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20/03/2012

« Les accords d'Evian ont mis fin à la guerre mais pas à celle de la mémoire »

 

 

 

SERIE SPECIALE a partir de jeudi 15 MARS 2012

 

« l'antimilitarisme ouvrier n'a pas sa source dans une horreur abstraite ou sentimentale de la guerre et de l'armée ; il a sa source dans la lutte de classe ; il est né de l'expérience des grèves et des luttes, où toujours, en face de lui, l'ouvrier rencontre l'armée, gardienne du Capital et gardienne de l'Ordre, en sorte qu'elle lui est apparue comme un simple prolongement de l'atelier capitaliste, et par conséquent comme le symbole vivant de sa servitude.un communard »
( peut être Jules Vallès)

 

Ce sont les même enculés qui nous envois combattre notre prochain. Mais je ne regrette, je ne serais plus un assassin. J'aurais mieux fait de déserter, et je meurs lentement alors que je n'ai pas 20 ans. Mais je ne regrette rien, je ne serais plus un assassin.

 

Les sales majestés - Champs d'honneur




 

 

 Mourir au champs d'honneur, très peu pour moi
Etre un patriote et aimer la patrie, très peu pour moi
Encenser un état qui expulse, tabasse, contrôle les mouvements sociaux et la surveillance, très peu pour moi.
Faire la glorification de l'armée, très peu pour moi
Cautionner une armée du capital qui va aller envoyer ces troufions de soldats mourir dans un pays inconnu pour des intérêts qui ne les concerne pas, très peu pour moi
Etre un cobaye pour l'armée, la patrie ou des intérêt privé, très peu pour moi.

 

Dailymotion - HARTMAN CHANSON MILITAIRE COMPIL + BONUS - une vidéo Comédie et Humour2.mp4

Gilles Manceron : « Les accords d'Evian ont mis fin à la guerre mais pas à celle de la mémoire »

 
Gilles Manceron : « Les accords d'Evian ont mis fin à la guerre mais pas à celle de la mémoire »
Entretien avec l'historien français
vendredi 16 mars 2012 / par Falila Gbadamassi
   
  
Gilles Manceron.jpgLes accords d'Evian, qui consacrèrent la fin de la guerre d'Algérie et la naissance de l'Etat algérien, auront cinquante ans le 18 mars. Dans les mémoires algériennes et françaises, les évènements douloureux qui ont entouré cette trêve ont laissé des traces indélébiles qui exigent plus qu'un devoir de mémoire. Retour sur quelques-unes d'entre elles avec l'historien français Gilles Manceron.
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Gilles Manceron est un journaliste et historien spécialiste du colonialisme français. Il a rédigé de nombreux ouvrages sur la guerre d'Algérie et ses conséquences. Parmi eux, La guerre d'Algérie de la mémoire à l'histoire (avec Hassan Remaoun, Syros, 1993), Marianne et les colonies, une introduction à l'histoire coloniale de la France (La Découverte, 2003) ou encore La triple occultation d'un massacre, seconde partie du livre de Marcel et Paulette Péju, Le 17 octobre des Algériens (La Découverte, 2011). Gilles Manceron a été vice-président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et rédacteur en chef de sa revue, Hommes et Libertés. Il demeure l'un des responsables dela LDH.
 
Afrik.com : Que représente ce cinquantenaire à la fois pour l'Algérie et pour la France ?

Gilles Manceron :
Il me semble que c'est l'occasion de revenir, surtout en France, sur ce passé colonial et à la guerre d'Algérie qui a clos la période coloniale française. De part et d'autre, c'est l'occasion de tourner la page. Depuis 50 ans, elle est toujours en suspens et on évite de la regarder en face. Du côté algérien, c'est le même enjeu. Peu d'évènements sont programmés en Algérie. La proclamation de l'indépendance a été fêtée, il y a 50 ans, et l'est chaque année depuis. Peut-être que s'il y a un début de reconnaissance dela France, il y aura éventuellement des gestes, entre autres, pour faire la lumière sur la disparition d'Européens au moment de l'indépendance.
 
Afrik.com : Un début de reconnaissance sous quelle forme ?

Gilles Manceron :
L'essentiel est quela France reconnaisse l'injustice de la colonisation et la violence de la guerre d'Algérie. Il s'agit d'une réparation morale, de reconnaître ce que la colonisation avait de contradictoire avec les valeurs républicaines. Ce serait un premier pas...
Afrik.com : Toutes les anciennes colonies françaises sont en droit de réclamer cette repentance mais le cas algérien demeure particulier...

Gilles Manceron :
Je préfère le terme de reconnaissance à celui de repentance. Effectivement, « c'est le gros morceau » de la conquête française, si je puis me permettre cette expression familière. C'est l'épisode le plus long – de la conquête, en passant par l'exploitation comme colonie de peuplement, à la guerre finale - et le plus violent de l'histoire coloniale française.
 
Afrik.com : Pourquoi la France rechigne-t-elle à opter pour cette « reconnaissance » ?

Gilles Manceron :
Ce n'est pas facile pour plusieurs raisons. D'abord, l'ensemble des forces politiques françaises a été impliqué. Ensuite, il y a eu une justification par la France de sa pseudo œuvre civilisatrice en s'appuyant sur des valeurs républicaines. Contrairement à d'autres pays comme la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas qui étaient conscients de la valeur utilitaire de la colonisation, que c'était de l'exploitation et qui n'ont jamais cherché à la justifier politiquement. Il est plus difficile de déconstruire ce discours politique. Entre les partisans du général de Gaulle, favorables à l'indépendance, et les jusqu'au-boutistes de l'Algérie française, la droite s'est longtemps divisée sur la question algérienne. Dans les années 2000, elle a tenté de gommer cette division pour se rapprocher d'une extrême-droite avec laquelle elle était en délicatesse depuis la Seconde Guerre mondiale mais surtout depuis la guerre d'Algérie. C'était le cas en 2007 avec Nicolas Sarkozy et son refus de « repentance ». C'est encore le cas aujourd'hui, en 2012, avec la "droitisation" de son discours. Nicolas Sarkozy tente ainsi de séduire certains nostalgiques de la colonisation.
 
Palestro, Algérie  

 
Algérie 4.gifpalestro LAKHDARIA ville ALGERIE 07/06/1961
 
8 mai 1956 : vingt militaires français tombent dans une embuscade montée par des maquisards d'Ali Khodja, un des jeunes chefs locaux du FLN, sur les hauteurs des gorges de Palestro. Les corps des militaires, ouvriers et pères de famille, sont retrouvés mutilés. Dans la presse, au parlement, l'adversaire algérien est renvoyé à une prétendue barbarie originelle. Le gouvernement décide d'envoyer des renforts, qui organisent une répression brutale dans la région. Nourri de témoignages recueillis côtés français et algérien et de documents inédits, ce film remonte le cours des violences qui ont marqué l'histoire coloniale de la vallée. L'acte guerrier fait ainsi écho à d'autres
 
La « Pacification » en Algérie - La politique du Mensonge - Témoignage de Français (part 7)
 


 Ils eurent 20 ans dans les Aurès (I)
 

Algérie 1.jpg19 mars 2012, Algérie, cinquantième anniversaire du cessez le feu. Pour eux le feu n' a pas cessé. A petit feu sous la cendre, pendant des années le silence les a rongé. Mémoire douloureuse, que celle des deux millions d'appelés en Algérie de 1954 à 1962. Longtemps leur parole fut confisquée. Mais depuis vingt ans, peu à peu, l'histoire des Appelés prend sa place dans la mémoire commune comme dans celle des familles.

Il y a quinze ans, en 1998, LA-BAS faisait entendre la parole refoulée des sans grade de la guerre sans nom. Avec des voix inédites évoquant la solitude, la violence, l'amertume d'une génération perdue. Pour la première fois ils parlaient de la torture qu'ils avaient pratiquée. Et des ordres qu'ils avaient reçus. Et des lettres d'amour attendues.

Reportage Giv Anquetil, Daniel Mermet.
 
Programmation musicale :
  Michel Ferchaud : "Je vous rends ma médaille"
 
Livres :
  Rémi Serres, Ghislaine Ruvira, Djelloui Siamani, Zouina El-Ghers : J'ai vécu la guerre d'Algérie (Bayard)
  Jean-Luc Einaudi : Franc-tireur (Sextant)
  Benjamin Stora : Histoire de la guerre d'Algérie (La Découverte)
 
Ils eurent 20 ans dans les Aurès (II)

Algérie 2.jpgLa parole refoulée des sans grade de la guerre sans nom continue de résonner dans LA-BAS aujourd'hui.

Avec des voix inédites évoquant la solitude, la violence, l'amertume d'une génération perdue. Ils parlent de la torture qu'ils ont pratiquée. Et des ordres qu'ils ont reçus. Et des lettres d'amour attendues.
Reportage Giv Anquetil, Daniel Mermet.



ILS EURENT VINGT ANS DANS LES AURES

 


 
Programmation musicale :
  Marche du premier commando
  Eddy Mitchell : "Soixante, Soixante-Deux"
 
Livres :
  Rémi Serres, Ghislaine Ruvira, Djelloui Siamani, Zouina El-Ghers : J'ai vécu la guerre d'Algérie (Bayard)
  Jean-Luc Einaudi : Franc-tireur (Sextant)
  Benjamin Stora : Histoire de la guerre d'Algérie (La Découverte)
 
Ils eurent 20 ans dans les Aurès (III)
 
 
Algérie 3.jpgLa parole refoulée des sans grade de la guerre sans nom continue de résonner dans LA-BAS aujourd'hui.

Avec des voix inédites évoquant la solitude, la violence, l'amertume d'une génération perdue. Ils parlent de la torture qu'ils ont pratiquée. Et des ordres qu'ils ont reçus. Et des lettres d'amour attendues.
Reportage Giv Anquetil, Daniel Mermet.
 
Programmation musicale :
  Richard Anthony : "Nouvelle vague"
  The Platters : "Only You"
  Chet Baker : "My funny Valentine"
 
Livres :
  Rémi Serres, Ghislaine Ruvira, Djelloui Siamani, Zouina El-Ghers : J'ai vécu la guerre d'Algérie (Bayard)
  Jean-Luc Einaudi : Franc-tireur (Sextant)
  Benjamin Stora : Histoire de la guerre d'Algérie (La Découverte) 

 

De nombreux documentaires cette semaine :


La bataille d'Alger - Télérama
En1957, l'affrontement sanglant entre les paras du colonel Matthieu et les troupes du FLN dans
 

""LA BATAILLE D'ALGER 1/6""
La Bataille D'Alger Film Complet - YouTube

 


 

La Bataille d'Alger, récit de l'affrontement entre paras et FLN, n'est sorti que récemment des enfers de la censure. En 1965, l'Italien Gillo Pontecorvo y montrait sans fard les violences de l'armée française. Le DVD y ajoute une passionnante leçon d'histoire : interview du cinéaste, point de vue de l'historien Benjamin Stora, témoignage de Yacef Saadi, ancien chef de réseau du FLN et producteur du film. Indispensable

""LA BATAILLE D'ALGER 2/6"" , ""LA BATAILLE D'ALGER 3/6"" ,  ""LA BATAILLE D'ALGER 4/6 , ""LA BATAILLE D'ALGER 5/6 ,
""LA BATAILLE D'ALGER 6/6
 
Algérie, notre histoire
 
Avec l'historien Benjamin Stora, qui a grandi à Constantine, le réalisateur, Jean-Michel Meurice, appelé en Algérie de 1960 à 1962, confronte l'histoire de la guerre à la subjectivité de sa mémoire. Une chronique sensible où résonne la voix des vaincus. Algérie, notre histoire


 

 
Les émissions du même genre
Ces jours qui ont changé le monde par Gallagher Dominic
Toute l'histoire 14/03/2012 12:50

 ns plus tard.
http://www.france3.fr/emissions/documentaires/diffusions/...
 

L'affaire de Pont-Saint-Esprit , du pain empoisonné par la CIA ? : https://www.youtube.com/watch?v=Ne9MFeZKl-s Un village empoisonné par la CIA ? Pont-Saint-Esprit 1951
 


 

L'affaire de Pont-Saint-Esprit , du pain empoisonné par la CIA ? : https://www.youtube.com/watch?v=Ne9MFeZKl-s Un village empoisonné par la CIA ? Pont-Saint-Esprit 1951
 

Le télérama : On l'a appelée « l'affaire du pain maudit » : en 1951 partie 1 : CIA-partie 2 : partie 3 : partie 4 et fin : 

 
(1) Tombeau pour 500 000 soldats.
(2) Avoir 20 ans dans les Aurès, de René Vautier ; Adieu Philippine, de Jacques Rozier ; Au biseau des baisers, de Guy Gilles.
 
Dans le prochain numéro de Télérama, un dossier sur l'Algérie et un entretien avec Benjamin Stora.


Dailymotion - HARTMAN CHANSON MILITAIRE COMPIL + BONUS - une vidéo Comédie et Humour2.mp4

 

Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb 1964 Comedy / War


 

Algérie, notre histoire Créé le mercredi 17 août 2016

, lesavant nazis naturalisé américain qui ne peut que difficilement se retenir de faire le salut Hitlérien.  
The Making of "Dr. Strangelove"

 . Le docteur folamour de Kubrick évoque le coté belliqueux des généraux, lesavant nazis naturalisé américain qui ne peut que difficilement se retenir de faire le salut Hitlérien.  
The Making of "Dr. Strangelove"


MAKING OF MASH

 


Marie Cailletet 

14 juillet : fête des tueurs - l'indigné révolté

partie 1 : https://www.youtube.com/watch?v=h6aHl2YFm4A  
CIA-partie 2 : https://www.youtube.com/watch?v=KU0Wl6k4siA
partie 3 : https://www.youtube.com/watch?v=4LuEIZa6ydk
partie 4 et fin : https://www.youtube.com/watch?v=v4JaPfmS_V4
 
France inter] Rendez vous avec X - Le LSD et la CIA - 13.10.1997


A lire 
: Vers un État d'Exception Permanent , Le business de la peur / intégrale , They live , 
Etat d'urgence - coup d'état - permanent , 
Articles de l-indigne taggés "globalia" - l'indigné Révolté- Skyrock.comBlack Block - (full documentaryMETAL URBAIN 50-50 (Peel session 1978)Sex Pistols Anarchy in the UK , Melissmell Aux Armes

LIRE AUSSI:
» Migrants : la Grèce peine à mettre en œuvre l'accord UE-Turquie
L(in)sécurité : Un champ de bataille ( 2) - L'indigné révolté 
Accueil - Enkolo

globalia : citoyen actif
globalia - citizen khane


La Canaille "Allons enfants"Créé le dimanche 19 juillet 2015 


Nous ne vivons pas une "crise" mais un coup d'Etat antisocial
Créé le lundi 13 juillet 2015 

La Mer à l'aube Créé le jeudi 28 mars 2013, TURQUIE : CHRONIQUE D'UNE RÉVOLTE Créé le samedi 27 juin 2015 

Aout 1914 : Que reste-t-il de l’Antimilitarisme et l’Antipatriotisme ?

15/03/2012

Pourquoi je quitte Goldman Sachs"

Interview intéressante

« Aujourd'hui, c'est mon dernier jour chez Goldman Sachs. Après presque 12 ans dans cette entreprise -- d'abord en tant que stagiaire pendant que j'étais étudiant à Stanford, puis à New York pendant 10 ans, et maintenant à Londres -- je pense y avoir travaillé assez longtemps pour comprendre l'évolution de sa culture, ses membres, et son identité. Et je peux dire honnêtement que l'environnement y est désormais plus toxique et destructeur que jamais.

Pour tout dire de manière la plus simple possible, les intérêts du client continuent d'être mis de côté dans le fonctionnement de l'entreprise. Goldman Sachs est pourtant une des plus grandes et plus importantes banques d'investissements de la planète, et elle est trop fondamentale dans le monde de la finance pour se permettre de continuer ainsi. L'entreprise a tellement changé depuis le jour où je l'ai rejointe après mes études que je ne peux plus aujourd'hui, en bonne conscience, dire que je m'identifie à ce qu'elle représente.

Cela étonnera un public sceptique, mais la culture d'entreprise a toujours été un aspect important du succès de Goldman Sachs. La banque exigeait des principes tels que l'esprit d'équipe, l'intégrité, l'humilité, et surtout de toujours faire ce qui convient au client. Cette culture était le secret qui nous a permis d'obtenir et de garder la confiance de nos clients pendant 143 ans, et qui a fait qu'on aimait y travailler. Il n'était pas seulement question de gagner de l'argent, car s'il n'était question que de cela, l'entreprise n'aurait pas duré aussi longtemps. Je suis triste de dire qu'en regardant autour de moi aujourd'hui je ne vois plus aucune trace de cette culture qui m'avait tant donné envie de travailler pour cette entreprise, pendant tant d'années. Je n'ai plus du tout de fierté, ni de foi.

Cela n'a pas toujours été ainsi. Pendant plus de 10 ans j'ai recruté et encadré des candidats tout au long de notre pénible processus d'entretiens. J'ai été sélectionné parmi 10 personnes (dans une entreprise qui compte plus de 30 000 employés) pour apparaître dans notre vidéo de recrutement, qui tourne dans tous les campus étudiants auxquels nous rendons visite dans le monde entier. En 2006, je gérais le programme des stagiaires d'été en ventes et trading à New York que suivaient les 80 étudiants qui avaient réussi à se démarquer des milliers de postulants.

J'ai su qu'il était temps de partir lorsque je me suis rendu compte que je ne pouvais plus regarder ces étudiants dans les yeux et leur dire que Goldman Sachs était un endroit fantastique pour travailler.

Lorsqu'on écrira l'histoire de Goldman Sachs, on notera que l'actuel PDG, Lloyd C. Blankfein, et le président, Gary D. Cohn, ont été responsables de la perte de cette culture. Je crois sincèrement que le déclin de la fibre morale de cette entreprise représente la menace la plus importante pour sa survie à long terme.

Au cours de ma carrière, j'ai eu le privilège de servir de conseil pour le montage de deux des plus gros hedge funds de la planète, pour trois des plus importants fonds souverains du Moyen-Orient et de l'Asie, et pour cinq des plus grands gestionnaires d'actifs aux Etats-Unis. Les actifs sous gestion de mes clients valent plus de mille milliards de dollars. J'ai toujours été très fier de pouvoir conseiller mes clients dans leur propre intérêt, même si cela représentait moins de revenus pour la banque. Ce point de vue est devenu de moins en moins populaire chez Goldman Sachs. Encore une indication qu'il était temps de partir.

Comment en sommes-nous arrivés là ? L'entreprise a changé la façon dont elle perçoit le leadership, la position de dirigeant. Il fut un temps où être un bon leader signifiait avoir des idées, montrer l'exemple et faire ce qui est juste. Aujourd'hui, si vous gagnez assez d'argent pour la banque (sans être un tueur en série), vous serez tout de suite promu à un poste important.

Quelles sont les trois manières de devenir rapidement un leader, désormais ?

A) Exécuter son client avec les "haches" de l'entreprise, un terme utilisé chez Goldman Sachs pour dire qu'il faut convaincre les clients d'investir dans des actions ou d'autres produits dont on essaie de se débarrasser car ils ne représentent pas un profit potentiel.

 B) "Chasser les éléphants". Traduction : convaincre ses clients -- certains sophistiqués, d'autres moins -- de négocier en Bourse ce qui rapportera le plus de profit à Goldman. Vous pouvez me traiter de ringard, mais je n'aime pas vendre à mon client un produit qui ne lui convient pas. C) Dénicher un poste consistant à placer un produit financier illiquide et opaque, résumé par un acronyme à trois lettres.

Aujourd'hui, beaucoup de ces leaders affichent la culture de Goldman Sachs à zéro pourcent. J'assiste aux réunions de ventes de produits dérivés, et pas une minute n'est consacrée à se demander comment aider nos clients. Il s'agit simplement de déterminer comment les utiliser pour gagner un maximum d'argent. Si vous étiez un Martien assistant à l'une de ces réunions, vous penseriez que le succès ou le progrès d'un client n'entre pas du tout en compte dans nos réflexions.

Cela me rend tout simplement malade de voir à quel point les gens peuvent parler sans gêne de voler leurs clients. Sur les 12 derniers mois, j'ai vu cinq directeurs gestionnaires différents traiter leurs clients de "marionnettes", parfois dans des e-mails en interne. Même après les histoires de fraude avec l'intervention de la SEC, l'affaire Fabulous Fab (1), Abacus, "l'oeuvre de Dieu" (2), Goldman Sachs traité de "vampire des abysses" par le magazine Rolling Stone (3) ?... Aucune humilité ? Allons donc. Et de l'intégrité ? Encore moins. Je ne parle pas de fraude ou de comportement illégal, mais quant à forcer les clients à acheter des produits compliqués et lucratifs, alors que ce sont ni les investissements les plus simples ni ceux qui s'accordent avec leurs objectifs ? On le fait tous les jo urs.

Je trouve stupéfiant de voir à quel point la direction ne comprend pas une vérité toute simple : si le client ne vous fait pas confiance, il ne travaillera plus avec vous, que vous soyez le plus intelligent ou non.

Ces jours-ci, la question la plus fréquemment posée par les analystes juniors au sujet des produits dérivés, c'est "combien d'argent avons-nous gagné sur le dos du client ?" Je suis gêné à chaque fois que je l'entends, car ce comportement reflète ce qu'ils observent chez leurs dirigeants, leurs "leaders". Projetons-nous dans 10 ans : inutile d'être psychologue pour comprendre que ces jeunes analystes, qui entendent à longueur de journée les termes "marionnettes", "arracher les yeux" et "se faire payer" ne vont pas devenir de petits anges.

Moi aussi, lorsque j'étais analyste junior de première année, je ne savais pas où étaient situées les toilettes ni comment faire mon noeud de cravate. On m'a plutôt appris à me préoccuper de savoir ce qu'était un produit dérivé, de comprendre la finance, de connaître nos clients et ce qui les motive, d'apprendre comment ils jaugent le succès et ce qu'on pouvait faire pour les aider à atteindre ce but.

Les grands moments de fierté de ma vie -- recevoir une bourse étudiante pour venir d'Afrique du Sud à Stanford, être sélectionné au niveau national pour la bourse Rhodes, gagner la médaille de bronze en tennis de table lors des Maccabiades -- ont tous été obtenus grâce au travail, sans raccourcis. Goldman Sachs aujourd'hui met en avant la culture du raccourci et non de l'accomplissement. Cela ne me paraît pas moral.

J'espère que ceci sera une sonnette d'alarme pour le conseil d'administration de Goldman Sachs. Remettez le client au coeur de l'activité. Sans clients, vous ne gagnerez rien. D'ailleurs vous n'existerez plus. Expulsez les employés corrompus, peu importe les montants qu'ils rapportent à la société. Revenez à la culture d'entreprise d'origine, afin que les gens viennent travaillent pour les bonnes raisons. Ceux qui se préoccupent uniquement de gagner de l'argent ne maintiendront pas la banque -- ni la confiance des clients -- en vie très longtemps.

© New York Times 2012
Texte traduit de l'anglais par Ségolène Zimmern


NDLR

(1) Fabulous Fab, alias Fabrice Tourre. Ce trader français fut au coeur de l'enquête menée par la SEC en 2010. Il fut l'un des concepteurs des produits titrisés subprime Abacus

 

voir aussi : Renflouages cachés , Libéralisation selon Monti, Confession d'un trader, Ces «hedge funds» qui..., Warren Buffett soutient... , Les nouveaux rois des..., Les implications des hedges..., Les vrais maitres du monde ???, Comment la « machine à...Goldman Sachs, documentaires : Les nouveaux maîtres du monde -Goldman Sachs, Goldman Sachs - Analyse d'une pieuvre financière mondiale
  

 

07/03/2012

L'histoire secrète du patronat ; de 1945 à nos jours


 Les petits secrets des grands patrons (2)
 
« Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours » montre un visage à contre-courant de la communication habituelle. Un univers passé au crible par cinq journalistes qui s'amusent à décortiquer ce que les patrons cherchent à effacer
 
interview,enquête,l'histoire secrète du patronat,de 1945 à nos joursL'histoire secrète du patronat ; de 1945 à nos jours_01.12.2009
 
   
Aborde :
-
Le conflit social chez Lip en 1973   

source
10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire
Très bon article de Serge Halimi, surtout après le désarroi de la gauche ( PS) après le scandale de DSK.  10 mai 1981, triste anniversaire ( source monde diplomatique)
 
 Il y a deux manières d'aborder une revendication sociale. La première consiste à additionner les difficultés pour justifier qu'on y renonce. La seconde à considérer qu'il s'agit d'une exigence de justice et que, si l'on fait le compte des obstacles, c'est avec la volonté de les surmonter », écrivait François Mitterrand en 1980 (
1).»
 
« En définitive, la question n'est pas tant de savoir, trente ans après, si les socialistes ont « échoué » ou s'ils ont « réussi ». Ils ont échoué sur le front de l'emploi et sur celui de l'égalité sociale ( voir post ) . Ils ont réussi sur ceux de l'inflation et des taux de profit. Le problème, c'est qu'on attendait d'eux qu'ils livrent la première bataille, pas qu'ils remportent la seconde ». de Serge  Halimi  
 
Les Matins - Frédéric Lordon  (célèbre économiste du CNRS qui combat les idées dominantes du capitalisme) . ,
Civiliser l'économie par Philippe Frémeaux et Naïri Nahapétian  (article en accès libre), Serge Halimi sur "Le grand bond en arrière (plusconcient.net) Année: 2004 Durée: 50' 51'', Voir Pourquoi l'insurrection des consciences ?   ( mon blog) ,  Intervention de John Perkins vostfr - on Dailymotion


Histoire du syndicalisme : Et pourtant ils existent - part 1/7

 

 

 
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