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01/01/2013

George Orwell. De la guerre civile espagnole à 1984

 

 

V COMME VENDETTA ( l'indigné, l'indigné révolté)
Pour voir le film dans son intégralité un petit clic ici :

 

 Le but de la novlangue",... roman 1984

1984.jpg▪ "Le but de la novlangue", écrit George Orwell dans son roman 1984, "était non seulement de fournir un mode d'expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots de l'Angsoc [le nom qu'a donné Orwell au régime en place dans 1984, NDLR.], mais de rendre impossible tout autre mode de pensée" ( Mecanopolis » La guerre civile à l’horizon de l’Europe, A regarder absolument !!!

Globalia de Jean Christophe...

George Orwell. De la guerre civile espagnole à 1984

Louis Gill (LUX)

vendredi 23 mars 2012

Dans un article intitulé « Looking Back on the Spanish War » (Réflexions sur la guerre d’Espagne), rédigé en 1942, George Orwell, qui a participé à la guerre civile espagnole en tant que combattant révolutionnaire, décrit une situation qu’il reprendra presque mot pour mot pour dépeindre le monde fictif de son célèbre roman, 1984, publié en 1949 [1] :

« Je me rappelle avoir dit un jour à Arthur Koestler : "L’histoire s’est arrêtée en 1936", ce à quoi il a immédiatement acquiescé d’un hochement de tête. Nous pensions tous les deux au totalitarisme en général, mais plus particulièrement à la guerre civile espagnole. Tôt dans ma vie, j’ai remarqué qu’aucun événement n’est jamais relaté avec exactitude dans les journaux, mais en Espagne, pour la première fois, j’ai lu des articles de journaux qui n’avaient aucun rapport avec les faits, ni même l’allure d’un mensonge ordinaire. J’ai lu des articles faisant état de grandes batailles alors qu’il n’y avait eu aucun combat, et des silences complets lorsque des centaines d’hommes avaient été tués.

J’ai vu des soldats qui avaient bravement combattu être dénoncés comme des lâches et des traîtres, et d’autres, qui n’avaient jamais tiré un coup de fusil, proclamés comme les héros de victoires imaginaires. […] J’ai vu l’histoire rédigée non pas conformément à ce qui s’était réellement passé, mais à ce qui était censé s’être passé selon les diverses "lignes de parti". Ce genre de choses me terrifie, parce qu’il me donne l’impression que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de ce monde. […]

À toutes fins utiles, le mensonge sera devenu vérité. […] L’aboutissement implicite de ce mode de pensée est un monde cauchemardesque dans lequel le Chef, ou quelque clique dirigeante, contrôle non seulement l’avenir, mais le passé. Si le Chef dit de tel événement qu’il ne s’est jamais produit, alors il ne s’est jamais produit. »

Comme le souligne Louis Gill dans son ouvrage, George Orwell. De la guerre civile espagnole à 1984, Orwell décrit ici les méthodes staliniennes dont un des outils essentiels à la propagande : la main mise sur l’information. Car le contrôle du futur dépend absolument du contrôle du passé. Orwell s’inspire des observations faites sur le terrain, lorsqu’il s’engage auprès des combattant-es antifascistes espagnol-es, pour les reprendre dans son roman, 1984. Il y met en garde contre les dangers d’une prise du pouvoir fasciste et de la manipulation de masse. Le fascisme se distinguant par sa volonté de mobiliser les masses sur le terrain avec un langage populaire. Il est vrai qu’Orwell a observé ce phénomène de mystification sur le terrain, pendant la guerre civile espagnole.

Lorsqu’il arrive en Espagne en décembre 1936 pour se joindre aux républicains dans leur combat antifasciste contre les troupes franquistes, soutenues militairement par les nazis et les fascistes italiens, Durruti est mort, les ouvriers et les paysans espagnols organisent l’autogestion et les collectivités, notamment en Catalogne et en Aragon. Il mesure alors la réalité d’une révolution sociale sans précédent. Mais la coalition du Front populaire se retrouve très vite dépendante de l’Union soviétique pour la livraison d’armes, car la France et l’Angleterre choisissent la « neutralité », c’est-à-dire l’abandon de la République espagnole.

La révolution espagnole, dans sa remise en question du système capitaliste, effraie les gouvernements. Churchill écrira d’ailleurs à ce propos : « Je tremble en pensant à ce que serait la victoire des trotskystes et des anarchistes, qui n’est pas impossible. » Cette crainte est largement partagée par le régime totalitaire stalinien : « Pour ce régime, la révolution en marche en Espagne ne peut que constituer une menace en risquant de s’étendre à d’autres pays et de raviver en URSS une flamme qui a été étouffée. » Staline apporte donc un soutien logistique avec l’envoi de conseillers militaires et la fourniture d’armes ainsi que la mise en place des Brigades internationales. Mais ce soutien et la vente d’armes de l’Union soviétique à la république espagnole — fourguer serait plus juste au regard des prix et de leur inefficacité — s’opèrent à une condition : désarmer la révolution. Les hommes du Kominterm vont noyauter les secteurs vitaux, à commencer par la police qui fonctionne avec ses propres règles, ses prisons et ses centres de torture.

Orwell est témoin de cette mise sous tutelle stalinienne. Enrôlé dans les milices du POUM, il se trouve alors au coeur d’une guerre non seulement contre Franco, mais aussi contre un gouvernement à la solde de Staline, dont les agents ont pour mission de casser la révolution en marche. Les hommes du Kominterm n’hésitent pas à emprisonner, torturer et assassiner, comme à utiliser une propagande mensongère. « La guerre dévore la révolution » écrit Henri Paechter en 1938[[Espagne 1936-1937. La guerre dévore la révolution, Henri Paechter, Spartacus, 1986.]]. Et la philosophe Simone Weil, combattante de la colonne Durruti, d’ajouter : « Il semble qu’une révolution engagée dans une guerre n’ait le choix qu’entre succomber sous les coups meurtriers de la contre-révolution, ou se transformer elle-même en contre-révolution par le mécanisme même de la lutte militaire. » Alors qu’ils croient combattre le fascisme et contribuer à l’avènement d’un socialisme libérateur, Orwell, les Internationaux et les révolutionnaires espagnols se voient qualifiés de « trotskistes » par la presse communiste espagnole et accusés d’allégeance aux fascistes. Ils sont poursuivis, traqués, jetés en prison, liquidés… Ce qui se passe alors en Espagne est un prémisse aux purges staliniennes.

Orwell et sa compagne échappent de peu à cette purge et lorsqu’il revient en Grande Bretagne, peu de temps après la Commune de mai 1937 à Barcelone, Orwell se retrouve confronté à une campagne médiatique virulente de mensonges, orchestrée par la presse pro-stalinienne. L’un des mensonges les plus répandus étant que le POUM et des anarchistes ont déclenché la bataille de mai 1937, agissant sur ordres de Franco, Hitler et Mussolini. De nombreux intellectuels, qui ne sont jamais allés en Espagne, reprennent ces allégations du Kominterm et la gauche anglaise, proche du Front populaire espagnol contre les franquistes, suit. Staline reste ainsi une figure de l’antifascisme. Pour témoigner de la lutte antifasciste et de l’immense espoir soulevé par la révolution, Orwell publie Hommage à la Catalogne en avril 1938 : « L’habituelle division de la société en classes avait disparu dans une mesure telle que c’était chose presque impossible à concevoir dans l’atmosphère corrompue par l’argent de l’Angleterre ; il n’y avait là que les paysans et nous, et nul ne reconnaissait personne pour son maître. [...] Nous avions respiré l’air de l’égalité. »

Son observation douloureuse de la lutte antifasciste espagnole, étouffée et dévoyée par le totalitarisme stalinien, inspire ses deux romans — considérés parmi les meilleurs romans du XXe siècle en langue anglaise —, La Ferme des animaux ( ANIMAL FARM (1955) - Full Movie - Captioned  et 1984. Dans 1984, il décrit une Grande Bretagne postérieure à une guerre nucléaire entre l’Est et l’Ouest contrôlée par un régime totalitaire inspiré du stalinisme et du nazisme. La liberté d’expression n’existe plus, la population est étroitement surveillée, et d’immenses affiches placardées dans les rues, indiquent « Big Brother is watching you » (« Big Brother vous regarde »).

Le totalitarisme à combattre, pour Orwell, est à la fois fasciste et stalinien, un « collectivisme oligarchique ». En 1947, il écrit qu’il est « indispensable de détruire le mythe soviétique », si l’on croit en un « socialisme où la liberté de pensée pourra survivre à la disparition de l’individualisme économique ». Liberté de pensée qui « constitue le seul rempart à l’étouffement de cette liberté, à la mainmise sur la vie sociale en général, sur la culture, la littérature et l’art en particulier, qui est le fait du totalitarisme ».

Louis Gill, qui s’inspire de Hannah Arendt pour définir le totalitarisme « comme la prise de possession de l’individu atomisé dans sa totalité, c’est-à-dire sa transformation complète par la destruction de l’existence autonome de toute activité et la domination de toutes les sphères de la vie », met en garde contre l’idée d’un risque révolu. Il insiste sur la nécessité de vigilance quant à certaines tendances contemporaines : « Le totalitarisme actuel, qui s’est infiltré dans nos vies de manière tacite sous la forme d’une guerre non déclarée en s’imposant au nom des libertés individuelles et économiques, est celui de la soumission de toutes les composantes de la vie sociale au marché et de la domination totale de l’individu par ses lois, de sa transformation en homo oeconomicus, c’est-à-dire en individu pensant tout en termes économiques. »

C’est pourquoi Louis Gill voit dans le roman d’Orwell, 1984, une « mise en garde contre une dangereuse évolution qui menace l’humanité, mais qui n’est en rien inévitable et qu’il faut contrer par tous les moyens possibles [...] ».

Comme Le Talon de fer (Iron Hill - 1908) de Jack London, It Can’t Happen here de Sinclair Lewis (Cela ne peut arriver ici - 1935), 1984 illustre parfaitement la mise en place d’un régime fasciste dans une société régie par une propagande qui écarte toute expression différente et joue sur le mensonge en permanence. Les slogans écrits au fronton du ministère de la Vérité (Miniver en novlangue), « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage » et « L’ignorance, c’est la force », donnent la dimension de société. Quant à la figure de Big Brother, elle est devenue métaphorique d’un régime bureaucratique, policier et totalitaire.

 

« Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain ... éternellement. [...] Et souvenez-vous que c’est pour toujours. Le visage à piétiner sera toujours présent. L’hérétique, l’ennemi de la société, existera toujours pour être défait et humilié toujours. [...] L’espionnage, les trahisons, les arrêts, les tortures, les exécutions, les disparitions, ne cesseront jamais. Autant qu’un monde de triomphe, ce sera un monde de terreur. Plus le parti sera puissant, moins il sera tolérant. Plus faible sera l’opposition, plus étroit sera le despotisme. [2] »

 

Today, Big Brother can make legitimate and illegitimate leaders. So that rebels could become governments and governments rebels, whilst massaging the unified mind of the people through filtered and targeted news, completely false news and half-truths whilst, simultaneously emasculating all other sources of news. If you are against BB, you are an enemy that has to be eliminated. If you lick his burnished boots, you are the friend whose back is patted. There are only two choices: be with them or against them. In response to questions, they refuse to be straight, confusing the proles with garbled messages full of doublethinks to hide their intent. After all,
[T]here are known knowns; there are things we know we know. We also know there are known unknowns; that is to say we know there are some things we do not know. But there are also unknown unknowns – the ones we don't know we don't know. (Source)
1984 is a book we must all read for in it, George Orwell has shown us how our governments, every government for that matter, operate.
In our societies, those who have the best knowledge of what is happening are also those who are furthest remove from seeing the world as it is. In general, the greater the understanding, the greater the delusion: the more intelligent, the less sane. (Page 177)

 

1984 - 1956 Version DVD (FULL) 

la photo de Christophe Bxn.

 néolibéralisme : dates et noms , Le retour de l'Histoire , Reporterre.net - Voici... , L'agonie de la démocratie... , Cameron à l'épreuve du feu... , private has taken over the governments; the peoples, « Les stratégies et techniques employées pour la manipulation de l'opinion publique et de la société », Pourquoi la politique de surenchère de N. Sarkozy mène a l’impasse. Important de relire la déclaration des droit de l'Homme

18/07/2012

Comprendre le capitalisme japonais

Comprendre le capitalisme japonais -

 

Résumé : En trente années de politiques néolibérales, le Japon est devenu l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE. La publication du livre de Sébastien Lechevalier, "La grande transformation du capitalisme japonais" , arrive à point nommé pour éclairer une zone d'ombre de l'histoire récente du Japon mais aussi pour donner des clés de compréhension à la crise du capitalisme en cours depuis 2007

 

 

  : Le Japon est aujourd'hui très connu en France, à travers sa culture populaire - manga, animé - et sa cuisine. Mais que sait-on au juste de cette "face cachée de la lune", située quelque part entre l'extrême-orient et l'extrême-occident ? Au-delà des clichés, ce blog apporte un éclairage sur quelques aspects méconnus de la société, de la vie politique et de la culture populaire dans l'archipel.

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Sans-abris à Ôsaka, avril 2012 (DR/Mathieu Gaulène)

 

 

livre 31.gifDe France, lorsqu'on évoque le néolibéralisme, les exemples britannique ou américain sont souvent mis en avant. L'exemple japonais peut paraître incongru. Et pourtant, le Japon est le pays de l'OCDE qui a connu la plus grande montée des inégalités en raison de la déréglementation du marché du travail, de la montée de l'emploi précaire – 40% de la population active aujourd'hui – et d'une mise au pas des syndicats – avec la privatisation de secteurs de lutte comme le rail ou la poste. Autre domaine où l'Archipel est en avance dans ce processus néolibéral, l'école. Les universités sont aujourd'hui pour la plupart privées, les frais d'inscriptions exorbitants et surtout, comme dans aucun autre pays, le savoir se vend comme une marchandise à grand coup de campagnes de publicités racoleuses promettant un avenir radieux pour les futurs diplômés. Résultat, le niveau général ne cesse de chuter.

 

Libéralisation, privatisations : un choix idéologique

L'histoire du néolibéralisme au Japon débute avec le Premier ministre NAKASONE Yasuhiro (1982-1987), ami personnel de Ronald Reagan. Celui-ci, par choix idéologique et alors que l'économie japonaise ne connaît pas de dysfonctionnements majeurs, décide à partir de 1982 de libéraliser les marchés financiers. Cela a pour conséquence, en 1991, de plonger le Japon dans une crise financière et économique dont il n'est sorti qu'en 2004 avant de replonger avec la crise de 2007 (1). Pour Sébastien Lechevalier, les politiques néolibérales n'auraient en fait été en aucune façon une solution à la crise. Au contraire, « c'est bien la déréglementation des années 1980 qui a provoqué l'entrée en crise »(2)

S'ensuit dans ces années 1980, une série de privatisations de plusieurs grandes compagnies publiques. L'opérateur de télécommunication Nippon Telegraph and Telephone (NTT) ouvre la danse avec sa privatisation en 1984, opérée sans encombre grâce à la complicité du syndicat Zendentsû, qui l'approuve. Il en est autrement de la compagnie ferroviaire Japanese National Railways (JNR), où les syndicats Kokurô et Sôhyô sont fermement opposés à la privatisation. Nakasone n'a d'ailleurs jamais caché que l'opération visait à briser les reins de ces deux pôles du syndicalisme de lutte. La purge auquel se livre la compagnie après sa privatisation provoque la mort du syndicalisme de lutte au Japon, laissant libre cours aux réformes à venir. « Du fait de la privatisation, écrit Lechevalier, 73 000 employés ont perdu leur emploi. Le nombre de membres du Kokuro passe de 187 000 en 1987 à 44 000 après la privatisation. De nombreux salariés sont renvoyés (ou « non réembauchés ») à l'issue de ce processus. »(3)

 

Le syndicat Sôhyô s'écroule, entraînant dans sa chute le Parti socialiste japonais quelques années plus tard. C'est la fin du syndicalisme de lutte et de pratiques radicales comme la grève. S'ensuit en effet « la fusion de presque tous les syndicats en un vaste rassemblement peu puissant, le Rengo, en novembre 1987 »(4) Les syndicats se retrouvent alors « unifiés mais incapables d'entreprendre des actions radicales »(5). C'est la victoire du syndicalisme de cogestion, dont la raison d'être semble être de donner une légitimité aux politiques néolibérales.

 

Une évolution spécifique du capitalisme japonais

Cependant, dans la foulée, l'avancée du néolibéralisme connaît une pause de presque dix ans, ce qui fait dire à Sébastien Lechevalier qu'il s'agit plus d'une « transition néolibérale » que d'une véritable « révolution néolibérale ». Cette pause s'explique par l'hétérogénéité du parti de droite au pouvoir, le Parti libéral-démocrate (PLD), où les conservateurs qui défendent le modèle japonais d'après-guerre sont nombreux.

Mais à partir de 1996, une nouvelle phase néolibérale débute. Elle naît de la rencontre entre des idées - portées à bout de bras par la presse, du quotidien économique Nihon Keizai Shinbun au quotidien de centre-gauche Asahi Shinbun - avec une nouvelle génération de politiciens. KOIZUMI Jun'ichirô, désigné Premier ministre en 2005, en est l'incarnation parfaite, avec son combat au sein du PLD pour la privatisation de la poste.

S'inscrivant dans le courant de la diversité des capitalismes, l'auteur précise que cette phase transitoire serait en voie d'achèvement, que le capitalisme japonais arrive dans une nouvelle forme figée. Cependant, le capitalisme japonais garde ses spécificités et reste différent du capitalisme anglo-saxon ou européen. Par exemple, le Japon conserve une réglementation très stricte dans le domaine de la santé : le prix des consultations ne peut jamais dépasser celui fixé par l'assurance-maladie et l’État fixe chaque année le prix des médicaments, qui baisse automatiquement en fonction de leur ancienneté(6) D'où la crainte de certains, d'une ouverture du marché de la santé aux assurances américaines dans le cadre du Partenariat trans-pacifique (TPP).

 

Déréglementation du marché du travail et emploi des femmes

Le contrat social né dans l'après-guerre garantissait à la plupart des travailleurs l'emploi à vie, une formation permanente et une garantie de progression du salaire en fonction de l'ancienneté. C'est sur cette base que les Japonais s'impliquèrent dans leurs entreprises en non en vertu de soi-disant valeurs confucéennes. La déréglementation du marché du travail fait voler en éclat cette relation entre les travailleurs et leurs entreprises. L'emploi précaire ne cesse d'augmenter dans les années 1990 jusqu'à atteindre 30% de la population active en 2009, puis 40% en 2011. Le modèle classique ne disparaît pas pour les employés des grandes entreprises mais un dualisme du marché du travail de plus en plus important apparaît.



Une église servant de refuge aux sans-abris, Ôsaka, avril 2012 (DR/Mathieu Gaulène)

 

Les femmes sont les premières touchées par cette politique en faveur de l'emploi précaire. En effet, contrairement à une idée reçue, les Japonaises travaillent et c'est l'un des mérites de ce livre que de le rappeler. Leur vie professionnelle est cependant en dents de scie ou plus précisément forme une courbe en M. Après une première phase où le nombre de femmes occupant un emploi augmente, s'ensuit une diminution après la naissance du premier enfant puis un retour pour quelques années sur le marché du travail une fois les enfants arrivés à l'âge adulte. En conséquence de cette carrière sacrifiée, la plupart des femmes sont condamnées aux petits boulots, du lycée à la retraite. Face à cette situation, elles sont de plus en plus nombreuses à refuser de sacrifier leur vie professionnelle, d'où un taux de natalité très bas et la démographie la plus vieillissante au monde.

 

À la pointe dans la marchandisation du savoir

Le système éducatif japonais n'a pas échappé aux politiques inspirées par l'idéologie néolibérale (7) Le Japon est aujourd'hui le pays où le processus de marchandisation du savoir est le plus avancé. D'où l'idée de consacrer à cette question un chapitre spécifique (8) Comme souvent, la première amorce de réforme néolibérale se fait en douceur via un « assouplissement » des programmes qui passe par la semaine de cinq jours et la simplification des cours, le yutori kyôiku, littéralement « une éducation qui laisse du temps ». La deuxième phase débute en 2000 avec la suppression de la carte scolaire qui permet de mettre en concurrence les établissements entre eux, une concurrence favorisée également par la décentralisation budgétaire. En termes plus brefs, l’État se désengage peu à peu, laissant la place à un secteur privé qui ne cesse de croître. Pour parfaire le tout, une réforme en 2004 lance un processus de privatisation progressive des universités nationales.

La première conséquence est l'augmentation continue de la fréquentation des juku, ces écoles privées dispensant des cours complémentaires le soir ou le week-end. Ce « système des juku » serait selon l'auteur, « un véritable laboratoire du marketing appliqué à l'enseignement, dont on ne trouve nulle part l'équivalent, même dans les pays anglo-saxons." (9) Autre conséquence désastreuse, l'augmentation des frais d'inscriptions à l'université, obligeant les familles japonaises à s'endetter. Pour les auteurs, cette libéralisation de l'éducation constitue en définitive une « rupture historique avec le système de 1947 qui garantissait aux élèves l'égalité des chances (au moins théoriquement) » (10)

 

Explosion des inégalités sociales 

C'est cependant l'explosion des inégalités sociales qui est la conséquence la plus visible de ces trente années de politiques néolibérales. Selon une enquête de l'OCDE de 2006 citée par l'auteur, « les inégalités de salaires ont dépassé la moyenne de l'OCDE et ont connu la plus forte croissance des pays développés » (11) Alors que dans les années 1970, plus de 90% de la population avait le sentiment d'appartenir à une « nouvelle classe moyenne » (shin chûkan taishû), l'expression de « société inégalitaire » est devenue aujourd'hui courante (12) C'est en 2001 qu'est publié le livre Société inégalitaire (fubyôdô shakai) du sociologue SATÔ Toshiki, qui impose dans le débat public cette expression .

 

 

"Est-ce que tu vas bien? On attend de tes nouvelles" A Ôsaka, les enfants de sans-abris collent des autocollants, à la recheche d'un parent perdu. (Avril 2012, DR/Mathieu Gaulène)


Dans les années 2000, ces inégalités sont devenues de plus en plus en visibles. Le nombre de sans-abris, phénomène marginal jusque là, n'a cessé d'augmenter, sans qu'aucune politique n'ait été décidée à leur égard. Dans tous les parcs des grandes villes sont donc apparus des abris de fortune construits de bric et de broc et recouverts de bâches bleues. Les passages souterrains de la gare de Shinjuku deviennent chaque nuit de véritables dortoirs improvisés où des hommes et des femmes dorment à même le sol, sur des cartons. Autre phénomène, l'émergence de freeters – jeunes précaires – et NEETs sur lequel Lechevalier revient brièvement. Pour lui, décrire cette montée des inégalités est essentielle à la compréhension jusqu'à son aboutissement de toute politique visant à la libéralisation des marchés. « Cette trajectoire d'un pays qui était l'un des plus égalitaires dans les années 1970 et qui est devenu l'un des plus inégalitaires aujourd'hui constitue le cœur de l'ouvrage et des leçons à tirer de l’expérience japonaise. »(13)

 

L'illusion de l'alternance de 2009

Les Japonais n'ont cependant pas été insensibles à cette évolution et un recentrage sur la gauche s'est opéré peu à peu. 2008 fut en quelque sorte une prémisse de ce changement. Contre toute attente, la publication d'un petit ouvrage de la littérature prolétarienne des années 1930, « Le Bateau-usine » (Kanikôsen), connaît un succès très important, à l'instar de ce qu'a connu la France avec Indignez-vous (14) La presse japonaise s'empare de ce sujet et cherche à comprendre les motivations des jeunes lecteurs. A leur grande stupeur, on découvre que la génération des jeunes Japonais précarisés se reconnaît dans les conditions de travail des ouvriers du roman. La même année, le Parti communiste japonais renoue avec la jeunesse, avec plusieurs milliers d'adhésions.

En 2009, après plus de 50 ans de domination, le parti au pouvoir cède la place au Parti démocrate japonais (PDJ). Doté d'un programme très progressiste pour le Japon, il constitue un espoir pour la population. Quelques mesures sociales sont mises en œuvre comme la création d'allocations familiales ou l'extension du seikatsu hogo, le RSA japonais. Mais rapidement, l'application des mesures s'arrête et la différence avec le PLD devient de plus en plus ténue. L'auteur ne semble d'ailleurs se faire guère d'illusion sur la capacité du PDJ à poursuivre la mise en place de réformes néolibérales. « La fin de la séquence néolibérale n'est pas encore écrite. Si la crise budgétaire devait déboucher sur une crise de paiement à la grecque, alors le Japon serait contraint d'appliquer les recettes néolibérales de la réforme structurelle. »(15) Les événements récents semblent lui donner raison. En réponse à une exigence du FMI, le parti au pouvoir s'apprête à faire voter une loi pour le doublement de la taxe sur la consommation. Et l'auteur de se demander « si les élections de 2009 constituent une vraie alternance […] ou bien si Koizumi peut affirmer, à l'instar de Thatcher à propos de Blair, que le Parti démocrate de Hatoyama, Ozawa et Kan est sa plus grande réussite. » (p.16)

 

Mathieu Gaulène

 

*Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, 17,50 euros

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(1) Pour une description en détails de la crise des années 1990, cf. Jean-Marie Bouissou, Quand les sumos apprennent à danser. La fin du modèle japonais, Fayard, 2003

(2) Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, p.96

(3) Ibid., p.119

(4) p.120

(5) Idem

(6) Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, p.130

(7) Pour une description du système éducatif japonais, cf. Mathieu Gaulène, « Japon : Un régime scolaire sévère », Le Monde de l’éducation, 15 décembre 2010

(8)  Arnaud Nanta, « Quel système éducatif dans un monde néolibéral ? » in Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, p.239-262

(9) Ibid., p. 258

(10)  Ibid., p. 261

(11)  Ibid., p. 212

(12) Masaru Kaneko, « Egalité et inégalités dans la société japonaise d'après-guerre » in Jean-Marie Bouissou (dir.), Le Japon contemporain, Fayard, Paris, 2007, p.265-280

(13) Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, p.230

(14) Le livre a dans la foulée était traduit en français: Kobayashi Takiji, Le Bateau-usine, éditions Yago, 2010

(15) Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, p.150

(16) Ibid., p. 16

 

NB : Globalia de Jean Christophe...

21/06/2012

Et si Karl Marx avait raison ?

 

Je suis d'accord et les initiative de changement radicale (écologique, social et culturelle) http://titanpad.com/SOMeH5xGz8 proposait par Etika Mondo peut être une belle œuvre collective ) devient urgent Je raisonne d'un point d'une analyse de la " crise" et je la voie au delà de la crise permanente, comme la chute vu par Marx. De ce fait, je ne crois pas que le modèle puise a long terme régler sur le long terme le social, la culture, l'écologie.....

livre 18.gifIl  avait raison, Marx, il suffit de voir sa définition de la démocratie bourgeoise,  que sous la Révolution française, une fois les maladies infantiles passées, les révolutionnaires n'ont eu de cesse que d'établir une nouvelle "noblesse" à laquelle ils voulaient appartenir...

Le marxisme, voilà qu’on le proclamait dépassé. La chute du mur de Berlin, suivie de deux ans plus tard par la fin de l’Union soviétique, était censée lui avait porté un coup de grâce. Mais Marx n’est pas responsable des crimes commis par des régimes bureaucratiques ou nationalistes qui se réclamaient abusivement de lui.

Le capitalisme ; de son côté, à évolué dans sa forme (adaptation) en passant du terme capitalisme, puis néolibéralisme après 1945, mais reste sur le fond de nature et son but depuis un siècle n' a pas changé, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire. Et la course au profit fait actuellement planer la menace d’une catastrophe à la fois économique et écologique, qui a peut-être déjà commencé.

Pour en finir avec ce système économique de plus en plus fou et irresponsable, il est temps de redécouvrir le marxisme – le vrai, et non la hideuse caricature qu’en a donnée le stalinisme au siècle dernier

«  Le système fonctionne sur la crise permanente, le fascisme fonctionne sur un système en crise : C’est donc deux faces de la même monnaie » Totalitarisme - Wikipédia, "Aube Dorée a nettoyé Athènes !", Aube dorée et la montée du fascisme en Europe, L'extrême droite : mieux la connaître pour mieux la combattre !, Europe : comment l'extrême droite profite de la crise, Le modèle actuel vaut-il la peine d'être sauvé?

Marx.jpgKarl Marx, Semer des dragons ! Entretien avec Daniel Bensaid autour de son livre "Marx, mode d’emploi

Dans les années 80, en pleine offensive néolibérale, le magazine Newsweek pouvait titrer, triomphalement : "Marx est mort." Mais les spectres ont la peau dure. Et Marx est de retour. En ces temps de crise fracassante du capitalisme et de grande débandade idéologique, on le redécouvre. Même le très libéral conseiller de l’Elysée, Alain Minc, s’est déclaré un jour "marxiste" - sans rire - en matière d’analyse économique. Mais qui fut Marx ? Qu’a-t-il vraiment dit ?
Première diffusion le 19 mai 2009. Réécouter, Karl Marx, semer des dragons ! (2) - www.la-bas.org

La théorie du capital humain, Karl MARX (1818 – 1883) ( format PDF) Le capital de Marx expliqué 

 

« Karl Marx avait raison » | Une Vigie Rue89 Eco

Karl Marx à la une du Wall Street Journal : « suffisamment rare pour être mentionné », écrit ironiquement l’économiste Paul Jorion sur son blog, en reproduisant la page d’accueil du site du quotidien financier, propriété de Rupert Murdoch.

Lire sur pauljorion.com

Crise financière et capital fictif - Temps critiques

« La tendance nécessaire du capital est : circulation sans temps de circulation ; cette tendance est la détermination fondamentale du crédit et des inventions de crédit du capital. D’un autre côté, le crédit est donc aussi la forme sous laquelle le capital cherche à se poser différent des capitaux particuliers ou que le capital particulier cherche à se poser en tant que capital à la différence de ses limites quantitatives […] Le plus grand résultat que le crédit apporte dans cette voie c’est le capital fictif ; en outre le crédit apparaît en tant que nouvel élément de concentration, de destruction de capitaux en des capitaux particuliers centralisés. D’un certain côté, le temps de circulation de l’argent est objectivé […] L’antagonisme du temps de travail et du temps de circulation contient toute la théorie du crédit, dans la mesure où l’histoire de la circulation intervient »

Karl Marx,
Fondements, tome II.
Anthropos, p. 171-172.

 

 

l'émission la finance folle et France Culture - (ré)écouter - France Culture : Quel travail voulons-nous ? Réponse de plusieurs intervenants de France culture, qui analyse le questionnaire renvoyé par 6000 travailleurs : Une analyse passionnante!  

Le capitalisme ne peut pas, à long terme, résoudre le problème économique de fournir une vie humaine pour les masses… Cette proposition est la base de l’approche de classe du Marxisme.  Sans elle il n’y a pas d’approche de classe, et il ne peut pas y en avoir. Si ce n’est pas vrai alors il n’y a aucune raison de ne pas être simplement un bon réformiste : La révolution néolibérale : privatisation des bénéfices et socialisation des pertes, De la guerre froide au Grand Jeu

Le Brésil, leader sans influence du Rio + 20 : Le sommet du développement durable accouche d'un accord a minima. Faute de vision du pays hôte. » L'appel désespéré du «dalaï-lama de l'Amazonie» au Brésil, Rio + 20 - Sommet des peuples - Lettre d'info n°1,

 La rentabilité des entreprises au plus bas depuis 25 ans - Figaro : INFOGRAPHIE - Le taux de marge est tombé à 28,6 % l'an dernier, son plus bas niveau depuis 25 ans, indique l'Insee.

Bérurier Noir - Vive Le FeuVivre libre ou mourir (live free or die)

 

Précarité en Espagne, la révolte gronde, Modèle Japonais généralisé,

Dans « La crise » économique a effacé « vingt ans de progrès », Capitalism is Dead? , " Modèle Allemand"  - Citoyenactif, Pourquoi parler de crise et mobilisations ? - Saltabank, Source L'art D'ignorer les Pauvres - Citizen Khane, L'art D'ignorer les Pauvres - Indigné révolté, L’art D’ignorer les Pauvres - Anarkia, La dette « souveraine » - Saltabank

 

Les contradictions de la mondialisation: et si Marx avait raison (1)

Aux confluents des sciences humaines, la figure de Karl Marx est incontournable, en philosophie, en sociologie, en économie politique ou en histoire. Dans ce XIXème siècle imprégné du rationalisme des Lumières, il tente d’élaborer une théorie qui se base sur des faits, décrivant l’organi­sation sociale et l’évolution de la société. En analysant le capita­lisme régnant à son époque, il en démonte les contradictions des oppositions entre forces produc­tives et rapports de production, la lutte des classes… Il en conclut que ne saurait durer un système aussi intenable. Il prône la fin du capitalisme et son remplacement «intermédiaire» par le socialisme, avant l’avène­ment d’un commu­nisme, destin ultime d’une communauté. L’auteur se propose d’évoquer, dans  plusieurs parties, Marx et les concepts marxistes, puis, les contradictions de la mondialisation vues sous l’angle des concepts marxistes

 

L’esprit de Marx
Marx reproche à «l’idéalis­me hégélien» de personnifier la réalité sous l’idée d’un créateur qui lie inévitablement à la religion. Il demeure donc métaphysique, inopé­rant, et ne permet pas de saisir la portée «révolutionnaire» de la réflexion

Une interprétation athée de l'idéalisme hégélien: Raison absolue ...,

 

la globalisation financière, Les vagues de privatisations, OPA d’entreprises, globalisation financière, Qui est Georges Soros ? , Loi 1973 et gardes fous

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Karl Marx, partie 8: La modernité et la privatisation de l'espoir

 

 

Au 20ème siècle l' échec de la révolution allemande en 1918/19 et la (...) les certitudes dogmatiques des deuxième et troisième (c.-à-social-démocrate et stalinienne) internationaux. 

 

Dans ces deux dernières colonnes que je veux pour nous ramener à la terre plus spéculative, philosophique et même théologique avec une discussion sur l'idéologie et de l'aliénation.

 

I will cover the concepts in Marx and his immediate successors and will then go on to talk about the way in which "western" Marxism evolved out of the failure of the much-heralded proletarian revolutions of the 19th century and the turn towards moderate "social democracy", the rise of fascism in the inter-war period and the descent of Soviet Marxism into reductionist barbarism.Je vais couvrir les concepts de Marx et ses successeurs immédiats et se rendra ensuite à parler de la façon dont «occidentale» le marxisme a évolué à partir de l'échec des révolutions prolétariennes tant annoncée du 19ème siècle et le tournant vers modéré »sociale la démocratie ", la montée du fascisme dans l'entre-deux-guerres et la descente du marxisme soviétique dans la barbarie réductionniste.

 

 

Karl Marx, partie 7: La psychologie de l'aliénation

For Marx, rules are imposed not merely by repression but by the gradual inculcation of values Pour Marx, les règles sont imposées non seulement par la répression, mais par l'inculcation progressive des valeurs

Marx maintains that the ruling ideology is always the ideology of the ruling class and that the set of ideas and thought patterns existing in any epoch will – "in the final instance" – closely follow the material and social relations of production. Marx affirme que l'idéologie dominante est toujours l'idéologie de la classe dirigeante et que l'ensemble des idées et des schémas de pensée qui existent dans n'importe quelle époque sera - «en dernière instance" - suivre de près les relations matérielles et sociales de production.

 

Althusser, par exemple, décrit ces deux fonctions que appareils d'État répressifs et idéologiques . The former is clear, but the latter is far more insidious.Le premier est évident, mais celui-ci est beaucoup plus insidieuse.

 

It is the way in which the prevailing rules of the game become second nature to you and your obligations are turned into your desires.Il s'agit de la manière dont les règles en vigueur du jeu deviennent une seconde nature pour vous et vos obligations sont transformées en vos désirs. Antonio Gramsci similarly described this dichotomy in terms of domination and hegemony .Antonio Gramsci a également décrit cette dichotomie en termes de domination et d'hégémonie .

 

What this means at base is that the ideas we have about society are not actually our own but are put there by a set of institutions that have convinced us there is no other way to think about the world, that it is as it must be.Ce que cela signifie à la base, c'est que les idées que nous avons sur la société ne sont pas réellement les nôtres, mais sont mis là par un ensemble d'institutions qui nous ont convaincu n'est-il pas d'autre moyen de penser le monde, qu'il est comme il se doit

Une série d'article pour justifier ce raisonnement " Et si Karl Marx avait raison",  Et si Marx avait raison (And if Marx was right)

livre 20.jpgEagleton - révision

Marx is more diminished than enhanced by Terry Eagleton's defence of him Marx est plus réduite que renforcée par la défense Terry Eagleton de lui

And in campus conferences, continuing sales of Das Kapital , and even the words of Pope Benedict XVI (moved to praise Marx's "great analytical skill"), there is a growing appreciation for Marx's predictions of globalisation, rampant capitalism, and the instability of international finance

Comme les plats du FMI sur son médicament à Lisbonne, Dublin et Athènes, et les limites du néo-libéralisme devenue plus apparente, le moment est sûrement droit à un récit captivant de Karl Marx la pertinence de l 'au monde moderne. . Et à des conférences sur le campus, les ventes continuent de Das Kapital, et même les paroles du Pape Benoît XVI (déplacé à louer Marx "une grande habileté analytique»), il ya un intérêt croissant pour les prédictions de Marx de la mondialisation, capitalisme sauvage, et l'instabilité du droit international financer. As the Times put in the middle of the 2008 crash: "He's back!" Comme le Times mettre dans le milieu de la krach de 2008: «Il est de retour!"
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La démocratie bourgeoise

Le Peuple de l'Herbe - Parler le fracas - Official Video

La bourgeoisie telle qu’en elle-même :

La bourgeoisie telle qu’en elle-même – ZEC plus Ultra, Zebre en cavale

 Visitez la" pyramide témoin" (de notre siècle)
et choisissez l' étage de  votre appartement

 

Bourgeoisie.jpgL'expression et le concept sont de Karl Marx.

Il désignait par là la démocratie élective, ou représentative telle qu'elle fonctionnait (et fonctionne encore) dans les pays capitalistes.

Pour Marx c'est une fausse démocratie, qui sert à entretenir l'aliénation du prolétariat en lui donnant l'illusion qu'il a son mot à dire, voire qu'il choisit son sort. En réalité dans ce système le pouvoir est confisqué par la bourgeoisie (càd tous ceux qui possèdent à titre privé du capital productif - @ pour grandours).

En effet, les électeurs sont certes invités à choisir les dirigeants, mais de fait ils n'ont le choix qu'entre des candidats issus de la bourgeoisie dont les divergences sont minimes, pour ne pas dire de façade, et qui ne remettent pas fondamentalement en cause son pouvoir.

Avec la terminologie de la sociologie plus récente, on parle de démocratie bourgeoise pour un système où les dirigeants sont choisis parmi des candidats issus de l'élite ou classe dominante [qui ne se réduit plus à la bourgeoisie au sens marxien strict, mais s'étend à tous ceux qui détiennent une position de pouvoir dans le système et sont en accord avec la pensée dominante: aussi cadres de haut niveau, intellectuels "bien-pensants",etc.] . Et si par accident ils n'en proviennent pas, le système fait qu'ils sont très vite phagocytés ou circonvenus par cette classe dominante et finissent rapidement par en adopter le système de pensée et de valeurs (par exemple par le biais des études et le passage par des écoles comme Sciences-po, Harvard, Oxford, ou simplement la fréquentation de ce milieu social...). Ce qui fait que la suprématie de l'élite ne peut être sérieusement remise en question, ni ses intérêts réellement menacés.

Pour Marx (ou ses continuateurs en sociologie politique comme Bourdieu), cette démocratie bourgeoise (qui correspond à ce que nous appelons et considérons couramment comme "la" démocratie, comme la seule forme possible du fait du conditionnement que génère le système social) n'est pas une démocratie véritable , puisque les classes dominées - la grande majorité de la population pourtant - n'accèdent virtuellement jamais au pouvoir, ne l'influencent que fort peu, et ne peuvent donc défendre leurs intérêts.


"Rappel" : Marx définit une classe comme un groupe d'individus ayant objectivement les mêmes conditions de vie et les mêmes intérêts économiques (par exemple la bourgeoisie, les ouvriers des villes, les paysans... La bourgeoisie propriétaire du capital (moyens matériels de production) et qui vit de l'appropriation de la production a intérêt à imposer le salaire le plus bas possible, les ouvriers qui dépendent des bourgeois à obtenir au contraire un salaire élevé, etc.)

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Sources :

Karl Marx, Manifeste du parti communiste ; Le coup d'Etat du 18 brumaire.
Lénine, Que faire?
Pierre Bourdieu, La Distinction ; les Héritiers
Edmond Goblot, La barrière et le niveau
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie

 

karl marx,chronique,daniel mermet,france inter,la bas.org,livres,et si karl marx avait raison? capital,chute tendanciel du taux de profit,chomage de masse,économieAinsi revenons a notre moçdèle actuel : tu as le choix entre
- voter pour des candidats bourgeois et/ ou pour des candidats qui aspirent à s'embourgeoiser
- Apparemment, tu décides librement, en réalité tu ne vis que si tu vends et achètes ce qu’ils te dictent. C’est la „ démocratie ” du marché : la dictature de la spéculation individuelle sur les besoins humains".
-- La démocratie bourgeoise, c'est le système actuel dans lequel les moyens de production appartiennent à quelques gros actionnaires et à quelques familles qui se passent le pouvoir de générations en générations (d'autant plus facilement avec la suppression des droits de succession par Sarkozy), avec tous les grands médias (télés, journaux, radios,.....) qui appartiennent à des capitaines d'industrie qui arrivent à formater l'esprit des gens, à leur faire avaler une pensée unique nauséabonde qui les conduit à voter comme ils souhaitent qu'ils votent (....).

karl marx,chronique,daniel mermet,france inter,la bas.org,livres,et si karl marx avait raison? capital,chute tendanciel du taux de profit,chomage de masse,économie( revoir Les médias et la politique ( Les "Nouveaux chiens de garde" : " Les contraintes sociologiques du journalisme est un problème dans le journaliste, car le fait qu’il viennent tous du même serail ( la classe dirigeante, des écoles formant a la politique et a l’économie (  Science Po et HEC) plutot que des écoles de journaliste pour les plus connus ( les présentateurs de JT) et combinait a une précarisation accrue amène a une baisse de l’indépendance des journalistes qui n’a cessé de s’aggrandire" - citation dans , Les médias et la politique - anarkia « Les médias et la politique - l’indigné, Les médias et la politique - citizen Khane, Les médias et la politique Indigné révolté
- Ce système est bien expliqué dans Globalia de Jean Christophe... : Cela ressemble au scénario de Globalia de Jean Christophe Ruffin, Rencontre avec Jean-Christophe Rufin, à l'occasion de la parution de Globalia

Les révolutionnaires n'ont eu de cesse que d'établir une nouvelle "noblesse" à laquelle ils voulaient appartenir...

Cas de figure similaire en Russie en 1917 : Une fois les anciens maîtres dégagés, les révolutionnaires ont éliminé Trotsky (qui prônait la révolution permanente, histoire d'éviter l'embourgeoisement des nouvelles élites), afin d'établir une nouvelle bourgeoisie, la nomenklatura, pire que la précédente parce que régnant par la terreur et non plus les compétences.

Libéralisme : et si Marx avait raison?

Libération, le 19 mars 2009, Rencontres de Rennes

"En accélérant la marchandisation des activités humaines, le capitalisme se rapproche du modèle
analysé par Marx dans son Capital: produire de la valeur pour extraire de la plus-value du travail
salarié. N'est-ce pas la logique normale du capitalisme? Certes. Mais plusieurs éléments contenporains accréditent de façon particulière la thèse de Marx. Une rupture intervient à partir du milieu des années 60: le taux de profit s'effondre, car le progrès technique nécessite des investissements dont la progression dépasse celle de la productivité du travail. Pour sortir de la crise des années 70, la libéralisation de la circulation des capitaux élargit la sphère de valorisation du capital au monde entier, dans un grand mouvement de concentration et de restructuration du capital. Simultanément, la mise en concurrence des travailleurs de tous les pays entraîne la baisse de la part salariale dans la valeur ajoutée, donc un renforcement de l'exploitation de la force de travail. Dès lors, l'explosion des revenus du capital a nourri la financiarisation. La finance «fétiche» a cru pouvoir parier sur les vertus de la spéculation, mais elle a explosé car rattrapée par cette contrainte : seul le travail produit de la valeur. Marx n'a pu voir la crise écologique actuelle mais son intuition était juste : le capitalisme épuise les deux sources de la richesse -qui ne se réduit pas à la valeur- que sont le travail et la nature". Jean-Marie Harribey (Economiste)


"Le capitalisme est un tigre, L'Etat son dompteur», affirme L.C. Bresser Pereira. Que penser alors du cirque actuel et comment améliorer le  spectacle? Les libéraux rêvent que le tigre mange le dompteur et revienne aux lois de la nature. Quoi de plus beau qu'un tigre sauvage en liberté? Laissez faire, laissez aller! Le problème est que le tigre saute parmi les spectateurs; les enfants , et les faibles fournissent les repas suivants. Beau spectacle! Et que dire du tigre financier, incapable d'attraper une gazelle, mais grossissant à vue d'ceil? Marx rêve de tuer le tigre. C'est la révolution. Les hommes prennent leur destin en main. Le dompteur éliminé avec le tigre, une avant-garde éclairée munie des meilleures intentions, se saisit de son fouet pour faire tourner tous ces hommes dans le même sens. Si le spectacle gagne en cohérence, le projet commun devient de plus en plus lointain et la dictature de quelques-uns s'impose inexorablement. Méfions-nous de la pureté des idéologies. Libéralisme et marxisme sont deux pensées totalitaires. Loin des utopies dévastatrices, je suis prêt à payer ma place pour voir un tigre en pleine forme nourri par l'homme sauter dans un cerceau de feu sous la houlette d'un dompteur compétent. La démocratie sociale n'est pas un gros mot et reste le meilleur moyen d'éviter les grands maux". Edwin Le Héron (Maître de conférence IEP)

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po) - Communauté : Culture générale, philosophie

 

[PDF] EXAMEN DES Eagleton POURQUOI Marx avait raison

 

 

Ce n'est pas une crise, c'est un désastre....

 

Il faut relire  les vidéos et articles :  Comprendre la crise de la dette en quelques minutes : Courte et claire explication  - youtube , Excellent site , explication d'Eric Toussain ( philosophe et écrivain, " l'auteur de nombreux ouvrages dont "Banque du sud et nouvelle crise internationale" (- Youtube, dailymotion, videos :autres videos,  entretien, discours 20 CADTM tous sur  Eric Toussaint , livres eric toussaint ) , Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien Devrait on dire maintenant pour tout les pays occidentaux

néolibéralisme : dates et noms :

Le 28 mai 1871

 Krach de 1929 – Wikipédia

La vie est à nous : 1936

Loi 1973 et gardes fous

  2008 crises des subprimes

  2009 BP donc le pétrole

  2010 Fukushima le nucléaire...  C’est fini pour eux... Le japon vient de relancer deux réacteurs ( cf Japon : déni atomique)

  Chaque crise sociale, écologique est plus dure (L'Europe au bord du suicide !)

Les gouvernements anticipent plus ou moins les difficultés, d'ou les mesures répressives face au mécontentement grandissant des lois mis en place pour le garder ( loi 78 au Québec, ...) cf [PDF] Vidéosurveilance et risques dans l'espace à usage public

Afin de préserver les profits, toujours aller plus loin dans la perforation des sols (sable bitumineux, gaz de schismes, puits plus profond) et durcir les lois " social" ( anti social)

  La chine est entrain de ralentir (effet boumerang comme en Europe dans les années 70.  Du coup risque d'instabilité en dessous d'une croissance a deux chiffres (d’ou un retour xénophobe a l'égard des étrangers).  La chine n'est plus un investissement rentable pour le modèle actuel. Exemple de la chine : elle n'a pas de consommation intérieure comme en Allemagne :

[DOC] Baisse du taux de profit et croissance chinoise

Introduction

Il est important d’étudier le processus d’accumulation de la Chine afin de mieux appréhender les limites auxquelles la croissance économique chinoise risque de se confronter à l’avenir. Selon certains économistes, la Chine présente un taux d’investissement trop élevé qui risquerait de léser la poursuite de son processus d’accumulation. De là, différentes études cherchent à expliquer les problèmes rencontrés par le pays dans son rapport à l’investissement, mais il est surtout essentiel de revenir ici aux outils d’analyse que nous fournit la théorie sur la baisse tendancielle du taux de profit. Cette théorie, mise en évidence il y a plus d’un siècle par Karl Marx, semblerait en effet expliquer la situation expérimentée aujourd’hui par le géant économique asiatique.

 

L’analyse du taux d’investissement chinois : un investissement trop élevé ?

 

Très intéressant le graphique

Figure 6 : Productivité du capital en Chine, de 1979 à 2006 et

Figure 7 : Productivité du travail en Chine, de 1979 à 2006

 

La hausse de la productivité du travail, et la baisse du taux de profit

 

L’élévation importante de la productivité du travail dans la Chine des années 1990 s’explique notamment par la disparition de la protection assurée à de nombreux salariés par les entreprises d’Etat, ces dernières disparaissant peu à peu du paysage économique. Le taux d’exploitation s’élève aussi brusquement pour répondre à l’ouverture économique du pays et à la concurrence internationale

 une baisse tendancielle du taux de profit : alterfinance, La baisse tendancielle du taux de profit - l'indigné - Skyrock.com, Qu'est ce que c'est… La Baisse tendancielle du Taux de profit ?

Ces réponses des lois fiscales et la planche a billet au lieux de favoriser le pouvoir d'achat

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