Avertir le modérateur

27/10/2012

l’analyse de Philippe Cordat

 

 la photo de Anonymous Global Relay.
 
Citation: « Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme. »
Photo : Citation: « Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme.  »

Le « sommet » de la CGT rallié à l’Europe ? l’analyse de Philippe Cordat, secrétaire de l’Union régionale CGT de la région Centre

Interview de Philippe CORDAT secrétaire général de l’Union régionale CGT de la région Centre (qui regroupe 6 départements : le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre, l’Indre et Loire, le Loire et Cher et le Loiret).dans Bastille République Nations (BRN) mensuel daté du 17 septembre 2012


cordat-philippe

Philippe Cordat donne ici son analyse de la situation économique et sociale, de ses causes européennes, et des enjeux pour la centrale syndicale.

Photo : Syndicats.


BRN : A travers vos responsabilités, comment évaluez-vous aujourd’hui l’intégration européenne ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut remettre celle-ci en perspective : l’Union européenne est née de la Communauté du charbon et de l’acier des années 1950, a promu le libre-échange, puis la libre-circulation des capitaux et des marchandises. L’Union économique d’aujourd’hui sert les intérêts qui l’ont mises sur les rails des l’origine : ceux du capital. Elle apparaît comme un véritable carcan qui étend sa mainmise sur tout, de la production agricole et agro-alimentaire jusqu’à la défense, en passant par l’eau, l’énergie… Bref, tout ce qui structure les activités des pays, et la vie même de ses habitants.

 

BRN : Mais ses partisans invoquent la nécessité de coopérations …

 

Philippe CORDAT :

Ladite « construction européenne » est aux antipodes de véritables coopérations. Sa raison d’être a pour noms : restructurations, privatisations, remise en cause du fondement des protections sociales. En France, la Sécurité sociale est une conquête largement issue du programme du Conseil National de la résistance qui a soustrait une part de la rémunération du travail à l’emprise du capital. Le patronat s’est organisé au niveau européen pour dicter sa loi, et remettre en cause ces acquis.

 

BRN : Y a-t-il des conséquences particulièrement visibles dans votre région ?

 

Philippe CORDAT :

La région Centre est notamment caractérisée par un poids important des implantations militaires et des industries de défense, elle est par exemple la première région productrice de munitions.

Nous avons donc subi de plein fouet la transformation de ce qui était l’établissement public GIAT SA, puis en la société de droit privé Nexter. Les conséquences sont lourdes sur l’emploi, de même qu’en termes de droits et de statut des salariés. Et nous sommes en pleine restructuration de la production d’armements suivant une logique et un partage européens, avec l’arrivée de groupes privés, tels que Thalès et Dassault.

 

BRN : Une logique européenne, c’est-à-dire ?

 

Philippe CORDAT :

L’objectif de défense nationale a été supplanté par une ambition de défense européenne sous l’égide de l’OTAN. En fait de « défense », on devrait plutôt parler de projection aux quatre coins du monde, comme le montre la multiplication des missions « civilo-militaires » de l’UE ; et de « business » des armes pour maximiser les profits. Pour une région, cela signifie morcellement des productions jusquà la liquidation et au bradage de celles-ci selon des répartitions et arrangements au niveau européen, dont les sites de Bourges et de Salbris (ce dernier aujourd’hui liquidé) ont particulièrement fait les frais.

 

BRN : Comment évaluez-vous l’état d’esprit populaire sur ces enjeux ?

 

Philippe CORDAT :

Quand on est un syndicaliste CGT, on se doit d’adopter un point de vue « de classe » et de raisonner à partir des intérêts du salariat : ce qui nous importe au premier chef, c’est la réaction des ouvriers, employés, techniciens, cadres (en activité, en retraite, ou privés d’emploi). Lors des dernières élections, force est de constater que le vote des salariés s’est éparpillé comme jamais auparavant. Je pense que le rejet de l’Union européenne a été un des facteurs déterminants à cet égard, même s’il s’est traduit de manière confuse. Rappelons que les salariés avaient voté majoritairement contre le traité de Maëstricht en 1992, finalement adopté de justesse ; et que le NON massif du monde du travail au traité constitutionnel (TCE) a été déterminant dans le rejet de celui de 2005.

 

BRN : C’est la colère qui s’était ainsi manifestée ?

 

Philippe CORDAT :

C’est d’abord l’expérience. J’ai évoqué la protection sociale, mais il faut aussi citer les services publics, la recherche… La colère, elle, s’exprime le plus brutalement dans le secteur agricole, parmi les petits exploitants littéralement étranglés.

 

BRN : Sentez-vous que les salariés fassent le lien direct entre les attaques qu’ils subissent, et l’emprise de Bruxelles ?

 

Philippe CORDAT :

C’est souvent plus diffus, sauf pour ceux qui vivent directement les liquidations et fermetures. Là, nos syndicats d’entreprise soulignent les responsabilités- et sont souvent bien seuls : les autres organisations syndicales, dans les cas cités, ont fréquemment participé aux restructurations.

 

BRN : L’UE pousse aussi aux délocalisations…

 

Philippe CORDAT :

C’est le cas dans le secteur automobile, très présent également dans nos départements via les grands équipementiers. Ces derniers –tel Faurecia- contraignent nombre de sous-traitants à délocaliser leurs unités de production, en particulier vers l’Est de l’UE (Pologne, Tchéquie …).

Bruxelles verse ensuite des fonds, de même que les collectivités locales, pour financer les « cellules de reclassement », les « programmes de sécurisation » et les « plans sociaux » ! Cependant, ces délocalisations européennes semblent bien inaccessibles au niveau d’un syndicat d’entreprise, et provoquent souvent un sentiment d’impuissance.

 

BRN : En 1992, la direction confédérale de la CGT s’engageait résolument pour le NON à Maëstricht. En 2005, elle a tenté de maintenir la centrale dans un prudent retrait, avant que le Comité confédéral national (CCN) se prononce finalement pour le rejet du traité constitutionnel européen (TCE). Comment expliquer cette évolution spectaculaire ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut tout d’abord se garder de considérer que la CGT est homogène. Dans sa longue histoire, elle a connu en son sein des courants divers – pour faire court : un courant « révolutionnaire » et un courant « réformiste ». Ainsi, pour prendre un exemple vieux d’un siècle, la direction de la confédération s’était rangée, en 1914, du côté des bellicistes en appelant à l’ « union sacrée ». Cela s’est probablement fait à contre-courant du sentiment majoritaire des adhérents. La composition des directions est un facteur déterminant dans les affrontements entre les courants que j’ai citées.

 

BRN : Mais au moment du referendum sur le traité de Maëstricht …

 

Philippe CORDAT :

… Le bureau confédéral était largement acquis à la nécessité de lutter contre cette menace pour le pays et pour le monde du travail. Et la CGT a dû ainsi jouer un rôle important. Mais cela ne signifie pas que les dirigeants étaient unanimes. Ceux qui étaient porteurs d’une ligne « réformiste » faisaient déjà les yeux doux à l’intégration européenne. Logique : l’ « idée européenne » a été historiquement portée par deux forces : la social-démocratie et le Vatican. Les deux ne sont pas sans relais dans notre organisation, et ont fait de l’Europe un axe privilégié de leur influence en son sein.

 

BRN : C’est ce qui explique le couac de 2005 ?

 

Philippe CORDAT :

La composition de la direction confédérale avait alors évolué, au point que, à mon avis, si on avait fait un sondage auprès des membres de la Commission exécutive, on aurait trouvé une majorité pour le OUI. Au même moment cependant, un grand nombre d’organisations, parmi lesquelles plusieurs Unions départementales de notre région, ont consulté leurs syndiqués. La prise de position en faveur du NON a été massive. D’où le désaveu finalement infligé à la direction par le CCN (1).

 

BRN : En 1999, la CGT adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES). Est-ce que cela a accéléré l’évolution des dirigeants confédéraux en faveur de l’Europe ?

 

Philippe CORDAT :

Personnellement je faisais partie de ceux qui n’approuvaient pas cette adhésion. A l’époque cependant il s’agissait, disait-on, de porter des idées de lutte au sein de la CES en restant nous-mêmes, et de pousser cette dernière sur le chemin de l’action.

 

BRN : Finalement, laquelle des deux organisations a influé sur l’autre ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut regarder les choses en face. Certes, la CES organise régulièrement des manifestations transnationales. Mais elle reste plus que jamais intégrée aux institutions bruxelloises ; elle est d’ailleurs née en leur sein, avec l’objectif explicite de contribuer à la « construction européenne ». Elle ne remet en cause ni les fondements, ni même les principes pour lesquels l’UE agit en ce moment : effacement des souverainetés, remboursement des dettes au profit des marchés … Lors du débat sur feu le TCE, le site de la CES appelait explicitement à adopter celui-ci. Et jusqu’au referendum, les hauts dirigeants de la CES issus de la CGT ont fait campagne en ce sens.

 

BRN : Cet affrontement de 2005 a laissé des traces …

 

Philippe CORDAT :

Il a en tout cas ouvert les yeux de nombreux militants sur les positionnements des uns et des autres, ainsi que sur le rôle de certains groupes ou clubs associant dirigeants syndicaux et patronaux, avec la bénédiction et le soutien financier de Bruxelles. Il a également permis de mesurer l’ampleur de la perte de repères. Les dirigeants qui se sont laissé entra

îner ou dériver devraient aujourd’hui faire le bilan.

 

BRN : Bernard Thibault va-t-il engager cette évaluation critique ?

 

Philippe CORDAT :

Il ne semble pas en prendre le chemin. Le 8 décembre 2011, il cosignait, avec François Chérèque (CFDT) et d’autres syndicalistes européens, un texte affirmant notamment : "nous continuons de soutenir qu’il n’y a pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen". Les auteurs vantaient notamment le modèle social européen. Les termes de cette tribune sont ahurissants. Je pèse mes mots : cet appel est en rupture totale avec ce qu’a affirmé la CGT pendant des décennies – je renvoie notamment à un livre de référence, publié en 1981 sous l’égide du responsable aux questions internationales (2) et qui comportait une analyse sans concession de la Communauté depuis le Traité de Rome.

 

BRN : Quelles ont été les réactions ?

 

Philippe CORDAT :

Quelques camarades que je connais ont été stupéfiés. Mais le texte est en réalité passé inaperçu du grand public et de la masse de nos syndiqués. Quoiqu’il en soit, il va bien falloir clarifier les choses : la CES a-t-elle constitué un « plus » pour les salariés ? Il faudrait qu’un grand nombre de nos syndicats s’emparent de ces questions

 

BRN : Celles-ci auront-elles un écho lors du prochain congrès confédéral (mars 2013) ?

 

Philippe CORDAT :

Je l’espère. Pour l’heure, l’écho médiatique de sa préparation a plutôt porté sur la succession de Bernard Thibault, pour laquelle trois candidats ont été cités. Je note qu’aucun de ceux-ci ne semble remettre en cause l’orientation actuelle. Pour ma part, je souhaite que le choix se fasse sur notamment une question : qui sera le mieux à même de rassembler et de replacer la CGT dans une dynamique de conquête sociale ? A cet égard le critère déterminant est pour moi celui du parcours syndical : il faut que le ou la futur secrétaire général ait milité dans une entreprise, se soit confrontés aux patrons, sache ce que c’est qu’organiser une lutte, gagner de nouveaux adhérents ou collecter des cotisations sur le terrain.

 

BRN : C’est-à-dire l’inverse du profil des chefs de la CES …

 

Philippe CORDAT :

Exactement ! Ainsi, l’actuelle secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol, a fait toute sa carrière comme technocrate, conseillère puis dirigeante d’une fédération européenne, sans jamais avoir travaillé dans une entreprise. C’est le profil type d’une syndicaliste « institutionnelle » à la tête d’une organisation institutionnelle. La CGT n’en est pas là, et il faut éviter à tout prix qu’elle en arrive là un jour.

 

BRN :En matière de syndicalisme « institutionnel », quel rôle joue le concept de « dialogue social », qui se traduit par exemple par l’organisation d’un « sommet social » à Bruxelles tous les six mois ?

 

Philippe CORDAT :

Le « dialogue social », de même que les « partenaires sociaux » qui le constituent, sont des clés grâce auxquelles les dirigeants patronaux, notamment à l’échelle européenne, entendent intégrer les salariés dans leur propre jeu. Faut-il préciser que les « partenaires » patronaux n’ont jamais envisagé de partager ni les profits, ni les décisions ? Il s’agit plutôt de balader les syndicalistes – que ce soit au niveau des groupes, des branches, des pays, ou de l’UE – afin d’éloigner ceux-ci des entreprises et de leurs collègues. Ce « dialogue social » est la tasse de thé des gouvernements sociaux-démocrates, mais la droite n’est généralement pas en reste. D’ailleurs, beaucoup de salariés l’ont bien compris : dès qu’on leur annonce un « dialogue social », ils se demandent quel mauvais coup va être annoncé …

 

BRN : Quelle est l’alternative ?

 

Philippe CORDAT :

Ce n’est pas de « dialogue social » dont les salariés ont besoin, mais de négociations sur leurs propres revendications ! Ces négociations se caractérisent par le fait qu’elles s’appuient sur un rapport de force, et non sur la recherche d’un consensus. Et elles doivent partir d’un principe essentiel : ce sont les besoins sociaux, et ceux du pays, qui doivent être le véritable moteur de l’économie.

 

(1) Le Comité confédéral national (CCN) qui rassemble les représentants des Fédérations et Unions départementales, est l’organe souverain entre deux congrès.

 

(2) René DUHAMEL, "Aux quatre coins du monde". Editions sociales, 1981.

11/10/2012

Peugeot pourrait faire faillite d'ici 2015"

 

humour 156.jpgGlobalia de Jean Christophe...« Pour résoudre définitivement la question sociale, il(s) propose(nt) de partager l'humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau Dostoievski ( Les possédés p 401) : mis sur facebook
 
Photo 096.jpg
 

Après PSA, c’est ta boite qui te jettera à la rue !  ( mis sur facebook )

La fermeture de PSA nous pend au nez

 

Dans le cadre du site d’Aulnay-Sous-Bois, l’usine une fois fermée génèrera un «  manque a gagner » qui touchera durement l’économie locale et pas seulement les entreprises de sous-traitantes de l’usine, mais les commerces, les services, etc….

 

Tout cela pour les sales gueules des capitalistes (propriétaires d’usines, d’entreprises, de terrains, de logements, etc.), qui pour maintenir leur profits, sont prêtes aujourd’hui a jeter qui gens d’hier se sont crevés au travail pour eux. Pour la survie du système qu’ils savent qu’ils ne sauveront pas, comme le prouve l’arrêt des subventions sur les usines métallurgiques, la sidérurgie et mine d’extraction de fer (grève de plus de plus de 8000 mineurs de plus de 40 mines de charbon dans le nord de l’Espagne, suite à la réduction de 64% des subventions, d’arcelor Mittal à annoncé, au cours d’un comité centrale d’entreprise, la fermeture définitive des deux hauts Fourneaux de Florange, etc….).

 

 

Les salariés de PSA Aulnay s'adresse a vous  (tout les articles dessus)

Communiqué :

« Comme vous le savez, PSA a l’attention de supprimer 8000 emplois en France et de fermer les usines d’Aulnay sous bois, en sceine- saint Denis.

8000 emplois, c’est 10% des effectifs de PSA France

Quand à l’usine d’Aulnay, c’est 3000 salariés, c’est la plus grosse usine de production de Seine Saint Denis. En comptant les sous-traitants, la fermeture de cette usine entrainera la disparition de 10.OOO emplois. On imagine sans mal les conséquences dramatiques que cela aurait sur un département déjà durement touché par le chomage.

Les dirigeants de PSA prétendent qu’ils n’ont pas le choix que c’est l’avenir de tout un groupe qui est en jeu. Rien que cela ! Le PDG invoque une baisse des ventes qui metteraient la situation du groupe en péril

 

Mais la vérité est outre autre :

PSA a doublé sa production en 20 ans

PSA a battu des records avec 3 .6 millions de voitures vendues. Et presque un record égalée ce record en 2011

PSA a versée 2. 8 millions d’euro d’actions dont 78 millions rien que pour la famille peugeot. PSA s’est même permis le luxe de  racheter 199 millions d’euros d’actions pour les détruire afin de renchérir le capital des gros actionnaires

PSA dispose de 10 millions de fond propre.

 

Les dirigeants de PSA nous font le coup du malade imaginaire. Or ce plan n’est que la conséquence d’une erreur stratégique come on le dit souvent dans la presse, mais bien le choix stratégique de PSA de maintenir, voir d’augmenter ses profits, au détriment de ces salariés et de leur famille. En réalité, PSA a largement les moyens de maintenir tous les emplois, tous les salaires et toutes les usines.

 

D’ailleurs la preuve que ce plan n’a rien a voir avec l’état actuel du marché de l’automobile, c’est qu’il était préparé depuis fort longtemps. Des le mois de juin 2011, la CGT a revelé un document interne, datant d’aout 2O10 prévoyant la fermeture d’Aulnay !

 

PSA n’est d’ailleurs pas la seule à agir ainsi. D’autres plans sont annoncés à AIR France, a Sanofi, A carrefour. Et combien d’autre plans de licenciements sont en cours de préparation dans le secret des conseil d’administration des grandes sociétés ?

 

Non aux licenciements ! Non aux fermetures d’usines ! »

 

 

 

 
Photo 093.jpgSource : Capital.fr
04/10/2012 à 09:26 / Mis à jour le 04/10/2012 à 10:14
 

Gérant actions chez Convictions AM, Joffrey Ouafqa est prudent sur le secteur automobile à court terme, compte tenu d'un flux de nouvelles négatives. Pour autant, il estime que le trou d'air attendu devrait générer de belles opportunités, notamment parmi les valeurs allemandes, qui constituent selon lui un meilleur pari que les actions françaises du secteur. Il est prudent sur Peugeot, estimant qu'à ce niveau de cours, de nombreux intervenants tablent sur une faillite à terme du constructeur, qui brûle chaque mois environ 200 millions d'euros de trésorerie.

 

Capital.fr : Quelles sont les perspectives du marché automobile ?

 

Joffrey Ouafqa : En 2011, la Chine est devenue le premier marché mondial, avec 14 millions de véhicules vendus, et une croissance de 11% est attendue pour cette année. Les constructeurs européens, comme Volkswagen ou Daimler-Benz, y ont toutefois noté un ralentissement des ventes en septembre. Ils ont aussi indiqué qu'ils devaient consentir des rabais, sous la pression d'une forte concurrence, ce qui affectera leurs marges dans le pays. Le marché brésilien connaît un rythme de développement élevé avec 5% de croissance attendue en 2012..

 Capital.fr : Le marché américain paraît assez résilient…

 Joffrey Ouafqa : Le marché américain a une taille comparable au marché chinois. Outre-Atlantique, les ventes restent en deçà de leur niveau d'avant crise, mais la demande reste portée par le besoin de renouveler un parc vieillissant, âgé de 11 ans en moyenne, et les arbitrages des ménages en faveur de véhicules plus petits et économes en carburant. En revanche, le marché européen est plus fébrile. Il devrait se contracter de 8% cette année, emporté par une demande atone et l’absence de primes à la casse. Les marchés italien, français et espagnol sont particulièrement moroses.

 Capital.fr : Après la descente aux enfers de Peugeot, le titre a-t-il atteint selon vous un niveau plancher ?

 Joffrey Ouafqa : PSA brûle près de 200 millions d'euros de trésorerie par mois. A 6 milliards d'euros à fin décembre 2011, la trésorerie devrait à ce rythme s'être évaporée d'ici 2015. La société doit donc à tout prix se restructurer, sous peine de faire faillite, un scénario sur lequel tablent de nombreux intervenants, vu le niveau des cours. On ne pourrait alors pas exclure une nationalisation. Peugeot n'utilise ses usines qu'à 76%, alors que l'agence de notation Moody's estime à 85-90% le niveau d'utilisation viable. Fermer des sites de production est donc la seule option pour PSA.

 Capital.fr : Ne pourrait-on pas envisager un adossement à un concurrent ?

 Joffrey Ouafqa : Peugeot vend essentiellement de petits véhicules à faibles marges, et n'est pas une proie très attractive, pour un prédateur potentiel. D'autant qu'une transaction impliquerait que la famille Peugeot accepte de céder ses parts et de tirer un trait sur l'indépendance du constructeur. Le groupe pourrait toutefois intéresser un acteur chinois cherchant à acquérir de l'expérience dans la production d'automobiles.

 Capital.fr : Renault pourrait-il racheter Peugeot ?

 Joffrey Ouafqa : Un tel scénario est peu probable, car la nouvelle entité détiendra 60% du marché national, ce qui poserait des problèmes de concurrence… Par ailleurs, PSA est essentiellement européen, et peine à vendre hors du vieux continent, alors que Renault, via ses filiales Nissan et Avtovaz (marque russe Lada, NDLR), a déjà une envergure mondiale et marque des points dans les marchés à croissance rapide, comme le Brésil, qui est son deuxième marché. Les deux constructeurs hexagonaux sont en outre positionnés sur les mêmes types de produits. Enfin, un rapprochement se traduirait inévitablement par des fermetures de sites, ce que pourrait contester le gouvernement…

 Capital.fr : Faut-il préférer l'action Renault à Peugeot ?

 Joffrey Ouafqa : Les deux constructeurs affichent en Bourse de faibles niveaux de valorisation, comparés aux moyennes historiques. Renault ne se paie par exemple que 5 fois les bénéfices attendus pour 2013… En revanche, l'action Peugeot ne pourra remonter durablement que si le groupe parvient à ne plus brûler de trésorerie. Le dossier est clairement plus risqué et spéculatif que Renault.

 Capital.fr : Le PDG de Renault Carlos Ghosn a récemment indiqué que le constructeur pourrait disparaître sous sa forme actuelle. Quels scénarios peut-on envisager ?

 

Joffrey Ouafqa : Carlos Ghosn a l'habitude de tirer la sonnette d'alarme sur le secteur automobile français, d'appeler les autorités à restaurer la compétitivité des acteurs hexagonaux, notamment via une diminution du coût horaire des salariés des usines. Ses propos constituent une mise en garde, sous-entendant que Renault pourrait complètement délocaliser la production hors de France, notamment au Maghreb ou en Europe de l'Est. Enfin, je ne pense pas qu'un rapprochement capitalistique entre Renault et un autre grand acteur soit nécessaire, le groupe disposant déjà d'un partenaire de poids avec le japonais Nissan.

 Capital.fr : Quels facteurs expliquent la surperformance des titres des constructeurs allemands sur leurs concurrents hexagonaux, au cours des dernières années ?

 Joffrey Ouafqa : En période de crise, les constructeurs allemands résistent et gagnent des parts de marché sur les constructeurs français. Outre la qualité des véhicules d'outre-Rhin, ces derniers sont particulièrement bien adaptés à la demande. Les constructeurs proposent un vaste éventail de véhicules haut de gamme aux chinois en quête de statut social. Enfin, les constructeurs germaniques disposent d'une longueur d'avance pour l'organisation de la production. En particulier, la mise en commun de nombreuses pièces entre différents véhicules, pas forcément de mêmes niveaux de gamme, génère d'importantes économies d'échelle, permettant ainsi aux groupes allemands de dégager de plus fortes marges que leurs concurrents français.

 Capital.fr : Peut-on espérer un rattrapage progressif des valeurs automobiles françaises, ou est-il préférable de miser sur d'autres constructeurs ?

 Joffrey Ouafqa : A brève échéance, le secteur automobile dans son ensemble risque de se retrouver sous pression. Les constructeurs allemands ont noté en septembre une progression de leurs stocks en Chine, du fait de l'impact des incertitudes économiques et politiques dans ce pays. Une fois le flux de mauvaises nouvelles tari, il y aura des opportunités sur les valeurs automobiles allemandes, qui constituent à mon sens un meilleur pari que leurs homologues françaises. En effet, même si Peugeot et Renault affichent de plus bas niveaux de valorisation, ils sont justifiés, car nos constructeurs sont moins bien positionnés, ont des difficultés d'adaptation à leur environnement, produisent des véhicules de moins bonne qualité, sont moins bien organisés, et ils ont des difficultés à augmenter leurs prix…

 Capital.fr : Dans l'immédiat, quelles valeurs recommandez-vous ?

 Joffrey Ouafqa : A plus court terme, je privilégie des équipementiers, comme Michelin, relativement peu dépendant des cycles de vente de l'automobile.

 Propos recueillis par Nicolas Gallant

Crise financière et compétitivité dans les pays d'Asie

L e s É t u d e s d u C E R I

N° 42 - juin 1998

Crise financière et compétitivité dans les pays d'Asie

 

03/10/2012

Nouvelles d'un anarchiste syrien

 
Traduit du site depuis Solidarity Federation par l'UCL (camarades québécois d'Anarkismo)

Je m’appelle Mazen ******, un anarchiste syrien. Je veux vous informer de la situation humanitaire dans mon pays, la Syrie; en raison de l’oppression brutale du régime actuel contre les masses en révolte. Un groupe de jeunes anarchistes syrien-ne-s et d’antiautoritaires d’Alep, en Syrie, m’a contacté puisqu’il avait un urgent besoin d’aide. Leur communauté a un besoin urgent pour à peu près tout : médicaments, tentes, lait pour enfant, etc. ; presque tout. Nous espérons que vous pourrez les aider à alléger leurs souffrances en ces temps difficiles.

 

À propos de la situation actuelle en Syrie, ça se détériore rapidement. Après les meurtres de quelques généraux haut placés dans le régime (ministre de la défense et son député, également le beau-frère du président lui-même) par une force inconnue, même si l’armée libre syrienne s’est déclarée responsable des attaques; les groupes armés de l’opposition ont attaqué les deux villes principales qui étaient réticentes à joindre la révolution auparavant : Damas et Alep. Une bataille sans merci a dès lors commencé, après les gains de l’opposition tôt dans le conflit, l’armée d’Assad a réuni ses forces restantes et a contre-attaqué à sa manière conventionnelle, incluant des jets de combat, sans oublier les canons et les tanks qu’elle utilisait déjà depuis des mois. Plusieurs civil-e-s ont dû fuir dans des conditions difficiles, des centaines ont été massacré-e-s.

En fait, maintenant la révolution syrienne est un combat ouvert. Les manifestations pacifiques ont perdu leur signification maintenant, et personne ne porte d’importance à les mentionner ou pense qu’elles peuvent avoir un impact réel sur l’issue du conflit. Ce qui a commencé par une révolution de masse est devenu un conflit armé entre l’armée du régime et leurs opposant-e-s. Ceci est arrivé principalement en raison de l’oppression brutale du régime actuel, utilisant son armée, ses tanks et ses fusils contre le voisinage civil, mais également en raison de l’intervention de certains tyrans comme la monarchie Qatarienne et Saoudienne.

En raison du positionnement stratégique de la Syrie, la révolution a été prise dans la rivalité Iranienne-Saoudienne pour la domination de la région, et même entre la Russie et les États-Unis, chacun supportant son parti dans la rivalité pour leurs propres intérêts; nous ne pouvons pas croire que la monarchie saoudienne ait à cœur la liberté des syriens et syriennes, ils ne veulent qu’affaiblir davantage leur adversaire : le régime oppressif islamiste iranien. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont tout fait pour détourner la révolution syrienne vers le conflit entre les sectes chiites et sunnites de l’islam; et cyniquement, le régime syrien a fait de même.

Récemment, un journaliste saoudien influent a décrit le printemps arabe (terme utilisé pour décrire la succession de révolutions arabes) comme un groupe sunnite menaçant l’Iran chiite. Les autres camps de l’opposition aux régimes oppressants ont également utilisé les termes « sectaires ». Le régime syrien tente de faire la même chose en se proclamant le « protecteur des minorités religieuses » en Syrie.

Nous l’avons vu de façon très différente, nous avons vu comment cela a commencé, une révolution de masse spontanée contre la dictature et ses politiques néolibérales et ses « réformes » et dans ce moment difficile pour les masses, nous comptons sur les masses, sur les oppressé-e-s, de peu importe la religion, la secte ou l’ethnie, de s’unir avec nous contre leurs oppresseurs, peu importe leur religion. Nous comptons sur des organisations comme celles de nos camarades d’Alep et d’autres initiatives faites par des jeunes étudiants et étudiantes ou des travailleurs et travailleuses. C’est un conflit difficile qui pourrait devenir une guerre civile sectaire, il n’y a aucune garantie sauf celle de la détermination des masses de continuer le conflit jusqu’à l’obtention de la vraie liberté, de la justice et de autogestion des opprimé-e-s.

En fait, il y a toujours de très grandes divisions entre la gauche syrienne et arabe : les staliniens conservent des liens avec le régime actuel en tant qu’anti-impérialistes; comme à l’habitude, ils négligent la nature oppressive du régime, c’est tellement naturel pour eux. Il y a trois partis communistes syriens supportant le régime actuel sans remords. D’autres partis staliniens d’Arabie supportent le régime également. De l’autre côté, les trotskystes se tiennent contre ces régimes, mais ils voient les islamistes comme des possibles alliés, ce qui crée un autre conflit, car ils oublient la nature réactionnaire, autoritariste et capitaliste, voir même néolibérale du projet islamiste. On se rappelle de l’Égypte où les trotskystes avaient une très forte organisation : les socialistes révolutionnaires.

Une autre chose, chers frères et sœurs, je retourne en Syrie au mois d’août, pour joindre le conflit de nos camarades. Certain-e-s activistes syrien-ne-s ont organisé une campagne appelée « WE ARE COMING BACK ». On entrera en Syrie en août de *******. Nous prévoyons que le régime nous arrête, il pourrait torturer quelques-un-e-s d’entre nous et même en tuer. J’ai besoin de votre solidarité. Certain-e-s camarades vous feront parvenir des mises à jour à mesure que ces évènements arriveront. Pour l’instant, je suis toujours à *****, Égypte. Si vous pouvez arranger n’importe quel type de support pour nos camarades en Syrie vous pouvez me contacter jusqu’à ce moment, et avant de quitter pour la Syrie; je peux vous donner des contacts de certains camarades en Syrie ou en Égypte ici pour donner vos contributions. Merci à tous et toutes pour votre solidarité.
 


Pour la révolution, la liberté, pour l’anarchie !!

 

*******
Certains détails ont été masqués pour ne pas mettre en péril la sécurité du camarade concerné.
 
A las barricadas - Wikipédia :  las barricadas est un chant anarchiste de la CNT-AIT pendant la Guerre civile espagnole. Il se chante sur l'air de La Varsovienne. Les paroles ont été écrites par Valeriano Orobón Fernández, et publié pour la première fois en novembre 1933 dans un supplément de la revue Tierra y Libertad de Barcelone
 
Paroles
Negras tormentas agitan los aires
Nubes oscuras nos impiden ver.
Aunque nos espere el dolor y la muerte
Contra el enemigo nos llama el deber.
El bien más preciado es la libertad
Hay que defenderla con fe y valor.
Alza la bandera revolucionaria
que del triunfo sin cesar nos lleva en pos
Alza la bandera revolucionaria
que del triunfo sin cesar nos lleva en pos
En pie el pueblo obrero, a la batalla
Hay que derrocar a la reacción.
¡ A las barricadas ! ¡ A las barricadas !
Por el triunfo de la Confederación.
¡ A las barricadas ! ¡ A las barricadas !
Por el triunfo de la Confederación.

Traduction française

Des tempêtes noires agitent les airs
Des nuages sombres nous empêchent de voir.
Même si la mort et la douleur nous attendent
Le devoir nous appelle contre l'ennemi.
Le bien le plus précieux est la liberté.
Il faut la défendre avec foi et courage.
Lève le drapeau révolutionnaire
Qui sans arrêt nous mène vers le triomphe
Debout peuple ouvrier au combat
Il faut vaincre la réaction :
Aux barricades ! Aux barricades !
Pour le triomphe de la Confédération !
Aux barricades ! Aux barricades !
Pour le triomphe de la Confédération !
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu