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07/03/2013

Chavisme et anarchisme aujourd’hui

contre chavez :article du journal libertario
par Flores Magon, mardi 21 août 2012, 14:02 ·
 

Chavisme et anarchisme aujourd’hui

Hugo Chavez parle de socialisme, souveraineté populaire, participation. Pourquoi être en désaccord si ceci correspond à l’idéal anarchiste ?

Les diatribes de Chavez sont très fournies. Mais lui-même a réitéré qu’il ne fallait pas se fier à ce qu’il faisait ou disait. Ainsi, son "socialisme du XXIéme siècle" dans les faits n’a pas dépassé le simple paternalisme et capitalisme d’Etat, avec comme base l’abondance de la rente pétrolière. La souveraineté populaire est la souveraineté d’une élite de militaires, d’entreprises transnationales et de la "bourgeoisie populaire" naissante. Il suffit de voir la récente concession de pouvoirs extraordinaires à la Présidence, ou la façon dont on raille les alliés qui ont exprimé des réserves face à la décision de construire un parti officiel unique, pour avoir une idée de ce que le "Comandante " entend par participation. Dans l’anarchisme, on n’accepte pas de leadership permanent et omnipotent, sinon uniquement ceux qui sont constamment authentifiés par ceux que, dans une circonstance particulière, ils représentent ; et ceci est l’expression de la souveraineté et de la participation. Le processus [au Venezuéla] ne montre ni d’une manière ou d’une autre que l’on s’éloigne du pouvoir hiérarchique et de l’Etat.

L’intention proclamée du gouvernement est de faire une révolution pacifique et démocratique. Pourquoi ne pas attendre que la révolution s’approfondisse pour émettre des jugements sur le processus ?

Chavez parle de révolution, mais sa parole n’est pas suffisante pour croire qu’il la fasse et qu’il doive être soutenu. Trop de tyrans et de démagogues sur ce continent ont dit la même chose, sans qu’il y ait des raisons de les soutenir. Dans notre cas, il y a une "révolution" dans le sens que notre mode de vie a été désarticulé dans beaucoup de sens, mais ce que nous voyons de construction ne nous incline pas à le soutenir. Permettre sa consolidation c’est rendre les choses plus difficiles à changer, parce que les changements que les anarchistes proposent vont dans une direction très différente de celle prise par le "processus", qui avec plus de 8 ans à la barre se montre plein d’autoritarisme, bureaucratiquement inefficace, infecté par la corruption de manière structurale, avec des orientations, des personnes, des attitudes que nous ne pouvons pas soutenir.

Même si son projet n’est pas libertaire, le chavisme appelle à se confronter à l’oligarchie et à l’impérialisme. Pourquoi ne pas établir des relations stratégiques avec eux et plus tard, une fois détrôné l’oligarchie et l’agression impérialiste, essayer de faire la révolution anarchiste ?

Les alliances stratégiques sont un mode d’action politique pour gagner le contrôle de l’Etat par un groupe d’alliés, alors que nous, les anarchistes, cherchons à dissoudre l’Etat grâce à la participation de toutes-tous. L’échec de ce qui s’appelle réaction et oligarchie (sobriquets avec des vues clairement propagandistes) servira uniquement à consolider à l’intérieur du pouvoir ceux qui gagnent, ceux qui nécessairement formeront la nouvelle oligarchie parce que ainsi l’impose la logique étatique, comme il s’est produit en URSS, Chine ou Cuba. Ceci rendra la révolution anarchiste plus difficile et l’Espagne de 1936 fut un bon exemple. Il est aussi inexact d’identifier le projet chaviste comme étant en opposition au coup d’Etat, alors que son but original était de faire un coup d’Etat militaire, et qu’il se targue constamment dans son identification avec le langage et les pratiques de caserne. La lutte contre le gouvernement de la minorité (oligarchie) à l’intérieur des régimes étatiques se réduit à remplacer quelques-uns par quelques autres. En ce qui concerne le combat contre l’impérialisme, si nous prêtons attention à ce qu’ils proposent et appliquent en matière de pétrole, de minerai, d’agriculture, d’industrie, de plan de travail etc., ils semblent rester les valets de l’Empire et non ses ennemis (Pour plus de détails sur les axes stratégiques face au capital transnational et aux intérêts impérialistes, voir les publications du "El libertario" www.nodo50.org/ellibertario- en espagnol).

Maintenant, le gouvernement vénézuélien annonce une explosion du pouvoir communal, avec l’implantation massive et sécession de pouvoir aux Conseils Communaux, organisations communautaires et horizontales de participation populaire. Les anarchistes soutiennent ces structures de base ?

Ce que nous commençons à voir de l’instauration et du fonctionnement des conseils communaux indique que son existence et sa capacité d’action dépendront de sa loyauté à l’appareil gouvernemental, lequel s’assure en laissant aux mains du Président la faculté juridique d’approuver ou non les dites organisations, comme le décrit la loi correspondante. Dans ce cadre, il y a des expériences au Venezuela, ou tant de groupements de base (comme les syndicats sans aller plus loin) ressemblent aux tramways, qui reçoivent le courant depuis le haut. Certainement, il y a des tentatives pour un réel groupement du bas vers le haut, et ceci a lieu dans le cadre du voisinage, ouvriers, paysans, indigènes, écologistes, étudiants, culturels, etc. malgré qu’ils ne comptent pas sur la sympathie officielle. Il nous semble que la soumission légale, fonctionnelle et financière des conseils communaux devant le pouvoir étatique sera un sévère obstacle pour servir de base à un mouvement autonome. Ceci vaut aussi pour l’annonce de conseils de travailleurs pour les entreprises, dans lesquels on entrevoit un moyen d’annuler un syndicat indépendant.

Pourquoi les anarchistes critiquent-ils la Force Armée Vénézuélienne- d’origine clairement populaire et nationaliste- et sa capacité à soutenir un projet révolutionnaire ?

Dans tout armée moderne, depuis l’Europe du XVII et XVIIIéme siècle jusqu’à l’Amérique Latine d’aujourd’hui, le gros des troupes est recruté dans les secteurs populaires. Mais à part l’origine sociale de la majorité des intégrés, la raison d’être de l’armée est la défense d’une structure de pouvoir et de ses détenteurs, c’est pour ça qu’elle ne pourra jamais soutenir une révolution en faveur des opprimés. Au mieux, on changera une personne par une autre et quelques règles de la structure du pouvoir, mais on ne l’éliminera pas parce que le commandement et l’obéissance sont son essence. C’est pourquoi nous ne soutenons aucune armée, police ou privilégiés qui peuvent utiliser à leur avantage la force ou les armes contre d’autres gens. Le nationalisme n’est pas une position que l’anarchisme approuve, parce qu’il implique de circonscrire les intérêts de certaines personnes, enfermées artificiellement par un Etat dans un certain territoire-nation, lesquelles se considèrent différentes et même supérieures aux autres. Nous sommes ennemis de tous type de privilèges pour cause de naissance, de race, de culture, de religion ou de lieu d’origine. De plus, l’histoire néfaste de la structure militaire vénézuélienne parle d’elle même : institutionnalisée par le tyran Gomez pour liquider les aspirations fédérales régionales ; consolidée dans sa vocation répressive durant la lutte contre l’insurrection de gauche durant les années 60 ; et exécutante du massacre de février 1986.

Au cas où, les anarchistes vénézuéliens seraient "décharnés" (surnom par lequel le chavisme fait allusion à ses opposants) et, pour cela, supportent l’opposition social-démocrate et de droite ?

"Décharnés" est une qualification nettement médiatique, dépréciée dans son usage politique officiel et avec des aires de consigne, car personne ne dit qui l’on nomme ainsi. Mais si, dans tous les cas, on veut désigner par ce terme ceux qui n’acceptent pas de faillir à leur liberté et leur autonomie pour se soumettre à l’imposition autoritaire d’une personne, d’un parti, d’une idéologie, nous le sommes. Par contre, si par cela on veut dire que nous appuyons des courants identifiés comme le libéralisme économique, la dévaluation quasi-raciste des élites jusqu’aux majorités, l’escroquerie de la démocratie représentative ou le retour à des formes d’organisation socio-politiques dépassées par l’histoire, nous ne le sommes pas. De fait, nous n’appuyons pas le régime de Chavez ni ses contre-attaquants électoraux ; nous pouvons être d’accord avec quelques actions des uns et des autres, avec quelques déclarations des uns et des autres, mais fondamentalement, nous critiquons la majorité des faits et des discours des uns et des autres. Nous répudions la frustration répétée des espérances des gens qui ont soutenu Chavez, mais nous refusons de confirmer les manoeuvres politiciennes du troupeau d’opportunistes qui se prétendent être l’opposition institutionnelle. Et surtout, nous ne pouvons pas, pour des raisons de principe, soutenir ceux qui fondent la recherche d’une vie meilleure dans un quelconque type de subordination des gens à la hiérarchie étatique, comme le prétendent les deux camps.

  Quelle est votre proposition pour transformer positivement la réalité vénézuélienne actuelle ?

Notre lutte n’est pas conjoncturelle ou de circonstance, c’est pour une nouvelle société que nous devons opter pour la vie collective et individuelle. C’est la lutte pour l’existence d’une société sans classe, laquelle est indubitablement véhiculée, pour l’anarchisme, par l’abolition de l’Etat. Pour cette raison, selon notre critère, l’authenticité de n’importe quelle révolution doit être faite par la réelle et effective liquidation - depuis l’instant même où il se produit - de l’appareil étatique et de tout pouvoir hiérarchique. Nous ne cessons d’insister sur l’exigence de commencer la liquidation de l’Etat avec, et non après, la démolition de la structure classique de la société. La révolution nous l’entendons non comme conquête de l’Etat mais comme la suppression de celui-ci. Dans ce sens, nous croyons en la prise de possession, directement par les travailleurs, de la terre et des moyens de production, en incluant la nécessité de défendre par n’importe quelle voie, comme l’expropriation, ou plutôt, la restitution de toute la richesse à ceux qui en sont les légitimes propriétaires, ceux qui l’ont créée. Nous soutenons donc qu’une proposition positive pour l’actuelle réalité vénézuélienne se réalise par la promotion de l’autonomie des mouvements sociaux du pays, puisqu’en eux se trouve l’espace de tension nécessaire pour le déroulement et l’influence des principes de base de l’idéal anarchiste : action directe, autogestion, liberté et égalité dans la solidarité.

 Chavez, fin d’un caudillo

Le président du Venezuela est mort, la gauche latino-américaine et européenne pleure son modèle, celui qui prétendait réaliser un « socialisme du XXIe siècle » et qui, en réalité, a surtout cherché à bâtir un capitalisme national, main dans la main avec un patronat patriote. S’il a mis la rente pétrolière au service des programmes sociaux, le régime chaviste a, pour le reste, toujours étranglé toute voix dissidente sur sa gauche, toute manifestation d’un mouvement social autonome. Chavez était un caudillo, dans la tradition latino-américaine : un leader charismatique porté par les masses. C’est l’occasion de relire ce qu’Alternative libertaire a écrit à son sujet :

- « Venezuela : Les deux visages du chavisme », dans les pages International de janvier 2007.
- « 1992 : Chávez, du putschiste au caudillo », les pages Histoire de février 2012.

présentation du groupe  :

Documentaires : Hugo Chavez...qui est il vraiment ? Documentaire VOSTFR - YouTube, Présidents d'Amérique Latine - Hugo Chavez - 1/2 - YouTube, La révolution ne sera pas télévisée (HQ) - Coup d'Etat contre Hugo ... , Venezuela : le phénomène Chavez | ARTE Reportage ... , Un oeil sur la planète - Venezuela : Chavez viva la revolucion ! , Un oeil sur la planète - Venezuela : Chavez viva la ... - YouTube, La révolution ne sera pas télévisée (HQ) - Coup d'Etat contre Hugo ...

13/12/2012

Le basculement du monde

Hors-série n° 2011-2 du 23.02.2011

 
La fin de l’hégémonie de l’Oncle Sam L’Europe marginalisée Le déclin de l’Ouest vu par le reste du monde Les nouvelles ambitions de l’Asie

■ Une ère nouvelle
Où l’on passe d’un monde unipolaire à un monde multipolaire

■ La chute d’un empire
Tant au plan géostratégique qu’économique, Washington doit s’adapter à la nouvelle réalité

■ Un si vieux continent
Usée, l’Europe ? De nombreux signes le laissent penser

■ Les conquérants
Depuis l’an 2000, on ne peut plus parler de pays émergents

■ Vu d’ailleurs
L’Ouest n’est plus au centre du jeu et les critiques à son égard se font toujours plus vives

■ Portraits
Ils ont pensé le déclin de l’Occident. Ou théorisé l’émergence d’autres valeurs

■ Repères
Six cartes pour comprendre le basculement du monde depuis la Renaissance jusquà 2050

Téléchargez ici
le sommaire
de cette publication

Le basculement du monde : De nombreuses études estiment que l’économie européenne est entrée en déclin. Elles divergent pourtant lorsqu’elles pronostiquent l’état de notre planète vers 2050. Synthèse…
L’économie mondiale est en passe d’entrer dans une nouvelle ère. Ainsi, en septembre 2010, une étude du groupe d’assurance allemand Allianz dressait un constat étonnant : la classe moyenne mondiale (1) avait triplé en dix ans. Elle se chiffrait à 200 millions de personnes en 2000, contre 565 millions aujourd’hui. Et sur ce total, la moitié vit aujourd’hui dans des pays émergents : 130 millions en Chine, 40 millions au Brésil

Article issu du numéro

La tectonique économique : Cette étude apporte avec bien d’autres l’indice d’un changement de cap mondial. Après deux siècles d’hégémonie occidentale, assisterait-on au déclin de l’Occident ? C’est en tout cas ce que laisse entendre un rapport intitulé Le Basculement de la richesse. Dirigé par Johannes Jütting, économiste à l’OCDE, ce document prolonge l’analyse du précédent. Si la classe moyenne mondiale a considérablement augmenté ces dernières années au bénéfice de ce que l’on appelait autrefois le tiers-monde, ce n’est rien à côté de ce qui y est projeté : « En 2050, prédit J. Jütting, 50 % de la consommation globale du monde sera le fait des Chinois et des Indiens contre 10 % actuellement. » Pour l’immédiat,

« Nous allons assister au retour de l’Asie »

Basculement de l'économie : citoyen actif

L'internationalisation du renminbi se poursuit à marche forcée

- Le yuan chinois (renminbi ou argent du peuple) est encore loin d'être une monnaie de référence mondiale mais la Banque populaire de Chine (BPC) fait tous les efforts possibles pour atteindre cet objectif. Une étude prospective sur le long terme de l'OCDE arrive à la conclusion que le PIB de la Chine dépassera celui des Etats-Unis dans quelques années. La Chine deviendra ainsi la première économie mondiale.

Dans cette perspective, la BPC a d'ores et déjà mis en place des stratégies pour détrôner le dollar américain qui est toujours la monnaie principalement utilisée dans les échanges commerciaux.

Comme le Global Times chinois le rapporte, des accords bilatéraux sont déjà signés avec le Japon, la Russie, le Brésil et l'Indonésie, visant à ce que ces pays utilisent leurs propres monnaies dans leur commerce bilatéral.

Des pourparlers en ce sens sont aussi en cours avec l'Australie. La Chine tente d'imposer le yuan dans son commerce extérieur, et d'après le Global Times, elle a conclu des swaps de devises pour un montant d'au moins 238 milliards de dollars, avec une douzaine de pays.

La Corée du Sud s'est aussi déclarée prête à accepter le yuan comme monnaie dans son commerce avec la Chine qui, à son tour, accepte le won sud-coréen comme monnaie de règlement. Dès décembre, les banques commerciales auront suffisamment de fonds disponibles dans ces monnaies pour régler les transactions commerciales bilatérales locales. Jusqu'à présent environ 97% des factures sont libellées en dollar.

La Corée du Sud est le quatrième plus grand PIB de l'Asie et le troisième plus grand exportateur de la région. Sa banque centrale a acheté, en novembre, 14 tonnes d'or. Pour la Chine, la Corée du Sud est le troisième marché le plus important derrière ceux des Etats-Unis et du Japon.

A ce jour, le yuan n'est toujours pas une monnaie librement convertible et les transferts de capitaux sont étroitement contrôlés. Mais Pékin veut briser la prédominance du dollar américain dans les paiements internationaux et remplacer le billet vert par un panier de monnaies avec une diversification des monnaies de réserve. L'une de ces monnaies pourrait être le renminbi. La BRI estime qu'actuellement, la devise chinoise représente 1% des paiements en devises à travers le monde.

Evolution de la parité dollar/yuan/won

Comme le montre le graphique, l'évolution des parités dollar/yuan et dollar/won coréen pointe, depuis mi-2010, vers la même direction : baisse du dollar. Cependant, il faudra encore attendre deux à trois ans pour que le yuan soit librement convertible.

Conclusion : compte tenu de l'énorme montant de la dette extérieure des Etats-Unis, le déclin de la devise américaine devient, à moyen/long terme, une menace pour le pays et l'économie mondiale.

source : L'internationalisation du renminbi se poursuit à marche forcée
Par Eberhardt Unger

Une décennie perdue - l'indigné révolté

 

Gabriele Steck et al., Allianz Global Wealth Report 2010, Allianz, 2010. PDF]  Allianz Global Wealth Report 2012, [PDF] Allianz Global Wealth Report 2010
Johannes Jütting, Le Basculement de la richesse, OCDE, 2010. Ateliers de l'OCDE - AJEF :: A la une : Johannes Juttins est responsable du rapport "Perspectives du developpement Global : le basculement de la richesse"qui sera distribué aux participants
Danny Quah, « The global economy’s shifting centre of gravity », London School of economics, octobre 2010.
Collectif, « Power and Myth », LSE Research, n° 2, automne 2010.
Willem Buiter, « Global growth generators. Moving beyond “emerging markets” and “BRIC” », Global Economics View, Citigroup, 2011.
Parag Khanna, « La nouvelle géographie du monde », Courrier international, « L’Occident est-il fini ? », hors-série n° 36, février-mars-avril 2011.  La mondialisation, une nouvelle géographie du monde - Hisgeo.com
Fareed Zakaria, Le Monde postaméricain, 2008, rééd. Perrin, 2011.
Kishore Mahbubani, « Regards asiatiques sur la gouvernance globale », Esprit, n° 368, octobre 2010. Regards asiatiques sur la gouvernance globale
1] http://artsbeat.blogs.nytimes.com/2008/05/21/what-obama-i...  

 

 

 

[2] « The rise of the rest », pp. 39-44.

 

[3] On sait qu’une partie des démocrates éprouve aujourd’hui une forte tentation protectionniste

 

[4] En dépit d’une réédition augmentée et actualisée, intitulée The Post-American World 2.0 (2011).

 

[5] http://www.economist.com/node/11402606?story_id=11402606

 

08/10/2012

Nous ne vivons pas "une crise", mais un coup d'état antisocial

 

 


 

 

Rappelez-vous il y a quelques jours :

"Comme par le passé, les marchés se laissent apaiser par une perspective de liquidités supplémentaires. Mais souvenez-vous de ce qui se passe depuis 2008 : aucune de ses interventions n'a durablement consolidé la situation économique et financière".

Le problème le plus brûlant de la Zone euro -- la situation des banques espagnoles -- n'a pas trouvé de solution. Là encore, un petit rappel des faits :

"Au cours des trois derniers mois, le total des capitaux et des investissements qui ont quitté l'Espagne a atteint 52,3% du PIB espagnol. Pour faire une idée de l'importance de la fuite, Nomura fait la comparaison avec ce qui s'est passé lors de la crise asiatique dans les années 90. Les capitaux qui avaient fui l'Indonésie -- un des pays les plus gravement touchés -- avaient atteint 23% du PIB".

"Vous connaissez forcément l'expression 'les rats quittent le navire' ? C'est aujourd'hui ce qui se passe en Espagne avec les liquidités".

Il faudrait des rachats colossaux de la part de la BCE pour rétablir la situation. Et tout ça sans même parler de la Grèce -- toujours là --, du Portugal -- toujours là aussi --, de Chypre... et ainsi de suite !

Délits d'initiés , évasion fiscale et capitalisme

 
 
 

 economie,poitique,société,finance,financiarisationLa magie des élections américaines fait diminuer le chômage

Moins de chômage mais beaucoup plus de sans-emploi: l'Amérique en pleine science-fiction statistique !

 

▪ Des chiffres qui commencent à susciter des interrogations…
Mais la surprise fut cette fois-ci bien trop belle pour être vraie et suscita de nombreux commentaires empreints de scepticisme. C’est le cas de Jack Welsh, l’ex-directeur général de General Electric — pourtant champion toute catégorie de l’écrémage des effectifs. Rappelons qu’il avait théorisé à la fin du siècle dernier le principe de l’élimination permanente des 10% de salariés les moins productifs.

Jack Welch : conseils iconoclastes pour managers - LEntreprise.com : Exclusif. L?ancien patron de General Electric est devenu un gourou du management planétaire. Son dernier livre donne un coup de projecteur sur l'indispensable confiance en soi du manager. Extraits.

Jack Welsh doute ouvertement de la crédibilité et de l’honnêteté des statisticiens qui ont calculé que le taux de chômage aux Etats-Unis avait chuté (très) opportunément de -0,3%, passant de 8,1 à 7,8% au mois de septembre.

Le chiffre est très éloigné des 8,2% attendus et semble encore plus contre-intuitif eu égard au faible montant des créations d’emplois le mois dernier (114 000). La révision de +50 000 du chiffre du mois d’août n’explique pas davantage la spectaculaire contraction du taux de chômage.

La machine à éradiquer les sans-emploi a tourné à plein régime au mois de septembre. Barack Obama n’a d’ailleurs pas manqué de se féliciter du meilleur score en la matière depuis janvier 2009 — c’était précisément le mois de son entrée en fonction — tout en déplorant que le total des créations d’emplois reste insuffisant.

▪ Des disparitions inquiétantes…
Il n’a pas commenté la troublante disparition de 900 000 personnes de la catégorie des actifs en 30 jours
(cela fait une belle moyenne quotidienne de 30 000 personnes) ni la non moins troublante chute de 18% du taux des sans-emploi au sein de la seule population asiatique. Nous nous interrogeons : y aurait-il eu un recrutement massif de cuisiniers et de teinturiers chinois dans les écoles et les collèges américains ?

L’amélioration quasi-miraculeuse du taux de chômage depuis un an (il est passé de 9% à 7,8% en 12 mois) résulte en fait essentiellement de l’exclusion des calculs de personnes sans-emploi ayant perdu le statut officiel de chômeur. Sans oublier la précarisation d’un nombre grandissant de salariés qui ne travaillent qu’à temps partiel… mais ne sont pas comptabilisés non plus comme chômeurs.

Il ne subsiste donc plus que 12,1 millions d’inscrits au chômage. En revanche, le nombre de travailleurs à temps partiel (baisse d’activité imposée et non choisie) a bondi au-delà de la barre des huit millions, plus 6,2 millions de citoyens — pourtant aptes à travailler — ne figurent plus dans aucune statistique.

Il faut ajouter à ce tableau un très faible taux de participation de la population active (ratio actifs/population globale), lequel est tombé autour de 65,4%, le plus faible taux depuis le début des années 80 (1981 pour être précis).

▪ Les Etats-Unis : un futur Japon ?
Le Japon connaît le même type de
déséquilibre cotisants/allocataires qui aboutit également à une monétisation pure et simple de la dette. La Banque centrale nippone a clairement affiché la couleur, mais nous entendons encore beaucoup de gérants affirmer que cela n’a rien à voir avec le cas américain puisque la dette est rachetée “en interne” — alors que tous les chiffres publiés depuis mi-mars 2011 démontrent que ce n’est plus le cas !ANNEXE I. LE SYSTÈME DE RETRAITE CHILIEN DANS UNE - Cairn

La fameuse destruction créatrice censée relancer le Japon il y a 18 mois n’a fait que relancer le poids de la mauvaise dette avec des centaines de milliards de dollars engloutis dans le traitement des conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Toujours au chapitre des idées fausses qui continuent d’être martelées dans les médias, nous dénonçons la désinformation des investisseurs concernant le miracle brésilien.

▪ Les BRIC sont-elles faites de broc ?
La croissance de son PIB évaluée à 4% en octobre 2011, a été ramenée à 3% au début de l’année 2012 et pourrait ne pas dépasser les 2% d’ici la fin du quatrième trimestre d’après les toutes dernières estimations. C’est inférieur de 40% par rapport à la croissance mondiale.

Heureusement que le secteur des services s’est avéré robuste. C’est ce qui caractérise le processus de transformation d’une économie émergente en économie émergée. Mais soulignons que la production industrielle n’a crû que de 1,8% en 2011 contre 10,4% en 2010 (curieux qu’un tel ralentissement n’alerte personne).

Les classes moyennes ont certes vu leur niveau de vie s’élever, mais c’était en même temps que le taux d’endettement (qui flirte avec les 50%) relatif aux investissements des ménages dans l’immobilier et l’achat de véhicules individuels.

Le taux d’inflation bat un record plus observé depuis 10 ans : 6,6% (trois fois plus rapide que la croissance) et il atteint 10% recalculé en tenant compte de la réappréciation du dollar.

Enfin, l’industrie brésilienne qui affichait un excédent commercial de 25 milliards de dollars en 2011 passe à un déficit commercial de 43 milliards de dollars en 2012.

De l’autre côté de la planète, l’Inde connaît le même genre de difficulté que le Brésil (inflation, déficit budgétaire et commercial…). Son taux de croissance continue pourtant de faire rêver les permabulls, alors qu’il est en réalité annulé par la hausse des prix.

Dans ce cas, que dire des 1,3% de croissance des Etats-Unis lorsque le taux d’inflation 2012 serait de 5% en reprenant les méthodes de calculs bien plus proches du panier de la ménagère qui prévalaient jusqu’en 1994.

La question qui nous taraude de façon lancinante depuis le début du quatrième trimestre — surtout depuis les chiffres du chômage américain publiés vendredi – est la suivante : quand cette accumulation de mensonges et d’illusions, seulement comparable à l’aveuglement qui régnait lors de la bulle des dot.com et du secteur immobilier en 2007, va-t-elle nous éclater à la figure ?

Conclusion :

"Ce n’est pas un type, mais le modèle capitalisme néolibérale qui en ai responsable" Tous furent touchées, mais tous ne mouraient pas: Les places financières doivent se préparer à un été maussade, tandis que les peuples meurent a petit feu. Car la crise européenne avance chaque semaine un petit peu plus.cf Le ralentissement de l'économie mondiale?A travers PSA :Comprendre...Les 30 patrons trop bien payés, néolibéralisme : dates et noms

 

 Un discours sur la dette étonnamment d'actualité #prenonslaplace
 
 

 

http://www.noirgazier.lautre.net/?p=2588
Un homme de 59 ans qui ne payait plus ses loyers est mort après s’être jeté par la fenêtre de son appartement du troisième étage à l’arrivée d’un huissier venu lui signifier un arrêté d’expulsion, à Cugnaux, au sud-ouest de Toulouse.

Un responsable a expliqué au journal que celui-ci était surendetté à cause en particulier de crédits à la consommation. Une autopsie du corps a été ordonnée par le parquet et une enquête judiciaire a été ouverte, ont indiqué les gendarmes.

Nous nous permettons d’adresser toutes nos condoléances à la familles et aux proches de cet homme mort au nom de l’ultra-capitalisme a visage inhumain.
 

  

La politique du moins pire? - Citizen Khane,

 
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