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24/04/2016

Prince, mort d'un génie pop

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Il était de la trempe des James Brown, Jimi Hendrix, ou Michael Jackson. Prince est mort brutalement à l'âge de 57 ans. Si sa carrière discographique n'atteignait plus ses sommets des années 80 (“1999” , “Purple Rain”, “Sign o' the Times”...), il restait un grand performer en concert.

Parfois, il neige. Parfois, on meurt. Sometimes it snows in April restera comme l'une des plus belles chansons de Prince. Le refrain disait : « Parfois il neige en avril / Parfois je me sens si mal, si mal / Parfois je souhaite que la vie ne se termine jamais / Et toutes les bonnes choses, comme on dit, ne durent jamais. »

La voiture du shérif s'est arrêtée, aux premières heures du jour ce jeudi 21 avril 2016, devant les studios de Paisley Park, dans la banlieue de Minneapolis. Un appel avait signalé un homme qui ne respirait plus. C'était Prince, propriétaire des lieux où il résidait, décédé à l'âge de 57 ans. Vendredi dernier, son jet avait été contraint à un atterrissage d'urgence. Une grippe, avait signalé l'entourage du chanteur, qui avait annulé deux concerts au début du mois – une anomalie chez ce bourreau de travail qui prenait soin de sa santé. Brièvement hospitalisé dans l'Illinois, il était apparu le lendemain lors d'une fête donnée à Paisley Park, pour rassurer sur son état de santé. Avec ces mots qui résonnent bizarrement : « Attendez quelques jours avant de gaspiller vos prières. »

Love Symbol

Le choc de sa disparition n'ébranle pas que ses fans. Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour minorer l'importance de son œuvre dans la musique populaire du siècle dernier – même si ses concerts pouvaient encore le montrer au sommet, sa production discographique avait depuis longtemps décliné. On pourra chercher vainement quelconque autre artiste auteur, sur une décennie, d'une série d'albums d'un tel volume : 1999 (1982), Purple Rain (1984), Around the World in a Day(1985), Parade (1986), Sign o' the Times (1987), Lovesexy (1988). On pourrait y ajouter Batman (1989). La suite n'atteindra ces sommets que ponctuellement, tandis qu'il abandonnera provisoirement son nom, pour ne se faire désigner que par un pictogramme (le Love Symbol), pour des raisons de conflits contractuels avec Warner. Mais l'essentiel était gravé. Une décennie miraculeuse de la part d'un gamin timide de Minneapolis, dont le film Purple Rain – qui en fait une star aux Etats-Unis – romance les premières années : une famille modeste, un père violent mais qui l'initie au piano, des premiers concerts qui lui attirent autant de curiosité que de railleries.

Prince n'est pas comme les autres, avec son look qui croise Little Richard, les slips en cuir et les chemises à jabots, tandis que sa gestuelle ajoute à l'ambiguité sexuelle. Les visuels de ses premiers albums sont soit troublants soit ridicules. Mais la musique, depuis ses premiers groupes qu'il vampirise jusqu'à For You à l'âge de 20 ans, pose les bases du Minneapolis Sound : un funk squelettique, quelques riffs rock, des textes crus. Une musique métisse à son image, des pas de danse hérités de James Brown, une guitare hendrixienne, le tout avec un parfum autrement plus sulfureuse que celui exhalé par Michael Jackson auquel seul Prince est en capacité de disputer le trône.

Les émois musicaux sont rares. Les émois amoureux encore plus. Celui qu'éprouvèrent quelques millions d'entre nous, à l'écoute de 1999, Purple Rain ouAround the World in a Day, appartenait à la seconde catégorie. Pour les adolescents des années 80 qui ont accroché le poster de Michael Jackson dans leur chambre, et que les provocations de Madonna émoustillent, Prince marque le passage à l'âge adulte. Pour le trouble qu'il entretient et la sophistication inouïe de sa musique.

Capable de hits aussi instantanés que When Doves Cry et Kiss, il articule aussi des concept-albums follement ambitieux, dont le double Sign o' the Times est à Prince ce que l'album blanc est aux Beatles. S'il ne restera pas comme un grand auteur, malgré des thématiques où sexe et religion sont scandaleusement mêlés, ses compositions maîtrisent le format pop autant qu'elle savent s'en affranchir. Le tout avec une science de l'interprétation sans équivalent : grand chanteur et excellent pianiste (sa dernière tournée s'intitulait Piano & A Microphone), il possédait aussi un jeu de guitare flamboyant dont l'acmé restera le solo sur Purple Rain, incontournable émotion de ses concerts.

 

 

Voir Prince sur scène, c'était quelque chose. Son premier passage à Paris, au Palace en 1981, n'a pas fini de trainer une légende entretenue par ceux qui y assistèrent – ou prétendent l'avoir fait. Dans les années 80, ses concerts au Zénith ou à Bercy restent des souvenirs impérissables. Quelques chanceux pouvaient aussi le suivre jusqu'au bout de la nuit, lors des aftershows qui contribuèrent à sa légende (le bootleg Small Club - 2nd Show That Night, capté aux Pays-Bas en 1988, est un must de sa copieuse discographie parallèle). Malgré une production en dents de scie, et quelques bons coups pour contourner une industrie du disque en perdition, le live est resté son domaine. Il quitte donc la scène en pleine tournée. Un des quatre piliers du funk (avec James Brown, Sly Stone et George Clinton), doublé d'un génie pop qui aura bousculé les frontières des genres, des races et des générations, s'est éteint chez lui à Paisley Park, Minneapolis, un jour d'avril. « Parfois il neige en avril / Parfois je me sens si mal, si mal / Parfois je souhaite que la vie ne se termine jamais / Et toutes les bonnes choses, comme on dit, ne durent jamais. »

sources

Prince, mort d'un génie pop un jour d'avril

Hommage | Il était de la trempe des James Brown, Jimi Hendrix, ou Michael Jackson. Prince est mort brutalement à l'âge de 57 ans. Si sa carrière discographique n'atteignait plus ses sommets des années 80 (“1999” , “Purple Rain”, “Sign o' the Times”...), il restait un grand performer en concert.

Hécatombe sur la scène musicale surcitizen khane

 

12/01/2016

David Bowie

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Dix personnes ont été

 

11:44 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2016

Bowie, l’homme cent visages ou le fantôme d’Hérouville

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Sur France Inter :

(ré)écouter cette émission disponible jusqu'au 01/10/2018 06h53

 
Faire du neuf, ou du moins de l’original, sur un sujet très rebattu… Tel était la démarche de Gaëtan Chataigner coréalisateur du documentaire “David Bowie, l’homme cent visages ou le fantôme d’Hérouville”. Un film qui se concentre sur la féconde période seventies de la star diffusé sur France 4, mercredi 6 janvier.

David Bowie n’est nulle part, et en même temps il est partout. Alors qu’il n’a pas donné d’interview et n’est pas apparu dans les médias depuis des années, il n’a cessé d’occuper l’actualité depuis son come-back surprise de 2013. Quelques mois après le triomphe de l’expoDavid Bowie is à la Cité de la musique sort ces jours-ci un nouvel album plutôt expérimental, Blackstar.Diffusé à cette occasion, le documentaire deChristophe Conte (auteur) et Gaëtan Chataigner(réalisateur) aurait pu n’être qu’une énième biographie passant en revue les albums. Tout en restant informatif et en respectant la chronologie,David Bowie, l’homme cent visages ou le fantôme d’Hérouville est pourtant davantage : une évocation stylée, drôle et mélancolique, où passé et présent se répondent sans cesse. Gaëtan Chataigner, qui a longtemps été musicien (notamment au sein du groupe nantais The Little Rabbits) en parallèle de ses activités d’homme d’images, revient sur les grandes lignes du projet.

Trouver un lieu d’exception

« Pour partir à la recherche d’un fantôme, mieux valait encore se rendre dans un endroit qu’il a hanté », dit le commentaire. En l’occurrence, le château d’Hérouville, au nord-ouest de Paris, qui a accueilli les plus grandes stars du rock et de la variété des années 70. Bowie y a fait deux longs séjours : en 1973 pour enregistrer Pin Ups, album de reprises un peu anecdotique, et surtout en 1976, produisant à la fois The Idiot d’Iggy Pop et son propre Low, premier volet révolutionnaire de la trilogie dite « berlinoise ». Ce studio résidentiel, le premier du genre, lui a peut-être rappelé (en nettement moins délabré) Haddon Hall, vieille demeure de la banlieue londonienne où il a vécu à la charnière des sixties et des seventies.

« Au départ, Christophe Conte et moi avions proposé à France 4 un documentaire surl’histoire du château et de Michel Magne, le compositeur de musiques de films qui l’avait acheté pour le transformer en studio, raconte Gaëtan Chataigner. Et puis, il y a eu le succès de l’expo Bowie à la Cité de la musique au printemps dernier, et la chaîne nous a alors proposé de faire quelque chose sur lui. On a cherché à être un peu original, et  l’angle « Hérouville » s’est imposé de lui-même. »

Le chateau d'Hérouville dans les années 70

 

Petit problème : au moment du tournage devait commencer la réhabilitation du domaine, plus ou moins laissé à l’abandon depuis 1985… Quatre associés ont en effet décidé de faire revivre le lieu en le rendant à sa vocation d’origine – avec, on imagine, une gestion un peu plus rigoureuse que celle du fantasque Michel Magne. « Au départ, l’un d’eux n’était pas très chaud pour qu’on montre le parc du château dans cet état, alors que c’était justement cet aspect un peu négligé qui nous intéressait. Il y avait un côté romantique et spectral qui seyait bien à ce qu’on voulait raconter. On a réussi à convaincre le type, et les travaux de nettoyage et de débroussaillage ont même été repoussés de quinze jours afin qu’on puisse tourner comme on voulait. » Pas de véritables reconstitutions d’époque ici, plutôt des séquences illustratives à la nostalgie vaporeuse, dont la texture d’image rappelle celle du Super 8. « Ce n’est pas de la pellicule, juste une appli épatante sur l’iPhone, en fait », explique en souriant le réalisateur, habitué aux petits budgets, et donc à la débrouille.

Laisser de la place aux jeunes

Dans le précédent documentaire du duo, consacré au compositeur de musiques de films François de Roubaix, défilaient face à la caméra divers représentants français de la chanson et de l’électro, qui évoquaient ce qu’ils devaient au maître. C’est encore le cas cette fois-ci – avec un casting sensiblement différent mais tout aussi pertinent –, et ces musiciens qui pourraient être les enfants, voire les petits-enfants de Bowie, ne se contentent pas de parler : souvent filmés à Hérouville, ils chantent et jouent également des reprises de son riche répertoire. Une façon de montrer son énorme influence sur la pop, le folk, voire la variété, et aussi de dévier un peu d’un axe purement anglo-saxon.

« La ligne éditoriale de France 4 pour ce type de documentaire, c’est que le portrait d’un artiste doit être brossé à travers le regard de musiciens plus contemporains,explique Gaëtan Chataigner. Cela évite de n’en parler qu’au passé, et permet de toucher plusieurs générations. On tenait à tourner le plus possible sur place et on n’avait que deux jours et demi, il était donc impossible de rassembler tous les gens qu’on voulait. Mais la palette me semble assez variée. »

Certains noms s’imposaient, comme Jeanne Added qui a participé au spectacle Wiebo,de Philippe Decouflé, ou Bertrand Belin, qui jouait le « fantôme » de Bowie dans une ambitieuse production filmique et scénique de Renaud Cojo (également interviewé dans le documentaire) autour de la « trilogie berlinoise ». Du côté des talents émergents, Mathieu Saïkaly (vainqueur de la Nouvelle Star en 2014 !), Théodore, Paul & Gabriel, Julien Gasc ou Moodoïd entretiennent des liens assez évidents avec le Thin White Duke. Un seul chanteur contemporain de l’idole – il n’a que deux ans de moins que lui – a réussi à se faufiler : Alain Chamfort, figure familière de la (bonne) variété française. Une façon de rappeler que tout avant-gardiste qu’il fût, Bowie ne dédaignait pas de se faire interviewer par Michel Drucker à l’époque où la télévision française ne comptait que trois chaînes (et où Iggy Pop ou Motörhead étaient, eux, invités chez Mourousi…). Loin de l’abstinent médiatique qu’il est devenu.

 

Tirer le meilleur des archives

«  Dans le cas de Bowie, il y a bien sûr beaucoup d’archives très, voire trop connues,reconnaît le réalisateur. On était obligé d’en utiliser certaines car ces images faisaient office de repères pour des spectateurs non spécialistes ; même si on n’a pas voulu faire un documentaire classique, il fallait que tout le monde s’y retrouve entre les différentes périodes. Mais on a essayé de montrer ces séquences différemment, de leur donner un éclairage nouveau en les confrontant à des images contemporaines. On a aussi cherché des choses plus rares, et Anne Gallois, une jeune documentaliste, a fait un boulot de stakhanoviste. Notre petit budget nous a malheureusement contraints à faire des choix, on a parfois dû utiliser des photos au lieu d’archives filmiques. »

Parmi les belles trouvailles, des séquences d’animation, dont une… en Lego®, très amusante, où l’artiste soumet à sa femme Angie ses idées pour un nouveau personnage. 

David Bowie en figurine Lego


Encore mieux que les archives, il y a aussi les souvenirs. Philippe Auliac, le « paparazzo du rock », revient ainsi sur l’un de ses plus fameux clichés : celui montrant Bowie débarquant à Londres, en mai 1976, et saluant la foule. Un geste qui fut abusivement interprété comme un salut nazi – le chanteur avait multiplié les déclarations ambiguës sur le sujet. Laurent Thibault, qui travailla au studio d’Hérouville et côtoya ainsi Bowie et Iggy Pop, livre également de précieuses anecdotes.

 

Faire un peu de musicologie (distrayante)

Il est finalement rare que des documentaires sur le rock se risquent à l’analyse musicale, sans doute par peur de perdre en route des téléspectateurs pas forcément spécialistes. Conte et Chataigner ont résolu le problème en s’adressant à Chilly Gonzales, réputé, entre autres choses, pour ses concerts-master class-performances ludiques et accessibles. Devant son clavier, le Canadien velu décortique les accords deLife on Mars pour montrer tout ce que le morceau doit à My Way. Et ce n’est pas un hasard : on avait en effet demandé à Bowie d’écrire une adaptation en anglais deComme d’habitude, version restée inédite car Paul Anka avait entre temps acheté les droits du morceau original et publié la sienne. Life on Mars en est une sorte de réécriture secrète.

Etude comparée de Life on mars et My way par Chilly Gonzales 

 

La séquence a en fait été tournée après le reste. « On avait fini le montage, et un ami musicien nous a raconté cette anecdote. On s’est dit qu’il fallait absolument en parler dans le film, et on a tout de suite pensé à Gonzales pour rendre ça vivant. » C’est sûr qu’on aurait adoré l’avoir comme prof de musique au collège.

Ne pas sombrer dans le panégyrique

Au-delà de l’évidente cinégénie du lieu, le choix d’Hérouville correspondait à la période que les auteurs voulaient aborder. En gros, la décennie 70, où Bowie s’est quasiment renouvelé à chaque album, conciliant succès populaire et crédibilité rock et s’affirmant comme une référence incontournable pour ses pairs. Tout ce qui suit est expédié en quelques secondes, vers la fin. Les années 80, marquées par une sévère baisse d’inspiration, sont jugées sans indulgence.

Si l’expo David Bowie is avait tendance à statufier et muséifier le personnage et ses nombreux avatars, la démarche des deux documentaristes est quelque peu différente.« Ses zones d’ombre sont aussi ce qui le rend si intéressant, estime Gaëtan Chataigner.Ce n’est pas un saint, et comme beaucoup d’artistes dans tous les domaines, il a traversé des périodes troubles. Dans le film, des intervenants comme Castelbajac sont plutôt dans l’éloge et la fascination, ce qui est normal ; les propos de Lou Doillon sont beaucoup plus nuancés, et rétablissent un équilibre. Elle insiste sur son côté fan obsessionnel et son goût pour la propagande, elle dit : “Bowie me fout un peu la trouille” et “C’est un vampire”. Mais je trouve qu’il apparaît en définitive humain et touchant. » Qu’on rassure en tout cas les fans, et les autres : au terme du documentaire, le “Starman” garde tout son mystère.

l'émission du mercredi 6 janvier 2016

 France 4 : à Hérouville, sur les traces du fantôme Bowie ...

 Documentaire David Bowie, l'homme cent visages ou le fantôme d'Hérouville 06/01/2016 22h35 sur France 4

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