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10/07/2012

Le chagrin et la pitié

 

Marcel Ophuls : “Je n’aime pas me servir d’une caméra comme d’une arme

Entretien | Il aurait préféré réaliser des comédies, mais il en a été autrement. A l'occasion de la rediffusion de son documentaire “Le Chagrin et la Pitié” sur Arte, nous avons rencontré Marcel Ophuls.

Le 10/07/2012 à 00h00
Propos recueillis par François Ekchajzer

Claude Lanzmann et Marcel Ophuls. © Courtesy of Icarus Films

A 84 ans, Marcel Ophuls n'en démord pas : c'est dans la comédie qu'il aurait aimé faire carrière ! Mais l'insuccès de Feu à volonté (avec Eddie Constantine, en 1965) et le besoin de gagner « du pognon » l'ont inexorablement poussé vers le documentaire, genre qu'il n'aime pas mais auquel il a quand même donné quelques chefs-d'œuvre : Hotel Terminus (autour de Klaus Barbie) en 1988, November Days (autour de la chute du Mur) en 1991, Veillées d'armes (sur la guerre de Bosnie) en 1994 ou… Le Chagrin et la Pitié, chronique d'une ville française sous l'Occupation (en 1969), qu'Arte rediffuse le 10 juillet 2012.

Comment jugez-vous aujourd'hui la censure qui s'est exercée contre Le Chagrin et la Pitié, et qui a contribué à sa réputation ?
Produit à l'origine pour l'ORTF, le film a dû attendre douze ans avant de passer à la télévision française. J'y vois un effet de la mainmise des gaullistes et du Parti communiste sur la mémoire de la France occupée. Le directeur général de l'ORTF était allé voir le Général à Colombey, pour lui demander ce qu'il devait faire de ce film qui évoquait des « vérités désagréables ». De Gaulle lui aurait répondu : « La France n'a pas besoin de vérités ; la France a besoin d'espoir. » D'une certaine manière, je trouve cette réponse magnifique et d'une très grande classe. Mais on ne faisait pas le même métier, le Général et moi. Et puis l'heure c'est l'heure. Si nous n'avions pas fait Le Chagrin et la Pitié, André Harris et moi, d'autres que nous l'auraient fait. Le temps était venu de crever l'abcès, de déconstruire le mythe.

A revoir aujourd'hui le film, on s'étonne de le trouver si éloigné de la réputation excessivement noire qui lui colle à la peau. Dans Le Chagrin et le venin (Bayard, 2011), l'historien Pierre Laborie défend pourtant l'idée que votre film a substitué au mythe gaulliste d'une France résistante le contre-mythe d'une France collaborationniste.
Pour m'éviter de la peine, ma famille a essayé de me cacher l'existence de ce livre. Quelqu'un me l'a quand même signalé et je l'ai lu. C'est un authentique travail d'historien, mais je ne suis évidemment pas d'accord avec ses conclusions. Pierre Laborie avance que Le Chagrin et la Pitié a créé une vulgate et a banalisé la perception des années sombres. Cela me semble très excessif.

L'interview de Marius Klein, commerçant clermontois, donne au film l'une de ses scènes les plus cinglantes et l'une des plus allusives.
C'est effectivement un entretien-clef du film. Il a été complètement improvisé, au détour d'une fin de journée. L'équipe revenait de la cathédrale, où j'avais vainement tenté d'obtenir une interview de l'évêque de Clermont-Ferrand. Avant le tournage, j'avais effectué de nombreuses recherches dans les archives du Moniteur, journal de Pierre Laval. Je n'en avais pas seulement lu les premières pages et les éditoriaux, mais aussi les petites annonces. Dont celle de ce Marius Klein, qui tenait à signaler à son aimable clientèle qu'il n'était pas juif. J'étais en train de descendre la rue et l'équipe rangeait le matériel dans notre véhicule, lorsque j'ai vu l'enseigne : « Chez Marius ». J'ai dit : « Mes enfants, ressortez la caméra. On va filmer cet homme dans sa boutique. » Et on l'a fait en trois minutes !

Pourquoi cette scène est-elle si marquante ?
Parce que cet homme, qui ne se pose pas de questions, même quand on vient le voir avec une caméra, représente une forme d'antisémitisme tout à fait ordinaire, et finalement plus menaçante que les déclarations de Marine Le Pen, de son père, de sa nièce… de ces gens d'extrême droite qui prennent évidemment des positions d'extrême droite. Dans notre quotidien, il y a toujours ce racisme larvé qui nous guette, ne nous lâche jamais et n'est pas même conscient de lui-même. Qu'on peut donc instrumentaliser. Lorsque des gens sortaient d'une projection du Chagrin et la Pitié en disant : « Quarante minutes de Mendès France ! », pour moi c'était déjà un signe…

Dans le livre que vous a consacré Vincent Lowy (1), vous dites que vous vous êtes souvent trouvé « nez à nez avec des tortionnaires, des fanatiques et des criminels de guerre », mais que jamais vous ne vous êtes senti aussi « mal », ni aussi « gêné » qu'au cours de ces cinq minutes d'interview.
Contrairement à Claude Lanzmann, je n'aime pas me servir d'une caméra comme d'une arme, pour faire ciller les gens. Je ne trouve pas ça sympathique – ni efficace, en fin de compte. Quand un cinéaste tente de coller quelqu'un contre le mur, le public le sent et sa sympathie passe très vite du cinéaste à sa victime. C'est une généralisation, mais enfin je vous réponds spontanément. Je préfère qu'il y ait un contrat moral entre la personne devant la caméra et la personne derrière la caméra. Je fais, autant que possible, en sorte que ce soit le cas.

A l'inverse de l'interview de Marius Klein, les scènes avec Pierre Mendès France offrent au Chagrin et la Pitié des moments lumineux. Il y apparaît détendu, en confiance.
J'ai passé deux dimanches avec lui. Le premier, c'était le 27 avril 1969, à Grenoble, dans un petit bureau où il recevait des appels incessants – c'était le dimanche du référendum. A chaque coup de fil, nous pensions devoir quitter la pièce ; ça l'agaçait beaucoup. Il répétait : « Mais non, restez en place, on perd du temps ! De toute façon, je fais en sorte qu'il n'y ait pas de différence entre ma vie publique et ma vie privée. » Qui lui téléphonait ? François Mitterrand, Waldeck Rochet… des personnalités de gauche qui essayaient de le convaincre d'être candidat. A la fin, quand on a remballé le matériel et qu'il avait raté par notre faute plusieurs trains pour Paris, il m'a dit : « Ophuls, on n'a pas terminé hein ? » Je lui ai répondu : « Non, monsieur le président. Pas vraiment. » « Alors rendez-vous chez moi, en Normandie, dimanche prochain. »

Comment a-t-il reçu le film ?
Il en était content. Il paraît qu'il demandait à ses amis : « Comment vous me trouvez en vedette de cinéma ? » Sauf qu'il m'avait envoyé une lettre pour me reprocher d'avoir gardé le témoignage du colonel du Jonchay [ancien résistant, de tendance nationaliste]. « Ce type prétend que j'ai sabré le champagne à Rabat, ce qui n'est absolument pas vrai ! Il fantasme ! Vous n'auriez pas dû mettre ça dans le film. » Bien sûr que si : il fallait le garder dans le film ! Peu importe que l'épisode soit vrai ou fantasmé ; car, si c'est un fantasme, c'est encore plus significatif.

Sur quel film travaillez-vous actuellement ?
Il m'a semblé qu'il était temps d'écrire mes Mémoires. N'étant pas écrivain, l'idée m'est venue de les filmer avant de les écrire, ou plus exactement de les filmer tout en les écrivant. Evidemment, le risque est de tomber dans une sorte de narcissisme, mais c'est intéressant. Depuis que j'ai été agressé en Amérique du Sud, sur le tournage d'Hotel Terminus, ma mémoire me joue des tours. Mais, en élaborant ce film, les souvenirs me reviennent peu à peu, remontent à la surface et enrichissent le projet initial. Ce sera donc un film long. Plus long que les 90 minutes auxquels on veut me limiter.

A quoi ressemblera-t-il ?
A une sorte de carnet de voyage. Ça se passe à Paris, à Lucq-de-Béarn, à Venise, à Londres, à Manhattan… Dans des lieux où j'ai vécu – et j'ai beaucoup vécu dans beaucoup d'endroits. Contrairement à mes précédents films, où je me farcissais des témoins hostiles qu'il fallait amadouer ou mettre en difficulté, celui-ci consistera en une suite d'hommages à des gens que j'ai connus et aimés. Ce sera un film moins déprimant pour moi et, je l'espère, plus gai pour le public. A bien des égards, ce sera une comédie et même, par moments, une comédie musicale.

Vous y chanterez ?
Des chansons de Gershwin, des tubes de ma jeunesse… La comédie et la comédie musicale, vous savez, c'est vraiment ce que j'aurais voulu faire.

En quoi cette attirance contrariée pour la comédie a-t-elle influencé votre pratique du documentaire ?
Ça m'a poussé à développer une approche subjective, personnelle, et à considérer la question du style comme déterminante. Après ce film autobiographique, j'abandonnerai définitivement le genre documentaire qui, année après année, est devenu une prison pour moi.

Pourquoi ?
Parce que je n'aime pas ça ! Ce sera mon dernier documentaire… sauf (car il y a toujours un sauf) si Jean-Luc Godard me propose de réaliser avec lui ce film sur Israël et la Palestine dont il parlait, voilà quelques années. S'il m'appelle pour me dire : « Faisons-le », je serai prêt à me taper la bande de Gaza à la période de Noël – en espérant juste ne pas terminer ma vie enchaîné à un radiateur !

Sinon ?
Je ferai du théâtre, car je suis un enfant de la balle. Jeanne Moreau est l'un des personnages-clefs du film que je suis en train de faire. Elle et François Truffaut ont énormément fait pour moi, qui n'ai malheureusement jamais rien fait pour eux. J'aimerais convaincre Jeanne de revenir au théâtre, avec des pièces que je mettrais en scène.

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A lire

(1) Marcel Ophuls, par Vincent Lowy, Le Bord de l'eau, 2008, 22€.
A lire également : Dialogues sur le cinéma, transcription de conversations entre Marcel Ophuls et Jean-Luc Godard, chez le même éditeur, 2012, 10€.

A voir

Le Chagrin et la Pitié, chronique d'une ville sous l'Occupation, mardi 10 juillet 2012 à 20h50 sur Arte.

Le Chagrin et la Pitié est disponible chez Gaumont, en un coffret de trois DVD.

 

 Le chagrin et la pitié - Chronique d'une ville française sous l'Occupation (1/2)

film 16.jpgL'effondrement
Chronique en deux parties - L'effondrement et Le choix - de l'Occupation à Clermont-Ferrand, le film de Marcel Ophuls est un document exceptionnel qui, comme toutes les grandes oeuvres, est inaccessible au vieillissement, même s'il suscite probablement à chaque époque un choc d'une nature différente. Ce documentaire fleuve (près de quatre heures et demie) entremêle des témoignages d'anonymes et de personnalités de premier plan (Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Georges Bidault, Pierre Mendès-France, Anthony Eden, Jacques Duclos, l'ancien Waffen SS Christian de la Mazière...) ayant appartenu durant la Seconde Guerre mondiale à l'un et l'autre camp.


Recueillis en Auvergne, mais aussi à travers toute l'Europe, mêlés aux images des actualités vichystes et des archives internationales, leurs propos offrent une vision de la collaboration et de  la résistance qui, au moment où ils furent enregistrés, restaient du domaine du tabou. D'une part parce que, si les vrais résistants étaient bien présents, des collaborateurs et des miliciens s'exprimaient publiquement aussi pour la première fois ; et d'autre part, surtout, parce que cette fresque documentaire d'une exceptionnelle densité humaine évoquait sans fard les lâchetés et les compromissions ordinaires de la majeure partie de la population française. Aussi le film provoqua-t-il à sa sortie en salles, le 5 avril 1971, un véritable séisme dans la conscience nationale. Pour certains, il s'agissait d'un "choc salutaire", pour d'autres d'une ignoble traîtrise. Conçu pour la télévision, il n'y sera finalement diffusé qu'en 1981, douze ans après sa réalisation.

(France, Allemagne, Suisse, 1969, 250mn)
ARTE F


Date de première diffusion : Hier, 20h52

Date(s) de rediffusion : Lundi, 16 juillet 2012, 10h45

le chagrin et la pitié #1 - Vidéo Dailymotion, Part 2, part 3, part 4, part 5 , part 6 , part 7 ,

03/07/2012

Rio +20 - Paysans sans-terre et lutte contre le travail esclave

 

Crise financière ce que le public devrait savoir – Indigné révolté, Crise financière ce que le public devrait savoir - citoyenactif

 

L’Homme qui est au service de l’économie! , Crise financière ce que le public devrait savoir - l'indigné "

- Indigné

L’économie n’est plus au service de l’Homme, c’est l’Homme qui est au service de l’économie. Quand est ce que cela a commencé - développer ? Probablement au début/moitié du XXe siècle. C’est à ce moment-là qu’ils ont cessé d’écouter et ont commencé à commander. Au lieu d’essayer de comprendre comment fonctionnent les économies, ils ont voulu leur dire quoi faire. Loi 1973 et gardes fous, Le système est vulnérable,!l'économie capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner sans la finance, c'est-à-dire le crédit, les Bourses, la spéculation. Actionaria Le Salon de la BourseActionaria : L'investissement en bourse, Actionaria 2011 - Agora des Présidents : NATIXIS

 

 Le scénario d’expropriation, d’exploitation des terres et des travailleurs se retrouvent toujours les mêmes :

-          Une démocratie libre ( sans entrave au néolibéralisme) Au classement de la facilité pour faire des affaires, le Brésil se classe 126ème sur 183 pays.
Citation : « Ceci est ennuyeux. Il est plus facile de faire des affaires au Rwanda, au Guatemala et au Pakistan qu’au Brésil 

-          Des investissements sécurisés ( les accords de libre échanges ne doivent pas être remis en question)

-          Provoquer des divisions aux seins des communautés

-          Bénéficier d’une structure d’infrastructure néolibérale

-          Relativiser le cadre environnementale

-          Bénéficier de fiscalités avantageuses

humour 79.jpgL’Afrique est une « mine d’or » pour les investissements, selon Pékin :  – Altermonde : Un bon exemple de cet état imposé : Terre, pétrole : le Sud-Soudan, pays neuf à vendre– Rue 89 extrait « : » C’est l’ONG Norwegian People’s Aid qui s’alarme. Dans un récent rapport. Il est très difficile de vérifier ce genre d’information, en raison du caractère secret des transactions », affirme Philippe Hugon, directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), en charge de l’Afrique. Un hectare au Sud-Soudan ? 3 centimes Une entreprise texane aurait ainsi acquis 600 000 hectares sud-soudanais pour la modique somme de 25 000 dollars (17 500 euros). Le prix de l’hectare revient donc à… 3 centimes d’euro.

Coup d’Etat au Paraguay, Enjeux alimentaires et profits , rencontre avec Jaime Huenchullan, porte-parole mapuche de la communauté autonome de Temucuicui

 

 

Rio +20, Grèce1, Grèce2; contenu très dense: bonne écoute

 

Rio +20 - Paysans sans-terre et lutte contre le travail esclave

30.06.2012 - 07:0Avec le frère dominicain Xavier Plassat, coordinateur de la campagne contre le travail esclave au Brésil, menée par la Commission pastorale de la terre (CPT)

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En cliquant ci-dessous, retrouvez la revue de web environnement d'Anne Gouzon, de la Documentation de Radio France :

REVUE DE WEB : ENVIRONNEMENT – 29/06/2012

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Thème(s) : Information| Agriculture| Ecologie| Environnement

Lien(s)

Site de la Commision pastorale de la terreSite en portugais...

Autres Brésils Un décryptage de la société brésilienne pour un public francophone

Amis des Sans Terre Brésiliens

mouvement sans terre

Comuna VOST fr, Comuna ! - YouTube /

"Comuna" ou la naissance, au printemps 2010, de l'une des premières expériences d'occupation de terres en milieu urbain au Brésil.
Les Sans Terre veulent depuis longtemps amener la réforme agraire en ville ; les Sans Toit veulent depuis longtemps conquérir le droit au travail, en même temps que le logement : c'est dans cette idée que, réunis autour de plusieurs mouvements sociaux (Mouvement des Sans Terre, Mouvement des Conseils Populaires), militants aguerris et habitants des favelas en quête d'émancipation (ré)inventent "la Commune".
Ils racontent comment l'organisation et la conscientisation les conduisent, hommes et femmes de Fortaleza, à devenir "Sujets de leur propre Histoire".
140 ans après la Comune de Paris, photographie d'une Commune au XXIème siècle...

 

MST (Le Mouvement Sans Terre) - YouTube : Le Mouvement des Sans-terres du Brésil est un des plus grands mouvements paysans du monde.
Issu des luttes paysannes existantes au Brésil depuis le début de la colonisation, le MST lutte pour
la récupération de la terre afin de rompre avec la profonde injustice générée par le modèle d'agriculture industrielle et par la concentration des terres qui sont à l'origine de l'insécurité alimentaire du pays. Dans ce documentaire court métrage, nous entrons dans l'univers d'un campement du MST et des membres du mouvement nous expliquent leur lutte et leur projet de société.

TERRA: l'enjeu politique des Brésiliens :

Documentaire dans le cadre d’une exposition de Sébastien Salgado sur le problème des paysans au Brésil. Le film présente le Mouvement des Sans Terre ( le MST) à partir d’une occupation de terre dans le sud du Brésil. Ce documentaire a été produit par Frères des Hommes qui appui depuis le début cet important mouvement.

 

 

La commune (Comuna) - Cinéma du Peuple - YouTube :

 

Publiée le 20 juin 2012 par gamilici

Scurt-metrajul de Armand Guerra, apărut în 1914, reconstituie în imagini statice, alternând între scente de interior și exterior, declanșarea perioadei de insurecție în Paris ce a durat aproximativ 2 luni: Comuna din Paris din 1871.
Acest film a fost de asemenea finan
țat de Cinema du Peuple, cooperativa anarhistă din 1913. Din cunoștințele noastre, acesta e ultimul film produs de cooperativă care a supraviețuit timpului.

http://iasromania.wordpress.com/

A voir : Présentation du blog - anarkia

23/05/2012

Andre Gorz

Andre Gorz :

Documentaire réalisé  en 1990 par Marian Handwerker

Entretien avec ce philosophe, spécialisé sur les questions du travail  Un film documentaire de Marian Handewerkel é1990 - Belgique - 28 minutes - production :

Philosophe, autodictacte, d'origine autrichienne, né a Vienne en 1923, proche de Jean-Paul Sartre, André Gorz est un des grands penseurs de la critique de la critique sociale du XX siècle. André Gorz a choisi de nous quittez en 2007, en compagnie de sa femme Dorine, juste avant que n'explose la " crise économique". " Crise" qu'il avait décrite de façon prémonitoire dans un de ses derniers textes " La sortie du capitalisme a commencé"( PDF]  André Gorz – La sortie du capitalisme a déjà commencé. Il est l'un des principaux penseurs de l'écologie politique. Souvent perçu par les écologistes comme un marxiste et comme un écologiste par les marxistes, sa pensée radicale nous pousse a nous interroger sur notre société productiviste.

 

Andre Gorz" film by Marian Handwerker. part 1

Andre Gorz

livre 8.jpgMétamorphoses du travail : Critique de la raison économique [Poche] ,

livre 9.jpgLe traître suivi de Le vieillissement [Poche]

Karl Marx, Semer des dragons !

 

Alerte, surchauffe ! « Si vous placez une grenouille dans l'eau bouillante (s'il-vous-plaît, ne le faites pas…), elle cherchera immédiatement à s'en échapper ; mais si vous la mettez dans une eau froide que vous chauffez progressivement, le batracien ne bougera pas jusqu à finir ébouillanté...

vidéo explicative ( citation adaptables a toute les problématiques de notre temps :

Ce comportement est comparable à la façon dont l'homme réagit face au réchauffement climatique, la crise néolibérale,( la question de la dette souveraine et de l'oligarchie, résidus de ce système) à ceci près qu'il n'a pas d'excuse : "on ne pourra pas dire qu'on ne le savait pas"« Trop étendue, j'étais un tyran. Pour vous, je me suis stabilisée. Sans moi vous êtes perdus

 

 

Quand l'eau influence la géopolitique

Souvenez vous : les émeutes de la faim ( Emeutes de la faim (Le Monde diplomatique), Le retour des émeutes de la faim - René-Eric Dagorn, article ... – science humaine...) , : le Printemps arabe, c'était il y a un peu plus d'un an seulement. Ce qui allait ébranler toute une région démarrait avec le geste désespéré d'un simple vendeur de primeurs, la hausse des prix l'ayant conduit à tenter de vendre ses produits à la sauvette,  ce qui provoqua les foudres de la police locale. cf voir aussi une baisse tendancielle du taux de profit - Alterfinance

Pourquoi donc cette hausse des prix ? Comme toujours, il y a plusieurs causes à un événement. Mais l'on peut déterminer que le manque d'eau, la sécheresse ont ruiné bien des acteurs de la chaîne agro-alimentaire et pas seulement en Tunisie – également en Syrie ou au Yémen. Et nous n'avons encore rien vu, à tel point que certains se demandent si l'eau n'est pas devenu un investissement spéculatif au même titre que le pétrole, pour "le long terme".

L'heure et grave et l'anticipation d'André Gorz ( et d'autres) devrait nous faire bouger, et non les spéculateurs ou les grands groupes ou intérêts  : En effet, car la prise de conscience et les changements à la fois psychologique, politique et économique sont lents malgré l'urgence. En attendant, la consommation d'eau augmente et les chiffres sont terrifiants : par exemple, il faut 1 000 litres pour obtenir un kilo d'oranges, 5  000 litres pour produire un kilo de riz, un bovin consomme environ 400 000 litres d'eau dans sa vie entière ! cf L’oligarchie des incapables : incompétence et lâcheté - Anarkia, L'oligarchie des incapables : incompétence et lâcheté _ : Vidéo dénichée sur le blog de L'Indigné http://l-indigne.skyrock.com/ Sophie Coignard, auteure avec avec Robin Gubert : " l’oligarchie des incapables " répondait aux questions de France Info le 5 janvier 2012

Eau polluée = eau disponible en moins
Une grande partie de l'eau utilisée n'est pas "consommée ", ce qui veut dire qu'elle retourne sous terre d'une manière ou d'une autre (le cycle de l'eau est un système fermé). Mais cette eau est contaminée, qu'elle ait été utilisée par l'agriculture, l'industrie ou les usages domestiques. L'OMS estime que plus de cinq millions de personnes meurent chaque année pour avoir absorbé une eau non potable.

Il faut donc dépolluer et décontaminer l'eau pour préserver la quantité disponible de la ressource. Et ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi, 80% des grands fleuves chinois sont tellement pollués que les poissons n'y vivent plus. Le Yang Tse est quotidiennement pollué par les sorties d'égouts et 40 tonnes de déchets industriels ; le fleuve Jaune est dans un tel état qu'il n'est même plus utilisé pour l'irrigation !

La pollution de l'eau peut être de nature industrielle bien sûr ; les pollutions domestiques sont plus visibles au quotidien, mais il y a aussi les pollutions naturelles comme les sédiments, les substances nutritives de la végétation ; la chaleur même (et le réchauffement climatique est un paramètre inquiétant) est un polluant.

Quant on parle de l'eau, vous voyez qu'il faut envisager tout de suite comment préserver sa qualité et que, de fil en aiguille, on arrive très vite à un thème majeur pour la survie de l'espèce humaine : la protection de l’environnement, la sortie de la doctrine capitaliste plutôt que  le « développement durable » (terme entre parenthèse, souvent assimilé a du greenwashing) . Et les deux passent par le traitement préventif de la pollution, au sens le plus large, à travers la gestion des déchets de notre société de consommation.

La consommation, une menace pour l'environnement ?
L'économie mondiale est en crise depuis maintenant quatre ans, malgré quelques rebonds transitoires. Au-delà de la folie financière qu'a révélée la crise, les économistes scrutent la tenue de la consommation car c'est elle qui tire la croissance mondiale. A tel point que les gouvernements redoutent comme la peste une baisse de la consommation, et encouragent des taux d'intérêt aussi bas que possible pour que leurs citoyens consomment, même au prix de l'endettement.

Or aujourd'hui, avec la forte croissance des émergents, c'est le monde entier qui a augmenté sa consommation. Et le monde entier consomme... de tout. Tous les jours, de nouveaux produits de consommation sont inventés et échangés entre les pays. C'est comme cela que marche la croissance de l'économie mondiale...

Seulement la médaille a ses revers, et c'est de celui-ci dont je veux vous parler, parce que paradoxalement, il peut se transformer pour certains en une source de profits récurrents, et pour très longtemps !

Nous produisons, nous consommons... et nous rejetons
Pour des tas de raisons : parce que c'est usé, parce que c'est obsolète, parce qu'un nouveau produit prend la place de l'ancien, parce que tout n'est pas absorbable, parce qu'il y a des effets de bord dans la consommation qui génèrent des sous-produits non consommables, la mise en place de l’obsolescence programmé etc. Partout dans le monde, nous consommons et nous jetons.

D'une manière générale, nous consommons des produits et utilisons des services dont la création génère des déchets. La consommation de ces produits et de ces services mêmes entraînent également des déchets : ainsi, à toutes les étapes, nos activités produisent des déchets.

C'est à l'heure actuelle un défi permanent, aux conséquences parfois surprenantes.un "continent" de 3,43 millions de km2 constitué de nos déchets flottants s'était formé dans le Pacifique nord sous l'effet des courants. Baptisé Great Pacific Garbage Patch, il est toujours là, et il en existe même un petit dans l'Atlantique Nord.

L'environnement une préoccupation devenue prioritaire ?
Rendu nécessaire pour notre vie quotidienne – et obligatoire peu à peu par les directives et les lois, notamment la Convention de Bâle de 1986 – le traitement des déchets s'apparente à la fois à la gestion de l'environnement et aux problématiques de développement durable.

Car le volume des déchets est directement lié à la croissance mondiale, et notamment à la croissance de la population mondiale. D'origine antérieure à la mondialisation, cette dernière n'a fait qu'accélérer l'urgence et augmenter le côté titanesque de l'effort nécessaire pour maîtriser ce problème.

La protection de l'environnement aux USA est régie par un certain nombre de règlements, dont le principal, pour les produits toxiques, est le RCRA (Resource Conservation and Recovery Act) datant de la fin des années 70. C'est l'époque où les mouvements écologistes commencent à faire entendre fortement leur voix et où la préoccupation pour l'environnement se traduit dans les lois pour la première fois. C'est ce qui donnera l'idée à Alan McKim, si ce n'est de fonder sa société, en tout cas de lui donner l'orientation qu'elle a pris. Le RCRA décrit ce que doit être la vie d'une large gamme de produits dangereux ou de futurs déchets solides "du berceau au tombeau".

Il y a donc des lois, des règlements, un peu partout dans le monde. Les pays avancés ont commencé à prendre des dispositions concrètes depuis quelques décennies, tandis que les pays émergents en sont encore à la prise de conscience, ce qui n'est pas si mal après tout, même si cela reste choquant : j'ai le souvenir du train touristique descendant de l'Altiplano vers Cuzco au Pérou et se frayant un chemin parmi les détritus abandonnés. Ou pire, en Inde, avec des malheureux vivants au milieu des immondices.

Est-ce nécessaire ? Quoi qu'il en soit, c'est bien beau d'avoir un arsenal juridique et réglementaire, encore faut-il le faire respecter et avoir des professionnels pour les appliquer et les mettre en oeuvre.

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