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23/06/2012

La Norvège, et les garde fous néolibérale

Le cas de la Norvège : Rente pétrolière et mirage d’une prospérité :cf pour bien comprendre mes rouages du système actuel ,  L'Histoire des Choses, Documentaire |L'Histoire des Choses, Pour en savoir plus sur les dégâts de ce mécanisme implacable : Histoire de l'industrie pétrolière , Batailles pour l'énergie - Le Monde diplomatique : « Prix du pétrole, pénuries électriques, ruée sur les ressources renouvelables, géopolitique des gazoducs ( Pétrole et gaz de schiste,...une guerre pour 2012 : « Un documentaire:Le grand Monopoly du gaz -, La crise de l'Euro, c'est la crise du modèle occidental


Nous sommes plusieurs à s’attaquer aux discours dominant qui explique que les causes de la crise actuelle sont à chercher dans le mauvais capitalisme financier. Nous pensons que la crise financière n’est qu’un symptôme d’une maladie plus profonde et qu’il s’agit en fait d’une crise du capitalisme lui-même. Ses conséquences seront certainement terribles mais ce sera peut-être aussi l’occasion de remettre en cause le capitalisme dans ses fondements mêmes. cf David Cameron prêt à dérouler le tapis rouge aux exilés fiscaux français. Mon article a été aussi mis sur mon mur  Facbook. cf la finance folle , Peur sur l'hôpital , Le chomage a une histoire , Toxic fringues . C’est peut être le point de rupture d’un monde dédié a la finance, un monde dans lequel l’économie n’est plus au service de l’Homme, mais l’homme au service de l’économie.La mise à mort du travail - du mercredi 20 juin 2012 à 04h10 : A voir: La gueule de l'emploi - Société par Didier Cros, L'art D'ignorer les Pauvres,  Voir aussi Quel leçon tiré de la crise? - indigné révolté, "

 

 Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien – Hensozu : Spéculation immobilière, financière, sur les matières premières, précarisation accrue sur les salaires .... Rien n'est possible sans un système qui les généralise

L'espoir d'une coalition pro-austérité en Grèce ne rassure pas les marchés - Source : Reuters - 18/06/2012 ,  Grèce : la zone euro parée aux pires plans

Fin de la Zone euro" - Citizen Khen, La bombe du prêt étudiant ? _ l' indigné " Les fissures dans la doctrine du système mondialisé actuel sont de plus en plus nombreuses, même si le peuple n’en a pas confiance

Régulièrement j’entends que Marx avait tord, puisque le modèle capitaliste néolibéral est toujours debout. Il n’a pas eu tord, n’a pas su anticipé les moyens technique, une certaine souplesse et l’impression de liberté lors de sa phase ascendante. Mais déjà depuis 30 ans en Europe. Cf. Et si Karl Marx avait raison ?, Les contradictions de la mondialisation: et si Marx avait raison (1)

 il est impossible de séparer le bon capitalisme productif du mauvais capitalisme financier. Il n’existe pas d’un côté une économie qui produit des richesses et de l’autre une économie virtuelle, une finance parasitaire; il s’agit des deux faces d’une même réalité. Depuis le début de l’économie capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner sans la finance, c’est-à-dire le crédit, les Bourses, la spéculation.

 

la norvège,les garde fous néolibérale,finance,economie,société,politique,social démocratieCertain garde fous on permit de croire au mirage du capitalisme avec le «  confort lié a la société de consommation » des trente glorieuse

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction.  (….) Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. (….)

Dans   Les fonds pétroliers: des problèmes sous couvert de solutions - IMF : En introduction l’AMF dit «  La forte dépendance à l’égard des recettes pétrolières – qui sont volatiles, imprévisibles et appelés a ce tarir –complique considérablement les politiques budgétaires. Pour y faire face, biens des pays producteurs  de pétrole constituent des fonds pétroliers. Mais est-ce vraiment la solution ». Pourquoi ces fonds ? :  « La gestion publique, la transparence et la responsabilité peuvent être compromises par des fonds pétroliers qui sont généralement en dehors des systèmes budgétaires et ne relève souvent que d’une poignée de responsable du gouvernement ».

J’avais déjà abordé le cas du " Modèle Allemand" : Modele Allemand" : Une Main d’œuvre pas chère suite a la réunification de l’Allemagne et La création du deutschemark se fera dans la douleur

Prenons le cas de la Norvège et du garde fous lié a la rente pétrolière.

Un peu plus d'un demi-siècle s'est passé depuis que la Phillips Petroleum Company (depuis sa fusion avec ConocoPhillips) a découvert le champ pétrolifère Ekofisk en mer du Nord. La production a commencé en 1971 et a été suivie par un grand nombre d'autres découvertes très bénéfiques, concernant à la fois le pétrole et le gaz naturel. Depuis que le premier puits a été foré, le PIB de la Norvège, ajusté par rapport à l'inflation, a plus que quadruplé. Fort heureusement, la Norvège tire également 99% de sa consommation intérieure d'énergie de l'hydroélectrique. C'est une source intéressante, mais qui ne pâlira pas la dépendance aux énergies fossile si cela reste dans ce système ....

le PIB est un indicateur imparfait de la richesse d'un pays : le PIB mesure la production matériel
mais pas la production immatériel (soin, association...) qui sont pourtant des facteurs non-négligeable et il ne compte pas non plus les impact sur la production (pollution, stresse...)

En mars de cette année, la valeur totale du fonds souverain norvégien s'élevait à 3 496 milliards de couronnes (613 milliards de dollars) -- le plus important au monde. De son nom officiel " “Government Pension Fund of Norway » : The Government Pension Fund - regjeringen.no - Traduire cette page " ‘(Recherchez des résultats uniquement en français)., le fonds tire sa richesse non pas des cotisations de retraite mais principalement des revenus ( rente)  du pétrole, y compris les impôts, les dividendes, les revenus liés aux ventes et des droits de licence. Les Norvégiens l'appellent tout simplement le Oljefondet ou " fonds pétrole". Cf Government Pension Fund-Global - Wikipédia,

la norvège,les garde fous néolibérale,finance,economie,société,politique,social démocratie2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois : Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse

 

Fonds, Pétrole, Norvégien, Actions - 

 

Sociétés : Le «fonds pétrole» norvégien détient 1 % des actions mondiales  : Soit un gain de 32 milliards de dollars en trois mois

 

 

Des fonds qui spéculent sur le pétrole - Le Journal du Net : " Les pays producteurs et les grosses compagnies pétrolières ne sont pas les seules gagnantes de flambée du prix de l'énergie. Il y a bien d'autres moyens pour s'enrichir avec l'or noir"" Plutôt discrets, certains se sont distingués par leurs performances spectaculaires avec des rendements supérieurs à 100% en 2007. Les fonds BP Capital, AAA, Merchant Commodity, Armajaro Commodity sont les plus célèbres

·   Maisons d'expulsés à vendre : Profitant des nombreuses expropriations aux Etats-Unis, une agence du Michigan propose à des investisseurs et des particuliers des visites en bus des demeures à reprendre. Avec de gros rabais et des conseils financiers en prime

·  Fonds immobiliers : Paulson & Co (dirigée ironiquement par un ancien gérant de Bear Stearns, une banque américaine qui a annoncé des pertes records) présente un retour sur investissement de 437% sur les neuf premiers mois de l'année. Ce dernier vient ainsi d'intégrer le top 10 des plus gros hedge fund mondiaux, alors qu'il ne pointait qu'à la 69e place il y a un an. Lahde Capital, un fonds d'investissement basé à Santa Monica en Californie a même réalisé 712% de hausse sur le début de l'année, et même plus de 1000% depuis fin octobre. Du jamais vu sur les marchés financiers

·  Fonds or : C'est là que nous avons constaté des entrées importantes dans notre fonds" témoigne Graham Birch, gérant du fonds BlackRock Gold Find. Il assure ainsi avoir reçu un million de dollars par jour sur son fonds les six dernières semaines, avec un record de 3 millions en un seul jour

·  Fonds pétrole et matières premières : La valeur du fond "agriculture" de Shroders a par exemple augmenté de 20,09% sur un an

·  Fonds agriculture : Mais les rares acteurs du marché se frottent les mains. La valeur du fond "agriculture" de Shroders a par exemple augmenté de 20,09% sur un an. Mais attention : même avec une hausse des cours, le résultat peut être négatif. Car il faut retirer de l'indice de performance le coût de stockage, très important sur les céréales, et l'effet monnaie .


Le fonds pétrolier norvégien, bercé d'éthique | Le Cercle Les Echos : " « LE CERCLE. L'un des fonds les plus grands du monde surveille l'éthique et la morale des entreprises ou il investit. Le pétrole norvégien doit être la propriété des Norvégiens, et respecter l'image du pays : " Le fonds norvégien du pétrole assure :« 1) La transparence sur la contribution du secteur pétrolier.2) La transparence sur le montant de ce fonds qui est utilisé chaque année.

3) Le fonds est intégré dans le processus budgétaire (contrairement par exemple à l’Alaska, où le fonds est exploité indépendamment du budget du gouvernement).

4) La gestion du fonds est basé sur les décisions économiques professionnelles tout en satisfaisant les directives éthiques.

5) Le fonds est mis sous contrôle public démocratique"

 

Conjoncture : Norvège : la bulle immobilière gonfle avec le prix du pétrole : ". Les prix ont doublé en moins de dix ans. China Investment Corporation (CIC) multiplie les initiatives. Les marchés actions sont redevenus plus attrayants et de nombreux fonds sont à la tête d'importantes liquidités, aujourd'hui très mal rémunérées, estime Alain Bokobza. Devenus des acteurs importants de l'économie, les fonds souverains gèrent par exemple deux fois plus d'actifs que les hedge funds mais, à la différence de ces derniers, ils investissent sur le long terme, ce qui entraîne peu de soubresauts sur les marchés au quotidien.  [...]"Sociétés : OPA de 4 milliards de dollars dans le secteur des engrais : "Le norvégien Yara, numéro un mondial du secteur, lance une OPA amicale sur son homologue américain Terra, pour un peu plus de 4 milliards de dollars.  [...] Le secteur de l'engrais minéral est en pleine ébullition". 

 

Les bases fictives du système actuel fragile...
Cette «  grande  richesse fictive » a permis aux Norvégiens de s'offrir un mirage et de retarder l’échéance de la chute tendancielle du taux de profit, bref du modèle actuel : le capitaliste néolibérale, même si ici il prend une forme plus atténué grâce aux pétroles et énergies fossiles. Les adeptes de ce modèle tristement persistant d'Etat-Providence aiment évoquer le "modèle scandinave". Comme d'habitude, ils confondent la cause et l'effet. Les richesses de la Norvège sont le résultat du pétrole, pas d’un capitalisme florissant qui amènerait abondance, égalité et prospérité et la démocratie. Elles proviennent des recettes, et de la formation de capital, autrement dit... pas des dépenses, des travaux publics, de la redistribution et de la finance fictive. Les richesses pétrolières de la Norvège plaident la cause de la social démocratie tout comme les richesses d'Abou Dhabi plaident la cause des émirats médiévaux oppressifs -- c'est-à-dire bien pauvrement, voire pas du tout.

la norvège,les garde fous néolibérale,finance,economie,société,politique,social démocratie Conjoncture : Norvège : la bulle immobilière gonfle avec le prix du pétrole : "En Norvège, l'un des pays les plus riches au monde, la bulle immobilière n'en finit pas de gonfler. Les prix ont doublé en moins de dix ans. China Investment Corporation (CIC) multiplie les initiatives. Les marchés actions sont redevenus plus attrayants et de nombreux fonds sont à la tête d'importantes liquidités, aujourd'hui très mal rémunérées, estime Alain Bokobza. Devenus des acteurs importants de l'économie, les fonds souverains gèrent par exemple deux fois plus d'actifs que les hedge funds mais, à la différence de ces derniers, ils investissent sur le long terme, ce qui entraîne peu de soubresauts sur les marchés au quotidien.  [...]

"La Norvège --  la générosité en hydrocarbures de la mer du Nord ne va pas se tarir du jour au lendemain. Même si la production du plus grand champ de mer du Nord, Statfjord, est en fort déclin depuis le milieu des années 1990, les revenus continuent d'affluer des dépôts plus petits qui l'entourent. Selon des estimations prudentes, le fonds pourrait atteindre 800 à 900 milliards de dollars d'ici 2017 -- environ 200 000 $ pour chaque personne dans le pays.

 

Cela peut mettre a mal le modèle Norvégien, rattraper par la crise du capitalisme

 

Un consensus entre gouvernement, patronat et syndicat : "La puissance accordée aux lobbys me semble une question de volonté politique: le souci d'éthique est présent à tous les niveaux de la société norvégienne, surtout sur les hommes politique. La "Guerre des Classes" est impossible dans ce pays pour une simple raison: il n'y a pas de classes, c'est une structure très plate ou un ouvrier a pratiquement le niveau de vie d'un cadre" cf Social-démocratie - Wikipédia, Le Danemark : un exemple de renouvellement du contrat social ?Les cadres en Europe et leurs syndicats au 21ème siècle (format PDF), 

 

 

L’impossibilité de réformer le système capitaliste :

Comme l’écrivain marxiste Hal Draper l’a succinctement dit :

Le capitalisme ne peut pas, à long terme, résoudre le problème économique de fournir une vie humaine pour les masses… Cette proposition est la base de l’approche de classe du Marxisme.  Sans elle il n’y a pas d’approche de classe, et il ne peut pas y en avoir. Si ce n’est pas vrai alors il n’y a aucune raison de ne pas être simplement un bon réformiste

 

La stratégie éthique du fonds pétrolier norvégien fait des vagues ... : " Depuis 2004, le gouvernement norvégien a fixé des lignes directrices d'investissement éthique à son fonds pétrolier de plus en plus richement doté (160 milliards d'euros début 2006). Il vient de rendre publique l'exclusion d'entreprises dont l'activité entre en conflit avec ces règles. La vente de ses actions a eu, en France, un retentissement médiatique important. Safran qui travaille pour la Défense nationale est concerné" "Nous n’avons pas avoir honte de travailler pour la Défense nationale. Nous ne fabriquons pas de bombes. On fait de la propulsion de missile balistique ». La chargée de communication du groupe Safran, issu de la fusion entre Sagem et Snecma, est très étonnée de l’emballement médiatique qu’a suscité la décision du fonds pétrolier norvégien de vendre ses actions Safran pour cause éthique. « C’est d’autant plus incompréhensible que cela n’a aucune conséquence économique pour nous. D’après nos estimations, il ne possédait que 0,6 % de notre capital en bourse »


La critique des libéraux et néolibéraux de l’état providence, même en miette après plus de 30 ans de néolibéralisme et de casse social
(

 :« Toutefois, t, l'Etat, toujours et partout, travaille à mal diriger le capital, à déformer les marchés et à accepter la sottise. Ceci est vrai, quel que soit le degré de bonheur de son peuple, la qualité gustative de ses fruits de mer et le pittoresque de ses fjords ».

Conclusion : « Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté ».

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. Ainsi même les modèle du néolibéralisme ( avec des courants a la marge, peuvent ne pas appliqué complètement la logique néolibérale, tant qu'il reste dans le cadre de la défence des intérêts privés maintenant ainsi un "ordre social" ou achetant l'ordre social dominant, dominé) , sont rattraper par la chute du capitalisme ( cf chute tendanciel du taux de profit). Ce système ne peut être réguler, réformer car ces dérives ne sont  pas liées a un ou deux individus comme ils veulent nous le faire croire, mais au fonctionnement de l'ensemble du système. Ce sont ces bases qui sont entrain de se fissurer.

Dessin issus de l'article : 50 articles pour comprendre les crises financières (26/50) : la

16/05/2012

La dette ou la vie !

 

La dette ou la vie !
Le jeudi 10 mai 2012

 

 

 

 

Humour 59.jpg


D’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général ? Peut-on alléger le fardeau de la dette sans appauvrir les peuples ?

En France le service de la dette est le premier budget de l’État, avant celui de l’Éducation Nationale. La dette qui écrase le tiers monde depuis des années arrive au Nord.

A Liège, le CADTM propose des alternatives et milite pour un audit citoyen de la dette publique. Avec Éric Toussaint.

Nouvelle version d’un reportage d’Antoine Chao et de Daniel Mermet.


Programmation musicale :
  Anergy Afrobeat : "La dette africaine"
  Yves Robert : "Interêt à rester"


Site internet du CADTM : www.cadtm.org


Bibliographie :
  "Les dettes illégitimes - Quand les banques font main basse sur les politiques publiques", de François Chesnais (Raisons d’agir, 2011).
  "La dette ou la vie", de Eric Toussaint et Damien Millet (Aden, 2011).
  "Le piège de la dette publique", ATTAC (Les liens qui libèrent, 2011).
  "La finance imaginaire", de Geoffrey Geuens (Aden, 2011).


Illustration : "Peasant with rice", C.K. Wilde (2008).

La réponse à cette question n'est pas si simple, pour les dirigeants néolibéraux européens . En février dernier, j'étais d'avis que les pouvoirs en place de l'Europe devaient absolument empêcher un défaut des obligations grecques : ils ne pouvaient se permettre un précédent.

« Si la Grèce peut faire défaut sans problème, alors pourquoi pas l'Espagne ? Pourquoi pas l'Italie ? La confiance dans l'ensemble du marché européen des obligations d'Etat volerait en éclats, emportant avec elle le système bancaire (capitalisé par de la dette d'état). La Banque centrale européenne (BCE) rentrerait dans les dommages collatéraux ».

Pour autant, personne dans l'establishment européen n'aime à mentionner l'Islande. Il y a probablement une raison : cela pourrait donner des idées aux Grecs. En 2008, les trois plus grandes banques islandaises devaient aux créditeurs étrangers plus d'argent que l'économie islandaise dans son entier. Le gouvernement ne pouvait garantir les dettes de ces banques. Il ne l'a donc pas fait.

L'exemple islandais
Si le gouvernement a assumé les obligations nationales des banques, il a envoyé paître les créditeurs étrangers. Il a fait défaut. La devise a chuté d'environ 80% par rapport à l'euro. Quelques années plus tard, grâce au défaut et à la dévaluation, l'Islande a enregistré un excédent commercial, et cette année l'agence de notation Fitch a relevé la note de crédit islandaise.

Certes, on pourrait penser que ne pas rembourser ses créditeurs est une décision moins qu'honorable. Mais elle a été prise démocratiquement. L'Islande a posé la question du défaut à son peuple et 90% a choisi le défaut. Le peuple a reporté le risque de crédit sur le prêteur, ce qui semble approprié si l'on considère que les emprunteurs n'étaient pas le peuple mais les banques. Le peuple a refusé de prendre à son compte la dette contractée par les banques. Et tant pis pour les créditeurs.

Les dirigeants Grèce a pris l'autre voie. Jusqu'ici, les responsables politiques ont rejeté ce que voulait le peuple. Les hommes politiques grecs obéissent aux ordres de Bruxelles, Berlin et Paris. Les dettes du secteur privé sont à présent les dettes du peuple. Peut-être cela explique-t-il pourquoi les Grecs sont actuellement incapables de former un gouvernement. A en croire certaines sources, ce gouvernement aurait moins de deux milliards d'euros de liquidités.

Il y a quand même une différence cruciale...
« Bien sûr, la principale différence entre l'Islande et la Grèce est que l'Islande possède sa propre monnaie. Le défaut s'est accompagné d'une dévaluation. C'est ce qui a permis d'effacer la dette. Le résultat fut une récession, courte, forte et douloureuse. Et en termes de PIB, l'économie est beaucoup moins importante aujourd'hui qu'en 2008. Mais la dette a été liquidée et c'est ce qui compte. Elle n'a pas été conservée comme un perpétuel fardeau sur les épaules des contribuables afin de satisfaire les créditeurs (les banques privées) ». « Les Grecs ne peuvent dévaluer s'ils ne sortent pas de l'euro ; et les Européens ne veulent pas que les Grecs sortent de l'euro pour l'instant. Si les Grecs refusent d'honorer leurs créditeurs étrangers, cela signifie qu'ils refusent de rembourser les dettes qu'ils doivent aux banques françaises, allemandes et aux autres banques européennes. Nul ne peut dire ce qui arriverait alors ».

Le but serait d'isoler le reste de l'Europe d'une sortie de l'euro par la Grèce. Mais une conséquence involontaire serait une dévaluation de l'euro... pour revenir à la parité avec le dollar américain !

La logique néolibérale ( Merkel, nouvelle tchatcher européenne) : Cela ferait certainement sensation. Quand même, nous sommes dans une sorte de course à la baisse s'agissant de des salaires, des valeurs sociales. . Chaque pays veut une monnaie bon marché pour booster les exportations. Les exportations conduisent à la croissance des multinationales. La croissance vaut mieux que l'austérité. Mais de toute évidence, tout le monde ne peut pas avoir la monnaie la meilleure marché.

Cette série d'expansions monétaires qui se répondent l'une l'autre montre bien l'absurdité de l'actuel système capitaliste néolibérale, dont la question monétaire n’est que le résidus. Le ‘nivellement par le bas' dans la « dévaluation monétaire concurrentielle a abaissé les taux d'intérêt mondiaux ».

Au début, des taux d'intérêt plus bas ont conduit à une augmentation des emprunts -- le boom du crédit. Les principaux bénéficiaires en ont probablement été des pays comme l'Australie et le Brésil. Y ont été combinés une inflation des matières premières et une demande pour des actifs 'risqués' comme des devises liées aux matières premières et des valeurs sur les ressources.

Bill Gross, gestionnaire du plus grand fonds obligataire au monde, reconnaît que nous atteignons le bout de ce nivellement par le bas. "Des changements majeurs de notre système monétaire mondial se profilent", écrit Gross dans un article publié par le Financial Times. Selon Gross, la diffusion d'obligations souveraines à intérêt faible de la part du monde développé nous a amenés à un point de basculement qui pourrait conduire à un ordre monétaire totalement nouveau.

 L'euro, facteur de recomposition du système monétaire international, La financiarisation de l'accumulation - Changement de société : En 1997, dans son dernier article publié, Paul Sweezy faisait référence à « la financiarisation du processus d’accumulation du capital » qu’il présentait comme l’une des trois principales tendances économiques au tournant du siècle (les autres étant la croissance du pouvoir des monopoles et la stagnation). Dans une tentative de répondre au rôle de la finance dans l’économie moderne, le travail de John Maynard Keynes est indispensable. Cela est tout particulièrement vrai de ce qu’il a fait au début des années 1930 quand il travaillait à La Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie (1936). C’est à ce moment là, en fait, que Marx figure au centre de l’analyse de Keynes. Confessions d'un assassin financier - John Perkins ,  Intervention de John Perkins vostfr , « Aider la Grèce » ? (Le...,  La faillite de la Grèce..., Equation néolibérale : Néolibéralisme : diviser pour mieux régner ? : citizen khane

12/05/2012

Capitalism is Dead?

 

Pour éviter la surchauffe de son économie, qui croît au rythme de plus de 6 % par an, le Brésil veut réduire ses dépenses publiques afin de freiner l'activité. Avec 0,1 % de croissance au premier trimestre 2010, la France entend elle aussi réduire de façon drastique ses dépenses publiques. Cherchez l'erreur

Un parallèle avec le lanceur d'alerte Karl Marx : Le Capital - travail : L'heure est grave J
 Non, la crise n'est pas finie. Mais quelle crise? Une crise économique? Elle existe en Espagne, en Grèce, en Italie, mais pas encore vraiment chez nous ni en Allemagne….
Marxisme économique - Wikipédia(..), Baisse tendancielle du taux de profit . Cf  a voir K. Marx - Le Capital Livre I : Sommaire, Le Capital - Wikipédia :Le Capital. Critique de l'économie politique, l, (… ) dans l'ouvrage Les Théories de la plus-value


Ca chauffe

Photo 058.jpgLa Grèce et le capitalisme à l'agonie - ZEC plus Ultra, zèbre en cavale

" En cas de nouveau scrutin, l'enquête d'opinion fait apparaître un résultat marquant: l'arrivée en tête du Syriza avec 27% des intentions de vote, suivi par la Nouvelle Démocratie à 20%, la Pasok, toujours troisième à 12,6% puis les Grecs indépendants (droite anti-mémorandum) à 10%. Une telle montée en puissance du Syriza changerait complètement la donne car le parti d'Alexis Tsipras, qui dispose actuellement de 52 sièges, bénéficierait alors de la prime de 50 sièges accordée au parti vainqueur, le mettant en position de force pour nouer des alliances. "

11 mai 2012  AFP

La Grèce dans le contexte d’un effondrement du capitalisme


Paul Jorion - Le temps qu'il fait, le 11 mai 2012 par PaulJorion

 

>Le blog de Paul Jorion

Il faut dire que l'enjeu est de taille. La Zone euro est à nouveau en pleine tourmente ; la sortie de la Grèce semble une hypothèse de plus en plus probable. Des banques centrales aux banques tout court en passant par les autorités politiques et économiques, tout prend l'eau, tout menace de partir en lambeaux du jour au lendemain... ou presque.

Difficile de vous dire précisément la fin ; tout dépendra de l'évolution de la conjoncture d'ici là.

Un système en dérapages incontrôlés : Une croissance toujours faible dans les pays développés -- pour ne pas dire négative dans plusieurs pays membres de la Zone
euro. Des créations d'emplois plus déprimées que jamais : les entreprises licencient afin de serrer les coûts au maximum. Des perspectives macro-économiques d'une rare noirceur -- surtout depuis les élections présidentielles françaises et les législatives grecques. Louche. Incompréhensible.

C'est la preuve d’un effondrement de la doctrine, idéologie néolibérale a laquel le  pétrole cher, la bulle immobilière, le retour des CDS, la crise systémiques est en train d'assommer la reprise.

grèce,capitalisme,paul jorion,économie,politiqueLe secteur des transports, de l’immobilier s’effondrent et va entrainer le reste du système : Economie …

Le secteur du transport est évidemment l'un des plus touchés par une hausse des coûts de l'énergie, et du pétrole en particulier. Vu l'augmentation récente du baril de brut, l'activité devient moins rentable et les investisseurs en tirent les conséquences qui s'imposent sur les marchés : ils vendent les actions des transporteurs.

Mais ce n'est qu'une partie des enseignements à tirer de cet écart grandissant entre l'ensemble du marché et le secteur des transports. « Lorsque ce dernier va mal, c'est la preuve que l'économie dans son ensemble s'apprête à souffrir de la cherté de l'énergie ».

Non seulement il devient plus coûteux de déplacer un bien d'un point à l'autre de la planète, mais les coûts de production explosent dans l'industrie, par exemple. Plus lentement, mais pas moins sûrement.

Mais qu'appartements, maisons et grands ensembles ont à voir avec l'économie ? Eh bien, l'immobilier est aujourd'hui le point faible de l'Espagne... et donc de l'Europe tout entière.

L'immobilier, le talon d'Achille de l'Espagne
Car si l'Espagne vient de se faire dégrader de deux crans par l'agence de notation Standard & Poor's, à BBB+, soit à peine trois rangs au-dessus de la catégorie "junk bonds", c'est à cause (essentiellement) de ses banques. L'urbanisation de la Côte d'Azur, mais surtout de sa concurrente ibérique, sont des exemples parmi d'autres de la folie immobilière qui s'est emparée de l'Espagne depuis plus de 60 ans. " La « croissance économique » ou bulle spéculative espagnole a été tirée par l'immobilier et les BTP. Or ce n'est jamais très bon pour un pays d'être ainsi dépendant d'un seul secteur économique. Surtout quand explose une bulle.

« Le dynamisme du secteur immobilier espagnol » a été encouragé par les crédits accordés par les banques espagnoles. Contrairement à ce qui se pratique en général en France (mais de même qu'en Italie), la très grande partie des crédits accordés ces 20 dernières années sont des crédits à taux variable..

. Pour résumer, pas ou peu de prêts subprime (à haut risque) en Espagne. Ce n'est pas faux. Mais il y a un élément qu'il ne faut pas perdre de vue : le taux de chômage.« Car les prêts à taux variables ne sont que le premier rouage de l'engrenage infernal. A cela il faut ajouter un effondrement du niveau de vie des Espagnols. Peu étonnant quand on sait que le taux de chômage atteint maintenant 25% de la population active – et qu'il dépasse les 52% pour les jeunes de moins de 24 ans. C'est pire qu'aux Etats-Unis. A vrai dire c'est pire qu'un peu partout en Europe ».

En parallèle, la valeur de l'immobilier a chuté dramatiquement. De nouveau un cercle vicieux : le niveau de vie baisse, les taux d'intérêts explosent, donc de plus en plus d'espagnols essaient de vendre leur bien pour ne pas se laisser entraîner vers le fond par l'explosion de la bulle immobilière. Le nombre de biens mis en vente explose alors que celui des acheteurs potentiels se réduit comme peau de chagrin. Qui veut acheter quand le chômage menace et que les taux explosent ? Plus de biens à vendre, moins d'acheteurs : le prix du m2 s'effondre... aggravant ainsi la situation.

Le pourcentage de défaut de paiement des crédits (plus de 8%) flambe, entraînant dans son sillage les banques qui ont accordé ces prêts. Un mécanisme qui nous avons déjà vu à l'oeuvre aux Etats-Unis lors de la crise des subprime et depuis en Europe (en Angleterre, en Irlande, en Italie et en Espagne).Selon les estimations de la Banque d'Espagne, 60% des actifs détenus par les banques ibériques seraient des actifs immobiliers "problématiques". Ce qui représente tout de même 184 milliards d'euros.

L'Etat espagnol à la rescousse de ses banques
Que va-t-il se passer ? Les banques espagnoles vont devoir faire appel à l'Etat pour se sortir d'affaire. C'est d'ailleurs ce qu'elles ont déjà fait plusieurs fois par le passé – et c'est ce qui inquiète les agences de notation. Le gouvernement espagnol est déjà intervenu à trois reprises pour "nettoyer" les bilans des banques espagnoles. 50 milliards d'euros ont ainsi disparu du bilan des banques.

Le gouvernement espagnol a-t-il encore les moyens financiers ? " Non. Certes la dette publique ne représente que 68% du PIB (contre 165% pour la Grèce et 86% pour la France) mais non seulement le volume des créances douteuses détenues par les banques, en particulier régionales, est largement sous-estimé mais surtout l'économie espagnole traverse sa seconde récession depuis 2008". "Or sans croissance, l'Espagne ne risque pas de pouvoir sauver seule ses banques".

Le mauvais pari de la BCE
Ironie
de la situation, la dernière action d'ampleur de la BCE a ajouté de l'huile sur le feu. Oui, je parle bien des deux opérations de LTRO d'un milliard d'euros qui ont permis aux banques européennes de se financer à bon compte. Qu'ont-elles fait de cet argent ? Elles ont acheté de la dette souveraine – ce qui était le but de l'opération. Mais quelle dette souveraine ? Celle de l'Allemagne ? Que nenni : celles de l'Espagne et de l'Italie.

Les banques espagnoles ont acheté de la dette espagnole, et les banques italiennes de la dette... italienne. Alors certes, les rendements ont baissé... mais pour repartir à la hausse dès la fin du LTRO. Les rendements espagnols ont ainsi de nouveau franchi la barre des 6% et il y a fort à parier qu'ils passeront de nouveau rapidement au-dessus des 7%.

Mais surtout, les banques se sont tiré une balle dans le pied en achetant ces obligations souveraines à risque. La sanction des agences de notation ne s'est pas fait attendre puisque, dans la foulée de la dégradation de la note souveraine de l'Espagne, Standard & Poor's a baissé la note de 9 banques ibériques. Normal, leur bilan s'est encore alourdi de créances douteuses... faisant peser des risques supplémentaires sur leur survie.

Dans l'attente...
Trois éléments à prendre en compte pour essayer d'anticiper ce qui nous attend :

1. L'Espagne va avoir besoin de l'aide de l'UE et de la BCE. Sous quelle forme ? Aucune idée. Cette aide peut prendre la forme d'achats de créances par la BCE, de prêts aux banques espagnoles (toujours par la BCE) ou encore de plan de renflouement tel que celui qui a été accordé à la Grèce.

2. Les élections. Il ne vous aura pas échappé que les élections présidentielles françaises – et la politique que choisira de suivre le futur président – font peser de quelques doutes sur l'évolution de la crise européenne.
[Elections présidentielles : il y a peu de chances pour que le nouveau Président de la République
prennent les distances avec ce système, ce dogme..

3. L'inaction ou  absurdité et complaisance avec les lobbies privés. Jusqu'à présent, la zone euro a surtout démontré sa grande capacité à L'inaction ou  absurdité et complaisance avec les lobbies privés... La crise grecque a traîné en longueur jusqu'à frôler la catastrophe (le défaut incontrôlé).  N'oubliez pas que l'Espagne est la quatrième économie de la zone euro... et surtout que l'Italie n'est pas loin d'être dans une situation aussi précaire que la péninsule ibérique.

J'espère, cher lecteur, ne vous avoir pas trop déprimé, mais que cela vous aura sensibiliser et révolter. Nous allons affronter une nouvelle crise de l'euro et plus largement de le capitalisme à l'agonie.

 

grèce,capitalisme,paul jorion,économie,politique> Jean Luc Porchet - Prises de Bec - Le Canard enchainé

Ordre monétaire ou chaos social ? : la BCE et la révolution ..., La révolution néolibérale

 

 

 
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