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30/06/2014

« l'EIIL est à son apogée en Irak »

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God - John Lennon - YouTube : Imagine all the people living life in peace. You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one. I hope someday you'll join us, and the world will be as one”

 

I DON’T BELIEVE IN JOHN LENNON :)

 

 « God is a Concept by which
we measure our pain
I don't believe in magic
I don't believe in I-ching
I don't believe in Bible
I don't believe in Tarot
I don't believe in Hitler
I don't believe in Jesus
I don't believe in Kennedy
I don't believe in Buddha
I don't believe in Mantra
I don't believe in Gita
I don't believe in Yoga
I don't believe in Kings
I don't believe in Elvis
I don't believe in Zimmerman
I don't believe in Beatles
I just believe in me...and that realit
y

 

 

Daech, naissance d un état terroriste | part 1


Daech, naissance d'un Etat terroriste - 04/02/2015 - YouTube

  

 

Les pays composants les deux coalitions internationales contre Daesch et le terrorisme islamistes ( qui a endeuillé les pays européens et fait monter les mouvements et partis d'extrême droite, le replis communautaires ) a tout misé sur la solution sécuritaire et militaires aux détriments d'autres solutions plus efficace. daesch profite des guerres confessionnelles instrumentalisées par des dictateurs cyniques et ses bailleurs de fond devant des occidentaux impuissants.  Un enieme  accord américano-russe prévoyant un arrêt des combats sur deux fronts en Syrie mais excluant la ville d'Alep, en proie à de violents combats, entrera en vigueur demain à l'aube, ont annoncé aujourd'hui des sources américaines, syriennes et russes. Un regain de violence aussi brutal que le symbole qu'il véhicule: l'assassinat, par Damas, des derniers espoirs nés de la fragile trêve entrée en vigueur le 27 février dernier. La situation en Syrie est à "plusieurs égards hors de contrôle", a déclaré lundi devant la presse à Genève le secrétaire d'Etat américain John Kerry. 

 Kerry, qui tente de sauver la trêve en Syrie, s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec l'envoyé spécial de l'ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura.

 

 The Genesis of the Islamic State (ISIS)
 

 

Des insurgés sunnites en Irak ont pris le contrôle d'un deuxième poste-frontière avec la Syrie, ont indiqué aujourd'hui des officiers de l'armée. Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, estime que la situation dans son pays menace "la paix dans la région et le monde", rapporte par ailleurs l'AFP aujourd'hui. L'Allemagne et les Drones d'attaques - L'Indigné  :

Les combattants de l'EIIL, appuyés par des partisans de l'ex-président Saddam Hussein, ont pris depuis le 9 juin le contrôle d'importantes portions du territoire iakien. Ils maîtrisent la deuxième ville d'Irak, Mossoul, une grande partie de sa province Ninive,Tikrit et d'autres secteurs des provinces de Salaheddine (nord), Diyala (est) et Kirkouk (nord).

La Syrie est dirigée par la famille el-Assad depuis 1971. Bachar el-Assad a succédé à son père à la tête du pays en 2000.Depuis la mi-mars, une révolte secoue le pays. Les manifestants réclament plus de démocratie. La répression du régime a déjà fait plusieurs milliers de morts.Le 18 août, la communauté internationale a appelé à la démission de Bachar el-Assad, faute d'avoir réussi à lui faire entendre raison par des sanctions économiques et une déclaration de l'ONU.

DOSSIER SPÉCIAL - La révolte en Syrie , l'EIIL à la conquête de l'Irak, La crise irakienne s'internationalise -- Le Monde.fr avec AFP ,

 

 

 

 Ifweweresyrians

Documentaire sur la guerre à Alep en Syrie réalisé par ... - YouTube Syrie, dans l'enfer d'Alep (Ligne de Front) - YouTube :Alep Syrie , vivre avec la guerre documentaire - YouTube : Documentaire - Le crépuscule des Assad (Syrie - Arte) Syrie - Dans l'enfer de la répression :

 

Et si la guerre en Syrie avait lieu en France ? Post de blog Si la France était la Syrie, les habitants d'Avignon et de Cannes seraient tous morts, selon les calculs du projet « If we were Syrian ».

 

Près de 2.000 personnes ont été tuées en juin dans les violences en Irak, théâtre d'une offensive djihadistes fulgurante, le plus haut bilan mensuel depuis mai 2007, selon des chiffres officiels publiés aujourd’hui. Selon ces chiffres compilés par les ministères de la Santé, de l'Intérieur et de la Défense, 1.922 personnes sont mortes en juin - 1.393 civils, 380 soldats et 149 policiers. Par lefigaro.fr avec AFP : Plus de 2 400 morts en Irak en juin  - le Monde  Selon l'ONU, plus de 2 400 personnes ont été tuées au mois de juin en Irak. Ce bilan ne prend pas en compte les victimes de la province d'Anbar qui est largement passée sous le contrôle des djihadistes sunnites

 

Défilé de l'EIIL à Mossoul, le 23 juin 2014.

Défilé de l'EIIL à Mossoul, le 23 juin 2014. | AP/STR 

L'Iran a secrètement déployé des drones de surveillance en Irak où elle convoie également du matériel militaire par voie aérienne pour aider Bagdad dans sa lutte contre les insurgés sunnites, affirme le New York Times. FORCE AL-QODS ET SOUTIEN AÉRIEN

 Des drones américains armés de missiles survolent Bagdad, mais uniquement pour «protéger» le cas échéant les militaires et diplomates américains présents, a indiqué à l’AFP un diplomate américain

Le Monde.fr | 30.06.2014 à 17h28 •

 Les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), engagés dans les combats en Syrie et en Irak, ont annoncé, dimanche 29 juin, le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d'un siècle, et le changement de nom de l'organisation en « l'Etat islamique ». L'EIIL a désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme « calife » et donc « chef des musulmans partout » dans le monde. Il est désormais nommé « calife Ibrahim » en référence à son véritable prénom.

An official document was also released, in English and several other languages.

UN MINI-ETAT ENTRE SYRIE ET IRAK

Lire la synthèse : Offensive sans précédent des djihadistes en Irak

L'irak s'enfonce toujours plus dans la guerre civile. l'Etat Islamique et Irak et au Soleil Levant ( EIIL) et au soleil levant continuent leur progression sans rencontré de véritable opposition des forces de l'ordre. Une offensive de grande ampleur et belle et bien lancée. Après Mossoul ( Les insurgés Irakiens gagnent du terrain Mossoul au main des insurgés ( google) ,  Mossoul au main des insurgés - Citoyenactif) 

 

 

Irak : les insurgés prennent l'ouest  L e soir la ville de Tikrit à 80 kilomètres de Bagdad est tombée A Mossoul, deuxième ville du pays, les habitants ont fuit et les insurgés ont pris en otages dont le consul turc. On fait le point : Un calme relatif règne à Mossoul après plusieurs jours d'intenses combats. Les Djiadistes qui contrôlent la ville ont appelé les habitants a retourner au travail mais beaucoup d'entre eux continuent à fuir massivement en direction du Kurdistan irakien. Face à la puissance de feu des insurges les soldats ont abandonné leurs uniformes et leurs véhicules. L'armée a volé en éclat, les soldats ont fuient dans tout les sensIrak : Les rebelles sèment la terreur dans l'ouest Après Mossoul ( Mossoul au main des insurgés - Citoyenactif) , 

 

Mikcael Luder, politologue spécialiste du proche orient. : " L'EIIL est l'ennemi juré des chiites( Le chiisme)  , est un courant minoritaire de l'islam sont le grand ennemi de l'occident et le deuxième ennemi est les Etats Unis, le troisième est Israël.Les chiites continuent a être pris pour cible et à Bagdad, un attentat suicide a été perpétré contre un conseil de tribut et à Mossoul des diplomates turc ont été pris en otage.

 

Mickael Luder, " Comment cela va continuer ?

D'abord l'EEIL va déstabiliser à terme la région proche et du moyen orient de façon massive

Dans un deuxième temps, l'EIIL représente une menace considérable pour l'Europe cf  l'Etat Islamique et Irak et au Soleil Levant EIIL - citizen Khane

J'insiste vraiment : nous assistons a un soumis politique et sécuritaire qui est entrain de prendre forme à la frontière sud est de la Turquie.

Lire (en édition abonnés) Abou Bakr Al-Baghdadi, le nouveau Ben Laden 

Thomas Pierret, spécialiste de l'islamisme, maître de conférence à l'université d'Edimbourg, en Ecosse, décrypte les implications de cette annonce.

Comment expliquer la décision de l'EIIL de proclamer maintenant un califat sur l'Irak et la Syrie ?

C'était dans les cartons depuis longtemps. Abou Bakr Al-Baghdadi était déjà « commandeur des croyants » depuis la création de l'EIIL en avril 2013. Depuis des mois, dans les milieux proches de l'EIIL, des idéologues religieux radicaux annonçaient le passage à l'étape du califat, qui combine pouvoir temporel et religieux. Sa proclamation, le 29 juin, est très certainement liée aux succès de l'opération militaire en Irak.

L'EIIL est à son apogée en Irak. Au sommet de sa gloire, il veut mettre toutes les cartes sur table et peut-être se créer des avantages. Il y a une idée répandue qui veut que cela peut permettre de créer des troubles internes dans les Etats ennemis qu'il pourrait exploiter. Il espère soulever la rue arabe et voir des groupes se mettre en action à l'idée que le « grand soir » est arrivé.

Qu'implique concrètement la proclamation du califat par le mouvement ?

Le chef de l'Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, a une autorité politique et religieuse sur les musulmans du monde entier. C'est une fonction universelle. Son approche de la politique va être plus exclusive et sectaire qu'elle ne l'était déjà. Toute personne qui ne se soumet pas à sa volonté politique est désormais considérée comme rebelle. La sanction pour les rebelles dans le droit islamique est la peine de mort.

Sur le terrain, le califat n'implique pas forcément un changement de stratégie dans la gestion des territoires conquis. Les chefs de tribus vont prêter allégeance au calife et très certainement continuer à gérer les affaires locales comme avant. Il faut voir si l'EI décide de s'ingérer dans les moindres détails des pratiques tribales ou si il leur laisse une certaine autonomie. 

La proclamation du califat peut-elle permettre à l'Etat islamique d'étendre son pouvoir sur des zones plus larges et sur d'autres groupes ?

L'Etat islamique est une secte, convaincue que ce qu'elle fait est vrai et juste, mais elle n'est pas forcèment suivie. Les autres groupes djihadistes dans le monde ont été sommés de prêter allégeance au nouveau calife mais il n'est pas certain que cela convainc ceux qui ne l'étaient pas déjà. Certaines branches dissidentes d'Al-Qaida ou individus n'ont pas attendu la proclamation du califat pour déclarer leur allégeance à l'EI. Ce n'est pas le cas d'Al-Qaida central et de la plupart de ses filiales.

En ce qui concerne le recrutement de combattants étrangers, ce n'était pas nécessaire, car le concept de l'Etat islamique était suffisamment attractif pour eux. Sur le terrain irakien, en revanche, les anciens baasistes (sunnites) qui se sont alliés à l'EI pour mener l'offensive pourraient ne pas supporter d'être à la botte d'un nouveau calife, qui par ailleurs reste un personnage mystérieux, que personne n'a jamais vu.

La proclamation du califat peut-elle même se révéler contre-productive pour l'Etat islamique ?

Oui, cela peut générer beaucoup d'opposition. De nombreuses personnes, même radicales, peuvent se dire que c'est aller un peu vite en besogne que de proclamer le califat sur un proto-Etat qui ne couvre même pas l'intégralit de la Syrie et de l'Irak. Il existe un risque de décrédibiliser l'idée même de califat et ce, d'autant plus encore, si l'EI échouait à conserver les territoires conquis.

L'EI n'a, à mon sens, pas beaucoup de marge d'expansion supplémentaire et, avec la contre-offensive de l'armée irakienne, des batailles sérieuses s'annoncent. Pour la Syrie, c'est plus difficile à dire. Il existe des craintes qu'il ne relance une offensive sur Alep, mais rien ne dit qu'il ait le souffle pour mener cette opération à bien. Ils sont réellement très impopulaires dans le nord-ouest syrien.

Al-Qaida et son numéro un, Ayman Al-Zawahiri, vont très certainement utiliser cela et dénigrer cette manœuvre aventuriste qui ne respecte pas les positions des juristes islamistes dans l'histoire sur le califat.

 

«Rien n'a changé, souligne un ancien de l'armée de Saddam Hussein, joint au téléphone à Mossoul. Si ce n'est les quatre ou cinq missiles que l'armée irakienne a tirés près de chez nous.»

 

ISIL's gains in Libya and the case for intervention Libya has replaced Syria and Iraq as the top military priority, especially for Europeans.
 
Selon Aljazeera : " "It's from the former Gaddafi soldiers who have joined forces with ISIL. They know the territory very well and how we operate so they are a dangerous force. ISIL, we are not really worried about. They don't really fight with us. Everytime we see them they retreat," he said. Joining forces with locals that used to be the enemy is not an uncommon strategy for ISIL. In Iraq, in Saddam Hussein'shome town of Tikrit, it was former Republican Guard soldiers loyal to the former dictator that had trained a new generation of fighters that defended the city before it fell to the Iraqi army".

ISIL, Daech ou l'Etat islamiste selon le nom que l'on lui donne profiterait du raliement des forces des anciens dictateurs de la régions comme Saddam Husseinou Kaddafi pour renforcer ces rangs. S'ils ne partagent pas la même idéologie et objectifs sur le long terme, ils peuvent trouver des raisons de se rassembler face a un objectif immédiat. Ainsi les rang de Daech verrait arriver des troupes organisées et bien entrainer et pourrait menacer les régions d'Iraq, de Syrie, de Lybie et a plus long terme de tout le Maghreb et du proche orient.

A lire : How serious is the ISIL threat in Libya?Analysis: As ISIL is squeezed inIraq and Syria, Libya has increasingly become a strategic alternative ground.

Qu'oiqu'il en soit un affaiblissement de Daesch ou une défaite militaire ne signifie pas la fin du terrorisme salafiste. Daesch  est en effet l'enfant d'Al Qaida, qu'y a fait sa crise d'adolescence, alors que l'on disait que la fin de son sanctuaire en Afghanistan et aux pakistan ainsi que la pression militaire constante contre lui aurait finis par l'abattre. Les djihadistes vont vers la maison mère qui leurs offirra le plus de publicité et de moyens. Hier Al Qaida, aujourd'hui daesch... Demain retour a Al Qaida, si Daesch périclite, il reste dans Daesch ou iront vers une nouvelle maison mère peut être plus radicale, sachant que le djiadiste se nourit des conflits communautaires, des failles des états, de l'hypocrisie des pays occidentaux et de l'exclusions d'une partie de la jeunesse occidentale ou moyen orientale.

 

Attentat en Isère : un défi politique


“Musulmans, lancez-vous, précipitez-vous dans le djihad. Ô moudjahidin du monde entier, pressez-vous pour faire du ramadan un mois de désastre pour les infidèles”, a déclaré le 23 juin le porte-parole de l’EI, Abu Mohammed Al-Adnani, dans une allocution radiophonique rendue publique cette semaine.
 
Un ancien cadre de la CIA interrogé par le New York Times note que les événements de ce 26 juin rappellent “les attaques simultanées que lançait Al-Qaida. L’opération au Koweït est particulièrement forte parce qu’elle est la première attaque de l’organisation Etat islamique dans un état du Golfe”, s’inquiète cet expert du contre-terrorisme.

 

 Cela ne peut qu’alimenter la rhétorique de ces groupes et leur dénonciation de l’hypocrisie des Occidentaux. Combattre le jihadisme en envoyant des drones contre Al-Bagdhadi ne sera pas non plus efficace. Seule la coalition anti-Bachar lutte efficacement contre l’EIIL. Et seul un succès de la révolution syrienne peut nous prémunir face à ce danger qui monte.

En 2003, au nom de la guerre contre le terrorisme, l'Amérique envahissait l'Irak. Onze ans plus tard, sur les décombres d'une folle invasion, le djihadisme triomphe en Irak ! Ultime désastre pour Washington. Tragédie sans fin pour les Irakiens et les Syriens. Menace à venir pour les Européens.

Life Inside Islamic State

 

Lire le portrait (en édition abonnés) : Abou Bakr Al-Baghdadi, le nouveau Ben Laden

(1) Dernier livre paru : «Je vous écris d’Alep», Denoël, 158 pp., 13,50 €.  

 

As the  Syrian conflict enters its seventh year, more than 400,000 people have been killed in the fighting and over 12 million Syrians - half the country's prewar population - have been displaced from their homes.

Enemy of Enemies: The Rise of ISIL (47:00)

 

Source: Al Jazeera News

Offensives djiadistesLa conquête djihadistes s'accélère dans le nord de l'Irak Par Georges Malbrunot Publié le 10/06/2014, Le Monde.fr avec AFP et Reuters

 

Welcome to the new Islamic State

The declaration comes as no surprise as ISIL's ambition has always been bold, but its significance is yet to unfold. ( 30-Jun-2014 )

The fierce ambition of ISIL's Baghdadi

ISIL: Rising power in Iraq and Syria

The 'Sykes-Picot' borders ISIL wants gone

Map: Rebels' path through Iraq

 

Afghan forces battle major Taliban offensive

About 100 Taliban rebels and dozens of Afghan soldiers and civilians killed in ongoing clashes in southern Afghanistan. ( 25-Jun-2014 )

Taliban frees university staff in Afghanistan

Afghanistan: Quisling with the Taliban?

 

Bodies of missing settlers found in West Bank

Israeli PM blames Hamas for death of three teens who disappeared two weeks ago in the occupied Palestinian territory.

Inside Story

Islamic caliphate: blessing or threat? ( vidéo de 25 min)

Middle East

Sunni rebels declare new 'Islamic caliphate'

Armed group ISIL changes name to Islamic State, and says its empire extends from Diyala in Iraq to Syria's Aleppo.

Israel teens search aims to 'break' Hamas

Daech, naissance d'un Etat terroriste Créé le samedi 27 juin 2015

 

10/06/2014

Comment s'attaquer au FN

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Valérie Igounet, historienne : “Il faut attaquer politiquement le FN en déconstruisant calmement son discours”

Idées | Municipales, européennes... élection après élection, le Front national se rapproche du pouvoir. Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême-droite, décortique pour nous la façon dont la “marque” Le Pen a su soigner son image et prospérer sur la crise des partis de gouvernement et la peur de l'immigration.

Télérama : Le 03/06/2014 à 18h00- Propos recueillis par Michel Abescat

Marine Le Pen, le 1er Mai 2014 à Paris. 

Marine Le Pen, le 1er Mai 2014 à Paris. - LCHAM/SIPA

Avec 25 % des voix aux élections européennes, le Front national est, pour la première fois, arrivé en tête d'un scrutin national, après des élections municipales qui lui ont été très favorables. Ce parti est aujourd'hui un acteur majeur de la vie politique française, susceptible un jour d'arriver au pouvoir. Pourquoi un nombre croissant de Français lui font-ils confiance ? A-t-il changé depuis que Marine Le Pen a succédé à son père ou reste-t-il fondamentalement le même ? Et comment lutter contre lui et ses idées ? L'historienne Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême-droite et du négationnisme, publie ces jours-ci, aux éditions du Seuil, une passionnante histoire du FN depuis sa création en 1972. Nous lui avons posé toutes ces questions.

Comment réagissez-vous aux résultats des élections européennes qui ont vu le FN arriver en tête ?
Pour tous ceux qui travaillent sur l'extrême-droite en France, ce résultat était prévisible, mais, en tant que citoyenne, je suis étonnée qu'autant d'électeurs votent pour ce parti, sans savoir précisément à qui ils donnent leurs voix. Ils votent pour un nom, devenu une marque, Le Pen, ils votent pour quelques thématiques phares, « l'immigration source de tous nos maux », ils choisissent le Front national par lassitude ou par rejet des partis de gouvernement qui ont une très grande responsabilité dans ce qui vient de se passer. Mais la plupart des électeurs du Front national mesurent-ils vraiment ce qu'il représente ?

Beaucoup pensent qu'il a changé, que le parti de Marine n'est plus celui de Jean-Marie. C'est toute la question évidemment. Commençons par les hommes, ce ne sont plus les mêmes...

Jean-Marie Le Pen pendant un meeting du Front National, le 7  

Jean-Marie Le Pen pendant un meeting du Front National, le 7 Novembre 1972 a la Maison de la Mutualite, Paris. - COTTE/SIPA


Il y a eu, depuis 1972, date de création du Front national, un profond renouvellement générationnel. Les plus anciens sont morts. François Brigneau par exemple, un des fondateurs du parti, ancien collaborateur et milicien, qui signait dans National Hebdo des chroniques remarquées pour leur antisémitisme et leur négationnisme, est décédé en 2012. D'autres ont quitté le Front national à la faveur de scissions, comme Bruno Mégret. Carl Lang a créé un nouveau parti en 2009. D'une manière générale, la stratégie de Marine Le Pen de « normaliser » le Front national, d'en faire un parti « respectable », a poussé dehors de nombreux « historiques » du parti qui ne s'y reconnaissaient plus. Et c'est vrai que le Front national a changé pour s'adapter au nouveau contexte politique et social. Mais ses thématiques fondamentales sont restées les mêmes.

Quel changement Marine Le Pen incarne-t-elle ?
Une mue affichée, un discours édulcoré. Je pense par exemple à cette phrase que m'a dite Louis Aliot, vice-président du parti et compagnon de Marine Le Pen, à propos de l'antisémitisme, jusque-là consubstantiel au Front national : « C'est l'antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n'y a que cela. A partir du moment où vous faites sauter le verrou de l'antisémitisme, vous libérez le reste. » Quelques jours après le congrès de Tours, au cours duquel elle fut élue présidente du Front national, en janvier 2011, Marine Le Pen s'est ainsi officiellement affranchie de l'antisémitisme et du négationnisme, dans une interview au magazine Le Point : « Tout le monde sait ce qui s'est passé dans les camps et dans quelles conditions. Ce qui s'y est passé est le summum de la barbarie. » Ce qui ne l'empêchera pas, un an plus tard, à l'invitation de Martin Graf, député du FPÖ, le parti d'extrême-droite autrichien, de participer à un bal viennois où, chaque année, sont ovationnés des négationnistes.

“L'ennemi affiché n'est plus le juif,
mais le Français musulman.”

L'ennemi aujourd'hui, c'est l'islam...
L'islamophobie supplante l'antisémitisme. La haine est recontextualisée. L'ennemi affiché n'est plus le juif, mais le Français musulman. Le message est simple : le danger islamiste s'oppose aux valeurs laïques véhiculées par la démocratie, fondements de la République française. C'est le nouveau combat qui permet de contourner la législation antiraciste : parler de l'islam est une manière de parler de l'immigration sans contrevenir à la loi.

En ce qui concerne le programme politique, vous montrez dans votre livre qu'il n'a guère changé, sauf dans le domaine économique...
Le tournant se situe en 1995. A la présidentielle, Jean-Marie Le Pen arrive pour la première fois en tête chez les ouvriers et les chômeurs. Jusque là, le discours du Front national était très libéral, mais fort de ce constat, le parti va lui en substituer un autre, anticapitaliste et social, qu'il va amplifier au fur et à mesure de l'aggravation de la crise et de la montée du chômage, fustigeant la mondialisation et les inégalités qu'elle engendre. Et ça marche : les élections européennes ont confirmé le succès du Front national dans l'électorat ouvrier. Il ne faut pourtant pas être dupe, il s'agit à l'évidence d'un opportunisme politique. Il suffit d'observer les thèmes des campagnes électorales. A chaque région son discours ! Dans le Nord-Pas-de-Calais, on insiste sur le social et les injustices économiques, on est très critique vis-à-vis du néo-libéralisme, pendant que dans le Sud-Est on se focalise sur l'immigration et l'insécurité. C'est pourquoi on peut avoir des doutes sur leur sincérité. Le Front national surfe sur le contexte de crise et la faiblesse des partis de gouvernement. Marine Le Pen et son équipe savent ce qu'ils font et ne craignent pas la démagogie. Une partie des électeurs pensent que les outrances du père sont derrière nous, que ce parti a changé. Ils y mettent leurs espoirs.

Le logo du M.S.I. (Movimento sociale italiano - Destra nazio  

Le logo du M.S.I. (Movimento sociale italiano - Destra nazionale) et l'ancien logo du Front National.


Marine Le Pen refuse l'étiquette d'extrême-droite pour le Front national. Qu'en pensez-vous ?

D'où vient la flamme du Front national ? Le logo du FN est directement inspiré de celui du MSI, le mouvement fasciste italien. Même s'il a évolué graphiquement au fil des années, ce logo a pour origine celui d'un parti fasciste. Le MSI a d'ailleurs soutenu financièrement les débuts du Front national, en particulier la campagne pour les élections législatives de 1973. Donc, à l'origine, il n'y a pas de doute, le Front national est un parti d'extrême-droite. Et il continue de l'être, quoi qu'en dise Marine Le Pen qui cherche à dédiaboliser son parti et sait bien ce que le terme d'extrême-droite peut avoir d'infamant. Mais il n'empêche que le FN est bien un parti d'extrême-droite qui continue d'en prôner les valeurs nationales identitaires, poursuit son discours xénophobe et sécuritaire, et place toujours au centre de ses propositions la « préférence nationale » rebaptisée « priorité nationale ». Le Front national de 2014 n'est pas un nouveau parti, il est le prolongement de son prédécesseur.

“D'ici 2017,
il ne sera pas si facile
d'éviter les dérapages.”

Marine Le Pen veut dédiaboliser son parti. L'objectif aujourd'hui est clair : il s'agit de prendre le pouvoir...
Jean-Marie Le Pen a entretenu un rapport fluctuant avec le pouvoir. Le voulait-il vraiment ? Le tournant, c'est évidemment ses propos du 13 septembre 1987, quand il a déclaré à l'émission Le Grand Jury, sur RTL, que les chambres à gaz étaient un « point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale ». Il sait très bien qu'avec de tels mots, il devient l'homme politique infréquentable, le « diable de la République » et qu'il ne parviendra jamais au pouvoir. Jean-Marie Le Pen était une sorte de dilettante de la politique. Mais pas ceux qui l'entouraient. Bruno Mégret, par exemple, visait clairement le pouvoir.

Marine Le Pen a la même stratégie, son ambition de faire du Front national un parti de gouvernement et de devenir présidente de la République ne fait aucun doute. C'est tout l'objet des changements qu'elle a opérés : le choix des personnes dont elle s'entoure et qu'elle met en avant, Florian Philippot par exemple, diplômé d'HEC et de l'ENA, l'effort pour présenter un programme crédible, en phase avec les préoccupations des Français ou encore, nous l'avons dit, la mise sous le boisseau de l'antisémitisme. Elle veut donner du FN une image respectable. Toute la difficulté est d'éviter les dérapages. Le FN aujourd'hui n'hésite pas à exclure ses éléments les plus sulfureux, par exemple Alexandre Gabriac, conseiller régional Rhône-Alpes, en 2011, à la suite de la publication dans la presse de photos le montrant effectuant le salut nazi.

Il sera intéressant, à ce propos, de suivre les décisions des nouveaux maires FN. Une des premières mesures de Steeve Briois, à Hénin-Beaumont a été de supprimer la subvention de la Ligue des droits de l'homme. Franck Briffaut, le maire de Villers-Cotterêts, a refusé, le 10 mai, de célébrer l'abolition de l'esclavage. David Rachline, à Fréjus, s'oppose à la construction d'une mosquée. A Béziers, Robert Ménard, soutenu par le FN, recrute des policiers municipaux, interdit d'étendre le linge aux fenêtres et aux balcons dans le centre ville historique où vivent de nombreuses familles gitanes et maghrébines, impose un couvre-feu pour les enfants de moins de treize ans. D'ici les élections présidentielles de 2017, il ne sera pas si facile d'éviter les dérapages et de garder l'image de respectabilité souhaitée. D'autant plus que les nouveaux élus sont pour la plupart très jeunes, inexpérimentés et totalement néophytes en politique.

Qui sont les électeurs du Front national ?
A l'origine, l'électorat du FN était plutôt bourgeois. Depuis 1995, les ouvriers en constituent une composante importante. En 1973, moins de 3 % d'ouvriers ont déposé un bulletin FN dans l'urne. Aujourd'hui, ils sont près d'un tiers à le faire. Aux européennes, ils étaient même 43 %. Le Front national séduit également de plus en plus les jeunes. 30 % des moins de 35 ans qui ont voté aux européennes ont choisi le FN. Le parti soigne d'ailleurs son organisation jeunesse, le Front national de la jeunesse (FNJ), qui a été refondu après l'élection présidentielle de 2012. Son nouveau directeur national, Julien Rochedy, est à l'image de la mue opérée par Marine Le Pen, physique avenant, apparence lisse, propos policés.

Enfin, le vote FN ne suscite plus la même réticence chez les femmes qu'à ses débuts. Depuis 2012, les femmes votent pour le FN autant que les hommes. Le fait qu'une femme soit à la tête du parti a évidemment beaucoup joué. Marine Le Pen a travaillé son image, elle est « moderne », mère de famille au parler franc mais sans outrance, elle a maigri, changé de coiffure et de façon de s'habiller. Elle est allée voter en veste rose. Rien à voir avec son père qui n'attirait guère l'électorat féminin.

“Aujourd'hui, le FN est un parti
d'extrême-droite,
mais il n'est pas fasciste.”

L'électorat du Front national est-il en train de passer du vote protestataire au vote d'adhésion ?
Pas encore, mais la question se pose avec de plus en plus d'acuité. C'est tout l'enjeu des présidentielles de 2017. Il me semble que les motivations des électeurs FN évoluent, que cette adhésion est en train de monter. Elle concerne essentiellement la thématique raciste, anti-immigrés. Les électeurs ont peur. C'est sur cette peur que la « marque » Le Pen n'a cessé de se développer, qu'elle a installé sa crédibilité. C'est facile pour elle aujourd'hui de prospérer sur la peur dans le contexte économique et social que nous connaissons.

Marine Le Pen stigmatise ce qu'elle nomme « l'UMPS ». Le rapprochement des politiques des deux partis de gouvernement, le choix du néolibéralisme par le PS, ne jouent-ils pas également en sa faveur ?
Evidemment, et les deux partis de gouvernement affichent la même impuissance face à la crise. Marine Le Pen les met dans le même sac, ses électeurs aussi. Ils n'ont plus confiance dans la classe politique qui est aujourd'hui dans un rare état de déliquescence. La droite risque l'implosion, la gauche est à terre. Les scandales politico-financiers, les affaires, Cahuzac, aujourd'hui Copé, sont dévastatrices. Un des slogans du FN est ainsi formulé : « Tête haute, mains propres ». Ce n'est pas par hasard. Ils exploitent, comme toujours, la situation, du pain bénit pour eux.

Comment contrer le FN ? Dans votre livre, vous dites qu'en l'assimilant au fascisme, la gauche « se trompe manifestement de terrain et d'époque »...
Oui, c'est trop facile et cela ne sert pas à grand-chose car le qualificatif est outrancier. C'est vrai que le Front national a des origines fascistes, mais le terme renvoie à une définition politique précise, à un moment précis de l'histoire. On n'agira pas efficacement contre le FN en se limitant à des injures. Aujourd'hui, le FN est un parti d'extrême-droite, mais il n'est pas fasciste. Il faut faire l'effort de le connaître, de décortiquer son programme. Et c'est là dessus qu'il faut l'attaquer politiquement, en analysant et en déconstruisant calmement son discours. Aujourd'hui, un grand nombre d'électeurs votent pour lui, en croyant qu'il peut apporter de bonnes solutions à la situation de crise que nous vivons. Il faut discuter, argumenter, leur montrer qu'ils se trompent. Il faut se mettre au travail.

A lire

Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées, de Valérie Igounet. Ed. du Seuil, 496 p., 24 €.

Racisme - Le Monde diplomatique : Nouveaux visages des extrêmes droites « Manière de voir » n° 134 — Avril - mai 2014

Trente ans de manifestations antiracistes, de pétitions indignées, de pamphlets assassins, de mobilisations morales n’auront rien empêché. Les droites extrêmes ont toujours pignon sur rue, notamment en Europe. Trente ans d’échec qui mériteraient, à tout le moins, que l’on s’interrogeât sur le diagnostic et, pourquoi pas, sur les éventuels remèdes.

 

Lire le compte rendu de ce numéro, paru dans Le Monde diplomatique d’avril 2014, par Jean-Yves Camus.

A lire aussi :

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raisons et du danger fasciste

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Un fascisme made in France ?

La pensée complotiste 

22/04/2014

André Gorz

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 Le ralentissement se confirme pour l'économie mondiale
Depuis la semaine dernière, le flux de nouvelles ne fait que confirmer ce que nous pressentions depuis longtemps : l'économie mondiale ne parvient pas à redémarrer. Après la Chine et un PIB au plus bas à 7,6%, le Brésil pourrait connaître une croissance de 2% (contre plus de 4% de prévus encore l'année dernière par la banque centrale), soit la plus faible depuis 2003 !L'agence de notation a abaissé de «stable» à «négative» la perspective sur la dette publique de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg. Mais Berlin estime que les risques mentionnés «ne sont pas nouveau».
» Le «triple A» de l'Allemagne menacé par Moody's
» INFOGRAPHIE - Le monde vu par les agences de notation

economie,poitique,société,géopolitique

 

Samir Bouzid : « Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes »

 

Le Sud de l'Europe coule et les capitaux fuient comme des rats - Alternative libertaire : Un article de la presse bourgeoise sur les fuites de capitaux d'Europe du Sud. Cela tend à montrer que la crise est probablement, encore plus grave que nous ne les pensons...

Sortie de la Grèce de la Zone euro... aggravation de la situation en Italie... crise bancaire façon Dexia... Si un seul de ces phénomènes se produisait, cela suffirait à faire basculer la situation

Aux Etats-Unis, ce sont les ventes de détails qui ont confirmé la situation inquiétante outre-Atlantique. Avec une nouvelle baisse, la consommation est à la peine et menace l'équilibre du système tout entier, traduisant l'inquiétude populaire.

Courtisé par l'UMP et par les écologistes LE MONDE | 12.02.10 | 16h30 suivre le débat en direct sur le Monde et sur Lekairos.fr ( doc PDF)   le livre noir du libéralisme), et le philosophe Edgar Morin. M. Stiglitz "n'avait que cette date disponible avant octobre", insiste Mme Joly, qui assure ne pas avoir organisé ce débat pour "gagner des voix".

 

Société de consommation ( source Ekopia)

Le bouleversement apporté par le XXe siècle, amorcé dès la fin du XIXe avec la révolution industrielle, a été d'inverser les proportions en donnant de plus en plus d'importance au superflu et de moins en moins d'importance à la transcendance.

  

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

Pour Marx, le capitalisme conduit à des contradictions ("exploitation de l'homme par l'homme"):

  • concentration des richesses sur une classe de la société et misère pour l'autre ;
  • accroissement continu de la rentabilité par le progrès technique ,
  • surpopulation de travailleurs, engendrant le chômage ;
  • augmentation de la production sans augmentation de la consommation provoquant des crises cycliques de surproduction.

Les 10 multinationales les plus importantes dans le monde

  1. Wal-Mart Stores
  2. Exxon Mobil
  3. Royal Dutch Shell
  4. BP
  5. General Motors
  6. Toyota Motor
  7. Chevron

ex 8. DaimlerChrysler         

  1. ConocoPhillips
  2. Total
  3. General Electric

 

Fortune Global 500 est le classement des 500 entreprises mondiales qui réalisent le plus important chiffre d'affaires. Le Fortune Global 500 est publié chaque année par le magazine Fortune.

 

Les multinationales pétrochimiques viennent de passer dans le top des trois premiers en dépassant la multinationales Wall-mart , 

Crise du capitalisme : Karl Marx avait raison! : Et si Karl Marx avait raison ? : citoyen actifLes contradictions de la mondialisation: et si Marx avait raison (1) 

 

La Baisse tendancielle du taux de profit des sociétés anonymes non financières et la crise (1980-2010).

« Dans un papier récent, nous avons examiné la valorisation du capital en prenant pour base la double accumulation du capital. Cette valorisation prenait pour base la valeur additionnelle créée dans la sphère productive d’une année sur l’autre et la différence de valeur des actifs accumulés dans la sphère financière. Nous sommes arrivés à la conclusion que les deux valorisations tendaient à disposer d’une rentabilité de plus en plus faible et qu’à terme,  la capacité d’accumulation  dans la sphère productive tendait à être lentement réduite par l’accumulation financière. Nous avons souligné que la vampirisation de l’accumulation productive par la formation du patrimoine financier – toujours croissant - des entreprises tendait asymptotiquement vers la disparition de l’investissement productif au profit du seul capital financier. Nous n’insisterons pas à nouveau sur l’absurdité d’un tel processus que la crise vient nécessairement  interrompre. En somme, la suraccumulation financière conduit à la sous-accumulation productive  avec une perte de rentabilité générale  des deux accumulations du capital car c’est le capital productif qui crée la valeur dont est soustrait le paiement des intérêts et dividendes pris sur la valeur ajouté »e.

Les vagues de privatisations d’entreprises suite en exemple avec les Small Caps....  Les IPO, OPA, OPRA se poursuivent

« Je ne vais pas revenir sur la folle séance de vendredi qui a permis aux marchés actions de s'envoler, ni sur les causes de cette envolée car vous avez pu lire et relire le résumé du sommet de Bruxelles.  la période actuelle semble propice aux OPA. (..). , la mode est également aux OPRA – c ou encore ITESOFT ont préféré rendre de l'argent à leurs actionnaires.extrait de Small caps : un semestre en demi-teinte - La Bourse au QuotidienSmall caps : un semestre en demi-teinte | La Chronique Agora entre le 2 et 5 juil. 2012 Première parution dans Small Caps Confidentiel le 02/07/2012.

 

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

Les agents économiques ne produisent plus, eux mêmes, ce dont ils ont besoin ; ils acquierent des biens et des services sur des services et des marchés.Aujourd'hui, il y a une économie d'échanges fondée sur la division du travail, au plan mondial. Cela a provoqué une forte spécialisation des économies nationales en fonction de leurs avantages respectifs ( cf voir les Théorie explicative du commerce mondial : la théorie de l'avantage absolu d'Adams Smith, l'avantage relative de David RicardoUne société fonctionnement sur l'endettement, le crédit, la consommation et la course aux profits : 

  1. L’endettement de l’Etat : Partis du modèle du capitalisme pur des livres I et II, nous sommes montés dans l’échelle des fictions pour arriver enfin à la dernière d’entre elles, celle qui garantit toutes les autres : l’endettement de l’Etat. L’endettement de l’Etat est « purement fictif » (Capital, vol. III, p. 465). C’est son existence qui donne au capital la dimension d’un rapport social et politique. Comme il n’existe pas de capitalisme sans crédit, pas de crédit sans banque centrale, pas de banque centrale sans Etat et sans endettement de l’Etat, celui-ci est le l’axe autour duquel s’organise tout le système. cf voir l’article cfLien entre capitalisme et l’endettement- Antalya la finance folle Cash investigation Le système est vulnérable,! Scandale financier à la CGC, le syndicat des cadres ,

En cas de déflation, les prix s'effondrent de manière généralisée dans tous les secteurs, mais, du moins jusqu'à présent, on n'a toujours pas constaté un tel phénomène ;.

Cependant, à long terme, on ne peut pas exclure ce risque. Depuis des décennies, la croissance économique s'appuie principalement sur un financement par le crédit ("leveraging" ou effet de levier). Mais si les ménages surendettés ne peuvent plus payer les intérêts, ils seront contraints de rembourser leurs dettes (de-leveraging). L'effet de levier se retourne, et cela peut mettre en route une spirale infernale à la baisse.

Le ralentissement se confirme pour l'économie mondiale
Depuis la semaine dernière, le flux de nouvelles ne fait que confirmer ce que nous pressentions depuis longtemps : l'économie mondiale ne parvient pas à redémarrer. 

A lire ACDEFI - Aux Commandes De l'Economie et de la Finance

L'ensemble de la dette des 18 pays représentés sur le graphe ci-dessus a augmenté de 33 000 milliards de dollars (pour un PIB mondial estimé à 70 000 milliards de dollars) soit, en moyenne, environ 20% de leur PIB – ce que la BRI a qualifié d'" insoutenable".Après une crise financière, le surendettement est l'un des principaux obstacles à la croissance et l'émission permanente de nouvelle dette aggrave la situation.

Dans son rapport annuel (83e rapport annuel, page 45), la BRI fait état de plusieurs études scientifiques qui analysent l'impact du déficit budgétaire (Deficit Spending) sur la croissance économique. Elles arrivent toutes à la même conclusion, à savoir qu'à partir d'un certain seuil de dettes publiques, tout nouvel endettement devient contre-productif, car le montant des intérêts payés empêche tout nouvel investissement.

Les exorbitants déficits budgétaires dans presque tous les pays industrialisés ne peuvent être financés que par l'impression monétaire et des achats d'obligations par les banques centrales (QE). Mais une telle politique comporte aussi un risque élevé pour tout le système financier (formation de bulles en cours) ainsi que des dangers latents d'inflation. Les investisseurs sur les marchés obligataires doivent maintenant en tirer toutes les conséquences.  Les prêts ne se dirigent plus vers les investissements productifs et d'avenir mais vers des investissements plus risqués, ce qui peut alimenter de nouvelles crises. Nous sommes parti dans une déflation qui risque de durer longtemps . cf voir le cas du japon

C’est ce cercle vicieux qui est enclenché : La zone euro est-elle proche de la déflation ?PDF]La zone euro est-elle proche de la déflation - CIC ( Google Entretien avec Serge Halimi autour de son livre "Le Grand Bond en arrière"  Serge Halimi - Le Grand Bond en Arrière [HD]Blog / "Le Grand Bond en arrière"Le prix du reniement" : "Flamme bourgeoise, cendre prolétarienne" : La crise dans les années 30...,  de celle ayant touché l'Argentine CADTM - Eric Toussaint : « Europe soumise à une thérapie de choc comme l'Amérique latine dans les an  et de "la crise" japonaise et 30 ans de déflation qui n'est pas fini Japon: consommation en baisse et déflation persistante, freins à la reprise

Espagne : après la peur, la colère  : ( ....)

Concernant ton devoir que tu m'as présenté ce soir sur le socle commun, l'uniformisation de l'éducation et l'égalité des connaissances dans la vie La dette étudiante, une bombe à retardement, par Christopher ... : le monde diplomatique  L’accroissement spectaculaire de leur dette relève d’une combinaison de plusieurs facteurs

 

Les USA et le Japon sont moins dépendants que l'Union Européenne. Plus un pays dépend de ses exportations, plus ils est fragile.cf La France : Les inactifs et le ratio de dépendance : "L’augmentation du nombre des inactifs accroît chaque jour le fardeau pesant sur les travailleurs français. Conséquences : la croissance est molle, le pouvoir d’achat stagne, les retraites sont incertaines… Pourtant, la solution est limpide et irréfutable : il suffit de s'assurer que suffisamment de personnes travaillent, et travaillent suffisamment longtemps" de Pierre Chaigneau : " Economiste français, Pierre Chaigneau est diplômé de HEC Paris, de l'EHESS, et a obtenu son doctorat à la London School of Economics. Il est actuellement Président d'Eclairages Economiques, et Professeur Adjoint à HEC Montréal." Une vision très libéral de l'économie.émissions liées : Ça vous dérange : Faut-il plafonner les salaires? par Thomas Chauvineau | le 11/07/2011publications : Le pouvoir des petits actionnaires : Les dysfonctionnements financiers ( extrait doc PDF- de Pierre Chaigneau label : Editions broché parution : 2003

Après l'optimisme du début d'année, l'opinion des marchés financiers sur les perspectives de l'économie mondiale est devenue plus méfiante -- cela malgré les prévisions extrêmement bonnes de nombreux experts. Aux Etats-Unis, la croissance de l'emploi est largement surestimée. En Chine, les problèmes de surendettement . Dans la Zone euro, le danger de la déflation menace toujours. Au Japon, l'indice Nikkei a déjà perdu 14% depuis le début de l'année. Et dans les pays émergents qui, ces dernières années, ont été parmi les moteurs de l'économie mondiale, la crise actuelle de la monnaie est accentuée par les problèmes intérieurs.

Voyons cela plus en profondeur...

Argentine
La présidente Cristina Fernández de Kirchner et ses ministres blâment les "vautours étrangers" qui seraient à l'origine de troubles économiques comme ces coupures d'électricité à Buenos Aires et de la disparition des marchandises sur les étagères des supermarchés (source : ).
Au Rio de la Plata, le dollar US est passé, en six mois, de cinq pesos à huit actuellement, et sur le marché noir on a même atteint 13 pesos pour un dollar.

Brésil
Depuis le début de l'année, les investisseurs étrangers ont retiré d'énormes capitaux de la bourse de São Paulo. Les manifestations contre la Coupe du monde de football et les gigantesques dépenses qu'elle entraîne ne se calment pas. Les taux d'intérêt ont été augmentés à sept reprises pour atteindre actuellement 10,5%.

Afrique du Sud
Elle connaît les mêmes problèmes. Le rand est déjà sous pression depuis un an, mais plus particulièrement depuis début 2014. Les grèves paralysent l'économie, comme actuellement celle dans les mines de platine où les ouvriers demandent le triplement de leur salaire. Les pannes de courant continuelles freinent la croissance.

Turquie
La banque centrale a relevé ses taux d'intérêt de 4,5% à 10% et tente d'arrêter la dévaluation de la livre turque. De grandes manifestations se répètent à un rythme pratiquement journalier. Le drame syrien pèse lourdement sur l'économie du pays.

Inde
Le pays prévoit des élections en mai qui amèneront probablement un changement de gouvernement. Il faut 62 roupies pour acheter un dollar -- contre 54 il y a un an. Les prix à la consommation ont augmenté de 10% par rapport à l'année précédente.Pour réduire le déficit du compte courant, le gouvernement avait décidé une augmentation importante des taxes à l'importation sur l'or, mais cette mesure n'a réussi qu'à générer une augmentation spectaculaire de la contrebande.

Thaïlande
Le dollar US est devenu plus cher, passant de 29 à 33 bahts. La crise politique dure depuis trois mois avec des manifestations continuelles des opposants au gouvernement. Depuis le début des manifestations fin octobre 2013, les investisseurs étrangers ont retiré plus de trois milliards de dollars (source : Farang), ce qui a mis à mal les marchés financiers de Bangkok.

La conséquence de ces importantes manifestations sera un ralentissement de la croissance de l'économie thaïlandaise. Le ministère des Finances prévoit une augmentation de seulement 3,1% en 2014, contre 5,4% pour l'Indonésie, 5% pour la Malaisie et 6,4% pour les Philippines.

 

 

Partie 1 :

 

 

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.cf Andre Gorz, restructuration du capitalisme 

 

 

 

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché. Jeux vidéo : les nouveaux...

 

 

Il y a de grandes chances que non... Parce qu'à cette époque, vous aviez un "modem 56k". Derrière ce terme se cachait en fait la capacité de bande passante offerte par votre FAI, votre fournisseur d'accès à internet. A savoir 56Kbits/s.

 

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles

elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle. Ces qualités immatérielles – le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou « exclusivité » – devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou « juste prix ». Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend

de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel.

 

 Les qualités immaté - rielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité. Cette rente masque, compense et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence. Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté, source de rente, et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents. La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les baskets, T-shirts, portables, disques, jeans, etc.

 

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse 1.

 

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la « personnalisation » des produits.

 

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes. Elle oblige les

firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux, à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une « culture de la consommation » qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la « socialisation antisociale ».

 

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale ». De toute évidence, la rupture avec la

 

1 La valeur travail est une idée d’Adam Smith qui voyait dans le travail la substance commune de toutes les marchandises et pensait que celles-ci s’échangeaient en proportion de la quantité de travail qu’elles contenaient. La valeur travail n’a rien à voir avec ce qu’on entend par là aujourd’hui et qui (chez Dominique Méda entre autres) devrait être désigné comme travail valeur (valeur morale, sociale, idéologique etc.).

 

Partie 2 :

Marx a affiné et retravaillé la théorie d’Adam Smith. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer la notion économique de valeur en disant : une entreprise crée de la valeur dans la mesure où elle produit une marchandise vendable avec du travail pour la rémunération duquel elle met en circulation (crée, distribue,) du pouvoir d’achat. Si son activité n’augmente pas la quantité d’argent en circulation elle ne crée pas de valeur. Si son activité détruit de l’emploi elle détruit de la valeur. La rente de monopole consomme de la valeur créée par ailleurs et se l’approprie. Les services à la personne ne créent pas de valeur mais en redistribuent. tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rabattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation semble hors de portée et ridiculement archaïque – à tort.

 

Et pourtant, la « dictature sur les besoins » perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité. La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

 

Il n’est pas difficile de privatiser et de monopoliser des contenus immatériels aussi longtemps que connaissances, idées, concepts mis en oeuvre dans la production et dans la conception des marchandises étaient définis en fonction de machines et d’articles dans lesquels ils étaient incorporés en vue d’un usage précis. Machines et articles pouvaient être brevetés et la position de monopole protégée. La propriété privée de connaissances et de concepts était rendue possible par le fait qu’ils étaient inséparables des objets qui les matérialisaient. Ils étaient une composante du capital fixe.

 

Mais tout change quand les contenus immatériels ne sont plus inséparables des produits qui les contiennent ni même des personnes qui les détiennent ; quand ils accèdent a une existence indépendante de toute utilisation particulière et qu’ils sont susceptibles, traduits en logiciels, d’être reproduits en quantités illimitées pour un coût infime. Ils peuvent alors devenir un bien abondant qui, par sa disponibilité illimitée, perd toute valeur d’échange et tombe dans le domaine public comme bien commun gratuit – à moins qu’on ne réussisse à l’en empêcher en en interdisant l’accès et l’usage illimités auxquels il se prête.

 

Le problème auquel se heurte « l’économie de la connaissance » provient du fait que la dimension immatérielle dont dépend le rentabilité des marchandises n’est pas, à l’âge de l’informatique, de la même nature que ces dernières : elle n’est la propriété privée ni des entreprises ni des collaborateurs de celles-ci ; elle n’est pas, de par sa nature privatisable, et ne peut, par conséquent, devenir une vraie marchandise. Elle peut seulement être déguisée en propriété privée et marchandise en réservant son usage exclusif par des artifices juridiques ou techniques (codes d’accès secrets). Ce déguisement ne change cependant rien à la réalité de bien commun du bien ainsi déguisé : il reste une non-marchandise non vendable dont l’accès et l’usage libres sont interdits parce qu’ils demeurent toujours possibles, parce que le guettent les « copies illicites », les « imitations », les usages interdits. Le soi-disant propriétaire lui-même ne peut les vendre c’est-à-dire en transférer la propriété privée à un autre, comme il le ferait pour une vraie marchandise ; il ne peut vendre qu’un droit d’accès ou d’usage « sous licence ».

 

 La décroissance : consommer moins, consommer mieux, consommer intelligent
La simplicité volontaire est le premier pas vers la décroissance : vous ne consommez que ce dont vous avez besoin. Ça a du bon : quand on consomme moins, on fait des économies et on peut dès lors envisager d'investir son argent de façon utile.

L’économie de la connaissance se donne ainsi pour base une richesse ayant vocation d’être un bien commun, et les brevets et copyrights censés le privatiser n’y changent rien ; l’aire de la gratuité s’étend irrésistiblement. L’informatique et internet minent le règne de la marchandise à sa base. Tout ce qui est traduisible en langage numérique et reproductible, communicable sans frais, tend irrésistiblement à devenir un bien commun, voire un bien commun universel quand il est accessible à tous et utilisable par tous. N’importe qui peut reproduire avec son ordinateur des contenus immatériels comme le design, les plans de construction ou de montage, les formules et équations chimiques ; inventer ses propres styles et formes ; imprimer des textes, graver des disques, reproduire des tableaux. Plus de deux cents millions de références sont actuellement accessibles sous licence « créative commons ». Au Brésil, où l’industrie du disque commercialise quinze nouveaux CD par an, les jeunes des favelas en gravent quatre-vingt par semaine et les diffusent dans la rue. Les trois quarts des ordinateurs produits en 2004 étaient autoproduits dans les favelas avec les composants de matériels mis au rebut. Le gouvernement soutient les coopératives et groupements informels d’autoproduction pour l’autoapprovisionnement.

 

Claudio Prado, qui dirige le département de la culture numérique au ministère de la Culture du Brésil, disait récemment : « L’emploi est une espèce en voie d’extinction… Nous comptons sauter cette phase merdique du XXe siècle pour passer directement du XIXe au XXIe. » L’autoproduction des ordinateurs par exemple a été officiellement soutenue : il s’agit de favoriser « l’appropriation des technologies par les usagers dans un but de transformation sociale ». La prochaine étape sera logiquement l’autoproduction de moyens de production.

 

J’y reviendrai encore.

Ce qui importe pour le moment, c’est que la principale force productive et la principale source de rentes tombent progressivement dans le domaine public et tendent vers la gratuité ; que la propriété privée des moyens de production et donc le monopole de l’offre deviennent progressivement impossibles ; que par conséquent l’emprise du capital sur la consommation se relâche et que celle-ci peut tendre à s’émanciper de l’offre marchande. Il s’agit là d’une rupture qui mine le capitalisme à sa base. La lutte engagée entre les « logiciels

propriétaires » et les « logiciels libres » (libre, « free » est aussi l’équivalent anglais de « gratuit ») a été le coup d’envoi du conflit central de l’époque. Il s’étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières – la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l’existence d’une société. De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme.

 

 

 

 

Cette sortie implique nécessairement que nous nous émancipions de l’emprise qu’exerce le capital sur la consommation et de son monopole des moyens de production. Elle signifie l’unité rétablie du sujet de la production et du sujet de la consommation et donc l’autonomie retrouvée dans la définition de nos besoins et de leur mode de satisfaction.

 

L’obstacle insurmontable que le capitalisme avait dressé sur cette voie était la nature même des moyens de production qu’il avait mis en place : ils constituait une mégamachine dont tous étaient les serviteurs et qui nous dictait les fins à poursuivre et la vie a mener. Cette période tire à sa fin. Les moyens d’autoproduction high-tech rendent la mégamachine industrielle virtuellement obsolète. Claudio Prado invoque « l’appropriation des technologies » parce que la clé commune de toutes, l’informatique, est appropriable par tous. Parce que, comme le demandait Ivan Illich, « chacun peut l’utiliser sans difficulté aussi souvent ou aussi rarement qu’il le désire […] sans que l’usage qu’il en fait empiète sur le liberté d’autrui d’en faire autant » ; et parce que cet usage (il s’agit de la définition illichienne des outils conviviaux) « stimule l’accomplissement personnel » et élargit l’autonomie de tous. La définition que Pekka Himanen donne de l’Éthique hacker 1 est très voisine : un mode de vie qui met au premier rang « les joies de l’amitié, de l’amour, de la libre coopération et de la créativité personnelle ».

 

Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine, etc. Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. Le travail sera producteur de culture, l’autoproduction un mode d’épanouissement.Deux circonstances plaident en faveur de ce type de développement. La première est qu’il existe beaucoup plus de compétences, de talents et de créativité que l’économie capitaliste n’en peut utiliser. Cet excédent de ressources humaines ne peut devenir productif que dans une économie où la création de richesses n’est pas soumise aux critères de rentabilité. La seconde est que « l’emploi est une espèce en voie d’extinction ».

 

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud- Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine.

André Gorz

 

NDLR : Ce texte qu’André Gorz a terminé d’écrire le 17/09/2007 est une version revue et approfondie de celui écritpour le manifeste d’Utopia. Rebaptisé pour notre dossier Le travail dans la sortie du capitalisme il a depuis été publié dans son livre posthume Écologica sous le titre La sortie du capitalisme a déjà commencé.

1 Pekka Himanen, L’Éthique hacker et l’esprit de l’ère de l’information, tr. fr. C. Leblanc, Paris, Exils, 2001.

 

Ou encore très intéressant :

 

 

« La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une « croissance économique » qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie

réelle d’une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze

ans).

 la sphère  d'influence d'un pays  ( cf voir sur google) : Le pays lui même et les pays " amis" qui le suivent dans son sillage. Cf voir/ lire : contre chavez :article du journal libertario par Flores Magon, mardi 21 août 2012, mis sur mon blog intitulé " Chavisme et anarchisme aujourd’hui ". , Un oeil sur la planète - Venezuela : Chavez viva la ... - YouTube

 L’énième sommet européen vient de se terminer révélant d’avantage : L'industrie de la finance n'est plus une perversion du système, elle est le système, Comprendre le capitalisme japonais -La situation est désespérée ! - Saltabank, Est ce la crise de la finance, de la dette ou du capitalisme? - Altermonde, L’interview de Mario Draghi - Alterfinance, L’interview de Mario Draghi - l'indigné, Crise du capitalisme : Karl Marx avait raison! : Et si Karl Marx avait raison ? : citoyen actif, 17 régions autonomes d' Espagne en dangers : citizen khane

 
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