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22/04/2014

André Gorz

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 Le ralentissement se confirme pour l'économie mondiale
Depuis la semaine dernière, le flux de nouvelles ne fait que confirmer ce que nous pressentions depuis longtemps : l'économie mondiale ne parvient pas à redémarrer. Après la Chine et un PIB au plus bas à 7,6%, le Brésil pourrait connaître une croissance de 2% (contre plus de 4% de prévus encore l'année dernière par la banque centrale), soit la plus faible depuis 2003 !L'agence de notation a abaissé de «stable» à «négative» la perspective sur la dette publique de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg. Mais Berlin estime que les risques mentionnés «ne sont pas nouveau».
» Le «triple A» de l'Allemagne menacé par Moody's
» INFOGRAPHIE - Le monde vu par les agences de notation

economie,poitique,société,géopolitique

 

Samir Bouzid : « Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes »

 

Le Sud de l'Europe coule et les capitaux fuient comme des rats - Alternative libertaire : Un article de la presse bourgeoise sur les fuites de capitaux d'Europe du Sud. Cela tend à montrer que la crise est probablement, encore plus grave que nous ne les pensons...

Sortie de la Grèce de la Zone euro... aggravation de la situation en Italie... crise bancaire façon Dexia... Si un seul de ces phénomènes se produisait, cela suffirait à faire basculer la situation

Aux Etats-Unis, ce sont les ventes de détails qui ont confirmé la situation inquiétante outre-Atlantique. Avec une nouvelle baisse, la consommation est à la peine et menace l'équilibre du système tout entier, traduisant l'inquiétude populaire.

Courtisé par l'UMP et par les écologistes LE MONDE | 12.02.10 | 16h30 suivre le débat en direct sur le Monde et sur Lekairos.fr ( doc PDF)   le livre noir du libéralisme), et le philosophe Edgar Morin. M. Stiglitz "n'avait que cette date disponible avant octobre", insiste Mme Joly, qui assure ne pas avoir organisé ce débat pour "gagner des voix".

 

Société de consommation ( source Ekopia)

Le bouleversement apporté par le XXe siècle, amorcé dès la fin du XIXe avec la révolution industrielle, a été d'inverser les proportions en donnant de plus en plus d'importance au superflu et de moins en moins d'importance à la transcendance.

  

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

Pour Marx, le capitalisme conduit à des contradictions ("exploitation de l'homme par l'homme"):

  • concentration des richesses sur une classe de la société et misère pour l'autre ;
  • accroissement continu de la rentabilité par le progrès technique ,
  • surpopulation de travailleurs, engendrant le chômage ;
  • augmentation de la production sans augmentation de la consommation provoquant des crises cycliques de surproduction.

Les 10 multinationales les plus importantes dans le monde

  1. Wal-Mart Stores
  2. Exxon Mobil
  3. Royal Dutch Shell
  4. BP
  5. General Motors
  6. Toyota Motor
  7. Chevron

ex 8. DaimlerChrysler         

  1. ConocoPhillips
  2. Total
  3. General Electric

 

Fortune Global 500 est le classement des 500 entreprises mondiales qui réalisent le plus important chiffre d'affaires. Le Fortune Global 500 est publié chaque année par le magazine Fortune.

 

Les multinationales pétrochimiques viennent de passer dans le top des trois premiers en dépassant la multinationales Wall-mart , 

Crise du capitalisme : Karl Marx avait raison! : Et si Karl Marx avait raison ? : citoyen actifLes contradictions de la mondialisation: et si Marx avait raison (1) 

 

La Baisse tendancielle du taux de profit des sociétés anonymes non financières et la crise (1980-2010).

« Dans un papier récent, nous avons examiné la valorisation du capital en prenant pour base la double accumulation du capital. Cette valorisation prenait pour base la valeur additionnelle créée dans la sphère productive d’une année sur l’autre et la différence de valeur des actifs accumulés dans la sphère financière. Nous sommes arrivés à la conclusion que les deux valorisations tendaient à disposer d’une rentabilité de plus en plus faible et qu’à terme,  la capacité d’accumulation  dans la sphère productive tendait à être lentement réduite par l’accumulation financière. Nous avons souligné que la vampirisation de l’accumulation productive par la formation du patrimoine financier – toujours croissant - des entreprises tendait asymptotiquement vers la disparition de l’investissement productif au profit du seul capital financier. Nous n’insisterons pas à nouveau sur l’absurdité d’un tel processus que la crise vient nécessairement  interrompre. En somme, la suraccumulation financière conduit à la sous-accumulation productive  avec une perte de rentabilité générale  des deux accumulations du capital car c’est le capital productif qui crée la valeur dont est soustrait le paiement des intérêts et dividendes pris sur la valeur ajouté »e.

Les vagues de privatisations d’entreprises suite en exemple avec les Small Caps....  Les IPO, OPA, OPRA se poursuivent

« Je ne vais pas revenir sur la folle séance de vendredi qui a permis aux marchés actions de s'envoler, ni sur les causes de cette envolée car vous avez pu lire et relire le résumé du sommet de Bruxelles.  la période actuelle semble propice aux OPA. (..). , la mode est également aux OPRA – c ou encore ITESOFT ont préféré rendre de l'argent à leurs actionnaires.extrait de Small caps : un semestre en demi-teinte - La Bourse au QuotidienSmall caps : un semestre en demi-teinte | La Chronique Agora entre le 2 et 5 juil. 2012 Première parution dans Small Caps Confidentiel le 02/07/2012.

 

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

Les agents économiques ne produisent plus, eux mêmes, ce dont ils ont besoin ; ils acquierent des biens et des services sur des services et des marchés.Aujourd'hui, il y a une économie d'échanges fondée sur la division du travail, au plan mondial. Cela a provoqué une forte spécialisation des économies nationales en fonction de leurs avantages respectifs ( cf voir les Théorie explicative du commerce mondial : la théorie de l'avantage absolu d'Adams Smith, l'avantage relative de David RicardoUne société fonctionnement sur l'endettement, le crédit, la consommation et la course aux profits : 

  1. L’endettement de l’Etat : Partis du modèle du capitalisme pur des livres I et II, nous sommes montés dans l’échelle des fictions pour arriver enfin à la dernière d’entre elles, celle qui garantit toutes les autres : l’endettement de l’Etat. L’endettement de l’Etat est « purement fictif » (Capital, vol. III, p. 465). C’est son existence qui donne au capital la dimension d’un rapport social et politique. Comme il n’existe pas de capitalisme sans crédit, pas de crédit sans banque centrale, pas de banque centrale sans Etat et sans endettement de l’Etat, celui-ci est le l’axe autour duquel s’organise tout le système. cf voir l’article cfLien entre capitalisme et l’endettement- Antalya la finance folle Cash investigation Le système est vulnérable,! Scandale financier à la CGC, le syndicat des cadres ,

En cas de déflation, les prix s'effondrent de manière généralisée dans tous les secteurs, mais, du moins jusqu'à présent, on n'a toujours pas constaté un tel phénomène ;.

Cependant, à long terme, on ne peut pas exclure ce risque. Depuis des décennies, la croissance économique s'appuie principalement sur un financement par le crédit ("leveraging" ou effet de levier). Mais si les ménages surendettés ne peuvent plus payer les intérêts, ils seront contraints de rembourser leurs dettes (de-leveraging). L'effet de levier se retourne, et cela peut mettre en route une spirale infernale à la baisse.

Le ralentissement se confirme pour l'économie mondiale
Depuis la semaine dernière, le flux de nouvelles ne fait que confirmer ce que nous pressentions depuis longtemps : l'économie mondiale ne parvient pas à redémarrer. 

A lire ACDEFI - Aux Commandes De l'Economie et de la Finance

L'ensemble de la dette des 18 pays représentés sur le graphe ci-dessus a augmenté de 33 000 milliards de dollars (pour un PIB mondial estimé à 70 000 milliards de dollars) soit, en moyenne, environ 20% de leur PIB – ce que la BRI a qualifié d'" insoutenable".Après une crise financière, le surendettement est l'un des principaux obstacles à la croissance et l'émission permanente de nouvelle dette aggrave la situation.

Dans son rapport annuel (83e rapport annuel, page 45), la BRI fait état de plusieurs études scientifiques qui analysent l'impact du déficit budgétaire (Deficit Spending) sur la croissance économique. Elles arrivent toutes à la même conclusion, à savoir qu'à partir d'un certain seuil de dettes publiques, tout nouvel endettement devient contre-productif, car le montant des intérêts payés empêche tout nouvel investissement.

Les exorbitants déficits budgétaires dans presque tous les pays industrialisés ne peuvent être financés que par l'impression monétaire et des achats d'obligations par les banques centrales (QE). Mais une telle politique comporte aussi un risque élevé pour tout le système financier (formation de bulles en cours) ainsi que des dangers latents d'inflation. Les investisseurs sur les marchés obligataires doivent maintenant en tirer toutes les conséquences.  Les prêts ne se dirigent plus vers les investissements productifs et d'avenir mais vers des investissements plus risqués, ce qui peut alimenter de nouvelles crises. Nous sommes parti dans une déflation qui risque de durer longtemps . cf voir le cas du japon

C’est ce cercle vicieux qui est enclenché : La zone euro est-elle proche de la déflation ?PDF]La zone euro est-elle proche de la déflation - CIC ( Google Entretien avec Serge Halimi autour de son livre "Le Grand Bond en arrière"  Serge Halimi - Le Grand Bond en Arrière [HD]Blog / "Le Grand Bond en arrière"Le prix du reniement" : "Flamme bourgeoise, cendre prolétarienne" : La crise dans les années 30...,  de celle ayant touché l'Argentine CADTM - Eric Toussaint : « Europe soumise à une thérapie de choc comme l'Amérique latine dans les an  et de "la crise" japonaise et 30 ans de déflation qui n'est pas fini Japon: consommation en baisse et déflation persistante, freins à la reprise

Espagne : après la peur, la colère  : ( ....)

Concernant ton devoir que tu m'as présenté ce soir sur le socle commun, l'uniformisation de l'éducation et l'égalité des connaissances dans la vie La dette étudiante, une bombe à retardement, par Christopher ... : le monde diplomatique  L’accroissement spectaculaire de leur dette relève d’une combinaison de plusieurs facteurs

 

Les USA et le Japon sont moins dépendants que l'Union Européenne. Plus un pays dépend de ses exportations, plus ils est fragile.cf La France : Les inactifs et le ratio de dépendance : "L’augmentation du nombre des inactifs accroît chaque jour le fardeau pesant sur les travailleurs français. Conséquences : la croissance est molle, le pouvoir d’achat stagne, les retraites sont incertaines… Pourtant, la solution est limpide et irréfutable : il suffit de s'assurer que suffisamment de personnes travaillent, et travaillent suffisamment longtemps" de Pierre Chaigneau : " Economiste français, Pierre Chaigneau est diplômé de HEC Paris, de l'EHESS, et a obtenu son doctorat à la London School of Economics. Il est actuellement Président d'Eclairages Economiques, et Professeur Adjoint à HEC Montréal." Une vision très libéral de l'économie.émissions liées : Ça vous dérange : Faut-il plafonner les salaires? par Thomas Chauvineau | le 11/07/2011publications : Le pouvoir des petits actionnaires : Les dysfonctionnements financiers ( extrait doc PDF- de Pierre Chaigneau label : Editions broché parution : 2003

Après l'optimisme du début d'année, l'opinion des marchés financiers sur les perspectives de l'économie mondiale est devenue plus méfiante -- cela malgré les prévisions extrêmement bonnes de nombreux experts. Aux Etats-Unis, la croissance de l'emploi est largement surestimée. En Chine, les problèmes de surendettement . Dans la Zone euro, le danger de la déflation menace toujours. Au Japon, l'indice Nikkei a déjà perdu 14% depuis le début de l'année. Et dans les pays émergents qui, ces dernières années, ont été parmi les moteurs de l'économie mondiale, la crise actuelle de la monnaie est accentuée par les problèmes intérieurs.

Voyons cela plus en profondeur...

Argentine
La présidente Cristina Fernández de Kirchner et ses ministres blâment les "vautours étrangers" qui seraient à l'origine de troubles économiques comme ces coupures d'électricité à Buenos Aires et de la disparition des marchandises sur les étagères des supermarchés (source : ).
Au Rio de la Plata, le dollar US est passé, en six mois, de cinq pesos à huit actuellement, et sur le marché noir on a même atteint 13 pesos pour un dollar.

Brésil
Depuis le début de l'année, les investisseurs étrangers ont retiré d'énormes capitaux de la bourse de São Paulo. Les manifestations contre la Coupe du monde de football et les gigantesques dépenses qu'elle entraîne ne se calment pas. Les taux d'intérêt ont été augmentés à sept reprises pour atteindre actuellement 10,5%.

Afrique du Sud
Elle connaît les mêmes problèmes. Le rand est déjà sous pression depuis un an, mais plus particulièrement depuis début 2014. Les grèves paralysent l'économie, comme actuellement celle dans les mines de platine où les ouvriers demandent le triplement de leur salaire. Les pannes de courant continuelles freinent la croissance.

Turquie
La banque centrale a relevé ses taux d'intérêt de 4,5% à 10% et tente d'arrêter la dévaluation de la livre turque. De grandes manifestations se répètent à un rythme pratiquement journalier. Le drame syrien pèse lourdement sur l'économie du pays.

Inde
Le pays prévoit des élections en mai qui amèneront probablement un changement de gouvernement. Il faut 62 roupies pour acheter un dollar -- contre 54 il y a un an. Les prix à la consommation ont augmenté de 10% par rapport à l'année précédente.Pour réduire le déficit du compte courant, le gouvernement avait décidé une augmentation importante des taxes à l'importation sur l'or, mais cette mesure n'a réussi qu'à générer une augmentation spectaculaire de la contrebande.

Thaïlande
Le dollar US est devenu plus cher, passant de 29 à 33 bahts. La crise politique dure depuis trois mois avec des manifestations continuelles des opposants au gouvernement. Depuis le début des manifestations fin octobre 2013, les investisseurs étrangers ont retiré plus de trois milliards de dollars (source : Farang), ce qui a mis à mal les marchés financiers de Bangkok.

La conséquence de ces importantes manifestations sera un ralentissement de la croissance de l'économie thaïlandaise. Le ministère des Finances prévoit une augmentation de seulement 3,1% en 2014, contre 5,4% pour l'Indonésie, 5% pour la Malaisie et 6,4% pour les Philippines.

 

 

Partie 1 :

 

 

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.cf Andre Gorz, restructuration du capitalisme 

 

 

 

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché. Jeux vidéo : les nouveaux...

 

 

Il y a de grandes chances que non... Parce qu'à cette époque, vous aviez un "modem 56k". Derrière ce terme se cachait en fait la capacité de bande passante offerte par votre FAI, votre fournisseur d'accès à internet. A savoir 56Kbits/s.

 

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles

elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle. Ces qualités immatérielles – le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou « exclusivité » – devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou « juste prix ». Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend

de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel.

 

 Les qualités immaté - rielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité. Cette rente masque, compense et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence. Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté, source de rente, et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents. La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les baskets, T-shirts, portables, disques, jeans, etc.

 

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse 1.

 

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la « personnalisation » des produits.

 

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes. Elle oblige les

firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux, à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une « culture de la consommation » qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la « socialisation antisociale ».

 

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale ». De toute évidence, la rupture avec la

 

1 La valeur travail est une idée d’Adam Smith qui voyait dans le travail la substance commune de toutes les marchandises et pensait que celles-ci s’échangeaient en proportion de la quantité de travail qu’elles contenaient. La valeur travail n’a rien à voir avec ce qu’on entend par là aujourd’hui et qui (chez Dominique Méda entre autres) devrait être désigné comme travail valeur (valeur morale, sociale, idéologique etc.).

 

Partie 2 :

Marx a affiné et retravaillé la théorie d’Adam Smith. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer la notion économique de valeur en disant : une entreprise crée de la valeur dans la mesure où elle produit une marchandise vendable avec du travail pour la rémunération duquel elle met en circulation (crée, distribue,) du pouvoir d’achat. Si son activité n’augmente pas la quantité d’argent en circulation elle ne crée pas de valeur. Si son activité détruit de l’emploi elle détruit de la valeur. La rente de monopole consomme de la valeur créée par ailleurs et se l’approprie. Les services à la personne ne créent pas de valeur mais en redistribuent. tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rabattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation semble hors de portée et ridiculement archaïque – à tort.

 

Et pourtant, la « dictature sur les besoins » perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité. La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

 

Il n’est pas difficile de privatiser et de monopoliser des contenus immatériels aussi longtemps que connaissances, idées, concepts mis en oeuvre dans la production et dans la conception des marchandises étaient définis en fonction de machines et d’articles dans lesquels ils étaient incorporés en vue d’un usage précis. Machines et articles pouvaient être brevetés et la position de monopole protégée. La propriété privée de connaissances et de concepts était rendue possible par le fait qu’ils étaient inséparables des objets qui les matérialisaient. Ils étaient une composante du capital fixe.

 

Mais tout change quand les contenus immatériels ne sont plus inséparables des produits qui les contiennent ni même des personnes qui les détiennent ; quand ils accèdent a une existence indépendante de toute utilisation particulière et qu’ils sont susceptibles, traduits en logiciels, d’être reproduits en quantités illimitées pour un coût infime. Ils peuvent alors devenir un bien abondant qui, par sa disponibilité illimitée, perd toute valeur d’échange et tombe dans le domaine public comme bien commun gratuit – à moins qu’on ne réussisse à l’en empêcher en en interdisant l’accès et l’usage illimités auxquels il se prête.

 

Le problème auquel se heurte « l’économie de la connaissance » provient du fait que la dimension immatérielle dont dépend le rentabilité des marchandises n’est pas, à l’âge de l’informatique, de la même nature que ces dernières : elle n’est la propriété privée ni des entreprises ni des collaborateurs de celles-ci ; elle n’est pas, de par sa nature privatisable, et ne peut, par conséquent, devenir une vraie marchandise. Elle peut seulement être déguisée en propriété privée et marchandise en réservant son usage exclusif par des artifices juridiques ou techniques (codes d’accès secrets). Ce déguisement ne change cependant rien à la réalité de bien commun du bien ainsi déguisé : il reste une non-marchandise non vendable dont l’accès et l’usage libres sont interdits parce qu’ils demeurent toujours possibles, parce que le guettent les « copies illicites », les « imitations », les usages interdits. Le soi-disant propriétaire lui-même ne peut les vendre c’est-à-dire en transférer la propriété privée à un autre, comme il le ferait pour une vraie marchandise ; il ne peut vendre qu’un droit d’accès ou d’usage « sous licence ».

 

 La décroissance : consommer moins, consommer mieux, consommer intelligent
La simplicité volontaire est le premier pas vers la décroissance : vous ne consommez que ce dont vous avez besoin. Ça a du bon : quand on consomme moins, on fait des économies et on peut dès lors envisager d'investir son argent de façon utile.

L’économie de la connaissance se donne ainsi pour base une richesse ayant vocation d’être un bien commun, et les brevets et copyrights censés le privatiser n’y changent rien ; l’aire de la gratuité s’étend irrésistiblement. L’informatique et internet minent le règne de la marchandise à sa base. Tout ce qui est traduisible en langage numérique et reproductible, communicable sans frais, tend irrésistiblement à devenir un bien commun, voire un bien commun universel quand il est accessible à tous et utilisable par tous. N’importe qui peut reproduire avec son ordinateur des contenus immatériels comme le design, les plans de construction ou de montage, les formules et équations chimiques ; inventer ses propres styles et formes ; imprimer des textes, graver des disques, reproduire des tableaux. Plus de deux cents millions de références sont actuellement accessibles sous licence « créative commons ». Au Brésil, où l’industrie du disque commercialise quinze nouveaux CD par an, les jeunes des favelas en gravent quatre-vingt par semaine et les diffusent dans la rue. Les trois quarts des ordinateurs produits en 2004 étaient autoproduits dans les favelas avec les composants de matériels mis au rebut. Le gouvernement soutient les coopératives et groupements informels d’autoproduction pour l’autoapprovisionnement.

 

Claudio Prado, qui dirige le département de la culture numérique au ministère de la Culture du Brésil, disait récemment : « L’emploi est une espèce en voie d’extinction… Nous comptons sauter cette phase merdique du XXe siècle pour passer directement du XIXe au XXIe. » L’autoproduction des ordinateurs par exemple a été officiellement soutenue : il s’agit de favoriser « l’appropriation des technologies par les usagers dans un but de transformation sociale ». La prochaine étape sera logiquement l’autoproduction de moyens de production.

 

J’y reviendrai encore.

Ce qui importe pour le moment, c’est que la principale force productive et la principale source de rentes tombent progressivement dans le domaine public et tendent vers la gratuité ; que la propriété privée des moyens de production et donc le monopole de l’offre deviennent progressivement impossibles ; que par conséquent l’emprise du capital sur la consommation se relâche et que celle-ci peut tendre à s’émanciper de l’offre marchande. Il s’agit là d’une rupture qui mine le capitalisme à sa base. La lutte engagée entre les « logiciels

propriétaires » et les « logiciels libres » (libre, « free » est aussi l’équivalent anglais de « gratuit ») a été le coup d’envoi du conflit central de l’époque. Il s’étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières – la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l’existence d’une société. De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme.

 

 

 

 

Cette sortie implique nécessairement que nous nous émancipions de l’emprise qu’exerce le capital sur la consommation et de son monopole des moyens de production. Elle signifie l’unité rétablie du sujet de la production et du sujet de la consommation et donc l’autonomie retrouvée dans la définition de nos besoins et de leur mode de satisfaction.

 

L’obstacle insurmontable que le capitalisme avait dressé sur cette voie était la nature même des moyens de production qu’il avait mis en place : ils constituait une mégamachine dont tous étaient les serviteurs et qui nous dictait les fins à poursuivre et la vie a mener. Cette période tire à sa fin. Les moyens d’autoproduction high-tech rendent la mégamachine industrielle virtuellement obsolète. Claudio Prado invoque « l’appropriation des technologies » parce que la clé commune de toutes, l’informatique, est appropriable par tous. Parce que, comme le demandait Ivan Illich, « chacun peut l’utiliser sans difficulté aussi souvent ou aussi rarement qu’il le désire […] sans que l’usage qu’il en fait empiète sur le liberté d’autrui d’en faire autant » ; et parce que cet usage (il s’agit de la définition illichienne des outils conviviaux) « stimule l’accomplissement personnel » et élargit l’autonomie de tous. La définition que Pekka Himanen donne de l’Éthique hacker 1 est très voisine : un mode de vie qui met au premier rang « les joies de l’amitié, de l’amour, de la libre coopération et de la créativité personnelle ».

 

Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine, etc. Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. Le travail sera producteur de culture, l’autoproduction un mode d’épanouissement.Deux circonstances plaident en faveur de ce type de développement. La première est qu’il existe beaucoup plus de compétences, de talents et de créativité que l’économie capitaliste n’en peut utiliser. Cet excédent de ressources humaines ne peut devenir productif que dans une économie où la création de richesses n’est pas soumise aux critères de rentabilité. La seconde est que « l’emploi est une espèce en voie d’extinction ».

 

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud- Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine.

André Gorz

 

NDLR : Ce texte qu’André Gorz a terminé d’écrire le 17/09/2007 est une version revue et approfondie de celui écritpour le manifeste d’Utopia. Rebaptisé pour notre dossier Le travail dans la sortie du capitalisme il a depuis été publié dans son livre posthume Écologica sous le titre La sortie du capitalisme a déjà commencé.

1 Pekka Himanen, L’Éthique hacker et l’esprit de l’ère de l’information, tr. fr. C. Leblanc, Paris, Exils, 2001.

 

Ou encore très intéressant :

 

 

« La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une « croissance économique » qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie

réelle d’une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze

ans).

 la sphère  d'influence d'un pays  ( cf voir sur google) : Le pays lui même et les pays " amis" qui le suivent dans son sillage. Cf voir/ lire : contre chavez :article du journal libertario par Flores Magon, mardi 21 août 2012, mis sur mon blog intitulé " Chavisme et anarchisme aujourd’hui ". , Un oeil sur la planète - Venezuela : Chavez viva la ... - YouTube

 L’énième sommet européen vient de se terminer révélant d’avantage : L'industrie de la finance n'est plus une perversion du système, elle est le système, Comprendre le capitalisme japonais -La situation est désespérée ! - Saltabank, Est ce la crise de la finance, de la dette ou du capitalisme? - Altermonde, L’interview de Mario Draghi - Alterfinance, L’interview de Mario Draghi - l'indigné, Crise du capitalisme : Karl Marx avait raison! : Et si Karl Marx avait raison ? : citoyen actif, 17 régions autonomes d' Espagne en dangers : citizen khane

19/04/2014

"Le grand bond en arrière"

 

Photo de Pascal Bacquet.

la publication de Pascal Bacquet.

 

L’interview de Mario Dragh

: Pour éviter la surchauffe de son économie, qui croît au rythme de plus de 6 % par an, le Brésil veut réduire ses dépenses publiques afin de freiner l'activité. Avec 0,1 % de croissance au premier trimestre 2010, la France entend elle aussi réduire de façon drastique ses dépenses publiques. Cherchez l'erreur

 " S’il y a bien quelque chose que le socialiste français fera pour le continent, c’est légitimer un capitalisme européen instable de par nature et profondément injuste."

 

Jérôme E. Roos
militant et économiste politique

 

Samir Bouzid : « Cette crise planétaire est encore plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique des temps modernes »


 

 Entretien avec Serge Halimi autour de son livre "Le Grand Bond en arrière" et sur l’essor du libéralisme.  (La bas.org) Livre : 

Serge Halimi : Le Grand Bond en arrière (Fayard) Musique : EZLN : El uego et la palabra Serge Halimi - Le Grand Bond en Arrière [HD]Recul du Front de gauche,...

 

 « […] il n’y a pas plus de raisons d’assimiler le libéralisme à tout ce que des libéraux, ou des hommes supposés tels, ont à quelque moment proclamé comme un évangile. Ils peuvent très bien s’être trompés, et dans la mesure où ce qu’ils considéraient comme du libéralisme a eu des conséquences antilibérales, ils se sont certainement trompés. »

 

Les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme. cf Les pays européens en récession , Le Japon a tout" bon" !

 

L'idéologie néolibérale :

"Toute idéologie comprend un moment théorique (elle est un discours cohérent à tendance totalisante), un moment pratique ou pragmatique (elle fonde une axiologie qui rend possible une action efficace d’ordre politique, morale ou éthique au sein du monde social), enfin un moment apologétique (elle justifie la situation sociale, les actions ou les projets politiques d’un groupement social particulier). Sur la base de cette définition, l’article établit que le néolibéralisme satisfait à ces trois conditions et qu’il constitue bien ainsi une idéologie, aujourd’hui non seulement dominante mais même sans doute unique au sein du champ politique" 

 

Dans son essai intitulé «Qu’est-ce que le néolibéralisme?»,1 la politologue Gabriele Michalitsch analyse les bobards que les défenseurs de cette théorie racontent à propos du marché, de l’efficacité et de la concurrence. Pour elle, ce sont des mythes.

En réalité, le «néolibéralisme», c’est la subordination de nouveaux secteurs de la société à la domination du marché. Depuis les années 70, un réseau international de fondations, d’instituts, de centres de recherche, de scientifiques, d’écrivains, d’agents de relations publiques a été créé pour propager la pensée néolibérale.

August von Hayek et Milton Friedmann ont même reçu le prix Nobel pour leurs théories libérales. La «libertad económia» après la chute d’Allende au Chili, la politique de Margaret Thatcher en Angleterre et le programme économique de Reagan aux USA passent pour être des expériences néolibérales «réussies». L’hégémonie mondiale du modèle économique libéral repose essentiellement sur des théories américaines.

Qu'est-ce que le néolibéralisme? par Judith Barben, docteur ès lettres, Zurich

Créer un consensus grâce à des poisons pour l’esprit

Selon Michalitsch, le projet néolibéral doit finalement son succès à la «fabrication du consensus» (Chomsky). Mais il s’agit là d’un «consensus sans consentement». Les projets des gouvernants s’imposent au détriment des intérêts des gouvernés. Le pouvoir des médias qui appartiennent eux-mêmes à des empires économiques, joue là un rôle important. On produit des poisons pour l’esprit,2 tel le «there is no alternative» de Thatcher. On serine, on rabâche aux gens qu’ils n’ont pas d’autre solution que d’avaler les couleuvres et les pilules qu’on leur impose

Le mythe de l’économie de marché

Dans un monde dominé par les grands groupes industriels, on propage le mythe de l’économie de marché et de la «concurrence loyale» – sans se soucier de leurs conséquences sociales. Le désengagement de l’Etat au profit d’entreprises de plus en plus importantes est présenté comme une «solution» aux problèmes économiques.

C'est vrai, l'Inde vient de traverser une mauvaise passe en 2012. Complexité bureaucratique, hiérarchisation de la société, clientélisme et au final immobilisme du pouvoir... .Pourtant les pronostics sur la fin du "miracle" indien étaient prématurés. L'Inde a d'abord été victime de son modèle économique. . En Inde plus qu'ailleurs, c'est l'Etat qui tient entre ses mains le potentiel de croissance du pays.Or depuis quelques semaines, le gouvernement s'est saisi à nouveau des rènes de l'économie et a décidé de repartir au galop. Objectif : lancer une nouvelle phase de réforme.

Un secteur sera notamment au coeur de ce changement structurel, je vous en parle dans un instant.

Manmohan Singh I, II, III, IV...
Comme le rappelle les analystes de Gavekal, , "la politique est cruciale en Inde, car toute les poussées de croissance ont été précédées d'un train de réformes". Si Gavekal cite les réformes entreprises après la crise asiatique de 1997, on peut remonter jusqu'au début des années 1990 pour trouver le premier exemple de ce lien. Après une grave crise de paiement en 1991, l'Inde a décidé de se réformer en profondeur pour poser les jalons du pays libéral et innovant que nous connaissons aujourd'hui.

Si le politique précède les réformes économiques, on peut même ajouter qu'un homme précède le politique, Manmohan Singh. Déjà à l'oeuvre en 1991 comme ministre des Finances, c'est en tant que Premier ministre qu'il vient de lancer un "processus de relance" de l'économie selon ses propres termes. Trois secteurs sont concernés
La réforme fiscale Une plus grande ouverture aux investissements et La libéralisation de l'économie

C'est peut-être le secteur le plus médiatisé. Les investisseurs avaient poussé des cris d'orfraie en début d'année lorsque le gouvernement n'avait pas réussi à ouvrir le marché de la distribution. C'est désormais chose faite. Da

Comme l'a annoncé Manmohan Singh, "les mesures que nous avons prises ne sont que le début d'un processus de relance de notre économie qui consiste à ramener le taux de croissance à 8 ou 9%". Or tout porte à croire que ces mesures seront pérennisées dans le temps, pour deux raisons.

« UNE SOCIÉTE SE SUICIDE ?  

Les politiques ultra libérales a signé son propre arrêt de mort, et le notre si nous ne nous bougeons pas ! 

«  Nous ne payerons pas votre crise » ( cf Communiqué de presse : Démocratie réelle, maintenant !) . Ce slogan est en train de faire le tour de la planète, alors que les effets de cette dernière crise se font cruellement sentir. Fini de rêvasser ! L'heure est grave. Je préfère vous le dire tout de suite : ce que je vais annoncer aujourd'hui ne va pas plaire à tout le monde. « Nous sommes au bord de l'abîme. Un faux pas et nous connaîtrons une dépression comparable à celle du début des années 1930»

 

 

Retour à l’âge du fer ? Quand le monde manquera de métaux

 

nS. Halimi - Le Grand Bond en Arrière (2004) - Dailymotion : [Sociotoile] => Serge Halimi - Le grand bond en arrière Daniel Mermet : Finalement, Serge Halimi, tout est dans le titre : Le grand bond en arrière - Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde ; voilà, le sujet du livre et le titre du livre. « Le grand bond en arrière », il faut peut-être expliquer que ça fait allusion au « grand bond en avant »...  

 

Naturellement, ceux qui disent " oui mais la croissance va continuer a augmenter " sont les mêmes que ceux qui prévoyaient des taux de croissance bien supérieur à ceux qui viennent d'être publiés en Europe

«  : il va falloir se faire à l'idée que le système essaye de se sauver, tant pis pour un marché de l'emploi très tendu et un chômage élevé. C'est bien triste, je le sais, mais c'est ainsi. Les entreprises ont su s'adapter à la crise en réduisant leurs coûts de manière drastique. Cela est notamment passé par des suppressions de postes qui ne seront pas re-créés. Cela pour 2 raisons :1/La substituabilité du capital au travail a largement augmenté ces dernières années, grâce au progrès technique
2/La délocalisation de la production vers des zones où le coût du travail est moindre que dans les pays occidentaux s'est accélérée et les entreprises ne reviendront pas en arrière »

 Les marchés obligataires seront d'une importance cruciale dans la suite des événements -- nous restons à l'affût sur ce front-là, et nous vous tiendrons bien entendu au courant. Mais Tsiparas devrait les rassurer. Certes, il a tenu un référendum donnant la voie au peuple, cependant il a continuer a donner des gages de sa bonne fois en demandant la démission de son ministre de la finance, juger trop turbulent par les membres de l'Eurogroupe. Cela montre qu'il va essayer de négocier en diminuant les impacts demander par les créanciers ( Etats et Banques).

Libéralisation  avec Mario Monti en Italie : Italie : Mario Monti libéralise l'économie tous azimuts malgré la grogne » AFP . Une technique de manipulation des masses en faisant toujours payé les plus pauvres en oubliant que le vrai problème est le capitalisme et son fonctionnement

INTERVIEW - Le président du Conseil italien se félicite du «flegme tout britannique» avec lequel ses compatriotes ont accepté des «mesures très lourdes» pour faire face à la crise et répondre aux exigences de Bruxelles – sourceMario Monti : «L'Europe n'a plus à avoir peur de l'Italie.

Avant son déjeuner vendredi à Paris avec François Fillon, suivi d'entretiens avec Nicolas Sarkozy, l'économiste et ancien commissaire européen Mario Monti développe sa vision de l'Europe, dans sa première grande interview internationale depuis son investiture à la présidence du Conseil le 18 novembre dernier. » L'Italie adopte un nouveau plan de rigueur de 20 milliards.  » Premier test réussi pour l'Italie face aux marchés, » Mario Monti veut relancer la croissance italienne

Au menu

 

Monti tien grosso modo, le même discours que Sarkozy :

« Ce monsieur a toujours prétendu que la crise vient du fait que l'Europe n'est pas assez libérale alors que c'est l'absence de système de régulations qui nous a plongé dedans, il le prétend toujours quitte à faire des allusion fallacieuses à des pays comme l'Angleterre qui s'en sortirait mieux, ce qui prouve qu'il a le sens de l'humour, la Suède dont il taira qu'elle a des ressources pétrolières, et le Danemark qui ne possède pas de grandes industries mais de multiples industries misant sur les produits de niche, qui mène une politique opposée à la sienne prélevant de 57 à 63% d'impôts sur le revenu, dépensant 9% de ses revenus dans la politique de santé et ayant massivement investi dans l'éducation tout en maintenant un niveau élevé de retraites favorisant les préretraites en dépit du fait que les bénéficiaires en sont plus nombreux qu'en France. Bref ce monsieur dont la responsabilité de l'endettement de la Grèce est directe puisque il était responsable Europe de Goldman Sachs à l'époque du trucage des comptes a des convictions inébranlables toujours prêtes à nier la réalité des faits, quitte à couler l'Europe pour s'en affirmer ensuite un des plus ardents défenseurs et si il en est que les erreurs rendent humbles et en situation d'apprendre, il paraît définitivement perdu pour toute résilience de cette ordre… »

……

Après les 5 ministres qui cumulaient leur indemnité ministérielle de 14 000 € mensuels avec leurs pensions de retraite, aujourd'hui le magazine Marianne révèle que Maurice Lévy - le patron de Publicis qui va empocher en 2012 un bonus
de 16 millions d'euros - touche aussi une retraite d'au moins 8 000 € par mois !
Cette dérégulation du cumul emploi retraite a été légalisée depuis janvier 2009 par la volonté de Nicolas Sarkozy
et des députés UMP. Elle contribue à plomber les comptes des régimes de retraite. Elle est irresponsable dans une
période où des millions de chômeurs, et de jeunes en fin d'études, attendent désespérément que des postes se libèrent.Pour alerter les citoyens et pousser les responsables politiques et syndicaux à mettre fin à cette aberration

. doc PDF intéressant a lire : ]  Mario Monti au Figaro : 

 «  Mon gouvernement peut tomber demain, nous ne sommes pas ici pour survivre, mais pour accomplir un un bon travail » propos recueilli par Richard Heuzé du 05/01/2012

 

Libéralisation selon Monti : Libéralisation ( et casse a tout crin avec Mario Monti en Italie : Italie : Mario Monti libéralise l'économie tous azimuts malgré la grogne » AFP . UMario Draghi ou le pompier pyromane, Jour J du "sauvetage" de l'euro par Mario Draghi?, Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie , L'Europe des lobbies : Le très contesté projet de loi Travail

libéralisme | Mediapart 

Le capitalisme à la source des problèmes sociaux et environnementaux :

cf a lire "Le grand bond en arrière" ,

[Sociotoile] => Serge Halimi - Le grand bond en arrière, Le Grand Bond en Arrière HD - YouTube

 :extrait Daniel Mermet :

Finalement, Serge Halimi, tout est dans le titre : Le grand bond en arrière - Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde ; voilà, le sujet du livre et le titre du livre. « Le grand bond en arrière », il faut peut-être expliquer que ça fait allusion au « grand bond en avant »...Ce qui prévaut quand même, c’est que tout ça est naturel. Et là, vous faites tout un travail historique : c’est l’histoire d’un basculement idéologique sur une trentaine d’années. Vous situez le début du basculement au début des années 70 mais vous nous racontez que le projet était beaucoup plus ancien. On savait qu’il existait mais il semblait ridicule, anachronique. Je parle des années après-guerre par exemple où ce genre d’idées semblait tout à fait saugrenu.

Un exemple est la manière dont depuis 30 ans la droite et la gauche se sont partagés le role de désabillé la santé. dans ce post Le capitalisme nuit... gravement a la santé, j'ai repris les dates, les noms des hommes politiques , le nom des lois pour en montrer les conséquences. Ces sources provenaient d'un tract bien fait pris lors d'une manif.

Pour l’OCDE, l’éducation n’est pas une dépense mais un investissement qui profite aux étudiants et à la collectivité. Si l’étude annuelle remet en cause certaines idées reçues, elle confirme, pour la France, le manque de moyens de l’université, où les droits d’inscription trop faibles pénalisent finalement les étudiants.

 

C’est ce qu’a expliqué Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE lors de la présentation de l’édition 2009 du rapport annuel « Regards sur l’éducation ». Dans ce document qui multiplie les comparaisons internationales, les avantages à détenir un diplôme de l’enseignement supérieur apparaissent nombreux : un meilleur salaire, une moindre vulnérabilité au chômage et, même, une meilleure santé. Et ce qui profite aux individus est aussi bon pour leur pays. Un individu qui a suivi des études supérieures rapporte 36 000 euros supplémentaire (par rapport à quelqu’un qui n’en a pas fait) à son pays. Soit le double de l’investissement consenti initialement...En savoir plus, lire le dossier sur sur le site de l’OCDE.

n
 

 

Serge Halimi Libéralisme 1Serge Halimi Le libéralisme 2Loi travail : le grand bond en arrière - vidéo Dailymotion

La crise au pays des merveilles - YouTube:A LIRE : Depuis le choc pétrolier de 1973, la France ne cesse de se penser en crise. Les époques changent mais les discours restent étonnement semblables : pour sortir de la crise, il faut accepter l'effort, renoncer aux privilèges et supporter les réformes. Sans aucun interview ni commentaire, mais en puisant dans quarante ans d'archives télévisuelles, où se mélangent discours politiques, débats, journaux télévisés, clips musicaux, reportages, émissions humoristiques, ce documentaire fait apparaître des constantes, des schémas de raisonnement et un nouvel imaginaire qui s'impose durablement dans la société.

En clair depuis que le monde est entrée dans le capitalisme dans sa forme neolibérale c'est la crise permanente sauf que depuis 2008 il semble rentrée dans vrai crise celle qui devrait lui être fatal. Destruction créatrice salutaire ? 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Modèle Japonais généralisé : La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique

DES «NANTERRE» AUX «VOLTAIRE»
De la promotion Voltaire au syndicalisme étudiant, comment la gauche a perdu le peuple dans sa confrontation au réel.https://www.youtube.com/watch?v=9Gd6gyZkOwo Des «Nanterre» aux «Voltaire»
Politique par >Bertrand Delais
Jeudi 21 avril de 20:30 à 21:25 sur La Chaîne parlementairDes Nanterre aux Voltaire

 

 

Transmis par Amélie et  L'Indigné Révolté

Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde.


De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand ( 10 mai 1981 - 15 mai 2011 ,...  : Hollande et le patronat ) , en passant par la Nouvelle ­Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 1980, les « décideurs » et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de « crise », c’est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu’il n’y ait « plus d’alternative ». D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales, débouché sur d’autres choix. La « mondialisation », ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la « seule politique possible » que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre.


Inspirées par des théoriciens de l’université de Chicago, dont l’influence sera considérable au Chili, en Grande Bretagne et aux États Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d’un système d’économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable ; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

Fayard, Paris, 2006 - 592 pages, 25 euros

Le grand bond en arrière : documentaire

Que reste-t-il du modèle social français après trente ans de néolibéralisme? Cette question oriente le voyage dans leur pays natal de quatre Français installés depuis plusieurs années au Venezuela. Pour y répondre, le documentaire mêle des données statistiques, journalistiques et des interviews de sociologues, intellectuels, militants, réfugiés politiques, artistes, citoyens, travailleurs sociaux des banlieues, sans-papiers et Roms, enfin tous ceux qui peuvent révéler si la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" est toujours en vigueur dans leur réalité concrète.


Le Grand Bond en Arrière HD - YouTube
 

 



Documentaire de Johanna Lévy, Tristan Goaguen, Yann Manuguerra & Philippe Fréchou.

 "A la manif parmi les casseurs. Témoignage." Le grand bond en arrière"Serge Halimi Libéralisme 1Serge Halimi Le libéralisme 2Loi travail : le grand bond en arrière - vidéo Dailymotion  "Le grand bond en arrière"De la servitude moderne

Dans les Nouvelles de France et d'ailleurs, site se revendiquant de la droite, du libéralisme et du conservatisme réunis, on lit un éloge de la politique des conservateurs qui sévissent en Grande Bretagne :

" Le pays s’appuie toujours sur l’inestimable héritage de Margareth Thatcher. Et plus qu’une série de réformes – réduction de la dépense publique, baisse des impôts directs, lutte contre l’hyper-inflation, flexibilisation du marché du travail, privatisations – l’ancien Premier ministre de Grande-Bretagne a légué à son peuple une vision de l’économie bien précieuse en ces temps de socialisme généralisé. « Un homme a le droit de travailler comme il veut, de dépenser ce qu’il gagne, de posséder sa propriété, d’avoir l’État pour serviteur et non pour maître. »

*

Là-bas si j'y suis, un entretien avec Serge Halimi, journaliste au mensuel le Monde diplomatique, autour de son livre "Le grand bond en arrière" (Editions Fayard).  Comment est-on passé à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance ?  Emission France Inter "Là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet, première diffusion le vendredi 2 juillet 2004. cf Le nouveau capitlisme : restructuration du capitalisme

 

Du sang sur mes fringues : Reportage Daniel Mermet, Giv Anquetil. Là-bas.org -  http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2755

2012 - Nos vies discount,

Frédéric Brunnquell, réalisateur indépendant

52 minutes - France 2/AMIP
Présenté au festival ONE WORLD à Prague puis à Bruxelles

Réduction des charges sociales et suppression les droits des travailleurs, travail précaire et bas salaires : le profit est le but ultime.

> Balade dans Dacca - Altermonde - Blog Télégramme : NOS VIES DISCOUNT, note Balade dans Dacca :

Miguel LACHIVER met en ligne une pétition sur le site change.org : Traçabilité sociale de l’habillement".

" Suite à la mort de plus de 1000 personnes au Bangladesh, essentiellement des ouvrières du textile travaillant pour des groupes occidentaux, nos braves journalistes et économistes ont mis en cause les consommateurs entre autres français, qui achetaient à bas prix. Ils n’ont pas trop remis en cause ce système qui permet, à certains capitaines d’industrie et actionnaires, de s’en mettre plein les poches, tout en culpabilisant le consommateur Lambda. Ils ont oublié de dire aussi que les marques vendues beaucoup plus chères, étaient faites au même endroit dans les mêmes conditions, avec une marge encore plus importante.
Il y a quelques années, on a eu un peu de transparence sur les fruits et légumes mais durant juste une saison. Si c'est possible dans les fruits et légumes, cela l'est aussi dans l'habillement.
Demandons donc à l’industrie du prêt à porter et aux vendeurs d’avoir la traçabilité sur la confection qu’ils vendent, c’est-à-dire le lieu de fabrication et le coût de fabrication (ou pourquoi pas le salaire mensuel de l’ouvrière).
On pourra peut-être voir alors que le dindon de la farce est le consommateur, sans parler de la tragédie au Bangladesh ou le sang des ouvrières nourrit quelques poches déjà grasses.

Signer en ligne


Le neoliberalisme et son impasse : Depuis la "révolution conservatrice américaine" [Sorman, 1983] et l'offensive néo-libérale, dont les effets ont été accentués avec l'écroulement du "socialisme réel" des pays de l'Est, il est devenu quasi honteux de défendre et de promouvoir une action publique volontaire. La nouvelle orthodoxie prétend cantonner le rôle de l'État moderne, et plus généralement de toute instance publique, à celui d'«État minimal» et exalte les vertus d'un marché-roi idéalisé. Nombreux sont ceux qui ont intériorisé le syndrome de l'«État-modeste» [Crozier, 1987].

Cependant on ne peut se contenter d'une critique globale du néo-libéralisme, car le succès de ses thèses vient de ce qu'elles mettent l'accent sur de réels problèmes. Dans notre pays le vent libéral et les excès de l'«étatisme à la fran-çaise» s'auto-aliment et le néo-libéralisme n'est fort que de la faiblesse de ceux qui s'y opposent, il occupe le vide lais-sé par les échecs et les impasses de ceux qui ont survalorisé l'État comme instrument du changement social. Dans cha-cun des arguments présentés par les thèses libérales il y a une part de vrai, et c'est le fait de refuser d'apporter des ré-ponses qui permet de présenter le libéralisme comme une alternative globale. Il faut donc accomplir deux tâches à la fois :

- une critique globale du néo-libéralisme dans toute sa complexité,
- une correction des excès de l'étatisme.

 

 

  

 

 

Extrait d'un think thanks financier :
 
Jeudi 17 janvier 2013

 

A lire :

Les utopistes

Ecouter parler le fracas... ZEC plus Ultra

L'ouvrier et la machine

Foire aux questions abstentionnistes

Molière, Le misanthrope

Bakounine Un regard affuté...

PENSER CRITIQUE

Poutine pour toujours ?

Sur l'Etat" de Pierre Bourdieu

Homs, chronique d'une révolte

Le cauchemar climatisé...

La Grande Illusion

L'antifascisme, c'est...

MANIFESTE CNT-AIT 71

Des héros ordinaires

Terrorisme d'État

Le fascisme rouge

REFLEXIONS SUR LA DEMOCRATIE

Un héros ordinaire

Nés en 68

De la liberté, de la révolte

Le principe de l'État

Ceux qui vivent, ce sont...

coluche, quand je serais grand

raisons et du danger fasciste

Le "printemps turc"

Les chefs

La Mer à l'aube

EUtopia : une génération...

Les maîtres ne sont pas à...

Au travail, corps et âme -

 

NB : Titre original : The Slump of the 1930s and the crisis today ( cf International Socialism: The slump of the 1930s and the crisis today - [ Traduire cette page ] nombreuses sources. Article original paru dans l’International Socialism n°121, janvier 2009),  Différents articles intéressant : http://hussonet.free.fr/lacrise.htm, Forces et limites de la manifestation, Pourquoi l’insurrection des consciences ?, Les raisons de la colère, Hervé Kempf - l'oligarchie, ça suffit !, GO ON, WATCH et mon post FB, Révolution virtuelle et révolution réelleSerge Halimi sur "Le grand bond en arrière (plusconcient.net) Année: 2004 Durée: 50' 51''

 

Serge Halimi - Le Grand Bond en Arrière [HD]Créé le dimanche 09 septembre 2012 

État libéral dégénéré :  Le bout de la logique 1  l L'argent sans foi ni loi 2, mis sur facebook, La " crise" permanente , " la sortie du capitalisme " , NOS VIES DISCOUNT « De la servitude moderne | Page d'accuei

onclusion : c'est d'une certaine manière le snobisme ((argent roi)  qui mène le monde ! Si la crise était un film d'horreur... | Tant qu'il y aura de l'argent ... " En effet ce capitalisme souffre d'une crise de la valorisation qui date de la période précédente.

 ( La valorisation est le mécanisme par lequel le capitalisme extrait de la plus-value du procès de production ; Plus concrètement, cela veut dire que c'est la part qui reste au patron  sur le prix d'une marchandise une fois enlevé le cout du travail, des matières premières et des machines.)

 Le capital a réussi à restaurer son taux de profitLe problème c'est que c'est un tour de passe passe, parce qu'il y a un  autre facteur dans le fonctionnement du capitalisme : celui des débouchés "
«Et en la fin du capitalisme, passez une bonne soirée. Tout comprendre sur les enjeux du pétrole et de la spéculation ( cliquez ici)"» 

Théorie du ruissellement Par Enkolo dans Accueil le

24/08/2013

Johnny Rotten : “En tant que roi du punk, je décrète cette loi : le punk n’a pas besoin de roi”

 

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Salut tout le monde,
voici le programme pour juillet-août 2013 (avec des extraits des films
projetés cet été):
http://infokiosques.net/spip.php?article1039


 

SAMEDI 31 AOÛT À 18h
>> Projection du film "High Hopes", de Mike Leigh, 1988, 1h52, VOSTFR
À l’occasion de la mort de Thatcher, cette comédie nous remettra dans le
bain des années 1980. Elle peint une succession de vies qui stigmatise
l’Angleterre d’alors. Téléchargez l'affiche du programme pour cet été:
https://infokiosques.net/IMG/jpg/2013-07_Bagnolet_Remoule...
https://infokiosques.net/le_remouleur

 

LE RÉMOULEUR – Local auto-organisé de lutte et de critique sociale
----------------------------------------------------------------------------

Horaires d’ouverture du local (avec bibliothèque & infokiosque) pour les
mois de juillet et août 2013 :
le samedi de 14h à 18h.
Entré libre et gratuite

Le Rémouleur
106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

https://infokiosques.net/le_remouleur
Mail : leremouleur@riseup.net
S’inscrire à la lettre d’info du local :
https://lists.riseup.net/www/subscribe/leremouleur/

 

 

Johnny Rotten : “En tant que roi du punk, je décrète cette loi : le punk n’a pas besoin de roi”

L’invité de l'été 1/4 | Hier, l'ex-leader des Sex Pistols faisait trembler la Couronne et Thatcher. Aujourd'hui, toujours aussi punk, il s'en prend à Sting, Robin Williams ou Tony Blair. Entretien.

Le 13/07/2013 Propos recueillis par Hugo Cassavetti - Télérama n° 3313 ,

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 Sandro Bäbler pour Télérama  

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Sandro Bäbler pour Télérama

Cet été, quatre artistes européens, témoins privilégiés de leur époque, racontent comment leur parcours se mêle à l'histoire de leur pays. La semaine prochaine : l'Islande secouée par la crise économique, vue par l'écrivain Arnaldur Indridason.

 

Il paraît loin, le garçon malingre au teint blafard et aux dents si abîmées qu'on le surnomma Johnny Rotten (pourri, en anglais). Il fit trembler le Royaume-Uni. Chanteur des Sex Pistols, le groupe punk suprême, il était le symbole de l'implosion d'une Angleterre rongée par la crise, les grèves et le chômage. John Lydon il reprit son vrai nom dès 1978, à la fin des Pistols – était le porte-voix de l'individualisme positif, avec son chant effrayant et ses textes impitoyables, autant de cris d'insoumission d'un laissé-pour-compte face à l'ordre étouffant – la famille royale, les conservateurs, mais aussi les travaillistes.

 

On le retrouve aujourd'hui, joyeux et bondissant. Il ne cherche plus à vous intimider avec ses remarques cinglantes, sa carrure désormais imposante ou son regard terrifiant. Aimable, il savoure le bonheur de jouer avec son groupe PIL, sa world punk sans frontières so british, en travailleur enfin indépendant. Mais, derrière le quinquagénaire intarissable, l'observateur enragé de la société britannique est toujours là. L'antéchrist du « no future » n'oublie pas ses ennemis. « La colère est une énergie », clamait-il.

 

L'an dernier, vous avez publié avec PIL (Public Image Ltd) votre premier album depuis vingt ans.
Pendant tout ce temps, je n'étais pas libre de le faire. Depuis la fin des Pistols, j'ai été prisonnier de contrats, avec toujours plus de dettes à rembourser. Je ne pouvais m'en extraire, seulement gagner du temps, jongler avec les clauses. L'artistique était évacué, je n'avais plus affaire qu'à des comptables. Des gens froids, qui ne pensent qu'en chiffres. Pendant presque vingt ans, je n'ai plus pu enregistrer. C'est dur de se voir interdire de créer. Mais j'ai toujours refusé de sombrer dans l'aigreur. Au contraire. Je puise mon énergie dans l'adversité.

 

Vous avez pu racheter votre liberté grâce à une campagne de publicité pour le beurre outre-Manche...
Exactement. J'ai pu rembourser mes dettes et financer le dernier album. Quel bonheur d'être enfin indépendant ! On m'a reproché, comme tout ce que je fais, ces pubs pour le beurre, mais j'assume. Toujours la même accusation de trahir la cause, d'être vendu. Moi, je trouve ça plutôt punk et cohérent. L'argent a financé ma liberté artistique, et puis c'est vrai que je mange beaucoup de beurre. Ça se voit, non ? Ce n'est pas un mensonge. Pas comme Iggy Pop, qui pose pour une compagnie d'assurances qui refuse d'assurer les rock stars !

 

Avec cette nouvelle incarnation de PIL, vous vous entourez pour la première fois de musiciens avec lesquels vous vous entendez ?
Je n'avais jamais connu une telle complicité auparavant. En fait, comme j'ai démarré avec les Sex Pistols, j'ai longtemps cru que tous les groupes étaient un nœud de tensions et de conflits. S'apprécier était en option. Chacun avait des goûts et des buts différents, mais une curieuse solidarité nous unissait contre ceux qui voulaient nous abattre. En fait, j'aimais Paul Cook, le batteur, et même Steve Jones, le guitariste, au début.

 

Mais le management ne cessait de nous monter les uns contre les autres. On s'est confronté très tôt à la perversité et à la malhonnêteté du monde adulte. Il y avait de la haine entre nous, mais on a réussi à en faire une force, qu'on a retournée contre les autres. On a appris que l'industrie de la musique était un univers cruel. Il a fallu une résistance inouïe pour s'en sortir. Certains ne l'ont pas eue. Et ont sombré dans la drogue dure…

 

Vous songez à Sid Vicious, qui, lui, était votre ami…
Oui, on s'était connus dans un établissement scolaire pour enfants difficiles. Le problème majeur de Sid était que sa mère était héroïnomane. Il y avait cet atavisme, qu'il cherchait vainement à repousser. Il déménageait tout le temps et, du coup, n'a jamais pu créer de liens forts avec d'autres gamins. Moi, je passais ma vie dans la rue, avec une bande de gosses. Ça structure, on y apprend à se débrouiller, à survivre, à s'entraider et une forme de bon sens.

 

Vous aviez aussi une relation forte avec votre mère ?
A 7 ans, j'ai contracté une méningite. On vivait dans un taudis, sans eau courante, avec des rats… J'ai passé un an à l'hôpital. Et j'ai mis quatre ans à m'en remettre. Déjà, ma mère m'avait appris à lire et à écrire à l'âge de 4 ans. J'adorais ça. Mais, en sortant de la maladie, j'avais totalement perdu la mémoire. Il a fallu tout reprendre à zéro. Et c'est elle qui m'a tout réappris, car l'école n'avait pas de temps pour les enfants comme moi. Je ne savais plus rien, même pas si mes parents étaient vraiment les miens. Il fallait faire confiance aux autres.

 

Du coup, la vérité est devenue une valeur essentielle chez moi. Faire le tri entre les gens de confiance et ceux qui vous mentent et vous manipulent. Ma mère m'a toujours soutenu, elle a été ma bouée de secours. Comment ne pas rester proche après ça ? Elle m'a protégé, tout comme j'ai protégé mes trois petits frères. Et je conçois un groupe de la même manière. Malheureusement, la plupart des autres ne pensent qu'à l'argent.

 

Black Market Radio "The Clash - London Calling" Yalla Yalla Augsburg Trambahn 2013

 

La musique n'était pas votre vocation ?
C'est arrivé par hasard. Malcolm McLaren et Bernie Rhodes, le futur manager de The Clash, étaient en train de monter ce groupe, les Sex Pistols. Rhodes avait repéré ce drôle de gamin aux cheveux verts qui arpentait King's Road avec un tee-shirt sur lequel était inscrit : « Je hais Pink Floyd ». C'était moi. Ils m'ont demandé si je voulais chanter. Je n'y avais jamais pensé.

 

En fait, j'avais même développé un certain art de mal chanter. Parce que j'avais fréquenté un collège catholique où, dès qu'on repérait un garçon à jolie voix, il était enrôlé dans le chœur. Et on savait ce qui arrivait aux gosses qui tombaient entre les mains du prêtre… Voilà d'où vient ma voix si particulière. Une protection. Du coup, elle est assez unique. Et puis j'ai toujours été plus sensible à la force des mots, à leur prononciation qu'à une simple mélodie.

 

D'où votre admiration, très tôt, pour Captain Beefheart ?
J'appréciais sa manière de triturer les musiques qui l'inspiraient, le blues de Memphis ou du Delta, pour en faire cette décoction d'une divine non-musicalité. Il ouvrait le champ à toutes les possibilités. Ses paroles, tordues, hilarantes, souvent incompréhensibles, me bouleversaient. Il y avait une telle puissance dans son interprétation.

 

Ce type n'a jamais fait que ce qu'il voulait, que ce qu'il ressentait. Le succès et l'argent n'étaient pas son moteur. Tout l'opposé d'un bonnet de nuit nanti comme Sting, le bouddhiste à la gomme… Un de mes plus beaux souvenirs est une expo de peinture de Beefheart que j'ai vue à Hambourg… Il peignait comme il chantait. Quelle énergie, quelle intensité !

 

La douzaine de chansons, devenues autant de classiques rageurs et furieux, que vous avez écrites pour les Sex Pistols sont venues comment ?
Assez spontanément. J'avais toujours griffonné des choses, je lisais beaucoup de poésie, de Keats notamment. Je m'étais même imaginé devenir écrivain. Mais je sentais qu'il manquait toujours quelque chose. C'était la musique. Et ces textes pour les Sex Pistols sont sortis par jets. Ils devaient mûrir au fond de ma cervelle. Vous connaissez Robin Wil­liams, l'acteur comique qui ne se tait jamais ? C'est comme ça dans ma tête. Je suis en ébullition permanente. Une fois guéri de ma méningite, je me suis juré de ne plus jamais laisser mon cerveau au repos. J'ai écrit le texte de God save the queen presque d'un trait, le temps d'avaler une boîte de baked beans [haricots blancs, ndlr] ! Une vérité qui ne demandait qu'à jaillir.

 

SEX PISTOLS live - Pretty Vacant  :

British Anthem, God Save the Queen (with lyrics) - YouTube 

 

« God save the queen, the fascist regime »La chanson, sortie au moment où la reine célébrait son jubilé, en 1977, a fait de vous l'ennemi public n° 1… Trente-cinq ans après, les Sex Pistols fêtés lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Londres, c'est une victoire ?
Une victoire, non. Mais ça fait plaisir. Au départ, je ne voulais surtout pas à être associé à tout ce cirque horripilant. Mais Danny Boyle, le metteur en scène de la cérémonie, m'a fait changer d'idée. Il a voulu rendre hommage à l'Angleterre dans ce qu'elle a de mieux et de plus précieux, un peu à la manière de Dickens autrefois. Montrer le peuple, celui que l'on n'a cessé de mépriser et d'écraser, et qui est l'âme de l'Angleterre, en célébrant le système de santé gratuite qui a longtemps été l'honneur du pays. Quelle joie de voir la famille royale au grand complet obligée d'écouter sans sourciller notre chanson Pretty Vacant en entier ! God save the queen aurait été encore plus jouissif, mais il ne fallait pas pousser.

 

Londres a bien changé…
Je ne suis pas opposé au changement, loin de là, mais, dans le cas de Londres, comment s'en réjouir ? J'ai le souvenir du Londres de mon enfance, sombre et mal éclairé certes, mais qui ressemblait à ces décors de vieux films avec Alec Guinness. Il y avait peu de voitures et la rue était livrée à des hordes de gamins. C'était leur territoire. Il y avait encore beaucoup de terrains vagues, à cause de la guerre, et l'on vivait en marge de la société des adultes. On jouait et on se battait, mais ça n'avait rien à voir avec la délinquance d'aujourd'hui. Nous étions tous pauvres, mais on se sentait en sécurité. Il n'y avait pas de jalousie ou d'envie puisque personne n'avait rien.

 

Tout a changé quand la télé en couleurs est arrivée. Et, avec elle, ces publicités pour voitures et appareils d'électroménager auxquels on n'avait pas accès. A partir de là, nous avons pris conscience d'être des citoyens de seconde zone. La pub a développé la frustration, l'envie, la tentation, et avec, le vol et la violence.

 

Avec les Pistols, le punk divisait le pays, et vous avez été confronté à une autre forme de violence…


J'ai grandi à l'ombre d'Arsenal, le club dont je suis supporter, et une certaine violence ne m'était pas étrangère. Ça pouvait être brutal, mais ça restait presque bon enfant. Avec le punk, une autre violence a été mise au jour. Celle d'une société britannique bâtie sur l'humiliation constante d'une classe ouvrière traitée comme une bande de demeurés.

 

Quand j'étais jeune, à Finsbury Park, il y avait une mixité incroyable : des Blancs, des Noirs, des Indiens, des Irlandais, des Anglais, des Grecs, des Turcs, qui s'entendaient très bien. On ne jugeait que les personnalités, pas la couleur ou la nationalité. Tous les gouvernements qui se sont succédé se sont acharnés à détruire cette solidarité. Le pire étant probablement Tony Blair, avec sa promesse d'un pseudo-New Labour. Ce type n'est qu'un imposteur, un avocat véreux qui ne vaut pas mieux que ceux qui tiennent des officines de paris. En un peu plus éduqué, bien sûr.

 

Il était pire que Margaret Thatcher, à vos yeux ?
Avec Thatcher, on savait à qui on avait affaire. Le punk a explosé sous Callaghan, le travailliste. Le Royaume-Uni était dans un état désastreux. Thatcher et nous, les Pistols et le punk, étions les deux réactions opposées au même problème. Il n'y a pas un mot avec lequel je pourrais être en accord avec elle sur le plan politique, mais elle était mon adversaire préférée. Cette femme a fait plus de mal au peuple anglais qu'aucun autre leader. Mais elle disait ce qu'elle pensait, et faisait ce qu'elle disait. Je la respecte pour cela. Elle m'a aidé à affûter ma pensée, mes convictions. D'être toujours du côté du peuple et de l'individu face aux institutions.

 

Avant, l'Angleterre était entre les mains de conservateurs sérieux, qui posaient problème dans tous les domaines, mais au moins on savait quelles étaient leurs valeurs. Quand on venait d'un milieu prolétaire, on savait comment manœuvrer pour passer entre les lignes. C'était instinctif. A présent, tout n'est que bureaucratie, une suite de règles et d'interdictions qui régissent notre vie comme si on était gouverné par la Sécurité sociale. L'ironie étant que ce sont ces mêmes gens au pouvoir qui rêveraient de se débarrasser de la Sécu et du service public. Parce que les supposées élites qui nous gouvernent aujourd'hui n'ont aucune culture.

 

Le grand projet de Thatcher était de bâtir une nation de classe moyenne, mais le résultat, dramatique, est que plus personne ne sait d'où il vient. Et, du coup, plus personne ne ressent un sentiment d'appartenance à une communauté. Il faudrait renier ses origines mais être fidèle à son entreprise ? Mais tout le monde s'en fiche ! Aujourd'hui, personne n'aime son entreprise, le produit qu'il fabrique et encore moins ceux qui l'emploient. Voilà ce qu'a fait Margaret Thatcher. La reine des conservateurs a tué toute notion de loyauté et de dévouement. Car on ne produit plus que pour une société égoïste et inculte.

The Clash | Facebook

Sandro Bäbler pour Télérama

Sandro Bäbler pour Télérama

 

Vous sentez-vous relié, aujourd'hui, aux insurgés punk de 1977 ?
La fameuse « classe de 77 » ? Je déteste cette formule. Tout ça, ça vient de Mick Jones, de The Clash. Un type adorable, trop gentil même… Il pense que tous les anciens punks devraient se serrer les coudes. Mais pourquoi ? Je réfute l'idée qu'on était tous dans le même sac. Le punk était justement pour moi la révolte contre la ghettoïsation, et il faudrait en créer une nouvelle ?

Le punk est vite devenu un horrible cliché, juste des pauvres mecs qui s'habillaient tous pareil. Etre punk, c'est trouver sa voie, son style, surtout ne pas suivre bêtement les autres. La même chose s'est produite avec le rap, qui n'est vite devenu qu'un produit commercial à base de clichés, à des années-lumière de l'esprit, marginal et joyeux, du hip-hop des origines.

Les expos consacrées au punk, comme celle du MoMA, à New York, actuellement, ne sont pas votre tasse de thé ?
J'ai parlé à ceux qui l'ont conçue, mais ils n'ont visiblement rien compris. Ou ne peuvent pas comprendre. Une expo sur le punk doit être plus qu'une série de mannequins habillés de vêtements « dingues ». Il y a tout un contexte historique, politique qu'il aurait fallu expliquer, présenter. Et ça se finit en expo chic où Madonna peut aller traîner avec sa suite… Punk, tu parles ! De toute façon, le punk, l'authentique, c'est moi. Personne ne peut m'enlever ça. Je l'ai défini, j'en suis le roi. Et, en tant que roi, je décrète cette loi : le punk n'a pas besoin de roi.

 

Johnny Rotten en quelques dates

1956 Naissance à Londres de John Lydon.
1975 Devient chanteur des Sex Pistols sous le nom de Johnny Rotten.
1977 God save the queen, single interdit d'antenne, est n°1 au hit-parade.
1978 En janvier, ultime concert des Sex Pistols. Rotten redevient Lydon et fonde PIL.
1994 Autobiographie : Rotten. No Irish, no Blacks, no dogs.
2012 Neuvième album de PIL : This is PIL.

 

 

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A écouter

This is PIL, 1 CD PIL Official/Differ-ant.

A voir

Dans le cadre de l'expo « Europunk », PIL en concert, le 23 octobre 2013, à la Cité de la musique, Paris 19e.

Et retrouvez son concert au festival BBK de Bilbao sur Arte Live Web

The Clash - London Calling 1979 (Full Album) - YouTube 

London Calling is the third studio album by the English punk rock band The Clash. It was released in the United Kingdom on 14 December 1979 through CBS Records, and in the United States in January 1980 through Epic Records. The album represented a change in The Clash's musical style, featuring elements of ska, funk, pop, soul, jazz, rockabilly, and reggae more prominently than in their previous two albums.

Tracklist:

1 - London Calling
00:00
2 - Brand New Cadillac
03:20
3 - Jimmy Jazz
05:28
4 - Hateful
09:23
5 - Rudie Can't Fail
12:07
6 - Spanish Bombs
15:36
7 - The Right Profile
18:55
8 - Lost In The Supermarket
22:50
9 - Clampdown
26:37
10 - The Guns Of Brixton
30:26
11 - Wrong 'Em Boyo
33:36
12 - Death Or Glory
36:47
13 - Koka Kola
40:42
14 - The Card Cheat
42:30
15 - Lover's Rock
46:19
16 - Four Horsemen
50:22
17 - I'm Not Down
53:18
18 - Revolution Rock
56:24
19 - Train In Vain
01:01:58

The Clash - The Essential Clash 2003 (Full Album) - YouTube 

The Essential Clash is a career-spanning greatest hits album by The Clash first released in 2003. It is part of the on-going 'The Essential' Sony BMG compilation series. The album is dedicated to Joe Strummer, who died during compilation of this album.

Track list:

Disc One:

1 - White Riot
00:00
2 - London's Burning
02:00
3 - Complete Control
04:10
4 - Clash City Rockers
07:24
5 - I'm So Bored With The USA
11:21
6 - Career Opportunities
13:46
7 - Hate And War
15:38
8 - Cheat
17:44
9 - Police & Thieves
19:50
10 - Janie Jones
25:51
11 - Garageland
27:57
12 - Capital Radio
31:10
13 - (White Man) In Hammersmith Palais
33:20
14 - English Civil War
37:21
15 - Tommy Gun
39:58
16 - Safe European Home 43:15
17 - Julie's Been Working For The Drug Squad 47:06
18 - Stay Free 50:11
19 - Groovy Times 53:52
20 - I Fought The Law 57:22

Disc Two:

1 - London Calling
01:00:03
2 - The Guns Of Brixton 01:03:22
3 - Clampdown 01:06:33
4 - Rudie Can't Fail 01:10:23
5 - Lost In The Supermarket
01:13:52
6 - Jimmy Jazz 01:17:40
7 - Train In Vain 01:21:35
8 - Bankrobber 01:24:47
9 - The Magnificent Seven 01:29:22
10 - Ivan Meets G.I. Joe
01:34:56
11 - Police On My Back 01:38:03
12 - Stop The World 01:41:21
12 - Somebody Got Murdered 01:43:55
13 - Street Parade
01:47:29
14 - This is Radio Clash 01:50:58
15 - Ghetto Defendant 01:55:09
16 - Rock The Casbah 01:59:54
17 - Straight To Hell 02:03:36
18 - Should I Stay Or Should I Go 02:09:07
19 - This Is England 02:12:15

 

 
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