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27/03/2011

Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde de Fabrice Nicolino (vidéo)

Je conseil ce livre

bidoche.jpgNote de l’éditeur :

 Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j’ai changé d’avis et de goût. Derrière une côte de boeuf, j’ai fini par voir un boeuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon… On peut parler d’un choc, immense et lent. L’histoire que je vais vous raconter est une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n’était inévitable. Comment des animaux sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour  » fabriquer  » de la  » matière  » à partir d’êtres vivants et sensibles ? Pourquoi leurs laboratoires sont-ils aussi anonymes que secrets ? Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? A la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel ? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein Voir la suite. « Qui a tué l’écologie ? » - Information - France Culture , André Pochon : pour une agroécologie, sortir du productivisme !

03/09/2010

Toute son oeuvre politique de Victor hugo est toujours très forte actuellement

Toute son oeuvre politique est toujours très forte actuellement. Le livre des Misérables montre bien la condition de la classe populaire  (paupériser). Il a été un témoin de son temps. Victor Hugo y décrit la vie de misérables dans Paris et la France provinciale du xixe siècle et s'attache plus particulièrement aux pas du bagnard Jean Valjean qui n'est pas sans rappeler le condamné à mort du Dernier Jour d'un condamné ou Claude Gueux. Mais la motivation principale de Victor Hugo est le plaidoyer social. « Si les infortunés et les infâmes se mêlent (...) De qui est-ce la faute ? »

La volonté par exemple du policier javert, d’emprisonner coûte que coûte bagnard Jean Valjean, rapprocher se personnage de fiction a l’affaire Dreyfus, ou maintenant à la stigmatisation aux stigmatisation des populations de souche non française (tout particulièrement les Roms).

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.  » (Victor Hugo, Hauteville-House, 1862)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables

http://www.alalettre.com/victor-hugo-oeuvres-miserables.php

26/08/2010

Déchiffrer l'économie par Denis Clerc

Pas assez didactique pour être un manuel, trop soucieux de ne pas délaisser les problématiques actuelles ou les faits d’histoire économique pour être un précis, de même que sans prétention à cette objectivité, à cette neutralité théorique surfaite et hypocrite qui caractérise trop souvent les travaux universitaires, l’ouvrage de Denis Clerc offre une démarche parfaitement adaptée, depuis le début des mouvements altermondialistes, à une demande croissante de vulgarisation scientifique dans le domaine de l’économie. Il est vrai que l’auteur collabore avec le mensuel Alternative économique, dont ces mouvements sont, à bien des égards, fort proches.

L’ouvrage est structuré en deux parties, l’une consacrée au fonctionnement de l’économie (les acteurs, les institutions, la monnaie, le crédit, le travail, la balance commerciale, etc.), l’autre à ce que Denis Clerc appelle «l’envers du décor» (crises, chômage, inégalités, rapports nord/sud, etc.), c’est-à-dire les phénomènes «vécus». La première chose à remarquer est que l’auteur ne manque pas d’une certaine honnêteté intellectuelle puisqu’il refuse de considérer l’économie comme une discipline qu’il serait possible de constituer - et d’utiliser - à part des autres sciences humaines (sciences politiques, sociologie, droit, etc.) et de leurs considérations propres. Il refuse aussi de réduire l’économie à la gestion ou à l’économétrie. D’où, d’ailleurs, le jeu de mot du titre «dé-chiffrer», qui annonce que les mots seront préférés aux chiffres, la syntaxe aux fonctions et les réalités vécues aux mécanismes abstraits. Enfin, il a le mérite de ne pas se contenter des perspectives libérales, monétaristes, keynésiennes ou néo-keynésiennes, en particulier dans sa petite étude des rapports Nord/Sud ; il mentionne, même si c’est pour les ranger au rayon des curiosités, les travaux originaux sur la décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen ou la critique lucide du «développementalisme» opérée par François Partant, Ivan Illich ou encore Serge Latouche.

 

Que l’on ne s’y trompe pas, pourtant. La perspective de Denis Clerc est tout sauf révolutionnaire ou, comme on dit aujourd’hui, «alternative ». Son rejet de la dogmatique économique n’est que superficiel, d’abord parce que, évacuant toutes les économies du don ou les économies domestiques qui sont encore, jusqu’à nouvel ordre, majoritaires sur notre planète, il réduit l’économie à ce qu’elle est en Occident, ou selon la pensée occidentale : un calcul d’accroissement et une relation capital/travail ; ensuite parce que, non content de s’enfermer dans cette dogmatique, il choisit un point de vue critique plus fonctionnel que périlleux. Pour ne prendre qu’un exemple, ménageant la chèvre et le chou, il défend d’une manière assez classique une organisation comme l’OMC tout en lui reconnaissant les quelques défauts que lui concèdent les gens d’ATTAC : l’OMC serait, malgré ses défauts, nécessaires à la régulation des échanges. Il passe ainsi largement à côté de la triple critique fondamentale : (1) de la nécessité absolue de l’échange commercial, qui n’est pourtant pas une évidence, (2) des théories du libre-échange, dont on sait à quels points elles sont pour certaines fausses et pour d’autres réductrices, et (3) d’un organisme comme l’ORD (Organisme de Règlement des Différends) qui est au cœur de l’OMC. Cet organisme, qui, selon une procédure très complexe, à la fois diplomatique et juridique, permet à un pays de prendre des mesures de rétorsions commerciales vis-à-vis d’un partenaire qui l’aurait injustement spolié, n’est que la loi du plus fort légitimée par le droit (ce qui n’est, du reste, pas nouveau) – tout simplement parce que nul n’est égal devant l’échange : un vaste pays comme les Etats-Unis peut se permettre des accrocs à une règle, et donc ses conséquences en terme de rétorsions, alors qu’un petit pays pauvre ne le peut. De même, les rétorsions du Malawi sur l’Union européenne ont peu de chance de faire infléchir cette dernière. Puisque, à juste titre, Monsieur Clerc utilise les analyses institutionnelles, il aurait franchement gagné à s’intéresser à la procédure d’accession à l’OMC, que l’on néglige trop souvent lorsque l’on considère cette organisation.

Cela étant dit, sa bibliographie fouillée et commentée, son absence de liturgie universitaire pontifiante, sa structure claire, son travail de synthèse abouti, ses références historiques, ses graphiques et ses tableaux choisis à propos rendent cet ouvrage à la fois instructif et praticable.

 

Propos de Frédéric Dufoing

 
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