Avertir le modérateur

13/06/2016

Déni de capacité

N

 

 

Bande Annonce - YouTube De quoi rêvent les adolescents, en temps de crise ? Un documentaire applaudi par la critique ! 

Les problème de l'adolescence, de rebellion face a un ordre morale établit, du sentiment de se sentir étranger dans son corps ou avec les autres, de la volonté de sortir du quotidien , de la volonté de se reconnaitre pour ce que l'on ai et de l'impossibilité de communiqué dans le même temps. Plusieurs films, documentaires ou livre.

la photo de Barbara Liaras.
 
 
 
Photo de Barbara Liaras.

Cette photo a valu à la nénette qui l'a postée la fermeture de son compte facebook. Et si on la met tous ? (avec les milliers d'amis que j'ai, ça va faire peur à fcbk, c'est sûr :-)

Selon l'Editorial du « Monde ». Le lieu n’était pas neutre. La cible n’a pas été choisie par hasard. Ces gens n’ont pas été tués pour ce qu’ils faisaient, mais bien pour ce qu’ils étaient ou supposés être. Le président Barack Obama a parlé d’un crime dû à la « haine ». Et, à ce stade d’une enquête encore dans les préliminaires, il s’agirait d’une « haine » bien spécifique et ne relevant pas de la seule folie meutrière islamiste : les 50 jeunes filles et jeunes gens tués à Orlando, en Floride, dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 juin, leurs 53 camarades blessés, mutilés, traumatisés, se trouvaient dans une boîte de nuit, le Pulse, emblématique de la cause LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres

Qu'elle aille le dire aux victimes d'Orlando

Dimanche 20 septembre 2015, quelques semaines avant le bataclan,
La manif pour tous comparait les gays à Daech...
Aujourd'hui, après avoir attiser la haine et avoir stigmatiser tant de jeunes dans leurs manifs... Ils osent (sur Twitter) nous jouer la scène de la compassion. Ils attisent la haine et se désolent qu'un esprit faible les écoute...
Obscène !

 

 

 

  15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s'affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve...
 
 

 

 

« Mon premier coup de cœur était pour une fille et dès qu’elle l’a su, elle s’est mise à m’ignorer. Ça a de quoi traumatiser tout le monde. J’ai amèrement constaté qu’aimer quelqu’un du même sexe n’est pas accepté partout. J’ai décidé d’être hétéro parce que j’avais peur d’être rejetée. Après des années et des années à me sentir mal à l’aise, que ce soit en couple ou au lit, je me suis installée pour de bon, j’ai mis de côté tous mes sentiments et j’ai fait un enfant en pensant que tout allait bien se passer

 

La chanteuse conclut ainsi sa lettre : « C’est pourquoi aujourd’hui, je fais mon coming-out en tant que queer, parce que je ne peux plus vivre dans la crainte de ce que les gens vont penser de moi. Je ne peux plus avoir peur que quelqu’un va arrêter d’écouter ma musique, ou que des parents vont empêcher leurs enfants de m’écouter parce que je veux aimer qui je veux aimer. Je fais mon coming-out pour ma fille qui a besoin d’apprendre que l’amour n’a ni race, ni religion, ni genre, ni orientation. Même si la famille qu’elle a connu ne sera plus jamais la même, elle mérite tout l’amour qu’elle a besoin ou qu’elle veut. Je fais mon coming-out pour les victimes qui ont perdu la vie parce qu’elles voulaient célébrer qui elles sont vraiment. A tous ceux qui sont terrifiés : j’ai trouvé le réconfort dans ma différence ». Cette révélation pourrait donc mettre un terme à son mariage…

Pour lire la lettre dans son intégralité, c'est ici.»,

 
 
 
 

  Le garçon invisiblLE GARÇON INVISIBLE Bande Annonce (2015) - YouTube Le Garçon invisible est un film fantastique franco-italien réalisé par Gabriele Salvatores et sorti en 2014. C'est l'adaptation du roman graphique d'Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi, Stefano Sardo paru en 2014. Wikipédia Le jeune Michele se retrouve doté de super pouvoir d'invisibilité ( lui qui était transparent - surtout pour " la belle du lycée) Un cas rare de film de super héros, sensible sans effet spéciaux tapageurs Salvatores svela "Il ragazzo invisibile" - In anteprima il ... - YouTube

Akira Akira Trailer - YouTube Inspiré par le cinéma anglosaxon des années 70, cette fresque cyber-punk imagine un Japon apocalyotique ou sillonent " Néo-Tokyo"  de jeunes motards drogués. Culte. AKIRA 1988 HD 1


Nos 18 ans

 

La jeunesse a donné lieu à une surabondance de documentaires, traités sur des modes qui varient rarement. Peu de films de fiction prennent leurs distances avec le réel autant que les comédies musicales ; au point qu'en marier le principe chanté à celui d'un documentaire relève inévitablement d'un coup de force esthétique, d'une torsion ou d'une hybridation. Ce qu'un genre réclame de spontanéité, l'autre l'exige en préméditation. De la tension entre ces deux modes de représentation, David André a tiré l'originalité deChante ton bac d'abord, qui se concentre sur un groupe d'élèves de terminale d'un lycée de Boulogne-sur-Mer.Interview Chante Ton Bac D'abord - YouTubeChante ton bac d'abord - YouTube
Chante ton bac d'abord - Télévision - Télérama

Déni de capacité (passage du livre sur la domination adulte)

Extrait :
« Nombreux sont les observateurs contemporains qui jugent que les enfants des sociétés développées voient leurs possibilités phénoménalement limitées. Non seulement ils sont tenus en permanence de coller à des figures du masculin ou du féminin (être des petites filles ou des petits garçons), mais ils doivent continuellement « faire l’enfant » : s’abîmer dans une culture cucul, s’exprimer de façon infantile, quémander d’une voix plaintive, ne pouvoir oser la moindre initiative. La famille et l’éducation contemporaines réussissent ce tour de force d’infantiliser les enfants, de les encamisoler dans une identité qui restreint de toutes parts leur affirmation et, n’en déplaise à nos modernes pédagogues, leur épanouissement. Les enfants modernes sont laminés, ce sont des humains mutilés, maintenus infirmes par l’ensemble d’un dispositif social complexe : l’enfance. »

Un autre extrait :
« Parvenir à un tel résultat, d’une ampleur inconnue dans aucune civilisation du passé, nécessite un travail herculéen de tous les jours : en effet, comme on l’a vu, les enfants spontanément ont plutôt une bonne idée d’eux-mêmes et de leurs propres capacités. Pour détruire leur confiance en eux, il faut consacrer à cette entreprise une attention permanente, une énergie renouvelée pendant des années ; il faut que l’enfant reste en permanence au centre de l’attention des adultes, et que cette attention soit sans relâche effective, qu’elle se traduise sans cesse par des gestes et des commentaires explicites, restreignant et canalisant tout champ d’action. Nos sociétés ne se laissent pas décourager et ne reculent devant aucune tâche, aussi titanesque soit-elle ! À cette condition, et à cette condition seulement, les enfants peuvent être produits immatures, incapables et irresponsables. »

 

 

Durée 82 mn

 

Chante ton bac d'abord - Bande-Annonce

L

La domination adulte opprime profondément les jeunes. Les "enfants" sont aujourd'hui réputés particulièrement vulnérables et vivent sous l'emprise d'un (...)

N

27/02/2016

"2084" - La fin du monde"

n

Tandis que s'édifie dans la capitale le plus haut minaret du monde, le pays s'enfonce dans le marasme politique et social.C'est un projet pharaonique. Sur le front de mer de la baie d'Alger, en bordure de la rocade autoroutière reliant l'aéroport au centre de la capitale algérienne, se construit Djamaa el-Djazaïr, le rêve du président Bouteflika. Un rêve conçu par des architectes allemands et réalisé par plus d'un millier d'ouvriers chinois. Un rêve de démesure, bâti sur un espace presque équivalent à la superficie du Vatican. Un rêve estimé à environ 4 milliards d'euros. La future grande mosquée d'Alger devrait devenir le troisième plus grand édifice religieux du monde après les mosquées de La Mecque et de Médine. Elle pourra accueillir 120.000 fidèles dans sa salle de prière. Elle aura aussi - si Dieu le veut - le minaret le plus haut de la planète musulmane, détrônant dans le Livre des records Casablanca et son minaret de 210 mètres de haut érigé sous le règne du roi Hassan II.

 

Envoyé Spécial: "Au Nom De La Charia" - YouTube

 

AVANT-PREMIÈREINTERVIEW - Dans son roman d'anticipation 2084, le grand écrivain algérien imaginait un monde dominé par l'islam radical. Il se montre tout aussi pessi­miste pour l'avenir de l'Algérie.

Le choc Boualem Sansal / France Inter :lire

(ré)écouter cette émission disponible jusqu'au 03/06/2018 08h10

s’abonner au podcast via iTunes s’abonner au podcast via RSS " Il éclaire la rentrée littéraire avec son nouveau roman, 2084, La fin du monde, roman d'anticipation aux accents orwelliens, dans lequel il se dresse contre l'obscurantisme. A travers les tribulations d'un jeune garçon dans un pays imaginaire, il déboulonne l'hypocrisie de la foi et du radicalisme religieux qui menace les démocraties. L'écrivain Boualem Sansal est l'invité d'Augustin Trapenard"
 

A lire et écouter : 2084 La fin du monde de Boualem Sansal - YouTubeBoualem Sansal - 2084 - YouTubeBoualem Sansal, des mots pour combattre l ... - YouTubeBoualem Sansal à propos de son roman 2084 - YouTube

"2084" - La fin du monde" (Gallimard) du romancier algérien Boualem Sansal est dans toutes les listes des sélections des prix de la rentrée 2015. Pourquoi ce roman, qui met en scène un monde totalitaire régi par le fondamentalisme religieux, fait-il l'unanimité dans les jurys littéraires?

L'histoire : 2084, l'ancien monde n'existe plus. Il a été rasé, aux termes d'une longue guerre sainte, le "Char", qui a éradiqué l'ennemi "de manière totale, définitive, irrévocable". Le nouveau monde, baptisé "Abistan", est totalement régi par les lois de Yölah, le tout Puissant et Abi son délégué. Tout de l'ancien monde a disparu : la langue, les livres, l'histoire, les musées, jusqu'aux tables, couverts, vêtements, nourriture… Le nouvel ordre a tout réinventé : une nouvelle langue (pauvre, car il ne faut pas donner aux citoyens les moyens de penser), une nouvelle façon de s'habiller, de manger, de dormir. La vie est organisée exclusivement autour de la foi, de la prière, des pélerinages. Ati, un homme d'une trentaine d'années, est exilé pour soigner sa tuberculose dans un sanatorium situé une montagne aux confins de l'Empire, éloignée de toute ville, traversée par des caravanes de pèlerins faméliques, avec qui Ati aime converser. C'est dans cette retraite forcée qu'Ati se trouve soudain envahi par le doute, sentiment étrange qu'il tente (en vain) de réprimer…

"2084" est un des romans les plus remarqués de cette rentrée. En plus d'être sélectionné dans toutes les listes des grands prix littéraires (Goncourt, Renaudot, Fémina, Grand Prix du Roman de l'Académie française, Médicis, Interallié), le roman de Boualem Sansal est présenté par la presse comme l’événement de la rentrée littéraire 2015. Comment expliquer une telle unanimité ?
 
1. "2084" : un roman d'anticipation (hautement romanesque)
"Le meilleur des mondes" (Aldous Huxley), en 1932, "1984" (George Orwell) (1984 George Orwell - Full Movie - Hollywood ... - YouTube) , en 1949, "461 Fahrenheit" de Bradbury en 1953… L'anticipation apocalyptique a une dimension romanesque qui nourrit la littérature depuis toujours. La description de la fin d'un monde, et de la construction sur ses ruines d'un nouvel état (totalitaire et sombre, le plus souvent), est un sujet que chaque époque explore avec ses propres démons : le nazisme et le stalinisme à la fin des années 40 ont inspiré le modèle de "1984". Aujourd'hui ce qui inquiète, ce qui terrorise, c'est le fanatisme religieux, incarné par l'islamisme radical. C'est sur la base de cet Islam radical, dont on peut voir aujourd'hui dans la réalité ce qu'il projette d'obscurantisme et de violence, que Boualem Sansal construit une dystopie (une utopie version cauchemar). Et donc ça marche : on y croit. On a peur (et on aime bien avoir peur). On s'interroge. Un bon point pour fabriquer un bon roman.
 
2. "2084" : une super production
Boualem Sansal s'inspire des différents modèles de totalitarisme que le monde a connu et embarque le lecteur dans une super production qui ne lésine pas sur les moyens. Pour nourrir l'imagination du lecteur, le romancier met le paquet : tout, de l'Abistan, est décrit par le menu : la langue (l'abilang), les vêtements (burniqabs), l'organisation sociale (ses sbires, ses notables, son peuple) les paysages, tous les rouages du système, ses ghettos, sa "Frontière"…
 
3. "2084" : un roman de résistance
Autre intérêt de la science fiction : parler du présent en forçant le trait, pour alerter sur les dérives que connaît une société. Et c'est l'objectif revendiqué par le romancier algérien, qui dit se sentir plus "lanceur d'alertes" que "littérateur". Ancien ingénieur en Algérie venu à la littérature dans une situation de guerre (quand les islamistes étaient aux portes d'Alger), il défend l'idée d'une littérature de résistance. Sur une scène littéraire française qui concentre grand nombre de romans autofictionnels, c'est certain, "2084" tranche.
 
4. "2084" : un roman philosophique
Le roman de Boualem Sansal pose et répond (tente de répondre, du moins) à des questions philosophiques vieilles comme le monde, autour de concepts comme le Temps, l'Eternité, la Soumission, la Liberté, la Vérité… Cette forme romanesque fait de "2084" un roman profond, mais aussi abstrait, qui rend sa lecture un peu ardue, ce qui n'est pas un handicap dans la course aux prix… Mais soyons francs, quand on lit "2084", on entre par moments dans une forme de torpeur (voire d'ennui) qui ressemble à celle dans laquelle les citoyens de l'Abistan, privés d'espoir et de vie, sont plongés.
 
5. "2084", un roman initiatique
Evidemment "2084" ne fonctionnerait pas si l'on n'avait pas un héros à qui s'identifier. Ici Ati, qui, dans ce monde éteint, se voit traversé par une lumière, celle du doute, qui engendre l'espoir, qui engendre la vie. Un citoyen lambda, d'extraction modeste, que rien pourtant ne prédestine à un destin particulier (comme quoi, l'éveil est accessible à tous).
 
6. "Le grand art est scientifique et impersonnel" (Flaubert)
"J'ai l'impression d'avoir fait un travail très scientifique, très calme et très froid", a confié Boualem Sansal à Augustin Trapenard, début septembre dans son émission Boomerang. Le romancier dit avoir analysé une situation en œuvre depuis une trentaine d'années, y avoir vu des évolutions et constaté à quoi tout cela devrait aboutir. "2084" serait donc une œuvre scientifique, "objectivée", chère à Flaubert. Il n'empêche, et c'est sans doute aussi une raison majeure de l'engouement des jurys littéraires pour ce roman : "2084" fait chanter une voix, dans une très belle langue, riche et poétique, qui offre un plaisir de lecture assez rare dans le paysage littéraire français.

2084 - La fin du monde Boualem Sansal (Gallimard - 275 pages – 19,50 euros)

Sources Boualem Sansal : «Un scénario syrien est possible en Algérie»

 Accueil , LivresRomans Pourquoi "2084", le roman de Boualem Sansal, séduit-il tous les jurys littéraires ? - Par Laurence Houot @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox - Publié le 06/10/2015
 
A lire aussi
 

20/02/2016

Décés Umbertto Eco

n

  "J'habite ma propre demeure,
Jamais je n'ai imité personne,
Et je me ris de tous les maîtres
Qui ne se moquent pas d'eux-mêmes".

Écrit au-dessus de ma porte
Nietzsche,
Le Gai savoir

 

 
Photo de Etika Mondo.

 L'écrivain et philosophe italien Umberto Eco, auteur du célèbre roman "Le Nom de la rose", est décédé à l'âge de 84 ans, ont annoncé dans la nuit. Umberto Eco est décédé vers 21H30  à son domicile, indique sur son site internet le quotidien La Repubblica qui a contacté sa famille. L'écrivain, qui vivait à Milan (nord), souffrait d'un cancer depuis longtemps.

A lire[PDF]Umberto Eco - Le nom de la Rose - iHaveBookPDF]Il nome della rosa.pdf - Prof.ssa Monica Guido

Quelques citations du célèbre roman d'Umbertto Ecco : Il traduit une époque qui voyait la conccurence en la religiosité et la science.

 Umberto Eco : "Les secrets de la science ne doivent pas toujours circuler entre toutes les mains, car certains pourraient en user mal à propos".

Le Nom de la rose de Umberto Eco :Le diable est l'arrogance de l'esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n'est jamais effleurée par le doute.

(LE NOM DE LA ROSE).



Né à Alessandria  le 5 janvier 1932, il a étudié la philosophie à l'Université de Turin et consacré sa thèse au "problème esthétique chez Thomas d'Aquin". Alors qu'il approchait de la cinquantaine, il réussi un coup de maître avec son premier roman publié en 1980: "Le Nom de la rose" s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires et a été traduit en 43 langues.

A voir : Имя розы _-_ The Name of the Rose (film)O Nome Da Rosa - Completo - Dublado.avi

Rire et subversion : 

Le discours sur le dangers du rire, car il désacralise le sacré ( la crainte du diable et de Dieu) et donc ceux censé le représenter : ( extrait p 456)

— Mais qu'est-ce qui t'a fait peur dans ce discours sur le rire ? Tu n'élimines pas le rire en éliminant ce livre.
— Non, certes. Le rire est la faiblesse, la corruption, la fadeur de notre chair. C'est l'amusette pour le paysan, la licence pour l'ivrogne, même l'Eglise dans sa sagesse a accordé le moment de la fête, du carnaval, de la foire, cette pollution diurne qui décharge les humeurs et entrave d'autres désirs et d'autres ambitions... Mais ainsi le rire reste vile chose, défense pour les simples, mystère déconsacré pour la plèbe. L'apôtre même le disait, plutôt que de brûler, mariez-vous. Plutôt que de vous rebeller contre l'ordre voulu par Dieu, riez et amusez-vous de vos immondes parodies de l'ordre, à la fin du repas, après avoir vidé les cruches et les fiasques. Elisez le roi des fols, perdez-vous dans la liturgie de l'âne et du cochon, jouez à représenter vos saturnales la tête en bas... Mais ici, ici... » .
.
La vidéo de cet extrait 

 

A présent Jorge frappait du doigt sur la table, près du livre que Guillaume tenait devant lui.
  « Ici on renverse la fonction du rire, on l'élève à un art, on lui ouvre les portes du monde des savants, on en fait un objet de philosophie, et de perfide théologie... [...] Le rire libère le vilain de la peur du diable, parce que, à la fête des fols, le diable même apparaît comme pauvre et fol, donc contrôlable. Mais ce livre pourrait enseigner que se libérer de la peur du diable est sapience. Quand il rit, tandis que le vin gargouille dans sa gorge, le vilain se sent le maître, car il a renversé les rapports de domination : mais ce livre pourrait enseigner aux doctes les artifices subtils, et à partir de ce moment-là illustres, par lesquels légitimer le bouleversement. Alors, ce qui, dans le geste irréfléchi du vilain, est encore et heureusement opération du ventre se changerait en opération de l'intellect Que le rire soit le propre de l'homme est le signe de nos limites de pécheurs. Mais combien d'esprits corrompus comme le tien tireraient de ce livre l'extrême syllogisme, selon quoi le rire est le but de l'homme ! Le rire distrait, quelques instants, le vilain de la peur. Mais la loi s'impose à travers la peur, dont le vrai nom est crainte de Dieu. Et de ce livre pourrait partir l'étincelle luciférienne qui allumerait dans le monde entier un nouvel incendie : et on désignerait le rire comme l'art nouveau, inconnu même de Prométhée, qui anéantit la peur. Au moment où il rit, peu importe au vilain de mourir ; mais après, quand prend fin la licence, la liturgie lui impose de nouveau, suivant le dessein divin, la peur de la mort. Et de ce livre pourrait naître la nouvelle et destructive aspiration à détruire la mort à travers l'affranchissement de la peur. Et que serions-nous, nous créatures pécheresses, sans la peur, peut-être le plus sage et le plus affectueux des dons divins ? Pendant des siècles, les docteurs et les Pères ont sécrété d'embaumantes essences de saint savoir pour racheter, à travers la pensée de ce qui est élevé, la misère et la tentation de ce qui est bas. Et ce livre, en justifiant la comédie comme miraculeuse médecine, et la satire et le mime, qui produiraient la purification des passions à travers la représentation du défaut, du vice, de la faiblesse, induirait les faux savants à tenter de racheter (dans un diabolique renversement) le haut à travers l'acceptation du bas. De ce livre découlerait la pensée que l'homme peut vouloir sur la terre (comme suggérait ton Bacon à propos de la magie naturelle) l'abondance même du pays de Cocagne. Mais c'est justement cela que nous ne devons ni ne pouvons avoir. Regarde les moinillons qui se dévergondent dans la parodie bouffonne de la Coena Cypriani1. Quelle diabolique transfiguration de l'Ecriture sainte ! Et pourtant, tout en le faisant, ils savent que cela est mal. Mais le jour où la parole du Philosophe2 justifierait les jeux marginaux de l'imagination déréglée, oh ! alors vraiment ce qui se trouvait en marge sauterait au centre, et du centre on perdrait toute trace. [...] Les serviteurs dicteront la loi, nous (mais toi aussi, à ce compte), nous obéirons à la vacance de toute loi. Un philosophe grec (que ton Aristote cite ici, complice et immonde auctoritas) dit qu'on doit démanteler le sérieux de ses adversaires avec le rire, et le rire adverse avec le sérieux. La prudence de nos pères a fait son choix : si le rire est le plaisir de la plèbe, que la licence de la plèbe soit tenue en bride et humiliée, et sévèrement menacée. Et la plèbe n'a pas d'armes pour affiner son rire jusqu'à le faire devenir instrument contre le sérieux des pasteurs qui doivent la conduire à la vie éternelle et la soustraire aux séductions du ventre, des pudenda3, de la nourriture, de ses sordides désirs. Mais si un jour quelqu'un, agitant les paroles du Philosophe, et donc parlant en philosophe, amenait l'art du rire à une forme d'arme subtile, si la rhétorique de la conviction se voyait remplacée par la rhétorique de la dérision, si la topique de la patiente et salvatrice construction des images de la rédemption se voyait remplacée par la topique de l'impatiente démolition et du bouleversement de toutes les images les plus saintes et vénérables — oh ! ce jour-là, toi aussi et toute ta science, Guillaume, vous serez mis en déroute !

Consécration: il a été adapté au cinéma en 1986 par le Français Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle du frère Guillaume de Baskerville, l'ex-inquisiteur chargé d'enquêter sur la mort suspecte d'un moine dans une abbaye du nord de l'Italie. "Umberto Eco, un des intellectuels les plus célèbres d'Italie est mort", indique sur son site le Corriere della Sera.

A voir Le Nom De La Rose: MAKING OF - YouTube

P 472 « C’était la plus grande bibliothèque de la chrétienté, dit Guillaume.
Désormais, ajouta-t-il, l’Antéchrist est vraiment proche car aucune science ne lui fera plus barrage. D’ailleurs, nous en avons vu le visage cette nuit.
— Le visage de qui ? demandai-je abasourdi.
— J’ai nommé Jorge. Dans ce visage ravagé par la haine de la philosophie, j’ai vu pour la première fois le portrait de l’Antéchrist, qui ne vient pas de la tribu de Judas comme le veulent ses annonciateurs, ni
d’un pays lointain. L’Antéchrist peut naître de la piété même, de l’excessif amour de Dieu ou de la vérité, comme l’hérétique naît du saint et le possédé du voyant. Redoute, Adso, les prophètes et ceux qui sont disposés à mourir pour la vérité, car d’ordinaire ils font mourir des multitudes avec eux, souvent avant eux, parfois à leur place. Jorge a accompli une œuvre diabolique parce qu’il aimait d’une façon si lubrique sa vérité qu’il osa tout, afin de détruire à tout prix le mensonge. Jorge avait peur du deuxième livre d’Aristote car celui-ci enseignait peut-être vraiment à déformer la face de toute vérité, afin que nous ne devenions pas les esclaves de nos fantasmes. Le devoir de qui aime les hommes est
peut-être de faire rire de la vérité, faire rire la vérité, car l’unique vérité est d’apprendre à nous libérer de la passion insensée pour la vérité"

Autre extrait "C’est le mieux des hommes, qui est peu. Il est difficile d’accepter l’idée qu’il ne peut y avoir un ordre dans l’univers, parce qu’il offenserait la libre volonté de Dieu et son omnipotence. Ainsi la liberté de Dieu est notre condamnation, ou du moins la condamnation de notre superbe. »


J’osai, pour la première et la dernière fois dans ma vie, une conclusion théologique : « Mais comment peut exister un être nécessaire totalement tissu de possible ? Quelle différence y a-t-il alors entre Dieu et le chaos originel ? Affirmer l’omnipotence absolue de Dieu et son absolue 474 disponibilité en regard de ses choi

"Umberto Eco a eu une présence importante dans la vie culturelle italienne des 50 dernières années, mais son nom reste indéniablement lié, au niveau international, à l'extraordinaire succès de son roman Le Nom de la rose", poursuit le principal quotidien italien. "Le monde perd un des hommes les plus importants de sa culture contemporaine", affirme pour sa part La Repubblica sur son site. "Son regard sur le monde nous manquera", ajoute le quotidien.

Umberto Eco et d'autres grands noms de la littérature italienne avaient décidé en novembre dernier de quitter leur maison d'édition historique Bompiani, récemment rachetée par le groupe Mondadori (propriété de la famille Berlusconi), pour en rejoindre une nouvelle et indépendante baptisée "La nave di Teseo" (le bateau de Thésée, le mythique roi d'Athènes).

2. Mon bonheur
Depuis que je suis fatigué de chercher
J’ai appris à trouver.
Depuis qu’un vent s’est opposé à moi
Je navigue avec tous les vents.

Voir aussi : Du rire comme arme de subversion (Les Mauvaises fréquentations). 


Réquisitoire de Pierre Desproges contre J.-M. Le Pen
(Le Tribunal des flagrants délires, 28/09/1982).

 



LIRE AUSSI :
» Umberto Eco : « Il faut filtrer l'information ! »

Umberto Eco, auteur du célèbre roman "Le Nom de la rose", est mort dans la nuit

 Liens externes

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu