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19/10/2011

Le retour de l'Histoire

Le marché aime reprendre l’idée que « L'être humain présente deux aspects, selon les Grecs anciens. Il y a "l'appétit" -- l'esprit rationnel cherchant comment obtenir ce qu'il souhaite. Et il y a "l'esprit" -- qui s'occupe de choses intangibles comme l'honneur, le statut, la religion et ainsi de suite C'est peut-être l'appétit qui construit la richesse... mais c'est l'esprit qui nourrit les révolutions. Les gens ont un sens inné de ce qui est bon ou pas... de ce qui est juste et injuste. Lorsqu'ils se sentent floués, ils font la révolution».

Ils veulent nous faire croire que c''est juste pour appat du gain, que les peuples font la révolution, et non pour des valeurs de justices d'égalité, ou tout simplement remettre des systèmes déréglées et institutionnalisées vers un monde juste et libre le peuple. La liberté ne se décrète pas, elles se fait tout au long. Une liste de date pour montrer le glissement des rapports de la démocratie vers le privé, les lobbies... Et montrer la perte progressive, mais constante de la liberté et des moyens de pressions sur les hommes politiques qui sont " censés" les représentaient. Le système a ainsi engendrer des bulles et des crise institutionalisées de plus en plus sévère et généralisée et maintenant systématique.

La presse explique comment les riches sont devenus plus riches aux Etats-Unis. Dans le Washington Post :

"Entre 1973 et 1985, comme le démontrait en 2009 Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, les banques américaines ne gagnaient jamais plus de 16% sur l'ensemble des profits des entreprises nationales. Au milieu des années 2000, ce chiffre était passé à 41%. Il en est allé de même pour les salaires : durant plus de trois décennies, de 1948 à 1982, les niveaux de salaire dans la finance atteignaient en moyenne entre 99 et 108% de la moyenne du secteur privé. En 2007, ils étaient à 181%".

Mais pourquoi ? Comment ?

l'histoire,monétaire,système,capitalisme"A cause de l'avidité des banquiers", répondent à la fois les indignés et la presse. Attendez une minute. Les banquiers étaient tout aussi avides lorsqu'ils représentaient 10% des profits des entreprises. Les banquiers sont toujours avides -- comme tout le monde.

Ce l'avidité financière et les autorités qui a fait basculer le monde en faveur des riches. La démocratie crée des rapports de force naturelle.

Le système monétaire post-1971 basé sur le dollar a permis une explosion du crédit ( Changes flottants - Wikipédia, Analyse économique et historique des sociétés contemporaines) -- ce qui a naturellement profité directement au secteur du crédit, et indirectement à l'ensemble de l'investoriat détenant des actifs financiers. Aux dépens des classes basses et moyennes. En d'autres termes, l'expansion de crédit causée par un régime monétaire flexible et extensible a mis le feu à l'économie toute entière. Les classes moyennes et plus pauvres se sont lourdement endettées pour acheter des choses.

Les "riches" -- du moins ceux qui possédaient des actions et des obligations -- sont devenus plus riches, à mesure que les dépenses de consommation illuminaient le monde économique, en particulier le secteur financier lui-même. Les profits de ce secteur ne représentaient que 10% environ du total des profits à Wall Street en 1970. Lorsque la bulle du crédit a éclaté en 2007, ils étaient passés à 40%.

Les salaires pour le travailleur moyen ont stagné pendant 40 ans. Mais les salaires à Wall Street ont grimpé en flèche. En 1970, le salaire moyen dans le secteur financier était à peu près égal à ceux de postes équivalents dans le reste de l'économie. Une fois le 21e siècle arrivé, les salaires de Wall Street étaient presque deux fois plus élevés. Cliquez ici pour mieux comprendre, Les banquiers et traders de Wall Street, potentiels « indignés » ?

Ceux qui se plaignent des dirigeants "avides" et des riches sont à côté de la plaque. Les gens -- riches ou pauvres -- sont tous avides. Mais ils n'ont pas toujours un système monétaire qui encourage la dette et favorise les investisseurs aux dépens des travailleurs. Ce système monétaire a été créé en 1971 par l'administration Nixon, qui ne savait probablement pas ce qu'elle faisait... et a ensuite été perfectionné par les présidents de la Fed qui lui ont succédé.

▪ En plus de creuser le fossé entre les riches et les pauvres, le système monétaire non-appuyé à l'or a eu une autre conséquence notable. Il a sapé la capacité des travailleurs à faire concurrence dans le monde moderne. Il y est parvenu en faisant passer une part de plus en plus grande de la production vers les marchés émergents.

Durant l'ère pré-1971, les pays devaient solder leur balance commerciale. C'est-à-dire que lorsqu'un pays vendait plus à son voisin qu'il n'y dépensait, le pays en surplus terminait avec un excès de devises de son voisin. La facture était réglée en transférant de l'or -- la devise réserve à l'époque -- du pays en déficit vers le pays en surplus.

Ce transfert d'or avait un effet effroyable sur l'économie du pays déficitaire -- soit parce que les investisseurs faisaient grimper les taux d'intérêt, soit parce que la Banque centrale s'en chargeait. Cela causait un ralentissement de la croissance économique et une baisse des dépenses, corrigeant ainsi la fuite de fonds vers le voisin.

C'est précisément ce mécanisme d'auto-correction que les autorités étaient décidées à supprimer lorsque l'administration Nixon a "fermé la fenêtre de l'or" au département du Trésor US en août 1971. Les Etats-Unis avaient trop dépensé pour la guerre du Vietnam. Les banques françaises, encore très actives au Vietnam, étaient généralement destinataires de l'argent... qui allait ensuite à la Banque de France. Les Français, anticipant un problème avec le dollar, voulurent échanger leurs billets verts contre de l'or. C'était là la cause immédiate de la réaction de l'administration Nixon -- un véritable défaut sur ses obligations financières. C'était également la cause de la hausse du prix de l' or qui s'ensuivit... après quoi arriva par un krach du métal jaune... puis par un gigantesque boom durant lequel les Américains ordinaires furent poussés à s'endetter et attirés dans la pauvreté.

Les riches devinrent plus riches, les pauvres devinrent plus pauvres. Les classes moyennes aussi devinrent plus pauvres. Entre 1975 et 1992, le patrimoine des 1% les plus riches des Etats-Unis passa de 22% du total de la richesse des ménages à 42%. Pourquoi ? Les plus riches étaient-ils plus productifs ? Etaient-ils devenus plus intelligents ? Bien sûr que non... La partie avait été truquée en leur faveur.

Les Ciompi (Ciompi - Wikipédiase sont révoltés au 14e siècle ( LES RÉVOLTES DANS LA FRANCE DU XIVe SIÈCLE ..., LA RÉVOLTE DES CIOMPI - Le CNDP. Il s'agit des cardeurs de laine de Florence... le poppolo minuto -- le petit peuple -- sans pouvoir ni argent. Ils se sont soulevés en juin 1378, attaquant les bâtiments gouvernementaux ; en juillet, ils étaient aux commandes du gouvernement.En savoir plus sur les Compi

D'autres corporations devinrent jalouses. En août, les bouchers les attaquèrent sur la Piazza della Signoria. Le pouvoir des Ciompi déclina... jusqu'à ce que les choses reviennent à la normale.

Ce n'est là qu'un exemple parmi les nombreux soulèvements qui se sont produits en Europe parmi les basses classes. En France, un paysan appelé Jacques a mené une révolte contre les autorités au 14e siècle -- la Grande Jacquerie. C'était le début d'une longue liste d'émeutes qui n'ont pas pris fin avant le 18e siècle.

L'une des idées les plus fallacieuses de tout le 20e siècle nous vient de Francis Fukuyama, qui a demandé -- apparemment avec le plus grand sérieux -- si nous étions à "la Fin de l'Histoire". Selon lui, la démocratie et le capitalisme modernes avaient atteint une telle perfection après la chute du Mur de Berlin qu'aucune amélioration n'était possible. L'histoire avait pris fin.

Les Jacqueries, pensait-il, n'étaient plus nécessaires. Parce que la démocratie moderne s'adaptait naturellement aux défis qu'elle rencontrait. Si les gens avaient des griefs, il leur suffisait de faire signe à leurs élus. Les politiciens discuteraient du sujet et trouveraient une solution, n'est-ce pas ?

Ha ha ha... Fukuyama a mal compris l'ensemble de la situation. La démocratie. Le capitalisme. L'histoire. La politique. Tout. A mesure qu'une institution mûrit, petit à petit, elle perd de vue son but d'origine et commence à servir les desseins de ceux qui la contrôlent. Elle devient rigide -- s'obstinant à résister à tout changement qui diminuerait le pouvoir et la richesse des groupes qui la dirigent. Plus l'institution reste immobile, plus elle devient parasite et arthritique. Elle monopolise les ressources de la production honnête, les redirigeant vers les sangsues privilégiées.

Ensuite... l'histoire fait son retour. Puis la révolution arrive. »

Un texte révélateur avec date, explication et une bonne part de cynisme. Cela prouve surtout que la thèse des complotistes, des illuminatis ( " les illuminés") ne reposent pas si l'on creuse, car comment se focaliser que sur le NWO ( Nouvelle ordre mondiale) alors que le système " l'ordre" ne date pas d'aujourd'hui, mais se situe dans la continuité de la pression sur les " masses salariales" force de production et sur son environnement. Je vous appel a vous détourner de ces discours simplistes et dangereux, pour se concentrer sur les faits pour attaquer et supprimer ce système.

En savoir plus blog. Serge Halimi sur "Le grand bond en arrière (plusconcient.net), L'impossible sauvetage des banques, Un extrait, pour comprendre la vision et l’histoire du capitalisme, Face aux délitements des pays Européen : Une lettre des indignés grec.

 

 

24/09/2011

Les plus belles planques de la République

source Capital . "Révélation édifiante sur notre oligarchie Françcaise : "Malgré la crise et les déficits publics ( et du peuples et du krach du système capitaliste La crise a déjà détruit 13 millions d'emplois dans l'OCDE, Six pays mettent en péril l’aide européenne aux plus démunis – eractiv, Lancement de l'observatoire européen des inégalités, , La Hongrie met ses Roms au travail Selon l’opposition, ce programme ressemble aux programme des Nazis, Dernières nouvelles de la zone euro) , les favoris du pouvoir continuent à décrocher des jobs tranquilles et bien payés.

 

Un diplôme d’infirmière permet rarement de décrocher une sinécure. Sauf, bien sûr, quand on est une militante politique dévouée comme Isabelle Deleu. Cette femme dynamique de 48 ans, qui a débuté sa carrière au très chic Hôpital Américain de Neuilly, a été bombardée par décret, en avril dernier, «contrôleuse générale économique et financière de première classe», l’un des postes les plus convoités de la haute fonction publique, attribué à vie, et rémunéré 8000euros par mois.

Il est vrai que cette militante RPR depuis 1983 avait depuis longtemps abandonné sa blouse blanche et ses seringues pour être nommée chargée de mission auprès de Nicolas Sarkozy, alors secrétaire national à la jeunesse du parti. Devenue plus tard attachée de presse, puis conseillère parlementaire, Isabelle Deleu était ces derniers temps en poste au cabinet de Christine Lagarde, à Bercy. Son agenda est aujourd’hui nettement moins chargé: début juillet, elle ne s’était toujours pas installée dans son nouveau bureau et le standard indiquait ignorer sa date d’arrivée.

Bah! Cette chanceuse n’est pas la première à trouver refuge dans une planque de la République: voilà des lustres qu’amis et obligés du pouvoir se font offrir des jobs pas trop harassants et souvent très bien payés. Avec, en prime, la garantie de l’emploi et une retraite aux petits oignons. Dans un contexte de crise et de chasse aux déficits publics, ce favoritisme passe de plus en plus mal dans l’opinion, comme l’a montré l’affaire Ferry. Certes, en signant à tour de bras des décrets nommant ses protégés dans la haute fonction publique, Nicolas Sarkozy ne fait que perpétuer la pratique du «tour extérieur», largement répandue sous Mitterrand et Chirac. «Après tout, il est normal d’ouvrir les grands corps à d’autres profils que les énarques, commente le député socialiste René Dosière, grand pourfendeur des gaspillages de l’Etat. Mais encore faudrait-il que les personnalités choisies possèdent les compétences requises.»

Capital cite de nombreuxnoms comme Dominique Tiberi, « le fils de l’ancien maire de ¬Paris, a été catapulté contrôleur général économique et financier, comme notre infirmière » ou François Fillon, qui rêve de conquérir la mairie de Paris aux prochaines municipales, aurait ainsi voulu se ménager le soutien de Jean Tiberi ». ,l’élu UMP guyanais Léon Bertrand, ex-ministre du Tourisme sous la présidence Chirac , Jean Germain, actuel maire PS de Tours, n’a pondu que dix courtes lettres manuscrites et un mince rapport

Encore faudrait-il aussi que les emplois publics généreusement distribués ne soient pas fictifs. Agacé par de fréquentes dérives, Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, n’a pas hésité à écrire à François Fillon, il y a quelques mois, pour s’interroger sur la réalité du travail fourni par deux inspecteurs généraux de l’Education nationale nommés au tour extérieur. En dix-huit ans,.

Quant à, il a attendu dix-huit mois pour se rendre à une réunion de travail de son corps d’inspection, en 2009. Il était temps: quelques jours plus tard, il était mis en examen pour «délit de favoritisme et corruption passive». Le coup de semonce de la Cour des comptes n’y changera sans doute rien: dans les allées du pouvoir, de multiples occasions permettent d’obtenir de belles planques.

Les premiers servis? Léon Bertrand, ont perdu leur job à la suite d’un remaniement. Conseillers obscurs mais dévoués de ministres en vue, ils sont des dizaines à obtenir le Graal: un poste de haut fonctionnaire, comme les vrais énarques. Benoît Parayre, titulaire d’un Deug de philosophie, a ainsi été nommé, en décembre dernier, inspecteur général de l’administration du développement durable, Roger Karoutchi, ex-secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement. « Quai d’Orsay doit régulièrement ouvrir aux recasés du pouvoir ses postes peu stratégiques, mais garantis sans soucis. Xavier Darcos, Rama Yade est aussi cité…

Faut-il toujours être un chouchou du pouvoir ou un petit soldat méritant des cabinets ministériels pour bénéficier de placards dorés? Même pas comme Jean-François Mattéi, Gilles Dufeigneux, l’ex-chef adjoint de cabinet de François Fillon à Matignon

 

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Olivier Drouin

Le très confortable Conseil économique et social
Ce Conseil ne sert à rien, il faudrait le supprimer», fulmine le député UMP Hervé Mariton. Que les 233 membres de l’assemblée consultative se rassurent
: leur institution, rebaptisée en 2008 Conseil économique, social et environnemental (Cese), n’est pas près de disparaître. Non que nos gouvernants se passionnent pour les débats des représentants syndicaux, patronaux ou associatifs qui y somnolent. Mais parce que le Cese est bien pratique pour distribuer les récompenses: l’Elysée peut y nommer 40 amis tous les cinq ans au titre de «personnalités qualifiées». Parmi les heureux PQ (comme on les appelle au Palais d’Iéna) de la dernière fournée figurent ainsi quelques cas édifiants: Hervé Marseille, maire UMP de Meudon, récompensé pour avoir laissé sa place à Jean Sarkozy au conseil d’administration de l’Epad; Danièle Dussaussois, ex-élue des Hauts-de-Seine, remerciée pour avoir cédé sa place aux dernières cantonales à Isabelle Balkany (qui a été battue); ou encore l’ancien conseiller de l’Elysée Pierre Charon, reconduit pour cinq ans dans la noble institution bien qu’il y mette rarement les pieds. Pour leurs excellents services (quelques-uns y travaillent vraiment), tous perçoivent une indemnité de 3800euros brut par mois.

Conseil supérieur de l’audiovisuel : 10.000 euros net par mois
Christine Kelly : Auteur de l’hagiographie «François Fillon, le secret et l’ambition», l’ex-journaliste de LCI est devenue en 2009 membre du CSA pour une durée de six ans.
Francine Mariani : Epouse du patron de Dexia, proche de Sarkozy, cette énarque, nommée conseillère d’Etat au tour extérieur, a été choisie par le président pour siéger au CSA.


Contrôle général économique et financier : 8.000 euros net par mois
Isabelle Deleu : Cette conseillère de Christine Lagarde a eu de la chance
: trois mois avant le départ au FMI de l’ex-ministre, elle avait été nommée au tour extérieur dans un grand corps de l’Etat.
Dominique Tiberi : Malgré l’avis défavorable d’une commission d’évaluation, le conseiller municipal et fils de Jean Tiberi a été bombardé par décret contrôleur général de 1re classe.
Conseil d’Etat : 7.500 euros net par mois
Arno Klarsfeld : L’ex-avocat et conseiller à Matignon n’a jamais été un bourreau de travail. Nommé au Conseil d’Etat en octobre 2010, il n’y vient que par intermittence.
Inspection générale des affaires sociales : 6.500 euros net par mois
Fadela Amara : Non reconduite au gouvernement, l’ex-présidente de Ni putes ni soumises a été nommée par décret en janvier dans l’un des grands corps d’inspection de l’Etat.


Inspection générale de l’éducation nationale : 4.500 euros net par mois
Fabrice Larché : Ex-chef de cabinet de Valérie Pécresse à l’Enseignement supérieur, il a été nommé par décret en 2007 à l’aca-
démie de Paris. Une décision fustigée par la Cour des comptes.
Christophe Borgel : Cet élu socialiste bénéficiait d’un emploi de complaisance comme inspecteur de l’académie de Paris.
Il a pu régulariser sa situation en passant un simple oral.


Conseil économique et social : 3.800 euros brut par mois
Maud Fontenoy : Très appréciée de Sarkozy, la navigatrice avait décliné un poste au gouvernement en 2007. Mais,
entre deux voyages, elle ne refuse pas de venir siéger au Palais d’Iéna.
Pierre Charon : Renouvelé pour un mandat de cinq ans, l’ex-conseiller de Sarkozy est aussi président du domaine de Chambord et chargé de mission au Grand Paris.

A lire aussi Deux proches de Sarkozy inquiétés dans l'affaire Karachi, Jacques Servier et son groupe mis en examen pour le Mediator, Les laboratoires Servier sous pression économique , L'affaire Karachi se rapproche de Nicolas Sarkozy ,

Des milliers de collectivités touchées par des prêts toxiques - capital , face au chaos capitaliste organisons nous pour l'anarchie 1/5 : «  Quand l’ordre est l’injustice, le désordre est un début de justice 

 

18/08/2011

Warren Buffett, l'homme qui voulait payer plus d'impôts

Par Pierre Haski | Rue89 | 15/08/2011 

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Le milliardaire, qui paie relativement moins d'impôts que ses employés, appelle Obama à « arrêter de cajoler les riches ». hum, Bizarre. Surtout qu'il est en plein dans ce système que nous dénonçons. "Warren Buffett  soutient Goldman Sachs et son patron, "La réforme de Wall Street essuie un premier revers au Sénat " ( photo)  

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Certains le traiteront d'hypocrite, d'autres de doux rêveur, certains penseront qu'il est en train d'acheter sa place au paradis… Warren Buffett, l'un des hommes les plus riches au monde, vient de prendre sa plume pour demander à… payer plus d'impôts.

Ce financier américain, qui fêtera dans quelques jours ses 81 ans et qui pèse au bas mot 50 milliards de dollars (34 milliards d'euros), a publié dans le New York Times une tribune pour se plaindre que ses impôts, et ceux de ses « amis super-riches » comme il les décrit lui-même, ne sont pas assez élevés alors que la classe moyenne et les plus pauvres souffrent des conséquences de la crise financière.

Il donne des chiffres : sa dernière feuille d'imposition fait apparaître qu'il a dû payer plus de six millions de dollars (4 millions d'euros) au Trésor américain. …. Avec ce résultat très paradoxal :

« C'est moins que ce que payent les vingt autres personnes de mon bureau. Leur imposition va de 33 à 41% de leurs revenus, avec une moyenne à 36%. »

Il ajoute ce commentaire qui en dit long sur la place de la finance dans le capitalisme d'aujourd'hui :

« Si vous faites de l'argent avec de l'argent, comme le font certains de mes amis super-riches, votre pourcentage pourra même être encore plus bas que le mien. Mais si vous gagnez votre vie avec un travail, votre pourcentage sera supérieur au mien, et sans doute de beaucoup. »

Il faut augmenter les impôts des plus riches

Une situation qui, selon lui, n'était pas le cas dans les années 80 et 90. Entre 1992 et 2008, alors que les revenus des 400 Américains les plus riches a décuplé, leur taux d'imposition moyen est passé de 29,2% à 21,5%.

Warren Buffett fait donc une proposition au Comité conjoint qui a été récemment décidé par Barack Obama et son opposition républicaine pour trouver des solutions au problème du déficit budgétaire : augmenter les impôts des plus riches.

Il suggère de ne pas toucher à l'imposition de 99,7% des contribuables américains, mais de n'augmenter les impôts que de ceux qui déclarent plus d'1 million de dollars de revenus par an, soit 236 883 personnes en 2009, et plus encore pour ceux qui gagnent plus de 10 millions de dollars par an, et qui étaient quand même 8 274 en 2009.

Sa conclusion :

« Mes amis et moi avons été cajolés pendant trop longtemps par un Congrès ami des millionnaires. Il est temps que notre gouvernement devienne sérieux sur le partage des sacrifices. »

Warren Buffett n'est pas qu'un riche excentrique. Il est l'un des gourous de la finance américaine, avec son fonds Berkshire Hathaway, dont le succès lui a valu le titre de « meilleur investisseur du XX° siècle ». Il est un des personnages emblématiques du capitalisme américain, dont les paroles et les conseils sont suivis aveuglément par les petits porteurs.

Le choix de la philanthropie

Depuis le début des années 80 et sa formidable réussite financière, réalisée à coups d'investissements judicieux, d'une bonne lecture du marché et d'audace récompensée, Warren Buffett est aussi un grand philanthrope, dans la grande tradition américaine.

Il y a un an, Warren Buffett s'était associé à Bill Gates, un de ses grands amis « super-riches » (Gates siège au conseil d'administration de Berkshire Hathaway), pour lancer une initiative sans précédent et sans équivalent au monde : ils ont lancé le « giving pledge » , un « engagement de don » par lequel qu'ils s'engagent à donner la moitié de leur fortune à des oeuvres humanitaires. Une quarantaine de milliardaires avaient signé ce « pledge », dont Marc Zuckerberg(Facebook), Larry Ellison(Oracle), ou encore le fondateur de CNN, Ted Turner.

Warren Buffett avait déjà promis 80% de sa propre fortune à la fondation de Bill et Melinda Gates, très active dans la lutte contre le sida et pour la vaccination dans le monde en développement.

La taxation des super-riches comme solution au déficit budgétaire ? Sans doute pas, comme le montrait, chiffres à l'appui, notre blogueur Jean Matouk lorsque la rumeur avait circulé que Bill Gates était « plus riche que l'Amérique »…

Mais la fin de cette injustice déjà choquante en période faste mais carrément inacceptable en temps de crise, du fait que les plus riches payent en pourcentage moins d'impôts que le reste de la population, et que le capital est moins impos que le travail, peut constituer une partie de la réponse, à côté des économies budgétaires et des mesures d'austérité qui sont en train d'être imposées un peu partout.

En France, le débat est d'abord politique

En France, le gouvernement se refuse à aller dans cette direction, se contentant de parler de l'élimination de certaines « niches fiscales », ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

A gauche, Martine Aubry a clairement annoncé la couleur, dans une tribune publiée vendredi dans Le Monde, qui va exactement dans le même sens que les remarques de Warren Buffett : « Les revenus du capital cesseront d'être moins taxés que ceux du travail. »

La candidate à la primaire socialiste s'est néanmoins attirée une attaque en règle de Valérie Pécresse, la ministre du budget, qui a accusé Martine Aubry de préparer des augmentations d'impôts, une antienne qu'on entendra sans doute beaucoup pendant la campagne.

Les super-riches, eux, se taisent. Peut-être que la différence entre les Etats-Unis et la France, c'est qu'ici, ce sont les politiques qui s'écharpent sur les impôts, tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, les plus riches devancent l'appel et proposent de participer à l'effort collectif. Allo Liliane (Bettencourt), François (Pinault), Bernard (Arnault) ? …

Photo : Warren Buffett entouré de pom pom girls de l'université du Nebraska en avril (Rick Wilking/Reuters)

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·         Non, Bill Gates n'est pas plus riche que les Etats-Unis !

Ailleurs sur le Web

·         Stop Coddling the Super-Rich, par Warren Buffett, sur nytimes.com (en anglais)

·         La fiche Wikipédia de Warren Buffett 

·         La liste des 20 super-riches américains, sur le washingtonpost.com

Commander sur Fnac.com

·         "Warren Buffett", par Hélène Constanty

"Warren Buffet et l'interprétation des états financiers"

 
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