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31/03/2011

Intervention Yves Cochet sur les gaz de schiste à l'Assemblée

Débat sur les gaz de schiste, hier à l'Assemblée nationale.

Lien vers l'intégralité du débat: http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110151.asp#INTER_38

M. le président. L’ordre du jour appelle le débat sur les conséquences environnementales de l’exploitation des huiles et gaz de schiste en France.

L’organisation de ce débat ayant été demandée par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, la parole est à M. Yves Cochet, premier orateur de ce groupe.

M. Yves Cochet. Monsieur le président, madame la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, mes chers collègues, je voudrais dénoncer les trois impasses de la recherche des gaz et huiles de schiste.

Je commencerai en évoquant, bien sûr, les dangers environnementaux et sanitaires liés à cette pratique. Les techniques d’exploration et d’extraction sont contraires aux engagements du Grenelle dont nous venons de parler. La technique de la fracturation hydraulique va à l’encontre de certains engagements arrêtés par le ministère de l’écologie, qui, paradoxalement, a pourtant signé l’attribution des permis. Le Grenelle prévoyait par exemple de protéger les sources d’eau potable et les écosystèmes sensibles. Il devait aussi réduire la gestion des émissions de gaz à effet de serre. Une telle exploration ou exploitation ne va évidemment pas dans ce sens.

Selon vous, madame la ministre, l’Europe et notamment la France pourraient recourir à des techniques tout à fait différentes de celles qui sont utilisées aux États-Unis.

Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement. J’ai dit qu’on allait voir s’il pouvait y en avoir !

M. Yves Cochet. Existe-t-il une autre technique d’exploration et d’exploitation que le forage horizontal, ou même dirigé, et l’hydrofracturation ? Pour ma part, je n’en connais pas d’autre. Du reste, les exploitants éventuels font appel à des entreprises comme Halliburton, Baker Hughes ou Schlumberger, qui sont plutôt américaines et ne connaissent que ces techniques. Si vous en connaissez d’autres, vous pourrez peut-être nous les citer.

La fracturation hydraulique horizontale nécessite trois ingrédients nocifs bien connus maintenant : des quantités d’eau phénoménales, des produits chimiques toxiques pour attaquer la roche et des microbilles de sable à injecter pour maintenir ouvertes les failles.

Nous sommes face à une catastrophe potentielle que nous pouvons prévenir au lieu de tenter de pallier ses effets. En mars 2010 – mais cela avait été préparé bien avant –, le Gouvernement a octroyé des permis d’exploration dans trois zones concernant les départements de l’Hérault, de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Drôme, ainsi que, pour les huiles de schiste, dans le bassin parisien.

Tels sont les dangers environnementaux et sanitaires, assez connus aujourd’hui, notamment aux États-Unis d’Amérique.

Le deuxième point sur lequel je voudrais insister concerne le manque de démocratie. Il faut en effet dénoncer de nouveau l’opacité qui a entouré les procédures d’attribution des permis de recherche de gaz et huiles de schiste non conventionnels, et l’absence de procédure de ratification par le Parlement de l’ordonnance du 20 janvier 2011 portant codification de la partie législative du code minier, qui encourage cette opacité.

Les permis d’exploration semblent enfreindre les lois suivantes : l’article 5 de la Charte de l’environnement, que vous connaissez très bien, madame la ministre ; la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 ; la loi du 12 juillet 1983, dite loi Bouchardeau, qui prévoit une grande consultation publique – vous avez d’ailleurs parlé vous-même de consultation publique, j’aimerais avoir des détails sur les grandes lignes de ce que vous projetez d’inscrire dans le projet de loi que vous semblez préparer ; la convention d’Aarhus du 25 juin 1998.

Les demandes d’exploitation du sous-sol devraient non seulement être soumises à enquête publique locale mais faire l’objet d’un débat national organisé par la commission nationale du débat public. En sera-t-il ainsi ?

Un troisième point est peu évoqué : il s’agit de l’échec économique. Voilà déjà plusieurs années que les gaz et huiles de schiste sont exploités aux États-Unis ou au Canada. Or, pour les entreprises américaines du secteur, notamment la plus grande d’entre elles, Chesapeake, c’est un échec commercial : leurs actionnaires commencent à se mordre les doigts en pensant qu’ils sont plutôt perdants. Les opérateurs ont entretenu une sorte d’illusion du succès en avançant des chiffres bidons de production et de réserves, en subventionnant leur activité par l’endettement et la dévaluation des actions des actionnaires. Beaucoup croient encore que les taux initiaux de production, qui sont assez élevés, démontrent le succès de l’exploitation des hydrocarbures de schiste, mais, si elle monte très vite pendant deux, trois ou quatre ans, la courbe atteint ensuite un pic et redescend ensuite très rapidement. Autrement dit, on ignore ou on feint d’ignorer que le déclin de la production est très rapide, à moins de forer encore et encore. Cela coûte donc très cher et ce n’est pas profitable pour les entreprises elles-mêmes.

Certes, il est possible que la ressource soit assez grande – encore que, en Europe et notamment en France, les estimations soient totalement pifométriques –, mais il y a une différence entre la ressource géologique et la réserve économiquement exploitable, qui, à notre avis, est très petite.

Bref, l’exploitation des gaz et pétroles de schiste n’est ni commerciale, ni sanitaire, ni environnementale, ni démocratique. Il faut donc l’abandonner avant même qu’elle ne commence. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SRC.)

08/03/2011

Hervé Kempf - l'oligarchie, ça suffit !

Année: 2011

Durée: 54' 04''

Cet enregistrement disponible en libre accès ici donne la parole à Hervé Kempf sur les thèmes qu'il développe dans son dernier livre "L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie". L'absence de résultats de la conférence de Copenhague en 2009 a été qualifié d'échec de la démocratie. De nombreux écologistes sont d'avis que la démocratie n'est pas en mesure de résoudre la crise écologique ... Hervé Kempf pose toutefois la question: "sommes-nous réellement en démocratie ?". Il explique que les systèmes politiques des pays occidentaux ont l'apparence de la démocratie, mais qu'en réalité ils sont de nature oligarchique. Les décisions se prennent au sein de cercles restreints, souvent opaques, et sont ensuite "vendues" aux masses qui les entérinent démocratiquement par les urnes, L'oligarchie contrôle tous les pouvoirs: économique, politique et médiatique. Hervé Kempf cite des penseurs libéraux qui mettent en question l'idée-même de démocratie, entrave à la liberté du commerce: l'exemple de la Chine, avec ses taux de croissance à deux chiffres et son régime autoritaire, fascine. Pour les néo libéraux, la démocratie gêne, et coûte.

Hervé Kempf conclut qu'il n'est plus possible de continuer à accepter une gouvernance oligarchique dans le contexte des bouleversements écologiques qui se préparent. Dans le même temps, à mesure que les tensions augmentent, l'emprise des pouvoirs oligarchiques et de leurs instruments de contrôle se renforce ...

Source: Terre à terre, les archives non-officielles - 22 janvier 2011, Entretien avec Hervé Kempf, journaliste, écrivain

Ecouter également Hervé Kempf - Comment les riches détruisent la planète, Hervé Kempf - Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Edward Bernays, le père de la propagande, Comment le capitalisme nous infantilise, 10 principes de contrôle de la société, Europe et Nouvel Ordre Mondial

A voir: le documentaire "Gasland - Danger, gas de schistes", une bonne illustration des propos d'Hervé Kempf

29/01/2011

Témoignages “Les Raisins grecs de la colère”, par Nicos Panayotopoulos

Au lendemain de la manifestation qui a vu la mort de trois personnes à Athènes, l’écrivain Nicos Panayotopoulos a tenu à faire parvenir un texte témoignage à notre journaliste Martine Laval. Je vous le proposons donc. En lien, une rencontre avec l’auteur parue dans “Télérama” en 2004.

Martine Laval a rencontré Nicos Panayotopoulos en 2004 pour Télérama. Récemment, elle a souhaité reprendre contact avec lui, afin qu’il témoigne de l’état de son pays, la Grèce, aujourd’hui. Les tragiques événements qui ont eu lieu hier l'ont conduit à nous envoyer dès ce matin le texte suivant, accompagné d’un mail :

« Voilà Martine, après les trois morts d'hier soir, j'ai écrit ça... J' espère que c'est propre... Et j' espère que vous êtes encore au journal. Merci pour votre demande. A bientôt,
Nicos
P.S. L' histoire de mon oncle est vraie... »
Il a écrit ce texte à la manière d'un écrivain engagé dans son temps. Bravo !

Les Raisins grecs de la colère... Lire la suite

 

 
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