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01/12/2012

La guerre ne subit pas la crise

 
 
 
1677Guerres
 
La situation financière désespérante et probablement désespérée a un responsable que tout le monde connaît, c’est le contribuable, c’est-à-dire toi et moi. La dette de mon pays sert à payer les fonctionnaires, dont tout le monde connaît le salaire moyen mais pas le salaire médian, curieux non ? Elle sert à payer ma retraite et celles des gens de ma génération et de celle d’au-dessus. Quelqu’un est contre ? Et puis encore plein de choses pas nécessaires comme les frais de santé publique et autres fariboles. Enfin, elle finance plein de niches fiscales car, comme tout un chacun le sait, plus les riches sont heureux moins il y a de pauvres au chômage. Je connais quelques pays où les riches sont bien malheureux…

Les banques, les pauvres !
Bon, je peux comprendre le raisonnement qui avance que, puisque les gens, vous et moi donc, ne veulent pas renoncer à leurs acquis sociaux, à leur train de vie, à leur smartphone, il faut qu’ils payent, soit. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi nous devons payer aussi quand les banques coulent. Un compagnon me glisse dans l’oreille que c’est l’application d’une règle d’or du système libéral, la privatisation des profits et la socialisation des pertes. Je comprends et j’acquiesce. Mais alors que viennent faire là tous ces partis et groupes néonazis qui semblent pulluler et gonfler ces derniers temps ? Le même compagnon me dit que le capitalisme n’a plus besoin que ces gens arrivent au pouvoir. Leur chauvinisme, leur nationalisme, leur racisme vont à l’encontre de la volonté capitaliste de contrôler le monde entier. Pour le capitalisme, seule compte la force de travail à exploiter, qu’elle soit noire, blanche, jaune ou bronzée, qu’elle parle grec, français ou javanais. Par contre, le système se sert de leur présence pour faire peur : « Rappelez vous ce que le fascisme sous toutes ses formes a apporté, la guerre, la Shoah, etc. Il est arrivé pour résoudre la crise sociale du moment. Donc tenez-vous tranquilles, payez et il n’y aura pas de fascisme au pouvoir ! » Cela n’empêche pas les guerres d’arriver ou de menacer. Syrie : Assad et ses affidés contre le peuple ; Israël contre l’Iran ; le Soudan du nord contre celui du sud ; en Afghanistan, perdue avant même d’avoir commencé. Et il y a aussi cette guerre que l’on affuble du nom de crise, la crise devant laquelle tout le monde plie les genoux.

La Grèce, la France et l’Allemagne
Donc, tout a commencé en Grèce. Ce pays où personne ne paie d’impôts et surtout pas madame Lagarde qui n’en paie pas du tout. Elle avait, dans son admonestation en direction des Hellènes, oublié de mentionner que les riches, curés ou armateurs, eux aussi n’en payaient pas du tout. Les premiers à réclamer et imposer une remise en ordre furent les gouvernants allemands. Ce qui leur était bien plus facile que de payer leur dette. Eh oui, l’Allemagne doit de l’argent à la Grèce, et pas qu’un peu ! C’est une histoire de dommages de guerre. Les forces de Hitler ont occupé ce pays et, en le quittant, ont tout rasé. Elles ont laissé un champ de ruines et des morts par milliers (560 000 environ). C’est ce que l’on appelle la politique de la table rase. Après la guerre, les Alliés ont chiffré à 7 milliards de dollars de 1938 les dommages de guerre que Berlin devait à Athènes. Sous diverses formes et justifications, l’Allemagne de l’Ouest a versé 1,7 milliard de dollars à divers requérants. Le reste sous diverses raisons, comme la division du pays, n’a jamais été versé. Un historien allemand a enquêté sur le sujet. Il chiffre à 106,5 milliards de dollars d’aujourd’hui la somme que Berlin doit et qu’elle se refuse à payer. Tout est soumis à un traité de paix formel entre les deux pays qui n’a jamais été signé alors que ce fut le cas avec l’Italie, la Bulgarie, la Roumanie et la Finlande. Italie et Bulgarie, anciens occupants, ont versé 2,2 milliards de dollars d’aujourd’hui. Rien ne dit que ces dommages de guerre, s’ils avaient été payés, seraient allés au bon endroit.

Dans mon désir sans borne d’aider notre nouveau gouvernement à régler le différentiel monétaire avec madame Merckel, je vais lui faire une suggestion. Il parait que, depuis un certain Charles de Gaulle, la France est équipée d’une force de frappe qui lui coûte bonbon. Elle était destinée à défendre le monde libre, dont l’Allemagne, contre le communisme. Celui-ci étant disparu et remplacé fantasmatiquement par le terrorisme masqué international et islamique, je me permets de suggérer que l’on adresse à Berlin un rappel de charge dans un premier temps et que, dans un deuxième temps, on se débarrasse de ce fardeau qui pèse sur notre budget. Le bien nommé Le Terrible coûte 2 milliards d’euros. C’est le quatrième, après Le Triomphant, Le Téméraire et Le Vigilant. Puisqu’il faut faire des économies pour payer la dette de notre beau pays, commençons par couper là-dedans. Le lecteur aura remarqué, sans que je le lui dise, qu’il y a un domaine, celui de la défense, dont personne ne parle jamais.

En Grèce, même ceux qui ont les faveurs de la gauche radicale française, n’abordent jamais ce côté des choses. Pourquoi ?

03/11/2012

“La privatisation de la guerre s’est aggravée avec Obama”

La privatisation de la guerre s’est aggravée avec Obama” : Elections américaines | Robert Greenwald, réalisateur et producteur de films militants, dénonce “l'emprise croissante des entreprises privées sur les conflits”. Un business douteux que Barack Obama a laissé prospérer.

Le 30/10/2012 à 00h00
Propos recueillis par Hélène Marzolf

Le Pentagone, le ministère de la Défense, près de Washington. © David B. Gleason

Robert Greenwald, est un réalisateur américain, fondateur de la structure de production et de distribution de films militants Brave New Foundation. Très investi dans les débats poliques et sociaux, il utilise ce laboratoire citoyen, très actif sur internet, pour concevoir des vidéos et des campagnes sur des sujets qui titillent l’Amérique.

 

<p>Robert Greenwald. © DR</p>

Robert Greenwald. © DR

« La question de la privatisation de la guerre était déjà problématique sous l’administration Bush, et cela ne s’est pas amélioré avec Barack Obama. Il y a quelques années, j’ai réalisé le film Irak for sale relatif à l’emprise croissante des entreprises privées sur les conflits. En Afghanistan un nouveau cap a été franchi, puisqu’entre 2008 et le milieu 2010, le nombre d’employés d’entreprises privées présents sur le terrain dépassait celui des troupes. Il me semble que même en Irak, cette proportion n’a jamais été atteinte !... C’est ce qui se produit lorsqu’on laisse entrer dans l’orbite gouvernementale des professionnels dont le but n’est pas la reconstruction des nations, mais la recherche du profit. Il suffit de voir le rôle que jouent les entrepreneurs dans les contrats liés aux drones américain qui survolent le Pakistan et font des dégâts  dans la population civile..

 

Les présidents vont et viennent, mais les problèmes subsistent. Ces dernières années, la rémunération des dirigeants de grosses entreprises de défense, comme Lockheed Martin ont énormément augmenté, atteignant parfois des sommes indécentes, ce qui n’inclut même pas les bonus et extras dont nous n’entendons pas parler. D’un côté, ces dirigeants clament qu’il ne faut pas réduire le budget de la défense parce que cela mettrait en danger la sécurité nationale, et de l'autre, ils exploitent le business de la guerre, donc il est difficile d’accorder une quelconque valeur à leur parole. Toutes ces questions apparaissent d’autant moins dans le débat public que ceux qui vivent de la guerre sont très intelligents, se débrouillent pour rester discrets, en toute légalité. Il faut donc alerter le contribuable sur le fait qu’une partie de ses impôts passe dans le salaire des PDG de l’armement... Un autre phénomène se révèle préoccupant: celui des hauts gradés qui travaillent d’abord pour l’armée, puis le Pentagone, avant de se faire engager par des compagnies privées. Arrivés à la retraite, ils utilisent leurs carnets d’adresses pour que celles-ci décrochent un maximum de contrats. Barack Obama a laissé s’installer des habitudes qui ont fini par paraître normales. Ce processus a commencé avant sa présidence, mais en ne l’inversant pas, il a contribué à ce que les choses s’aggravent. »

En lire plus dessus : la privatisation de la guerre, privatisation, surveillance, l'idéologie sécuritaire, alain bauer, les marchands de la peur, obama, mercenaires, sociétés militaires privées, globalia, jc ruffin

Société militaire privée - Wikipédia
 : Une société militaire privée (SMP) est une société fournissant des services dans le domaine de la sécurité et de la défense à des gouvernements, organisations internationales, ONG ou entreprises privées; en 2012, la désignation officielle française est entreprise de services de sécurité et de défense.

Elles interviennent dans les zones à fort risque sécuritaire et parfois même en zone de conflit. Le terme de contractor désigne dans le monde anglophone les employés de ces firmes, en raison de l'engagement contractuel qui les lie. Véritables condottiere modernes, leur poids est croissant depuis les années 1990 et la montée de nouvelles menaces comme la piraterie moderne ou le terrorisme islamiste ; leur rôle est controversé[1], notamment depuis 2007, en raison de scandales les impliquant.

Film ( ref cinématographique):
  • Jericho dont l'intrigue se base en partie sur une multinationale possédant une société militaire privée.
  • Blood Diamond dans lequel des soldats d'Executive Outcomes prennent d'assaut une mine de diamants tenue par le RUF.

Flashforward, une société militaire privée fictive est soupçonnée d'avoir commis des meurtres en Afghanistan et d'avoir tué des militaires américains.

 
Livres :
  • Irak, terre mercenaire, Georges-Henri Bricet des Vallons, Editions Favre, janvier 2010, 272 p. (ISBN 9782828910952). L'ouvrage de référence en français sur la privatisation de la guerre d'Irak et l'histoire des sociétés militaires privées anglo-saxonnes.
  • Contractor, Giampiero Spinelli Mursia Editore 2009 ISBN 978-88-425-4390-9
  • La privatisation de la guerre, dir. Georges-Henri Bricet des Vallons, Sécurité globale n°8, Editions Choiseul, été 2009, (ISBN 9782916722627)
  • Mercenaires et polices privées. La privatisation de la violence armée, Olivier Hubac, Encyclopædia Universalis, Paris, 2006, (ISBN 2852297906)
  • (en) A Bloody Business: America's War Zone Contractors And the Occupation of Iraq, Gerald Schumacher, Zenith Press, 2006, (ISBN 0760323550)
  • La Privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché. Xavier Renou, Agone, 2006.

27/10/2012

Quand Valls nous fait danser !

Tract d’AL Brest et du NPA Brest

Quand Valls nous fait danser !

« Les révolutions sortent, non d'un accident, mais de la nécessité. » Victor Hugo
 
Le nouveau président Hollande et son ministre de l’Intérieur Manuel Valls poursuivent la politique de l’UMP, et même la durcissent, notamment sur la question du traitement des personnes étrangères. D’un côté, ils mettent en place les conditions de l’exploitation maximale du plus grand nombre, et n’hésitent pas via un ensemble de politiques libérales à développer l’injustice et l’insécurité sociale. De l’autre, ils s’attaquent résolument à certaines minorités et aux étrangers présentés comme responsables des problèmes sociaux.

Les discriminations pleuvent aujourd’hui sur les demandeurs d’asile et l’ensemble des sans-papiers : racistes et assumées pour certains ou présentées comme inévitables et même raisonnables par ceux qui pensent ainsi couper l’herbe sous les pieds d’une extrême droite qui n’a plus qu’à proposer ses solutions une fois le travail de stigmatisation mâché.

Mais les arguments des uns et des autres méritent un petit démontage : Contre la politique anti-immigrés et anti-sociale du PS, nous répondons : régularisation de tous les sans-papier !

 
 

« Les étrangers volent le travail des Français »

Même des économistes de droite expliquent que c’est faux. Des pays avec peu d’immigrés, comme la Pologne, ont des taux de chômage très élevés, à l’inverse, des pays de forte immigration comme l’Australie, le Canada ou les États-Unis ont des taux de chômage faibles. Par contre, les patrons aiment les sans-papiers parce qu’ils peuvent leur faire du chantage et les sur-exploiter, et faire pression vers le bas sur les salaires. Pour empêcher ce chantage, il faut régulariser les sans papiers afin qu’ils aient les mêmes droits que les autres et mettre fin au pouvoir dictatorial des patrons !

« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde »

Les immigrés rapportent beaucoup plus qu’ils ne coûtent à l’économie française. La contribution aux budgets publics des immigrés est positive, et s’élève en effet à 12 milliards d’euros.

De plus, c’est parfois « la France » elle même qui est responsable de la misère dans certains pays, avec dans l’histoire le colonialisme qui a ravagé les économies et la situation politique du continent africain. Notamment lorsque sa diplomatie s’acoquine avec des régimes despotiques, dans le cadre de la Françafrique, pour permettre à certaines entreprises françaises de piller les ressources du pays comme Aréva au Niger.

Ne pas accepter l’immigration des populations flouées, c’est les voler deux fois ! Pour en finir avec cette hypocrisie, il faut lutter contre l’impérialisme français dans un premier temps et militer pour l’annulation de la dette des pays du tiers-monde. Il s’agit de mieux répartir les richesses et ce au niveau mondial. Notre positionnement est internationaliste et passe par un soutien clair au droit à la libre circulation des peuples qui sont libres d’habiter et de circuler là où ils et elles le désirent, indépendamment de leurs origines et des conjonctures économiques.

« Permettre l’immigration, c’est permettre aux passeurs de faire du trafic d’être humain »

Les motivations des immigrés fuyant des pays pauvres ou en guerre, notamment les personnes issues des pays d’Europe de l’Est ou d’Afrique, sont généralement liées à des nécessités économiques. Si la situation était vivable dans leur pays, ils ne feraient pas en effet des milliers de kilomètres parfois au péril de leur vie !

Refuser leur accueil au prétexte que des réseaux mafieux en profitent revient encore une fois à faire porter les conséquences des injustices sur les plus pauvres ! Il faut démanteler les réseaux mafieux qui s’engraissent sur la misère, et déconstruire le discours ambiant, selon lequel la crise ferait qu’il n’y a plus d’argent en France : les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits record cette année et il n’y a jamais eu plus d’argent que maintenant dans les caisses du patronat ! Les richesses sont là, largement assez pour loger et nourrir les français comme immigrés !

Et des actions !

A Brest, la lutte principale actuelle consiste à obtenir l’hébergement des demandeurs d’asile pendant la période de leur procédure, puisque ces populations aujourd’hui sont tout simplement laissées à la rue par les institutions de l’Etat, qui est hors-la-loi..

Ces pratiques nauséabondes reviennent à refuser le droit d’asile sans clairement le dire puisque tous les migrants ne peuvent supporter ces conditions de vie imposées par l’État, où la souffrance psychologique est extrême. Après avoir occupé des bâtiments publics, des militant(e)s et des migrants ont réquisitionné publiquement une habitation.

Des liens se tissent entre militants à l’échelle régionale et nationale car cette situation n’est pas isolée. Les demandeurs d’asile sont en situation régulière et nous appelons la population de Brest à rejoindre et à soutenir leur lutte !

Beaucoup de choses sont à construire mais il convient au minimum de faire connaître la situation économique, la situation politique des pays étrangers et la responsabilité de l’Etat et du patronat français dans ces situations pour répondre aux arguments des nationalistes de toute sorte.

Contacts : brest@alternativelibertaire.orgbrest.npa@gmail.com

 
 

En savoir plus : manuels valls, surveillance, l'idéologie sécuritaire, tolérance zero, alain bauer, les marchands de la peur , consortium de la peur, globalia, jc ruffin, police, répression, banlieue, france, vidéosurveillance, profits

 
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