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28/11/2011

tribune : Sortir du nucléaire: bon ou mauvais pour l'emploi?

Une tribune que j'ai écrite en réponse à la déclaration d'Henri Proglio
sur le "million d'emplois mis en péril" par la sortie du nucléaire.
Publiée sur Médiapart, mais accessible aux non-abonnés.

Sortir du nucléaire: bon ou mauvais pour l'emploi?

21 Novembre 2011 Par Philippe Quirion

Sortie du nucléaire décidée en Allemagne, en Suisse, au Japon (de fait), bientôt sans doute en Belgique, abandon des projets de centrales aux Etats-Unis, délais et surcoûts monumentaux pour l'EPR en Finlande passé d'un coût prévisionnel de 3 à 6,6 milliards d'euros, mise en évidence à travers l'exemple iranien de la difficulté à éviter le passage du nucléaire civil à la bombe atomique... Ce contexte très défavorable pour l'électronucléaire explique sans doute que les défenseurs de cette énergie passent à l'offensive.

Ainsi Henri Proglio, PDG d'EDF, vient-il de déclarer: «Une telle décision menacerait 400 000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500 000 emplois dans les entreprises actuellement localisées en France et très gourmandes en énergie, comme l'aluminium, qui risquerait de partir à l'étranger. Il faut y ajouter 100 000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France. Au total, 1 million d'emplois seraient mis en péril.»

Cette estimation est-elle rigoureuse ? Commençons par le chiffre de 400 000 emplois (en fait 410 000) dans la filière nucléaire, qui provient d'une étude de PWC pour Areva et résulte de l'agrégation de 125 000 emplois directs dans l'électronucléaire en 2009 en France, plus 114 000 emplois indirects («soutenus par les commandes aux fournisseurs») et 171 000 emplois «induits», définis comme «alimentés par les dépenses des employés directs et indirects». Cette définition, qui permet de gonfler artificiellement l'estimation totale, ne correspond pas à l'usage habituel du terme «emplois induits» et ne permet pas de comparaison avec d'autres études. Pour ce faire, mieux vaut se limiter aux 125 000 emplois directs –chiffre d'ailleurs inférieur aux 165 000 emplois estimés dans la filière en 1982.

L'un des principaux centres de recherches allemand, le DIW, évalue à 264 000 les emplois directs dans les renouvelables électriques dans ce pays en 2009 -–2,1 fois plus que dans l'électronucléaire en France. En divisant ces chiffres par la production d'électricité, on arrive à 2,5 emplois par TWh dans les renouvelables en Allemagne contre 0,3 dans l'électronucléaire en France –8 fois plus. En France même, malgré tous les obstacles mis en œuvre pour freiner le développement des renouvelables, l'Ademe estime à 88 000 le nombre d'emplois directs équivalent temps-plein dans ce secteur en 2009 –70% des emplois directs dans l'électronucléaire la même année. De manière peut-être optimiste, l'Ademe estime même que ce chiffre devrait atteindre 110 000 en 2012 dans notre pays, soit quasiment le niveau de l'électronucléaire.

Venons-en aux 500 000 emplois «qui risqueraient de partir à l'étranger» dans l'industrie intensive en électricité. Le nombre d'emplois en jeu dépend bien sûr du seuil que l'on prend pour définir qu'une industrie est intensive en électricité, mais l'essentiel n'est pas là. Est-ce qu'une sortie du nucléaire en France menacerait l'emploi dans ces industries? Selon la base de données STAN de l'OCDE, en 2007 (dernière année disponible), il y avait 1,5 fois plus d'emplois en Allemagne qu'en France toutes activités confondues, pour une population en âge de travailler 1,4 fois supérieure. Qu'en est-il dans les industries intensives en électricité ? Il y avait 2,1 fois plus d'emplois en Allemagne qu'en France dans la production de papier, 3,7 dans la chimie hors pharmacie, 2,5 dans l'acier et 3,9 dans les métaux non-ferreux, dont l'aluminium mis en avant par Henri Proglio.

Dans les deux pays, les effectifs dans ces secteurs diminuent régulièrement depuis des décennies, principalement à cause de l'automatisation, mais dans chacun de ces secteurs sauf la chimie, la baisse est plus rapide en France : -19% en dix ans dans le papier en France contre -9% en Allemagne, -13% contre -10% dans l'acier et -30% contre -7% dans les métaux non-ferreux. Dans la chimie, la baisse atteint le même rythme (-19%) dans les deux pays. Les chiffres ne permettent donc pas de mettre en évidence un impact positif du nucléaire sur l'emploi dans les industries électro-intensives.

Quant aux «100 000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France», nul ne sait d'où vient ce chiffre. Au total, le million d'emplois menacé par la sortie du nucléaire n'a donc guère de réalité.

L'impact sur l'emploi d'une telle sortie dépendrait bien sûr des modalités retenues: il sera d'autant plus positif que l'accent sera mis sur les énergies renouvelables et les économies d'énergie, particulièrement créatrices d'emplois. Ainsi, un chiffrage de la mise en œuvre du scénario négaWatt aboutit à une création nette de plus de 600 000 emplois en France à l'horizon 2020, après déduction des emplois détruits. On ne peut que regretter que les partisans de l'atome préfèrent agiter des chiffons rouges plutôt qu'avancer des arguments rigoureux.

Philippe Quirion, économiste, chargé de recherches au CNRS, CIRED

source:
http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-quirion/211111/sortir-du-nucleaire-bon-ou-mauvais-pour-lemploi

08/11/2011

temoignage de Mr.HIRAI Norio

Bonsoir,

"Je vous transmet de la part d'une amie japonaise le texte (pièce jointe) si important..

Amitiés
Yuko"

Bonjour,

 

 Comme j'ai obtenu l'autorisation par la traductrice de diffuser le texte traduit,

 je vous envoie ce témoignage de Mr.HIRAI. Pourriez-vous le transférer à vos amis si vous voulez?

 

 Je vous rappelle que c'est une traduction fidèle du texte d'origine, et que la traductrice n'est pas résponsable de la véracité des contenus. Surtout en ce qui concerne au chapitre "plutonium japonais dans les armes nucléaires français?",il doit y avoir des critiques, mais je vous préviens simplement que les traducteurs n'ont pas le droit de modifier ou de supprimer une partie du texte d'origine à son gré. C'est un témoignage écrit d'un point de vue d' un ancien technicien des centrales nucléaires au japon, et on ne peut pas dire qu'il avait raison sur tous les sujets concernants, mais cela n'implique pas non plus que tous ses témoignages soient pures inventions.

 Je crois que c'est un document assez important et très rare, vu qu'il a été écrit par un technicien-employé

des centrales nucléaires. Je souhaite que ce témoignage soit lu par beaucoup de personnes.

Je serai heureuse d'avoir vos opinions sur ce témoignage. Merci d'avance.

 

 Bien cordialement,

 

    Nami NITTA

 

 

témoignage de Mr.HIRAI Norio:

http://resosol.org/Gazette/important/Japon%202011/t%C3%A9moignage.rtf

 

source en japonais:

http://www.iam-t.jp/HIRAI/pageall.html#page2

18/08/2011

Le désastre environnemental nucléaire de Fukushima Daiichi commence juste

Par SERGE SARGENTINI 02 05 2011. voir les Commentaires sur Facebook, vidéo

 

tokyo radiation.jpg

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la catastrophe de Fukushima Daiichi n’en est qu’à son début, dit autrement: un nouvel empoisonnement de la planète Terre est en cours. Si de nombreux gouvernements commencent enfin à prendre conscience tardivement que la sécurité nucléaire ne peut être fiable et adoptent un changement politique radical, en revanche le peuple Japonais commence juste à découvrir et à évaluer l’étendue du désastre environnemental de Fukushima Daiichi.

 

 

 

Si le monde a les yeux rivés sur le site nucléaire de Fukushima, en réalité, l’essentiel n’est pas les valeurs des irradiations dans le site de la centrale nucléaire, mais l’ampleur de l’impact du dépôt de particules radioactives contaminantes qu’elle a générée et qu’elle génère toujours dans l’environnement mondial

 

La différence qui existe entre les irradiations artificielles ÉlectroMagnétiques issues du spectre des radiations non ionisantes (HF micro-ondes) et celles du spectre des radiations ionisantes réside notamment dans le fait qu’en "tournant un simple bouton" il est possible de stopper les émissions ÉlectroMagnétiques artificielles des irradiations non ionisantes issues des HF micro-ondes, contrairement aux ionisantes. S’il est possible de confiner tant faire que se peut les irradiations ÉlectroMagnétiques (EM) ionisantes issues des rayons X, γ et les irradiations α, β-, β+, par contre il est impossible de stopper celles issues de la dispersion dans l’atmosphère de toute une gamme de matériaux radioactifs qui vont être pour chacun d’entre eux une source rayonnante : c’est ce qui est appelé contamination environnementale radioactive de surface et contamination des personnes par les particules, ceci étant de loin la plus redoutable, puisqu’il est quasiment impossible de l’annihiler.

 

La dangerosité de l’irradiation EM artificielle est définie par trois constantes physiques de bases :

1 - La puissance de l’irradiation ionisante ou non ionisante est inversement proportionnelle à la longueur d’onde, ce qui veut dire que plus la longueur d’onde est petite, plus la puissance d’irradiation EM est importante.

 

 2- La puissance [Spécificités des radiations ionisantes] de l’activité de désintégration par unité et type de radioélément qui compose la particule

 

. 3 - La puissance de l’irradiation ionisante ou non ionisante diminue au carré de la distance, ce qui veut dire que plus on s’éloigne de la source d’irradiation EM artificielle, plus la puissance d’irradiation diminue, ceci étant exactement pareil pour tous les émetteurs d’irradiation EM comme par exemple les antennes relais, etc ...

 

Le problème fondamental dans le cas de la catastrophe de Fukushima vient donc essentiellement des particules, car c’est une contamination sur le long et très long terme en fonction d’une multitude d’émetteurs disséminés qui génèrent de la Radioactivité issus des radio-isotopes ou radionucléides composant la particule. Une seule particule radioactive déposée sur un tissu externe n’a que peu d’importance en termes d’irradiations puisqu’il est possible de l’enlever rapidement par simple "lavage" (décontamination), le rapport dose/temps étant négligeable. En revanche en cas d’inhalation ou si elle a été ingérée il est quasiment impossible de l’évacuer, elle se fixe aux tissus ou migre et provoque une irradiation pérenne en champs proches des cellules SANS DISTANCE DE SECURITÉ ce qui engendre un coefficient multiplicateur d’irradiation d’un billion ! Cette problématique est maintenant planétaire notamment pour tout l’hémisphère nord et aigüe au Japon où les particules radioactives sont toujours en train de s’essaimer et de s’infiltrer de partout.

 

 Il n’y a pas d’approche mathématique rigoureuse concernant les zones contaminées en fonction de la distance (dispersion atmosphérique) par rapport à des cercles concentriques avec le site nucléaire de Fukushima Daiichi, mais en fonction de divers paramètres météorologiques, géographiques et de configurations topographiques, voire avec les mouvements terrestres irresponsables des humains (exemple actuel aberrant : décontamination des véhicules quittant les zones fortement contaminées quasiment inexistante). Cet aspect engendrant des zones très fortement contaminées souvent situées à plus de 50 km du site nucléaire de Fukushima Daiichi où tous les organismes vivants sont impactés en peu de temps hors des normes.

 
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