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06/11/2012

Interview : Fabrice Luchini

 

Fabrice Luchini : “Je ne vois pas comment les acteurs peuvent vivre sans théâtre”

 

Cinéma | D'Astérix au dernier François Ozon, il n'a jamais eu autant de succès au cinéma. Pourtant, ce fils d'immigré italien garde la scène comme moteur. Rencontre.

Le 22/09/2012 à 00h00
Propos recueillis par Louis Guichard - Télérama n° 3271

Fabrice Luchini. © Jean-François Robert pour Télérama

Il a « l'âge de la retraite selon François Hollande », dit-il. 61 ans. Il a même « réuni les papiers » pour savoir ce qu'on lui donnerait. Seulement voilà, Fabrice Luchini est au sommet de sa popularité, de son art, de son charisme et de sa bizarrerie. Lui qui a ramé pendant vingt ans, de 1970 à 1990, pour devenir une vedette, enchaîne les films millionnaires en entrées (Potiche, Les Femmes du sixième étage), remplit toujours les théâtres rien qu'en disant des textes seul en scène. Et il ne se sent pas encore « apte à la canne à pêche ».

Ivre de citations (Céline et Jouvet d'abord), porté par ses propres fulgurances, prompt à imiter debout confrères, consœurs ou metteurs en scène célèbres, il fait son grand show dans la cuisine de son appartement, commente à sa manière l'actualité : « "Le drame, c'est qu'aujourd'hui la bêtise pense", Jean Cocteau. » Cet automne, il sera un Jules César dépressif et en 3D dans Astérix et Obélix, Au service de Sa Majesté et, sur les planches, (à nouveau) la voix du pamphlétaire Philippe Muray. Mais on le verra surtout, au cinéma, se surpasser dans son emploi d'intello perdant peu à peu le contrôle - Dans la maison, de François Ozon. La conversation a lieu un jour où la demande de nationalité belge de Bernard Arnault est dans tous les esprits...

Deux millions de spectateurs pour vos deux derniers films sortis en salles : vous êtes un roi du box-office. Prêt pour les 75 % d'imposition ?
Une chose est sûre, je ne vais pas m'exiler fiscalement. Je citerai Céline : « Loin du français, je meurs. » Mais ça serait mieux si, parallèlement aux 75 %, on sentait un grand souffle mobilisateur venu d'en haut, un souffle à la Chateaubriand ! Ça donnerait plus envie de participer. Je trouve logique que les artistes et les footballeurs soient logés à la même enseigne que les chefs d'entreprise. Cela dit, comparé à monsieur Arnault, je suis un clandestin afghan ou un Albanais en fin de piste. Par rapport à la majorité des comédiens, oui, je suis riche.

« Je suis un fils d'immigré qui a réussi
dans son boulot. Je veux être fraternel
avec les prolos, mais je ne suis pas ouvriériste. »

Et pauvre, vous l'avez été ?
Mon père, oui. Immigré italien, il a d'abord été, comme mon grand-père, ouvrier, à Villerupt. Moi, je n'ai pas connu sa pauvreté. Quand je suis né, il avait déjà un commerce de fruits et légumes à Château-Rouge, dans le 18e arrondissement. Il travaillait tout le temps. Les Halles de Paris, c'était une vie nocturne, à l'époque. Il était très conservateur, dur, comme tous ceux qui servent les gens aisés. Il répétait des proverbes italiens du genre : « Il y a ceux qui mangent la soupe et ceux qui la regardent »... Ma mère, qui venait de l'Assistance publique, a travaillé, elle aussi, chez les bourgeois dès l'âge de 11-12 ans. Dans ce milieu, on n'a pas la haine des riches. L'argent est la référence absolue, on ne rigole pas avec ça. Quand j'étais enfant, tous les soirs papa comptait. Non pas les billets, mais les pièces.

Quand on a changé de classe sociale aussi radicalement, à laquelle appartient-on ? Aux deux ? A aucune ?
D'un côté, je ne trouve pas ça normal d'avoir changé de classe : je ne me sens pas légitime dans tant de confort. En tout cas, beaucoup moins que mon père ne l'aurait été. De l'autre, je ne vais pas jouer les prolétaires : si je n'ai aucune affinité avec les bourgeois accros au Figaro Magazine, j'appartiens désormais à la catégorie qui a une maison sur l'île de Ré, comme Lionel Jospin ! J'assume, justement parce que mon père en aurait été ravi. Je suis un fils d'immigré qui a réussi dans son boulot. Je veux être fraternel avec les prolos, mais je ne suis pas ouvriériste. J'ai même de l'animosité pour le cinéma ouvriériste. Dans l'immondice haineuse de Céline, le prolo est mieux défendu que par la compassion de certains cinéastes engagés. Mais je ne nommerai pas.

Et le changement de classe culturelle ?
Il a été total... Mon père, quand il lisait, c'était plutôt Henri Troyat. J'étais nul à l'école. Je suis devenu apprenti coiffeur à 14 ans, mais sans avoir le talent des gens qui me formaient. C'est le monde de la nuit qui m'a permis d'approcher les gens de cinéma et de décrocher de petits rôles. Et c'est après ma première participation à un film d'Eric Rohmer, Le Genou de Claire, que mon agent m'a envoyé dans un cours de théâtre, celui de Jean-Laurent Cochet. Cet enseignement a été la révélation absolue, complète, éblouissante. Rien de ce que disait Cochet sur Feydeau ou Racine ne m'était étranger. Enfin, je n'étais plus exclu.

« Je suis redevenu coiffeur à 25 ans,
faute de rôles. Ça fait bizarre de refaire des brushings
quand on a été acteur principal d'un film. »

Luchini coiffeur pendant de longues années, c'est un mythe ?
Non ! Je suis redevenu coiffeur à 25 ans, faute de rôles. Ça fait bizarre de refaire des brushings quand on a été acteur principal d'un film avec Michel Bouquet, Vincent mit l'âne dans un pré. Puis il y a eu Perceval le Gallois, de Rohmer, en 1978. Mon père est allé le voir sur les Champs-Elysées et, pour la première fois, il m'a encouragé : ne lâche plus l'affaire ! Je suis pourtant resté au moins deux ans au chômage ; je songeais à arrêter, personne ne voulait ne serait-ce que me recevoir. « L'acteur de Perceval ? Non, non, merci, on connaît... » Watch Videos Online | Perceval Le Gallois | Veoh.com

Comment êtes-vous devenu ce personnage de beau parleur un peu fat qu'on retrouve d'un film à l'autre depuis plus de vingt ans ?
C'est vraiment Eric Rohmer qui l'a inventé dans Les Nuits de la pleine lune, en 1984. Il m'a voulu comme un être de discours, le confident intellectuel de l'héroïne, Pascale Ogier, avec laquelle il s'abstient de coucher : une place dont je ne saurais me contenter dans la vie ! Bref, ce n'est pas moi, c'est une création de Rohmer. Or, ce rôle m'a façonné une image, presque une fois pour toutes, alors même qu'il ne m'a pas renforcé sur le marché des acteurs à l'époque : Rohmer était prestigieux, mais trop confidentiel, trop déconnecté de la médiocrité naturaliste dominante. Le vrai succès est venu en 1990, avec La Discrète, de Christian Vincent, qui n'était qu'une conséquence commerciale du style élaboré pour moi par Rohmer, mon deuxième père.

 

deuxième père.

Mais le goût du texte, vous l'aviez avant Rohmer ?
Oui, il a tout de même utilisé quelques composantes de moi ! Et je suis bien tombé avec lui, si pointilleux sur les dialogues. Car ma seule obsession d'acteur depuis toujours, l'obsession de ma vie, depuis ma sortie de la coiffure, est le problème de l'écrit. Comment faire s'envoler une langue écrite sans la dénaturer ? Comment retrouver l'impulsion originelle de l'auteur – ce que Nietzsche appelle « l'impulsion de l'imprimé » ? Comment éviter que l'oralité ne détruise « les harmonies premières » d'un texte – ça, c'est une formule de Paul Valéry ? L'acteur ne doit pas lire l'imprimé, il doit retrouver la force de celui qui l'a écrit.

« Au cinéma, si vous êtes somnolent,
la caméra fait de vous ce qu'elle veut.
Si vous la ramenez trop, vous encombrez. »

Au cinéma, le texte n'est pas toujours central, loin de là. Comment vous en débrouillez-vous ?
D'abord, c'est le théâtre qui est mon moteur, c'est là où je me sens le mieux, le plus proche de mon père : l'argent est justifié, ne serait-ce que par le travail colossal de mémorisation. Je ne vois pas comment les acteurs peuvent vivre sans théâtre. J'ai besoin de ses règles, de sa discipline. Au théâtre, on n'a pas honte. Au cinéma, si, même si ça peut être délicieux... Quand on est une tête d'affiche, c'est déréalisant, le cinéma. Et déresponsabilisant. Cela paraît surpayé : parfois une fortune pour dire un mot. Depuis quelques années, j'ai découvert que la somnolence y est essentielle. Si vous êtes somnolent, la caméra fait de vous ce qu'elle veut. Si vous la ramenez trop, vous encombrez. Il faut atteindre cet état que Louis Jouvet qualifiait de vacant.

Mais les réalisateurs vous considèrent plutôt comme un acteur technique, comparé à un Depardieu ou une Deneuve, vus comme d'éternels débutants. Ça vous gêne ?
Dans le film où je joue avec ces deux-là, Potiche, de François Ozon, je fais l'affreux mari : pour ce genre de rôle, il faut être hypertechnique, sinon ça ne marche pas. Il faut payer comptant, connaître son Feydeau par cœur. C'est d'abord un rythme. En règle générale, je ne travaille pas mes rôles psychologiquement. Les acteurs ont tendance à penser qu'il faut mettre de la vie dans un texte. Erreur ! La vie, c'est le texte. Celle de l'acteur ne doit pas lui faire obstacle. Je suis anti-Actors Studio. Nourrir d'états d'âme chaque geste ne résout pas l'essentiel, qui est la diction. Le but n'est pas de bien dire, comme les gens de la Comédie-­Française d'il y a cinquante ans. Le but est de trouver le bon état. C'est par la pratique sonore de la phrase qu'on l'atteint. Par la fréquentation du texte, la connaissance de toutes ses variations possibles. Comme le professe Jouvet, un acteur, c'est une voix.

Ce Jouvet que vous vénérez, vous avez refusé de le jouer dans un biopic, un projet récent d'André Téchiné. Pourquoi ?
C'est un crève-cœur de dire non à l'un des meilleurs cinéastes français. Mais je ne me suis pas senti capable de jouer Jouvet. J'aime l'homme de lettres, le prodigieux guide théorique sur l'art de l'acteur, l'auteur du Comédien désincarné et de Témoignages sur le théâtre. Mais, dans un biopic, il serait présent au mauvais sens du terme, c'est-à-dire physiquement. Je ne suis pas Jouvet, je ne sais comment l'incarner. Faut-il l'imiter ou non ? Je ne veux pas composer, me maquiller, me déguiser. Je peux me déplacer d'un univers à un autre, mais je ne sais pas tout jouer. Il faut choisir ses rôles, accepter d'être seulement le comédien de l'homme qu'on est. Trop d'acteurs pensent qu'ils peuvent tout faire.

« Les réalisateurs me mettent toujours
dans des situations où je finis par
ne plus parler et ne plus bander. »

Vous avez peur des mauvaises critiques ?
Comme tout le monde, y compris ceux qui prétendent le contraire ! Je pense que Claude Berri, avec qui j'ai fait Uranus, aurait adoré avoir les critiques pour lui. Il était riche, infiniment puissant, il avait tout, mais pas les critiques... Je pense que Cédric Klapisch, avec qui j'ai tourné deux fois, aimerait lui aussi les avoir. Il faut les deux, le public et la critique. Les critiques sont méchants, il y a des règlements de comptes subjectifs, des animosités, des détestations organiques, mais ça nous renseigne...

Dans le nouveau film d'Ozon, vous êtes un prof assuré et péremptoire qui, soudain, perd toute maîtrise... Vous êtes abonné à ce genre de chute ?
C'est le pur souhait des réalisateurs ! Ils me mettent toujours dans des situations où je finis par ne plus parler et ne plus bander. Ils jouissent de ­détraquer cette marionnette trop bien structurée ! Si je n'avais pas le théâtre, ce serait peut-être l'hôpital psychiatrique. Mais comme je reprends la parole sur scène, j'y renonce volontiers pendant les tournages, et je me laisse malmener pour le plus grand plaisir des cinéastes.

Ce film oppose ceux qui créent (un lycéen romancier) à ceux qui commentent (le prof). Vous, le passeur de textes, où vous situez-vous ?
Ni dans un camp, ni dans l'autre. Jouer, ce n'est pas créer, mais ce n'est pas comme donner un cours. La pensée la plus élaborée ne peut venir en aide à l'acteur. Pour jouer, il faut abdiquer l'intelligence intellectuelle, encore un conseil de Jouvet.

« Je cite toujours la question géniale d'Oscar Wilde :
‘Etre un couple, c'est ne faire qu'un. Oui, mais lequel ?’ »

Ozon joue avec une ambiguïté sexuelle qui vous a accompagné discrètement pendant longtemps...
A mes débuts, j'ai été reçu par un agent très connu, qui m'a dit : « Je ne te prends pas, et, à mon avis, tu ne réussiras pas, parce que tu n'es pas sexué. Quand tu joues, on ne sait pas si tu es homo ou hétéro. » Je suis reparti extrêmement accablé. En fait, pendant vingt ans, tout le monde a cru que j'étais homo : un acteur si maniéré ! Mais j'étais obsédé par les femmes, client des prostituées dès l'âge de 15 ans. J'étais ce que Céline aurait appelé un « tracassé du périnée », un « chercheur ». J'ai beaucoup cherché de ce côté-là... Parallèlement, mes amitiés étaient masculines, et souvent homosexuelles. Déjà, à 14 ans, dans la coiffure, j'étais entouré d'homos. Je suis comme un poisson dans l'eau avec l'homosexualité. Le nouveau roman de Claude Arnaud, Brèves Saisons au paradis, évoque un trio - l'auteur plus les scénaristes Bernard Minoret et Jacques Fieschi - avec lequel j'ai partagé dix ans d'amitié fusionnelle quand j'étais vingtenaire.

Pour ou contre le mariage homo ?
Je trouve le mariage en général très zarbi. Ne suis moi-même pas marié... Je cite toujours la question géniale d'Oscar Wilde : « Etre un couple, c'est ne faire qu'un. Oui, mais lequel ? »

Vous allez reprendre sur scène votre spectacle autour des textes du pamphlétaire Philippe Muray. Que diriez-vous à ceux qui n'accrochent pas ?
Muray a la dimension d'un Guy Debord comique. Prenez son texte sur le débat, un chef-d'œuvre, selon moi. Il dit que plus la pensée s'effondre, et plus il y a de débats : « Un magma d'entre-gloses qui permet de se consoler sans cesse de ne jamais atteindre seul à rien de magistral. » Il dit que le réel s'efface au rythme même où il est débattu : « On convoque de grands problèmes, et on les dissout au fur et à mesure qu'on les mouline dans le débat. » Plus il y a de débats, moins il y a de réel. C'est à la fois du Desproges et du Devos.

Dans Les Nuits de la pleine lune, en 1984, vous déclarez : « On est vieux quand on n'éprouve plus le besoin de séduire. » Qu'en pensez-vous aujourd'hui ?
A l'époque, j'avais un côté hystérique qui résonnait bien avec cette réplique. Mais aujourd'hui... Après trente-cinq ans d'analyse, si on ne vit que pour séduire, donc manipuler et mentir sur la marchandise, c'est qu'on est un peu pitoyable... C'est presque le contraire qui m'intrigue, désormais : qu'est-ce qui passe quand ça ne séduit plus, quand les gens n'applaudissent pas ? Est-ce qu'on s'effondre ou est-ce qu'on tient le coup ?

Fabrice Luchini en six dates
1965 Apprenti coiffeur à 14 ans.
1969
Première apparition au cinéma : Tout peut arriver, de Philippe Labro.
1970
Premier film avec Eric Rohmer : Le Genou de Claire.
1984
Avec Les Nuits de la pleine lune, Eric Rohmer impose le style Luchini.
1986
Commence à lire sur scène Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Enorme succès : reprises et suites jusqu'en 2005.
1990
Premier triomphe personnel au cinéma : La Discrète,de Christian Vincent.

 

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À voir

Dans la maison, de François Ozon, en salles le 10 octobre.

Fabrice Luchini lit Philippe Muray, au Théâtre Antoine, Paris 10e, à partir du 14 octobre.

01/11/2012

La dévaluation monétaire mène à la dévaluation sociale

Chèr_e-s camarades,
 
 * Dévaluation - (Économie): Définition : Définition
Une dévaluation monétaire se caractérise par une dépréciation du taux de change d'une monnaie par rapport à une devise de référence et donc par une perte de pouvoir d'achat.

 crise,finance,paupérisation,la dévaluation monétaire,la dévaluation sociale,interview,économieDylan Grice, analyste à la Société Générale, déclare que jamais depuis le début de sa carrière il n’a été plus inquiet pour l’avenir.

Il ne craint pas uniquement la panne du système financier, mais également un effondrement de la société dans son ensemble. “La dévaluation monétaire mène à la dévaluation sociale”, dit-il.

Quand la population ne peut plus faire confiance à la devise, la confiance dans la société tout entière… et les uns dans les autres… commence à s’effriter.

Vers la très grande panne du système économique et financier ... - agoravox : " Comme anticipé par LEAP/E2020 en Février dernier dans le GEAB N°42, le second semestre 2010 est bien caractérisé par une aggravation brutale de la crise marquée par la fin de l’illusion de reprise entretenue par les dirigeants occidentaux1 et les milliers de milliards engloutis par les banques et des plans de « stimulation » économiques sans efficacité durable. Les prochains mois vont dévoiler une réalité simple mais particulièrement douloureuse : l’économie occidentale, et en particulier celle des Etats-Unis2, n’est jamais vraiment sortie de récession3. Les sursauts statistiques enregistrés depuis l’été 2009 n’ont été que les conséquences passagères d’une injection massive de liquidités dans un système fondamentalement devenu insolvable à l’image du consommateur américain4 (....)

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Lorsque les autorités commencent à tricher sur la monnaie… tous les autres s’y mettent aussi. Voici ce qu’en dit Bloomberg :

Près de 2 400 personnes ayant bénéficié d’allocations chômage en 2009 faisaient partie de foyers dont les revenus annuels se montaient à un million de dollars ou plus, selon le Service de recherches du Congrès [américain]“.

Ce rapport a été publié après qu’environ 1,1 million de personnes sont arrivées au bout de leurs allocations chômage durant le deuxième trimestre 2012 [...]. Il est envisagé de supprimer de tels paiements aux personnes à hauts revenus, alors que les régulateurs américains tentent de contrôler un déficit estimé à 1 100 milliards de dollars pour l’exercice fiscal prenant fin le 30 septembre, avec un taux de chômage national à 8,1%”.

“[...] Les 2 362 personnes dans ces foyers millionnaires représentent 0,02% des 11,3 millions d’Américains ayant déclaré des allocations chômage en 2009, selon le rapport d’août. 954 000 autres ménages gagnant plus de 100 000 $ durant le pire ralentissement économique depuis la Grande Dépression ont également déclaré avoir reçu des allocations chômage”.

▪ Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Occident
Nous ne critiquons personne. Au fond d’eux-mêmes, les gens ne sont pas vraiment plus avides ou plus corrompus aujourd’hui qu’ils l’étaient auparavant. Mais désormais, c’est le système tout entier qui a viré à l’aigre.

Lorsque la monnaie devient factice, tout le reste suit. Dylan Grice :

Je suis plus inquiet que jamais au sujet des nuages qui s’amassent aujourd’hui (ce qui pourrait être le plus parfait indicateur contrarien qu’on puisse espérer…). J’espère qu’ils passeront sans tempête, mais je crains que les prochaines décennies ne soient caractérisées par un Grand Désordre de la sorte de ceux qui ont défini des époques et marqué des générations entières”.

Vous voulez plus de preuves de “dévaluation sociale” ? Dylan écrit :

Les 99% accusent les 1%, les 1% accusent les 47%, le secteur privé accuse le secteur public, le secteur public le lui rend bien… les jeunes accusent les vieux, tout le monde accuse les riches… mais bien peu remettent en question les idées qui sous-tendent le gouvernement ou les banques centrales”…

Nous avons vécu la plus grande hyperinflation de crédit de l’histoire, dit-il. Comme nous l’avons souligné à maintes reprises, ce programme est essentiellement un programme de transfert… pour faire passer les actifs des classes moyennes vers les riches.

A présent, ce sont les banques centrales et les gouvernements qui distribuent la nourriture. Naturellement, ceux qui sont le plus proches de ces institutions — les initiés, les as de la finance, les soutiens de campagne… et les riches plus généralement — obtiennent les plus grosses portions. Tout ça est ensuite censé couler vers le reste de la société. Mais ça n’arrive jamais.

Keynes lui-même reconnaissait cet effet. Voilà ce qu’il en disait :

Par un processus d’inflation continu, les gouvernements peuvent confisquer, secrètement et en cachette, une part importante de la richesse de leurs citoyens. Par cette méthode, non seulement ils confisquent, mais ils confisquent de manière arbitraire ; et quand bien même le processus appauvrit beaucoup de gens, quelques-uns s’en trouvent tout de même enrichis”.

Cette inflation monétaire… cette inflation du crédit (on n’est pas encore à des niveaux élevés d’inflation des prix à la consommation — du moins pas officiellement) fait passer l’argent vers les actionnaires et les investisseurs obligataires. Les classes moyennes n’ont pas progressé, en termes de revenus ou de valeur nette, depuis près de 20 ans. Et le nombre de pauvres augmente… avec une quantité sans précédent d’Américains bénéficiant de bons alimentaires.

Ce n’est pas là le genre de choses qui nourrit la cohésion sociale ou le bonheur commun. Cela cause plutôt du ressentiment, de l’envie… et de la tricherie de masse.

Source : La dévaluation monétaire mène à la dévaluation sociale

Pour une dévaluation fiscale : L'idée d'un choc de compétitivité, c'est-à-dire d'un transfert de la charge du financement de la protection sociale des entreprises vers la contribution sociale généralisée (CSG) combinée à d'autres impôts de type TVA ou taxe environnementale, fait débat, y compris entre économistes se réclamant de l'héritage "keynésien"

PDF]  GUIDE PRATIQUE D'ÉVALUATION - Cepal

 
Conclusion : Cette annalyse d'un néolibéraux ( néolibéralisme,) est intéressante pour comprendre les mécanisme de la "crise", " contration du système capitaliste", même si son objectif est de mettre en cause les institutions étatiques ( banque centrale, etats ...) pour éviter de remettre en cause le système capitaliste ( néolibéral) généraliser. Même en difficulté, il existe de nombreux garde fous  (sommet européen, , plan" sauvetage) pour éviter qu'il s'effondre de lui même. La  baisse tendancielle du taux de profit pronostiquait par Karl Marx est arrivé dans les années 70 en Europe d'ou une réorganisation du marché du travail ( privatisation de la sécurité)

30/10/2012

Témoignage de palestine

 

une photo de Martine Rimbault.
DE Tony Kopera
"Ils étaient empêchés de parvenir à leurs champs par la violence de colons israéliens radicaux et l’armée.

Ils ont été appuyés par une ONG israélienne. le saviez vous ?

...
Les fermiers se sont pressés dans la grande salle de la mairie de Beit Furik, à l’est de Naplouse en Cisjordanie, pour entendre le détail de la décision de la Cour suprême israélienne : après dix années de confiscation, ils pourront retourner sur leurs terres et récolter figues et olives.

Assis en rangs, keffieh sur la tête retenu par un boudin noir, longue tunique et peau tannée par le soleil, ils écoutent l’équipe juridique de l’ONG israélienne Yesh Din (« Il y a une justice » ) en égrenant leurs chapelets.
« Beaucoup de barrières, de manque de confiance, ont dû être franchis »

« Grâce à notre pétition, nous avons arrêté le cercle vicieux de colons radicaux qui empêchent par la violence les propriétaires palestiniens de venir sur leur terre, de l’armée qui intervient et finalement interdit l’accès des agriculteurs à leur propre terre, a proclamé l’avocat israélien Michael Sfard. Beaucoup de barrières, de manque de confiance, ont dû être franchis pour que nous puissions déposer cette pétition ensemble. Merci de nous avoir autorisés à faire partie de votre combat. » La salle a applaudi.

« En 1997, un fermier palestinien de Beit Furik âgé de 75 ans a été attaqué et tué dans son champ. Depuis, les violences de colons n’ont plus cessé, empêchant les habitants du village d’aller cultiver leurs oliviers. En 2005, un commandant de l’armée a réuni les villageois pour leur expliquer que l’accès à leur terre n’était plus autorisé et a placé des barrières. »"
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Ils étaient empêchés de parvenir à leurs champs par la violence de colons israéliens radicaux et l’armée.  
Ils ont été appuyés par une ONG israélienne. le saviez vous ? 
Les fermiers se sont pressés dans la grande salle de la mairie de Beit Furik, à l’est de Naplouse en Cisjordanie, pour entendre le détail de la décision de la Cour suprême israélienne : après dix années de confiscation, ils pourront retourner sur leurs terres et récolter figues et olives. 
Assis en rangs, keffieh sur la tête retenu par un boudin noir, longue tunique et peau tannée par le soleil, ils écoutent l’équipe juridique de l’ONG israélienne Yesh Din (« Il y a une justice » ) en égrenant leurs chapelets.
« Beaucoup de barrières, de manque de confiance, ont dû être franchis »
« Grâce à notre pétition, nous avons arrêté le cercle vicieux de colons radicaux qui empêchent par la violence les propriétaires palestiniens de venir sur leur terre, de l’armée qui intervient et finalement interdit l’accès des agriculteurs à leur propre terre, a proclamé l’avocat israélien Michael Sfard. Beaucoup de barrières, de manque de confiance, ont dû être franchis pour que nous puissions déposer cette pétition ensemble. Merci de nous avoir autorisés à faire partie de votre combat.  » La salle a applaudi.
« En 1997, un fermier palestinien de Beit Furik âgé de 75 ans a été attaqué et tué dans son champ. Depuis, les violences de colons n’ont plus cessé, empêchant les habitants du village d’aller cultiver leurs oliviers. En 2005, un commandant de l’armée a réuni les villageois pour leur expliquer que l’accès à leur terre n’était plus autorisé et a placé des barrières »,
 
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