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08/09/2011

11 septembre : le déclin des médias

source : Courrier International. Les dix ans qui nous séparent du 11 septembre 2001 ont marqué un tournant dans l’histoire des médias : Internet a explosé, les moteurs de recherche sont devenus le premier outil de captation d’une audience, les réseaux sociaux sont en plein essor ainsi que les appareils mobiles, les tablettes et maintenant les applications créées pour chaque catégorie d’information et de divertissement.

La rapidité et la richesse de ces innovations médiatiques s’accompagnent toutefois d’un paradoxe avec le déclin des médias en tant qu’institution. Je ne parle pas ici des médias comme source d’information - ils restent en cela indispensables - mais en tant qu’entités douées de la volonté, des moyens matériels et du courage intellectuel nécessaires pour résister à de sérieuses tentatives de manipulation et s’exprimer en toute indépendance au nom de ce qu’elles estiment être l’intérêt du public.

La décennie passée, que l’on s’apprête à commémorer en grande pompe, est encadrée par deux des plus grands échecs de l’industrie des médias depuis la guerre du Vietnam. Ces deux désastres ont eu des répercussions historiques. Le premier a eu lieu peu de temps après l’effondrement des tours jumelles lorsque les médias ont littéralement mené campagne pour l’administration Bush, alors en quête d’un soutien populaire autour de l’invasion et de l’occupation de l’Irak, et plus largement, de la guerre contre le terrorisme.

La complicité des médias dans cette grande panique de l’après-11 septembre a eu plusieurs facettes. Le patronage -  à quelques notables exceptions près – des mensonges de l’administration Bush sur les armes de destruction massive en Irak n’en a été que l’aspect le plus visible.

L’émergence et la quasi indifférence que suscitent toujours des propositions aussi douteuses que radicales auront été plus dommageables à long terme ; l’idée notamment que le pays a besoin d’un réseau permanent de bases avancées dans le monde et d’un gigantesque appareil domestique visant à protéger le "territoire" ["homeland"] (concept linguistique flou apparu après le 11 septembre) ; que le gouvernement peut et doit soumettre les citoyens ordinaires à des fouilles et à une surveillance permanentes, qu’il peut emprisonner des hommes sans chef d’inculpation et les maintenir en détention sans procès, qu’il peut torturer en toute impunité et doit finalement toujours être sur le pied de guerre comme s’il s’agissait chaque jour de lutter pour sa survie.

Le simple fait que ces propositions puissent encore paraître défendables – alors que tout indique que le pays n’était véritablement menacé que par un petit groupe de meurtriers fanatiques mais plein de ressources – témoigne de l’influence durable de médias qui ont essentiellement répété ce qu’on leur disait de dire.

L’autre échec des médias, celui qui ferme cette lamentable décennie de co-optation, a été l’hystérie autour du déficit des Etats-Unis.  Cette couverture médiatique a complètement empêché le gouvernement de réagir face à l’un des problèmes économiques les plus importants de ces 80 dernières années.

Certes, le déficit public - gonflé par les dépenses inconsidérées et non-financées de l’administration précédente - s’est aggravé et reste un véritable problème à long terme. Il est toutefois stupéfiant de voir l’importance qu’accordent aujourd’hui les médias à cette question. Le déficit a rapidement commencé à faire la une des médias au début de l’année 2010, alors que l’économie américaine était encore sous le coup d’une grave récession provoquée par les excès de Wall Street et qu’elle n’avait été sauvée que de justesse par les mesures d’urgence prises par les présidents Bush et Obama.

Le discours a changé du jour au lendemain. Les journalistes ne suggéraient plus de nouveau stimulus budgétaire pour relancer une économie désespérément atone. En dépit d’une croissance anémiée, de la chute du marché immobilier, du nombre de saisies de logements ou de l’inquiétante montée du chômage, les médias les plus influents ne semblaient capables que d’entonner la même complainte : celle du déficit fédéral.

Existait-il la moindre corrélation entre le déficit et la récession ? Pas vraiment. A en juger par la faiblesse des taux d’intérêt accordés aux Etats-Unis, les marchés financiers n’ont pas la moindre réticence à leur faire crédit.

Le zèle des médias dans leur couverture du drame du déficit a fait croire au public qu’il s’agissait d’une question cruciale, justifiant que l’on ignore pendant des semaines ce qui se passait dans l’économie réelle, du sort des familles expulsées de chez elles, à la détresse des chômeurs en passant par la montée de la pauvreté et l’impunité des grands gourous de la finance à l’origine du désastre actuel.

La diabolisation de la dette n’est toutefois qu’un prétexte. Le véritable objectif est de paralyser le gouvernement à des fins partisanes, au nom d’un retour à des politiques réactionnaires cherchant à discréditer le secteur public et à dénigrer toute personne susceptible de venir à son secours.

Les dix dernières années ont été longues et chargées en évènements. Les médias nous ont offert de nouveaux jouets incroyables et des opportunités inédites. Néanmoins, il fut un temps où les médias étaient également des institutions conscientes qu’elles avaient un rôle à jouer dans la société et pas seulement un marché à satisfaire, et que ce rôle les obligeait parfois à s’opposer au discours officiel au lieu de le renforcer.

Ce rôle est aujourd’hui en plein déclin.

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1 commentaire(s)   

Edward Wasserman

Il enseigne l'éthique du journalisme à la fondation James L. Knight et à l'université de Lee à Lexington (Virginie). Il aborde régulièrement sur son blog ​​les problématiques liées aux droits des médias (plagiat), aux transformations technologiques que traverse ce secteur
ainsi qu'aux empires médiatiques (conflits d'intérêt).

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17/07/2011

WikiLeaks : enquête sur un contre-pouvoir

Synopsis de WikiLeaks : enquête sur un contre-pouvoir ( bande annonce 59 s)

wikileaks.pngWikiLeaks a publié plusieurs dizaines de milliers de documents militaires secrets, acquis par des fuites venues de l'intérieur de l'armée américaine. La légende commence pendant la guerre d'Irak avec la publication de quelque 400 000 documents secrets de l'armée américaine et, plus tard, de 90 000 documents militaires sur la guerre en Afghanistan. Luc Hermann et Paul Moreira racontent les coulisses de cette nouvelle forme de contre-pouvoir avec ces militants de la transparence, qui secouent les règles trop établies du secret-défense. Ils ont enquêté sur les révélations, mais aussi sur leurs limites. Ils ont également suivi Julian Assange, le fondateur du site WikiLeaks, qui vit caché, sans téléphone portable pour qu'aucune machine ne puisse identifier sa position. voir sur mon mur FB WikiLeaks : enquête sur un contre-pouvoir Dimanche 17 juillet 2011 de 14h30 à 15h35 sur La Chaîne parlementaire

 

 

 

La critique TV de télérama du 05/02/2011

En novembre, nous avions pu découvrir, sur Arte (1), une première version en 26 minutes de cette enquête de Paul Moreira et de Luc Hermann sur l'organisation qui a tant fait parler d'elle en 2010. De fait, si WikiLeaks, regroupement semi-clandestin de hackers, publie, depuis 2006, des documents secrets sur Internet, sa notoriété a explosé au cours des derniers mois tandis que Julian Assange, son charismatique et très controversé cofondateur, s'imposait simultanément sur la scène médiatique. Spécialistes de l'investigation audiovisuelle, Paul Moreira (Birmanie : résistants, business et secret nucléaire, Travailler à en mourir, L'Insurrection silencieuse...) et son complice Luc Hermann appuient leur enquête sur un solide rappel chronologique des coups d'éclat de WikiLeaks : les milliers de documents militaires américains relatifs à la guerre en Irak puis au conflit en Afghanistan, la très récente mise en ligne de câbles diplomatiques américains relayés par cinq grands quotidiens internationaux... L'organisation a fait de la transparence et de la lutte contre le secret d'Etat une sorte de croisade moderne, s'exposant aux critiques virulentes de l'administration américaine, mais aussi de tous ceux qui l'accusent d'exposer inconsidérément des intermédiaires. Toutefois, le film, nourri par un long entretien de Julian Assange, ne se contente pas d'aligner les faits. Il questionne également la portée de ce contre-pouvoir qui repousse les frontières de l'information mais connaît aussi ses propres limites, en rappelant fort utilement que les documents dévoilés témoignent d'abord de la vision qu'a l'armée américaine de la réalité. Comme le souligne Julian Assange : « C'est le départ de l'investigation, pas sa conclusion. » (1) WikiLeaks : la guerre contre le secret - ARTE ( vidéos 1 durée 17 minutes , video 2 durée 27 min 36  , Video 3 durée 14 min, site 5 : plusieurs vidéos, GOOGLE  )  , diffusé le 6 novembre 2010

03/07/2011

A-t-on encore besoin des journalistes?

Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous

Atelier des médias

Web-émission participative pour la communauté des médias et réseau social de rfi

Ils ont envoyés de moins en moins de mails. Il n'empêche que la communauté est toujours aussi active et vivante. Nous ne sommes pas loin d'atteindre les 10000 inscrits

besoin de journalisme.jpgCette semaine, je me permets de vous suggérer de les retrouver sur les ondes ou sur le site de l'Atelier pour écouter l'entretien qu'ils ont consacré Eric Scherer à l'occasion de la parution de son livre A-t-on encore besoin de journalistes? (vous pouvez aussi télécharger l'interview ici "Tout le monde peut donc être un journaliste ( citoyen), mais le métier n'a pas suivi. ce n'est pas seulement un bouleversement technologique, mais un changement de consommation. La radio sans sort mieux, grace au multi tasting ( faire plusieurs faire chose en même temps) avec la génération M. Les médias ayant réussi a ce positionner sur la presse spécialisé ( les échos financer par les entreprises et non les citoyens, le canard enchainé). Les journalistes peuvent permettre de garder un certain sérieux face a un une pléade d'information pas toujours vérifier. Le role du journaliste vit pour cela, et doit le recadrer, ce qui n'est pas toujours le cas des bloggers. Le journalisme va devoir travailler  ( développeurs, désigner,  graphiste ) et s'adapter aux nouvelles normes, de son Environnement. Il propose. Concernant les mouvements dans le monde arabes, le brouillon de l'histoire ne s'inscrit pas seulement par les journalistes . Twitter un outil extrodinaire de collecte d'information  en vérifiant,qu'ils faut manier vérifier, car sans eux il  sont  et  l'Considéré le journalisme comme un bien public PR, Andy Carvin ( voir sur google ) a compte twitter  est considéré  aujourd'hui considéré comme le meilleur journaliste au USA, meilleur sources du monde arabes. Pourquoi? Parce qu'il a réussi a trier les sources, vérifier; collecter , agréger de tout ces comptes et d'en proposer une synthèse. . Le paradoxe c'est qu'il n'est pas sur place. Mais grace a sa qualité de journaliste, a sa vision, oeil, capacité de tri, capaciter a hierarchisé l'info , ... il donne une capacité de ce qui se passe.

N'oubliez pas aussi  leurs nos autres rendez-vous.

Bon week-zen à toutes

NB : cf A-t-on encore besoin des journalistes ?” - Edition - médias ... ( France culture)

 
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