Avertir le modérateur

12/08/2011

INTERVIEW / CRISE "Il faut laisser les Etats et les banques faire faillite"

Le gourou de la finance zurichoise Marc Faber estime qu'une faillite des banques et des Etats ne signifierait pas la fin du monde mais permettrait au contraire de repartir sur de bonnes bases.

11.08.2011 | Propos recueillis par Daniel Eskenazi | Le Temps - courrier international

Top of Form

 

Dossiers

Docteur Catastrophe

Marc Faber est un analyste et entrepreneur suisse connu pour ses prédictions catastrophistes – il est surnommé Dr. Doom. Il tient un blog et publie une lettre financière mensuelle : "Gloom, Boom & Doom".

Le Temps : Les marchés ont dégringolé. Comment analysez-vous la situation ?

Marc Faber : Ils sont très survendus à court terme. Je m'attends à un rebond, puis à un nouveau ralentissement dès octobre ou novembre. Le S&P atteindra environ 1 100 points. Le troisième volet du programme d'assouplissement monétaire devrait ensuite être lancé [dit "QE3"].

Le dollar ne cesse de dégringoler. Anticipez-vous sa fin ?

Oui, j'ai toujours pensé que la valeur terminale du dollar était zéro, car le gouvernement, le Trésor et la Réserve fédérale n'ont aucun intérêt à maintenir un dollar fort. Depuis 1913, année de création de la Fed, le billet vert a perdu 97 % de son pouvoir d'achat. Sur le long terme, il a été faible par rapport à la grande majorité des autres devises, tout comme la livre sterling. La fin du dollar ne se produira pas du jour au lendemain, elle sera graduelle.

Croyez-vous aussi à la fin de l'euro ?

Je n'en ai aucune idée, car il s'agit d'une décision politique. Aussi longtemps que l'Allemagne a la volonté de soutenir la Banque centrale européenne et de financer le fonds de stabilité, l'euro survivra.

Aux côtés de la Grèce figurent le Portugal, l'Irlande, l'Espagne et l'Italie. Devrait-on aussi laisser ces pays faire faillite comme vous le préconisiez avec la Grèce ?

Oui, même si cette solution est douloureuse. Cela ne me gêne pas que des assurances, des gouvernements et des banques ayant acheté des obligations de la Grèce perdent de l'argent. Si certains pays font faillite, ils entraîneront les banques avec eux. Mais laissons ces établissements faire défaut tout en protégeant les épargnants. Ce choix est nettement meilleur que de sauver les banques avec l'argent du contribuable et de se rendre compte deux années plus tard que les banquiers reçoivent des bonus record. Il faut punir les banquiers ! Le secteur financier est devenu bien trop gros par rapport à l'économie réelle. A mon avis, le secteur financier doit s'occuper de garder l'épargne des gens et de la prêter à d'autres. Les banques ne devraient pas s'occuper de trading. Est-ce que le sauvetage des banques aux Etats-Unis a apporté quelque chose à l'économie ? Non.

Les nouvelles règles de Bâle III [qui préconisent de tripler la part des fonds propres bloqués par les établissements bancaires des pays du G20 d'ici à 2013] suffiront-elles à stabiliser le système bancaire international ?

Ces nouvelles règles sont bonnes, mais le timing est mauvais. Il aurait fallu les introduire il y a dix-quinze ans et les assouplir maintenant. Or les gouvernements n'ont rien fait durant ces dernières années, et maintenant que les banques devraient être encouragées à prêter de l'argent, ces réglementations les en empêchent. Au lieu d'être proactifs, les Etats sont réactifs. En fait, le problème n'est pas tant le manque de réglementations que les politiques monétaires beaucoup trop laxistes qui encouragent la spéculation. Il serait mieux d'avoir des politiques plus restrictives avec des taux d'intérêt plus élevés que des gouvernements qui ne cessent d'augmenter leurs dépenses et de baisser les taux.

Beaucoup d'analystes s'inquiètent encore d'un éclatement de la bulle immobilière en Chine. Vous n'y croyiez pas l'an dernier. Est-ce toujours le cas ?

Les gens ne réalisent pas que la Chine a une population presque équivalente à celles des Etats-Unis et de l'Europe combinées. Il peut donc y avoir une bulle immobilière dans une ville, voire dans une province, tandis que dans celle d'à côté la situation est normale. Une bulle se définit par des taux d'intérêt bas, des liquidités excessives qui sont investies dans l'un ou l'autre secteur. Selon cette définition, il existe une bulle en Chine, mais son ampleur n'est pas facile à estimer. Car, contrairement à ce que l'on observe dans les économies occidentales, les Chinois n'empruntent pas beaucoup d'argent quand ils achètent des appartements. Ils paient l'essentiel en cash. Pour mémoire, lorsque la bulle immobilière a éclaté à Hong Kong et que les prix ont chuté de 70 %, personne n'a fait faillite. L'endettement des gens était très faible, tout comme celui des agences immobilières.

Investissez-vous en Chine ?

Non, cela ne m'intéresse pas, même si je reste optimiste sur la Chine. J'estime que la moitié des entreprises cotées sont frauduleuses. Je préfère être exposé à la Chine via Hong Kong, où des entreprises paient des dividendes de 5 à 6 %. Le risque de perdre de l'argent est faible. De plus, en cas de problèmes, le dollar de Hong Kong peut toujours être réévalué par rapport au dollar [américain].

Certains tablent sur la fin du monde et l'éclatement du système financier international. Ne va-t-on pas plutôt vivre une décennie morose comme dans les années 1970 ?

Peut-être. Nous aurons une croissance très faible dans les économies matures, avec une perte de confiance des investisseurs, des crises à répétition. Les gens ne trouvent plus d'intérêt à investir dans des actions. Ils ont vu les excès du système bancaire, des managers et ont perdu beaucoup d'argent. Un jour ou l'autre, je suis persuadé que nous devrons reconstruire notre système sur de nouvelles bases.

Docteur Catastrophe

Marc Faber est un analyste et entrepreneur suisse connu pour ses prédictions catastrophistes – il est surnommé Dr. Doom. Il tient un blog et publie une lettre financière mensuelle : "Gloom, Boom & Doom".

à lire également

• De plus en plus de sans-abri

• Obama aux abonnés absents - The Washington Post

• Où sont passés les vrais leaders ? - The Guardian

• La révolte des "on ne payera pas" - The Guardian

• États-Unis : En tête des collectes de fonds - Courrier international

• "Nous voilà endettés pour trente ans !" - Eleftherotypia

• La BCE à la rescousse - ABC

• Les caisses d'épargne sombrent

• Moody’s nous pousse à la faillite - Diário Económico

• Les cartes de crédit à l'abandon

• Où est passé l'argent des riches ? - Die Zeit

• Qui a assuré la dette grecque ? - The New York Times

01/08/2011

Retour sur un déchainement de violences qui marque les esprits. (disponible jusqu’au 19/04/2014 08h30 sur France Inter)

L’émission du lundi 25 juillet 2011, article et écoute mis sur France Inter

(ré) écouter cette émission (cliquez sur le lien ) disponible jusqu’au 19/04/2014 08h30

Pierre Weil :

 Retour sur un déchainement de violences qui marque les esprits.

 

Yves Decaens :

France Inter.png« En même temps que le vieil ordre politique et social agonise, une poussée nouvelle de forces brutes, d'appétits ignobles ou de fanatismes meurtriers soulève l'écorce de la vieille terre ». Commentaire prémonitoire signé Jean Jaurès, au début du siècle dernier, dont on sait ce qu'il advint. Phrase reprise par L’Humanité pour caractériser le carnage du week-end en Norvège, l'assassinat de 93 personnes dans un attentat à la bombe suivi d'une fusillade, une heure et demi de fusillade dont on lira les récits dans Libération, le Figaro, qui racontent ce que Le Figaro résume en titre : "La froide détermination du tueur d'Oslo". Et partout, cette question : comment un homme peut-il en arriver là ? Pour beaucoup, la réponse est évidente. Il y aattentats norvège.jpg l'homme, immature et psychologiquement perturbé, il y a surtout le contexte, la montée des populismes, du nationalisme et de la xénophobie. C'est au multiculturalisme, notamment à l'islamisation de la société, qu'Anders Behring Breivik, le tueur d'Oslo, veut s'attaquer comme il l'explique dans un document publié sur Internet. « Chez les fous de Dieu, remarque Chantal Didier dans l'Est-Républicain, le problème ce n'est pas Dieu, c'est leur folie ». Savoir ce qui la déclenche? …. On notera d'ailleurs, avec Dominique Greiner dans La Croix, la façon dont on commente depuis deux jours ces tragiques évènements, la façon dont on leur cherche un sens. Pour objectiver la violence, écrit Greiner, on la situe dans un groupe spécifique : après avoir suspecté un fanatique islamiste, c'est finalement un protestant en croisade, un fondamentaliste chrétien qu'on interroge, comme si de telles désignations permettaient de tenir la violence à distance alors qu'elles sont elles-mêmes sources de violences. C'est la leçon de ce drame norvégien, conclut l'éditorialiste de La Croix : la violence n'est pas seulement dans le camp de l'autre.

 

Pierre Weil :

Une violence d'essence politique essentiellement. 

Yves Decaens :

Ce que souligne sans détour L'Humanité qui voit dans ces évènements la résurgence du terrorisme d'extrême droite. Et oui, elle est peut-être nouvelle, mais la bête reste immonde. L'attentat d'Oslo et la tuerie de l'ile d'Utoya, commente Patrick Apel-Muller, sont les fruits toxiques des discours anti-immigrés qui contaminent de plus en plus de pays et de plus en plus de partis. Ce que pense aussi François Sergent dans Libération, que les aliénations et les ressentiments d'Anders Behring Breivik se sont nourris d'un terreau fertile entretenu par une extrême droite puissante en Scandinavie et en particulier en Norvège. Dans cette Europe en crise, intervient Xavier Panon dans La Montagne, cette Europe dans laquelle les citoyens ont le sentiment de n'être plus que la proie des marchés, se répand comme dérivatif la musique de l'identité nationale fantasmée, cette petite musique qu'on entend aussi depuis deux ans en France. Et justement, voyez, même si ce n'est en rien comparable évidemment, voyez où va se nicher la xénophobie. Dans Marianne, c'est Maurice Szafran qui le relève, comment le gaulliste et séguiniste François Fillon lui-même se laisse prendre par la xénophobie ambiante. Reprenez sa sortie contre Eva Joly qui voulait supprimer le défilé militaire du 14 juillet. … . Car il est écouté à l'Elysée et il compte un ministre, Thierry Mariani. Leur fond de commerce, c'est l'identité nationale, l'immigration, la sécurité ; comme Marine Le Pen contre laquelle ils pensent être le meilleur rempart, quitte à lui voler ses idées.

 

Pierre Weil : Dans la presse également ce matin, la mort d'Amy Winehouse, la renaissance du Tour de France.

 

Yves Decaens :

Elle était une voix : tout le monde s'accorde là-dessus. La mort à 27 ans de « la Betty Boop déglinguée », comme l'appelle Libération, renvoie aux disparitions tragiques des Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrisson ou Kurt Cobain, comme si 27 ans, écrit La Croix, était l'âge ultime des trajectoires fulgurantes du rock. Amy Winehouse, la diva tragique et trash, aura quand même eu le temps, précise Olivier Nuc dans Le Figaro, de remettre la soul durablement à la mode, anticipant avec quelques longueurs d'avance la bande son d'aujourd'hui. Son timbre de voix pour Victor Hache dans L'Huma, la rapprochait des grandes chanteuses de Rn'B et de jazz, de Sarah Vaughan à Billie Hollyday. Ou Aretha Franklin, c'est le nom qui revient le plus souvent. Le célèbre refrain de sa chanson « Rehab », cité par Libé disait : « The tried to make me go to rehab - me faire désintoxiquer, and i said no, no, no ». Peut-être, conclut Stéphanie Binet, qu'il aurait fallu dire oui à ce moment là.

Intoxication en tout cas, c'est une addiction, une vénération que porte Arnaud Lagardère à sa compagne, mannequin belge de 20 ans. Et la vidéo qu'il en a faite pour l'hebdo Soir Magazine fait un buzz sur le net, au grand désespoir de ses collaborateurs et de La Tribune qui en fait tout un pataquès à la Une. « Cette déclaration d'amour télégénique », écrit La tribune aurait pu être considéré comme un accident si elle n'était pas une nouvelle Illustration de la désinvolture avec laquelle …. C'est à la Une de France-Soir, il a vu Nafissatou Diallo à New-York, il a été impressionné par son courage. « Elle est sincère, dit-il, et lui prêter la moindre participation à un complot, c'est lui prêter des compétences qu'elle n'a pas. Ce qu'elle a de commun avec ma plaignante : rien, ce sont deux femmes qui ne se connaissent pas, ne viennent pas du même monde, ne parlent pas la même langue, elles ont juste croisé le même homme, DSK ».

Voilà, et j'en viens au Tour de France. Ce Tour qu'on dit enfin propre et L'Equipe veut y croire, en titrant « Le Tour sourit ». Et oui, d'abord les Français ont brillé, ce que remarque aussi Le Parisien Aujourd'hui en France, et puis la victoire de Cadel Evans, c'est un signe puisqu'il serait, parait-il, un baromètre de l'état de propreté du peloton. Evans qui est un peu pour Libé, le François Hollande du cyclisme : sans charisme mais rassurant. Ce tour restera t-il le tour de ce que L'Humanité appelle « la vélorution », le retour aux fondamentaux du vélo ? Pas si vite. Il était plus clair, précise aussitôt Libé, mais pas forcément plus transparent. Ce que pense aussi Marc Mardiot, manageur général de l'équipe FDJ, qu'il faut être prudent. On saura dans dix ans s'il faut parler d'un tournant ou pas. On sent que oui, mais c'est comme le pinard dit-il, il faut l'apprécier avec un peu de retard. En précisant qu'on sait tout de suite, malgré tout, qu'il s'agit d'un bon cru

Bref bonne interview paru sur l’émission de France Inter, traduisant la dictature de l’immédiateté, les dérives du de la finance, des médias, de la crise politique et économique.

16/07/2011

Interview Les agences de notation en quête de crédibilité ?

ajustement structurelle.gif

Cette sitation pour décrire le cercle vicieux de ce système capitalisme mondiale « Si vous placez une grenouille dans l'eau bouillante (s'il-vous-plaît, ne le faites pas…), elle cherchera immédiatement à s'en échapper ; mais si vous la mettez dans une eau froide que vous chauffez progressivement, le batracien ne bougera pas jusqu à finir ébouillanté vidéo explicative, La zone euro dans l'impasse, les bourses en chute libre - expansion

Afin de bien comprendreles enjeux, la gravités et les dérives du capitalisme, l'Etat de la crise de la dette aux Etats Unis ( bien supérieur en milliards et en chiffre que les crises grecque, Italie, Portugal...) Cela laisse le risque de danger. Dans une deuxième parti, un interview d'un financier sur les agences de Notation, bras armé du système capitalisme financier. Le système capitalisme is dead

La Grèce a déjà subi un ajustement très sévère
Evolution des salaires réels entre 2008 et 2011, en %
L'ajustement qu'a subi - et accepté - la Grèce depuis trois ans est déjà colossal. Depuis 2008, les salaires réels ont perdu 8,9 % de pouvoir d'achat en moyenne, alors que le gain correspondant est de 3 % en France. Bref, les Grecs ont déjà accepté depuis trois ans une purge très sévère. Aussi, il n'est pas surprenant qu'ils rechignent à avaler une nouvelle dose d'huile de foie de morue… > Lire la suite (Alternative économique).  Face aux délitements des pays Européen : Une lettre des indignés grec.

 "J'aimerais vraiment voir la taille de la bulle américaine, "et où elle se trouverait sur le graphique dette/PIB. "
« C'est vrai que c'est une grosse bulle. En fait, elle  dépasse les marges du graphique d'hier. Nous lui avons rajouté un cercle jaune représentant les Etats-Unis »  - source agora finance (
L photo)

CDS Eurozone.gif

l'empire des dettes.gifLa dette nationale américaine est 5,5 fois supérieure à celle de l'Italie -- la plus importante de la Zone euro et la cause de toute la consternation boursière de ces derniers jours.

Mais la vraie question se trouve au centre du cercle jaune sur ce graphique.

« Le  ratio dette/PIB de chaque pays : avec 14 300 milliards de dollars de dette nationale et une économie à 14 700 milliards de dollars, le ratio dette/PIB des Etats-Unis frôle le 100% -- proche du territoire Portugal/Italie, mais pas aussi épouvantable que la Grèce ».

"Ensuite, il y a l'axe des ordonnées, à gauche : les credit default swaps (CDS) -- les "polices d'assurance" versées par les acheteurs de dette de ces gouvernements pour se couvrir en cas de défaut de paiement. La somme totale de CDS américains en cours est basse par rapport à de nombreux pays européens. Mais à 4,58 milliards de dollars, c'est quasiment la même somme que celle de Lehman Bros. en 2008. Vous vous rappellerez qu'environ 4,5 milliards de CDS ont suffi à miner AIG, qui était à l'époque la plus grande compagnie d'assurance au monde... avec un historique d'une solidité sans faille.Peut-être que ces souvenirs pèsent sur les investisseurs en CDS. Plus le coût d'un CDS est cher, plus le risque implicite est élevé. Le coût d'une assurance sur la dette gouvernementale américaine, même s'il est encore bas, a connu une croissance significative depuis la mi-mai. Mardi, il était de cinq points de base -- un demi pourcent". ( photo 2)

primes assurance.gif

Selon ces données, l'Oncle Sam est pire que l'Allemagne en ce moment.

L'augmentation du prix des CDS américains coïncide avec le drame qui se déroule à Washington au sujet de l'augmentation du plafond de la dette, le 2 août.

 Ce qui signifie que les Etats-Unis devraient immédiatement équilibrer leurs comptes. Ce n'est pas tout... Près de 507,4 milliards de dollars de titre du Trésor US actuellement en cours arriveront à échéance entre le 3 et le 31 août prochain. Pour renouveler cette dette, le Trésor doit, une fois encore, émettre de nouveaux titres.

Et si l'impensable se produisait, et que le gouvernement américain était incapable de prolonger cette dette ?

"100 milliards de dollars arrivent à maturité le 4 août. 100 milliards supplémentaires arrivent à maturité une semaine plus tard, le 11 août. Cela "avale" l'intégralité des 174,2 milliards de revenus attendus pour le mois... avant même que le gouvernement dépense un seul sou pour quoi que ce soit. A moins que le département du Trésor soit assis sur une cagnotte dont nous ignorons tout, la partie serait terminée. Les Etats-Unis feraient défaut... déclenchant ces credit default swaps".

capitalisme is dead.jpg"Imaginons", disait un article de Newsweek signé Daniel Gross au printemps dernier, "un monde dans lequel les Etats-Unis, n'ayant pas la volonté d'augmenter les impôts ou de réduire leurs dépenses, ne p uissent pas réunir assez de liquidités pour assurer leurs paiements d'intérêt et se retrouvent incapables de renouveler leur dette lorsqu'elle arrive à maturité". Conséquence immédiate court terme : "Cela provoquerait un gigantesque déclin de la valeur des bons du Trésor US et des titres adossés aux créances immobilières. Le bilan de toutes les institutions financières américaines -- J.P. Morgan, Goldman, Citi, la Réserve fédérale, les fonds de marché monétaire -- serait décimé. On ne trouverait pas une seule banque, compagnie d'assurance ou entreprise solvable dans tous les Etats-Unis".

"Les grandes banques multinationales, qui ont de nombreuses filiales aux Etats-Unis et une bonne quantité de ces titres dans leurs comptes, seraient elles aussi laminées. Sans oublier les détenteurs de dette US à l'étranger... pour qui les carottes seraient cuites aussi".

"Dans une telle dystopie, qui, précisément, pourrait assurer l'assurance vendue sur la dette gouvernementale américaine ? La dernière fois que nous avons assisté à une série d'événements censés déclencher un paiement à grande échelle de credit default swaps, le système s'est quasi arrêté. Les investisseurs ayant acheté de l'assurance sur les instruments financiers d'AIG ont été payés seulement parce que le gouvernement américain a renfloué l'entreprise".

"Qui viendrait renflouer le département du Trésor US et la Réserve fédérale ?" Oui, qui ?

Conscient que la crise de la dette américaine risque de compromettre sa réélection - France soir , Barack Obama exhorte vivement les dirigeants des grands groupes parlementaires à trouver un accord. Vendredi, le président américain n’a pas hésité à évoquer la « fin du monde » si aucune solution ne venait à être trouver d’ici au 2 août. Conscient des risques encourus par le pays, il s’est même déclaré ouvert à une proposition « sérieuse » de la part des républicains

A lire sur le sujet, de nombreux liens montrant l’aggravation : Dette Américaine : Le Trésor joue sa dernière carte – France soir, Les risques du gonflement de la dette américaine - LExpansion.com, Le "plafond de la dette américaine", c'est quoi en fait ? | Rue89, Réserves de change : la dette américaine devient un risque politique, , mais pas tous encore d’accord La dette américaine atteint le plafond autorisé par les ... le monde Amérique

Les agences de notation en quête de crédibilité ?

"J'aimerais vraiment voir la taille de la bulle américaine, "et où elle se trouverait sur le graphique dette/PIB.
« C'est vrai que c'est une grosse bulle. En fait, elle  dépasse les marges du graphique d'hier. Nous lui avons rajouté un cercle jaune représentant les Etats-Unis »  - source agora finance (
L photo) La dette nationale américaine est 5,5 fois supérieure à celle de l'Italie -- la plus importante de la Zone euro et la cause de toute la consternation boursière de ces derniers jours.

▪ Mais la vraie question se trouve au centre du cercle jaune sur ce graphique.
« D'abord, regardez l'axe des abscisses, qui suit le ratio dette/PIB de chaque pays : avec 14 300 milliards de dollars de dette nationale et une économie à 14 700 milliards de dollars, le ratio dette/PIB des Etats-Unis frôle le 100% -- proche du territoire Portugal/Italie, mais pas aussi épouvantable que la Grèce ».

Ensuite, il y a l'axe des ordonnées, à gauche : les credit default swaps (CDS) -- les "polices d'assurance" versées par les acheteurs de dette de ces gouvernements pour se couvrir en cas de défaut de paiement. La somme totale de CDS américains en cours est basse par rapport à de nombreux pays européens. Mais à 4,58 milliards de dollars, c'est quasiment la même somme que celle de Lehman Bros. en 2008. Vous vous rappellerez qu'environ 4,5 milliards de CDS ont suffi à miner AIG, qui était à l'époque la plus grande compagnie d'assurance au monde... avec un historique d'une solidité sans faille.

Peut-être que ces souvenirs pèsent sur les investisseurs en CDS. Plus le coût d'un CDS est cher, plus le risque implicite est élevé. Le coût d'une assurance sur la dette gouvernementale américaine, même s'il est encore bas, a connu une croissance significative depuis la mi-mai. Mardi, il était de cinq points de base -- un demi pourcent. ( photo 2) et La responsabilité des agences de notation

Dans cette deuxième partie, une interview de Mathieu Lebrun, analyste et rédacteur du service de trading Agora CFD, sur le fonctionnement des agences de notation décrié a juste titre, afin de mieux comprendre les enjeux des dérives de ces organes et plus généralement du capitalisme.

Citation « Moody's, Fitch Ratings ou encore Standard & Poor's : voilà les trois acteurs qui font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers ces derniers mois. Crise des dettes en Europe oblige, voilà l'occasion rêvée de faire taire leurs détracteurs.

Discréditées pour ne pas avoir vu venir (ou pour avoir minimisé) les nombreuses crises passées (Enron, crise des subprime, faillite de Lehman Brothers...), les agences de notation reprennent du poil de la bête et dégradent à tour de bras les pays périphériques de la zone euro.

Alors excès de zèle ou changement durable de comportement ? Voilà quelques pistes pour mieux comprendre leur fonctionnement et tenter d'y voir plus clair.

Des grilles de notation identiques

La vocation d'une agence de notation est d'évaluer le risque de solvabilité des emprunteurs. Comprenez ici le risque de non remboursement des dettes.

agences de notation.gifComme vous le voyez sur l'image ci-contre (source : Wikipédia), la qualité de la signature d'un emprunteur varie de A à D chez les trois agences (chacune disposant de son propre système de notation).

La meilleure note est le "triple A". Il y a ici une sécurité maximale sur la solvabilité de l'emprunteur. A l'opposé, la note "D" est synonyme de "défaut".

Dans la catégorie des bons élèves, on trouve des pays comme l'Allemagne, les Etats-Unis ou encore la France. ( plus le cas, interview déjà dépassé)

A l'inverse, fin juin, la Grèce passait dans la catégorie "CCC" – les dettes pourries, ou junk bonds – donc extrêmement spéculative... à un pas du défaut de paiement. Il y a quelques jours, le Portugal était à son tour dégradé.

Une bonne note pour se financer moins cher sur les marchés
Sur les marchés financiers, ce qui est risqué rapporte. Dit autrement, si vous êtes mal noté, les investisseurs vont demander une prime de risque supplémentaire pour acheter votre papier. L'emprunteur devra donc payer des intérêts plus élevés.

Voilà pourquoi aujourd'hui par exemple la Grèce (entre "CCC" et le "défaut") voit le rendement de ses obligations à 10 ans approcher les 20%. A l'inverse, le rendement du Bund allemand sur la même échéance est, lui, sous le seuil des 3%. Petite parenthèse ici : n'oubliez pas que le cours d'une obligation varie en sens inverse de son rendement : le papier allemand étant très demandé, il rapporte peu. A l'inverse, personne ne veut du papier grec ; il rapporte donc beaucoup à celui qui s'y risque. »

 

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu