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03/11/2012

“La privatisation de la guerre s’est aggravée avec Obama”

La privatisation de la guerre s’est aggravée avec Obama” : Elections américaines | Robert Greenwald, réalisateur et producteur de films militants, dénonce “l'emprise croissante des entreprises privées sur les conflits”. Un business douteux que Barack Obama a laissé prospérer.

Le 30/10/2012 à 00h00
Propos recueillis par Hélène Marzolf

Le Pentagone, le ministère de la Défense, près de Washington. © David B. Gleason

Robert Greenwald, est un réalisateur américain, fondateur de la structure de production et de distribution de films militants Brave New Foundation. Très investi dans les débats poliques et sociaux, il utilise ce laboratoire citoyen, très actif sur internet, pour concevoir des vidéos et des campagnes sur des sujets qui titillent l’Amérique.

 

<p>Robert Greenwald. © DR</p>

Robert Greenwald. © DR

« La question de la privatisation de la guerre était déjà problématique sous l’administration Bush, et cela ne s’est pas amélioré avec Barack Obama. Il y a quelques années, j’ai réalisé le film Irak for sale relatif à l’emprise croissante des entreprises privées sur les conflits. En Afghanistan un nouveau cap a été franchi, puisqu’entre 2008 et le milieu 2010, le nombre d’employés d’entreprises privées présents sur le terrain dépassait celui des troupes. Il me semble que même en Irak, cette proportion n’a jamais été atteinte !... C’est ce qui se produit lorsqu’on laisse entrer dans l’orbite gouvernementale des professionnels dont le but n’est pas la reconstruction des nations, mais la recherche du profit. Il suffit de voir le rôle que jouent les entrepreneurs dans les contrats liés aux drones américain qui survolent le Pakistan et font des dégâts  dans la population civile..

 

Les présidents vont et viennent, mais les problèmes subsistent. Ces dernières années, la rémunération des dirigeants de grosses entreprises de défense, comme Lockheed Martin ont énormément augmenté, atteignant parfois des sommes indécentes, ce qui n’inclut même pas les bonus et extras dont nous n’entendons pas parler. D’un côté, ces dirigeants clament qu’il ne faut pas réduire le budget de la défense parce que cela mettrait en danger la sécurité nationale, et de l'autre, ils exploitent le business de la guerre, donc il est difficile d’accorder une quelconque valeur à leur parole. Toutes ces questions apparaissent d’autant moins dans le débat public que ceux qui vivent de la guerre sont très intelligents, se débrouillent pour rester discrets, en toute légalité. Il faut donc alerter le contribuable sur le fait qu’une partie de ses impôts passe dans le salaire des PDG de l’armement... Un autre phénomène se révèle préoccupant: celui des hauts gradés qui travaillent d’abord pour l’armée, puis le Pentagone, avant de se faire engager par des compagnies privées. Arrivés à la retraite, ils utilisent leurs carnets d’adresses pour que celles-ci décrochent un maximum de contrats. Barack Obama a laissé s’installer des habitudes qui ont fini par paraître normales. Ce processus a commencé avant sa présidence, mais en ne l’inversant pas, il a contribué à ce que les choses s’aggravent. »

En lire plus dessus : la privatisation de la guerre, privatisation, surveillance, l'idéologie sécuritaire, alain bauer, les marchands de la peur, obama, mercenaires, sociétés militaires privées, globalia, jc ruffin

Société militaire privée - Wikipédia
 : Une société militaire privée (SMP) est une société fournissant des services dans le domaine de la sécurité et de la défense à des gouvernements, organisations internationales, ONG ou entreprises privées; en 2012, la désignation officielle française est entreprise de services de sécurité et de défense.

Elles interviennent dans les zones à fort risque sécuritaire et parfois même en zone de conflit. Le terme de contractor désigne dans le monde anglophone les employés de ces firmes, en raison de l'engagement contractuel qui les lie. Véritables condottiere modernes, leur poids est croissant depuis les années 1990 et la montée de nouvelles menaces comme la piraterie moderne ou le terrorisme islamiste ; leur rôle est controversé[1], notamment depuis 2007, en raison de scandales les impliquant.

Film ( ref cinématographique):
  • Jericho dont l'intrigue se base en partie sur une multinationale possédant une société militaire privée.
  • Blood Diamond dans lequel des soldats d'Executive Outcomes prennent d'assaut une mine de diamants tenue par le RUF.

Flashforward, une société militaire privée fictive est soupçonnée d'avoir commis des meurtres en Afghanistan et d'avoir tué des militaires américains.

 
Livres :
  • Irak, terre mercenaire, Georges-Henri Bricet des Vallons, Editions Favre, janvier 2010, 272 p. (ISBN 9782828910952). L'ouvrage de référence en français sur la privatisation de la guerre d'Irak et l'histoire des sociétés militaires privées anglo-saxonnes.
  • Contractor, Giampiero Spinelli Mursia Editore 2009 ISBN 978-88-425-4390-9
  • La privatisation de la guerre, dir. Georges-Henri Bricet des Vallons, Sécurité globale n°8, Editions Choiseul, été 2009, (ISBN 9782916722627)
  • Mercenaires et polices privées. La privatisation de la violence armée, Olivier Hubac, Encyclopædia Universalis, Paris, 2006, (ISBN 2852297906)
  • (en) A Bloody Business: America's War Zone Contractors And the Occupation of Iraq, Gerald Schumacher, Zenith Press, 2006, (ISBN 0760323550)
  • La Privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché. Xavier Renou, Agone, 2006.

27/10/2012

Quand Valls nous fait danser !

Tract d’AL Brest et du NPA Brest

Quand Valls nous fait danser !

« Les révolutions sortent, non d'un accident, mais de la nécessité. » Victor Hugo
 
Le nouveau président Hollande et son ministre de l’Intérieur Manuel Valls poursuivent la politique de l’UMP, et même la durcissent, notamment sur la question du traitement des personnes étrangères. D’un côté, ils mettent en place les conditions de l’exploitation maximale du plus grand nombre, et n’hésitent pas via un ensemble de politiques libérales à développer l’injustice et l’insécurité sociale. De l’autre, ils s’attaquent résolument à certaines minorités et aux étrangers présentés comme responsables des problèmes sociaux.

Les discriminations pleuvent aujourd’hui sur les demandeurs d’asile et l’ensemble des sans-papiers : racistes et assumées pour certains ou présentées comme inévitables et même raisonnables par ceux qui pensent ainsi couper l’herbe sous les pieds d’une extrême droite qui n’a plus qu’à proposer ses solutions une fois le travail de stigmatisation mâché.

Mais les arguments des uns et des autres méritent un petit démontage : Contre la politique anti-immigrés et anti-sociale du PS, nous répondons : régularisation de tous les sans-papier !

 
 

« Les étrangers volent le travail des Français »

Même des économistes de droite expliquent que c’est faux. Des pays avec peu d’immigrés, comme la Pologne, ont des taux de chômage très élevés, à l’inverse, des pays de forte immigration comme l’Australie, le Canada ou les États-Unis ont des taux de chômage faibles. Par contre, les patrons aiment les sans-papiers parce qu’ils peuvent leur faire du chantage et les sur-exploiter, et faire pression vers le bas sur les salaires. Pour empêcher ce chantage, il faut régulariser les sans papiers afin qu’ils aient les mêmes droits que les autres et mettre fin au pouvoir dictatorial des patrons !

« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde »

Les immigrés rapportent beaucoup plus qu’ils ne coûtent à l’économie française. La contribution aux budgets publics des immigrés est positive, et s’élève en effet à 12 milliards d’euros.

De plus, c’est parfois « la France » elle même qui est responsable de la misère dans certains pays, avec dans l’histoire le colonialisme qui a ravagé les économies et la situation politique du continent africain. Notamment lorsque sa diplomatie s’acoquine avec des régimes despotiques, dans le cadre de la Françafrique, pour permettre à certaines entreprises françaises de piller les ressources du pays comme Aréva au Niger.

Ne pas accepter l’immigration des populations flouées, c’est les voler deux fois ! Pour en finir avec cette hypocrisie, il faut lutter contre l’impérialisme français dans un premier temps et militer pour l’annulation de la dette des pays du tiers-monde. Il s’agit de mieux répartir les richesses et ce au niveau mondial. Notre positionnement est internationaliste et passe par un soutien clair au droit à la libre circulation des peuples qui sont libres d’habiter et de circuler là où ils et elles le désirent, indépendamment de leurs origines et des conjonctures économiques.

« Permettre l’immigration, c’est permettre aux passeurs de faire du trafic d’être humain »

Les motivations des immigrés fuyant des pays pauvres ou en guerre, notamment les personnes issues des pays d’Europe de l’Est ou d’Afrique, sont généralement liées à des nécessités économiques. Si la situation était vivable dans leur pays, ils ne feraient pas en effet des milliers de kilomètres parfois au péril de leur vie !

Refuser leur accueil au prétexte que des réseaux mafieux en profitent revient encore une fois à faire porter les conséquences des injustices sur les plus pauvres ! Il faut démanteler les réseaux mafieux qui s’engraissent sur la misère, et déconstruire le discours ambiant, selon lequel la crise ferait qu’il n’y a plus d’argent en France : les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits record cette année et il n’y a jamais eu plus d’argent que maintenant dans les caisses du patronat ! Les richesses sont là, largement assez pour loger et nourrir les français comme immigrés !

Et des actions !

A Brest, la lutte principale actuelle consiste à obtenir l’hébergement des demandeurs d’asile pendant la période de leur procédure, puisque ces populations aujourd’hui sont tout simplement laissées à la rue par les institutions de l’Etat, qui est hors-la-loi..

Ces pratiques nauséabondes reviennent à refuser le droit d’asile sans clairement le dire puisque tous les migrants ne peuvent supporter ces conditions de vie imposées par l’État, où la souffrance psychologique est extrême. Après avoir occupé des bâtiments publics, des militant(e)s et des migrants ont réquisitionné publiquement une habitation.

Des liens se tissent entre militants à l’échelle régionale et nationale car cette situation n’est pas isolée. Les demandeurs d’asile sont en situation régulière et nous appelons la population de Brest à rejoindre et à soutenir leur lutte !

Beaucoup de choses sont à construire mais il convient au minimum de faire connaître la situation économique, la situation politique des pays étrangers et la responsabilité de l’Etat et du patronat français dans ces situations pour répondre aux arguments des nationalistes de toute sorte.

Contacts : brest@alternativelibertaire.orgbrest.npa@gmail.com

 
 

En savoir plus : manuels valls, surveillance, l'idéologie sécuritaire, tolérance zero, alain bauer, les marchands de la peur , consortium de la peur, globalia, jc ruffin, police, répression, banlieue, france, vidéosurveillance, profits

16/10/2012

Sans-papiers expulsés : une aubaine pour la sécurité privée

Les marchands de peur. La... : Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire

 

Alain Bauer et le consortium de la peur, 8 août ( extrait du livre : " Alain Bauer, comme Yves Roucaute et de nombreux néoconservateurs, vient de la gauche libérale et anticommuniste ...") . Valls appelle à la dénonciation : « un discours irresponsable et dangereux » (Dharréville) | PCF.fr

Sans-papiers expulsés : une aubaine pour la sécurité privée

Créé le 03-10-2012 

Claire Rodier, juriste auprès du Gisti, pointe les dérapages de ces sociétés de plus en plus sollicitées. Interview.

 
 
 

Près de l'île de Lampedusa, le 19 avril. (MAURO SEMINARA / AFP)

Près de l'île de Lampedusa, le 19 avril. (MAURO SEMINARA / AFP)

Claire Rodier est juriste auprès du Groupe d'information et de soutien aux immigrés (Gisti). Elle est l'auteure de "Xénophobie Business", qui sort ce jeudi 4 octobre aux éditions "La Découverte". 

Dans votre livre, vous démontrez que les centres de rétention pour les étrangers et les reconduites à la frontière sont un vrai filon pour des entreprises de sécurité privées qui maltraitent les sans-papiers. Un exemple ?

- Prenez le cas de Jimmy Mubenga, cet Angolais embarqué au Royaume-Uni en octobre 2010 par la British Airways qui se débat, hurle, puis se tait. Les agents chargés de la sécurité l’ont plaqué. Mais des passagers constatent qu’ils prennent le pouls de Jimmy. Bizarrement, l’avion fait demi-tour, le sans papier est inanimé. On constatera son décès à l’hôpital. La société privé dira qu’il est "mort par asphyxie". En fait, cet Angolais a dû subir comme d’autres avant lui ce qu’on appelle le "carpet karaoke" : il a été contraint pendant tout le vol d’appuyer sa tête contre le siège placé devant lui. Cette pratique provoque des difficultés respiratoires qui peuvent conduire à l’asphyxie, et à la mort.

Quelle est cette société, quels sont ses profits ?

- Elle s’appelle G4S. Cette société américaine est la multinationale de la gestion de l’immigration irrégulière. Elle compte 600.000 salariés dans le monde, mais impossible de trouver son chiffre d’affaires. Je sais seulement qu’après cette histoire, elle a perdu son contrat en Angleterre. En cinq ans, elle avait gagné 125 millions d’euros. Elle sévit surtout au Royaume-Uni, dans d’autres pays d’Europe et aux Etats-Unis. C’est elle qui a assuré la sécurité des J.O. de Londres. Avec pas moins de 13.700 salariés ! La France n’y a pas encore recours, mais au vu des restrictions budgétaires, cela viendra…

Que se passe-t-il dans les centres de rétention ?

- Dans l’un de ses centres, situé près de l’aéroport de Gatwick, la G4S a inventé "le téléphone carcéral". Quand ils y arrivent, les travailleurs étrangers se voient confisquer leur téléphone portable et remettre un appareil qui permet d’appeler ou que ce soit dans le monde pendant cinq minutes seulement. Une fois le crédit épuisé, ils peuvent en acheter un autre. Cela permet incontestablement de contrôler les appels "des détenus".  Mais ça leur coûte beaucoup plus cher qu’un portable, et en plus ceux qui n’ont pas les moyens ne peuvent utiliser les numéros gratuits !

Pourquoi les Etats ont-ils recours à ce type d’entreprise ?

- D’abord parce qu’ils brident de plus en plus les budgets de la défense et de la police, ensuite parce qu’ils ne sont pas responsables des bavures des sociétés privées. Mais la Commission européenne est elle aussi en cause. Face à la montée du "tout sécuritaire", elle accorde des budgets "exceptionnels" à l'agence Frontex, qui dépend de Bruxelles. Et les parlementaires européens, à l’exception de quelques Verts, ne s’intéressent pas à ce sujet. Il n’est pas "porteur".

Finalement, est-ce que tout cela sert à quelque chose ?

- A rien du tout. Vous savez très bien que les étrangers sans papiers reviennent toujours dans les Etats dont ils ont été expulsés. Je connais un tunisien qui a fait six fois, dans des conditions atroces, le "voyage" pour Lampedusa. A force, il connaissait l’île de fond en comble. Alors, au bout du sixième séjour, il a su trouver l’endroit pour partir sans être vu.

Interview de Claire Rodier, juriste auprès du Groupe d'information et de soutien aux immigrés, par Martine Gilson - Le Nouvel Observateur 

cf vidéosurveillance multiplie les clients... et les profits ,

a lire dessus :  immigration, entreprises, sans-papiers, étrangers, expulsion, g4s, sécurité privée, expulsions, une aubaine, alian bauer, l'idéologie sécuritaire, les marchands de la peur, manuel valls, roms

 
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