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16/01/2012

Interview : Les dessous finance politique"

Des extraits d’un économiste, contrôlant un think thank financier (intitulé La France ne peut plus faire "AAA »)  a l’annonce de la dégradation de la France et des autres pays. Très intéressant pour comprendre leur psychologie et les dessous des cartes. Un cynique certain et assez juste, arrogant sur leur rapport de force face aux états et surtout aux peuples , mais comme j’ai pu le voir dans l’exercice d’Etat : «  les peuples être mécontent, ils n’ont pas le pouvoir ».  Cela complete Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie et Ce que les agences de notation disent de la France  "La France, privée de son AAA par Standard and Poor's, conserve en revanche la meilleure note possible auprès de Moody's et Fitch Ratings, mais ce décalage ne traduit pas de divergences fondamentales dans l'analyse des agences d'évaluation financière sur la situation du pays" cf voir aussi une claque attendue et plutôt méritée à la France - le monde



interview,les dessous finance politique,agence de notation,think thank financier,spéculation,perte de triple aLes financiers au courant depuis longtemps .Citation : « Vendredi après-midi, j'étais à l'antenne sur BFM Business lorsqu'une source officielle proche de l'Elysée a informé à 16h15 une agence de presse tricolore que la France venait d'être avisée de la décision de Standard & Poor's de priver la France de son Triple A ». « 
Nous avions tous eu connaissance, naturellement, de la fuite publiée par une agence de presse concurrente en début d'après-midi ».

Mais quel scoop ! Quel choc psychologique ! Quels moments terribles ! «  Autour du studio, la plupart des journalistes couraient dans tous les sens en poussant des cris et en s'arrachant les cheveux ; d'autres au contraire se jetaient à plat ventre sur le sol, les mains sur la tête en signe de prostration. J'ai assisté en direct à des scènes de détresse collective comparables à l'annonce de la disparition d'un dictateur nord-coréen 

« Pardonnez-moi cette pantalonnade. Mais si on ne peut plus plaisanter avec ce genre de non-événement -- rappelez-vous du vrai faux communiqué de Standard & Poor's du 10 novembre dernier ( voir les échos :  , France Info ) qui annonçait déjà la perte du AAA -- on ne peut plus rire de rien » ! Et si on peut en rire, même si c'est jaune : Les guignols - Les présidents sans leur triple A

La perte du Triple A : un non-événement à relativiser selon eux
Compare la France aux  
avec le naufrage du Costa Concordia  et du Titanic : « Il faut relativiser... parce que de la panique et du drame, du vrai de vrai, il s'en produisait le soir même au large de la Toscane avec le naufrage du Costa Concordia, un navire de croisière hébergeant à son bord deux fois plus de passagers et de membres d'équipage que le Titanic (qui sombra il y a très exactement 99 ans et trois mois). , ensuite il ajoute « Alors les commentaires publiés quelques heures auparavant présentant la perte du Triple A de la France comme une "épreuve, une catastrophe" me font sourire, si l'on peut dire... », « Comme j'étais en direct et que le journaliste n'avait que moi sous la main pour recueillir une réaction à chaud, je me suis empressé de rejeter toute forme de sensationnalisme. Ton qui a en revanche été choisi par CNN ou encore CNBC, qui affichaient des breaking news en caractères géants, comme si une météorite géante venait de surgir de derrière la Lune. » » On comprends mieux des lors la réaction des marchés SP : les marchés restent de marbre, la France réussit un emprunt

La France : un bouc émissaire ?
« 
Je m'étonne au passage que les dépêches ne fassent pas état de perspectives de dégradation pour d'autres pays de la Zone euro. En effet, certains ont une situation budgétaire qui n'est certainement pas plus brillante que celle de la France -- dont les médias anglo-saxons ont semblé pendant quelques minutes faire le centre du monde ».

« Standard & Poor's a rapidement remis tout le monde d'accord et la France à sa place puisque pas moins de neuf pays ont vu leur note lourdement dégradée, et pas d'un seul cran comme s'est empressé de le souligner notre ministre de l'Economie ».

« Vouloir nous faire avaler que ce n'est pas la France qui est visée mais qu'elle est au contraire  "une victime collatérale du manque de gouvernance de la Zone euro" est en revanche un peu gros. La notation de l'Allemagne est maintenue et la perspective reste à "stable", contre "négative" pour la France (même après dégradation).

. «  Mais ce constat ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes à double-battant par les spécialistes des marchés de taux depuis le milieu de l'automne ».

"Je n'aurais pas manqué de manifester beaucoup plus d'inquiétude (mais ce sont les aléas du direct) si les dépêches circulant de Paris à Wall Street ne s'étaient pas focalisées que sur la sanction touchant la France. Tous les pays situés au sud des Alpes ou des Pyrénées (ce qui inclut Chypre) voient leur note abaissée de deux crans".

Le FESF va mal

« 
Voilà qui risque de porter un coup fatal au FESF dont trois (mais en pratique un seul compte vraiment) contributeurs conservent leur AAA, tandis que les pays demandeurs de prêt voient leur signature sévèrement affaiblie. C'est cet effet ciseau qui pose un sérieux problème -- non les blessures d'orgueil de la France qui savait depuis longtemps à quoi s'en tenir, sinon pourquoi lui fallait-il payer plus de 3% pour se refinancer à 10 ans ? »

« Les prochaines émissions de l'Espagne et de l'Italie risquent de se compliquer sérieusement, et ne parlons pas de la Grèce ! », « Difficile de ne pas se demander pourquoi le capitaine du paquebot Europe -- qui a clairement fait savoir qu'il est allemand -- fonce depuis des mois vers récif de la dette, sans ralentir sa course ni dévier sa route »., « Espérons que l'avertissement de S&P (qui vient de tirer le signal d'alarme) relancera le débat sur un renforcement des moyens financiers du FESF et de son successeur désigné, le MES, malgré l'opposition germanique ».

« Un haut dirigeant européen qui a souhaité garder l'anonymat considère que la seule avancée concrète de la fin de l'année 2011, c'est le traité instituant l'adoption de la Règle d'Or et l'automaticité des sanctions contre les pays qui ne la respecteraient pas ».

« Cette histoire de traité est insensée, ajoute-t-il : la chancelière allemande Angela Merkel l'exige non pas pour sauver l'Europe, mais pour donner des gages à son opinion et à sa majorité parlementaire qui, sans cela, s'opposerait à l'élan de solidarité souhaité par la France et Bruxelles en faveur des pays les plus fragiles. :Olli Rehn lui-même, ainsi que de nombreux membres de la Commission européenne, jugent les exigences allemandes superflues puisqu'il suffirait simplement de mettre en oeuvre les dispositions déjà existantes ». 
« La priorité du moment devrait être le renforcement du FESF ou du MES, alors que les créanciers ne se bousculent pas pour lui avancer des fonds depuis le mois d'août 2011 ».

La France sanctionnée à cause de l'immobilisme européen

C'est très précisément le manque chronique de mesures visant à muscler les fonds de secours qui inquiète Standard and Poor's, dans l'hypothèse d'une poursuite de la crise de la dette.

Instaurer plus de discipline budgétaire n'aura aucun effet mécanique en ce qui concerne les déséquilibres macroéconomiques et les écarts de compétitivité. L'Espagne ne sera jamais l'Allemagne, la Catalogne ne sera jamais la Ruhr ou la Bavière, même si les populations de ces régions respectives affichent la même rigueur et le même amour du travail bien fait.

M. Mélenchon aura beau de faire le siège de Standard & Poor's, certains députés UMP auront beau traiter les agences de notation d'ayatollahs, les problèmes structurels qu'ils invoquent n'en sont pas moins pertinents.

Pour eux, le rève suprême une détérioration généralisé de tout les pays occidentaux : « Les agences ne deviendront cependant crédibles que le jour où elles manifesteront la même sévérité et la même intransigeance avec l'Angleterre et les Etats-Unis. Rappelons que ces derniers sont l'un et l'autre en faillite potentielle -- et ce depuis l'éclatement de la bulle immobilière début 2007 ».

Problème grec : un alibi pour les mouvements du CAC 40 (une vision des spéculateurs de l’Europe sur la dégradation des notes des pays Européen)

"Le problème le plus immédiat auquel seront confrontées les places européennes en ce début de semaine ne se situe peut-être pas au niveau de la consolidation symbolique de Wall Street (après six séances de hausse consécutives), ni au niveau du downgrade très médiatisé de 9 pays européens sur 17, mais bien du côté de la Grèce. Elle a essuyé vendredi un échec des négociations avec les créanciers privés".

Ces derniers viennent de claquer la porte des négociations. Ils refusent de rouler leurs positions si les emprunts longs émis par la Grèce ne sont pas rémunérés au minimum à 5%.Or « Athènes ne leur propose que 4%... c'est-à-dire le même niveau que celui obtenu par la France début janvier lors de l'émission des OAT 2042 ». et termine enfin par « Les vendeurs pourraient donc disposer d'une excellente excuse pour ramener le CAC 40 au contact des 3 100 points, même si le sursaut de l'indice phare vendredi au cours de la dernière heure de cotation semblait caractériser une volonté de jouer les prolongations à la hausse. Les suiveurs systématiques (qui pratiquent la réplication indicielle) ont d'ailleurs accompagné sans état d'âme, après avoir jeté les bancaires par-dessus bord avec la même opiniâtreté entre 16h et 16h30 ».

interview,les dessous finance politique,agence de notation,think thank financier,spéculation,perte de triple aMais pas encore la crise pour tout le monde  a voir : Quand les "hedge funds" jouent contre le sauvetage de la Grèce ,  : « Disneyland et le Futuroscope ne connaissent pas la crise : Les Français partent moins loin et moins longtemps. Une aubaine pour les deux parcs à thème. »

09/01/2012

Conférence "La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui" ( video)

Conférence d'Annie Lacroix-Riz :
"La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui"

Annie Lacroix-Riz (née en 1947) est une historienne française, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris VII - Denis Diderot, ancienne élève de l'école normale supérieure (Sèvres), agrégée d'histoire, docteur-ès-Lettres, spécialiste des relations internationales dans la première moitié du XXe siècle et de la collaboration. Ses travaux portent sur l'histoire politique, économique et sociale de la Troisième République et de Vichy, les relations entre le Vatican et le Reich ainsi que la stratégie des élites politiques et économiques françaises avant et post Seconde Guerre mondiale.
 
Conférence d'Annie Lacroix-Riz (27/09/2011) ( videos)

Voir et lire aussi : Le cercle vicieux, Sur le toboggan de la crise..., L'euro survivra il ?, "L'Italie gouvernée par..., Frédéric Lordon : le..., Le retour de l'Histoire, Octobre 1961 à Paris, Le problème des CDS et ce..., une simple dérive de la..., Reporterre.net - Voici..., Après la crise financière,...

25/12/2011

Interview par Jean-Loup Izambert sur le fonctionnment des Oligarchies

Différents interviews dont le plus intéressant, car le plus récent 1- La fin de la démocratie et une guerre majeure sont nécessaires à la survie du capitalisme - Cri d. C’est lui que j’ai décidé en prenant des extraits pour expliquer la situation, mais d’autres sont tout aussi intéressant et viennent appuyer, exemples, explications, lieu et dates ainsi que des conséquences sur la démocracie et sur notre vie au quotidien ( Bastamag, Courrier Internationale, Le monde diplomatique, …. A lire afin de mieux comprendre ces systèmes institutionnalisée et globaliser e !!!Entretiens avec Jean-Christophe Rufin pour Globalia, Gallimard (comprendre l’anticipation faite dans son livre ),

 Ces milliardaires qui spéculent sur l'avenir de la planète - Oligarchies - Basta ! Par Ivan du Roy, Sophie Chapelle (13 décembre 2011) : « Ils possèdent des compagnies pétrolières, des gazoducs, des mines, des aciéries et même des médias. Ils influencent gouvernements et institutions pour empêcher toute réglementation trop contraignante. Et figurent parmi les plus grandes fortunes mondiales. Un rapport d'un centre de recherche aux États-Unis les considèrent, du fait de leur puissance et des pollutions que leurs activités génèrent, comme la plus grande menace qui pèse sur l'environnement et le climat. Qui sont ces multimilliardaires qui bâtissent leur fortune en hypothéquant l'avenir de la planète «

Co
1- La fin de la démocratie et une guerre majeure sont nécessaires à la survie du capitalisme - Cri d
"
La crise du capitalisme est devenue totale affirme Jean loup Izambert Il n'y aura pas de sortie de crise. Le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre ....
Cet entretien de Géostratégie avec JL Izambert est riche et varié ....

Le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire

Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s'est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité ?

Jean-Loup Izambert : C'est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l'économie contrôlent l'économie et tentent de l'imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. Mais parvenu au stade de l'impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d'un pouvoir politique qui leur soit totalement dévouépour pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu'ils cumulent.

Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.
 
Mais parvenu au stade de l'impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d'un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu'ils cumulent. L'une des contradictions qu'ils doivent gérer vient justement du fait que l'accumulation du Capital et la concentration des richesses qu'ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd'hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l'entreprise comme dans la société......                                                                  
 
eostrategie : Quels faits caractérisent aujourd’hui cette concentration des richesse
 
Aujourd’hui 200 sociétés transnationales contrôlent plus de 23% du commerce mondial et 1% des plus riches détient plus de 57% des richesses produites. …. Mais, si l’on se réfère aux statistiques de l’Organisation des Nations Unies, plus de 80 pays ont aujourd’hui un revenu par habitant plus bas qu’il y a dix ans. D’une part les peuples prennent de plus en plus conscience qu’ils ne profitent pas de l’augmentation des richesses produites, ….. Bien que dissimulée par les médias qui appartiennent aux milliardaires,. Dans ce contexte, les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation Le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire. ( Hervé Kempf : « Il est vital pour l'oligarchie de maintenir la fiction d'une démocratie »)

Geostrategie : Comment le pouvoir politique favorise-t-il ces grands propriétaires privés de l’économie ?

 J-L.I. : De différentes manières. Cela va du vote de lois en faveur de la grande bourgeoisie, à une complicité évidente avec le système d’évitement fiscal qui appauvrit la collectivité jusqu’au vote de crédit pour des guerres régionales dans lesquelles vous voyez apparaître et se développer des Sociétés Militaires Privées (SMP) liées aux armées et services occidentaux et financées par les Etats et leurs transnationales. … L’actuelle présidence française, son Premier ministre et son gouvernement sont au diapason de ce qui se passe dans tous les pays capitalistes sans exception : atteintes répétées aux libertés, vote de lois en faveur des grands possédants, réduction du rôle des assemblées éluesSans parti révolutionnaire pas de changement.

Geostrategie : La dégradation de la situation économique ne dépend donc pas seulement de la crise comme les médias de masse tentent d’en accréditer l’idée ?

-L.I. : Bien avant que celle-ci ne se manifeste brutalement, le gouvernement français UMP, à peine installé, procédait déjà à la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique sur plusieurs années tandis que les dirigeants de grandes sociétés privées en programmaient la liquidation de centaines de milliers d’autres dans tous les secteurs d’activité.  Cette politique au service de la concentration du Capital n’est que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et une misère grandissante pour le plus grand nombre ( ex les sociétés transnationales, l’Etat et les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à la Sécurité Sociale) Voilà comment le gouvernement organise les déficits

Geostratégie : La violence est donc liée à la fin du système 

? J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à mort. Et cela continue. Au moment où nous parlons, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, une personne meurt de faim – « seulement » de faim, épidémies et guerres non comprises – toutes les quatre secondes. Dans le même temps les dirigeants occidentaux en sont à faire payer les paysans par les contribuables à coups de primes pour mettre leurs terres en friches, à détruire des pêches entières par des règlements imbéciles décidés par les bureaucrates de Bruxelles. Et au moment où nous parlons ce sont plus de 350 millions d’enfants de 6 à 17 ans qui sont surexploités par les transnationales capitalistes sur tous les continents dans presque tous les types d’industrie, de l’Asie aux Etats-Unis. Si ce n’est de la violence et de l’égoïsme, qu’est-ce donc le capitalisme ?! Outing The Oligarchy, billionaires who benefit from today's climate crisis, International Forum on Globalization .

Geostrategie : Dans votre livre vous rapportez le témoignage de plusieurs intervenants de différents milieux et pays dont certains évoquent une crise totale contrairement aux précédentes. Quels changements avec les crises précédentes ?

 J-L.I. : Effectivement la crise est presque mondiale par le fait qu’elle touche tout le système capitaliste). Certains pays …( voir liste ) sont moins touchés car ils sont, pour des raisons diverses - – historiques, politiques, culturelles, économiques - moins imbriqués dans le système capitaliste, ses réseaux commerciaux, bancaires et financiers

. Jusqu’à présent nous devions faire face à des crises conjoncturelles du capitalisme, des périodes où la concentration du Capital s’accélérait brusquement en mettant en difficulté momentanée des monnaies, des économies, des pays. Face à cette situation inédite il était important que je donne la parole à des intervenants de différents milieux tous concernés par la banque, la finance, l’organisation d’entreprise et de la société (La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais également par leur propre réflexion et leurs travaux ( ex président français : président Etienne Pflimlin - Crédit Mutuel-CIC,  Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, du président Alban d’Amours du Mouvement des Caisses Desjardins, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire, dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise, de Mark Schacter) ( Canada : …

La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -,…. De même cette démarche permet de mon point de vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation et de gestion économique et social

Ainsi que l’explique Sherron Watkins, l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation », « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression, l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », « liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie et la falsification pour camoufler la fin de leur système.

.Geostrategie : Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel, du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme doit-on en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme ?

J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons 1981 : Dynamisme des militants communisme a sensibiliser.. du propre programme du PCF à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme pour un gouvernement démocratique d’union populaire. ..

Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes les transformations radicales contenues dans le programme commun de gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération Mitterrand » cf la dénonciation de Serge Halimi dans le monde diplomatique

Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne. 

Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire. Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques favorables au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte.

Une trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique à laquelle il consacre l’essentiel de son existence.

 Bien entendu, la situation s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981 et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche » à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes.

Souvenons-nous toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie

source Géostratégie , Lire le rapport de l'IFG (en anglais)

Notes

Diplômé de l’Ecole des Hautes Sociales, de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et de l’ESJ, Jean-Loup Izambert est un journaliste indépendant qui a également exercé comme conseil en communication politique et communication de crise. Spécialisé depuis les années quatre-vingt cinq dans l’investigation économique, politique et financière, il est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages : Le krach des 40 banques (Ed. du Félin, 1998), Le Crédit Agricole hors la loi ? (Ed. Carnot, 2001), Crédit Lyonnais, la mascarade (Ed. Carnot, 2003), ONU, violations humaines (Ed. Carnot, 2003), Faut-il brûler l’ONU ? (Ed. du Rocher, 2004), Les Démons du Crédit Agricole (Ed. L’Arganier, 2005), Pourquoi la crise ? (Ed. Amalthée, 2009)dans son dernier livre : Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée.

A lire aussi : Une mine d'information - réflexion - mobilisation

 
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