ne peut se mesurer, c'est déjà considérable

 

extrait du journal "les affranchis"

 Lire également les autres articles du dossier :
 Edito : les anarchistes dans la Révolution mexicaine
 Décembre 1910 : une prise d’armes au cri de « Tierra y Libertad ! »
 Controverse en France : la Révolution mexicaine est-elle communiste ?
 Chronologie et cartographie de la campagne de Basse-Californie
 Le magonisme aujourd’hui : une mémoire à se réapproprier
 Ricardo Florès Magón s’adresse aux femmes

extrait du programme et du manifeste des anarchistes mexicains 1911 – L’Indigné Révolté

extrait du programme et du manifeste des anarchistes mexicains 1911 3 août 2013, 14:29


 
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