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16/09/2012

Square 29 : António Lobo Antunes

 

Square  Magazine culturel   Emission du 15/09/2012  Square #29 - La séance photo - videos.arte.tv  ( rediffusion le 22 septembre 2012) l a le sentiment de n'appartenir à aucun pays mais il est l’écrivain portugais le plus traduit du moment. Il est modeste mais son ambition est de mettre toute la vie entre les pages de ses livres. Il n’aime pas les interviews mais il s’est entretenu pendant quarante-trois minutes avec Vincent Josse, chez lui, à Lisbonne, dans Square : António Lobo Antunes.

"Dans l’interview, je dis n’importe quoi pour qu’on me fiche la paix." L’homme est un peu bourru. Il n’aime pas parler des livres qu’il a déjà écrits car "c’est une histoire d’amour finie". Pourtant, il va se prêter au jeu et nous parler, peu de La nébuleuse de l’insomnie, son dernier livre, mais de son rapport à l’écriture et à la littérature, de son œuvre en général.

Dans un français parfait, tout juste teinté d’un léger accent qui nous rappelle qu’il a grandi au Portugal dans un melting-pot linguistique fait de brésilien, d’allemand, d’italien et de français, António Lobo Antunes revient sur le rôle de la littérature dans sa vie. A l’image des bibliothèques qui tapissent les murs de son appartement, les livres sont omniprésents. Un bon livre - il cite ceux de Proust, Céline, Cendrars, Apollinaire... - ne dort jamais et ceux qu’il a choisis l’aident à vivre jour et nuit.

António Lobo Antunes publie son premier ouvrage à 39 ans, presque par hasard. Il n’avait jamais pensé à devenir écrivain. Psychiatre, il est envoyé comme médecin en Angola, pendant ce qu’on a appelé les guerres coloniales portugaises. Son expérience de la guerre l’a marqué à jamais et même s’il l’évoque avec beaucoup de pudeur, la violence à laquelle il a été confronté durant ces années imprègne tous ces livres. De ce conflit, et de son enfance tellement internationale, il a tiré aussi une absence de patriotisme revendiquée et un dégoût des nationalismes de tout poil.

Les livres d’António Lobo Antunes ne racontent pas d’histoire et ne respirent jamais. Mais ils écoutent et si on les lit attentivement, on entendra le silence que l’auteur a voulu y glisser entre les lignes. Un personnage passionnant qui dit tout sauf n’importe quoi.

 

Date de première diffusion : Jeu., 13 sept. 2012, 11h48

Arts, Cultures & Spectacles, Square #29, Littérature, António Lobo Antunes,

Samedi 22 septembre 2012 de 06:00 à 06:45 sur Arte Belgique (Rediffusion)
Voir dans la grille

Philippe Djian vient de publier son nouveau roman, «Oh...», chez Gallimard. Il vient en parler dans «Square».

Informations détaillées

Genre : Magazine culturel
Invité : Philippe Djian
Présentateur : Vincent Josse, Anja Höfer (en alternance)

Square : liste des épisodes

Square - dimanche 23 septembre 2012
Square - samedi 22 septembre 2012
Square - samedi 15 septembre 2012
Square - samedi 21 juillet 2012
Square - samedi 14 juillet 2012
Square - samedi 07 juillet 2012
Square - samedi 30 juin 2012
(....)
 
Antonio Lobo Antunes dans Square#29. "L'ours de Lisbonne" dans l'Obs ciné télé
Photo : Antonio Lobo Antunes dans Square#29.   "L'ours de Lisbonne"    dans l'Obs ciné télé
 
Le dernier roman de Antonio Lobo Antunes est sorti en Allemagne -Der letzte Roman von Antonio Lobo Antunes ist auf Deutsch erschienen
 
Photo : Le dernier roman de Antonio Lobo Antunes est sorti en Allemagne -Der letzte Roman von Antonio Lobo Antunes ist auf Deutsch erschienen
 
arte.tv/square - Dimanche 16 septembre à 11h45 sur ARTE — à Lisbonne.
Photo : En route pour une rencontre avec Antonio Lobo Antunes à Lisbonne - Auf dem Weg zu Antonio Lobo Antunès in Lissabon
Photo : L'écrivain portugais Antonio Lobo Antunes songeur - Der portugiesische   Schriftsteller Antonio Lobo Antunès - nachdenklichPhoto : Antonio Lobo Antunes amusé - Antonio Lobo Antunès, amüsiert
Photo : Séance de lecture de La Nébuleuse de l'insomnie   - Vorlesung aus « Der Archipel der Schlaflosigkeit »
 
 
"Les livres sont bons quand ils ne dorment pas" - "Bücher sind gut, wenn sie nicht schlafen" (Antonio Lobo Antunes) Photo : "Les livres sont bons quand ils ne dorment pas" - "Bücher sind gut, wenn sie nicht schlafen"   (Antonio Lobo Antunes)

31/08/2012

Antisocial est d'actualité

 

Cette chanson est une reprise de la version française du même titre faite par le groupe "Trust", malgré que les paroles d'Anthrax diffère de beaucoup de l'original. Anthrax cependant ont laissés les couplets en français sur leur album simple nommé "No Hit Wonders".

Au bout de la ligne, les deux sortent gagnants, surtout "Trust" car son nom figure sur la série "Guitar Hero World Tour" et revient avec l'honneur du premier groupe en langue française à paraître de façon formelle sur la série et de plus le premier groupe à paraître dans une langue autre que l'anglais... Santé à tous ! ! ! ! ! ! ! ! !
Anthrax - Antisocial (HD)

You¹re a train ride to no importance
T'es un train voyageur sans but précis
You¹re in love with hell existence
T'es en amour avec l'existence de l'enfer
Money is all that you desire
L'argent est tout ce que tu désires
Why don¹t you pack it in and retire
Pourquoi ne plis tu pas baggages et décampes pas ( criss ton camp ! )
It¹s common nature you can¹t fool me
C'est la nature des choses, tu ne peux me berner ( bidonner )
I¹m just the money that you can¹t let free
Je suis rien que de l'argent que tu ne peux laisser filer
Rainy day genius clouds your mind
Tu as la tête dans les nuages
Don¹t you realize the blind lead the blind
Ne réalises tu pas que l'aveugle guide l'aveugle

humour 156.jpgT'es antisocial !
Eh bien Monsieur Temps, te détenderas-tu ?
Ou planifiras-tu un nouveau design ?
Ta revendication de gloire est la loi et l'ordre
Le riche devient riche, le pauvre devient pauvre
Tu étiquettes tout ce que tu vois
Çà c'est pour toi et çà pour moi
Si c'est çà gagner, je préfère perdre
Pourquoi n'écoutes tu pas mes point de vues absurdes ?
Comment te sens-tu ?
T'es un train voyageur sans but précis
T'es en amour avec l'existence de l'enfer
L'argent est tout ce que tu désires
Pourquoi tu ne plis pas baggages et fou le camp ( criss ton camp ! )
C'est la nature des choses, tu ne peux me berner ( bidonner )
Je suis rien que de l'argent que tu ne peux laisser filer
L'esprit de la pluie embrouilles ton esprit
Ne réalises tu pas que l'aveugle guide l'aveugle
T'es antisocial !


TRUST "Antisocial" (Live) : , Live à l'Olympia 2/2 , Au nom de la race" - Live à l'Olympia 1/2  : 

 

  

 

 

humour 98.jpgLe Price to book, Ce ratio lie la capitalisation boursière aux capitaux propres d'une entreprise. A l'époque, il nous paraissait évident que les valorisations boursières étaient plus élevées que les capitaux propres parce que la croissance future n'est jamais prise en compte dans la situation nette comptable. Or, c'est aussi ce que la Bourse tente de valoriser. De plus, la valeur des actifs immatériels est mieux reflétée dans les cours boursiers.

humour 120.jpgEt dans l'affaire Peugeot ?
Fin juillet, grâce à (à cause de...) l'affaire Peugeot, il est largement revenu sous les feux de l'actualité. Le price to book du constructeur automobile est en effet tombé à 0,2 ; ce qui a relancé les supputations sur une future offre hostile. Philippe Béchade m'a même appelé en me disant que la valeur de Peugeot (et de Citroën) était équivalente à zéro avec la capitalisation actuelle du groupe !

 

 

 

En fait, les investisseurs font l'interprétation suivante : Peugeot n'est plus en état de résister à la concurrence mondiale et, ces prochaines années, des pertes abyssales vont complètement grignoter les capitaux propres du groupe. De sorte que le ratio actuel est logique et ne fait que refléter une situation qui ne peut que se dégrader...

« La société semble vouloir se restructurer en profondeur, comme l'atteste la fermeture d'Aulnay-sous-Bois -- tragique pour les ouvriers mais complètement logique dans une stratégie industrielle. L'usine était complètement sous-utilisée et ses charges non amorties. Croyez-moi, je ne verse pas dans le darwinisme social et ne veux pas revenir aux années Reagan ; mais il faut appeler un chat un chat dans un monde où la vérité est si difficile à dire : le site d'Aulnay aurait dû être fermé depuis des années.

Pour revenir à nos fonds propres, je dois quand même souligner, ami lecteur, afin d'être plus précis, que
les fonds propres regroupent notamment les réserves, les reports à nouveau ou encore les bénéfices engrangés depuis des années. En théorie, plus ce ratio est faible, plus la société a de chances de faire faillite.

Dorénavant, tant que les marchés actions n'auront pas vraiment décollé, je n'hésiterai pas à calculer ce fameux price to book aux côtés du PER, de la VER/ROC ou encore du rendement.

 

humour 97.jpgNouvelle niche spéculative pour les investisseurs institutionnels ou nom : les Philippines.

. » Le marché boursier philippin est celui qui a enregistré parmi les meilleures performances au monde cette année. Son économie est l'une des rares économies asiatiques qui croîtra plus vite cette année que l'année dernière. Le peso philippin est la monnaie qui a enregistré la meilleure performance par rapport au dollar cette année, avec un accroissement de 5%.

L'homme qui met en avant l'idée des Philippines est un ex-banquier, entre autres. Il a des intérêts et des liens à Manille. Ces vingt dernières années, il s'y est rendu des douzaines de fois et s'émerveille des changements.

"On voit des grues partout" raconte-t-il. "De nouveaux immeubles, des magasins, des restaurants. C'est incroyable. Jamais je n'aurais pensé voir ça."

Les ingrédients habituels sont en fermentation, comme la levure dans la pâte à pain, ce qui fait croître la région : une population jeune, des ressources minières importantes (et non encore exploitées) et un changement de gouvernement.

 

Concernant la jeunesse de la population, l'âge moyen est seulement de 22,9 ans. Il semble que tous les pays en plein boom que j'ai visités en Asie, du Cambodge à la Mongolie, ont une population jeune. L'avantage est que la plus grande partie de la population est en âge de travailler et de tels pays évitent donc les défis démographiques auxquels doivent faire face les pays occidentaux vieillissants.

Ensuite vient la richesse minière. Il y a près de 7 000 îles qui constituent les Philippines. Les forces géologiques qui ont créé ces îles ont également apporté de riches minerais en surface, où ils peuvent être exploités. Selon certaines estimations, la richesse minière des Philippines atteint 2000 milliards de dollars, elle est peut-être aussi importante que celle d'Indonésie. L'or, le cuivre, le nickel, le minerai de fer -- tout est là sous forme de gisements immenses et inexploités. Des milliards de dollars de nouveaux plans d'exploitation n'attendent qu'à être approuvés.

La troisième force au travail est un changement au niveau gouvernemental. Le président actuel Benigno Aquino est arrivé au pouvoir en 2010. Entre autres, il a fortement encouragé les investissements pour des infrastructures indispensables. Le gouvernement a validé des projets de construction de routes pour une valeur de 1,1 milliard de dollars.

Le gouvernement encourage également la construction d'infrastructures comme des aéroports et un réseau ferroviaire avec des partenariats public-privé conçus pour assurer un rendement cible aux investisseurs. Les plus grandes entreprises du pays construisent de nouvelles tours de bureaux, des immeubles résidentiels et des centres commerciaux. Les industriels chinois, cherchant à échapper aux fortes hausses des coûts chez eux, considèrent les Philippines comme une alternative.

D'un point de vue souveraineté, les finances philippines sont sur une bonne tendance. Le pays est noté par les agences juste en-dessous de la note "opportunité d'investissement". Il a des réserves de monnaie supérieures à ses dettes externes. L'analogie serait une entreprise riche en liquidités, ayant plus de cash que de dettes. Jusqu'à présent, une obligation d'Etat à 10 ans rapporte environ 6%. Ajoutez à cela une progression de 5% de la monnaie et, si vous êtes un investisseur qui travaille en dollar, vous obtenez un profit de 11% gagnant par rapport au S&P.

Toutefois, les actions philippines sont encore un meilleur investissement. L'ETF iShares coté en Bourse sous le symbole boursier EPHE et qui consiste en actions philippines est en hausse de 25% cette année.

Pas mal, n'est-ce pas ?

. Les Philippines n'ont pas connu de boom économique depuis la période qui a précédé la crise asiatique de 1997. Cela a donc mis du temps à venir.

Toute cette histoire montre à nouveau combien notre planète est une balle géante d'opportunités en permanente évolution. De nouvelles opportunités apparaissent lorsque d'autres disparaissent.

Tout au long de ma carrière d'investisseur, j'ai appris que cela payait de ne jamais cesser de chercher. Il ne faut jamais abandonner la chasse aux bonnes idées.

L'un de mes explorateurs préférés est Roy Chapman Andrews, qui dirigeait les expéditions d'Asie centrale en Mongolie dans les années 1920. (J'ai récemment lu une excellente biographie d'Andrews intitulée Dragon Hunter alors que je voyageais moi-même à travers le pays.) Andrews avait une devise que j'aime beaucoup. Il disait : "Il y a toujours une aventure au coin de la rue... or le monde est rempli de coins de rue !"

Echangez le mot "aventure" contre celui d'"opportunité" et vous obtenez une devise d'investissement à laquelle vous référer.

 

Interview pris dans la chronique agora.

 

La mécanique des prix est cassée

 

humour 151.jpg. . Italie : "Une compagnonne, Daniela, a été mise en résidence surveillée, tandis qu’un compagnon, Massimo, a été incarcéré à la prison de Tolmezzo."Trentino (Italie) : nouvelle opération répressive contre des compagnons - Non Fides - Base de donnée 

Vous êtes les prochains, après les immigrés". Voilà ce qu'on pouvait lire sur une série de tracts apparus cette semaine dans les clubs du quartier gay d'Athènes. Alors que les violences contre les immigrés et les minorités ethniques ne cessent d'augmenter dans tout le pays, les militants du parti Aube Dorée appellent aujourd'hui à s'en prendre aux homosexuels et aux personnes handicapées  Grèce Les nazis du XXIe siècle  une photo de europeans against the political system

 

Alors que Londres accueille les Jeux paralympiques, à Athènes le parti d'extrême-droite Aube Dorée se répand en incitations à la haine contre les personnes handicapées et les homosexuels, après s'en être pris aux immigrés et aux minorités ethniques. Le gouvernement grec et l'Union européenne ferment les yeux sur ce phénomène qui n'est pas sans rappeler la montée du nazisme en Allemagne.

 

Stratégie de diversion

 

Vieille technique rhétorique

 

Sa stratégie repose uniquement sur la violence, la division et le racisme. Les gouvernements grec et européens semblent toutefois prêts à le tolérer et le voient comme la conséquence sociale d'un programme d'austérité qui ferait consensus

 

 

 

Lorsque les leçons de l'histoire sont apprises par cœur sans être comprises, il est facile de les oublier au moment critique. Il est temps pour l'Europe de se souvenir que le prix du fascisme est autrement plus élevé et plus cruel que n'importe quelle dette publique

 [LesOgres.Org] Dieudonné à la fête de Le Pen après celle de l’Huma - - PHOTOS

 une photo de europeans against the political system

revolte 1.jpgTRUST - Serre les poings Trust - Bosser Huit Heures Ca souligne bien là toute la réalité des faits. Comment le Rallye d'Alsace va éclipser le Forum mondial de la démocratie - Rue89 Strasbourg  Les raisons de la colère 1_3 - Vidéo Dailymotion : SuitePartagez, diffuser et mobiliser vous.

 Incroyables comestibles, compilation d'un mouvement citoyen qui monte, qui monte... | Nature to Shar Publicité Société Générale -- L'esprit d'équipe en action : Le prêt étudiant  

Ordonnance 303 : des routes fédérales bloquées par des indigènes au Mato Grosso Des indigènes de 18 éthnies du Mato Grosso bloquent depuis le lundi 27 août les routes fédérales 364 et 174. Avec des pneus et des arbres, ils ont fermé le traffic en protestation contre l’ordonnance 303. Ces barrages routiers se situent près des municipalités de Comodoro et de la capitale de l’état, Cuiabá 99 Posse - El Pueblo Unido (with lyrics) Jeanne Cherhal publie une chanson en soutien aux Pussy Riot | meltyBuzz 

 Antisocial est d'actualité - Indigné révolté

Le ralentissement de l'économie mondiale? the crisis of neoliberalism pdf? Crises structurelles :  un monde en crise , L’interview de Mario Dragh

24/08/2012

« Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale »

« Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale »

Annie Lacroix-Riz est professeur d’histoire contemporaine. Elle était à Montpellier le 18 mai. L’occasion d’évoquer le rôle des élites économiques françaises dans la défaite de 1940. Et de faire le lien entre la crise des années 30 et celle d’aujourd’hui. Pour elle, celle-ci « est bien plus grave que les crises précédentes ».

 

 

Elle a quelques pages de notes dactylographiées devant elle. Mais elle ne les regarde pratiquement pas. Annie Lacroix-Riz était à Montpellier le 18 mai pour une conférence organisée par les Amis du Monde diplomatique qui dura près de 3h. Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII, elle s’est notamment intéressée, dans ses travaux, à la CGT, aux relations franco-américaines après la Libération, au Vatican et plus récemment au rôle des élites françaises avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Elle affirme : « Vous ne pouvez pas faire de la bonne histoire si vous ne faites pas, en tendance, toujours de l’histoire sociale et économique. Parce que tout s’explique par l’histoire sociale et économique. » (voir première vidéo plus bas)

 

« Le haut patronat a sacrifié les Français »

 

La semaine passée, elle a évoqué le sujet d’un de ses livres, Le choix de la défaite (1), où elle soutient qu’en 1940, « les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich ». Plus précisément elle décrit une organisation française réunissant banquiers et industriels : la Synarchie. Composée de 12 hommes, cette « organisation secrète » était centrée, selon Annie Lacroix-Riz, autour de trois groupes : La banque Worms, la banque Lehideux et la banque d’Indochine. Elle aurait refait surface en 1922 après s’être appelée « mouvement synarchique d’empire ». Ces milieux très présents « dans tous les gouvernements de Vichy en particulier aux postes économiques [...] avaient décidé que les structures politiques étaient détestables parce qu’elles ne pouvaient pas réaliser les meilleures conditions de rétablissement du profit. On était avant la crise mais dans une période tout de même très tourmentée. »

 

L’historienne explique aussi sa méthode de travail consistant à aller chercher ses informations dans les sources (policières notamment). Et de fustiger certains de ses collègues historiens (2) qui ont « jeté certains interdits sur à peu près toutes les sources. Et d’autres – ou les mêmes d’ailleurs – précisent et détestent encore plus certaines sources que d’autres. Par exemple, on dit volontiers que les sources de police sont des sources médiocres. » Et de citer comme exemple le travail de l’historien Jean-Noël Jeanneney sur François de Wendell qui aurait attribué plus de crédit aux propos du président du Comité des forges qu’aux archives de police concernant le contrôle par l’industriel du journal Le Temps.

 

« Le grand capital domine la société du bas jusqu’en haut »

 

Mais que permettent les sources ? « Elles permettent de voir que le grand capital domine la société du bas jusqu’en haut, affirme Annie Lacroix-Riz [...] Ces milieux jouent un rôle considérable dans le domaine économique mais aussi politique, dans le domaine de la presse, de  la culture. Bref, ils contrôlent à peu près tout et l’État est leur émanation. Évidemment tout ceci, que démontrent les sources, est difficile à traiter ces 25 dernières années où on avait cessé de faire de l’histoire économique et sociale. [...] Les gens ne se posent plus la question de savoir qui dirige quoi dans la société puisque c’est plutôt indécent. »

 

L’historienne détaille comment les « milieux économiques faisaient les gouvernements. [...] Tous les chefs de gouvernements pressentis, y compris celui de Blum et d’Herriot, venaient se présenter avec leurs ministres des finances pressentis, devant le gouvernement de la Banque de France [privée à l'époque] auquel ils promettaient, pour obtenir les avances de la Banque de France, d’être très sages et de pratiquer une austérité financière. »

 

« Une voie d’accord à tout prix avec le Reich »

 

Annie Lacroix-Riz explique comment « à partir de 1930-31 le grand capital français s’engage dans une voie d’accord à tout prix avec le Reich. Cette voie se dégage vraiment dans une conjoncture qui est exactement celle d’aujourd’hui sauf que celle-ci est encore plus grave que celle de 1931. La crise de 29 devient une crise systémique entre mars et l’été 1931 quand l’endettement de l’Allemagne menace presque de chaos technique [le capitalisme]. Ils l’ont même pensé à un moment : la survie du capitalisme. »

 

L’historienne détaille aussi le contrôle des partis politiques classiques et d’extrême droite (La Cagoule), de la presse (« je sais que les journalistes ont horreur qu’on raconte ça »), les « syndicalistes raisonnables de la CGT » (« ils lui ont donné les moyens de résister à la radicalisation populaire »). Avant de conclure : « On se retrouve aujourd’hui avec une connaissance des phénomènes très inférieure à ce qu’elle était en 1944-45 parce que, pendant l’occupation, les milieux résistants avaient obtenu et diffusé des informations. Ce qui vous explique qu’aujourd’hui, des gens de 80 ans sont très peu surpris quand on leur dit que la France a été victime de haute trahison. Alors que, si on dit ça à un étudiant de 20 ans, au début, on lui provoque des réactions de malaise et même d’indignation. Voilà pourquoi, les circonstances étant ce qu’elles sont, il est indispensable de faire de l’histoire, de faire le maximum pour que l’enseignement de l’histoire, si compromis aujourd’hui, puisse se diffuser, même dans la période où il est compromis, par les divers canaux : la discussion, la discussion Internet, etc. » Puis viennent les questions de la salle dont trois faisaient le lien sur la situation actuelle.

 

Vous avez dit : « La crise financière et économique aujourd’hui me paraît plus grave que celle des années 30. » Vous pourriez expliquer ?
ALC : L’endettement de l’Allemagne en 1931 était absolument ridicule par rapport au niveau d’endettement des États-unis [aujourd'hui]. C’est incommensurable. Il y avait une spéculation gigantesque qui a abouti, en 29, à ce qu’on sait. Mais le rapport entre la production matérielle et l’investissement spéculatif n’est pas du même ordre de grandeur en 1931 et aujourd’hui. Le niveau de suraccumulation du capital de la crise de 1929 était très supérieur à celui de la crise de 1873 qui, comme la nôtre d’ailleurs, a duré plusieurs décennies. Parce que la guerre de 14, c’est la crise de 73. [...]

 

Pour comprendre ce qui se passe, il faut lire Le Capital c’est-à-dire qu’il faut savoir ce que c’est que la composition organique du capital, la baisse tendancielle du taux de profit,… [...] Quand j’étais étudiante, il ne serait pas venu à l’idée d’esquiver les analyses de Marx y compris chez les historiens économistes de droite. Si on ne voit pas ce qui, dans le fonctionnement du capitalisme, mène à la baisse inéluctable du taux de profit – pas du taux d’exploitation, du taux de profit – et par conséquent met en danger la survie du capitalisme, on ne comprend rien. C’est précisément parce qu’on est incapable, aujourd’hui, d’analyser la baisse du taux de profit, qu’on ne voit pas que cette furie de spéculation s’explique par les phénomènes fondamentaux de la baisse du taux de profit. Mais ça va durer jusqu’à quand ? Ça ne peut durer qu’un certain temps.

 

« Il faut relire Marx »

On est, aujourd’hui, dans l’incapacité, parce qu’on n’a plus les instruments intellectuels, de formuler la fin logique du capitalisme. Exactement, comme à un moment, le système féodal s’est verrouillé et n’a plus pu fonctionner. [...] Mais ça, on n’est même pas capable de le conceptualiser parce qu’on vient de subir 30 ans de lavage de cerveaux qui nous a, de plus, littéralement empêché de comprendre le réel, en particulier par le sacrifice de l’analyse économique et sociale. Il faut relire Marx. Je ne dis pas qu’on puisse se précipiter tout de suite sur Le Capital mais enfin, s’il y en a qui ont un peu de temps, qu’ils en profitent. Et pour ceux qui n’ont pas de temps immédiat, qu’ils commencent par lire Salaire prix et profit ou Travail salarié et capital. Ils vont comprendre les mécanismes sur la composition organique du capital qui leur permettront d’appréhender le fait que cette crise est gravissime et qu’elle est bien plus grave que les crises précédentes.

 

Les dettes grecques et espagnoles ?
« Une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine et britannique ! »

 

[La crise de 31] a été déclenchée par les conséquences de la gravité de l’endettement allemand, de la crise en Allemagne puisqu’il y a eu des faillites retentissantes en particulier des faillites bancaires et la faillite d’un très trop groupe. [...] Comme la banque d’Angleterre était terriblement engagée en Allemagne, il y a eu des conséquences immédiates sur la banque d’Angleterre, sur la Livre et il y a eu une tornade… Il y a des phénomènes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau, en moins grave, à ce qui se passe en ce moment. Il n’était pas possible que la crise de 31 n’arrive pas. On amuse le tapis avec la dette grecque, espagnole, la ceci, la cela,… mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la dette américaine et britannique ! Enfin bref, le système est mal. Nous aussi mais le système est mal.
Écouter le son (8′) :

 

« Qu’on vienne m’expliquer que le capitalisme
n’a pas besoin de guerre actuellement »

 

Quelle issue voyez-vous à la crise ? Va-t-on droit vers une guerre ? Vers une guerre civile ? Vers un clash du capitalisme ?
ALC : Je ne suis qu’historienne et pas Cassandre. Il y a forcément une alternative. On a eu deux exemples qui peuvent se reproduire. Si les peuples ne bougent pas, il y aura une guerre générale. Le capitalisme ne peut pas, dans la situation de crise où il est, esquiver une guerre générale. Mais, après tout, il peut y avoir une issue autre. Ça ne s’est jamais produit mais finalement ce n’est pas intellectuellement, formellement, politiquement impossible. On peut imaginer que dans un pays impérialiste – c’est là que ça serait le plus efficace mais même dans un petit pays, ce serait pas mal – ceux d’en bas, ne supportant plus du tout ceux d’en haut, se mettent très très très très très en colère, empêchent ceux d’en haut de prendre des mesures contre eux, les neutralisent.

 

S’il y avait une révolution dans un pays impérialiste important, il est clair que l’impérialisme ne pourrait pas déclencher une guerre générale. Je dois dire qu’en dehors de cette hypothèse, vraiment purement hypothétique parce qu’à l’époque de l’impérialisme, ça ne s’est jamais réalisé… Mais après tout, on n’en sait rien : on a une crise qui dure depuis 40 ans, des populations excédées,… Sinon, qu’on vienne m’expliquer que le capitalisme n’a pas besoin de guerre actuellement. [...] Ça ne suffira pas de faire la guerre à l’Iran. Il leur faut une bonne guerre générale mais qui risque, évidemment, d’être infiniment plus meurtrière que les précédentes. Il n’y a qu’à voir déjà le rapport entre la première et la deuxième. Plus les populations se bougent, plus on a des chances de survie dans des bonnes conditions. Je ne vois vraiment pas d’autres possibilités
Écouter le son (3’15″) :

« 1917 les a rendus fous »

Le Front populaire et la révolution russe sont-ils des exemples où les moyens de contrôle des milieux financiers n’ont pas bien fonctionné ?
ALC : Le seul ébranlement qui les ait vraiment touchés au coeur, c’est 17. Ça les a rendus fous. Et pourquoi ça les a rendus fous ? Pour les mêmes raisons que ça a rendu fous les aristocrates. C’était un exemple épouvantable. Évidemment vous imaginez, si le système féodal était mis en danger partout… Mais là, c’est que c’était encore plus grave que ça. Non seulement c’était un exemple absolument détestable que de se soustraire à la libre circulation des capitaux mais en plus, ils possédaient leurs usines. [...] [1936] est un mouvement social qui ébranle le patronat – il l’ébranle, personne ne niera l’importance de 1936 ; c’est bien simple le socle qui est en train d’être détruit c’est là qu’il s’est construit, finalement en 15 jours -  Donc vous imaginez, alors que là c’est quand même un ébranlement léger dont ils ne se remettent jamais parce que vraiment ça les contrarie, même quand ils ont fini par en venir à bout, mais 1917 ! C’est-à-dire la suppression de la propriété privée sur la plus grande partie relative des terres émergées. [...]

 

Quand arrive les révolutions ? [...] On ne peut pas savoir quand elles vont se déclencher. On peut simplement dire qu’on est dans une période historique où ça risque de se déclencher. Mais on y est depuis la première grande crise de l’impérialisme qui a débouché sur la première guerre mondiale. Parce que la question de la destruction du capitalisme a été posée là. Et la crise de la féodalité a duré 300 ans. Eh ben, un beau jour, il y a un peuple qui s’est fâché plus que les autres. Quand des peuples vont-ils se fâcher plus que les autres ? Il est permis de penser, vu la gravité de la crise, qu’en effet, on est entré dans une nouvelle période de guerre et de révolution. Et peut-être, ce serait inédit, de révolution et pas de guerre.
Écouter le son (7’50″) :

Photo : Annie Lacroix-Riz à Montpellier le 18 mai 2010 (Mj)

Voir aussi deux vidéos autour du Choix de la défaite. La première est datée du 29 septembre 2006. Elle est sensiblement sur le même thème que celle du 18 mai mais apparaît plus claire :

La deuxième est datée du 20 mai 2006 et a été tournée à… Montpellier dans le cadre de la Comédie du livre :

Vous pouvez soutenir Montpellier journal et…

 

___________
(1) Le choix de la défaite – Les élites françaises dans les années 30, Armand Colin, 2006, 671 pages, 38 €. Soulignons que le livre compte environ 3400 notes de renvoi et de référence sur 565 pages de texte.
(2) Lire :
Histoire contemporaine sous influence, Annie Lacroix-Riz, Le temps des cerises, 120 pages, 11 €

 

 

 
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